Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Racing Point BWT Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari

1032nd Grand Prix

VIII Turkish Grand Prix
Changeable
Istanbul
Sunday, 15 November 2020
58 laps x 5.338 km - 309.396 km
(Offset: 208 m)
info
Affiche
F1
Coupe

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Driver
Lewis HAMILTON is World Champion
Constructor
Engine
Septième titre de Champion du Monde pour Lewis Hamilton.

Présentation de l'épreuve

Nouvelle épreuve complémentaire pour cette saison 2020 très atypique, le Grand Prix de Turquie réapparaît après neuf ans d'absence. Les pilotes retrouvent avec plaisir l'amusant Istanbul Park dont les dénivelés et les courbes rapides sont propices aux grandes sensations. Ils redoutent néanmoins le fameux « quadruple gauche » qui constitue le virage n°8: les cous vont souffrir. En outre, ils s'interrogent sur le nouveau bitume, coulé deux semaines avant le Grand Prix, lisse comme un billard et qui, partant, ne leur promet qu'une faible adhérence.... Par ailleurs, la FIA installe deux zones d'activation du DRS: au niveau de la zone de départ/arrivée, puis dans le rapide enchaînement qui relie les virages n°10 à 12. Pour le reste, ce Grand Prix se déroulera hélas devant des tribunes vides, la FIA ayant décrété que, face à la seconde épidémie de Covid-19, la fin de la saison se tiendra à huis clos. Cela n'empêche pas les autorités turques de tirer parti de cette épreuve improvisée pour prétendre à une place permanente au calendrier, comme ce fut le cas entre 2005 et 2011.

 

La saison 2021 comptera en tout cas vingt-trois dates, ou peut-être vingt-deux puisque le futur Grand Prix du Vietnam vient d'être annulé. En effet, l'épreuve de Hanoï, qui devait déjà accueillir sa première édition en avril 2020, est torpillée par l'arrestation pour corruption de Nguyen Duc Chung, maire de la capitale vietnamienne et cheville ouvrière de l'événement. Le gouvernement communiste semble avoir résolu de rompre le contrat signé en 2018 par M. Chung avec la F1 pour 60 millions de dollars annuels, et selon toute vraisemblance le GP du Vietnam n'aura jamais lieu. Voilà qui libère une case du pachydermique calendrier 2021 récemment présenté par la FIA. Pas sûr qu'elle sera comblée, car les écuries jugent ce programme beaucoup trop éprouvant. « Si on prend compte le déroulement de cette saison, avec 17 courses entre juillet et décembre, c'est déjà assez intense », explique Christian Horner. « En comparaison, 23 courses sur une saison, cela semble plus simple. Mais en fait ce sera très exigeant. Oui, il y aura un peu moins d'essais privés pour compenser, mais ce sera un défi pour les membres des équipes. Moins pour les pilotes, car ils arrivent un peu plus tard que nous sur les circuits, mais beaucoup pour tous les autres. Nous serons à la limite de la tolérance humaine. » Aussi beaucoup espèrent que la FIA s'en tiendra à 22 courses en 2021.

 

À quatre épreuves du terme de cette saison, Lewis Hamilton (282 points) compte 85 longueurs d'avance sur son équipier Valtteri Bottas (197 pts) et peut donc s'assurer à Istanbul de sa septième couronne mondiale. Pour retarder cette consécration, Bottas doit lui reprendre au moins huit points, une tâche qui paraît assez ardue. Hamilton aborde en tout cas cette étape sans pression apparente, sachant de toute façon qu'il sera titré en fin d'année. Quant à Bottas, il admet que ses chances de conquérir le titre sont nulles... et reporte ses espérances vers 2021. Beaucoup raillent le Finlandais pour ses ambitions qui paraissent irréalistes tant que Hamilton sera en F1, mais ce dernier prend avec fermeté la défense de son équipier: « Valtteri n'a pas la reconnaissance qu'il mérite. Il fait un travail exceptionnel et est bien meilleur que la plupart des autres pilotes du peloton. » Dans ces conditions, les succès de Hamilton n'en sont évidemment que plus valorisés...

 

Mattia Binotto ne sera pas présent en Turquie: le directeur de la Scuderia Ferrari reste à l'usine de Maranello afin dit-on de superviser le développement de la monoplace de 2021. C'est donc son bras droit le directeur sportif Laurent Mekies qui commandera les hommes en rouge ce week-end. Une absence qui pourrait se prolonger jusqu'à la fin de la saison, et qui alimente certaines rumeurs d'éviction de Binotto...

