Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull
Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Red Bull

1079th Grand Prix

XIV Abu Dhabi Grand Prix
Night
Yas Marina
Sunday, 20 November 2022
58 laps x 5.281 km - 306.183 km
(Offset: 115 m)
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F1
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Danke Seb.

Haas: Hülkenberg officialisé, Schumacher éjecté

Le 17 novembre, Haas confirme enfin le remplacement de Mick Schumacher par Nico Hülkenberg pour la saison 2023. Le choix du vétéran allemand marque un net changement de pied de la part de l'écurie américaine qui voici encore un an alignait deux néophytes de 22 ans, Schumacher Jr. et Nikita Mazepin. Mais sa situation financière était alors très périlleuse. Haas avait besoin des roubles des Mazepin père et fils pour renflouer ses caisses et de l'aura du patronyme Schumacher pour attirer l'attention médiatique. Le jeune Mick méritait certainement mieux que cet usage purement mercantile car, même s'il a commis de fautes de jeunesse, même s'il a cassé beaucoup de bois, il n'était certainement pas indigne de poursuivre sa carrière en F1. Désormais, à 23 ans, lâché par Ferrari, il doit dénicher une autre piste pour retrouver un jour la catégorie reine. Dans l'immédiat, il serait sans doute bien avisé d'accepter un poste de réserviste chez Mercedes. Toto Wolff lui ouvre la voie en rappelant les liens anciens qui unissent sa firme à la famille Schumacher. Ralf, l'oncle de Mick, milite bruyamment en faveur de cette solution. Mais Mercedes souhaiterait aussi que Schumacher Jr. accomplisse en parallèle une saison en DTM, catégorie où évolue son cousin David, fils de Ralf. Mais Mick n'est pas enthousiasmé par cette perspective: « Je veux rester les deux pieds en F1 ! Le DTM n'est plus une série aussi populaire que jadis, ce n'est pas une option. » Quoiqu'il en soit, il est probable que le jeune Allemand ne restera pas esseulé, tant la galaxie Schumacher a su tisser de liens d'amitié dans le monde de l'automobile au cours de ces trois dernières décennies.

 

Nico Hülkenberg saisit avec gourmandise ce retour à temps plein en Formule 1, lui qui devait se contenter depuis trois ans de courtes piges pour suppléer les pilotes frappés par le Covid-19. Le choix de Guenther Steiner génère pourtant quelques critiques, certains observateurs se demandant quel avenir peut bien représenter ce pilote de 35 ans qui n'est jamais monté sur un seul podium en 181 Grands Prix. Hülkenberg est généralement considéré comme sérieux, très expérimenté, mais il lui a toujours manqué un « je-ne-sais-quoi » pour devenir un pilote de premier ordre. Sa collaboration avec Kevin Magnussen sera en outre scrutée de près car les deux hommes sont longtemps restés brouillés après leur violente altercation au soir du GP de Hongrie 2017. On apprend toutefois à Abou Dhabi que Magnussen et Hülkenberg s'adressent de nouveau la parole depuis quelques mois, à l'instar de Pierre Gasly et d'Esteban Ocon, futurs équipiers chez Alpine, qui seraient désormais copains comme cochons. Le hasard fait tout de même bien les choses.

 

Les adieux de Seb Vettel

Sebastian Vettel dispute à Abou Dhabi le 299ème et dernier Grand Prix d'une carrière longue de quinze ans. C'est un événement majeur puisque l'Allemand possède le troisième palmarès de l'histoire de la F1, derrière Lewis Hamilton et Michael Schumacher: 4 titres mondiaux, 53 victoires, 57 poles positions, 38 meilleurs tours, 122 podiums et plus de 3500 tours passés en tête d'une course. Certes, du fait de sa trajectoire particulière – une ascension météorique avec Red Bull, des échecs retentissants avec Ferrari et un long déclin -, il ne laissera pas une trace indélébile dans l'histoire de son sport, contrairement à Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna ou Niki Lauda. Mais il demeurera une figure majeure et appréciée. Gentil, serviable, attentionné envers ses jeunes collègues, le Hessois n'a que des amis dans le paddock. Il reçoit ainsi une pluie d'hommages pour ses adieux. Son jeune protégé Mick Schumacher arbore un casque à ses couleurs, de même que Fernando Alonso, son successeur chez Aston Martin, avec lequel les relations n'ont pourtant pas toujours été roses. Ses anciens employeurs ne sont pas en reste: Red Bull lui offre un morceau d'aileron arrière signé par tous les membres de l'écurie avec laquelle il a glané ses quatre titres mondiaux, et Ferrari fait de même avec un capot moteur. Son père Norbert Vettel lui fait une surprise en exposant dans le stand Aston Martin la vieille combinaison avec laquelle il a parcouru ses premiers tours en karting, en 1995. Dans les tribunes de Yas Marina, de nombreux fans brandissent des banderoles remerciant « Seb » pour sa formidable carrière.

