Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda RBPT
Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Red Bull Honda RBPT

1100th Grand Prix

I Las Vegas Grand Prix
Night
Las Vegas
Saturday, 18 November 2023
50 laps x 6.201 km - 309.958 km
(Offset: 92 m)
info
Affiche
F1
Coupe

Did you know?

Driver
Constructor
Engine

Présentation du show (de l'épreuve)

Quarante ans après deux expériences risibles sur le parking du Caesars Palace (1981-1982), la Formule 1 retrouve Las Vegas pour son 1100ème Grand Prix, une épreuve tout à fait exceptionnelle puisque organisée par son propriétaire Liberty Media. Après Miami, le grand show qu'est devenu ce sport sous la houlette américaine ne pouvait rêver un écrin plus tape à l'œil que la capitale des machines à sous, avec ses casinos, ses palaces et ses attractions aussi célèbres pour leur clinquant que pour leur goût douteux. Ainsi, comme l'écrit Jean-Michel Desnoues dans Auto Hebdo: « Bienvenue sur le bitume de tous les excès, sur l'asphalte du « fake » où se font et se défont les fortunes en un jet de dés » Liberty Media a dépensé 500 millions de dollars pour l'organisation de cette épreuve, et espère « faire tapis » avec pareille mise, c'est-à-dire prouver la pertinence d'un modèle économique en rupture avec l'ère ecclestonienne: et si, au lieu de racketter les organisateurs des Grands Prix traditionnels, la F1 produisait elle-même son propre show, quitte à s'affranchir de toute tradition, de toute éthique et aussi, au passage, de la tutelle de la FIA ?

 

John C. Malone, le « big boss » de Liberty Media, a sorti le chéquier pour aménager ce circuit temporaire au cœur du mythe Las Vegas, c'est-à-dire dans le quartier du célébrissime « Strip ». Les principaux hôtels concernés, le Bellagio, le Caesars Palace et le Wynn, alléchés par des projections de recettes démentielles, ont donné leur feu vert. Ainsi, au cours de l'année 2023, sort de terre un paddock de 300 000 pieds carrés. De grandes tribunes sont bâties pour accueillir un public cossu et six kilomètres de rues sont entièrement resurfacés pour accueillir la F1. Hélas, ces travaux perturbent fortement la vie des habitants et surtout des travailleurs de Las Vegas tout au long de l'année 2023. Les artères empruntées comme Las Vegas Boulevard sont le plus souvent fermées à la circulation, ce qui contraint les riverains et le personnel des hôtels, casinos etc. à contourner le site ou à perdre un temps fou dans les embouteillages. Les passerelles et voies spéciales construites par les Tilke père et fils ne suffisent pas à désengorger le trafic.

 

Ainsi, au cœur de l'été, le projet est devenu si impopulaire que des manifestations anti-F1 ont lieu, sous l'œil inquiet des autorités politiques. Quelques jours avant le Grand Prix, Liberty Media prend enfin conscience des problèmes soulevés et son P-DG Greg Maffei présente des excuses publiques: « Je tiens à m'excuser auprès de tous les résidents de Las Vegas et nous apprécions leur patience et leur volonté de nous tolérer. Nous allons générer environ 1,7 milliard de dollars de revenus dans la région. Ce n'est donc pas seulement pour le bénéfice des fans de F1. Nous espérons que cela constituera un grand avantage économique pour Las Vegas. » De son côté, Renée Wilm, directrice de l'événement, assure que les travaux effectués seront bénéfiques à tous les habitants: « Nous avons réasphalté l'intégralité du circuit sur plus de six kilomètres. Cela comprend une grande partie de l'emprise publique ainsi que le terrain privé que nous avons acquis au virage de Harmon et Coval, qui est le siège de la F1 en Amérique du Nord et abrite notre tout nouveau bâtiment des stands. » On verra la qualité de ce travail jeudi soir...

 

Par ailleurs, Liberty Media a cru devoir exploiter le filon glamour et tape à l'œil de « Vice City » avec des tarifs prohibitifs. Las Vegas est le Grand Prix le plus cher de la saison, devant Monaco. Les passes pour trois jours sont vendus à partir de 1900 dollars et un billet pour la course du samedi soir à plus de 1200 $. Les tarifs hôteliers sont à l'avenant. Le prix des chambres quadruple pour atteindre entre 650 et 900 $ la nuitée... pour les établissements les plus abordables. Problème: tout ce petit monde a eu les yeux plus gros que le ventre. Est-ce l'effet de la contre-publicité créée par les manifestions ? De l'archi-domination de Max Verstappen sur le championnat ? Ou tout simplement les Américains sont-ils moins riches qu'on ne le croit ? Quelques jours avant la course, de très nombreux billets et beaucoup de chambre n'ont pas trouvé preneurs ! Aussi, les prix s'effondrent. Sur des sites de revente en ligne, les places pour la course s'échangent à 500 $ et certains hôtels offrent la nuit pour 80 $... Paradoxalement, cette brusque déflation sauve l'événement qui attirera tout de même 315 000 spectateurs sur trois jours.

