Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda

1020th Grand Prix

Grosser Preis von Steiermark
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Spielberg
Sunday, 12 July 2020
71 laps x 4.318 km - 306.452 km
(Offset: 126 m)
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Excès d'optimisme pour Charles Leclerc qui percute son coéquipier dans le premier tour.

Alonso chez Renault: le retour de l'Enfant prodigue

 

Sebastian Vettel vers Aston Martin ?

La saison des transferts bat son plein: si le plateau 2021 se complète peu à peu, la principale question est de savoir ce que deviendra Sebastian Vettel, poussé vers la sortie par Ferrari. En ce début d'été, l'Allemand a de nouveau pris langue avec son ancienne écurie Red Bull, laquelle l'a poliment éconduit: une cohabitation avec Max Verstappen, le nouvel enfant chéri de MM. Marko et Horner, est décidément impossible. Renault ayant choisi de recruter Fernando Alonso, Vettel ne peut que se tourner vers Racing Point, qui deviendra Aston Martin l'année prochaine. Lawrence Stroll recherche en effet un pilote de pointe afin de valoriser cette nouvelle identité et veut croire que le quadruple champion du monde n'a rien perdu de son talent et de sa motivation. Pour Vettel, passer de Ferrari à Aston Martin ne serait pas déchoir, mais simplement une voie pour se ressourcer et rebondir en prenant en main la destinée d'une petite équipe en pleine ascension.

 

Reste à savoir qui pâtirait de son éventuelle arrivée à Silverstone: le talentueux Sergio Pérez, pilier du team depuis 2014, ou le fils du patron, Lance Stroll, qui en trois saisons de Formule 1 n'a jamais rien montré de transcendant ? La logique pencherait en faveur de la seconde solution, mais il n'est pas certain que Papa Stroll sacrifier la jeune carrière de son rejeton au bénéfice d'un ex-champion sur le déclin.

 

Présentation de l'épreuve

Les écuries n'ont pas quitté Zeltweg puisqu'un Grand Prix d'Autriche bis se déroule huit jours après le précédent. Ce Grand Prix de Styrie ne présente pas un intérêt évident car on s'attend à ce que les performances des voitures soient similaires d'une semaine à l'autre. Les pilotes prennent pour leur part quelques jours de repos. Charles Leclerc et Valtteri Bottas regagnent ainsi leurs domiciles monégasques, une libéralité offerte par la fédération car, en théorie, les coureurs ne doivent pas quitter leur « bulle », c'est--à-dire leur entourage immédiat, par crainte d'une contamination par le coronavirus. Or Leclerc a le malheur d'être aperçu dans les rues de Monte-Carlo ! La fédération lui inflige ainsi un avertissement: à la prochaine incartade, le jeune pilote Ferrari, tel un petit enfant irresponsable, pourrait se voir puni de sa folle témérité...

 

Robert Kubica effectue son retour pour ce GP de Styrie. Quelques mois après avoir quitté Williams, le Polonais prend le volant de l'Alfa Romeo d'Antonio Giovinazzi à l'occasion de la première séance libre du vendredi. Pendant ce temps-là, chez Williams, George Russell cède provisoirement son volant à son compatriote Jack Aitken, 25 ans, récemment évincé de la filière Renault. Les deux Anglais se connaissent bien puisqu'Aitken fut l'équipier (chez ART) et le dauphin de Russell lors de la saison 2017 de GP3.

 

Lors du GP d'Autriche, Verstappen a testé une nouvelle version du museau de la Red Bull RB16, munie d'une petite ouverture et de piliers rapprochés, une solution inspirée par Mercedes. Pour l'heure, cet élément continue de n'apparaître qu'aux essais. Suite à un premier Grand Prix plus que laborieux, Ferrari accélère le développement de sa SF-1000 et introduit dès ce week-end de nouveaux éléments qui ne devaient apparaître que huit jours plus tard en Hongrie. L'aileron avant arbore ainsi un « tablier » plus arrondi afin de corriger le vortex et donc le flux d'air. Le fond plat présente cinq petites ouvertures supplémentaires dans le souci d'atténuer les turbulences générées par les pneus avant. Le verdict des pilotes est mitigé: si Vettel salue un pas en avant, Leclerc éprouve toujours de grandes difficultés à demeurer en piste. Enfin, Williams continue d'améliorer sa FW43 avec un nouveau « T-wing » et une nouvelle géométrie de suspension avant.