 

Vettel quitte la F1 avec sérénité. Même si son plaisir de piloter est intact, comme l'a démontré sa récente bagarre face à Fernando Alonso à Suzuka, cette passion passe désormais au second plan derrière sa vie de famille. Après quinze ans passés au plus haut niveau du sport automobile, Vettel a besoin de souffler, comme il le confie lors de la conférence de presse du jeudi: « Avoir une grande quantité d'engagements, passer janvier à se préparer à la nouvelle saison, visiter l'équipe, voir la nouvelle voiture, puis se lancer dans un calendrier hyper-chargé... J'ai hâte que ce genre de choses disparaissent. Non pas que je les déteste. J'aime courir. Il y a eu de nombreux moments cette année où j'ai aimé ce que je faisais. Mais, après tant d'années, c'est devenu de la routine. Beaucoup de choses ne me surprennent plus. J'ai donc hâte d'être surpris et d'apprendre à me connaître, de passer plus de temps avec mes enfants et ma famille. En fait, c'est l'adrénaline qui va me manquer, pas la routine. » Cette affirmation pourrait laisser supposer qu'il reviendra un jour ou l'autre en Formule 1. Lewis Hamilton est en tout cas persuadé qu'il le reverra sur les grilles. « Je suis bien forcé d'accepter que c'est la dernière course de Seb en F1 mais je suis certain qu'il reviendra ! » affirme-t-il. « Se sevrer de la F1 est très difficile. Elle a ce pouvoir de vous retenir. Nous l'avons vu avec de nombreux pilotes par le passé. » Peut-être Hamilton parle-t-il en fait pour lui-même: titillé par toutes ses centres d'intérêt annexes, il a lui aussi songé à la retraite ces trois dernières années et s'apprête pourtant à rempiler avec Mercedes jusqu'en 2025.

 

En tout cas, Sir Lewis se montre très amical et très chaleureux envers son ex-rival. Jeudi 17 novembre, il organise en son honneur un grand dîner au restaurant étoilé Hakkasan de l'Emirate Palace. Tous les autres pilotes de la grille sont présents et posent à l'issue du repas pour une émouvante photo-souvenir que Hamilton diffuse sur les réseaux sociaux. Le septuple champion monde est sincèrement peiné de voir s'éloigner un vieux rival avec lequel il a toujours entretenu des relations courtoises, en dépit de quelques moments de tension, notamment lors de leur fameuse friction à Bakou en 2017. Mais cela n'a jamais dépassé le stade de la chamaillerie et les deux hommes se sont toujours mutuellement admirés et respectés. Ces dernières années, Hamilton et Vettel se sont rapprochés grâce à leurs combats communs en faveur de l'écologie, de la tolérance, et aussi contre les errements du pouvoir sportif. En 2022, ils ont ainsi fait cause commune contre les chicaneries du directeur de course Niels Wittich. Les deux champions ont fini par exercer une sorte de magistère moral, tout à fait légitime au vu de leur passé, sur leurs collègues et même sur le paddock, et on peut penser que Vettel restera impliqué dans ce sport qu'il souhaite voir évoluer, notamment en matière de respect de l'environnement.

 

Présentation de l'épreuve

La très vertueuse Formule 1 parcourt 12 000 kilomètres en huit jours pour rallier Abou Dhabi depuis São Paulo, un périple aussi inouï que peu écologique, et qui va pourtant devenir la norme en 2023. Des journalistes ont en effet calculé que l'an prochain le paddock parcourra 133 000 kilomètres (plus de trois fois le tour de la Terre) en 37 semaines, sans compter les allers-retours des pilotes et des personnels des équipes qui auront sans doute l'envie de rentrer chez eux quelque fois. Comble de l'absurdité, la FIA et Liberty Media n'ont pas eu l'idée de grouper les quatre Grand Prix nord-américains (Miami, Montréal, Austin, Las Vegas), ce qui occasionnera pas moins de sept traversées de l'Atlantique (le GP de Mexico suivra toujours celui des États-Unis...). Voilà un beau scandale que le néo-retraité et militant écologiste Sebastian Vettel pourrait dénoncer.

 

Le principal enjeu de cet ultime rendez-vous est la seconde place du championnat des conducteurs que se disputent Charles Leclerc et Sergio Pérez. Les deux hommes arrivent ici avec 290 points chacun, le Monégasque devançant le Mexicain au nombre de victoires. Red Bull aimerait bien sûr voir Pérez figurer juste derrière Verstappen au classement des pilotes, ce qui couronnerait la saison de l'équipe de Milton Keynes, la plus prolifique de son histoire. Pour Leclerc, il s'agit surtout de sauver ce qui peut l'être d'une saison ratée au regard du potentiel qu'affichait sa F1-75 en début de saison. Mais Ferrari se préoccupe davantage de sa deuxième place au classement des constructeurs, menacée par Mercedes (524 points contre 505). La firme allemande surfe actuellement sur une excellente dynamique comme l'a prouvé son doublé à Interlagos, alors que les Rouges concentrent tous leurs efforts sur le développement de leur prochaine monoplace. Ferrari n'a plus gagné depuis juillet et marque clairement le pas depuis quelques Grands Prix face à Mercedes. Il faudrait néanmoins une course désastreuse pour que le Cheval Cabré glisse derrière l'Étoile à l'issue de cette ultime épreuve. Hélas, nous avons vu cette saison qu'avec la Scuderia, le pire était souvent certain... Le championnat des constructeurs porte encore quelques autres défis. Alpine-Renault (167 pts) est presque assurée de la quatrième place face à McLaren-Mercedes (148 pts), mais pour le sixième échelon, le combat est encore ouvert entre Alfa Romeo (55 pts) et Aston Martin (50 pts). Enfin, Haas-Ferrari (37 pts) espère demeurer huitième devant AlphaTauri (35 pts) qui est en passe de conclure sa pire campagne depuis quatre ans.

