Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Red Bull
Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari

1074th Grand Prix

XIII Singapore Grand Prix
Night / rain
Singapour
Sunday, 2 October 2022
59 laps x 5.063 km - 298.580 km
(Offset: 137 m)
info
Course prévue pour 61 tours, stoppée au bout de 2 heures.
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Red Bull crève le plafond budgétaire

 

Transferts: Gasly vers Alpine, de Vries vers AlphaTauri

La « silly season » se poursuit au cours des trois semaines qui séparent les Grands Prix d'Italie et de Singapour, même si aucune annonce fracassante ne survient. Le 22 septembre, AlphaTauri confirme qu'elle conservera Yuki Tsunoda en 2023, moins en raison de ses performances toujours très fluctuantes que parce que Red Bull n'a pas en réserve de jeunes loups suffisamment mûrs pour la Formule 1. En parallèle, l'équipe de Faenza a vu se refermer la piste Colton Herta qui n'a pas les points nécessaires pour obtenir sa super-licence. La FIA privilégie en effet les pilotes qui empruntent la filière classique menant de la F4 à la F1 au détriment de ceux brillant outre-Atlantique. En tout cas, le recalage de Herta était a priori une mauvaise nouvelle pour Pierre Gasly, car Red Bull ne voulait le laisser filer chez Alpine qu'à condition de pouvoir le remplacer par le Californien. Néanmoins, le sévère Dr. Marko a déniché une autre alternative en la personne du brillant Nyck de Vries, la vedette du récent GP d'Italie, et Gasly semble avoir gagné sa liberté.

 

Néanmoins, Alpine et Renault entretiennent le mystère autour de l'identité du successeur de Fernando Alonso. Mi-septembre, l'écurie bleue a organisé un test sur le Hungaroring ouvert à trois pilotes qui ne figurent pourtant pas en tête de ses priorités: l'Italien Antonio Giovinazzi, qui venait toujours de réapparaître au volant de la Haas lors des essais libres de Monza, le Néerlandais Nyck de Vries, que l'on annonce décidément partout, et l'Australien Jack Doohan, membre de l'Académie Alpine. Tous trois sont étalonnés au volant de l'A521 de 2021. Mais à Singapour, plusieurs sources annoncent que c'est bien Gasly qui sera recruté en 2023. Au final, le seul « nouveau pilote » Alpine qui ne prête pas à spéculation est... Jacques Villeneuve qui conduit l'A521 le 14 septembre à Monza afin de célébrer le vingt-cinquième anniversaire de son titre mondial, obtenu en 1997 sur une Williams-Renault.

 

Le 23 septembre, Williams prévient qu'elle mettra un terme à sa collaboration avec Nicholas Latifi fin 2022. Cette décision n'a rien de surprenant tant le pilote canadien est dominé cette saison par Alexander Albon. En outre, trois semaines plus tôt à Monza, il a été littéralement humilié en qualifications comme en course par l'intérimaire Nyck de Vries qui connaissait à peine la FW44. Latifi n'a de toute façon jamais eu le niveau pour tenir une position décente en F1, même si l'on peut reconnaître qu'il a connu des moments difficiles, notamment lors du dernier hiver, lorsqu'il a reçu des menaces de mort de la part de supporters de Lewis Hamilton pour son rôle bien involontaire dans le dénouement du championnat 2021. Albon, déjà confirmé pour 2023, ne connaît pas encore son futur coéquipier.

 

Enfin, le 27 septembre, Alfa Romeo-Sauber prolonge d'un an le contrat de Guanyu Zhou. Le jeune Chinois a connu des débuts en F1 assez difficiles, marqués par beaucoup d'incidents techniques. Il effectue néanmoins sagement son apprentissage du plus haut niveau, sans commettre d'erreurs grossières ni d'éclats, et depuis quelques courses prend l'ascendant sur Valtteri Bottas, son expérimenté équipier et mentor. Bref, Zhou mérite de continuer l'aventure.

 

Présentation de l'épreuve

Pour la première fois depuis trois ans, la Formule 1 retrouve l'Extrême-Orient pour une tournée asiatique qui l'emmènera en huit jours de la Cité-État de Singapour au mythique tracé de Suzuka au Japon. En ces contrées, la Covid-19 n'est pas encore un mauvais souvenir et les autorités contrôlent encore sévèrement l'évolution de l'épidémie, mais plus au point de fermer leurs pays aux voyageurs étrangers. C'est pourquoi les Grands Prix de Singapour et du Japon réapparaissent au calendrier, en attendant le retour du Grand Prix de Chine en 2024, si ce pays abandonne sa stratégie du « zéro Covid » qui limite encore beaucoup la liberté de circuler des ressortissants et des touristes.

