Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari

999th Grand Prix

XV Bahrain Grand Prix
Night
31 march 2019 - Sakhir
57 laps x 5.412 km - 308.238 km
(Offset: 246 m)
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F1
Coupe

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Après un départ raté, Charles Leclerc reprend la tête de la course.

Vers la F1 de 2021

Mardi 26 mars 2019, le Groupe stratégique et la Commission F1 de la FIA se réunissent à Londres sous l'égide de Jean Todt afin de présenter le « cadre définitif » du futur règlement technique devant entrer en vigueur en 2021. Rappelons au passage que ces réformes devaient initialement être entérinées au printemps 2018. C'est dire l'âpreté des discussions entre la fédération, Liberty Media et les constructeurs ! Pour l'heure, aucune mesure n'est annoncée officiellement, mais les principales idées avancées s'ébruitent dans la presse spécialisée. On sait ainsi qu'il est question d'augmenter le régime moteur et la consommation d'essence, d'adopter un aérodynamisme plus « moderne », permettant aux pilotes de se suivre plus facilement, de standardiser les boîtes de vitesses etc.

 

La Formule discute aussi des futurs Accords Concorde qui devront eux aussi entrer en vigueur en 2021. Mettre en place une redistribution plus équitable des revenus et ainsi réduire les inégalités entre petites et grandes équipes sont les chevaux de bataille de Liberty Media. Dans le cadre des accords commerciaux négociés jadis avec Bernie Ecclestone, certaines écuries touchent plus d'argent que d'autres en vertu de leur passé et de leur simple présence dans la discipline. Le cas emblématique est celui de Ferrari. En 2018, Chase Carey voulait revenir – au moins partiellement – sur ces privilèges, d'où l'ire de Sergio Marchionne qui menaçait de quitter la F1 si l'on y portait atteinte. La disparition du directeur général de Fiat et président de Ferrari a permis d'apaiser la situation. Les nouveaux dirigeants de Fiat et de Ferrari semblent plus ouverts aux négociations. Ross Brawn entend ainsi rouvrir ce dossier: « Il y a trop de disparité entre les trois ou quatre équipes de pointe et le reste de la grille. Vous avez un groupe d'écuries qui peuvent terminer dernières et tout de même gagner plus que l'équipe qui remporte le championnat du monde. Cela ne semble pas juste. Il faut reconnaître l'importance de Ferrari, son histoire et sa place unique dans la discipline. Mais nous devons également trouver un équilibre entre reconnaissance et équité. »

 

Le camp adverse, celui des structures lésées, ou s'estimant comme telles, met aussi la pression sur Liberty Media. Ainsi Zak Brown, le président de McLaren, reprend à son compte la menace d'un départ de la discipline. « La répartition des revenus devrait être plus équilibrée, davantage orientée vers la performance », précise l'Américain. « Nous sommes tous d'accord pour dire que Ferrari est le plus grand nom de ce sport et devrait être rémunéré pour cela, mais pas au niveau actuel. Il ne devrait pas non plus être possible de réinvestir cet argent dans la course. » Pour Brown, une meilleure répartition des revenus permettra aux petites et moyennes structures de combler leur retard technologique et sportif sur les « top teams ». « La F1 a connu des périodes de domination, mais une excellente F1, c'est quand plus personne ne domine », ajoute-t-il. « Une équipe doit pouvoir remporter deux titres de suite, mais pas cinq ou six. Pour McLaren, deux cases doivent être cochées: que la F1 soit financièrement viable et que l'on soit en mesure de se battre équitablement et de manière compétitive. Si ce n'est pas le cas, nous devrons sérieusement remettre en question notre place en F1. »

 

Williams dans le gouffre

La situation du team Williams ne laisse pas d'inquiéter. L'écurie de Grove manque par exemple toujours de pièces de rechange, conséquence d'un budget restreint. A Melbourne, elle n'a ainsi ainsi pas pu remplacer le fond plat de Robert Kubica endommagé après un passage un peu vif sur un vibreur. Mais le pire est bien évidemment l'absence totale de compétitivité de la FW42, qui semble encore plus ratée que la FW41. « Pour le dire simplement, elle souffre d'un manque d'appuis général, » explique George Russell. « Il y a un problème fondamental dont je ne souhaite pas discuter publiquement. Nous l'avons identifié, mais cela ne veut pas dire que nous pouvons le résoudre immédiatement. Changer quelque chose d'aussi fondamental demandera des mois de développement et de travail dans le simulateur. »