 

Essais et qualifications

Petite surprise lors de la première séance libre du vendredi: Pérez hisse sa Racing Point-BWT Mercedes au sommet de la feuille des temps devant Verstappen et les Mercedes. L'après-midi, Verstappen signe le meilleur chrono devant Bottas. Le Hollandais de Red Bull se plaint néanmoins d'une RB16 trop nerveuse. Cette session est marquée par un gros « carton » de Ricciardo qui perd le contrôle de sa Renault dans la courbe Rindt et heurte rudement les glissières par l'arrière. L'Australien s'en sort heureusement sans mal.

 

Samedi matin, un orage éclate et des pluies torrentielles s'abattent sur le Red Bull Ring, à tel point que le directeur de course Michael Masi annule la troisième séance libre. Il prévient d'autre part que, si les conditions ne s'améliorent pas l'après-midi, la grille pourra être déterminée par les chronos de la session du vendredi après-midi. L'après-midi, il pleut de nouveau mais les météorologues prévoient une accalmie. Masi décide donc de reporter le coup d'envoi des essais qualificatifs. Une heure plus tard, l'averse a cessé mais la piste est très détrempée. Elle est cependant jugée praticable et les coureurs s'ébranlent munis de pneus « full wet ».

 

Jusqu'alors un peu égaré dans ses réglages, Hamilton profite de l'humidité pour survoler les débats et réaliser une pole position magistrale: 1'19''273''', soit une seconde et deux dixièmes plus vite que son poursuivant immédiat Verstappen ! Sur l'autre Mercedes, Bottas (4ème) concède une seconde et demie à son équipier. Nouvelle déception chez Red Bull-Honda: Verstappen (2ème) ne peut rien faire face à Hamilton et Albon (6ème) se contente de surnager. Les McLaren-Renault se mettent de nouveau en vedette. Sainz décroche une superbe troisième place, la meilleure qualification de sa carrière. Norris réalise le sixième temps mais recule de trois rangs pour avoir dépassé sous drapeau jaune. On retrouve le sourire chez Renault: Ocon (5ème) et Ricciardo (8ème) brillent sur piste humide et atteignent tous deux la Q3. Gasly (7ème) s'illustre sous la pluie et amène ainsi son AlphaTauri-Honda jusqu'à la troisième manche des qualifications. Kvyat (13ème) est nettement plus en retrait.

 

Comme la semaine passée, la Ferrari SF-1000 manque dramatiquement de puissance et de stabilité. Vettel (10ème) atteint péniblement la Q3 tandis que Leclerc, éliminé en Q2, s'élancera 14ème après une pénalité de trois places pour avoir gêné Kvyat. La Scuderia est dans la nasse... La Williams FW43 semble décidément plutôt bien née: Russell (11ème) réalise un petit exploit en frôlant la Q3 pour un petit dixième. Le jeune Latifi (18ème) poursuit son laborieux apprentissage. Douche froide pour Racing Point: la monoplace rose n'est pas du tout performante sous la pluie, et Stroll (13ème) comme Pérez (17ème) partiront très loin. La saison s'annonce une fois encore pénible pour Haas-Ferrari, dont la VF-20 manque de puissance et de fiabilité: Magnussen (15ème) s'extrait avec peine de la Q1 et Grosjean ne réalise aucun chrono suite à une panne d'échangeur. Il s'élancera depuis les stands. Les pilotes Alfa Romeo affirment bénéficier d'une plus grande vélocité que huit jours plus tôt. Hélas, Räikkönen (16ème) ne s'extirpe pas de la Q1 et Giovinazzi (19ème) ruine ses chances dans un tête-à-queue, suscitant un court drapeau rouge. L'Italien écope en outre d'une pénalité de cinq places pour changement de boîte de vitesses.

 

Le Grand Prix

Dimanche, le vent a chassé les nuages et cet unique Grand Prix de Styrie se déroulera par une douce atmosphère estivale, sous un ciel voilé. Comme la semaine précédente, la majorité des pilotes ne prévoit qu'un seul changement de gommes. La plupart s'élance en pneus tendres. Ricciardo, Vettel, Kvyat, Räikkönen, Latifi et Giovinazzi partent toutefois avec les gommes médiums.

