Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Red Bull
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull
George RUSSELL
 G.RUSSELL
Mercedes

1063rd Grand Prix

LXIV Gran Premio de España
Sunny
Barcelone
Sunday, 22 May 2022
66 laps x 4.675 km - 308.424 km
(Offset: 126 m)
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F1
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Présentation de l'épreuve

Menacé ces dernières années, le Grand Prix d'Espagne a assuré sa place au calendrier du championnat du monde jusqu'en 2026, grâce à un nouveau contrat signé à l'automne 2021. Le gouvernement catalan, longtemps réticent à cette prolongation pour des raisons financières, mais aussi idéologiques, a finalement décidé de tolérer la F1, ainsi d'ailleurs que le Moto GP, pour encore cinq saisons. Attention cependant: le circuit de Montmeló est chargé de sauver la Planète. Des modifications seront apportées à ses infrastructures afin « de l'adapter aux nouvelles valeurs et principes de mobilité pour le XXIème siècle », déclare le porte-parole du gouvernement catalan. « Nous voulons que le circuit devienne un exposant de la transformation verte et de l'adaptation des infrastructures aux exigences de l'urgence climatique », ajoute Roger Torrent, ministre du Travail. Rien que ça.

 

Cette saison, les écuries sont contraintes de faire rouler à deux reprises un jeune pilote au cours de la première séance d'essais libres du vendredi. En Catalogne, Red Bull confie ainsi la machine de Sergio Pérez à l'Estonien Jüri Vips (21 ans) qui évolue habituellement en Formule 2 avec l'écurie Hitech GP. Williams aligne pour sa part le Néerlandais Nyck de Vries en lieu et place d'Alex Albon. Certains pensent que les dirigeants de l'écurie britannique souhaitent ainsi le confronter pendant une heure à Nicholas Latifi, dont la position paraît de plus en plus fragile. Le jeune Canadien, qui se rêvait cet hiver en leader de Williams, réalise en effet un très mauvais début de saison et reconnaît lui-même ne pas se sentir en confiance au volant de la FW44. Enfin, chez Alfa Roméo, Guanyu Zhou cède son baquet à Robert Kubica, qui n'est pas spécialement un néophyte...

 

Après plusieurs semaines de tergiversations, la FIA et Liberty Media ont finalement décidé de ne pas remplacer le Grand Prix de Russie, prévu pour le 25 septembre et annulé en raison de l'invasion de l'Ukraine. Le championnat 2022 ne comprendra donc « que » vingt-deux épreuves. En conséquence, le plafond budgétaire est légèrement abaissé, de 142,4 à 141,2 millions d'euros, ce qui ne touchera que les trois plus grandes équipes, Mercedes, Ferrari et Red Bull. Certains s'étonnent de cette décision, car d'ordinaire Liberty Media met tout en œuvre pour charger au maximum le calendrier, afin de dégager toujours plus de revenus. Mais le plupart des circuits candidats à cette suppléance (Portimão, Mugello, Istanbul...) n'ont pas les reins financiers assez solides pour supporter les tarifs d'organisation. En 2020 et 2021, en raison de la crise de la Covid, la Formule 1 avait toléré des rabais qui n'ont aujourd'hui plus lieu d'être. D'autre part, Singapour avait proposé d'organiser un second Grand Prix, diurne celui-ci, mais cette idée n'a pas abouti. Les équipes s'épargnent ainsi un déplacement supplémentaire, une bonne nouvelle pour les budgets en ces temps d'inflation, et pour le repos de leurs personnels.

 

Les relations entre les pilotes et les deux nouveaux directeurs de course, Niels Wittich et Eduardo Freitas, paraissent déjà tendues après seulement cinq épreuves. On connaît la controverse née de leur volonté d'interdire le port de bijoux dans les cockpits. A Miami, Carlos Sainz Jr. s'est heurté à Wittich après que celui-ci a refusé d'installer une barrière de Tecpro dans le virage rapide où le Madrilène s'était rudement crashé lors des essais libres. A Montmeló, c'est Fernando Alonso qui croise le fer avec les autorités. Revenant sur l'épreuve floridienne, il qualifie de fort injuste la seconde pénalité de cinq secondes qui lui fut infligée et l'a rejeté hors des points. L'ancien champion du monde avait coupé un virage mais estime qu'il avait suffisamment ralenti pour qu'on ne l'accuse pas d'en avoir tiré profit. C'est pourquoi il fustige des commissaires « incompétents ». Selon lui, l'équipe Alpine avait réuni des preuves démontrant sa bonne foi, mais Wittich et les trois commissaires les auraient examinées en cinq minutes, visiblement pressés de partir. « C'était très amateur de leur part », commente Alonso, acerbe. « On ne peut pas dire que les nouveaux directeurs se soient bien adaptés et c'est une source d'inquiétude pour les pilotes. Ce manque de professionnalisme n'a pas de place dans un championnat du monde comme la F1. »