 

Williams est tellement dans la panade que Patrick Head sort de sa retraite pour venir à sa rescousse. A 72 ans, l'ancien directeur technique revient à Grove en tant que « conseiller technique ». Il pallie en fait le départ de Paddy Lowe, définitivement écarté après le fiasco des essais hivernaux. Head chapeautera pour un temps le travail d'un staff technique restructuré suite au renvoi de Lowe et de ses assistants: Adam Carter prend en charge le département conception et Dave Robinson devient ingénieur de course en chef.

 

Présentation de l'épreuve

Le circuit de Bahreïn se dote d'une troisième zone d'activation de l'aileron arrière mobile (DRS) qui se situe dans le bout droit reliant les virages n°3 et 4. Voilà qui devrait favoriser les dépassements lors du Grand Prix. En outre, Pirelli propose ce week-end aux pilotes ses composés les plus tendres, à savoir les « C1 », « C2 » et « C3 ».

 

Le regretté Charlie Whiting n'a toujours pas de successeur, et c'est donc son suppléant de Melbourne Michael Masi qui officiera de nouveau ici comme directeur de course. Mais il ne donnera pas le coup d'envoi de l'épreuve: cette tâche sera cette fois dévolue à un starter intérimaire, Christian Bryll. Les quatre attributions de Whiting (directeur de course, starter, délégué à sécurité, délégué technique) devraient être réparties entre plusieurs personnes.

 

Après un Grand Prix d'Australie fort décevant, Ferrari doit absolument repartir de Bahreïn avec un bon résultat pour éviter une nouvelle crise. Mattia Binotto se veut toutefois rassurant: l'équipe n'a tout simplement pas su bien exploiter la SF90 sur le tracé atypique de Melbourne. Tout devrait rentrer dans l'ordre à Sakhir, piste plus classique. Sebastian Vettel est aussi confiant, bien qu'il souligne combien il est aisé de commettre des erreurs de pilotage à Bahreïn. « C'est dur de trouver le rythme dans le désert, surtout à cause du sable que le vent amène sur la piste », explique le quadruple champion du monde. « Chaque tour est donc différent, ce qui peut être un facteur décisif, surtout en qualifications. Si on s'éloigne à peine de la trajectoire idéale, on commence à glisser et le tour est gâché, parce qu'on ne peut pas rattraper le temps perdu. »

 

Par ailleurs, Ferrari arbore de nouveau le logo de Mission Winnow, ce « sponsor » mis en avant par le cigarettier Philip Morris, alors que McLaren fait la promotion de Vype, une des marques de British American Tobacco. La législation bahreïnie n'élève en effet pas d'obstacles à cette publicité déguisée pour le tabac. Mais la polémique pourrait rebondir prochainement, notamment lors des Grands Prix se déroulant dans les pays membres de l'Union européenne où, on le sait, la réclame pour les cigarettes est prohibée depuis de nombreuses années.

 

Renault annonce un partenariat avec le géant industriel américain DuPont, et plus précisément avec sa division travaillant pour l'industrie automobile. Renault et DuPont travailleront ensemble autour des matériaux de fabrication, des batteries et de la signalisation électronique.

 

Après le Valtteri Bottas barbu de Melbourne, voici le Sebastian Vettel moustachu de Sakhir. L'Allemand arbore dorénavant un magnifique appendice pileux sous le nez, ce qui le fait ressembler quelque peu au Nigel Mansell de jadis.