 

Le long et tortueux circuit de Singapour, nuitamment parcouru, est toujours une épreuve redoutée par les pilotes, tant les pièges sont nombreux sur les cinq kilomètres qui serpentent autour de Marina Bay. Cette année, ils s'inquiètent aussi du retour du marsouinage induit par leurs monoplaces à effet de sol. Ce phénomène de rebond fut résiduel sur les derniers circuits au bitume lisse, mais le tracé urbain et non permanent de Singapour paraît propice à sa réapparition. Pour parer à cette difficulté, les organisateurs ont demandé à la société Dromo de poser un nouveau goudron sur trois portions: sur Raffles Boulevard (virages n°5 et 6), sous le pont Andersen (virages n° 12 et 13) et dans presque tout le dernier secteur. A noter que les trois zones d'activation du DRS demeurent inchangées depuis 2019.

 

Max Verstappen reste sur cinq victoires consécutives et peut s'adjuger dès ce week-end sa deuxième couronne mondiale. Il compte en effet 116 et 125 points d'avance sur Charles Leclerc et Sergio Pérez, ses deux suivants au classement, à six épreuves du terme de la saison. Pour être sacré à Singapour, il doit impérativement gagner la course, inscrire 22 unités de plus que Leclerc et 19 de plus que Pérez, ce qui suppose de grandes contre-performances de ces derniers. Verstappen assurera plus probablement sa consécration huit jours plus tard à Suzuka. Toujours aussi serein, le pilote hollandais affirme d'ailleurs qu'il trouverait « plus sympa » d'être titré au Japon afin de faire plaisir à Honda, son motoriste officieux.

 

Le 20 septembre, la Fédération a dévoilé le calendrier de la saison 2023 qui comptera un nombre record de vingt-quatre Grands Prix, parmi lesquels les GP de Chine, du Qatar et de Las Vegas qui font leur retour, alors que le GP de France passe à la trappe. D'autre part, Stefano Domenicali et Ross Brawn ont finalement obtenu les six « sprints » qu'ils réclamaient, et ce en dépit de l'opposition initiale du président Mohammed Ben Sulayem qui s'agaçait des prétentions des représentants de Liberty Media à tout régenter en Formule 1. Ainsi, l'année prochaine, les pilotes prendront le départ de pas moins de trente courses ! Bien sûr, Liberty Media justifie cette multiplication d'épreuves par d'extraordinaires retombées financières qui profiteront aux écuries, et il est vrai que l'exercice 2022 de la F1 s'annonce excellent. Ce sport s'est rarement aussi bien porté d'un point de vue économique. Mais il s'éloigne aussi de ses beaux discours écologistes : en 2023, les écuries parcourront plus de 130 000 kilomètres à travers le monde !

 

Fernando Alonso dispute à Singapour le 351ème Grand Prix de sa carrière. Il dépasse ainsi le record établi l'an passé par Kimi Räikkönen et pourrait même atteindre la barre stratosphérique des 400 Grands Prix s'il va jusqu'au bout de son futur contrat avec Aston Martin, soit fin 2024. « Je ne pense pas trop à ce record », confie cependant l'intéressé. « Je suis concentré sur les prochaines années. Peut-être que cela aura du sens quand je serai proche de la fin de ma carrière », estime l'insatiable quadragénaire.

 

Au printemps dernier, le directeur de course Niels Wittich s'était distingué par sa croisade contre les bijoux, piercings et autres pendeloques portés par les pilotes. Une directive menaçait de lourdes sanctions ceux qui s'acharneraient à conserver ce type d'ornements une fois dans leur baquet. La fronde des pilotes emmenée par Lewis Hamilton, grand adepte des piercings, n'a rien changé. Wittich a cependant offert une exemption de quelques courses aux contrevenants. Celle-ci prend fin à Singapour, et Hamilton est sommé samedi soir d'expliquer devant les commissaires sportifs pourquoi il porte encore un piercing sur le nez, alors que Mercedes avait indiqué au début du week-end qu'il y avait renoncé. Le septuple champion du monde explique avoir contracté une plaie sur le nez lorsqu'il a voulu retirer ledit bijou et que son médecin lui a conseillé de le conserver. Au final, les commissaires se contentent d'infliger une amende de 25 000 euros à Mercedes pour les avoir mal informés sur ce qui pare le nez hamiltonien... « C'est fou que nous devions parler de quelque chose d'aussi petit. C'est même un peu idiot ! » conclut Lewis le Percé.