 

Pour « sa » course, Liberty Media fait les choses en grand, en spectaculaire, en « glamour » pour le public de privilégiés qui pourra y assister. Des dizaines de spectacles sont prévus en annexe du Grand Prix: une prestation du prestigieux Cirque du Soleil, des concerts de Kylie Minogue, Will.I.am... Mais ils ne sont pas accessibles à n'importe qui. Pour voir ces stars de près, il faut acheter le « forfait Empereur », qui coûte 5000 dollars et offre aussi une suite géante au Caesars Palace... Enfin, comme à Austin et Miami, Liberty Media invite dans le paddock pléthore de VIP : Rod Stewart, Rihanna, Paris Hilton, Michael Bublé, Martin Garrix, Heidi Klum, Caroline Wozniacki, LeBron James, Shaquille O'Neal, David Beckham, Usain Bolt, Zlatan Ibrahimović... et quelques vrais fans de course automobile comme Brad Pitt ou Patrick Dempsey.

 

Le nouveau circuit de 6,14 km conçu par Hermann Tilke et son fils Cartsen est une vraie carte postale. C'est un ruban tournant autour des plus prestigieux casinos de la cité du vice et emprunte notamment le fameux « Las Vegas Strip » où se situent les hôtels, casinos et centres de loisirs les plus prestigieux. Le tracé en lui-même comprend peu de virages (17) et trois lignes droites, dont la plus longue, sur le fameux Strip, parcourt près de deux kilomètres. On y attend des vitesses de pointe de 340 km/h. Le décor est très fastueux puisque les pilotes passeront notamment devant la Fausse Tour Eiffel, la Nouvelle Sphère, le Caesars Palace et l'hôtel du Bellagio. Mais le principal souci vient... du climat. En effet, les pilotes rouleront exclusivement de nuit, avec un départ de la course très tardif (samedi soir à 22 heures). Or, Las Vegas est située en plein désert du Nevada, où les nuits sont particulièrement fraîches à la mi-novembre... Le mercure pourrait descendre jusqu'à 5°C, ce qui ferait de cette épreuve la plus froide de l'histoire de la Formule 1. Cela pose évidemment un grave problème pour la mise en température des pneumatiques, qui sera d'autant plus difficile que le circuit comprend peu de virages... Autre particularité: la course a donc lieu le samedi 18 novembre à 22 heures. Il faut remonter au GP d'Afrique du Sud 1985 pour retrouver pareille singularité. Pour Las Vegas, ce n'est pas une première puisque les précédentes épreuves de 1981 et 1982 avaient aussi eu lieu un samedi. Encore faut-il tenir compte du décalage horaire puisque pour le public européen la course se tiendra le dimanche 19 à 6 ou 7 heures du matin...

 

Mercredi soir, la cérémonie d'ouverture du Grand Prix est on ne peut plus grandiloquente. Un spectacle de lasers, drones et feux d'artifice annonce les prestations de vedettes de la chanson: 30 Seconds to Mars, Keith Urban, Kylie Minogue, Journey et John Legend. Puis, les vingt pilotes de F1 apparaissent deux par deux sur un immense podium pour faire coucou à la foule... ce qui n'est pas forcément de leur goût. « J'ai l'impression d'être clown ! » lâche Max Verstappen. « Ici, c'est 99 % de spectacle pour 1 % de sport. Je n'aime pas ça du tout. J'aime être à Vegas, mais pour le sport, pas pour le show. » « Ce n'est vraiment pas mon truc, je n'ai pas signé pour ça, je ne suis pas une star hollywoodienne ! » renchérit Lance Stroll. Le Canadien se plaint en outre d'avoir manqué à cause de cette exhibition le traditionnel tour de reconnaissance pédestre, intelligemment programmé... à 2 heures du matin ! Le paddock est déboussolé: outre le « jet lag », s'ajoute ce planning nocturne ubuesque. « Je pensais que le tour de reconnaissance avait lieu le jeudi, comme d'habitude. Mais je ne sais même plus quelle heure est-il ! » lâche Stroll.

 

Ce pénultième Grand Prix de la saison 2023 a pour principal enjeu l'attribution du « titre » de vice-champion du monde. Sergio Pérez devrait se l'approprier dans le Nevada pour la première fois de sa carrière. Il lui faut pour cela ne pas concéder plus de six points à Lewis Hamilton. Cette deuxième place devrait garantir à « Checo » son volant dans la deuxième Red Bull en 2024. Depuis quelques temps, les commentaires d'Helmut Marko à son égard sont redevenus élogieux, ce qui annonce implicitement sa reconduction.

 

Grand show « bling-bling » oblige, presque toutes les écuries modifient leurs livrées pour ce Grand Prix. Ferrari adopte une mode « rétro », avec des ailerons peints blancs, comme sur les 126 qui ont couru ici en 1981 et 1982. Alpine présente une robe... a priori similaire à celle utilisée habituellement, mais conçue en partenariat avec Palace et surtout Kappa, son nouveau commanditaire. Les pontons de la Red Bull se parent de cartes à jouer et de jetons de casino. Ses enjoliveurs adoptent le look « Poker Strip », noir, rouge et blanc pour rappeler un jeton de poker. Williams affiche le célèbre « Welcome to Fabulous Las Vegas » et des lumières à cabochon. A l'hôtel Aria, où se situe sa « fan zone », Alfa Romeo dévoile un design tout noir, avec un motif de cartes à jouer duquel émerge un Quadrifoglio doré. Enfin, AlphaTauri utilise une livrée qui sera aussi utilisée à Abou Dhabi. Inspirée de la collection « AlphaTauri x Brendan Monroe Las Vegas Capsule » (sic), elle est noire et blanche et fait penser au pelage du zèbre.