 

Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent sous une forte chaleur (50°C au sol). Les Ferrari de Vettel et Leclerc dominent très nettement les deux premières séances et repoussent les Mercedes à une demi-seconde. Cette tendance se confirme samedi, bien que le mercure soit descendu de quelques degrés. Leclerc, qui a réalisé le meilleur chrono de deux des trois sessions libres, s'empare à 21 ans et quelques mois de sa toute première pole position (1'27''866'''), trois dixièmes devant Vettel (2ème). Celui-ci échappe à une pénalité après avoir couvert un tour trop lent en Q1. Il se justifie en arguant de l'usure excessive de ses gommes. Les Mercedes (Hamilton 3ème, Bottas 4ème) manquent quelque peu d'équilibre et de vitesse de pointe, mais n'échouent qu'à quelques dixièmes de la pole. Les Red Bull-Honda ont une mauvaise tenue de route, en particulier avec les pneus les plus tendres. Verstappen (5ème) concède près d'une seconde à Leclerc. Gasly (13ème) admet ne pas se sentir à l'aise au volant de la Red Bull, peu adaptée à son style de conduite. Les Haas-Ferrari s'affirment comme la quatrième force du plateau. Magnussen (6ème) n'échoue ainsi qu'à cinq millièmes de Verstappen. Grosjean réalisé le huitième chrono mais recule de trois rangs pour avoir gêné Norris dans un tour rapide.

 

Les McLaren-Renault (Sainz 7ème, Norris 9ème) atteignent toutes deux la Q3, une performance inattendue. Alfa Romeo est touchée vendredi par des fuites hydrauliques. Le lendemain, en qualifications, Räikkönen (8ème) fait beaucoup mieux que Giovinazzi (16ème) qui passe à la trappe dès la Q1. Renault vit un mauvais week-end: la R.S.19. est ici dépourvue d'équilibre et d'adhérence. Ricciardo (10ème) atteint cependant la Q2, contrairement à Hülkenberg (17ème) dont le moteur s'est mis sans prévenir en « mode sécurité » ! Une Toro Rosso-Honda aurait pu atteindre la troisième manche si Albon n'avait pas commis une petite faute dans son dernier relais. Kvyat (15ème) subit pour sa part ce que son écurie qualifie de « problème opérationnel » (?)... Les Racing Point manquent d'adhérence et de rythme. Pérez (15ème) et Stroll (17ème) font de la figuration. Les Williams (Russel 19ème, Kubica 20ème) sont une fois de plus très distancées, à quatre secondes des meilleurs temps.

 

Charles Leclerc devient le premier résidant de la Principauté de Monaco à réaliser une pole position. Il songe bien sûr à transformer l'essai dès le lendemain par une première victoire, mais demeure prudent. « Cette première pole position est très émouvante, même si j'essaie de rester aussi calme que possible, parce que la pole ne rapporte pas de points et que la course est demain », tempère le pilote Ferrari.

 

Le Grand Prix

En ce début de soirée, le vent souffle très fort sur le circuit de Sakhir, ce qui devrait perturber les pilotes dans les lignes droites et ramener du sable sur le bitume. Il ne fera pas bon mettre les roues hors de la trajectoire. 98 000 spectateurs assistent à ce 999ème Grand Prix de l'histoire du championnat du monde de F1. Le cap des mille épreuves sera franchi deux semaines plus tard en Chine. Tous les pilotes partent en pneus tendres, excepté Kubica qui sélectionne les médiums. Les écuries tablent sur une course à deux arrêts.

 

Départ: Vettel prend un meilleur envol que Leclerc qui fait légèrement patiner ses roues. L'Allemand de Ferrari vire en tête au premier freinage devant son équipier. Viennent ensuite Bottas, Hamilton, Verstappen et Sainz

 

1er tour: Bottas fait l'extérieur à Leclerc au virage n°4. Le Monégasque repousse ensuite une attaque de Hamilton. Au virage n°3, Stroll en perdition percute Grosjean par l'arrière. Le Canadien endommage sa calandre et le Français souffre d'une crevaison. Norris effectue un passage par le sable et perd plusieurs places. A l'issue de cette première boucle, Vettel mène devant Bottas, Leclerc, Hamilton, Verstappen, Sainz, Magnussen, Räikkönen, Ricciardo et Pérez. Grosjean et Stroll regagnent leurs stands pour réparer leurs montures et changer de pneus.

 

2e: Leclerc met la pression sur Bottas qui allume ses roues au premier freinage. Le pilote Ferrari repasse ainsi devant le Finlandais. Hamilton se glisse aussitôt dans le sillage de son coéquipier et le dépasse entre les virages n°4 et 5. Norris prend la 13ème place à Albon.