 

Contrairement à Sebastian Vettel, Daniel Ricciardo n'aborde pas ce rendez-vous comme son ultime apparition en Formule 1. Pourtant, rien ne dit que le souriant Australien retrouvera un volant en 2024 après une année blanche, et surtout après ces deux saisons désastreuses avec McLaren. « Je me sens bien, assure-t-il. Pour moi, cette épreuve n'est pas la toute dernière, même si ça pourrait être le cas. Je sais que rien n'est garanti pour le futur, je vais donc en profiter, ne pas trop m'émouvoir à l'idée qu'il puisse s'agir de la dernière course ». Ricciardo ne se départ pas de sa bonne humeur et ce bien que ce week-end s'annonce compliqué puisqu'il partira avec un handicap de trois rangs sur la grille pour avoir percuté Kevin Magnussen au départ du GP de São Paulo. De son côté, Lando Norris affirme qu'il regrettera surtout la bonne humeur de son futur ex-équipier: « Ça va me manquer de travailler avec quelqu'un comme Daniel, avec lequel j'ai ri tout en apprenant beaucoup à la fois. Daniel est Daniel, tout le monde l'adore ! » L'éternel blagueur ne disparaîtra toutefois pas du paddock puisque Helmut Marko annonce qu'il deviendra en 2023 le pilote de réserve de Red Bull Racing, chargé du développement au sein du simulateur de Milton Keynes. Un retour au bercail pour « Danny Ric' » qui a piloté pour RBR de 2014 à 2018 et qui ne manquera pas de détendre l'atmosphère par les nombreuses pitreries dont il a le secret.

 

C'est enfin le dernier Grand Prix de Nicholas Latifi après trois saisons passées chez Williams. Le Torontois ne laissera pas un souvenir impérissable, si ce n'est qu'il a bien involontairement changé le cours de l'Histoire voici un an, en se crashant dans les derniers tours du GP d'Abou Dhabi 2021, un incident qui a entraîné la cruelle défaite de Lewis Hamilton face à Max Verstappen dans la lutte pour le titre mondial. Latifi a vécu ensuite des moments fort pénibles, recevant sur les réseaux sociaux des tombereaux d'insultes et même des menaces de mort de la part de fanatiques hamiltonistes. Il quitte toutefois la F1 sans amertume, sans doute bien conscient qu'il a eu la chance de disputer 61 Grands Prix, une longévité que ni son palmarès ni son talent ne justifiaient. « Beaucoup de pilotes aimeraient prendre le départ ne serait-ce que d'un Grand Prix. J'en ai profité autant que possible », confie-t-il à Auto Hebdo.

 

D'autres pilotes font leurs adieux à leurs équipes. Ceux-ci sont plus ou moins émouvants. Pierre Gasly est chaudement fêté par AlphaTauri, équipe qu'il a rejointe en 2017 alors qu'elle se nommait encore Toro Rosso et qui fut le véritable cocon où s'épanouirent son jeune talent et sa personnalité facétieuse. La scuderia de Faenza, qui reste l'une des plus petites structures du paddock, l'a aussi accueilli à bras ouverts à l'été 2019, lorsqu'il fut brutalement évincé par Red Bull Racing, et Gasly restera celui qui lui a donné sa deuxième victoire en F1 à Monza en 2020, douze ans après l'exploit similaire d'un certain Sebastian Vettel. Avant de filer chez Alpine, Gasly passe de longs moments avec ses amis d'AlphaTauri, notamment son ingénieur Pierre Hamelin, son équipier et ami Yuki Tsunoda ou encore Fabiana Valenti, l'inusable attachée de presse de l'écurie italienne.

 

De côté d'Alpine-Renault, le départ de Fernando Alonso est empreint de formalisme. Nul n'oublie que l'Espagnol a récemment déclaré que sa seule hâte était de piloter l'Aston Martin... Après celles de 2006 et 2009, cette troisième séparation entre le double champion du monde et le constructeur français est sans nul doute la plus fraîche, la plus tendue. Comment les salariés d'Enstone et de Viry-Châtillon pourraient-ils oublier que Alonso leur a une fois de plus fait un enfant dans le dos, filant en catimini vers Aston Martin, comme il l'avait fait jadis vers McLaren puis vers Ferrari ? Pire encore, beaucoup pensent qu'il a prêté la main à la « trahison » d'Oscar Piastri, grâce aux « bons offices » de son manager Flavio Briatore... Sourires, tapes dans le dos et beaux discours de commande marquent, ce dimanche soir, la petite fête donnée en l'honneur de ce pilote exceptionnel à la mentalité si discutable. Pas rancunier, Laurent Rossi lui offre en souvenir un exemplaire de l'Alpine 110R de série limitée, une berlinette sportive d'une valeur estimée à 150 000 euros, bien au-delà des moyens des gars de Dieppe ou de Viry...