 

Départ: Hamilton garde l'avantage de sa pole. Sainz déborde Verstappen par l'extérieur au virage n°1, mais l'Espagnol, poussé vers l'extérieur, a moins de chevaux à la réaccélération et le Hollandais conserve la seconde place. Suivent Bottas, Ocon et Albon.

 

1er tour: Verstappen repousse deux attaques de Sainz tandis qu'Albon se défait aisément d'Ocon. Au sommet de Remus, Leclerc tente de doubler plusieurs concurrents en s'infiltrant à l'intérieur, mais il freine trop tard. Le Monégasque escalade le vibreur, tamponne son équipier Vettel et arrache l'aileron arrière de celui-ci. L'Allemand sème des débris sur le bitume et la voiture de sécurité entre en piste.

 

2e: La course est neutralisée. Hamilton mène devant Verstappen, Sainz, Bottas, Albon, Ocon, Ricciardo, Gasly, Norris et Stroll. Leclerc s'arrête au stand Ferrari afin de remplacer sa calandre. Vettel le suit au garage, mais pour se retirer car son train arrière est démoli.

 

3e: Les commissaires ont balayé les débris des Ferrari, la Safety Car va rentrer au garage.

 

4e: Drapeau vert: la course reprend. Hamilton demeure devant Verstappen. Norris dépasse Stroll au virage n°3. Magnussen prend la onzième place à Russell. Le jeune Anglais sort dans les graviers dans la courbe de Rauch et rejoint la piste en 18ème position.

 

5e: Stroll repasse devant Norris. Leclerc rejoint son stand pour abandonner car le plancher de sa SF-1000 est trop endommagé. Ainsi s'achève le désastreux week-end de Ferrari.

 

6e: Bottas actionne son DRS pour doubler Sainz avant Schlossgold. Le voici troisième. Pérez remonte et vient de doubler Magnussen.

 

7e: Hamilton mène devant Verstappen (2.1s.), Bottas (6.5s.), Sainz (9.5s.), Albon (10.1s.), Ocon (11s.), Ricciardo (11.6s.), Gasly (12.4s.), Stroll (13s.), Norris (13.5s.), Pérez (14.4s.) et Kvyat (16.3s.).

 

8e: Albon dépasse Sainz au virage n°4. Ocon se défend contre son équipier Ricciardo qui bénéficie de pneus plus endurants.

 

9e: Hamilton est le plus rapide en piste et repousse Verstappen à deux secondes et demie. Pérez est aux trousses de Norris.

 

10e: Les deux Renault se rapprochent de la McLaren de Sainz. Plus loin, Norris est encerclé par les deux Racing Point.

 

11e: Hamilton devance Verstappen (2.5s.), Bottas (6.4s.), Albon (14s.), Sainz (16s.), Ocon (16.7s.), Ricciardo (17.5s.), Gasly (18.2s.), Stroll (19s.), Norris (19.6s.), Pérez (20.3s.) et Kvyat (22s.).

 

12e: Bottas roule en 1'08''531''' et comble une partie de son retard sur Verstappen.

 

14e: Pérez fait l'intérieur à Norris au sommet de la grande côte. Le Mexicain louvoie ensuite pour empêcher l'Anglais de reprendre l'aspiration.

 

15e: L'intervalle entre Hamilton et Verstappen atteint trois secondes. Bottas évolue à six secondes et demie de son coéquipier. Stroll menace Gasly qui rencontre quelques soucis de direction suite à un contact avec Ricciardo au démarrage.

 

17e: Ricciardo fait l'extérieur à Ocon dans la courbe de Schlossgold, mais le jeune Français ne laisse aucun espace à son équipier. Stroll prend l'ascendant sur Gasly. Au tour suivant, son collègue Pérez doublera à son tour le Normand.

 

18e: Hamilton est premier devant Verstappen (3.7s.), Bottas (6.7s.), Albon (21s.), Sainz (24s.), Ocon (26s.), Ricciardo (26.6s.), Stroll (28s.), Pérez (29.5s.), Gasly (30.2s.), Norris (31s.) et Kvyat (33s.).

 

19e: Ricciardo dépasse Ocon dans la descente vers le virage n°4 et s'empare ainsi de la sixième place.