 

Depuis la fin de la pause estivale, Kevin Magnussen subit une mauvaise passe au volant d'une Haas en manque d'évolutions. Le Danois est nettement moins performant qu'en début de saison et commet de nombreuses erreurs, ce qui rehausse quelque peu la cote de son équipier Mick Schumacher qu'il dominait jusqu'alors. A Singapour, Magnussen reçoit néanmoins le renfort d'un ingénieur de course très expérimenté, Mark Slade, un ancien de McLaren et de Renault, qui a notamment travaillé jadis avec Mika Häkkinen, Kimi Räikkönen, Nico Hülkenberg et Esteban Ocon. Slade succès à Dominic Haines, qui lui-même assurait l'intérim depuis le départ d'Ed Regan qui travaillait avec Magnussen jusqu'à Spa.

 

Alexander Albon est de retour au volant de sa Williams, trois semaines après avoir frôlé le pire, lorsqu'une banale opération de l'appendicite l'a conduit en soins intensifs pour pallier une insuffisance respiratoire. George Russell confie ici que pendant quelques heures la situation de son compatriote et ami « était devenue effrayante ». Mais Albon a formidablement récupéré de cette mésaventure. Après quelques jours de convalescence pour que ses poumons se rétablissent, il a très vite repris l'entraînement et a parcouru quelques kilomètres en karting pour tester son endurance, sans ressentir le moindre essoufflement ni la moindre douleur. Albon se dit ainsi fin prêt à disputer un Grand Prix très éprouvant pour les organismes.

 

McLaren arbore pour les deux Grands Prix asiatiques une livrée spéciale conçue avec son partenaire OKX, spécialise des crypto-monnaies. Du rose néon est mélangé au traditionnel orange papaye des monoplaces de Woking alors que Daniel Ricciardo et Lando Norris seront vêtus de combinaisons de style « cyberpunk ». Pourquoi ? Bonne question...

 

Sur le plan technique, la FIA a signifié à Aston Martin que la dérive verticale cylindrique apparue sur son aileron arrière en Hongrie sera bannie en 2023 car elle viole, sinon la lettre, du moins l'esprit du règlement. Andrew Green, le directeur technique de l'équipe anglaise, n'est pas surpris par cette décision car cette cornière n'a fait l'objet que d'une tolérance de la part des autorités. « C'était un bon petit coup de pouce pour le moral de l'équipe, afin de montrer aux autres que nous avons nos propres idées et que nous avons un groupe de personnes intelligentes qui travaillent ici », conclut Green. D'autre part, la McLaren se pare de nouvelles entrées d'air jumelles de celles de la Red Bull. Depuis plusieurs mois, les pontons de la MCL36 ont été rallongés et élargis pour ressembler de plus en plus à ceux de la RB18. Pour finir, l'Alpine A522 reçoit un fond plat doté de deux crêtes visant à améliorer le contrôle du vortex et à atténuer les turbulences. Selon le directeur sportif Alan Permane, c'est un pas en avant fort précieux, notamment en vue du GP du Japon.

 

Essais et qualifications

Vendredi, en début de soirée, Hamilton obtient le meilleur chrono de la première séance libre (1'43''033''') avec quelques millièmes d'avance sur Verstappen. Stroll interrompt un temps cette session en frottant le mur au virage n°5. Un peu plus tard, lors de la seconde séance, les Ferrari prennent le pouvoir, avec un meilleur temps signé par Sainz (1'42''587'''), 2/10e devant Leclerc. Gasly connaît un coup de chaud lorsque sa prise d'air s'enflamme alors qu'il regagne son garage. Un mécanicien... d'Aston Martin intervient alors d'un prompt coup d'extincteur. Samedi, une violente averse s'abat sur Singapour en début de soirée et contraint la direction de course à retarder le coup d'envoi des derniers essais libres qui se déroulent sur piste humide. Leclerc réalise un meilleur temps sans grande signification.