 

L'imbroglio qui a secoué Red Bull au soir du GP de São Paulo fait toujours beaucoup parler. Sergio Pérez ne digère pas le comportement de Max Verstappen qui a refusé de lui rendre sa sixième position dans le dernier tour. De son côté, le Hollandais sous-entend qu'il aurait seulement rendu au Mexicain la monnaie de sa pièce parce que celui-ci lui aurait « volé » la pole position six mois plus tôt à Monaco. Dans un long communiqué, Red Bull tente d'éteindre l'incendie, comme souvent en privilégiant son double champion du monde qui aurait été informé de la fameuse consigne dans le dernier virage, soit trop tard pour s'exécuter. Or, les communications radios démontrent au contraire que Verstappen a été mis au courant plus tôt. Du reste, ce dernier affirme que, ordre ou pas ordre, il ne se serait pas effacé devant Pérez.

 

En vérité, le comportement de Verstappen paraît bien mystérieux, et on peine à croire qu'il aurait remâché sa rancune en silence pendant six mois, avant de la laisser éclater en cette toute fin de saison afin d'empêcher Pérez de devenir son dauphin au championnat du monde. La version de la vengeance, accréditée par la presse, lui vaut en tout cas un flot d'injures sur les réseaux sociaux. Lorsque sa petite sœur Victoria lui demande d'intervenir car elle aussi reçoit des messages désobligeants, Max éclate contre les journalistes: « J'en ai marre de toutes ces c*nneries ! Dès qu'il m'arrive un mauvais truc, il faut que vous le souligniez. Ça me rend malade d'être pris là-dedans, je n'ai rien fait de mal ! Les gens ont mal compris ce qui s'était passé ! » Si seulement Verstappen voulait bien nous éclairer... Toutefois, à Abou Dhabi, les deux équipiers tiennent des discours beaucoup plus apaisés. Christian Horner et Helmut Marko leur ont-ils remonté les bretelles ? Verstappen affirme ainsi que le plus important est que Pérez devance Leclerc au championnat des conducteurs et fait profiter celui-ci de son aspiration lors des qualifications. « Checo » le remercie chaudement. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Abou Dhabi est la dernière étape de cette saison 2022 et donc l'ultime occasion pour les écuries de se conformer au règlement imposant de faire tourner un « débutant » au moins deux fois lors des essais libres. Aussi, lors de la première séance du vendredi, seules Mercedes et AlphaTauri alignent leurs duos habituels. Pas moins de huit néophytes (ou assimilés tels) sont en piste, comme Liam Lawson chez Red Bull (à la place de Max Verstappen), Jack Doohan chez Alpine (à la place de Fernando Alonso), le Russo-Israélien Robert Shwartzman chez Ferrari (à la place de Carlos Sainz Jr.) ou Pietro Fittipaldi chez Haas (à la place de Mick Schumacher). Le tout récent champion de Formule 2 Felipe Drugovich effectue ses premiers tours de roue au volant de l'Aston Martin de Lance Stroll. Chez McLaren, Lando Norris cède son baquet au Mexicain Patricio O'Ward qui conduit habituellement pour le constructeur britannique en IndyCar. Williams aligne de nouveau Logan Sargeant pour qu'il acquiert sa super-licence. Comme le jeune Américain décroche ce même week-end la quatrième place du championnat du monde de F2, son engagement est finalement assuré. Enfin, Alfa Romeo-Sauber présente une fois de plus Robert Kubica qui fêtera ses 38 ans quelques jours plus tard...

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi, les Mercedes dominent la première séance libre et Hamilton signe le premier chrono de référence (1'26''633''') devant Russell. Les pigistes Lawson et Shwartzman se mettent en évidence en réalisant respectivement les 5e et 7e temps. Un peu plus tard, alors que le soleil se couche, Verstappen commence son week-end en se plaçant en haut de la feuille des temps (1'25''146''') devant Russell et Leclerc. Samedi après-midi, Pérez se montre le plus rapide lors de la troisième et dernière session libre (1'24''982'''). Gasly provoque un drapeau rouge suite à un incident rarissime: il brise une de ses jantes contre un vibreur.

 

Plus tard, les Red Bull poursuivent leur domination et monopolisent la première ligne pour la première fois en 2022. Verstappen décroche sa 20ème pole position (1'23''824''') sans réelle opposition. Pérez (2e) obtient la deuxième place après avoir bénéficié de l'aspiration de son coéquipier. Les Ferrari (Leclerc 3e, Sainz 4e) sont en nets progrès par rapports aux essais libres mais leur rythme en course demeure un mystère. Mercedes connaît une mauvaise soirée car le marsouinage réapparaît sur la W13. Hamilton (5e), handicapé par sa température de freins, et Russell (6e) rendent 7/10e au poleman. Les McLaren-Mercedes sont en forme. Norris décroche un bon septième chrono et Ricciardo atteint pour une fois la Q3. Il partira cependant 13ème en raison de sa pénalité. Les Alpine-Renault sont au contact de leurs rivales orange. Ocon (8e) précède Alonso (10e) qui a manqué la Q3 pour quelques millièmes. Vettel se montre incisif pour sa dernière séance qualificative et place son Aston Martin au neuvième rang, loin devant Stroll (14e). Les AlphaTauri sont toujours aussi difficiles à régler. Tsunoda (11e) fait de son mieux tandis que Gasly (17e) paraît pressé de tirer un trait sur cette mauvaise saison. Schumacher (12e) réalise une bonne prestation au volant de la Haas-Ferrari. Piégé par le trafic, son équipier Magnussen (16e) ne franchit pas la première étape. Les Alfa Romeo (Zhou 15, Bottas 18e) sont trop lentes, notamment en raison d'une mauvaise mise en température des gommes. Enfin, les Williams (Albon 19e, Latifi 20e), plutôt performantes lors des essais, sont néanmoins reléguées en dernière ligne.