 

La FIA a rejeté la requête de Haas visant à reconsidérer les résultats du Grand Prix des Etats-Unis. L'équipe américaine, récemment reléguée au dernier rang du classement mondial, avait fourni un épais dossier censé démontrer que de nombreuses infractions aux limites de la piste n'avaient pas été aperçues par les commissaires sportifs. Étaient notamment visés Alexander Albon, Logan Sargeant, Lance Stroll et Sergio Pérez que Haas souhaitait voir pénalisés pour grappiller quelques points. Mais la fédération, après avoir entendu les différents protagonistes, estime que les images embarquées ne constituent pas des preuves suffisantes pour caractériser les infractions. Il aurait fallu pour cela bénéficier d'éléments issues de caméras extérieures qui n'ont pas été déposées dans le dossier. En conséquence, la pouvoir sportif clôt l'affaire.

 

Valtteri Bottas profite de ce rendez-vous de l'élégance et du bon goût pour lancer un calendrier 2024 comprenant treize clichés de lui-même dans le plus simple appareil et finement baptisé « Bott-Ass ». Il s'agit toutefois d'une bonne œuvre puisqu'une partie des bénéfices dégagés est reversée à Movember, une association soutenant la recherche contre les cancers de la prostate et des testicules que Bottas parraine depuis 2022.

 

Haas aligne ici deux versions différentes de sa VF-23. Magnussen conserve l'évolution avec les pontons version Red Bull apparue à Austin tandis que Hülkenberg préfère revenir à la configuration originelle, avec les flancs type Ferrari en forme de baignoire. En effet, les progrès espérés se font attendre. La VF-23 « B » était censée apporter plus de charge afin d'éviter le survirage et atténuer la surchauffe des pneus arrière, mais Magnussen admet que les données recueillies en soufflerie ne sont pas toujours corrélées avec celles issues de la piste. Andrea de Zordo, designer en chef, explique que Haas a dû limiter son développement et qu'un vrai changement sera constaté sur la future VF-24: « Bien sûr, on aurait pu emprunter une voie plus extrême, comme McLaren ou AlphaTauri, mais c'était impossible cette année car on aurait dû fabriquer un tout nouveau châssis. C'est un compromis: on n'a pas pu faire tout ce qu'on aurait voulu. Ce sera pour l'année prochaine. » En attendant, Haas va retrouver la 10e et dernière place du championnat des constructeurs...

 

Essais: le cirque sans le soleil

Les essais libres commencent jeudi soir. La première séance est interrompue au bout de seulement huit minutes, lorsque Sainz percute à 320 km/h une plaque d'égout descellée sur le Strip. Le choc est tel que le Madrilène s'arrête sur le bas-côté, le souffle coupé. Le plancher de sa Ferrari est complétement détruit. Peu auparavant, Ocon a rejoint les stands avec des dégâts majeurs, sans doute après avoir roulé sur le même élément. Niels Wittich n'a d'autre choix que de clore définitivement la séance afin que les commissaires puissent travailler sur la piste. Ceux-ci s'emploient à retirer toutes les plaques d'égout et vannes d'eau, et comblent les aspérités ainsi creusées avec du ciment, afin que pareil incident ne se reproduise plus. Le travail est tel que la deuxième séance libre est reportée de plus de deux heures et demie et est donc lancée vendredi 17 novembre... à 2h du matin !

 

Les dégâts sont immenses sur les voitures de Sainz et d'Ocon et tous deux changent de châssis pour participer au reste du week-end. Frédéric Vasseur de dissimule pas sa colère: « Les deux tiers de la machine sont endommagés. La monocoque, le moteur et la batterie sont abîmés. Toute la journée de Carlos est gâchée. C'est inacceptable pour la Formule 1 ! » Pire encore, Sainz est contraint de changer de groupe propulseur et encaisse donc une pénalité de 10 places sur la grille ! Si le règlement prévoit en effet une telle sanction pour ce type d'opération, l'incident dont a été victime le pilote Ferrari résulte de l'impéritie des organisateurs et aurait pu être traité avec clémence.