 

Un peu plus tard, la pluie a cessé mais le bitume est encore humide pour les qualifications. Les pilotes commencent la séance en pneus intermédiaires avant de progressivement chausser les slicks à compter de la Q2. Leclerc s'empare de ceux-ci au dernier moment et réalise la dix-huitième pole position de sa carrière (1'49''412'''). Sainz signe le quatrième temps sur l'autre Ferrari. Pérez (2e) manque la pole pour seulement 22 millièmes. Mais Red Bull commet une grossière erreur en cette Q3. Verstappen, en route pour signer la pole, est curieusement rappelé à son garage. En effet, s'il poursuit, sa monoplace ne contiendra pas le kilo d'essence nécessaire pour subir le contrôle de la FIA ! Le Hollandais, furieux contre son équipe, partira seulement huitième. Très en verve depuis le début du week-end, Hamilton place sa Mercedes au troisième rang, à seulement 54 millièmes de Leclerc. Russell est en revanche éliminé dès la Q2 à cause de freins défaillants. Il change ensuite de moteur et partira depuis les stands. Alonso conduit son Alpine-Renault en cinquième position mais Ocon (17e) ne franchit pas la première manche suite à une panne de freins. Comme (presque) toujours, Norris (6e) est seul à faire briller une McLaren très rétive. Ricciardo (16e) dit jongler entre plusieurs réglages...

 

L'AlphaTauri se comporte bien sur sol humide, ce qui permet à Gasly (7e) et Tsunoda (10e) d'atteindre tous deux la Q3. Les Haas-Ferrari brillent aussi dans ces conditions: Magnussen (9e) atteint la dernière étape des qualifications et Schumacher (12e) ne commet pas d'erreur sur ce circuit qu'il ne connaît pas. Aston Martin fait le pari de munir ses pilotes de slicks à la fin de la Q2, mais ni Stroll (11e) ni Vettel (13e) ne parviennent à aller plus loin. Alfa Romeo s'égare aussi dans ses choix de composés: Bottas (15e) est aussitôt éliminé parce qu'il n'a pas pris des intermédiaires neufs et Zhou (14e) se saisit trop tôt des pneus rouges en fin de Q2. Enfin, les Williams-Mercedes (Albon 18e, Latifi 19e) ne décollent pas du fond de grille puisqu'elles font surchauffer leurs gommes, même sur un bitume humide...

 

Le Grand Prix

Dimanche, une averse diluvienne s'abat sur Singapour peu avant le coup d'envoi, prévu pour 20 heures. La piste est tout à fait impraticable et la direction de course choisit logiquement de reporter le départ d'une heure. Lorsque les éléments se calment, les pilotes sont envoyés en piste pour s'installer sur la prégrille et tous constatent que le bitume est encore humide et glissant. Comme aucune averse n'est prévue pour la suite de la soirée, tous choisissent de partir avec les pneus intermédiaires. Le Grand Prix démarre finalement à 21h05, soit avec plus d'une heure de retard, et devrait franchir la limite des deux heures de course, une grande partie des 61 tours prévus devant se couvrir en deux minutes. Lors du tour de formation, les pilotes s'aperçoivent que l'asphalte est encore passablement détrempé. Il ne sera pas possible de chausser les pneus lisses avant longtemps.

 

Départ: Pérez prend un meilleur envol que Leclerc et s'empare de la première place au premier tournant. Hamilton tente de résister à une attaque de Sainz. Ils se tamponnent et le Britannique doit court-circuiter la chicane. Il se réinsère derrière la Ferrari. Piégé par son anti-calage, Verstappen perd plusieurs places, escalade le vibreur de gauche et se retrouve seulement 13e. Il subit ensuite une petite touchette avec Magnussen.

 

1er tour: Albon exécute un tête-à-queue au virage n°7 et heurte légèrement la glissière. Il se relance bon dernier, sans dégât apparent. Pérez mène devant Leclerc, Sainz, Hamilton, Norris, Alonso, Gasly, Vettel, Tsunoda et Stroll. Verstappen prend la 12e place à Ricciardo.

 

2e: Pérez devance Leclerc d'une seconde. Verstappen déborde Magnussen qui a endommagé une dérive latérale de son aileron avant. Le Hollandais double ensuite Stroll.

 

3e: Leclerc demeure au contact de Pérez alors que Sainz et Hamilton sont déjà repoussés à plus de cinq secondes. Verstappen prend la neuvième place à Tsunoda.

 

4e: Hamilton déplore un manque de grip avec ses pneus intermédiaires. Il va pourtant devoir composer longtemps avec eux, car le bitume demeure gras et très glissant.

 

5e: Pérez est premier devant Leclerc (1.3s.), Sainz (7.3s.), Hamilton (9.8s.), Norris (13.8s.), Alonso (17.1s.), Gasly (20.6s.), Vettel (22s.) Verstappen (22.4s.), Tsunoda (26.4s.), Stroll (30.5s.) et Magnussen (32s.). Russell est dix-septième après avoir doublé Zhou et Latifi.

 

6e: Pérez signe le meilleur chrono provisoire (2'00''094'''). Plus loin, Verstappen est aux trousses de l'Aston Martin de Vettel. Magnussen se voit présenter le drapeau noir et orange à cause de sa dérive endommagée. C'est la troisième fois en 2022 que pareille mésaventure lui survient...