 

Les « W Series », cette compétition de monoplaces réservée aux femmes, a vécu sa première édition en 2019 dans l'anonymat le plus complet, avant d'être annulée en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. Par bonheur, elle reviendra en 2021 et bénéficiera cette fois d'une meilleure exposition médiatique puisque ses épreuves auront lieu en lever de rideau de huit Grands Prix de Formule 1. Voilà qui va permettre à quelques jeunes demoiselles de démontrer leurs capacités devant un vaste public et à la Formule 1 de donner des gages supplémentaires au politiquement correct. Cette compétition exclusivement féminine laisse en effet certains dubitatifs, telle Michèle Mouton, présidente de la commission « femmes » de la FIA, qui travaille à aider les jeunes femmes à intégrer le sport automobile en se frottant aux hommes et non en cultivant l'entre-soi. On a ainsi pu constater les limites de cette stratégie « communautariste » en déplorant le sort de Jamie Chadwick, lauréate des W Series en 2019 face à une concurrence très faible, et privée en conséquence d'un volant en Formule 3 auquel elle pouvait légitimement prétendre.

 

Red Bull apporte ici de profondes modifications à sa RB16, principalement réservées à Verstappen. Celui-ci bénéficie ainsi d'un aileron avant remodelé, avec un plan principal constitué d'une pièce unique et étroite, et non plus de deux éléments comme précédemment. Une entaille est également pratiquée dans la cape sise sous le museau. A l'arrière, les conduits d'évacuation de la wastegate sont dorénavant placés sous le pot d'échappement. McLaren installe pour sa part un déflecteur horizontal devant les roues arrière pour dynamiser le flux d'air. Une nouveauté qui n'en est pas une, puisqu'elle a fait une première apparition en juillet lors du GP de Styrie.

 

Pirelli apporte en Turquie les pneus les plus durs de sa gamme (C1, C2, C3), ce qui va rapidement se révéler une erreur vue l'absence d'adhérence qu'offre la piste d'Istanbul. Il s'avérera ainsi que le pneu blanc (C1) rend cinq secondes au tour au pneu rouge (C3) ! En outre, samedi matin, Pirelli autorise les équipes à augmenter quelque la pression de ses pneumatiques afin de compenser un accroissement des charges aérodynamiques constaté par les télémétries.

 

Essais et qualifications: attention, chaussée glissante !

Vendredi, les pilotes découvrent avec effroi le nouveau bitume du circuit d'Istanbul, très lisse et par conséquent très sale: une véritable patinoire ! En plus, il fait froid et les pneus chauffent mal. Presque tous les concurrents s'offrent au moins une pirouette. « On a l'impression d'être sur de la glace » résume Lewis Hamilton. « Du reste, il fait trop froid pour que les pneus chauffent correctement. Nous avons rencontré le même problème à Portimão. Ces gommes Pirelli sont très dures et chauffent dans une certaine fenêtre, donc si vous êtes 10 ou 20 degrés en dessous, cela ne fonctionne pas. Sur les vieux circuits, les pneus travaillent davantage. La surface ici est lisse et brillante. L'huile suinte sur le tarmac. C'est de la m**** avec un grand M ! » Verstappen réalise les meilleurs chronos des deux séances du jour alors que les pilotes Mercedes se plaignent d'un manque total d'équilibre. Conçue principalement pour bien exploiter les gommes dans la chaleur estivale, la W10 peine à mettre celles-ci en température en plein automne... Vendredi soir, des voitures arpentent le circuit afin d'y déposer de la gomme et donc d'améliorer l'adhérence des F1 le lendemain. Las, la pluie s'invite durant la nuit et nettoie le bitume ! La dernière session libre se déroule ainsi sur une piste détrempée et les erreurs sont nombreuses. Un accrochage implique notamment Leclerc et Ocon. Verstappen réalise de nouveau le meilleur temps, avant qu'une forte averse ne contraignent les participants à rentrer pour de bon aux garages.

 

L'après-midi, il pleut de nouveau lors du coup d'envoi des qualifications. Un véritable déluge s'abat sur Istanbul, et la Q1 est finalement interrompue au bout de dix minutes, la piste devenant impraticable. La pluie finit par cesser au bout d'une demi-heure, et les bolides sont alors relâchés. Un nouveau drapeau rouge survient cependant presque aussitôt à cause d'une sortie de route de Grosjean. Cinq minutes plus tard, la séance est relancée pour de bon. En Q3, la piste s'assèche quelque peu, ce qui permet aux pilotes de prendre les pneus intermédiaires. En outre, un incident regrettable a lieu au début de la deuxième étape des qualifications: les bolides démarrent alors qu'une grue est présente en bordure de piste, au virage n°8, pour retirer la Williams de Latifi. Une erreur qui rappelle évidemment d'affreux souvenirs et qui vaudra un coup de semonce à la direction de course.

