Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull TAG Heuer
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Kimi RAIKKONEN
 K.RAIKKONEN
Ferrari

996th Grand Prix

XLVII Grande Premio do Brasil
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11 november 2018 - Interlagos
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Mercedes is World Champion
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Esteban Ocon s'accroche avec Max Verstappen en tentant de se dédoubler...

À la recherche de l'Auriverde

Pour la première fois de sa longue histoire, le Grand Prix du Brésil aura lieu sans pilote national. La patrie d'Emerson Fittipaldi, Carlos Pace, Nelson Piquet et Ayrton Senna fait face à une pénurie de jeunes talents. La récession économique qui frappe l'Amérique du Sud n'est pas étrangère à ce désastre, car les pilotes auriverde ont toujours été tributaires de généreux sponsors. Senna lui-même apportait les fonds de la Banco Nacional. Or même dans les formules de promotion les Brésiliens se font rares, avec un seul représentant en Formule 2 (Sérgio Sette Câmara) et en GP3 (Pedro Piquet). Ce passage à vide devrait donc durer encore quelques années.

 

Quelques jours avant cette épreuve, McLaren annonce cependant le recrutement de Sette Câmara au poste d'essayeur pour la saison 2019. Ce jeune pilote, qui conduit pour Carlin en F2, s'est surtout distingué à Macao l'an passé, lors de la grande épreuve de F3, par un duel épique avec Ferdinand de Habsbourg-Lorraine, qui s'est achevé contre les glissières, dans le dernier virage du dernier tour... Pendant ce temps-là, Haas promeut au rang de troisième pilote Pietro Fittipaldi, le petit-fils d'Emerson, qui roule actuellement en IndyCar et s'est naguère distingué en Europe en remportant le peu prestigieux championnat de Formule V8 3.5.

 

Plus c'est long, moins c'est bon

Il est grand temps que le championnat se termine: les techniciens et les mécaniciens sont épuisés par cette saison interminable de vingt-et-un Grands Prix. Ils vont pourtant devoir s'accoutumer à ce rythme effréné, puisque la saison 2019 comptera autant de rendez-vous. S'y ajoutera en 2020 un Grand Prix au Vietnam. Liberty Media admet que son objectif est de composer un calendrier de vingt-cinq dates « d'ici 2025 ». Les petites équipes, qui n'ont pas autant de personnel que les top teams, s'alarment de cette multiplication de Grands Prix. Elles n'auront pas d'autres choix que d'accroître leurs effectifs, ce qui ne va pas dans le sens de la réduction des coûts prônée par le pouvoir sportif. « Augmenter le nombre de courses, c'est assez rude » souligne Ayao Komatsu, l'ingénieur en chef de Haas. « Nous n'avons pas tellement de personnes disponibles pour programmer des remplacements ou des rotations. Nous sommes déjà presque à la limite aujourd'hui. » Ce que confirme Jonathan Eddolls, son homologue chez Toro Rosso: « Pour certains postes, il y a une rotation minimale qui est possible. L'ingénieur de course resterait probablement le même toute la saison, mais pour presque tous les autres postes... il faudra essayer de couvrir de nombreuses courses, de nombreux essais avec les mêmes personnes. La fatigue deviendra trop élevée. Ce ne sera pas possible de disputer une saison sans doubler les postes. »

 

Les pilotes eux-mêmes ne sont pas enthousiastes à l'idée de disputer plus de vingt courses par an. Lewis Hamilton ne cache pas sa fatigue: « J'ai déjà l'impression d'être à la vingt-cinquième course cette année. Je ne crois donc pas que ce soit une bonne idée de rajouter des Grands Prix. Quand il y avait dix-huit épreuves, c'était probablement le meilleur compromis. » Tout le monde regrette sa jeunesse...