 

20e: L'avance de Hamilton sur Verstappen atteint quatre secondes et demie. Le Hollandais se plaint d'un manque de grip sur son train avant. Bottas réduit son retard.

 

21e: Norris prend l'avantage sur Gasly et retrouve ainsi la zone des points.

 

23e: Hamilton bloque sa roue avant-droite au freinage de Remus. Une petite faute sans conséquence.

 

24e: Hamilton précède Verstappen (5.7s.), Bottas (7.6s.), Albon (27.1s.), Sainz (30s.), Ricciardo (32.1s.), Ocon (32.8s.), Stroll (34.7s.), Pérez (36.2s.) et Norris (39.2s.). Verstappen rejoint les stands en fin de tour.

 

25e: Verstappen chausse les pneus médiums et repart quelques secondes devant son équipier Albon dont le rythme est décevant. Gasly change également de pneus et chute en dernière position.

 

26e: Hamilton possède huit secondes d'avantage sur son collègue Bottas. Ocon rentre au stand Renault pour renoncer: comme son équipier huit jours plus tôt, il est frappé par une souci de refroidissement.

 

28e: Hamilton effectue son unique arrêt et prend les Pirelli jaunes (2.6s.). Il repart second et Bottas s'empare du commandement.

 

30e: Bottas compte onze secondes d'avance sur Hamilton, seize secondes sur Verstappen qui est menacé d'un « undercut » par le Finlandais.

 

32e: L'intervalle entre Bottas et Hamilton grimpe à dix secondes. Mécontent de ses gommes, Verstappen ne remonte pas sur les Mercedes. Pérez poursuit son équipier Stroll. Changement de pneus pour Magnussen.

 

33e: Sainz fait escale chez McLaren pour chausser les gommes médiums, mais perd sept secondes à cause d'un écrou arrière-gauche récalcitrant. L'Espagnol chute au treizième rang. Arrêt de Latifi.

 

34e: Stroll apparaît chez Racing Point et met les Pirelli jaunes (3.2s.). Le Canadien repart devant Grosjean et Sainz.

 

35e: Bottas arrive aux stands pour s'emparer de pneus jaunes (2.3s.) et redémarre en troisième position, à huit secondes de Verstappen. Hamilton retrouve la première place. Arrêt pneus pour Russell

 

36e: Albon exécute son pit-stop et prend les pneus médiums (2.3s.). En fin de tour, Hamilton est en tête devant Verstappen (4.9s.), Bottas (12.1s.), Ricciardo (22s.), Pérez (25.2s.), Norris (31.3s.), Albon (39.4s.), Kvyat (43s.), Giovinazzi (44.4s.), Stroll (45s.), Räikkönen (45.6s.) et Sainz (46s.).

 

37e: Kvyat chausse les pneus médiums. Stroll se défait de Giovinazzi et Sainz dépasse Räikkönen.

 

38e: Ricciardo passe chez Renault afin de mettre les gommes tendres (2.8s.). L'Australien repart entre Albon et Stroll. Sainz dépasse Giovinazzi. Changement de pneus pour Grosjean.

 

39e: Pérez stoppe chez Racing Point et s'empare d'enveloppes jaunes (3.7s.). Le Mexicain reprend la piste un souffle devant Sainz. Ce dernier utilise son DRS pour le dépasser dans la descente vers Schlossgold. Mais Pérez réplique: il fait l'extérieur à son adversaire dans la courbe suivante et reprend ainsi l'ascendant.

 

40e: Norris chausse les pneus médiums et recule au dixième rang. Giovinazzi observe un second changement de gommes.

 

41e: Hamilton précède Verstappen (5s.), Bottas (12s.), Albon (41.5s.), Ricciardo (45.6s.), Stroll (47.5s.), Pérez (49s.), Sainz (50.7s.), Räikkönen (54.1s.), Norris (59.8s.), Gasly (-1t.) et Kvyat (-1t.).

 

43e: Hamilton conduit à sa main. Bottas est plus rapide que Verstappen et lui reprend quelques dixièmes par tour.

 

45e: Pérez fait l'extérieur à son équipier Stroll à Schlossgold. Le Québécois résiste et les deux monoplaces roses franchissent les deux virages suivants roue contre roue. Placé à l'intérieur, Pérez a finalement l'avantage. Räikkönen effectue enfin son changement de pneus. Kvyat déborde son collègue Gasly.