 

Les Racing Point-BWT se montrent très rapides dans ces conditions dantesques, et Stroll conquiert la première pole positon de sa carrière après un tour impeccable (1'47''765'''). Premier pilote à choisir les pneus mixtes en Q3, Pérez (3ème) échoue cependant à une seconde et demie de son équipier. Verstappen (2ème) domine la Q1 et la Q2 mais manque la pole à cause des pneus intermédiaires qui n'offrent pas une bonne adhérence aux Red Bull. À noter qu'il était en passe de signer le meilleur chrono en « full wet » lorsqu'il fut rappelé par son stand... Son collègue Albon (4ème) ne démérite pas. Les Renault (Ricciardo 5ème, Ocon 7ème) se placent en outsiders. Pour la première fois de la saison, Mercedes laisse échapper la pole position. Hamilton (6ème), relégué à cinq secondes (!) de Stroll se bat avec une W10 au comportement calamiteux, alternant sous-virage et survirage. Bottas (9ème) n'est mieux loti. Les Alfa Romeo font partie des rares monoplaces à bien se comporter sur cette piste, ce qui permet à Räikkönen (8ème) et à Giovinazzi (10ème) de tirer leur épingle du jeu.

 

Plutôt rapides sur le sec, les Ferrari (Vettel 11ème, Leclerc 12ème) coulent à pic en Q2, concédant cinq à six secondes à Verstappen !Beaucoup de problèmes chez AlphaTauri: Gasly (19ème) déplore un manque global d'adhérence et est éliminé en Q2. Le Normand est ensuite renvoyé en fond de grille car il change de moteur sous régime de parc fermé. Kvyat (16ème) s'évanouit en tête-à-queue à la fin de la Q1. Mauvais après-midi pour McLaren dont les deux pilotes sont évincés dès la Q2 pour avoir tergiversé dans les choix de pneus. Ils sont en outre sanctionnés. Sainz (15ème) recule de trois rangs pour gêné Pérez et Norris (14ème) de cinq places car il n'a pas suffisamment levé le pied sous drapeau jaune. Chez Haas, Magnussen (13ème) ne va pas plus loin que la Q1, tout comme Grosjean (17ème) qui se plante dans les graviers du premier tournant. Enfin, du côté de Williams, Latifi (19ème) rejoint Grosjean dans le bac à sable et Russell (20ème), éliminé en Q1, est de toute façon pénalisé pour avoir changé la plupart des composants de son groupe propulseur. Il écope en outre d'une punition fictive de cinq places car il n'a pas suffisamment ralenti lors d'une sortie de Kvyat.

 

Lance Stroll est le premier pilote canadien à réaliser une pole position depuis Jacques Villeneuve en 1997. Une performance qui est un temps mise en sursis car il est convoqué samedi soir devant les commissaires de piste pour ne pas avoir suffisamment ralenti lors de la première manche des qualifications, alors que son équipier Sergio Pérez était en tête-à-queue. Il parvient à démontrer qu'il avait bel et bien levé le pied et conserve ainsi sa précieuse position de pointe. Stroll est lui-même ébahi de sa performance qui survient à point nommé, après de semaines difficiles marquées par son infection à la Covid-19 et de nombreux accidents. « Je peine à trouver mes mots, c'est vraiment une journée de folie ! » balbutie le Québécois qui souhaite bien sûr que la pluie revienne le lendemain pour avoir une chance de transformer cette pole en victoire.

 

Le Grand Prix

De nouveau, la pluie tombe drue sur l'Istanbul Park en ce début d'après-midi et le Grand Prix se déroulera à coup sûr dans des conditions humides. Deux pilotes se font surprendre lors de leur boucle d'installation: Giovinazzi part en glissade et abîme sa calandre contre des glissières tandis que Russell endommage une biellette de direction en frottant le mur des stands. Des dégâts heureusement bénins, et tous deux parviendront à prendre le départ. L'averse cesse quelques minutes avant le coup d'envoi, mais la piste est passablement détrempée, d'autant plus que l'évacuation de l'eau est ici fort médiocre. Tous les pilotes s'élancent munis de pneus Pirelli bleus « full wet », sauf les Williams qui démarrent depuis les stands avec les gommes intermédiaires reconnaissables à leur liseré vert.