 

Bien entendu, les critiques pleuvent à l'encontre des organisateurs. De nombreux pilotes jugent ces incidents inacceptables. Toto Wolff se singularise toutefois en prenant vigoureusement la défense du circuit: « C'est dommage pour Carlos, mais ce n'est pas un drame ! Nous sommes jeudi soir. Ils vont sceller les bouches d'égout et personne n'en parlera demain. Cela s'est déjà produit, ce n'est rien ! Ces critiques sont complètement ridicules. Comment peut-on oser dire du mal d'un événement qui établit de nouvelles normes pour tout ? C'est juste une p*tain de plaque d'égout... » Max Verstappen, très critique envers l'événement, pointe l'hypocrisie de Wolff qui ne semble pas vouloir heurter Liberty Media: « Il tiendrait un autre langage si cela concernait une de ses voitures ! Mais bon, on le connaît, je n'en attendais pas moins de sa part ! »

 

Les pilotes roulent le vendredi 17 décembre de 2h30 à 4h du matin (!), quelques instants avant que la circulation ne soit rouverte aux riverains. Leclerc réalise le meilleur temps (1'35''265''') devant Sainz et Alonso. Cette séance est calme en piste, mais il n'en va pas de même dans les tribunes. En effet, afin de libérer les lieux le plus vite possible à la circulation, les responsables du circuit ont décidé que cette séance aurait lieu... à huis clos ! Par conséquent, les spectateurs présents dans les tribunes, ayant dûment et chèrement acquis leurs places, sont évacués manu militari par la police ! La Formule 1 donne là une image haïssable... Stefano Domenicali se fend ensuite d'un communiqué dans lequel il explique les raisons de ces couacs et promet une (faible) ristourne de 200 $ pour les spectateurs lésés. Le président de la F1 se garde bien cependant de présenter ses excuses car il sait qu'une reconnaissance de responsabilité pourrait lui valoir des poursuites judiciaires...

 

Vendredi soir, à la nuit tombée, la troisième séance libre se déroule dans une atmosphère relativement douce (17°C). Elle s'achève par un drapeau rouge provoqué par une touchette d'Albon contre un mur. Russell réalise le meilleur temps (1'34''093''') devant Piastri et le surprenant Sargeant.

 

Les qualifications

Elles ont lieu samedi à minuit pile, soit vingt-deux heures avant le Grand Prix. Très rapide depuis le début du week-end, Leclerc réalise sa 23ème pole position (1'32''726'''), même s'il n'est pas tout à fait satisfait de sa Ferrari. Sainz (1'32''770''') suit de près son équipier, mais il partira seulement 12e à cause de l'injuste pénalité qui le frappe. Verstappen se positionne en seconde position et mise sur l'excellente gestion des gommes par la Red Bull pour s'imposer en course. Pérez (11e) retombe dans ses travers: incapable d'exploiter ses pneus, il est éliminé dès la Q2. Chez Mercedes, Russell décroche une troisième place satisfaisante tandis que Hamilton (10e) déplore un manque total de grip et cale en Q2. Le circuit du Nevada n'est pas censé convenir au faiblard moteur Renault, et pourtant Gasly hisse son Alpine en quatrième position, sans pouvoir expliquer cet exploit ! Son collègue Ocon (16e) est éjecté en Q1, notamment à cause d'une passe d'armes assez stupide avec Verstappen. Les faibles appuis et la fraîcheur ambiante conviennent parfaitement aux Williams qui peuplent la troisième ligne. Albon (5e) devance Sargeant (6e) qui réalise sa meilleure qualification de l'année.

 

Bottas (7e) tire un bon parti d'une Alfa Romeo-Ferrari très rapide en ligne droite. Son compère Zhou (17e), dont la C43 a aussi été endommagée la veille sur une plaque d'égout, est en revanche piégé par le trafic en Q1. Magnussen (8e) atteint la Q3 avec la Haas VF-23 « B ». Hülkenberg (13e) aurait pu faire de même au volant de la version « A » sans un blocage de roue. Les Aston Martin manquent de vitesse de pointe. Alonso (9e) parvient tout de même en Q3 alors que Stroll, éliminé en Q2, encaisse cinq places de pénalité pour avoir dépassé sous drapeau jaune et partira seulement 19e. Les AlphaTauri souffrent d'un manque d'adhérence, mais Ricciardo (14e) s'en sort beaucoup mieux que Tsunoda (20e). Enfin, McLaren commet la lourde erreur de faire rouler ses pilotes en Q1 avec un seul train de pneus rodés, d'où une double élimination d'entrée de jeu pour Norris (15e) et Piastri (18e)...

 

Le Grand Prix

Néons et lasers illuminent cette soirée dans le Nevada, tandis que la sphère géante, contournée par le circuit, change toutes les minutes de parure pour rendre hommage à la F1... ou pour promouvoir d'autres événements. Il fait moins frais qu'attendu (18°C) mais la température au sol (20°C) est bien plus froide que sur les autres épreuves. La clef de la course sera la gestion du « graining » qui a profondément affecté les pneumatiques lors des longs relais aux essais. La majorité des concurrents partent avec les Pirelli médiums (C4). Hamilton, Zhou et Piastri sont en pneus durs (C3), Stroll et Tsunoda en pneus tendres (C5). Enfin, lors de la parade des pilotes, un des véhicules d'exhibition a perdu de l'huile sur la grille de départ. Malgré les efforts des commissaires pour balayer le bitume, celui-ci reste très glissant...

 

Départ: Verstappen prend un bon envol et se faufile à gauche de Leclerc. Mais le Hollandais perd le grip au freinage, vire large et entraîne avec lui le Monégasque sur le dégagement. Verstappen en ressort en tête devant Leclerc, Russell et Gasly. Plus loin, Alonso freine tard, glisse et se retrouve en tête-à-queue au beau milieu de la piste, face à Bottas. Leurs museaux se touchent et Pérez heurte l'arrière de l'Alfa Romeo. Sainz se frotte pour sa part à Hamilton et exécute une pirouette.