 

47e: L'intervalle est stable entre Hamilton et Verstappen. Bottas est revenu à sept secondes du Néerlandais. Giovinazzi dépasse Gasly, toujours mécontent du comportement de sa monoplace.

 

48e: Pérez dépasse Ricciardo dans la descente entre Remus et Schlossgold. La Renault semble peu performante avec les pneus tendres. Loin de là, une rude passe d'armes oppose Räikkönen à Magnussen. Le Finlandais l'emporte sur le Danois.

 

49e: Ricciardo se retrouve sous la menace de Stroll. Räikkönen a dépassé Gasly qui changera de pneus au tour suivant.

 

51e: Hamilton devance Verstappen (5.4s.), Bottas (14.1s.), Albon (44.4s.), Pérez (48s.), Ricciardo (51s.), Stroll (51.5s.), Sainz (56s.), Norris (1m.) et Kvyat (-1t.).

 

53e: Bottas ne remonte plus sur Verstappen. Pérez est pour l'heure le pilote le plus rapide et réduit son retard sur Albon. Stroll pourchasse Ricciardo.

 

55e: Bottas repart à l'attaque et revient à six secondes de Verstappen. Pérez évolue désormais dans les roues d'Albon.

 

56e: Hamilton est premier devant Verstappen (7s.), Bottas (13s.), Albon (48s.), Pérez (48.5s.), Ricciardo (56.5s.), Stroll (57s.), Sainz (1m.), Norris (1m. 02s.), Kvyat (-1t.), Giovinazzi (-1t.) et Räikkönen (-1t.),

 

58e: Bottas a encore repris une seconde à Verstappen dont l'aileron avant est légèrement abîmé: un flap pendouille à l'avant-droit.

 

60e: Hamilton compte huit secondes d'avance sur Verstappen, douze secondes sur Bottas. Neuvième, Sainz se débat avec des pneus endommagés et voit Norris grossir dans ses rétroviseurs.

 

61e: Sainz laisse filer son équipier Norris qui prend en chasse le duo Ricciardo – Stroll.

 

62e: Trois secondes séparent dorénavant Verstappen de Bottas. Pérez roule à une seconde d'Albon et améliore le record du tour (1'07''396''').

 

64e: Hamilton précède Verstappen (9.8s.), Bottas (11.6s.), Albon (46s.), Pérez (46.7s.), Ricciardo (58s.), Stroll (58.5s.), Norris (1m. 02s.), Sainz (1m. 04s.) et Kvyat (-1t.).

 

65e: Bottas apparaît dans le sillage de Verstappen qui se plaint de sous-virage. Norris s'empare du meilleur tour (1'07''286'''').

 

66e: Bottas prend l'aspiration de Verstappen dans la grande côte. Il se porte à sa hauteur au freinage de Remus mais, placé à l'extérieur, ne peut passer. Le Scandinave actionne ensuite son DRS dans la déclivité et prend l'ascendant. Verstappen n'abdique pas: il entre dans Schlossgold par l'extérieur, quitte à escalader le trottoir et revient à la hauteur de Bottas. Idéalement placé à l'intérieur, il repasse devant Bottas à Rauch.

 

67e: Bottas reprend son offensive: aidé par son aileron arrière mobile, il dépasse Verstappen entre les virages n°3 et 4 et cette fois lui barre le couloir de gauche, l'empêchant ainsi de rééditer sa contre-offensive du tour précédent. Les deux Mercedes sont en tête. Sainz passe chez McLaren pour prendre des pneus tendres. Il ne perd aucune position et part ainsi à la conquête du meilleur chrono.

 

68e: Sainz s'empare du meilleur temps définitif (1'05''619''') et du point correspondant.

 

69e: Hamilton possède quatorze secondes d'avance sur Bottas. Verstappen s'arrête chez Red Bull pour prendre un jeu de pneus tendres, dans l'espoir d'améliorer le record du tour. Il demeure troisième, mais hélas repart dans le trafic et ne pourra donc pas battre le temps de Sainz. Pérez harcèle Albon pour la quatrième place pendant que Norris rejoint le duo Ricciardo – Stroll. Les derniers tours seront explosifs.

