Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Daniel RICCIARDO
 D.RICCIARDO
Renault

1029th Grand Prix

I Großer Preis der Eifel
Cloudy
Nürburgring
Sunday, 11 October 2020
60 laps x 5.148 km - 308.617 km
(Offset: 263 m)
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F1
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Honda quitte (encore) la Formule 1

 

Retour sur le Ring

Pour la première fois depuis 2013, le Nürburgring fait son retour au calendrier sous la nouvelle dénomination de Grand Prix de l'Eifel, à ne pas confondre avec l'Eifelrennen, une très ancienne épreuve organisée sur ce tracé depuis 1927 pour les voitures de tourisme, mais aussi pour la Formule 2 dans les années 60-70. Liberty Media avait débord escompté organiser un Grand Prix d'Allemagne à Hockenheim, mais les dirigeants de ce circuit ont dû jeter l'éponge, faute d'appui financier du Land de Bade-Wurtemberg. Le Nürburgring, situé en Rhénanie-Palatinat, a pu quant à lui débloquer les fonds pour attirer de nouveau la F1, grâce à des facilités financières accordées par Liberty Media. Mirco Markfort, le directeur du légendaire circuit, espère par ailleurs que celui-ci sera au programme des prochaines saisons afin que l'Allemagne bénéficie enfin d'une escale régulière au championnat du monde. Il s'agit tout de même de la patrie de Mercedes et de Sebastian Vettel...

 

Le Nürburgring ouvre ses portes à 20 000 spectateurs en dépit du modeste rebond épidémique qui touche actuellement l'Europe occidentale. Bien entendu, M. Markfort et son équipe ont dû pour cela instaurer un protocole sanitaire draconien. Les spectateurs sont ainsi munis de billets « dématérialisés » (sur ordiphone) et se répartissent dans les tribunes par segments individuels. Chaque rangée de gradins dispose de son propre parking afin que les spectateurs se croisent le moins souvent possible. Et bien entendu, comme au Mugello et à Sotchi, interdiction formelle de pénétrer dans le paddock, exclusivement réservé au personnel des écuries, aux officiels, ainsi qu'à de rares journalistes et photographes. Ce grand moment de convivialité n'est pas une réussite car tous les billets ne sont pas vendus. Peur du coronavirus ? De la météo capricieuse ? Simple désintérêt ? La Formule 1 ne fait décidément plus recette en Allemagne...

 

Présentation de l'épreuve

Le 9 octobre, le Conseil mondial de la FIA se réunit à Genève afin d'entériner l'interdiction de la rétro-ingénierie, c'est-à-dire de la méthode employée l'hiver dernier par Racing Point pour copier plusieurs éléments de la Mercedes W10, et notamment ses écopes de frein, pourtant « pièces listées », c'est-à-dire ne pouvant faire l'objet de transfert d'une équipe à une autre. Cette réforme satisfait Renault, Ferrari, McLaren et Williams, soit les quatre constructeurs qui avaient porté plainte contre Racing Point pour cette forme de plagiat. Concrètement, le règlement technique stipule que dorénavant les « pièces listées » ne pourront plus être développées à partir de sources provenant directement d'autres concurrents. Rappelons que c'est Mercedes qui avait transmis les plans de ses écopes de frein à Racing Point. D'autre part, tous les procédés capables de copier les surfaces aérodynamiques d'une monoplace, comme les caméras à scanner 3D, sont désormais bannis. Reste à voir comment les ingénieurs madrés réussiront à contourner ces restrictions...

 

Le même Conseil mondial a d'autre part validé les nouveaux Accords Concorde signés au mois d'août, non sans inquiétude car le retrait annoncé de Honda à l'issue de la saison 2021 remet en cause l'efficacité des réformes financières (budgets plafonnés etc.) sur lesquelles repose ce nouveau deal. Enfin, la FIA met sur pied un « panel d'experts médicaux » qui sera chargé de la conseiller sur les mesures à adopter face à la crise de la Covid-19. La présidence de cet organisme échoit au professeur parisien Éric Caumes, abonné des plateaux télévisés et accessoirement chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière.