 

Ces propos suscitent évidemment la colère des intéressés, et Eduardo Freitas menace le vétéran du peloton d'une éventuelle sanction. Otmar Szafnauer défend cependant son pilote et pointe du doigt le manque de cohérence de la politique répressive de la FIA: « Les décisions manquent de constance. A Miami, Norris et Gasly sont entrés en collision sans conséquence, tout comme Schumacher et Vettel, tandis que Fernando a été pénalisé deux fois: on peut donc comprendre son irritation. » Au final, c'est le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem qui dénoue la mini-crise par un entretien privé avec Alonso, à l'issue duquel l'Asturien consent à présenter ses excuses auprès des commissaires. L'affaire en reste là.

 

Comme chaque année, le Grand Prix d'Espagne voit apparaître les premières retouches notables sur les monoplaces. Red Bull apporte quelques modifications à la RB18, notamment au niveau du fond plat. Mais c'est la première évolution de la Ferrari F1-75 qui est la plus attendue après avoir été éprouvée à Monza huit jours plus tôt, lors d'un roulage promotionnel. La principale nouveauté concerne le fond plat qui a perdu son entaille au bénéfice d'une ailette destinée à générer un vortex parallèle à la roue, et ce pour atténuer le « pompage » très vif de la voiture rouge. Le diffuseur reçoit un carénage supplémentaire afin de mieux répartir l'énergie du flux d'air. Enfin, la Ferrari dispose d'un aileron arrière à fort appui spécifique pour Barcelone. La Mercedes W13 reçoit aussi beaucoup d'évolutions. A l'avant d'abord, avec un aileron doté de dérives latérales destinées à orienter le flux d'air vers les écopes de frein. A l'arrière, le déflecteur parallèle à la roue offre plus d'appui. Surtout, le fond plat est découpé sur les bords, comme on le voit sur l'Alfa Romeo, la McLaren ou jadis la Ferrari. Ces éléments sont brièvement testés au Castellet quelques jours avant le GP d'Espagne et semblent produire plus de stabilité en combattant le « marsouinage ». Le soubassement est en effet plus rigide et entaillé pour ne pas envelopper complétement le diffuseur, ce qui produit une charge plus constante bien qu'atténuée. « Nous avons pu abaisser la voiture au sol, explique George Russell. Mais je pense que nous avons perdu beaucoup d'appui pour y arriver. La voiture n'est pas aussi rapide qu'on voudrait pour se battre avec les pilotes de tête. »

 

McLaren est l'équipe qui apporte le plus de pièces inédites: ailerons, écopes de frein, capot moteur... autant d'éléments comparés par Norris et Ricciardo. Comme Mercedes, l'équipe anglaise rigidifie son soubassement pour lutter contre le pompage. Alpine introduit pour sa part un nouvel aileron arrière qui crée davantage d'appui. Toutefois, Fernando Alonso contredit la communication de son écurie en affirmant que cet élément n'est pas « nouveau » mais seulement adapté au circuit de Barcelone. Le vétéran espagnol déplore ouvertement le manque d'améliorations apportées à son Alpine-Renault, ce qui laisse présager de possibles tensions internes. Enfin, Alfa Romeo présente ici un nouveau « package » aérodynamique.

 

Aston Martin et la « Red Bull verte »

Mais la monoplace qui suscite le plus commentaire est la version B de l'Aston Martin AMR22, totalement transfigurée. En vérité, la monoplace verte est devenue une copie quasi-conforme de la Red Bull RB18 ! Les pontons, le capot moteur, le plancher, l'aileron arrière, tout ressemble désormais à la monoplace flanquée du taureau rouge ! Et chacun se souvient que l'écurie de Lawrence Stroll a recruté cet hiver bon nombre d'anciens ingénieurs de RBR, notamment l'aérodynamicien Dan Fallows... Aussitôt, Christian Horner et Helmut Marko hurlent au plagiat. Andrew Green, le directeur technique d'Aston Martin, réfute vivement cette accusation: « Cette voiture a été conçue au milieu de l'année dernière, dans le cadre d'une double direction pour le développement de l'AMR22. La plupart des dessins ont été produits avant même que d'anciens employés de Red Bull travaillent chez nous. Nous avons toujours suivi une double voie de développement, et ce fut un choc pour nous lorsque nous nous sommes aperçus que Red Bull avait imaginé le même concept. Voyant que la première version de notre machine ne fonctionnait pas, nous sommes passés au plan B. » Le hasard et ses mystères... Cette équipe est coutumière du fait: après la Mercedes rose, voici la Red Bull verte !