 

7e: Russell déborde Bottas avant le virage n°7, mais il se rabat trop tôt, frotte la roue avant-gauche de l'Alfa Romeo et tire droit dans l'échappatoire. Il enclenche la marche arrière pour se tirer de ce mauvais pas. Plus loin, Zhou tente de faire l'extérieur à Latifi avant d'entamer Rifles Boulevard, mais le Canadien ne l'aperçoit pas et le tasse contre le muret extérieur. Le jeune Chinois achève sa route dans le dégagement avec une suspension pliée alors que Latifi subit une crevaison à l'arrière-gauche. Magnussen entre aux stands pour changer d'aileron et de pneus.

 

8e: La voiture de sécurité entre en piste pour permettre l'évacuation de l'Alfa Romeo accidentée. Latifi rentre à son garage et abandonne.

 

9e: Le peloton se regroupe derrière la Safety Car. Pérez précède Leclerc, Sainz, Hamilton, Norris, Alonso, Gasly, Vettel, Verstappen, Tsunoda, Stroll, Ricciardo, Schumacher, Ocon, Russell, Albon et Magnussen.

 

10e: Après que les commissaires ont repoussé la voiture de Zhou, la course va reprendre au tour suivant.

 

11e: La voiture de sécurité s'efface. Pérez garde l'ascendant sur Leclerc et Sainz. Verstappen dépasse Vettel en début de tour, puis efface Gasly à l'épingle du pont Andersen. Le voici septième.

 

12e: Pérez maintient Leclerc une seconde derrière lui. Comme précédemment, Sainz et Hamilton ne parviennent pas à suivre ceux-ci. Verstappen a rejoint Alonso.

 

14e: Verstappen bute sur Alonso qui bénéficie d'une excellente vitesse de pointe. L'Espagnol tente en outre de rester au contact de Norris.

 

15e: Pérez est premier devant Leclerc (1.7s.), Sainz (7.7s.), Hamilton (8.8s.), Norris (13.3s.), Alonso (16s.), Verstappen (16.7s.), Gasly (23.2s.), Vettel (24.3s.), Tsunoda (26.3s.), Stroll (28.3s.) et Ricciardo (29.3s.).

 

16e: Pérez tourne en 1'59''018''' et porte son avantage sur Leclerc à près de deux secondes. Verstappen klaxonne toujours derrière Alonso.

 

18e: Leclerc réplique à Pérez (1'58''893'''). La piste reste glissante mais la trajectoire s'assèche peu à peu. La plupart des pilotes se plaignent de l'usure de leurs pneus rainurés, bientôt transformés en slicks.

 

20e: Pérez roule en 1'58''717'''. Le retard de Leclerc excède deux secondes. Sainz concède dix secondes à son équipier et doit toujours surveiller Hamilton.

 

21e: Alonso se gare dans l'échappatoire du virage n°10, trahi par son moteur Renault. Tsunoda commet une erreur dans un droit serré. Il perd trois places en évitant le muret.

 

22e: La « voiture de sécurité virtuelle » est déclenchée pour dégager l'Alpine d'Alonso. Personne n'ose en profiter pour changer de pneus, sauf Russell qui, bloqué derrière Bottas, n'a plus grand-chose à perdre et le premier se munit de pneus slicks médiums.

 

23e: Le drapeau vert est brandi, la compétition reprend. Pérez devance Leclerc (3s.), Sainz (16s.), Hamilton (16.7s.), Norris (25.2s.), Verstappen (27.4s.), Gasly (36.2s.), Vettel (39s.), Stroll (46.5s.), Ricciardo (48.5s.), Schumacher (53.6s.) et Tsunoda (56.6s.).

 

24e: Russell se plaint d'un manque complet d'adhérence et tourne dix secondes au tour plus lentement que les pilotes encore chaussés d'intermédiaires.

 

25e: L'écart est stable entre Pérez et Leclerc. Verstappen chasse Norris. Albon dérape au virage n°8 et percute de face les glissières. Il parvient à repartir privé d'aileron avant et regagne son stand. Le drapeau jaune est déployé dans le second secteur.

 

26e: La « Virtual Safety Car » est de nouveau enclenchée pour permettre aux commissaires de ramasser l'aileron de la Williams qui gît en pleine piste. Albon met pied à terre car sa Williams est trop endommagée suite à son accident.

 

27e: La neutralisation ne dure qu'une petite minute et le drapeau vert est agité. Pérez possède quatre secondes d'avance sur Leclerc.