 

Le microcosme de la F1 connaît une petite recrudescence de cas de Covid-19, ce qui impose l'isolement des personnes infectées et trouble quelque peu le travail des teams concernés. Mercedes doit ainsi écarter du Nürburgring six ingénieurs et mécaniciens, deux testés positifs et quatre « cas contacts ». Rappelons que le protocole sanitaire mis en place par la FIA est un des plus contraignants du monde: les membres des écuries doivent se faire tester avant chaque Grand Prix, puis ensuite tous les cinq jours. Si un de ces tests s'avère positif, toute l'équipe doit tâter de nouveau des écouvillons, et ainsi de suite jusqu'à ce que tout doute soit levé...

 

Depuis le Grand Prix de Russie, Lance Stroll se sent quelque peu indisposé et se plie en conséquence à quelques « tests Covid » qui, tous, s'avèrent négatifs. Incroyable: il existerait encore d'autres maladies que le fameux coronavirus ! Le jeune Canadien souffrirait en fait d'une forme de grippe intestinale et passe sa journée du vendredi aux W.C. Samedi matin, il déclare forfait pour l'ensemble du week-end. Son remplaçant attitré devait être Stoffel Vandoorne, mais Racing Point préfère faire appel à Nico Hülkenberg, qui se trouvait déjà sur place afin de commenter le Grand Prix pour la télévision allemande. Celui-ci connaît du reste déjà la RP.20 puisqu'il a remplacé Sergio Pérez à l'occasion des deux manches de Silverstone. Hülkenberg a ainsi la joie de piloter « à domicile », même s'il n'aura que la session qualificative pour se réadapter à la monoplace rose. À noter que l'Allemand aurait pu tout aussi bien conduire une Red Bull car il fut aussi contacté vendredi soir pour suppléer Alex Albon, suspecté d'une contamination à la Covid-19. Un test négatif permet finalement au Thaïlandais de participer à la suite du week-end.

 

Ferrari a décidé de tester les jeunes poulains de son « académie » afin de préparer leurs éventuelles futures titularisations. Le 30 septembre, le Russe Robert Shwartzman, l'Anglais Callum Ilott et l'Allemand Mick Schumacher ont ainsi effectué quelques tours au volant d'une Ferrari SF-71H de 2018 sur le circuit de Fiorano. Les trois hommes vont d'autre part rouler lors des prochaines séances libres du vendredi. Si Shwartzman devra patienter jusqu'au GP d'Abou Dhabi, Ilott et Schumacher II doivent être à pied d'œuvre dès le GP de l'Eifel, le premier dans la Haas de Romain Grosjean, le second dans l'Alfa Romeo d'Antonio Giovinazzi, deux pilotes qu'ils ont de grandes chances de remplacer en Grand Prix l'année prochaine.

 

Toutefois, les deux jeunes gens ne sont pas traités à la même enseigne par les journalistes. Ilott est bien sûr éclipsé par Schumacher Junior, qui serait harcelé par les journalistes si ceux-ci n'étaient pas tenus à distance par le coronavirus. Le fils du septuple champion du monde, actuel leader du championnat de Formule 2, semble maintenant avoir toutes les cartes en main pour débarquer dans la discipline reine et a en outre le grand bonheur de pouvoir effectuer sa première apparition à domicile, au Nürburgring. Apparition est le mot juste puisqu'en raison des conditions météorologiques déplorables du vendredi, il ne roulera finalement pas, tout comme Ilott...

 

Sur le plan technique, Red Bull apporte ici une évolution conséquente à sa RB16, avec des solutions inspirées par Mercedes, comme par exemple une suspension arrière redessinée au niveau de l'attache des bras au porte-moyeu. L'équilibre général de l'ensemble s'en trouve amélioré, avec moins de survirage, mal récurrent de la RB16. Par ailleurs, Ferrari et McLaren parent leurs monoplaces de nouveaux déflecteurs latéraux qui annoncent les bolides de 2021.

 

Essais et qualifications

Les prévisionnistes annonçaient un temps quasi hivernal sur le « Ring » et ne se sont pas trompés. Vendredi matin, le circuit est noyé sous les averses puis enveloppé d'un épais brouillard. L'hélicoptère médical ne peut pas décoller et en toute logique la première séance d'essais libres est de fait annulée (elle a officiellement lieu mais les pilotes ne sont pas autorisés à démarrer...). L'après-midi, rebelote: la brume ne s'est pas dissipée et de nouveau les concurrents restent au garage. Ils perdent ainsi une journée complète d'essais. Par bonheur samedi matin, l'unique séance libre se déroule sous un ciel radieux. Les pilotes profitent de cette petite heure pour se refamiliariser avec cette piste et dénicher les meilleurs réglages possibles. Les Mercedes sont aux avant-postes, Bottas devant Hamilton. Ce dernier connaît une session mouvementée, avec plusieurs travers dus semble-t-il à une défaillance du DAS « dual axis system » qui singularise sa W11.