 

La fédération internationale valide pourtant cette version des faits après avoir mené quelques vérifications. A ce sujet, les dirigeants de Red Bull ne tiennent d'ailleurs pas tous le même langage. Par exemple, Christian Horner qualifie l'Aston Martin de « clone » et Helmut Marko assure que des données ont été transférées entre Milton Keynes et Silverstone. Mais le directeur technique Pierre Waché dit faire confiance à la FIA et ne pas croire à la version du plagiat. Néanmoins, Horner diligente une enquête interne et prévient que ses démarches pourraient aller très loin, s'il s'avère que quelqu'un a effectivement dérobé des informations. « Il est normal que des individus passent d'une équipe à l'autre, s'ils se contentent d'emmener avec eux ce qu'ils ont dans leur tête, leur propre savoir », déclare le manager anglais. « Ce qui est totalement inacceptable, c'est le transfert de propriété intellectuelle ! Celle-ci est l'élément vital d'une équipe, ce dans quoi nous investissons des millions et des millions d'euros. Nous ne voulons pas être volés par une organisation rivale, sinon nous pourrions aussi bien franchiser notre propriété intellectuelle et vendre de l'aérodynamisme ! Je ne dirai pas exactement où nous en sommes avec certaines personnes, mais nous redoutons une infraction... une infraction pénale ! » Encore faudrait-il que ces soupçons soient étayés, ce qui n'est le cas à cette heure.

 

Essais et qualifications

L'Europe occidentale est frappée par une vague de chaleur inhabituelle au cours de ce mois de mai, et ce week-end catalan se déroule dans une atmosphère très estivale. Vendredi après-midi, les Ferrari de Leclerc et de Sainz se placent aux premiers rangs de la session libre n°1, mais elles ne devancent la Red Bull de Verstappen que de quelques centièmes. Chez Williams, de Vries bat Latifi pour 2/10e tandis que le jeune Vips signe le chrono le plus lent avec la seconde Red Bull. A sa décharge, il ne fut affecté qu'à de longs « runs ». Lors de la seconde séance, Leclerc réalise de nouveau le meilleur temps, mais les Ferrari semblent comme à l'ordinaire davantage maltraiter les gommes que leurs rivales. Les Mercedes, en regain de forme, suivent le Monégasque. Samedi en début d'après-midi, Leclerc se place en haut de la feuille des temps lors de la dernière séance libre, quelques centièmes devant Verstappen et Russell. La Scuderia a revu les réglages de la F1-75 qui survire davantage mais semble aussi mieux ménager ses enveloppes.

 

Ce travail paie en qualifications puisque Leclerc s'empare de la pole position (1'18''750''') au prix d'une prise de risque maximale qui lui a valu un tête-à-queue en Q3. Sur l'autre Ferrari, Sainz a changé de châssis entre vendredi et samedi suite à un souci d'alimentation, et signe le troisième temps, à 4/10e de son équipier. Chez Red Bull, Verstappen (2e) réalise un excellent chrono (1'19''073''') mais ne peut l'améliorer à cause d'un DRS bloqué et manque ainsi la pole. Son équipier Pérez déçoit en se classant seulement cinquième. Les Mercedes sont beaucoup plus efficaces, avec un « marsouinage » atténué. Russell (4e) réalise la meilleure qualification d'une Flèche d'Argent cette saison, à 6/10e de Leclerc. Hamilton (6e) est toujours un peu en retrait de son jeune collègue. Bottas place son Alfa Romeo au septième rang, ce qui est une excellente performance, mais a aussi cassé un moteur vendredi. Zhou (15e) ne franchit pas la Q2 faute de gommes neuves. Discrètes la veille, les Haas-Ferrari (Magnussen 8e, Schumacher 10e) se réveillent le lendemain et atteignent toutes deux la Q3.