 

Le Grand Prix

Une douce atmosphère règne sur Abou Dhabi en ce début de soirée. L'attention se concentre principalement sur Sebastian Vettel, à deux heures de la fin de sa carrière. Le public l'ovationne à chacune de ses apparitions, notamment lors de la parade des pilotes. A quelques minutes du coup d'envoi, Fernando Alonso vient serrer la main de son ancien adversaire, déjà sanglé et casqué dans son cockpit, un geste d'autant plus élégant que les deux champions s'élancent sur la cinquième ligne et risquent donc de s'affronter en course.

 

Presque tous les pilotes partent avec les pneus médiums (C4). Magnussen et Bottas sont en pneus durs (C3) et seul Gasly ose partir en pneus tendres (C5). Pour l'anecdote, à compter de cette épreuve, le vainqueur de la course recevra une médaille commémorative, une innovation de la FIA afin de permettre à chaque pilote victorieux de garder un souvenir de son succès, les trophées étant généralement conservés par les écuries.

 

Départ: Verstappen conserve l'avantage devant Pérez et Leclerc. Hamilton déborde Sainz tandis que Norris passe devant Russell.

 

1er tour: Leclerc esquisse une vaine attaque contre Pérez au virage n°4. Plus loin, Sainz déborde Hamilton par l'intérieur au bout de la longue ligne droite. Envoyé vers l'extérieur, le Britannique bifurque vers l'échappatoire, tressaute sur la bordure et revient en piste devant le Madrilène. Ocon surprend un temps Russell avant que celui-ci ne récupère sa position. En fin de tour, Verstappen précède Pérez, Leclerc, Hamilton, Sainz, Norris, Russell, Ocon, Vettel et Alonso.

 

2e: Pérez reste au contact de Verstappen. Huit dixièmes seulement les séparent après deux tours. Sainz se plaint par radio du comportement de Hamilton qui selon lui devrait rendre sa position.

 

3e: L'usage du DRS est autorisé. Hamilton se montre menaçant derrière Leclerc.

 

4e: Verstappen repousse Pérez à une seconde et demie. Hamilton est contraint de s'effacer devant Sainz pour éviter une pénalité.

 

5e: Hamilton tente de faire l'extérieur à Sainz avant le virage n°6, puis, dans l'accélération suivante, ouvre son aileron mobile, contourne la Ferrari par la droite et s'impose au freinage. Russell dépasse Norris au même endroit.

 

6e: Verstappen mène devant Pérez (2.2s.), Leclerc (4.8s.), Hamilton (6.4s.), Sainz (7.1s.), Russell (7.4s.), Norris (9s.), Ocon (10.4s.), Vettel (11.2s.), Alonso (12.1s.), Tsunoda (13.2s.) et Stroll (14s.).

 

7e: Les pilotes Mercedes subissent déjà l'usure de leur pneu ayant-droit. Hamilton commet ainsi un écart au premier tournant qui permet à Sainz et Russell de le rattraper.

 

8e: Sainz repasse devant Hamilton par l'extérieur avant le virage n°9. Ocon et Vettel bataillent dans les virages de la Marina. Le Français garde l'avantage sur l'Allemand.

 

9e: Hamilton déplore quelques pertes de puissance. Russell dépasse sans difficulté son coéquipier avant le neuvième virage.

 

11e: Verstappen devance Pérez (3.2s.), Leclerc (6.2s.), Sainz (9.2s.), Russell (11s.), Hamilton (13s.), Norris (15.2s.), Ocon (18.6s.), Vettel (19s.), Alonso (19.8s.), Tsunoda (21.1s.) et Stroll (21.7s.).

 

12e: Vettel assaille Ocon par l'extérieur avant le virage n°9. Tous deux franchissent cette courbe côte à côte, mais de nouveau le pilote Alpine reste devant. Albon s'empare des pneus durs.

 

13e: Verstappen compte cinq secondes de marge sur Pérez. Ocon, Vettel et Alonso évoluent roue dans roues. Stroll prend des pneus durs.

 

15e: Les pilotes Mercedes souffrent de sous-virage suite à la dégradation de leurs pneus avant. Ocon, Tsunoda, Schumacher et Gasly passent aux stands pour mettre les enveloppes dures.

 

16e: Pérez achève ce premier relais avec des pneus à la corde et s'empare d'enveloppes blanches (2.4s.). Russell effectue la même opération après quelques tâtonnements (5.2s.), puis est relancé dangereusement devant Norris. Ce dernier prend les Pirelli blancs, tout comme Zhou et Latifi. A son retour en piste, Pérez déborde Vettel au virage n°6, mais il est déporté vers l'extérieur et le futur retraité lui repasse sous le nez à la réaccélération.

 

17e: Verstappen possède sept secondes d'avance sur Leclerc. Pérez se débarrasse de Vettel dans la plus longue ligne droite.

 

18e: Sainz passe chez Ferrari pour prendre le composé dur (2.6s.) et repart en septième position derrière Alonso.