 

28e: Ocon, piteux 13e, s'immobilise après le pont Andersen avec un moteur fumant. Les deux Alpine sont hors-jeu. Une fois de plus, la direction de course lance la « voiture de sécurité virtuelle ».

 

29e: De nouveau, personne ne profite de la neutralisation pour passer en slicks ou même chausser des intermédiaires neufs.

 

30e: En début de tour, Sainz ralentit un temps devant Hamilton qui interprète cela comme un « break test ». La « VSC » prend fin après l'évacuation de l'Alpine d'Ocon. Quelques secondes avant le drapeau vert, Verstappen tente d'intimider Norris et freine en catastrophe au virage n°7, évitant de peu un accrochage.

 

31e: Hamilton menace Sainz qui est en délicatesse avec ses pneus usés. Russell, en slicks, est toujours nettement plus lent que les autres concurrents.

 

32e: Pérez est leader devant Leclerc (3s.), Sainz (20s.), Hamilton (21.3s.), Norris (34.6s.), Verstappen (34s.), Gasly (43s.), Vettel (44.5s.), Stroll (50.6s.), Ricciardo (57.6s.), Schumacher (1m. 02s.) et Tsunoda (1m. 09s.).

 

33e: Hamilton freine tard au bout de Raffles Boulevard et ne parvient pas à tourner. Il tape la glissière à faible allure avec son train avant. Par chance, la Mercedes ne semble pas endommagée et le Britannique enclenche la marche arrière, puis se réinsère entre Norris et Verstappen. Gasly entre aux stands pour mettre les pneus médiums (2.8s.).

 

34e: L'aileron avant de Hamilton commence à s'effondrer et sa dérive latérale gauche racle le bitume. Russell signe le meilleur chrono (1'56''177'''), signe que la trajectoire est presque sèche. Tsunoda, Bottas et Magnussen chaussent les slicks.

 

35e: Leclerc entre aux stands et s'arrête un peu au-delà de ses marques, ce qui perturbe le travail de ses mécaniciens. Il chausse les pneus médiums en plus de cinq secondes. Hamilton stoppe chez Mercedes, chausse les gommes jaunes et remplace sa calandre en 14 secondes. Vettel et Schumacher basculent aussi sur les slicks.

 

36e: Pérez passe chez Red Bull, s'empare des enveloppes médiums (2.8s.) et reste premier. Sainz l'imite dans la foulée (3.5s.). Verstappen et Stroll s'emparent aussi de pneus slicks. Pendant ce temps-là, Tsunoda bloque sa roue avant-gauche au bout de St. Andrews Road et s'écrase dans les glissières. Le Japonais sort sans mal de son AlphaTauri, mais la Safety Car est renvoyée en piste.

 

37e: Cette neutralisation profite à McLaren qui rappelle successivement Norris et Ricciardo. Le premier chausse les pneus médiums, le second des tendres. L'Australien reste devant les Aston Martin. Toujours bon dernier, Russell prend aussi des gommes neuves.

 

38e: Une grue évacue l'AlphaTauri de Tsunoda. Pérez emmène le peloton devant Leclerc, Sainz, Norris, Verstappen, Ricciardo, Stroll, Vettel, Hamilton, Gasly, Schumacher, Bottas, Magnussen et Russell. Tout le monde est muni de gommes médiums, sauf Ricciardo et Bottas qui sont en tendres.

 

39e: La piste est claire, la voiture de sécurité rentre aux stands à la fin de cette boucle. Toutefois, Pérez est épinglé car il n'a pas respecté la distance réglementaire avec la Safety Car. Cette infraction est notée par les commissaires.

 

40e: La course est relancée. Pérez reste premier. Verstappen part aussitôt à l'assaut de Norris et le contourne par l'intérieur sur Raffles Boulevard. Mais ses pneus sont encore trop froids. Le Hollandais freine en catastrophe sur une portion humide puis atterrit dans l'échappatoire. Il fait demi-tour puis rejoint le circuit en huitième position. Russell a effacé Magnussen et Bottas.

 

41e: Verstappen a détruit ses gommes dans son attaque sur Norris. Il doit rejoindre son stand pour prendre des enveloppes neuves et repart dernier. Russell assaille Schumacher par l'intérieur au virage n°1, mais leurs roues s'entrechoquent. L'Anglais est victime d'une crevaison à l'arrière-gauche et parcourt toute une boucle au ralenti avant d'atteindre les stands.