 

1er tour: Tous les pilotes impliqués dans les incidents du premier virage repartent, mais la « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée pour que les commissaires ramassent les débris. Verstappen mène devant Leclerc, Russell, Gasly, Albon, Sargeant, Magnussen, Ocon, Stroll et Hülkenberg.

 

2e: Pérez et Alonso passent aux stands pour changer d'aileron avant et chausser des pneus durs. Bottas remplace aussi ses enveloppes. Le drapeau vert est agité à la fin de ce tour.

 

3e: Norris dérape sur une mauvaise bosse sur Sands Avenue. La McLaren se met à l'équerre et s'écrase violemment contre le muret extérieur. Elle glisse ensuite dans l'échappatoire du virage n°12. La voiture de sécurité entre en piste. Norris sort seul de son habitacle, mais sera tout de même transporté au centre médical pour subir des examens.

 

4e: Le peloton se range derrière la Safety Car. Stroll et Sainz passent aux stands pour mettre les enveloppes dures.

 

6e: La voiture de sécurité va s'effacer à l'issue de ce tour. Ocon rétrocède la 7e place à Magnussen, conquise juste après la neutralisation. Verstappen mène devant Leclerc, Russell, Gasly, Albon, Sargeant, Magnussen, Ocon, Hülkenberg, Tsunoda, Piastri, Hamilton, Ricciardo, Zhou, Stroll, Pérez, Sainz, Alonso et Bottas.

 

7e: Le drapeau vert est agité. Verstappen compte une seconde et demie d'avance sur Leclerc. Piastri double Tsunoda au premier virage.

 

8e: Verstappen écope de cinq secondes de pénalité pour avoir contraint Leclerc à rouler hors piste au premier virage. Piastri prend la 9e place à Hülkenberg et Hamilton la 11e position à Tsunoda.

 

9e: L'usage du DRS est autorisé. Gasly menace la troisième place de Russell. Ocon se défait de Magnussen au virage n°14.

 

10e: Verstappen compte près de deux secondes d'avance sur Leclerc. Après un joli mano a mano, Piastri s'impose face à Magnussen. Hamilton double Hülkenberg. Tsunoda s'empare des pneus médiums.

 

11e: Hamilton conquiert la neuvième place contre Magnussen tandis que Hülkenberg s'incline devant Zhou et Pérez. Comme d'habitude, les Haas dévorent leurs gommes...

 

12e: Verstappen est premier devant Leclerc (2s.), Russell (3.7s.), Gasly (4.4s.), Albon (7.5s.), Sargeant (8.5s.), Ocon (9.6s.), Piastri (11.2s.), Hamilton (12s.), Magnussen (13.2s.) et Zhou (15s.). Changement de pneus pour Hülkenberg.

 

13e: Leclerc reprend quelques dixièmes à Verstappen qui s'inquiète de l'usure de ses pneus avant. Sainz remonte dans le peloton: le voici 14e.

 

14e: Leclerc revient à seulement une seconde de Verstappen. En délicatesse avec ses gommes, Sargeant s'incline devant Ocon, Piastri et enfin Hamilton. Magnussen remplace ses enveloppes.

 

15e: Verstappen rencontre du graining et Leclerc roule désormais dans sa boîte. Russell s'empare des pneus durs (2.5s.), imité par Sargeant. Le Floridien souffre d'un important graining et ne réémergera plus.

 

16e: Leclerc ouvre son aileron arrière mobile sur le Strip et déborde Verstappen sans difficulté. Ocon dépasse Albon et Sainz efface Zhou. Hamilton attaque Piastri au premier virage, mais leurs roues se tamponnent. L'Australien doit rejoindre les stands avec un pneu crevé.

 

17e: Verstappen arrive chez Red Bull, subit sa pénalité puis chausse les gommes dures (7.7s.). Le Néerlandais repart derrière Russell. Albon et Piastri changent de pneus. Hamilton subit à son tour une crevaison à l'arrière-droit et rejoint les stands avec prudence.

 

18e: Leclerc mène avec quatorze secondes d'avance sur Pérez qui s'est défait d'Ocon. Gasly chausse les pneus durs (3.2s.) tandis que Hamilton se saisit de pneus médiums (6s.). Ricciardo subit aussi son pit-stop.

 

19e: Alonso et Russell passent devant Zhou. En fin de tour, Leclerc mène devant Pérez (14.4s.), Ocon (15.8s.), Stroll (21.8s.), Sainz (25.2s.), Alonso (27.2s.), Russell (29s.), Zhou (29.5s.), Verstappen (30.4s.), Gasly (37s.), Albon (39.8s.) et Piastri (42.8s.).

 

20e: Verstappen remonte peu à peu et se débarrasse de Zhou au premier virage. Ocon prend les Pirelli blancs et repart en 12e position.

 

22e: Leclerc stoppe chez Ferrari pour mettre les pneus durs, mais l'opération est un peu longue à l'avant-droit (3.9s.). Pérez recueille le commandement. Russell dépasse Alonso au virage n°14. Piastri efface Albon. Second arrêt pour Tsunoda.