 

19e: Hamilton s'empare à son tour de gommes blanches (2.3s.) et redémarre bien que son plancher soit abîmé depuis l'incident du premier tour. Sainz se défait d'Alonso.

 

20e: Verstappen estime que son pneu ayant-droit est désormais usé. Sainz double Vettel qui retarde son arrêt. Alonso et Ricciardo chaussent les pneus durs.

 

21e: Verstappen fait halte chez Red Bull et met les enveloppes dures (3.4s.) avec lesquelles il compte finir la course. Il retrouve le circuit devant Pérez. Leclerc recueille les commandes. Russell reçoit cinq secondes de pénalité en raison de son redémarrage intempestif devant Norris.

 

22e: Leclerc s'empare des pneus durs (3s.) et retrouve la piste un souffle devant Sainz. Ce dernier peut ensuite actionner son DRS mais il n'attaque pas son équipier.

 

23e: Hamilton passe devant Vettel et Stroll double Bottas. Au bout de la longue ligne droite, Alonso et Tsunoda passent comme des avions devant Zhou, puis l'Espagnol retarde son freinage pour doubler le Japonais et se défait ainsi de deux adversaires d'un coup. Tsunoda réplique cependant à la réaccélération et repasse devant le pilote Alpine.

 

24e: Norris efface Vettel qui reste trop longtemps en piste avec ses gommes éprouvées. Alonso reprend l'ascendant sur Tsunoda

 

25e: La nuit tombe sur Yas Marina. Verstappen est en tête devant Pérez (2.7s.), Leclerc (7.1s.), Sainz (8.8s.), Russell (12s.), Hamilton (16.6s.), Norris (20.1s.), Ocon (22.8s.), Stroll (30s.) et Alonso (33s.). Vettel stoppe enfin pour mettre des pneus durs (4s.). Il rencontre quelques soucis de sélection en repartant et sombre au 19e rang.

 

27e: Pérez tient le rythme de Verstappen sur ce second relais. Deux secondes les séparent.

 

28e: Alonso regagne son garage car une fuite d'eau touche son moteur. L'Espagnol était dixième.

 

29e: Leclerc s'empare du meilleur chrono provisoire (1'29''774''') et se rapproche sensiblement de Pérez. Après un long premier relais, Magnussen chausse les pneus médiums.

 

30e: Verstappen précède Pérez (2s.), Leclerc (4.6s.), Sainz (7.8s.), Russell (11s.), Hamilton (14.4s.), Norris (22.6s.), Ocon (28s.), Stroll (32.2s.), Tsunoda (38.3s.) et Albon (42.7s.). Ricciardo prend la 12e place à Zhou. En délicatesse avec des pneus usés, Bottas tire tout droit au virage n°6 devant Vettel et Gasly.

 

31e: Leclerc reprend plusieurs dixièmes à Pérez. Bottas troque enfin ses gommes dures contre des médiums.

 

32e: Verstappen possède toujours deux secondes et demie d'avance sur Pérez, mais Leclerc ne concède plus qu'une seconde et demie au Mexicain.

 

34e: Ferrari piège Red Bull en simulant la préparation d'un second pit-stop pour Leclerc. Redoutant un « undercut », Red Bull rappelle Pérez pour lui donner des pneus durs (2.4s.). Le Mexicain repart en sixième position. A charge pour lui de remonter jusqu'à Leclerc qui ne s'arrêtera plus...

 

35e: Verstappen améliore le record du tour (1'29''212''') et jouit de cinq secondes d'avantage sur Leclerc. Hamilton se rapproche de Russell qui se débat avec des gommes avant abîmées. Schumacher puis Albon basculent en pneus médiums.

 

37e: Verstappen mène devant Leclerc (5.5s.), Sainz (11.5s.), Russell (14.5s.), Hamilton (15.6s.), Pérez (22.4s.), Norris (31s.), Ocon (36.4s.), Stroll (40.4s.), Tsunoda (48.6s.), Ricciardo (55.6s.) et Zhou (57.5s.).

 

39e: Schumacher attaque Latifi par l'intérieur à l'épingle n°4 et touche son adversaire. Tous deux exécutent de gracieuses pirouettes et parviennent à repartir, mais Latifi souffre d'une crevaison à l'arrière-gauche après avoir frôlé les glissières. Tsunoda chausse les pneus tendres et sort de la zone des points.

 

40e: Sainz arrive aux stands pour s'emparer de gommes blanches (2.4s.). Russell prend pour sa part des pneus médiums et subit sa pénalité. Lorsqu'ils repartent, Sainz se défait aussitôt de Norris alors que Russell efface Stroll. Latifi remplace ses roues après son accrochage.

 

41e: Verstappen possède sept secondes de marge sur Leclerc. Schumacher est jugé responsable de la collision avec Latifi et écope d'une pénalité de cinq secondes. Stroll chausse les pneus jaunes.

 

42e: Ocon passe chez Alpine pour prendre des pneus durs et perd une position au profit de Ricciardo.

 

43e: L'intervalle entre Verstappen et Leclerc atteint sept secondes et demie. Norris prend des gommes médiums (2.3s.).

 

44e: Ocon reprend la huitième place à Ricciardo. Zhou résiste farouchement aux assauts de Vettel qui conquiert la 10e place lorsque le jeune Chinois stoppe pour mettre des enveloppes tendres. Norris signe le meilleur tour de la soirée (1'28'391''') et gagne ainsi un point de plus.