 

L'après-midi, les qualifications se déroulent par temps sec et froid. Bottas s'empare aussi de la pole position, et cette fois-ci avec une nette avance sur Hamilton qui se plaint de survirage (1'25''269''' contre 1'25''525'''). Les Mercedes verrouillent une fois encore la première ligne. Verstappen se classe troisième au volant de la Red Bull-Honda et ne concède que trois dixièmes à Bottas. De façon générale, les écarts se resserrent par rapport aux précédentes épreuves. Albon (5ème) rend à son équipier sa traditionnelle demi-seconde mais se qualifie cette fois décemment, qui plus est du côté propre de la piste. Leclerc fait sensation en hissant sa Ferrari au quatrième rang. Les évolutions apportées à la SF-1000 paraissent porter leurs fruits. Vettel (11ème) est en revanche plus lent car il utilise plus d'appui, dans l'espoir de mieux préserver ses gommes en course. Pour fois, Renault ne manque sa séance qualificative: Ricciardo (6ème) et Ocon (7ème) peuvent viser un excellent résultat. Douloureuse surprise chez McLaren: Norris (8ème), doté de la MCL35 version « A » est plus rapide que Sainz (10ème) roulant avec la configuration « B » apparue depuis quelques courses.

 

Pérez (9ème) est victime d'une erreur stratégique de Racing Point: il doit utiliser un train de pneus tendres en Q1 qui lui fait défaut en Q3. Sans surprise, son équipier improvisé Hülkenberg ne peut faire mieux que le vingtième et dernier temps, faute de roulage. Les AlphaTauri-Honda (Gasly 12ème, Kvyat 13ème) manquent ici de vitesse, mais sont souvent plus rapides en course qu'aux essais. Chez Alfa Romeo, Giovinazzi (14ème) atteint la Q2 pour la première fois de la saison tandis que Räikkönen (19ème) déplore la faible vitesse de pointe offerte par le V6 Ferrari. Magnussen (15ème) permet à Haas de franchir la première étape des qualifications, un souffle devant Grosjean (16ème). Enfin, les Williams-Mercedes de Russell (17ème) et Latifi (18ème) font bonne figure, insuffisamment néanmoins pour parvenir en Q2.

 

Le Grand Prix

Dimanche 11 octobre, le soleil fend les nuages au-dessus de l'Eifel mais tout risque d'averse n'est pas écarté. En outre, sévit un froid hivernal (9°C dans l'atmosphère, 18 °C au sol !) tout à fait inusité pour un Grand Prix de F1. Par conséquent, les pneus chaufferont difficilement et l'adhérence sera précaire. Tous les coureurs s'élancent en pneus tendres, exceptés Vettel, Gasly, Kvyat et Grosjean, munis de gommes médiums. Les écuries tablent sur une épreuve à un ou deux arrêts, selon les circonstances et l'usure des gommes.

 

Départ: Hamilton prend un meilleur envol que Bottas et se hisse à sa hauteur au freinage. Le Britannique semble s'imposer à l'intérieur, mais le Finlandais demeure à ses côtés, quitte à rouler sur la bordure en asphalte. Il aborde ainsi idéalement le second tournant et garde le commandement. Suivent Verstappen, Leclerc, Ricciardo et Albon.

 

1er tour: Albon se frotte à Ricciardo dans la courbe Valvoline, sans conséquence pour les deux hommes. Bottas devance Hamilton, Verstappen, Leclerc, Ricciardo, Albon, Norris, Pérez, Ocon et Sainz.

 

2e: Bottas possède une seconde et demie d'avance sur son coéquipier. Verstappen évolue à deux secondes et demie.

 

3e: Riccardo pourchasse Leclerc qui peine à faire chauffer ses pneus. Norris contient pour sa part un groupe comprenant Pérez, Ocon et Sainz.

 

4e: Grosjean se plaint d'avoir reçu un caillou projeté par Räikkönen sur son index gauche. Il doit donc sélectionner les rapports avec le majeur...