 

23e: Verstappen double Alonso au virage n°1. Pérez précède Stroll (9.2s.), Leclerc (11.5s.), Sainz (12.7s.), Russell (13.8s.), Verstappen (14.2s.), Alonso (16.5s.), Zhou (21s.), Gasly (21.6s.) et Piastri (24.6s.).

 

24e: Russell déborde Sainz dans la longue pleine charge, puis Verstappen passe l'Espagnol au virage n°14. Gasly dépasse Zhou. Deuxième arrêt pour Bottas qui poursuit malgré de nombreux dégâts sur son Alfa Romeo.

 

25e: Leclerc dépasse Stroll. Il évolue à 11 secondes de Pérez. Verstappen assaille Russell par l'intérieur au virage n°12. L'Anglais braque sans voir la Red Bull située dans son angle mort, et les deux voitures se touchent. Des morceaux de carbone volent dans les airs, mais Verstappen passe en force.

 

26e: De nombreux débris jonchent le sol à l'entrée du Strip. La voiture de sécurité refait ainsi son apparition. Pérez entre aux stands et chausse les pneus durs (2.4s.). Leclerc choisit de rester dehors mais retrouve la première place. Stroll, Verstappen, Russell, Sainz, Alonso, Zhou et Magnussen changent d'enveloppes et bénéficient ainsi d'un « arrêt gratuit ».

 

27e: Les commissaires s'affairent à balayer le bitume. Derrière la Safety Car, Leclerc emmène Pérez, Gasly, Piastri, Verstappen, Ocon, Stroll, Albon, Russell, Sainz, Sargeant, Alonso, Zhou, Magnussen, Ricciardo, Hülkenberg, Hamilton, Bottas et Tsunoda.

 

28e: La piste est dégagée et la voiture de sécurité disparaît à l'issue de cette boucle.

 

29e: Drapeau vert. Doté de pneus neufs, Pérez se place aussitôt dans le sillage de Leclerc qui peine à maintenir les siens en température. Piastri dépasse Gasly au bout du Strip. Albon surprend Stroll. Russell est jugé responsable de la collision avec Verstappen et reçoit une sanction de cinq secondes.

 

30e: Pérez roule à une demi-seconde de Leclerc. Verstappen menace Gasly. L'usage du DRS est de nouveau autorisé.

 

31e: Verstappen dépasse Gasly au bout du Strip et conquiert ainsi la quatrième place.

 

32e: Pérez prend l'aspiration de Leclerc sur Las Vegas Boulevard, ouvre son aileron mobile, se jette à l'intérieur au virage n°14 et s'empare ainsi du commandement. Verstappen est le plus rapide (1'36''603''') et fait la jonction avec Piastri.

 

33e: Leclerc se maintient dans le sillage de Pérez. Verstappen déborde Piastri au virage n°14, au prix d'un freinage tardif. Ocon rejoint son équipier Gasly qui souffre d'un important graining.

 

34e: Ocon déborde Gasly au premier tournant, mais celui-ci reprend l'avantage au virage n°3. La murette Alpine demande à ses pilotes de se calmer, mais Ocon n'écoute pas, contre-attaque sur Koval Lane et déborde Gasly par l'extérieur au virage n°5.

 

35e: Sentent le souffle de Verstappen sur ses arrières, Leclerc passe à la contre-offensive face à Pérez. Il se laisse aspirer sur le Strip, se décale à l'intérieur et reprend la première place au freinage. Stroll repasse devant Albon.

 

36e: Verstappen fond sur Pérez qui ne résiste pas à son leader. Ce dernier le déborde dans la grande ligne droite et prend Leclerc en chasse.

 

37e: Verstappen ouvre son DRS sur Las Vegas Boulevard et déborde Leclerc par l'intérieur. Alors que le Hollandais semble s'imposer, le Monégasque retarde un temps son freinage et reprend une longueur d'avance sur son adversaire. Mais Leclerc finit par décélérer et Verstappen, mieux placé à la corde, reprend le commandement.

 

38e: Verstappen mène devant Leclerc (0.8s.), Pérez (1.6s.), Piastri (5s.), Ocon (8.7s.), Gasly (9.4s.), Stroll (11.4s.), Albon (14.5s.), Russell (15s.), Sainz (15.5s.), Alonso (15.8s.) et Hamilton (16.5s.).

 

39e: Albon subit lui aussi du « grainage » et cède face à Russell, avant de laisser passer Sainz, Alonso et enfin Hamilton.

 

40e: Verstappen compte un peu plus d'une seconde d'avance sur Leclerc, lequel garde Pérez à distance respectueuse.

 

41e: Gasly a de moins en moins d'adhérence avec ses pneus détériorés. Stroll lui chipe la sixième place.

 

43e: Leclerc bloque ses roues au virage n°12 et évite de peu le « tout droit ». Pérez en profite pour lui subtiliser la deuxième place. Russell dépasse Gasly. Piastri est contraint de chausser les pneus médiums (1.9s.) et glisse ainsi au 11e rang.