 

Ricciardo (9e) amène en Q3 une McLaren-Mercedes en manque d'adhérence. Norris (11e) change de châssis après avoir endommagé son plancher contre une bordure vendredi. Il perd en outre un chrono en Q2 après avoir franchi les limites de la piste. Pour ne rien arranger, le jeune Anglais est grippé. Comme trop souvent les Alpine-Renault déçoivent le samedi. Ocon (12e) est inexistant. Alonso est éliminé dès la Q1 suite à une mésentente avec son ingénieur au sujet du temps dont il disposait avant le drapeau à damiers. L'Espagnol remplace ensuite son unité de puissance et s'élancera dernier. Les AlphaTauri manquent d'équilibre. Tsunoda (13e) fait mieux que Gasly (14e) qui a rencontré plusieurs pépins mécaniques, notamment une panne de moteur samedi matin. Aston Martin n'a pas encore tiré parti de son nouveau package aérodynamique puisque Vettel (16e) et Stroll (17e), atteints de survirage, sont très tôt éliminés. Enfin, les Williams ne sont absolument pas compétitives ici. Albon (18e) comme Latifi (19e) sont en queue de peloton.

 

Le Grand Prix

Dimanche, 100 000 spectateurs envahissent les tribunes de Montmeló, mais les traditionnels aficionados de Fernando Alonso et de Carlos Sainz doivent cohabiter avec une importante cohorte néerlandaise. Les Verstappenistes sont de retour ! En outre, le thermomètre s'affole comme jamais au cours de ce week-end et culmine à 37°C dans l'atmosphère, 50°C sur le bitume. Dans ces conditions, des stratégies à deux ou trois arrêts s'imposent. Tous les pilotes s'élancent munis des pneus tendres (C4) qui offrent le meilleur grip. Hamilton fait cependant exception car il a sélectionné les médiums (C3). Le vent souffle également en rafales, ce qui va perturber la conduite des pilotes.

 

Red Bull frôle la catastrophe à quelques instants du coup d'envoi lorsque ses ingénieurs constatent que l'essence des deux monoplaces a été trop refroidie. Ils font donc tourner les deux moteurs dans les garages jusqu'à ce que la température légale (10°C en dessous de la température ambiante) soit atteinte. Il s'en faut de quelques secondes que les deux RB18 ne soient contraintes de partir des stands, comme les Aston Martin à Miami.

 

Départ: Bien parti, Verstappen tente de se porter à la hauteur de Leclerc, mais ce dernier lui coupe la voie en se déportant vers la droite de la piste. Le Hollandais tente alors sa chance par l'extérieur, mais le Monégasque conserve l'avantage au freinage. Russell déborde Pérez par l'extérieur. Sainz, mal parti, pointe au cinquième rang. Une touchette oppose Ocon à Gasly, ce qui va obérer la tenue de route de ce dernier.

 

1er tour: Magnussen fait l'extérieur à Hamilton dans la courbe Repsol, mais leurs roues s'entrechoquent. Le Danois sort au large dans les graviers, puis parvient à rejoindre la piste, alors que le Britannique lève le pied à cause d'une crevaison à l'avant-gauche. Leclerc mène devant Verstappen, Russell, Pérez, Sainz, Schumacher, Bottas, Ricciardo, Ocon et Norris. Alonso est déjà remonté au 15e rang.

 

2e: Leclerc compte huit dixièmes d'avance sur Verstappen. Hamilton stoppe chez Mercedes pour chausser des pneus tendres. Magnussen passe lui chez Haas pour mettre les gommes médiums.

 

3e: Leclerc prend une seconde de marge sur Verstappen. Russell parvient à contenir Pérez et Sainz.

 

4e: Bottas déborde Schumacher par l'extérieur au premier virage et conquiert la sixième place.

 

5e: Verstappen concède une seconde et demie à Leclerc. Ocon prend la huitième place à Ricciardo. Avant-dernier, Hamilton songe à abandonner pour préserver son moteur, mais son équipe lui conseille de rester en piste pour glaner quelques points.

 

6e: Ocon déborde à son tour Schumacher. Leclerc est en tête devant Verstappen (1.6s.), Russell (5.6s.), Pérez (6.7s.), Sainz (8s.), Bottas (12.8s.), Ocon (15.6s.), Schumacher (17.3s.), Ricciardo (18.4s.), Norris (19.4s.), Tsunoda (20.4s.) et Gasly (21.2s.).