 

3e: Leclerc se lance à la poursuite de Vettel qui le précède d'une seconde et trois dixièmes. Sainz est sur les talons de Verstappen.

 

4e: Sainz attaque en vain Verstappen au premier freinage. Il fait ensuite l'extérieur à son adversaire avant le virage n°4, mais celui-ci lui ferme la porte et touche la roue avant-droite de la McLaren. Le pneu crève presque instantanément, et Sainz - furax - doit rejoindre son stand à faible allure. Ricciardo dépasse Räikkönen.

 

5e: Leclerc est revenu dans les roues de Vettel. Il demande à la murette s'il peut attaquer son équipier. Celle-ci ne répond pas favorablement. Sainz change de pneus et repart bon dernier.

 

6e: Leclerc fait fi des consignes de Ferrari: il actionne son aileron arrière mobile dans la ligne droite de départ-arrivée et dépasse Vettel sans coup férir au premier virage. L'Allemand tente de répliquer dans les enchaînements suivants mais sans jamais se porter à sa hauteur. Magnussen souffre avec ses pneus: il doit laisser filer Ricciardo, Räikkönen et Hülkenberg.

 

7e: Leclerc est premier devant Vettel (1.6s.), Hamilton (3.3s.), Bottas (7s.), Verstappen (9.1s.), Ricciardo (14.9s.), Räikkönen (16.5s.) et Hülkenberg (17.2s.). Pérez passe devant Magnussen. Norris fait l'extérieur à Gasly au virage n°4, non sans escalader la bordure.

 

8e: Leclerc commet une petite faute au virage n°10 et y laisse quelques dixièmes. Pérez prend les pneus médiums.

 

9e: Hamilton bloque lui aussi ses roues au virage n°10. Räikkönen, Gasly et Albon passent aux stands pour s'emparer de gommes neuves. Norris vient à bout de Magnussen.

 

10e: Leclerc précède Vettel de deux secondes et demie, Hamilton de quatre secondes. Changement de pneus pour Magnussen qui repart juste devant Gasly, en pleine bagarre avec Albon. Le Thaïlandais repasse devant le Français un peu plus loin. Norris fait escale chez McLaren pour prendre des pneus jaunes.

 

11e: Verstappen anticipe son premier arrêt à cause d'une crevaison lente. Il prend des pneus jaunes (2.1s.). Kubica stoppe chez Williams et s'empare de pneus rouges. Giovinazzi heurte Kvyat au virage n°11 et l'envoie en tête-à-queue au virage n°11. Le Russe se relance.

 

12e: Hamilton se rapproche de Vettel. Bottas apparaît dans la pit-lane et prend des pneus médiums (2.5s.). Il repart derrière Verstappen. Hülkenberg passe chez Renault pour chausser les pneus tendres. Kvyat et Russell s'emparent eux de gommes médiums.

 

13e: Leclerc entre aux stands à la fin de ce tour et prend des pneus médiums (2.3s.). Hamilton le suit chez Mercedes mais lui choisit les gommes tendres.

 

14e: Vettel mène avec quatorze secondes de marge sur Ricciardo. Bottas se défait de Verstappen par l'extérieur au quatrième tournant.

 

15e: Vettel est chez Ferrari et s'équipe promptement de gommes médiums (2.1s.). Toutefois, Hamilton lui passe sous le nez à la sortie des stands ! Leclerc retrouve le leadership.

 

16e: Hamilton et Vettel passent devant Ricciardo qui reste en piste avec ses pneus usés. Premier arrêt pour Giovinazzi.

 

17e: Leclerc devance Hamilton (4s.), Vettel (7s.), Ricciardo (12.2s.), Bottas (12.8s.), Verstappen (14.6s.), Räikkönen (24.4s.), Hülkenberg (26.3s.), Norris (28.4s.) et Pérez (32s.). Gasly, onzième, s'est débarrassé d'Albon puis de Magnussen. Grosjean abandonne: le fond plat de sa Haas est trop abîmé suite à la collision avec Stroll.

 

18e: Bottas puis Verstappen doublent Ricciardo. Kvyat reçoit une pénalité de cinq secondes pour vitesses excessive dans les stands.