 

44e: Verstappen s'empare du record du tour (1'35''614'''). Gasly est à la dérive. Sainz, Alonso puis Hamilton le dépassent.

 

45e: Verstappen devance Pérez (4s.), Leclerc (4.8s.), Ocon (16.8s.), Stroll (18s.), Russell (19.6s.), Sainz (22s.), Hamilton (24s.), Alonso (24.3s.), Gasly (26.5s.), Piastri (33s.) et Albon (36s.).

 

46e: Leclerc garde le contact avec Pérez et n'a pas abandonné tout espoir de finir deuxième. Hamilton prend la huitième place à Alonso. Victime d'une perte de puissance, Hülkenberg se gare dans l'échappatoire au bout du Strip et abandonne.

 

47e: Piastri réalise le meilleur tour de la course (1'35''490''') et menace la 10e place détenue pas Gasly. Tsunoda (17e) tombe en panne de boîte de vitesses et rejoint Hülkenberg au pied de l'Aria/City Center Plaza.

 

48e: Verstappen compte quatre secondes et demie d'avance sur Pérez, toujours menacé par Leclerc. Russell déborde Stroll et prend Ocon en chasse pour atténuer les effets de sa future pénalité. Gasly s'incline devant Piastri.

 

49e: Leclerc aborde la dernière boucle une demi-seconde derrière Pérez. Red Bull demande à Verstappen de lever le pied afin de laisser revenir le Mexicain et offrir le DRS à celui-ci.

 

50e et dernier tour: Verstappen réduit son rythme, mais trop tard pour que Pérez puisse actionner son DRS. Leclerc ouvre son aileron mobile sur le Strip, déboîte Pérez par l'intérieur et reprend la seconde place au virage n°14. Russell dépasse Ocon.

 

Max Verstappen remporte ce GP de Las Vegas. Leclerc finit deuxième avec 2/100es d'avance sur Pérez qui a tenté de le déborder sur la ligne. Russell finit quatrième, mais recule au huitième rang du fait de sa pénalité. Ocon recueille la quatrième place. Stroll se classe à nouveau cinquième. Sainz est sixième, Hamilton septième. Alonso finit neuvième. Piastri termine 10e et décroche le point du meilleur tour. Viennent ensuite Gasly, Albon, Magnussen, Ricciardo, Zhou, Sargeant et Bottas.

 

Après la course

Après un prélude calamiteux, ce premier Grand Prix de Las Vegas a finalement offert un spectacle appréciable, même si le DRS a sans doute facilité bien des dépassements sur un tracé somme toute peu intéressant, et d'ailleurs traité comme tel par nombre de pilotes. Quant au graining tant redouté en raison de la fraîcheur, il a frappé fort inégalement les différents bolides. Si les Red Bull et les Ferrari ont relativement peu souffert, on a vu les Haas et surtout les Williams s'effondrer complétement.

 

Max Verstappen gagne pour la sixième fois consécutive. C'est sa 16ème victoire en 17 Grands Prix, la 53ème de sa carrière, ce qui lui permet de rejoindre Sebastian Vettel au palmarès de la F1. Il offre aussi à Red Bull-Honda sa 20ème victoire de la saison, un nouveau record. Mais le succès fut cette fois long à se dessiner pour le Batave qui a encaissé une pénalité et s'est accroché avec George Russell. « Beaucoup de choses se sont passées ! » constate-t-il. « Je suis monté à l'assaut au départ, mais je n'avais pas d'adhérence et j'ai viré au large. J'ai reçu une pénalité pour cela, j'ai dû remonter, doubler des concurrents... Le DRS était très puissant ici, si l'on doublait une voiture, elle pouvait aisément vous repasser dans la foulée. » Le moment le plus chaud fut la collision avec Russell. « L'aileron a été endommagé mais ne s'est pas brisé, donc le stand a jugé que cela tiendrait comme cela. Mais j'ai eu de la chance. » Jusque-là fort critique envers ce Grand Prix, Verstappen accorde un satisfecit au circuit de Las Vegas: « Le DRS a bien aidé pour avoir de belles batailles, ainsi que la faible dégradation qui a permis d'attaquer. C'était bien amusant ! »

 

Sergio Pérez a échoué dans les derniers kilomètres face à Charles Leclerc, mais sa troisième place, son premier podium depuis deux mois, lui assure le titre honorifique de vice-champion du monde de F1. Sa mission est donc remplie, même si ce ne fut pas sans peine. Le Mexicain a vécu lui aussi une soirée mouvementée, avec un contact au départ puis une rude bagarre contre Leclerc. «  J'ai subi beaucoup de dégâts au démarrage et j'ai dû remonter dans le peloton. Heureusement, j'étais très rapide et la voiture de sécurité m'a remis en selle. J'ai dépassé Charles mais je n'ai pas réussi à me détacher. J'avais un peu trop d'appui sur ma voiture et ma vitesse de pointe était trop faible. Max est arrivé et m'a doublé. Puis Charles est allé tout droit. Je ne m'attendais pas à ce qu'il repasse à l'attaque, il était à sept dixièmes mais il m'a passé au freinage. » C'est la deuxième fois consécutive que Pérez perd une position dans le dernier tour, mais Christian Horner le congratule, ce qui indique implicitement qu'il sera reconduit pour 2024.