 

70e: Pérez se laisse aspirer par Albon dans la descente vers Schlossgold et se jette à l'intérieur au freinage. Il est déporté vers la gauche et endommage son aileron avant contre le pneu arrière-droit du Thaïlandais. Par chance, tous deux peuvent continuer. Plus loin, Stroll assaille Ricciardo: il freine très tard au sommet de Remus et se glisse à l'intérieur. Le Canadien, trop hardi, est projeté vers le dégagement et emmène avec lui l'Australien... mais il passe. Ricciardo revient en piste à la hauteur de Norris. Le jeune Anglais, plus rapide, double la Renault puis tente de faire l'extérieur à Stroll qui le pousse vers le vibreur.

 

71ème et dernier tour: Norris tente de faire l'extérieur à Stroll au virage n°3, sans succès. Mais il actionne ensuite son DRS dans la grande descente et se défait sans mal de la Racing Point. Puis, il rejoint l'autre monoplace rose, celle de Pérez qui tente de rallier l'arrivée avec un train avant ouvert. Norris dépasse le Mexicain dans le dernier virage.

 

Lewis Hamilton remporte son 85ème Grand Prix de Formule 1. Bottas, second, assure le premier doublé Mercedes en 2020. Verstappen se classe troisième devant son équipier Albon. Norris finit cinquième après une fin de course palpitante. Pérez sauve in extremis sa sixième place devant Stroll et Ricciardo qui ont tenté en vain de le doubler sur la ligne. Sainz termine neuvième et inscrit trois points grâce à son meilleur tour. La dixième place revient à Kvyat. Suivent Räikkönen, Magnussen, Grosjean, Giovinazzi, Gasly, Russell et Latifi.

 

Après la course: le Black Power de Lewis Hamilton

Nouvelle innovation lors de la cérémonie du podium: les trophées sont présentés aux pilotes... par des robots ! De curieuses boîtes rectangulaires et télécommandées roulent jusqu'à l'heureux récipiendaire pour lui offrir sa récompense. « C'est vraiment bizarre, j'aurais encore préféré qu'on me lance la coupe ! » commente Lewis Hamilton, un peu désappointé.

 

Après un premier Grand Prix quelque peu erratique, Lewis Hamilton a remis les choses au point lors de ce GP d'Autriche bis qu'il a dominé d'un bout à l'autre. « J'avais besoin de rebondir », admet le champion en titre. « Cette fois, j'ai réussi à être pleinement concentré tout au long du week-end. La semaine dernière, je l'étais aussi, mais différemment. Il me manquait ces petits pourcentages qui font la différence. J'ai eu quelques petites sautes de concentration. Il était important que je recharge les batteries pour mieux repartir de l'avant. » Un tour de qualification d'anthologie sous la pluie puis une course tranquille au commandement ont rappelé à ses adversaires, et en premier lieu à son équipier Valtteri Bottas, qu'il était bien le « patron ». Hamilton n'oublie pas pour autant la politique, puisque, lors de la cérémonie du podium, il dresse un poing vengeur après les hymnes, une réédition du fameux geste des athlètes Tommie Smith et John Carlos lors des Jeux Olympiques de Mexico 1968. Hamilton poursuit ainsi sa propagande en faveur du mouvement « Black Lives Matter », avec la discrète complicité de journalistes ayant abandonné tout sens critique. « Il faut que l'égalité devienne la règle », proclame le nouveau révolutionnaire. « Nous, les pilotes, de par la puissance de nos voix et les plates-formes que nous pouvons activer, avons un rôle à jouer. Je compte bien continuer. »

 

Forts de leurs deux succès à Zeltweg en 2018 et 2019, Max Verstappen et Red Bull comptaient commencer la saison en fanfare en remportant ces deux courses autrichiennes. Las, la RB16 a souffert lors de la première manche d'un manque de fiabilité, puis s'est révélée nettement moins véloce que la Mercedes. Verstappen qualifie ainsi de « désespérée » sa résistance opiniâtre face à Valtteri Bottas en fin d'épreuve. « Nous étions simplement trop lents, nous sommes loin de pouvoir rivaliser avec Mercedes », commente-t-il, amer. Helmut Marko pense que la puissance du moteur allemand a fait la différence, mais espère que la paire Red Bull – Honda pourra rebondir huit jours plus tard, en Hongrie: « Nous avons perdu beaucoup de temps en lige droite, car le groupe propulseur Mercedes est plus puissant que le nôtre. Mais, sur le Hungaroring, il n'y a qu'une seule longue ligne droite, et le reste n'est que virages. Cela en fait un meilleur circuit pour nous. La température jouera aussi en notre faveur. » Les responsables de RBR s'inquiètent aussi du rythme d'Alexander Albon, très décevant tout au long de ce week-end, au point d'avoir été menacé par la Racing Point de Sergio Pérez.