 

7e: Alonso prend la 13e place à Vettel au premier tournant. Sainz part en tête-à-queue dans la courbe Repsol et atterrit dans le bac à graviers. Par bonheur, il parvient à à s'extraire de ce mauvais pas, mais retrouve le bitume coincé entre les AlphaTauri.

 

9e: Peut-être déventé, Verstappen glisse au milieu de la courbe Repsol et sort à son tour dans les graviers. Le champion du monde garde la maîtrise de sa Red bull et se réinsère juste derrière Russell et Pérez.

 

10e: Norris dépasse son équipier Ricciardo, puis la Haas de Schumacher. Leclerc devance Russell (9.3s.), Pérez (9.8s.), Verstappen (10.4s.), Bottas (17.3s.), Ocon (21s.), Norris (25.6s.), Schumacher (27.5s.), Ricciardo (28.5s.), Tsunoda (29s.), Sainz (29.8s.) et Alonso (30.2s.). Gasly s'empare de gommes médiums.

 

11e: Pérez ouvre la porte à Verstappen qui se lance aux trousses de Russell. Tsunoda dépasse à son tour Ricciardo, en délicatesse avec ses pneus. Sainz passe chez Ferrari pour chausser les pneus jaunes (2.7s.). Alonso et Zhou s'emparent aussi de ce composé.

 

12e: Leclerc compte dix secondes d'avantage sur Russell. Tsunoda, Ricciardo et Albon passent aux stands. Seul l'Australien conserve les gommes tendres.

 

13e: Une fois de plus, Verstappen n'a plus l'usage de son aileron mobile et ne peut ainsi se rapprocher de Russell. Norris et Latifi prennent des pneus médiums, Schumacher des pneus tendres. Norris sort des stands sous le nez de Sainz. Tsunoda dépasse Alonso.

 

14e: Russell chausse les pneus médiums (2.7s.), suivi par Verstappen (2.6s.). Ocon change aussi d'enveloppes. Sainz dépasse Norris au premier virage grâce à son aileron arrière mobile.

 

15e: Leclerc compte 15 secondes d'avance sur Pérez. Bottas est chez Alfa Romeo pour prendre les gommes jaunes (3.2s.) et redémarre en sixième position. Stroll reprend lui des pneus tendres.

 

16e: Leclerc devance Pérez (15.8s.), Russell (30.4s.), Verstappen (30.8s.), Bottas (43.8s.), Vettel (45.5s.), Ocon (47s.), Sainz (49.7s.), Norris (53.5s.) et Tsunoda (56s.).

 

17e: Le DRS de Verstappen fonctionne seulement par intermittence, ce qui l'exaspère. Ocon puis Sainz dépassent Vettel qui n'a pas encore changé de pneus.

 

18e: Pérez arrive aux puis et sélectionne les pneus médiums (2.8s.), puis reprend la piste en quatrième position.

 

19e: Verstappen peut de nouveau ouvrir son aileron arrière et tente d'attaquer Russell par l'extérieur au bout de la longue ligne droite, mais l'Anglais lui barre la route.

 

20e: Leclerc est premier devant Russell (29.1s.), Verstappen (29.6s.), Pérez (36s.), Bottas (41.5s.), Ocon (46.6s.), Sainz (48.4s.), Vettel (53s.), Norris (54.8s.), Tsunoda (57s.), Alonso (59.6s.) et Schumacher (1m. 02s.).

 

22e: Leclerc arrive au stand Ferrari pour s'emparer de pneumatiques médiums (2.2s.) et conserve le commandement de l'épreuve. Vettel est le dernier pilote à troquer ses pneus tendres contre des médiums.

 

23e: Leclerc compte six secondes d'avance sur Russell, toujours menacé par Verstappen. Hamilton repasse chez Mercedes pour remettre des pneus médiums et se relance en avant-dernière position.

 

24e: Verstappen actionne son DRS dans la ligne droite principale et plonge à l'intérieur du premier tournant pour doubler Russell. Ce dernier demeure cependant à sa hauteur et reprend l'ascendant à la sortie de l'enchaînement Elf. Verstappen se décale alors vers l'extérieur pour aborder la courbe Renault, mais Russell le serre contre la bordure et l'empêche de passer. Sainz prend la sixième place à Ocon.

 

25e: Leclerc réalise son meilleur chrono (1'27''030'''). Il précède Russell (11.1s.), Verstappen (11.7s.), Pérez (13s.), Bottas (25.5s.), Sainz (33.6s.), Ocon (34.5s.), Norris (43s.), Tsunoda (46.2s.) et Alonso (49.3s.).