 

42e: Leclerc évolue à moins d'une seconde de Pérez. Sainz est en revanche semé par ceux-ci et doit surveiller Norris. Russell se relance après avoir remplacé ses roues. Schumacher est à son tour victime d'une crevaison et passe aux stands pour changer de roues.

 

44e: L'usage du DRS est autorisé. Leclerc se fait pressant derrière Pérez qui se plaint de quelques ratés sur son moteur. Le Mexicain est en outre placé sous enquête pour avoir roulé trop près de la voiture de sécurité.

 

45e: Pérez est en tête devant Leclerc (0.8s.), Sainz (9.1s.), Norris (9.8s.), Ricciardo (17.3s.), Stroll (21.3s.), Vettel (23s.), Hamilton (23.4s.), Gasly (25.4s.), Bottas (29s.), Magnussen (36s.), Verstappen (45s.), Schumacher (-1t.) et Russell (-1t.).

 

46e: Leclerc maintient une forte pression sur Pérez, menacé d'une sanction. Hamilton pourchasse Vettel sans trouver d'ouverture.

 

47e: La course doit prendre fin dans 20 minutes. Leclerc ouvre son DRS, se montre dans les rétroviseurs de Pérez mais ne peut pas se porter à sa hauteur. Verstappen prend la onzième place à Magnussen. Russell déborde Schumacher malgré une vive résistance de celui-ci.

 

49e: Pérez tourne en 1'49''500'''' alors que Leclerc glisse dans le « pif-paf » des virages n°11 et 12. Il perd ainsi quelques dixièmes et la faculté d'ouvrir son aileron arrière.

 

50e: Leclerc concède maintenant deux secondes à Pérez. Verstappen déborde Bottas et retrouve ainsi la zone des points.

 

51e: La direction de course annonce que le cas Pérez sera étudié après la course. « Checo » est ainsi à la merci d'une pénalité de cinq secondes et doit creuser un écart significatif avec Leclerc pour s'assurer de la victoire.

 

52e: Russell passe chez Mercedes pour chausser un jeu de pneus tendres afin de lui permettre de conquérir le meilleur tour.

 

53e: Pérez précède Leclerc (2.8s.), Sainz (13.1s.), Norris (16.2s.), Ricciardo (39s.), Stroll (45.7s.), Vettel (47s.), Hamilton (48.2s.), Verstappen (51.5s.), Gasly (57s.), Bottas (58.7s.) et Magnussen (1m. 05s.).

 

54e: Pérez attaque pour accroître son avantage sur Leclerc. Le Monégasque, désormais repoussé à trois secondes, a abîmé ses pneus arrière. Verstappen fait la jonction avec Hamilton. Russell réalise le meilleur de la course (1'46''458'''). Comme il évolue en 14e position, cela ne lui rapportera aucun point.

 

56e: Cinq minutes avant le drapeau à damiers. Quatre secondes séparent Pérez et Leclerc. Insuffisant en cas de pénalité... Bien plus loin, Vettel, Hamilton et Verstappen (12 titres à eux trois) évoluent roues dans roues.

 

57e: Pérez réalise son meilleur chrono (1'48''165''') de la soirée et porte son avantage sur Leclerc à quatre secondes et demie. Hamilton assaille Vettel par l'intérieur au virage n°8, mais il bloque sa roue avant-droite et vire au large. Verstappen en profite pour se défaire de son rival.

 

58e: Pérez attaque toujours pendant que Leclerc souffre avec ses pneus. L'intervalle grimpe à six secondes. Les deux heures de courses sont atteintes et le drapeau à damiers sera agité à l'issue de la prochaine boucle.

 

59ème et dernier tour: Verstappen dépasse Vettel sur Rifles Boulevard et conquiert ainsi la septième place.

 

Sergio Pérez franchit la ligne avec sept secondes d'avance sur Leclerc, de quoi sécuriser ses lauriers s'il était sanctionné. Sainz place la seconde Ferrari en troisième position. Les McLaren de Norris (4e) et de Ricciardo (5e) inscrivent 18 points fort précieux pour le championnat des constructeurs. Stroll (6e) et Vettel (8e) donnent à Aston Martin son meilleur résultat en 2022. Verstappen se contente de la septième place. Hamilton finit neuvième après une soirée brouillonne. Gasly, déçu par sa stratégie, empoche le dernier point. Bottas, Magnussen, Schumacher et Russell rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course

Pérez, exténué par son effort, n'est pas au bout de ses peines. Sa victoire est mise en suspens par les commissaires qui enquêtent sur son comportement durant les deux sorties de la voiture de sécurité. A chaque fois, le Mexicain a négligé de laisser dix longueurs entre lui et la Safety Car, comme l'exige le règlement. Par bonheur, il s'en tire avec une pénalité de cinq secondes qui ne lui ôte pas sa victoire, une réprimande et deux points en moins sur son « permis ».