 

45e: Pérez rejoint Hamilton et le dépasse au virage n°6. Mais l'Anglais se replace aussitôt dans l'aspiration de la Red Bull, actionne son DRS et reprend sa position par l'extérieur avant la courbe n°9.

 

46e: Pérez ouvre son aileron mobile et déborde Hamilton par l'intérieur au virage n°9. Le voici troisième, à neuf secondes de Leclerc.

 

47e: Verstappen devance Leclerc (8s.), Pérez (16.2s.), Hamilton (18.6s.), Sainz (28s.), Russell (34.5s.), Norris (52.4s.), Ocon (58.8s.), Ricciardo (1m. 05s.), Vettel (1m. 07s.), Stroll (1m. 08s.) et Tsunoda (1m. 12s.).

 

49e: Pérez n'a plus que quelques tours pour rattraper Leclerc qui évolue huit secondes devant lui. A la peine avec ses gommes, Vettel doit céder la dixième place à son collègue Stroll.

 

51e: Pérez reprend quelques dixièmes à Leclerc à chaque passage, mais il rencontre des attardés. Après une rude bagarre, Stroll dépasse Ricciardo au virage n°6.

 

52e: Verstappen précède Leclerc (7.6s.), Pérez (13.6s.), Hamilton (20.4s.), Sainz (25.6s.), Russell (31.4s.), Norris (50.5s.), Ocon (58.6s.), Stroll (1m. 10s.), Ricciardo (1m. 13s.), Vettel (1m. 14s.) et Tsunoda (1m. 15s.).

 

54e: Pérez est revenu à quatre secondes de Leclerc. Hamilton se débat avec des pneus avant très détériorés et devient une proie pour Sainz.

 

55e: Hamilton ne parvient plus à sélectionner ses rapports suite à une chute de pression hydraulique. Il lève le pied après le virage n°6 puis regagne son stand pour renoncer.

 

56e: Huit secondes séparent Verstappen et Leclerc. Pérez n'est plus qu'à deux secondes du Monégasque, mais il croise sur son chemin Gasly qui pourchasse Albon pour la 13ème place et perd ainsi un peu de temps. Latifi ne verra pas l'arrivée de son dernier Grand Prix: une panne électrique le contraint à l'abandon.

 

57e: Pérez finit la course à moins de deux secondes de Leclerc. Vettel pourchasse Ricciardo pour une 9e place qui permettrait à Aston Martin de passer devant Alfa Romeo au classement des constructeurs. Zhou double Albon et Gasly dans les derniers kilomètres.

 

58e et dernier tour: Max Verstappen remporte sa 15ème victoire en 2022, la 35ème de sa carrière. Leclerc (2e) devient vice-champion du monde en finissant deuxième, une seconde devant Pérez (3e). Sainz se classe quatrième. Russell conduit la Mercedes survivante en cinquième position. Norris finit sixième, Ocon septième. Stroll termine huitième après une belle remontée. Ricciardo achève sa collaboration avec McLaren par une neuvième place. Vettel (10e) clôt sa carrière avec un petit point. Viennent ensuite Tsunoda, Zhou, Albon, Gasly, Bottas, Schumacher et Magnussen.

 

Après la course et court bilan

Max Verstappen a remporté ce dernier Grand Prix « le coude à la portière », sans avoir été inquiété le moins du monde. Il fixe ainsi le record de victoires en une saison à quinze, mais en rapport de succès par courses disputées (68,18%), il fait moins bien qu'Alberto Ascari en 1952 (75%), Michael Schumacher en 2004 (72,22%), Jim Clark en 1963 (70%) et Sebastian Vettel en 2013 (68,42%). Ce dont il se fiche éperdument. Ce Grand Prix d'Abou Dhabi est à l'image de la saison de « Mad Max » : seul, sur sa planète. Le Hollandais a su gérer à la perfection la dégradation assez importante de ses pneus médiums, mieux que Sergio Pérez, pourtant expert en la matière. Il planifie dorénavant un bon repos lors de la trêve hivernale, avant de repartir en campagne pour un troisième titre mondial en 2023.

 

Sergio Pérez ne sera pas le dauphin de son équipier au championnat du monde. Pour une fois, c'est Ferrari qui a piégé Red Bull dans la voie des stands en contraignant le Mexicain à un second arrêt non prévu. Celui-ci pensait alors pouvoir facilement remonter sur Leclerc, comptant sur la dégradation des pneus de la Ferrari. Las, pour une fois encore, la machine rouge n'a pas trop maltraité ses chausses. Lorsque Pérez a été autorisé à donner le maximum, il était trop tard pour rejoindre son adversaire. « Le sport est ainsi fait, parfois vous gagnez et parfois vous perdez », philosophe-t-il. « Ferrari et Charles ont fait une course fantastique, ils ont mieux géré les pneus que nous. Les miens étaient à la corde à la fin du premier relais et cela a compromis notre stratégie. Lors du second relais, j'étais juste derrière Max qui ne devait plus s'arrêter, mais je ne parvenais pas à tirer le meilleur parti des pneus. Nous avons songé à un moment donné à basculer sur un seul arrêt, mais la dégradation aurait alors été encore plus élevée ». Pérez estime en outre que Pierre Gasly lui a fait perdre un temps précieux en ne s'écartant pas immédiatement devant lui dans les derniers tours. « En temps normal, il aurait été pénalisé ! » estime Checo. Mais comme le Français est à la merci d'une course de suspension, les commissaires ont fait preuve de mansuétude...