 

Il n'aura fallu que trois virages pour mettre un terme au noir week-end de la Scuderia Ferrari. Reléguées en milieu de peloton, les instables et poussives SF-1000 ne pouvaient guère espérer mieux que quelques points. Charles Leclerc a ruiné ces maigres ambitions en harponnant Sebastian Vettel après quelques mètres. « J'ai fait le c** », reconnaît-il piteusement. « Pour une fois, je ne serai pas celui qu'on blâme », lâche Vettel avec ironie. Mattia Binotto ne perd pas de temps à enguirlander ses pilotes, car lui-même se trouve sur la sellette. Il ne fait désormais plus aucun doute que, prise la main dans le sac à malices par la FIA, la Scuderia a remisé les « cylindres magiques » qui lui donnaient jadis l'ascendant sur ses rivales. Le groupe propulseur de 2020 fait penser à un moulin à café. En outre, le châssis est raté: si la SF-90 manquait d'appui aérodynamique, la SF-1000 en a trop ! Beaucoup trop, semble-t-il, car elle est encore plus inconduisible que sa devancière. « Tout ce que Ferrari peut faire maintenant en 2020, c'est préparer 2021 », commente sagement David Coulthard.

 

Renault contre la « Mercedes rose »

Dimanche soir, Renault dépose une réclamation contre Racing Point dont les RP02 sont jugées trop similaires aux Mercedes W10 de la saison passée. Voilà six mois que les monoplaces roses sont accusées de violer le règlement sportif concernant la propriété intellectuelle des pièces fabriquées. Si certains composants d'une Formule 1 peuvent être échangés entre les équipes, comme les moteurs, les boîtes de vitesses ou les suspensions, d'autres, définis par l'Annexe 6 du règlement sportif, doivent être obligatoirement manufacturés par le constructeur. C'est notamment le cas depuis cette année des écopes de frein. Or, selon Renault, celles de la Racing Point RP20 ont été dessinées par Mercedes. « Les écopes de frein sont des pièces listées, car c'est un composant qui fait la différence sur le plan de la performance et qui est sensible sur le plan aérodynamique », explique Marcin Budkowski, le directeur exécutif du Renault F1 Team. « Elles influent aussi grandement sur le contrôle de la température des pneus, et nous savons qu'il s'agit d'un facteur de performance déterminant. Nous pensons que ces géométries utilisées sur la Racing Point sont en fait le design exact de la Mercedes de l'an dernier. D'ailleurs, nous voulions déposer plainte dès le GP d'Australie, en mars dernier. »

 

La démarche de Renault est soutenue est sous-main par plusieurs écuries, comme McLaren ou Red Bull. La fédération juge cette réclamation recevable et une enquête est donc diligentée. Racing Point devra prouver que ses écopes sont bien une création originale. Budkowski reconnaît néanmoins que si selon lui la similitude des géométries externes est évidente, il ignore ce qu'il en est concernant les géométries internes: « On peut copier la géométrie externe à partir de photos, mais il est difficile de copier la géométrie interne. Nous ne savons pas, ce sera à la FIA de déterminer les similitudes. » Le directeur de Renault affirme par ailleurs que d'autres éléments de la RP20 sont probablement copiés sur la Mercedes W10 et espère que la fédération poussera son investigation aussi loin. Du côté des accusés, on affiche une relative sérénité: « Nous sommes extrêmement déçus de voir nos résultats au GP de Styrie remis en question par ce que nous considérons comme une réclamation mal conçue et mal informée », proclame l'écurie de Silverstone. Au-delà du procès de la « Mercedes rose », le débat porte évidemment sur l'avenir de la Formule 1: celle-ci sera-t-elle toujours une compétition entre une dizaine de constructeurs indépendants, ou verra-t-on une poignée de grosses structures vendre ou donner des monoplaces « clés en main » à des équipes-sœurs qui formeront une « deuxième division » ?

Tony