 

Départ: Stroll prend un bon envol alors que Verstappen fait patiner ses roues et démarre avec peine, à l'instar de son équipier Albon. Pérez s'empare de la deuxième place devant les Renault et les Mercedes. Au premier freinage, Hamilton, placé à gauche, se frotte à Ricciardo qui rebondit contre son équipier Ocon et l'envoie en tête-à-queue. Bottas, qui suivait de près le Français, pirouette à son tour pour l'éviter. Tous deux repartent en queue de peloton. Ce grabuge profite à Vettel qui a évité tous les pièges et pointe au quatrième rang.

 

1er tour: Verstappen entame déjà une remontée puisqu'il double Ricciardo puis Albon. Hamilton glisse et tire tout droit au virage n°9. Il se fait dépasser dans la foulée par Vettel, Verstappen et Albon. En fin de tour, Stroll est premier devant Pérez, Vettel, Verstappen, Albon, Hamilton, Ricciardo, Räikkönen, Sainz et Magnussen. Bottas percute Ocon au virage n°9 et de nouveau tous deux partent en tête-à-queue avant de se redresser !

 

2e: Stroll bénéficie d'une piste claire et porte son avance sur Pérez à quatre secondes. Déjà relégué à plus de dix secondes du leader, Vettel s'efforce de contenir un Verstappen incisif.

 

3e: Stroll mène devant Pérez (6s.), Vettel (14.4s.), Verstappen (14.7s.), Albon (18s.), Hamilton (20s.), Ricciardo (22.2s.), Sainz (24.8s.), Räikkönen (26.4s.), Magnussen (32.3s.), Giovinazzi (37.8s.) et Kvyat (38s.). Latifi effectue un premier tête-à-queue qui ne sera pas le dernier.

 

5e: La bitume demeure très humide et la visibilité précaire. Stroll possède six secondes de marge sur Pérez. Räikkönen part au large dans un virage et doit céder une place à Sainz.

 

6e: Pérez tourne en 1'53''030''' et réduit pour la première fois son retard sur son coéquipier. Verstappen suit toujours Vettel sans dénicher d'ouverture.

 

7e: La piste commence à s'assécher quelque peu. C'est pourquoi Leclerc stoppe chez Ferrari pour prendre des pneus intermédiaires.

 

8e: Bottas apparaît chez Mercedes pour chausser à son tour les gommes intermédiaires.

 

9e: L'intervalle entre Stroll et Pérez est de six secondes. Vettel et Hamilton passent aux stands afin de s'emparer de pneus mixtes. Räikkönen, Magnussen, Giovinazzi, Kvyat et Grosjean font de même.

 

10e: Les pneus pluie commencent à sérieusement s'altérer. Stroll pénètre dans la pit-lane pour prendre les Pirelli verts (2.9s.), puis repart entre Albon et Ricciardo. Norris et Latifi changent aussi leurs pneus.

 

11e: Brièvement leader, Pérez s'empare à son tour des enveloppes mixtes au cours d'une assez longue halte (5s.). Il parvient néanmoins à se réinsérer devant Vettel et Hamilton. Les deux Red Bull sont provisoirement en tête, Verstappen comptant cinq secondes de marge sur Albon. Ricciardo, Sainz, Gasly et Ocon prennent les pneus verts.

 

12e: Verstappen passe chez Red Bull pour choisir les pneus intermédiaires (4s.). Il reprend la piste juste devant Vettel. Dernier pilote muni de pneus « full wet », Albon est leader, menacé par Stroll. Giovinazzi se gare dans la pelouse suite à une panne de boîte de vitesses.

 

13e: Albon passe aux stands pour mettre les gommes mixtes (3s.). Les deux Racing Point reprennent les commandes de l'épreuve. La procédure de « voiture de sécurité virtuelle » est installée pour permettre l'évacuation de la voiture de Giovinazzi.

 

14e: Les pilotes roulent au pas. Stroll devance Pérez (9.3s.), Verstappen (11.3s.), Vettel (16.3s.), Hamilton (17s.), Albon (19.5s.), Ricciardo (30s.), Sainz (31.4s.), Leclerc (34s.), Magnussen (39s.), Russell (40.4s.) et Bottas (41.4s.).

 

15e: le drapeau vert est agité. Hamilton met la pression sur Vettel et tente de lui faire l'extérieur au virage n°12. Mais l'Anglais bloque une roue et rattrape un début de glissade, ce qui permet à Albon de le dépasser. Bottas prend la onzième place à Russell....avant d'exécuter une nouvelle figure libre !

 

16e: Pérez est le plus rapide en piste mais doit néanmoins contenir un Verstappen menaçant. Albon prend l'ascendant sur Vettel.

 

17e: La trajectoire s'assèche lentement mais les pilotes demeurent prudents. Kvyat exécute un tête-à-queue qui lui fait perdre une position au profit d'Ocon.