 

Ferrari achève 2022 sur une note plutôt positive avec une deuxième place au classement des constructeurs et un titre de vice-champion pour Charles Leclerc. Certes, l'écart abyssal concédé à Max Verstappen et à Red Bull aux deux tableaux (146 et 205 points) est fort douloureux lorsqu'on songe à la domination affichée par la F1-75 lors des trois premières manches de la saison. On connaît la suite: une longue suite de déboires stratégiques, techniques, humains. Ferrari doit bien une revanche à Leclerc en 2023... Pour l'heure, le natif du Rocher déguste cette deuxième place et affiche ses ambitions. « Nous avons réalisé une course parfaite, j'ai roulé à 110 % du début à la fin ! » sourit-il. « On savait que la seule façon de battre Checo aujourd'hui était d'avoir une autre stratégie et de bien gérer les pneus, ce qui a bien fonctionné. J'espère désormais qu'on fera un grand pas en avant et qu'on se battra pour le titre mondial l'année prochaine ». De son côté, Mattia Binotto adopte la vision du verre à moitié plein et soutient que ces secondes places aux deux championnats sont un résultat exceptionnel pour une Scuderia qui était au fond du trou voilà deux ans... comme si elle n'avait pas été en mesure de jouer le titre en début de saison ! « Notre faiblesse est que nous avons beaucoup à apprendre dans chaque domaine, sur la stratégie, les arrêts, la fiabilité, et même la performance, commente l'Italien. On avait une bonne voiture pour les qualifs, mais pas pour la course. Vouloir le titre immédiatement était une erreur ». Cette ligne de défense lui permettra-t-elle de sauver sa tête ?

 

Après une belle campagne américaine ponctuée par un doublé au Brésil, la Mercedes W13 est retombée ici dans ses vieux démons: traînée, marsouinage, forte attrition des gommes. Le constructeur allemand concède ainsi la deuxième place du championnat à Ferrari. « Nous avons grillé les pneus lors des premiers tours », explique Toto Wolff. « Notre voiture était bonne mais le train avant ne suivait pas. Nous savions qu'Abou Dhabi serait difficile pour nous. Après le Brésil où tout fut parfait du début jusqu'à la fin, ce fut un dur réveil ». Lewis Hamilton, qui a abandonné sur avarie (une première depuis quatre ans et demi !) achève pour la première fois une saison sans victoire ni pole position. Il annonce en riant qu'il ne voudra pas de la W13 dans son musée personnel. « Au contraire, on va la ramener à Brackley pour que chaque jour, en la voyant, on se rappelle combien 2022 fut une année difficile », conclut Wolff.

 

Alpine-Renault conquiert la quatrième place du championnat des constructeurs face à McLaren-Mercedes et remplit ainsi son objectif initial. Toutefois, cette saison laisse aux Bleus un arrière-goût saumâtre. La défection de Fernando Alonso, la « trahison » d'Oscar Piastri et le bas de fer juridique avec McLaren qui a suivi, des tensions en interne et une fiabilité à la limite de l'inacceptable ternissent le bilan d'ensemble. La marque au A fléché peut surtout remercier... Daniel Ricciardo. Si McLaren avait eu un second pilote digne de ce nom aux côtés de Lando Norris, nul doute que cette quatrième place lui serait revenue. C'est donc sans remords qu'Alpine tire un trait sur cette saison tumultueuse pour se concentrer sur la gestion de son futur duo 100 % français Esteban Ocon – Pierre Gasly qui s'annonce explosif à bien des égards. Quant au département moteur de Viry-Châtillon, il doit absolument fiabiliser son moteur. Si ce dernier a gagné quelques chevaux, trop de volutes s'échappent encore de leurs naseaux...

 

Sebastian Vettel tire sa révérence avec une dixième place et un point à la clef... qui ne le satisfait pas. Le néo-retraité déplore la stratégie d'Aston Martin qui a trop étiré son premier relais. Mais il chasse vite ce nuage: « Cela aura été une journée incroyable, et je remercie tout le monde pour le soutien témoigné, pour les banderoles, pour les sourires. Cela aura été une journée spéciale et je pense que ça me manquera plus que je ne l'imagine aujourd'hui ! » Vettel comble la foule de quelques « donuts » avant d'être acclamé par celle-ci, dressé sur son AMR22. Aston Martin a glané cinq points à Abou Dhabi, mais ne dépasse pas Alfa Romeo-Sauber qui conserve sa sixième place au championnat. C'est la meilleure performance du team italo-suisse depuis dix ans. Haas conserve sa huitième place devant AlphaTauri et Williams qui hérite une fois de plus de la lanterne rouge.

 

La saison 2022 ne s'achève véritablement que les 22 et 23 novembre par les désormais traditionnels essais destinés aux débutants et aux essais des futurs pneumatiques Pirelli. C'est l'occasion pour Fernando Alonso de piloter enfin l'Aston Martin tandis que Pierre Gasly effectue ses premiers tours de roue avec Alpine. Du côté des Bleus, on dévisage Oscar Piastri qui grimpe pour la première fois dans la McLaren...

Tony