 

26e: Leclerc creuse aisément l'écart sur le duo Russell – Verstappen, désormais rejoint par Pérez. Seconds arrêt pour Albon et Latifi.

 

27e: Le moteur de Leclerc perd toute puissance après Campsa. Le pilote monégasque, désespéré, n'a plus qu'à rentrer au garage pour abandonner. Russell recueille le leadership mais Verstappen est sur ses talons. Beaucoup plus loin, Stroll déborde Gasly par l'extérieur au premier tournant, mais la roue avant-gauche du Normand heurte l'arrière-gauche du Canadien qui exécute un tête-à-queue. Stroll redémarre après avoir perdu plusieurs positions.

 

28e: Verstappen arrive chez Red Bull pour mettre des pneus tendres (2.5s.) et repart derrière Bottas. Stroll change aussi de pneus. Zhou met pied à terre suite à une défaillance de son moteur. Le jeune Chinois était 13e.

 

30e: Pérez recolle à Russell grâce au dépassement de l'attardé Magnussen. Bottas roule à quatorze secondes du duo de tête. Second arrêt de Gasly qui se débat avec une AlphaTauri déstabilisée depuis le choc avec Ocon. Magnussen prend des pneus durs pour aller au bout de l'épreuve.

 

31e: Pérez ouvre son aileron mobile au passage de la ligne et dépasse aisément Russell par l'extérieur. Le Mexicain prend la première place. Verstappen réalise un superbe dépassement sur Bottas, par l'extérieur de la courbe n°12. Alonso passe chez Alpine pour un troisième relais en pneus tendres. Schumacher et Ricciardo reprennent quant à eux des pneus médiums.

 

32e: Sainz remet un jeu de pneus médiums et repart derrière Ocon et Norris.

 

33e: Pérez s'échappe sans peine et compte déjà plus de trois secondes de marge sur Russell. Verstappen est aux trousses du jeune Anglais. Tsunoda remplace ses enveloppes pour la seconde fois.

 

34e: Norris fait halte chez McLaren pour un changement de pneus un peu long (4s.). Alonso prend la 10e place à Tsunoda.

 

35e: Pérez compte cinq secondes d'avance sur Russell, sept secondes sur Verstappen. Bottas reprend des pneus jaunes (2.8s.) et cède un temps la quatrième place à Ocon.

 

36e: Russell entre aux stands et se saisit de pneus médiums (2.6s.). Ocon remet des pneus rouges, ce qui permet à Hamilton de réapparaître en sixième position.

 

37e: Pérez est premier devant Verstappen (4s.), Russell (25s.), Bottas (34s.), Sainz (36s.), Hamilton (46s.), Ocon (57s.), Vettel (1m.), Norris (1m. 02s.), Alonso (1m. 06s.), Tsunoda (1m. 07s.) et Schumacher (1m. 09s.).

 

38e: Pérez revient chez Red Bull et fixe des pneus médiums (2.8s.). Il ressort des stands devant Russell. Verstappen retrouve le commandement, mais doit stopper une troisième fois.

 

39e: Pérez concède dix-sept secondes à Verstappen et pourrait donc repartir devant son équipier après l'arrêt de celui-ci. Norris s'empare de la huitième place aux dépens de Vettel.

 

41e: Verstappen devance Pérez (17s.), Russell (22.6s.), Bottas (33.2s.), Sainz (34.4s.), Hamilton (44s.), Ocon (56s.), Norris (1m. 02s.), Vettel (1m. 05s.), Alonso (1m. 07s.) et Tsunoda (1m. 08s.).

 

43e: Seize secondes séparent les deux Red Bull. Vettel chausse les gommes médiums et libère ainsi Alonso et Tsunoda qu'il retenait depuis plusieurs tours.

 

45e: Verstappen fait escale aux stands pour son troisième pit-stop et choisit des Pirelli médiums (2.4s.). Il reprend la piste une seconde devant Russell. Pérez retrouve le leadership. Albon, bon dernier, rechausse les pneus jaunes.

 

46e: A priori, Pérez a la victoire dans sa poche, mais Red Bull ne songe qu'au championnat des pilotes. Le Mexicain va devoir s'effacer devant Verstappen, lequel signe son meilleur temps (1'25''456''')... Sainz reprend des gommes médiums et se relance derrière Ocon.