 

5e: Bottas précède Hamilton (1.7s.), Verstappen (3.3s.), Leclerc (12.3s.), Ricciardo (12.5s.), Albon (13.8s.), Norris (15.2s.), Pérez (16s.), Ocon (17.2s.), Sainz (18.2s.), Giovinazzi (20.2s.) et Vettel (20.7s.).

 

7e: L'intervalle n'évolue pas entre les pilotes Mercedes. Verstappen demeure sur leurs traces. Albon passe chez Red Bull pour changer ses gommes, endommagées suite à son contact du premier tour. Il chausse des pneus médiums.

 

8e: Hamilton est le plus rapide en piste (1'31''822''') mais ne parvient pas à menacer Bottas, ni à semer Verstappen. Ricciardo tente de faire l'extérieur à Leclerc à Haug-Haken, en vain, mais il change de trajectoire pour aborder le second tournant, toujours par l'extérieur. Grâce à l'excellente traction de la Renault, il prend enfin l'ascendant sur la Ferrari.

 

10e: Les pneus des McLaren se couvrent de bulles, ce qui génère du sous-virage. À la peine, Norris repousse néanmoins un assaut de Pérez entre le premier et second virage. Leclerc fait halte chez Ferrari pour mettre les pneus jaunes. Räikkönen change aussi d'enveloppes.

 

11e: Lancé aux trousses de Giovinazzi, Vettel part en tête-à-queue au premier freinage. Il parvient à rester sur une portion en asphalte et revient en piste après avoir perdu quatre places.

 

12e: Bottas est premier devant Hamilton (1s.), Verstappen (3.1s.), Ricciardo (23s.), Norris (27s.), Pérez (28.3s.), Ocon (30s.), Sainz (31.3s.), Giovinazzi (37s.) et Gasly (40s.). Vettel passe chez Ferrari et se saisit de pneus durs. Arrêt aussi pour Russell.

 

13e: Bottas bloque sa roue avant-droite au virage n°1 et part au large. Hamilton revient sur son coéquipier et se porte à sa hauteur entre les deux premiers tournants. Bottas donne un petit coup de roue, mais son équipier se faufile à l'extérieur et s'empare de la première place à la sortie du second virage. Verstappen profite lui aussi de cet incident et fond sur Bottas. Räikkönen attaque Russell par l'intérieur au premier virage, mais il sous-vire et harponne la roue arrière-droite de la Williams qui se soulève, puis part en tête-à-queue.

 

14e: Bottas a fusillé ses gommes dans sa récente mésaventure et fait halte aux stands pour les remplacer. Il prend les Pirelli médiums et redémarre derrière Ricciardo. Russell a repris sa route mais sa suspension arrière-droite est touchée. Il gare sa Williams dans la descente vers la courbe Dunlop.

 

15e: Hamilton devance Verstappen de quatre secondes. Le Hollandais a lui aussi manqué son freinage à Haug-Haken. Bottas est sur les talons de Ricciardo et le dépasse à la chicane. Changements de pneus pour Giovinazzi, Magnussen et Latifi.

 

16e: Michael Masi déclenche la procédure de « voiture de sécurité virtuelle » pour permettre le dégagement de la voiture de Russell. Hamilton pénètre aussitôt dans la pit-lane et s'empare de pneus médiums. Verstappen fait de même dans la foulée. Quelques secondes plus tard, le drapeau vert est brandi. Albon tente de doubler Kvyat à la chicane Veedol. Le Russe freine trop tard, franchit le terre-plein gazonné et revient en piste. Albon saisit cette opportunité pour le contourner, mais il se rabat trop tôt et endommage l'aileron de l'AlphaTauri ! Kvyat perd cet élément en abordant la ligne droite principale.

 

17e: Hamilton est toujours leader, deux secondes devant Verstappen, treize secondes devant Bottas. Ricciardo fait escale chez Renault et prend des gommes jaunes. En fin de tour, Bottas est victime d'une perte de puissance. Il laisse passer Norris et Pérez.

 

18e: Après un tour complété à faible allure, Kvyat atteint son stand pour faire réparer sa calandre et chausser des pneus neufs.

 

19e: Bottas regagne les stands pour renoncer: une panne irrémédiable frappe le MGU-H de son groupe propulseur. C'est le premier abandon d'une Mercedes en 2020. Leclerc pourchasse Hülkenberg pour la dixième place et le dépassera au passage suivant.