 

18e: Verstappen tente de faire l'intérieur à Pérez dans le coude rapide qui constitue le onzième virage. Le Mexicain ne lui laisse évidemment aucun espace. L'imprudent Hollandais se retrouve déporté vers le vibreur externe et part en toupie à 200 km/h. Après un double 360°, il parvient à se stabiliser dans le dégagement tout en gardant son moteur en marche. Verstappen repart mais rejoint aussitôt les stands pour remplacer ses gommes endommagées. Il chute au huitième rang et perd tout espoir de victoire.

 

19e: Stroll est leader devant Pérez (10s.), Albon (14.3s.), Vettel (23.5s.), Hamilton (23.8s.), Ricciardo (33.5s.), Sainz (34.3s.), Verstappen (42.3s.), Leclerc (47.5s.), Magnussen (1m. 08s.), Russell (1m. 10s.) et Norris (1m. 11s.).

 

20e: Pérez reprend trois secondes à Stroll dans ce seul tour. Hamilton pourchasse toujours Vettel. Leclerc abaisse le record en course (1'41''990''').

 

21e: Bottas part en aquaplanage en de la seconde courbe et exécute un quatrième tête-à-queue. Le Scandinave redémarre piteux dix-huitième.

 

22e: Stroll est mécontent du comportement de ses pneus intermédiaires: sa Racing Point commence à sous-virer.

 

24e: Stroll, Pérez et Albon se tiennent désormais en quatre secondes. Plus loin, Ricciardo et Sainz luttent pour la sixième position, mais tous deux sont rattrapés par Verstappen. Norris prend adroitement la onzième place à Russell dans le dernier tournant.

 

25e: L'eau imprègne toujours le bitume: il n'est pas question de chausser les slicks. Stroll précède Pérez (3.5s.), Albon (4s.), Vettel (12.2s.), Hamilton (16.5s.), Ricciardo (27s.), Sainz (28.6s.), Verstappen (30.2s.), Leclerc (33s.) et Magnussen (1m. 07s.).

 

27e: Pérez évolue à trois secondes de Stroll. Norris s'empare de la dixième place aux dépens de Magnussen.

 

29e: Stroll déplore du « graining » sur ses pneus avant. Vettel et Hamilton remontent à leur tour sur le trio de tête. Ricciardo retient Sainz et Verstappen.

 

30e: Stroll précède Pérez (3.5s.), Albon (7s.), Vettel (8s.), Hamilton (9s.), Ricciardo (23.5s.), Sainz (25.1s.), Verstappen (26.2s.), Leclerc (28s.), Norris (1m. 07s.), Magnussen (1m. 15s.) et Russell (1m. 19s.).

 

31e: Leclerc effectue sa deuxième escale aux stands et reprend les gommes mixtes (3s.). Il demeure neuvième. Räikkönen s'arrête également, et comme tout le monde choisit derechef les intermédiaires.

 

32e: Sainz utilise l'aileron arrière mobile pour dépasser Ricciardo au virage n°1. L'Australien fait ensuite escale chez Renault pour changer d'enveloppes. Il repart derrière Leclerc qui affole le chrono (1'40''962''').

 

33e: La trajectoire est globalement sèche mais des plaques d'humidité subsistent ici ou là. Changement de pneus pour Russell.

 

34e: Les pneus avant de Stroll sont couverts de bulles. Pérez le rejoint rapidement. Vettel reprend des intermédiaires au cours d'une opération assez longue (5.3s.). Albon exécute un tête-à-queue au virage n°9. Le Thaïlandais garde la maîtrise de sa Red Bull mais remet les gaz derrière Hamilton. Arrêts pneus pour Sainz et Gasly.

 

35e: Pérez fait la jonction avec Stroll mais Hamilton tourne deux secondes au tour plus vite que les Racing Point. Albon troque ses gommes vertes abîmées contre des neuves (3.2s.). Magnussen change aussi de chausses, mais il stoppe quelques secondes plus tard à la sortie de la pit-lane car il semblerait qu'une de ses roues soit mal fixée ! Une constante chez Haas... La voiture américaine est repoussée vers son emplacement par les mécaniciens qui rattachent les roues et relancent ensuite le Danois.

 

36e: Les pneus de Stroll sont à l'agonie. Le Québécois doit se résoudre à remplacer ses gommes mixtes (3.2s.). Il redémarre en quatrième position. Pérez s'empare des commandes de l'épreuve. Changement de pneus pour Norris.