 

Il aurait été dommage que Pérez perde sur tapis vert ce qui est sans doute la plus belle victoire de sa carrière. Elle survient à point nommé, après une série de cinq victoires consécutives de son leader Max Verstappen. Ces dernières semaines, « Checo » ne parvenait pas à tirer le meilleur parti de sa Red Bull et s'était attiré certaines remontrances désobligeantes de la part de Helmut Marko. Mais ici, à Singapour, il a fait étalage de toutes les facettes de son talent: adresse sur le gras-mouillé, gestion impeccable des pneumatiques et des nerfs en acier trempé. En fin d'épreuve, Pérez n'a pas craqué sous la pression exercé par Charles Leclerc. C'est même le Monégasque qui a fini par commettre une erreur... « C'est très spécial pour moi de gagner après une période difficile », souligne le Mexicain. « C'est aussi un moyen de rappeler à tout le monde que je suis encore là ! Mais que ce fut dur ! Quand je suis sorti de la voiture, je suis tombé de fatigue. J'ai dû me battre avec Charles, mais aussi avec moi-même pour ne pas sortir dans des conditions aussi piégeuses ». Pérez s'affirme en outre comme le nouveau spécialiste des circuits urbains puisque Bakou, Monaco et maintenant Singapour figurent à son palmarès.

 

Sergio Pérez retarde en outre la consécration de son équipier Max Verstappen qui ne gardera pas un souvenir impérissable de ce week-end. Après l'arrivée, le Hollandais rumine encore l'erreur commise la veille par son équipe qui est à l'origine de cette soirée passée dans le ventre mou du peloton. Il n'a certes pas grand-chose à se reprocher puisque c'est un problème électronique qui est à l'origine de son envol raté. Mais on l'a vu néanmoins commettre face à Lando Norris sa première faute de pilotage depuis très longtemps, preuve qu'il n'est (pas encore) invincible. Verstappen tourne la page et regarde vers Suzuka où il espère bien assurer sa deuxième couronne mondiale.

 

Décidément, concrétiser est un verbe que Ferrari a bien du mal à employer cette saison. De nouveau Charles Leclerc n'a pas pu transformer sa pole position en victoire, cette fois-ci à cause d'un départ manqué. « Je suis mal parti, j'ai patiné. Pérez, lui, a réussi son envolée. J'ai eu beau attaquer ensuite, c'était mort », soupire le natif du Rocher, qui s'inquiète toujours du mauvais traitement que sa machine inflige aux pneumatiques. « A chaque début de relais, nous sommes performants les six-sept premiers tours, mais ensuite les Red Bull prennent le dessus. Il faudrait comprendre pourquoi... » Ce n'est pas son équipier Carlos Sainz, en retrait tout au long du week-end, qui pourra lui répondre... Pendant ce temps-là, l'affliction règne chez Mercedes qui avait selon George Russell la voiture pour gagner à Singapour. Mais rien n'a fonctionné comme prévu. Le jeune Anglais, relégué en fond de grille par des problèmes de fiabilité, a chaussé les pneus slicks beaucoup trop tôt ce dimanche soir. Quant à Lewis Hamilton, il a fait montre d'une maladresse très inhabituelle qui lui vaut quelques nuits blanches, d'après ses propres confidences...

 

Un mois plus tôt, Alpine-Renault semblait en mesure d'obtenir aisément la quatrième place du championnat des constructeurs au détriment de McLaren-Mercedes. Mais l'équipe au A fléché vient d'enchaîner deux scores vierges consécutifs, ce qui permet aux Papayes de leur reprendre cette position (129 points contre 124). A Singapour, les deux A522 ont été frappées d'une panne de moteur a priori similaire. Pour Fernando Alonso, c'est la goutte qui fait déborder le vase. Il s'emporte contre la fiabilité déficiente de sa future ex-équipe qu'il qualifie d'« inacceptable ». L'Espagnol estime que sans les diverses pannes qui l'ont touché cette année, il aurait pu inscrire au moins 60 points de plus au championnat. Du côté de McLaren, en revanche, on pavoise, Lando Norris et Daniel Ricciardo ayant eu la bonne fortune d'effectuer leur changement de pneus sous Safety Car. Andreas Seidl s'attend néanmoins à une longue bagarre avec Alpine qui pourrait durer jusqu'à la finale d'Abou Dhabi.

Tony