 

20e: Hamilton devance Verstappen (2.3s.), Norris (23.4s.), Pérez (24.6s.), Ocon (30.2s.), Sainz (32s.), Ricciardo (39.1s.), Gasly (41.5s.), Albon (42.1s.), Leclerc (47s.), Hülkenberg (48s.) et Grosjean (51s.).

 

21e: Räikkönen reçoit une pénalité de dix secondes pour avoir percuté Russell et causé son abandon.

 

22e: Albon assaille Gasly au premier virage mais freine trop tard et forme ainsi un nouveau méplat sur ses pneus.

 

23e: Trois secondes et demie séparent Hamilton et Verstappen. Ocon regagne son garage au petit trot et doit mettre pied à terre. Le système hydraulique de sa Renault s'est déréglé.

 

24e: Albon écope d'une pénalité de cinq secondes pour sa touchette avec Kvyat. Mais au même instant, le Thaïlandais est rappelé à son stand pour abandonner: des débris de l'AlphaTauri ont percé un radiateur de sa Red Bull, ce qui a généré une surchauffe.

 

26e: Hamilton est en tête devant Verstappen (4s.), Norris (38s.), Pérez (40.6s.), Sainz (48.7s.), Ricciardo (51.4s.), Gasly (1m.), Leclerc (1m. 02s.), Hülkenberg (1m. 06s.), Grosjean (1m. 10s.), Giovinazzi (1m. 15s.) et Vettel (1m. 16s.).

 

27e: Norris s'inquiète de pertes de puissance intermittentes mais parvient à contenir Pérez.

 

28e: Leclerc dépasse Gasly au premier freinage. Pérez et Sainz passent aux stands pour s'emparer de pneus médiums. Grosjean choisit pour sa part des pneus durs.

 

29e: Norris rejoint le stand McLaren en se plaignant toujours de son moteur. Selon la télémétrie, le problème se situe au niveau de l'allumage. Néanmoins il se contente de remplacer ses pneus et repart juste devant Pérez. Changement d'enveloppes aussi pour Hülkenberg.

 

30e: À mi-course, Hamilton possède six secondes d'avantage sur Verstappen. Ricciardo retrouve la troisième position. Pérez dépasse Norris à la chicane Veedol et s'empare ainsi de la cinquième place.

 

31e: Pérez revient à vive allure sur Leclerc dont les pneus s'altèrent trop vite. Gasly fait escale aux stands pour prendre les gommes rouges.

 

32e: Hamilton devance Verstappen (5.6s.), Ricciardo (1m.), Leclerc (1m. 13s.), Pérez (1m. 15s.), Norris (1m. 17s.), Sainz (1m. 20s.), Giovinazzi (1m. 27s.), Vettel (1m. 28s.) et Räikkönen (1m. 30s.).

 

33e: Pérez déborde Leclerc à la réaccélération après la chicane Veedol. Sainz double son équipier Norris. Second arrêt de Latifi.

 

34e: Leclerc profite de l'aileron arrière mobile pour repasser devant Pérez au passage de la ligne. Mais plus loin, à la chicane, le Mexicain s'impose définitivement au Monégasque. Le drapeau noir et blanc est adressé à Grosjean qui a roulé hors des limites du tracé.

 

35e: Sept secondes séparent Hamilton et Verstappen. Leclerc effectue son second arrêt, prend les gommes jaunes et retrouve le circuit en dixième position, un souffle devant Gasly. Deuxième pit-stop de Magnussen.

 

36e: Giovinazzi change pour la seconde fois d'enveloppes et redémarre en treizième position.

 

38e: Hamilton précède Verstappen (8s.), Ricciardo (1m. 06s.), Pérez (1m. 20s.), Sainz (1m. 23s.), Norris (1m. 28s.) et Vettel (-1t.). Leclerc s'empare de la huitième place aux dépens de Räikkönen dont les enveloppes sont endommagées. Gasly et Hülkenberg doubleront ensuite le Finlandais lors des deux tours suivants.

 

39e: Hamilton déplore du graining sur ses pneus avant. Leclerc double son équipier Vettel au premier virage.

 

40e: Gasly déborde Vettel par l'extérieur dans la Mercedes Arena.

 

41e: Hülkenberg dépasse à son tour Vettel. Ce dernier rejoint ensuite son stand pour troquer ses pneus durs contre des tendres.