 

20e: Leclerc compte cinq secondes et demie d'avance sur Hamilton. Vettel est une seconde et demie derrière le champion du monde.

 

21e: Vettel se rapproche de Hamilton. Les pneus tendres offrent peu de grip à la Mercedes. Hülkenberg dépasse Räikkönen.

 

22e: Gasly s'empare de la 10ème place aux dépens de Pérez.

 

23e: Vettel actionne son DRS pour déborder Hamilton dans le second bout droit. Les deux Ferrari retrouvent les deux premières places. Changement de gommes pour Stroll.

 

24e: Leclerc précède son équipier de sept secondes. Ricciardo fait halte au stand Renault et sélectionne les pneus médiums. Sainz est chez McLaren pour prendre des Pirelli durs.

 

25e: Norris l'adolescent pourchasse Räikkönen le quadragénaire. Second et dernier arrêt d'Albon qui prend les pneus jaunes.

 

26e: Norris prend l'ascendant sur Räikkönen au premier virage. Russell est chez Williams pour un arrêt-pneus. Il sera imité par Kubica au tour suivant.

 

28e: Huit secondes séparent les deux Ferrari de tête. Hamilton concède maintenant plus de deux secondes à Vettel.

 

30e: Leclerc est premier devant Vettel (8.2s.), Hamilton (11.3s.), Bottas (21.8s.), Verstappen (29.3s.), Hülkenberg (47.5s.), Norris (51s.), Räikkönen (54.3s.), Gasly (1m. 06s.) et Pérez (1m. 10s.). Ricciardo prend la onzième place à Magnussen.

 

31e: Les pneus de Verstappen s'effondrent. Pour preuve, Stroll reprend au pilote Red Bull son tour de retard...

 

32e: Verstappen fait escale chez Red Bull pour reprendre de la gomme « médium ». L'arrêt est assez long (4.7s.). Le Batave repart derrière Räikkönen qu'il dépasse peu après. Hülkenberg observe un second pit-stop pour prendre des pneus médiums et recule au dixième rang.

 

33e: Deuxième arrêt de Räikkönen qui opte pour les Pirelli rouges. Le Finlandais repart entre Kvyat et Albon.

 

34e: Toujours huit secondes entre Leclerc et Vettel. Hamilton stoppe aux stands pour prendre les enveloppes jaunes (2.5s.). Norris chausse les pneus tendres et reprend de nouveau la piste devant Räikkönen.

 

35e: Vettel s'empare des pneus médiums (2.3s.) et retrouve le circuit une petite seconde devant Hamilton.

 

36e: Leclerc passe chez Ferrari et prend des gommes jaunes (2.4s.). Il repart devant Bottas et conserve donc les commandes de l'épreuve. Hamilton prend le meilleur temps provisoire (1'33''528''') et se colle à Vettel.

 

37e: Bottas reprend les pneus rouges pour la fin de l'épreuve. Hamilton se porte à la hauteur de Vettel à l'extérieur du virage n°4. Les deux champions franchissent côte à côte les deux tournants suivants. Vettel, mieux placé, conserve l'avantage.

 

38e: Leclerc s'empare de meilleur tour définitif (1'33''411'''). Hamilton profite de son DRS pour déborder Vettel par l'extérieur au virage n°4. A la sortie de cette courbe, l'Allemand, déventé, perd l'arrière de sa Ferrari et part en tête-à-queue. Il se relance en peu de temps, mais ses pneus sont détruits et génèrent de fortes vibrations. Quelques mètres plus loin, dans la courte accélération de la mi-parcours, son aileron avant se désolidarise et passe sous le plancher de la Ferrari qui esquisse un bond à 250 km/h. Vettel garde la maîtrise de son véhicule mais doit regagner les stands. Kvyat et Magnussen remettent des enveloppes tendres. Le Russe subit au passage sa pénalité.

 

39e: Les mécaniciens de Ferrari fixent une nouvelle calandre à Vettel qui reprend la piste en neuvième position. Hülkenberg fait l'extérieur à son équipier Ricciardo au premier virage, mais se rabat un peu trop tôt. Les deux voitures jaunes s'entrechoquent. Hülkenberg endommage un « flap » de l'aileron de Ricciardo. Gasly prend des pneus jaunes... et se retrouve une fois de plus derrière Albon.