 

47e: Verstappen revient à tire-d'aile sur son coéquipier et ne lui concède que deux secondes. Sainz dépasse Ocon. Troisièmes arrêts pour Gasly et Stroll.

 

48e: Hugh Bird, ingénieur de Pérez, lui demande de laisser passer Verstappen. « C'est très injuste, mais O.K. » répond « Checo ».

 

49e: Pérez ouvre la porte à Verstappen au virage Repsol. Le Batave retrouve la première place. Hamilton prend des pneus tendres chez Mercedes (3s.). Troisième arrêt de Ricciardo.

 

50e: Verstappen est premier devant Pérez (2.5s.), Russell (13s.), Bottas (23.5s.), Sainz (37.5s.), Ocon (44s.), Hamilton (46.5s.), Norris (50.5s.), Alonso (55s.), Tsunoda (59s.), Schumacher (1m. 11s.) et Vettel (1m. 20s.).

 

51e: Hamilton s'empare du meilleur chrono (1'24''253''') et dépasse Ocon dans la ligne droite principale.

 

52e: Russell stoppe pour la troisième fois et se saisit de pneus tendres (3.4s.). Il redémarre derrière Bottas. Norris prendre des gommes rouges, de même que Latifi.

 

53e: Quatre secondes séparent Verstappen et Pérez. Russell reprend la troisième place à Bottas par l'intérieur du premier tournant. Ocon et Tsunoda chaussent les gommes rouges.

 

54e: Pérez passe pour la dernière fois au stand Red Bull pour prendre le composé tendre (2.5s.) et reste second. Alonso effectue la même opération mais celle-ci s'éternise durant six secondes. L'Espagnol glisse derrière Schumacher mais reste devant Tsunoda.

 

55e: Doté de pneus frais, Pérez réalise le meilleur tour de la course (1'24''108'''). Sainz pourchasse Bottas – qui ne s'arrêtera pas une troisième fois - pour la quatrième place.

 

56e: Alonso prend la neuvième place à Schumacher. Haas a commis l'erreur de ne pas arrêter l'Allemand une troisième fois et ce dernier, en difficulté avec ses gommes usées, cède au tour suivant sa place dans les points à Tsunoda. Albon subit son quatrième pit-stop.

 

57e: Verstappen précède Pérez de vingt-deux secondes. Sainz et Hamilton évoluent dans le sillage de Bottas.

 

58e: Sainz actionne son DRS dans la ligne droite de départ-arrivée et déborde Bottas par l'extérieur. Dans la foulée, Hamilton dépasse son ancien équipier dans la courbe Renault. Bottas recule ainsi au sixième rang.

 

60e: Hamilton jouit de gommes en meilleur état que celles de Sainz. Grâce au DRS, il dépasse l'Espagnol par la gauche au premier virage. Vettel a doublé Schumacher.

 

61e: Verstappen devance Pérez (19.6s.), Russell (27.2s.), Hamilton (39.3s.), Sainz (41.7s.), Bottas (47.4s.), Ocon (1m. 12s.), Norris (1m. 17s.), Alonso (-1t.), Tsunoda (-1t.), Vettel (-1t.), Schumacher (-1t.), Ricciardo (-1t.) et Gasly (-1t.).

 

64e: Alerte chez Mercedes: les deux W13 ont consommé trop d'essence et sont menacées par la panne sèche. Russell et Hamilton sont priés d'utiliser davantage le frein moteur, ce qui leur coûte beaucoup de temps.

 

65e: Verstappen lève le pied et laisse Pérez revenir à une quinzaine de secondes. Sainz profite des soucis de Hamilton pour lui reprendre la quatrième position dans la grande ligne droite.

 

66e et dernier tour: Max Verstappen remporte sa troisième victoire de rang et Pérez complète le second double Red Bull de la saison. Russell (3e) grimpe sur son second podium pour Mercedes. Sainz termine quatrième à domicile. Hamilton achève son après-midi au cinquième rang. Bottas (6e) apporte huit points supplémentaires à Alfa Romeo. Les Alpine d'Ocon (7e) et Alonso (9e) encadrent la McLaren de Norris (8e). Le dernier point revient à Tsunoda (10e). Vettel, Ricciardo, Gasly, Schumacher, Stroll, Latifi, Magnussen et Albon rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course