 

42e: Hamilton est premier devant Verstappen (10s.), Ricciardo (1m. 10s.), Pérez (1m. 21s.), Sainz (1m. 27s.), Norris (-1t.), Leclerc (-1t.), Gasly (-1t.), Hülkenberg (-1t.), Räikkönen (-1t.) et Grosjean (-1t.).

 

43e: Pérez remonte peu à peu sur Ricciardo. La troisième marche du podium se jouera entre ces deux pilotes, qui n'y sont plus montés depuis deux ans. Norris se gare avec un moteur fumant dans l'échappatoire de la courbe Ford.

 

45e: La voiture de sécurité intervient afin que les commissaires retirent la McLaren abandonnée. Ricciardo pénètre aussitôt aux stands pour mettre des pneus tendres, alors que Pérez reste en piste. Sainz change également d'enveloppes.

 

46e: Hamilton et Verstappen passent aux stands et prennent des pneus tendres sans incident. Gasly et Hülkenberg font aussi une halte à leurs boxes, de même que Räikkönen qui subit en sus sa pénalité.

 

47e: Le peloton se range derrière Bernd Mayländer. Pérez s'arrête chez Racing Point pour mettre de la gomme tendre et ressort derechef derrière Ricciardo.

 

48e: Les pilotes attardés ont pu se dédoubler. Derrière la Safety Car, Hamilton devance Verstappen, Ricciardo, Pérez, Sainz, Leclerc, Grosjean, Gasly, Hülkenberg, Giovinazzi, Magnussen, Latifi, Vettel, Räikkönen et Kvyat.

 

49e: La voiture de sécurité se retire. Hamilton ralentit la meute au pied de la côte menant à la petite chicane, puis met les gaz et se prémunit ainsi de tout assaut de Verstappen.

 

50e: Le drapeau vert est agité. Ricciardo prend l'aspiration de Verstappen au passage devant les stands et tente de faire l'extérieur à son ancien équipier, sans succès. Pérez menace ensuite l'Australien dans la Mercedes Arena. Gasly et Hülkenberg dépassent Grosjean.

 

51e: Hamilton s'enfuit devant Verstappen. Grâce à ses pneus neufs, Gasly dépasse Leclerc à Haug-Haken et se hisse au sixième rang.

 

52e: Hamilton s'empare du meilleur tour (1'28''335'''). Leclerc résiste désormais à Hülkenberg qui, comme Gasly, a eu la bonne idée de prendre des pneus tendres durant la neutralisation.

 

54e: Hamilton creuse l'écart sur Verstappen, repoussé à plus de trois secondes. Le pilote Mercedes a sa 91ème victoire en poche.

 

55e: Hamilton précède Verstappen (2.5s.), Ricciardo (9.6s.), Pérez (11.2s.), Sainz (14s.), Gasly (15.2s.), Leclerc (19.3s.), Hülkenberg (21.5s.), Grosjean (25.6s.) et Giovinazzi (27s.). Vettel dépasse Magnussen au deuxième virage après un contact roue contre roue. Räikkönen doublera ensuite le Danois à son tour.

 

57e: Pérez roule à une seconde et demie de Ricciardo et ne peut plus compter que sur un erreur de celui-ci pour hériter du podium. Dans le stand Renault, Cyril Abiteboul songe à son futur tatouage...

 

58e: Hamilton améliore le record du tour (1'28''145''') et jouit de trois secondes de marge sur Verstappen.

 

60ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte sa 91ème victoire en Formule 1. Verstappen termine second et s'empare de justesse du point du meilleur tour (1'28''139'''). Ricciardo finit troisième et donne à Renault son premier podium depuis neuf ans. Pérez termine quatrième, Sainz cinquième. Gasly obtient une belle sixième place pour AlphaTauri. Leclerc amène sa Ferrari en septième position. Parti dernier, Hülkenberg récolte les quatre points de la huitième position. Neuvième grâce à une stratégie à un arrêt, Grosjean inscrit ses premiers points en 2020. La dixième place revient à Giovinazzi. Viennent ensuite Vettel, Räikkönen, Magnussen, Latifi et Kvyat.