 

Une fois de plus, Charles Leclerc n'a pas converti sa pole position en victoire, mais il n'a jamais autant frôlé les lauriers cette saison. Dans la fraîche nuit du Nevada, la Ferrari a ménagé ses pneus et tenait le rythme des Red Bull. Leclerc a sans doute perdu la victoire avec la seconde neutralisation qui a permis à Verstappen de chausser des pneus neufs. « C'est dommage parce que sans la Safety Car, j'étais dans une très bonne position pour gagner, dit-il. Mais tout le monde s'est arrêté et je suis resté dehors avec des pneus durs vieux de cinq tours. Cela a fait la différence, parce qu'ils se sont refroidis derrière la Safety Car et cela a été très dur de les remettre en température. J'y suis arrivé, mais trop tard. Cela me fait mal de finir deuxième. Mais c'était une course de malades, et je suis tout de même heureux de ma performance. » Frédéric Vasseur partage l'amertume de son pilote: « C'est décevant parce que Charles a doublé trois fois une Red Bull ce soir ! Le rythme était très bon, mais on a peut-être été trop prudents, notamment lors du premier relais. La voiture de sécurité est arrivée au pire moment, c'est une évidence. » Leclerc affirme en outre ne pas en vouloir à Verstappen pour sa sortie au démarrage: « Sur le moment je n'étais pas content parce qu'il a perdu le contrôle et m'a poussé. Mais il m'a expliqué qu'il était trop à l'intérieur et a perdu le grip. Il s'est excusé et a payé avec sa pénalité. » Quant à Carlos Sainz, anonyme sixième, son week-end a été ruiné par l'incident de jeudi soir, et il ne décolère pas contre les organisateurs et la FIA...

 

L'enjeu de la dernière étape à Abou Dhabi la semaine suivante sera la seconde place du championnat des constructeurs. Ferrari (288 points) est revenue à seulement quatre longueurs de Mercedes (292 pts). La firme à l'Étoile a vécu une mauvaise soirée, marquée par de nombreux contacts pour Lewis Hamilton et George Russell. Ce dernier s'est notamment accroché avec Max Verstappen et, justement pénalisé, perd encore des points précieux. « J'ai encore raté une occasion en or », soupire le jeune Anglais. « L'incident avec Max est totalement de ma faute. Je ne l'ai pas vu. Il était dans mon angle mort au virage n°12. Je ne m'attendais pas à un dépassement à cet endroit, car il y avait une longue ligne droite avec le DRS après. C'est dommage car j'étais sur la bonne voie pour grimper facilement sur le podium. Cette saison est une suite d'événements malheureux. » Événements dans lesquels Russell, bien moins convaincant qu'en 2022, porte souvent une large part de responsabilités...

 

McLaren est passée à côté de son week-end. Après des qualifications manquées, les Papayes ont perdu Lando Norris dès le troisième tour et Oscar Piastri s'est démené pour finir 10e avec une stratégie décalée, ruinée par la Safety Car. Ainsi, McLaren abordera la dernière manche sans avoir sécurisé la quatrième place du championnat des constructeurs puisque Aston Martin ne lui concède que 11 points. Andrea Stella affiche néanmoins sa confiance pour Abou Dhabi, un circuit qui devrait convenir à la MCL60. Il donne enfin de bonnes nouvelles de Norris qui est sorti de l'hôpital parfaitement indemne, mais pointe du doigt le tracé de Las Vegas, et notamment la bosse située sur Sands Avenue qui est probablement à l'origine de l'accident de son pilote: « Si on continue à courir de nuit ici, il faudra lisser cette bosse, car les pneus seront toujours froids, les bolides survireront et ce sera très périlleux de passer dessus. »

 

Les pilotes Alpine-Renault ont connu des fortunes diverses. Parti 4e, Pierre Gasly finit 11e. Parti 16e, Esteban Ocon termine 4e ! La tenue des pneumatiques explique ces trajectoires croisées. « J'étais dans le groupe des voitures de tête après un bon départ, mais malheureusement, j'ai eu du graining avec les pneus durs, c'était impossible de faire quoi que ce soit ! » soupire Gasly. « Je n'avais aucune vitesse, je n'arrivais pas à tourner et n'avais aucune motricité. C'est très frustrant. » Du côté d'Ocon, le son de cloche est différent: « Pareille remontée fait plaisir, c'était assez inespéré. On a très bien géré les pneus ce soir, et cela fait du bien après quelques courses difficiles. » Les deux Normands se sont même bagarrés en piste jusqu'à ce que le stand calme leurs ardeurs. « Si on m'avait demandé de laisser passer Pierre, je l'aurais fait ! » clame Ocon, auquel pareil aveu ne coûte pas cher. C'est bien le natif d'Évreux qui ramène les 12 points de la quatrième place. Il revient ainsi à quatre unités de Gasly au championnat des pilotes. Bien qu'ils soient paraît-il devenus amis, nul doute que chacun voudra par orgueil établir sa primatie au soir d'Abou Dhabi...

 

Sources :

- https://f1i.autojournal.fr/magazine/magazine-technique/f1-2023-las-vegas-technique/

Tony