 

40e: Leclerc devance Hamilton de neuf secondes. Changements de pneus pour Giovinazzi et Sainz.

 

41e: La Ferrari de Vettel semble intacte puisque le quadruple champion du monde se défait successivement de Norris et de Ricciardo.

 

42e: Leclerc devance Hamilton (10.6s.), Bottas (36.8s.), Verstappen (43.3s.), Hülkenberg (1m. 10s.), Vettel (1m. 11s.), Ricciardo (1m. 12s.), Norris (1m. 13s.), Räikkönen (1m. 14s.), Albon (1m. 23s.) et Gasly (1m. 25s.).

 

43e: Vettel dépasse Hülkenberg et se retrouve cinquième.

 

44e: Norris et Räikkönen font le siège de Ricciardo dont les pneus sont abîmés. L'Anglais prend l'ascendant sur l'Australien.

 

45e: Leclerc roule huit secondes et demie devant Hamilton. Räikkönen double Ricciardo.

 

46e: Catastrophe chez Ferrari: Leclerc rencontre un problème de combustion sur un cylindre. Son moteur perd de la puissance. Le jeune pilote s'enquiert de la situation auprès de son ingénieur de course Jock Clear qui lui conseille de continuer. Norris résiste à une attaque de Räikkönen au premier virage.

 

47e: Leclerc roule toujours mais son groupe propulseur perd des chevaux. Hamilton rejoint le Monégasque.

 

48e: Hamilton « dépose » Leclerc dans la ligne droite ramenant vers les stands et s'empare de la première position.

 

49e: Leclerc est lent à l'accélération. Il ne cherche plus qu'à rejoindre le drapeau à damiers, si possible au deuxième rang, mais Bottas lui reprend trois secondes au tour.

 

50e: Hamilton est leader devant Leclerc (10.5s.), Bottas (26.4s.), Verstappen (33.1s.), Vettel (59s.), Hülkenberg (1m. 04s.), Norris (1m. 07s.), Räikkönen (1m. 08s.), Ricciardo (1m. 14s.), Gasly (1m. 15s.), Albon (1m. 25s.) et Pérez (1m. 30s.).

 

52e: Bottas revient à huit secondes de Leclerc. Gasly double Ricciardo et le repousse à la dixième place.

 

53e: Bottas est dans les échappements de Leclerc.

 

54e: Bottas dépasse Leclerc sur la ligne de chronométrage. Le Monégasque est dorénavant menacé par Verstappen qui évolue à seulement trois secondes.

 

55e: Hamilton précède Bottas de vingt-deux secondes. Le moteur de Hülkenberg se coupe au bout de la première ligne droite. L'Allemand se range dans le sable. Quelques secondes plus tard, Ricciardo se gare au même endroit: son MGU-K a cessé de fonctionner ! Désastre pour Renault ! La voiture de sécurité entre en piste pour permettre aux commissaires de retirer les deux monoplaces anglo-françaises.

 

56e: L'intervention de la Safety Car permet à Leclerc de sauver sa troisième place. Sainz rentre à son garage suite à une défaillance de sa boîte de vitesses.

 

57ème et dernier tour: Les bolides achèvent l'épreuve sous les ordres de la voiture de sécurité. Lewis Hamilton remporte son premier Grand Prix en 2019 devant son équipier Bottas. Le malchanceux Leclerc termine troisième, ce qui est tout de même son premier podium en F1. Verstappen se classe quatrième, Vettel cinquième. Le jeune Norris récolte la sixième place après une course très brillante. Räikkönen, septième, ramène six points à Alfa Romeo. Gasly termine huitième. Neuvième, Albon inscrit ses deux premiers points en F1. Pérez prend le dernier point. Viennent ensuite Giovinazzi, Kvyat, Magnussen (dont la Haas s'est effondrée en course), Stroll, Russell et Kubica.