 

37e: Pérez se débat à son tour avec des pneus avant usés. La Racing Point sous-vire et devient une proie facile pour Hamilton qui la déborde par l'extérieur dans la grande ligne droite menant au virage n°12. Arrêt de Grosjean.

 

38e: Hamilton est désormais leader devant Pérez (4.3s.), Verstappen (16.7s.), Stroll (25.1s.), Vettel (27s.), Albon (28.6s.), Leclerc (29.7s.), Sainz (34s.), Ricciardo (49s.), Norris (1m. 10s.), Ocon (1m. 16s.) et Kvyat (1m. 20s.). Latifi subit un nouveau tête-à-queue.

 

39e: Leclerc prend l'avantage sur Albon. Les nouveaux pneus intermédiaires de Stroll peinent à chauffer. Vettel déborde le Canadien dans la courbe n°11. Stroll tente de répliquer en faisant l'intérieur au pilote allemand au freinage n°12, mais il glisse vers l'extérieur. Vettel reprend son bien et Leclerc dépasse à son tour le pilote Racing Point.

 

40e: Hamilton s'enfuit aisément et repousse Pérez à dix secondes: ses pneus intermédiaires ont perdu leurs rainures, devenant des slicks performants sur une trajectoire presque sèche ! Leclerc actionne son DRS pour effacer son équipier Vettel au virage n°12. Albon dépasse Stroll au même endroit. En proie à de terribles vibrations, Bottas effectue une nouvelle figure dans la deuxième courbe.

 

41e: Le ciel s'assombrit et on redoute une nouvelle averse en fin de course. Sainz déborde à son tour un Stroll à la dérive. A l'orée du virage n°12, Grosjean déborde Latifi afin de lui prendre un tour, mais ce dernier ne l'aperçoit pas à cause de ses rétroviseurs embués. Latifi harponne la Haas au freinage et tous deux partent en tête-à-queue. Ils redémarrent, mais Latifi rejoint aussitôt son garage pour renoncer.

 

43e: Hamilton poursuit sa route et ne s'arrêtera pas une seconde fois puisque ses pneus tiennent le coup. Leclerc fond sur Verstappen et le laisse sur place dans la grande pleine charge grâce à son aileron arrière mobile. Nouveau pit-stop pour Russell.

 

44e: Verstappen fait une troisième escale aux stands pour changer de gommes et redémarre en septième position devant Stroll. Sainz dépasse Albon et pointe maintenant au cinquième rang.

 

45e: Hamilton est premier devant Pérez (18.4s.), Leclerc (20.5s.), Vettel (32.5s.), Sainz (40.6s.), Albon (42s.), Verstappen (44.5s.), Stroll (54.6s.), Ricciardo (1m. 13s.), Norris (1m. 15s.), Ocon (1m. 24s.) et Kvyat (1m. 29s.).

 

46e: Anonyme treizième, Bottas subit l'humiliation de concéder un tour à son équipier, non sans d'ailleurs le ralentir dans le premier secteur.

 

47e: Leclerc remonte sur Pérez et vise maintenant la seconde place. Bottas chausse de nouveaux pneus verts. Grosjean réalise une pirouette dans la dernière courbe.

 

48e: Norris déborde Ricciardo à l'abord du virage n°12. Au freinage, le museau de la McLaren frôle la Renault et l'expédie en tête-à-queue. Ricciardo se redresse mais va se contentera désormais de la dixième place.

 

49e: Leclerc prend Pérez en chasse. Il dérape cependant sur une plaque d'humidité entre les courbes n°4 et 5 et perd ainsi quelques précieux dixièmes.

 

50e: Hamilton précède Pérez (19s.), Leclerc (23.7s.), Vettel (30s.), Sainz (37s.), Albon (42s.), Verstappen (43s.), Stroll (1m. 01s.), Norris (1m. 15s.), Ricciardo (1m. 21s.), Ocon (1m. 27s.) et Kvyat (1m. 34s.).

 

51e: Räikkönen exécute un tête-à-queue entre les virages n°4 et 5. Verstappen, qui le suivait de près, pirouette à son tour ! Tous deux retrouvent la piste sans peine. Grosjean abandonne: son fond plat a trop souffert de ses diverses touchettes.

 

52e: Verstappen revient à tire-d'aile sur son équipier Albon et le dépasse sans coup férir. Les McLaren sont très rapides en cette fin d'épreuve et Norris rattrape Stroll.

 

54e: À quatre tours du but, Hamilton compte vingt-deux secondes d'avance sur Pérez. Ces deux pilotes composent avec des pneus usés jusqu'à la corde, mais si l'Anglais fonce vers la victoire et le titre mondial, le Mexicain voit revenir les deux Ferrari.