Ce GP d'Espagne marque un premier tournant dans cette saison 2022 puisque Max Verstappen et Red Bull s'emparent des commandes des championnats pilotes et constructeurs au détriment de Charles Leclerc et de Ferrari. La course du Néerlandais ne fut pas de tout repos, une fois de plus, puisque scandée par une sortie dans les graviers et des dysfonctionnements du DRS. « C'est un super résultat », estime-t-il. « Je suis sorti de la piste au virage 4 car j'ai été surpris par un coup de vent et j'ai perdu l'arrière. Ensuite j'étais dans le peloton et j'ai essayé de dépasser, mais mon DRS ne marchait pas toujours. Cela m'énervait, mais j'ai essayé de rester concentré. Cela a rendu les choses difficiles, mais grâce à la stratégie on a pu repasser devant pour gagner ». Ce succès doit beaucoup à l'abandon de Charles Leclerc, même si Christian Horner affirme qu'avec la stratégie à trois arrêts opérée par Red Bull, Verstappen aurait pu prendre en chasse le Monégasque. Quant à Sergio Pérez, il grogne contre ces lauriers abandonnés à son chef de file, mais sait aussit que cette loyauté lui permettra de renouveler son contrat pour 2023.

 

A contrario, la défaite est d'autant plus rageante pour Charles Leclerc et Ferrari que, déjouant les appréhensions, la F1-75 ne maltraitait pas ses gommes en course. Sans l'avarie qui l' a frappé (une double défaillance du turbo et MGU-H), Leclerc l'aurait facilement emporté. Selon lui, c'est la preuve que la première phase de développement apportée à son bolide porte déjà de bons fruits. C'est pourquoi il tente ce dimanche soir de faire contre mauvaise fortune bon cœur. « Je me sens mieux qu'aux soirs d'Imola et de Miami. J'ai le sentiment que tout est en place, que ce soit en qualifs', en rythme de course et surtout en gestion des pneus. Les gars ont fait un super boulot. Sans cette casse, les Red Bull ne m'auraient pas revu. » Leclerc se tourne maintenant vers son Rocher natal où il disputera dans quelques jours son épreuve nationale. Les spécialistes prédisent que sa Ferrari devrait y être souveraine... mais chacun sait aussi que Leclerc n'a jusqu'ici jamais vu l'arrivée du GP de Monaco.... Quant à Carlos Sainz, une nouvelle fois dominé par son équipier et encore pris en faute, il ne sort pas la tête de l'eau. Le Madrilène admet ne pas parvenir à accommoder son pilotage à la F1-75 qui semble véritablement taillée pour Leclerc. Les critiques à son égard sont de plus en plus sévères, et certains avancent que Ferrari a eu tort de prolonger son contrat si tôt dans la saison.

 

Le principal événement de ce week-end catalan est le net regain de forme des Mercedes qui, pour la première fois de la saison, ont pu se battre à la régulière contre les Red Bull et les Ferrari. Toto Wolff est dithyrambique : « Hamilton était ici le plus rapide en piste. Il est revenu de nulle part pour finir à 54 secondes du vainqueur malgré sa crevaison. On a vu cette fois une voiture digne des Mercedes des précédentes saisons. Je prends le pari que nous pouvons désormais jouer le titre. J'estime que nous avons comblé la moitié du retard nous séparant de Ferrari et de Red Bull. » « Nous avons un bien meilleur rythme en course », confirme Lewis Hamilton. « En qualifications, nous ne pouvons pas encore jouer la pole, mais on y vient. Sans mon incident en début de couse avec Magnussen, je suis convaincu que j'aurais pu me battre avec les Red Bull. Après ma touchette, j'ai songé à abandonner pour préserver le moteur. Mais on m'a dit que je pouvais terminer au moins huitième, alors je me suis donné à fond. Ce Grand Prix, je le perçois comme une victoire. Il m'a procuré plus d'émotions que certains succès. » Reste que, pour la cinquième fois consécutive, George Russell devance son équipier septuple champion du monde et grimpe sur le podium après avoir mené pendant quelques tours. Désormais doté d'une monoplace compétitive, l'espoir britannique peut ambitionner une première victoire. Et pourquoi pas mieux ? « Notre saison démarre maintenant: nous avons six courses de retard, mais nous pouvons encore remporter les titres mondiaux », assène-t-il. A croire que le jeune Anglais se rêve déjà en champion du monde...

 

 

Sources:

- Auto Hebdo n°2364, 25 mai 2022

- https://f1i.autojournal.fr/magazine/magazine-technique/technique-a-barcelone-mercedes-retrouve-bonne-etoile/

Tony