 

Après la course: Hamilton égale Schumacher

Ce quatre-vingt-onzième succès en Grand Prix permet à Lewis Hamilton de rejoindre Michael Schumacher au sommet du palmarès de la F1. Pour marquer cet événement, le jeune Mick Schumacher lui remet solennellement un des casques écarlates ayant appartenu à son glorieux père. Un instant d'autant plus émouvant si l'on songe à l'état de santé de ce dernier, probablement immobilisé à jamais dans sa villa des bords du lac Léman. « Personne n'imaginait, et moi encore moins, s'approcher un jour des records de Schumacher », raconte Hamilton. « Et puis Mick, un super gosse, bien élevé, est venu m'offrir ce casque au nom de toute sa famille. Je me semble humble et pleinement honoré. En fait, je possédais déjà un casque que Michael m'avait offert quand je l'ai remplacé chez Mercedes. Je crois que c'est le signe le plus fort qui puisse exister entre deux athlètes d'un même sport. C'est très émouvant. » Le sextuple champion du monde effectue par ailleurs un bref retour sur sa glorieuse carrière: « Je dois ces succès à Mercedes et à l'équipe McLaren qui, à un moment donné, a pris sous son aile un petit garçon noir de 13 ans. Quand je suis arrivé en F1 en 2007, le palmarès d'Ayrton Senna paraissait accessible. Mais Schumacher ! C'était tellement plus loin ! Je ne prends pas ce résultat d'aujourd'hui comme un soulagement, mais comme un accomplissement, grâce à des équipes qui ont fourni d'incroyables efforts pour me confier le meilleur matériel. »

 

Le grand vaincu de l'après-midi est Valtteri Bottas qui voit s'envoler ses (très) maigres chances de titre mondial. Le Scandinave semblait pourtant avoir fait le plus dur en décrochant la pole position puis en ne pliant pas devant son équipier au départ. Las, un freinage manqué, puis une casse moteur, ont eu raison de ses espoirs. « Je constate que l'écart de points (69) avec Lewis est vraiment grand » soupire-t-il. « Il faudrait vraiment un miracle pour que je devienne champion. Mais ça n'aurait pas de sens de laisser tomber. Je dois continuer à placer la barre haut et on verra bien. » Pour ne rien arranger, Bottas voit poindre à quatorze points un Max Verstappen une fois de plus impeccable et qui aimerait bien s'intercaler entre les deux pilotes Mercedes au classement final.

 

Après avoir fini trois fois quatrième en 2020, Daniel Ricciardo est enfin parvenu à escalader ce podium attendu par Renault depuis... le GP de Malaisie 2011 (avec Nick Heidfeld) ! Une superbe récompense pour l'équipe du Losange, prochainement rebaptisée Alpine, qui aura cependant dû attendre cinq saisons pour aligner un ensemble châssis - moteur décent. « C'est une immense satisfaction qui découle d'énormément de travail », déclare Cyril Abiteboul. « Ce podium n'est pas volé, cela faisait un moment qu'il était en vue. Cependant, la panne qui a frappé Ocon me tracasse. Cela me touche aux tripes. » Perfectionniste, le boss de Renault Sport sait que pour conquérir la troisième place du championnat des constructeurs, il lui faut placer régulièrement ses deux bolides à l'arrivée. Or Ocon a déjà connu trois pannes en course cette saison... Mais pour l'heure, Abiteboul se plie de bonne grâce au dénouement du pari conclu avec Ricciardo en début d'année: en cas de podium, il doit se voir apposer un tatouage. Il choisira le motif, mais Ricciardo imposera l'endroit... Le facétieux « Dan la banane », qui retrouve lui aussi le podium après une disette de deux ans et demi, peut se permettre d'être exigent, car il a vécu une course difficile, résistant à Sergio Pérez durant une bonne partie de l'après-midi. Sa solidité est saluée de tous, et ne fait que renforcer la déception de le voir partir chez McLaren en 2021...

 

Si Sergio Pérez a manqué le podium, sa quatrième place, couplée à l'excellente huitième position de l'intérimaire Nico Hülkenberg, permet à Racing Point-BWT (120 points) de chiper la troisième place du classement des écuries à McLaren (116 pts), également talonnée par Renault (114 pts). La bataille entre ces trois teams promet d'être intense jusqu'au final d'Abou Dhabi. Plus loin, Ferrari (80 pts) s'alarme. La Scuderia n'est même pas certaine de devancer AlphaTauri (67 pts), sa petite consœur italienne...

Tony