 

56e: Mercedes sort à tout hasard des pneus neufs pour Hamilton, au cas où celui-ci souhaiterait faire un arrêt – éclair de dernière minute, mais il s'en passera. Stroll part au large au premier virage et laisse ainsi filer Norris qui affole toujours le chronomètre.

 

57e: Leclerc est dans les roues de Pérez. Bon dernier avec deux tours de retard, Magnussen rejoint son garage et ne verra pas l'arrivée.

 

58ème et dernier tour: Leclerc déborde Pérez grâce au DRS. Mais le Monégasque manque ensuite son freinage au virage n°12 et glisse vers l'extérieur. Lorsqu'il regagne la piste, Pérez mais aussi Vettel l'ont dépassé. Il perd ainsi bêtement sa place sur le podium...

 

Lewis Hamilton remporte sa dixième victoire en 2020 et son septième titre de champion du monde. Pérez, second, monte sur son premier podium depuis deux ans. Vettel finit troisième: c'est son meilleur résultat cette année. Leclerc finit quatrième, Sainz cinquième. Les Red Bull de Verstappen et Albon sont respectivement sixième et septième. Norris est huitième et empoche le point du meilleur tour en course (1'36''806'''). Parti en pole, Stroll échoue à la neuvième place. Ricciardo conclut cette course décevante pour Renault en dixième position. Suivent Ocon, Kvyat, Gasly, Bottas, Räikkönen et Russell.

 

Après la course: sept titres pour Lewis Hamilton

Lewis Hamilton s'était jadis juré de ne pas pleurer en public. Mais la joie profonde suscitée par cette septième couronne est plus forte, et il fond en larmes durant son tour d'honneur. « C'est très rare que je perde le contrôle de mes émotions », reconnaît-il ensuite. « Je discutais avec mon ingénieur, et en même temps je pensais à ce septième titre qui arrivait et je voulais absolument empêcher ces pensées de venir polluer ma concentration. Je revoyais mes débuts en karting à cinq ans, ma première victoire. J'ai réussi à me contenir, mais une fois la ligne d'arrivée franchie, tout est remonté à la surface, et j'ai fondu en larmes. J'ai pensé à mon père sans qui je ne serais jamais arrivé là où je suis aujourd'hui. A tous ceux qui m'ont soutenu et accompagné dans ma famille, ma mère, mon frère et tous mes proches. »

 

Une émotion bien compréhensible, d'autant plus que Hamilton a connu un week-end compliqué, ponctué par cette victoire tout à fait inattendue au regard des performances des Mercedes lors des essais. L'Anglais a déjoué les pronostics en préservant admirablement ses pneus intermédiaires pendant cinquante tours, ce qui lui a permis de ne s'arrêter qu'une seule fois. Avec l'usure, ces chausses sculptées se sont en effet transformées en pneus lisses, ce qui était l'idéal pour arpenter une trajectoire presque sèche. Les pneus intermédiaires neufs choisis par la concurrence (sauf Pérez) n'étaient finalement pas adaptés à ces conditions. « Les pneus se sont usés parfaitement », explique le vainqueur. « Ils sont devenus presque lisses. C'est exactement ce qu'il fallait à ce moment-là, d'autant que ces intermédiaires gardaient la chaleur. Certes, en fin de course, j'ai rencontré des vibrations, et c'était difficile de savoir où j'en étais sur le train arrière. Je ne pouvais pas distinguer les bandes de roulement, et j'ignorais si j'avais atteint un degré d'usure critique. Je demandais donc à l'équipe. Je devais préserver les pneus dans les virages rapides. Essayer de ne pas les détruire tout en maintenant leur température, c'était la clé. Il s'agissait de jouer avec la répartition des freins, avec les trajectoires qu'il fallait prendre pour éviter les flaques d'eau, car dès qu'on en touchait une, on était dehors...» En somme, un travail d'artiste. Hamilton peut d'autant plus se prévaloir de ce splendide succès que, avec un Valtteri Bottas « aux pâquerettes », il aurait très bien pu rouler à sa main et se contenter d'une place d'honneur pour conquérir le titre mondial.