 

Après la course: Hamilton, vainqueur verni

Mercedes réalise son deuxième doublé en deux courses, mais cette performance de Bahreïn est essentiellement due aux malheurs et erreurs des pilotes Ferrari, comme le reconnaît Lewis Hamilton: « Charles méritait la victoire. Les Ferrari ont été très fortes durant tout le week-end. J'ai essayé d'en passer une au départ, sans succès. Après cela, mon deuxième relais en pneus tendres n'a pas été bon. Je ne pensais vraiment pas me battre pour la victoire. » Cette épreuve a au moins démontré que le combat sera de nouveau très rude entre Mercedes et Ferrari. « A Melbourne, nous étions devant, ici c'était le contraire », reprend Hamilton. « En deux semaines, tout s'est inversé. Je retiendrai que la fiabilité va jouer un rôle primordial, comme nous venons de le voir. »

 

En effet, sans la défaillance d'un cylindre, Charles Leclerc aurait très probablement signé sa première victoire. Hamilton vient d'ailleurs consoler son jeune adversaire après l'arrivée. « Leclerc a fait un boulot exceptionnel ce week-end. Il a un futur brillant devant lui », souligne le Britannique. « Le doubler fut un moment étrange. J'ai connu aussi des moments comme celui-là, où je menais une course avant d'être trahi par une panne mécanique. Je sais ce qu'il ressent. Mais sa carrière ne fait que commencer. Il a de beaux jours devant lui... »

 

Leclerc: à charge de revanche ?

Charles Leclerc est incontestablement le « héros malheureux » de ce Grand Prix de Bahreïn, comme l'écrit le quotidien L'Équipe. Le natif du Rocher avait en effet survolé le week-end jusqu'à ce problème de moteur. Pas sûr que le podium et le point du meilleur tour parviennent à le consoler. Mais il se montre philosophe. « Il y a beaucoup de positif à prendre sur ces trois jours », affirme-t-il. « Je finis ainsi troisième malgré une panne. Cependant, c'est vrai que j'étais à deux doigts de réaliser le rêve d'une vie. Gagner un Grand Prix. Mais je reviendrai plus fort. » La presse couvre en tout cas Leclerc de louanges et ne manque pas de souligner le contraste avec Sebastian Vettel qui est de nouveau parti à la faute. Vettel est encore une fois la cible de critiques acerbes. Sa moustache mansellienne ne paraît qu'accentuer sa propension à commettre des bourdes... Du coup, la question de son leadership chez Ferrari est déjà ouvertement posée. Pour certains, Leclerc va certainement « dévorer » un Vettel de plus en plus fragile et maladroit. L'Allemand doit absolument réagir dans les plus brefs délais.

 

Voilà en tout cas une nouvelle désillusion pour Ferrari qui, partie pour signer un facile doublé, repart du Golfe Persique sur une nouvelle déconvenue. Mattia Binotto, s'il souligne les progrès accomplis depuis Melbourne, qualifie la panne qui a frappé Leclerc d'« inacceptable ». Il est vrai que les Rouges ont perdu gros: au classement des constructeurs, ils comptent déjà trente-neuf points de retard sur Mercedes...

 

Renault, double K.O.

Enfin, Renault clôt son week-end dans le burlesque avec ces deux pannes de moteur affectant simultanément Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg. Certes, l'Australien ne cessait de dégringoler au classement à cause de ses pneus usés. Sa stratégie à un seul arrêt n'était pas la bonne. Mais l'Allemand détenait une solide sixième place. « Nous avons la voiture pour dominer le peloton, à condition de ne pas connaître de problèmes techniques », soupire celui-ci. Cyril Abiteboul déclare pour sa part que la firme au Losange a déjà rencontré ce type d'avaries et n'a pas su y remédier. Voilà qui fait désordre, alors que dans le même temps les Red Bull et les Toro Rosso à moteurs Honda ont jusqu'ici toutes rallié l'arrivée...

 

La semaine suivant le Grand Prix, les écuries demeurent à Bahreïn pour des essais privés marqués par deux événements marquants: le retour (pour le plaisir) de Fernando Alonso au volant de la McLaren et le premier test en Formule 1 de Mick Schumacher, le fils de Michael, pour le compte de Ferrari, puis d'Alfa Romeo. George Russell a pour sa part l'opportunité de conduire la Mercedes W10 qui lui offre beaucoup plus de plaisir que sa calamiteuse Williams FW42...

Tony