 

Avec sept couronnes, Lewis Hamilton égale une fois de plus Michael Schumacher et défie tous les superlatifs. Tout le monde s'accorde à le qualifier d'invincible et il peut sans conteste trôner au Panthéon de la F1 aux côtés de Juan Manuel Fangio, Jim Clark, Alain Prost, Ayrton Senna et Michael Schumacher. Mêmes ses rivaux, passés et présents, l'admettent de bonne grâce. « Il est le plus grand de notre époque », reconnaît avec élégance Sebastian Vettel. « C'est toujours compliqué de comparer Fangio ou Moss à notre génération. C'est impossible et même inutile. Chaque époque a son pilote de référence, et Lewis est le nôtre. Regardez cet après-midi: il n'aurait pas dû gagner, et il l'a fait quand même. Il a encore réussi quelque chose d'unique. » « Hamilton et Schumacher sont les plus grands », affirme Fernando Alonso qui a bataillé contre ces deux géants. « On ne gagne pas par hasard sept titres. Certes, ils ont toujours eu des voitures dominatrices, mais c'est la règle de la F1. Cela n'ôte rien à leurs mérites. »

 

Au soir de ce nouvel exploit, Lewis Hamilton laisse enfin transparaître ce que sera son avenir immédiat: « D'abord, nous avons trois courses au Moyen-Orient que je veux gagner. Ensuite, je prolongerai mon contrat, mais je ne resterai pas en F1 jusqu'à 40 ans. » En effet, il ne cache plus son désir de se lancer à court terme dans une forme d'engagement politique ou caritatif, même s'il demeure discret quant à ses projets. Pendant ce temps-là, ses fans zélés pressent le gouvernement britannique de l'anoblir. Hamilton deviendra-t-il Sir Lewis ? L'intéressé, tout en proclamant son patriotisme, déclare ne pas mériter cet honneur: « Il y a les soldats qui ont combattu durant la guerre, les médecins et les infirmières qui à l'heure actuelle sauvent des vies... Ce sont des héros méconnus qui méritent cette récompense. Je ne suis pas un héros méconnu ! »

 

Le dimanche des autres

Racing Point a laissé échapper cet après-midi une victoire et même un doublé qui semblaient promis à ses « Mercedes roses ». Lance Stroll maîtrisait la course avec adresse et sérénité, et se dirigeait vers un premier succès en F1 lorsque ses pneus intermédiaires se sont effondrés, couverts de bulles. Le jeune Canadien ne cache pas se frustration: « Être leader avec dix secondes d'avance puis finir neuvième, c'est plus que rageant ! » éructe-t-il. « Nous devons comprendre ce qui s'est passé pour en arriver là... » Le mystère sera élucidé par Racing Point: Stroll a tout simplement été victime d'un début de désagrégation de son aileron avant ! « L'une des barrettes situées sous le museau s'est détachée et s'est placée dans une certaine position qui a provoqué une perte significative de l'appui aérodynamique à l'avant, ce qui a engendré du graining », explique un communiqué officiel. Par bonheur, Racing Point se console avec la seconde place de Sergio Pérez qui, seul avec Hamilton, a su bichonner ses gommes intermédiaires pendant les trois quarts de l'épreuve. « La clé était de gérer les intermédiaires au début et à la fin du deuxième relais, cela a fait une énorme différence », raconte le Mexicain. « Mais à la fin, les vibrations étaient terribles, je n'aurais pas tenu un tour de plus !... »

 

Max Verstappen est la cible de plusieurs critiques à l'issue après une course chaotique dont il apparaissait comme le grand favori. Le Hollandais a hélas manqué son départ avant de partir à la faute en attaquant Sergio Pérez. Sa prestation fut néanmoins plus estimable que celle de Valtteri Bottas qui s'est traîné tout l'après-midi en queue de peloton, accumulant pas moins de six tête-à-queue, dit-on. « La direction tirait en permanence vers la gauche, même en ligne droite... J'étais en mode survie », confie le Finlandais, désabusé. À sa décharge, son aileron avant était endommagé depuis son premier contact avec Esteban Ocon, ce qui explique ses nombreuses figures. Les déboires de Verstappen et de Bottas ont en tout cas profité aux Ferrari que l'on n'avait pas vues à pareille fête depuis longtemps. Auteur d'un début de course sensationnel, Sebastian Vettel est heureux de regrimper sur le podium pour la première fois depuis plus d'un an et avance en guise de plaisanterie « qu'on devrait laisser Mattia Binotto plus souvent à la maison ! » Charles Leclerc est en revanche atterré par son erreur dans les derniers mètres et déclare sévèrement « avoir fait de la m**** ».

 

Enfin, la compétition pour la troisième place du championnat des constructeurs est relancée. Avec un petit point inscrit, Renault (136 points) est la grande perdante du jour puisqu'elle dégringole au cinquième rang, dépassée par Racing Point (154 pts) et McLaren (149 pts), tandis que Ferrari (130 pts) remonte dangereusement. La bagarre en ces quatre équipes sera âpre jusqu'à Abou Dhabi.

Tony