 

Présentation de l'épreuve

Mercedes peut s'adjuger à São Paulo sa cinquième couronne mondiale des constructeurs, à condition de ne pas abandonner plus de onze points à Ferrari, ce qui semble réalisable. L'objectif des Rouges n'est donc pas de remporter ce championnat mais de repousser la décision à Abou Dhabi. Dans le même temps, Valtteri Bottas redoute de clore l'année 2018 sans la moindre victoire, ce qui serait un échec retentissant. Il serait ainsi le premier pilote Mercedes à achever une saison bredouille depuis l'introduction de la motorisation hybride. Lewis Hamilton a d'ores et déjà annoncé qu'il ne lui ferait pas cadeau d'un succès, sans doute avec la louable intention de ne pas l'humilier, mais en oubliant tout de même que le Finlandais lui a cédé les lauriers à Sotchi. Néanmoins les relations entre les deux équipiers demeurent très chaleureuses. Comparant cette cohabitation avec la précédente, celle de Lewis Hamilton avec Nico Rosberg, Toto Wolff affirme vivre aujourd'hui dans « Alice aux Pays des Merveilles » !

 

Vendredi soir le GPDA se réunit pour faire un tour d'horizon des diverses récriminations des pilotes. S'y invitent Ross Brawn, Charlie Whiting et Mario Isola, le représentant de Pirelli. Leurs débats portent principalement sur les pneumatiques dont ils estiment l'usure excessive, malgré des progrès effectués en la matière cette saison par Pirelli. « Il y a de nombreuses choses que l'on peut faire, mais il y a clairement un aspect qui pourrait améliorer la course: si nous avions des pneus plus robustes et moins sensibles à la surchauffe », fait remarquer Pierre Gasly. « Cela nous donnera l'opportunité de suivre les autres voitures plus longtemps. » Pirelli s'engage à améliorer la situation pour 2019, en présentant de nouveaux composés plus fins qui permettront une meilleure résistance à la surchauffe. Les coureurs s'inquiètent également du gouffre qui sépare les trois grandes équipes du reste du plateau. C'est ce qu'exprime Romain Grosjean, l'un des directeurs du GPDA: « À Mexico, le sixième a fini à deux tours. Dans ces conditions, comment voir une voiture de milieu de grille sur le podium ? L'écart entre les grandes et les petites équipes est trop important. » Mais sur ce point, les pilotes n'ont pas de moyen d'action. Ils attendent de connaître la réglementation technique prévue pour 2021, qui se fait toujours désirer...

 

Romain Grosjean ne récupérera pas sa sixième place du Grand Prix d'Italie. Son écurie Haas a en effet perdu son appel interjeté devant le tribunal de la FIA. Comme le fond plat du Franco-Suisse était non-conforme et que l'équipe américaine le savait pertinemment, sa défense bancale ne lui offrait aucune chance de succès. Voilà un verdict qui satisfait pleinement Renault, désormais presque assurée de la quatrième position au championnat des constructeurs. Guenther Steiner réagit de manière assez basse en ironisant sur les prétendues mauvaises performances du Losange: « Nous nous battons avec Renault, qui devrait faire bien mieux. Je pense que cela montre leur désespoir. C'est une équipe d'usine, ils ont cinq fois plus de monde que nous, et ils se battent avec nous. Pour nous, c'est un honneur. » On pourra rétorquer que Renault, contrairement à Haas, a au moins le mérite de concevoir seule sa voiture...

 

Toro Rosso s'est faite doubler par Sauber et ne pointe plus qu'au neuvième rang du championnat des constructeurs, ce qui serait son pire résultat depuis la saison 2012. Afin de reprendre du poil de la bête, la petite Scuderia confie pour la première fois son dernier package aérodynamique (déflecteurs de pontons, aileron avant et un fond plat revus) à ses deux pilotes. Par ailleurs, les deux STR13 sont dotées de la dernière évolution du V6 Honda, laissée de côté au Mexique.

 

Williams poursuit son renouvellement de personnel avec le retrait de Rob Smedley, l'ingénieur en charge de la performance. Arrivé dans les bagages de Felipe Massa en 2014, Smedley évoque des raisons personnelles pour justifier son départ. On ignore le nom de son remplaçant. Williams a hâte que s'achève cette saison cauchemardesque. « La voiture n'a tout simplement pas répondu aux attentes. C'est plus de la survie que de la compétition », confie un Lance Stroll désabusé.

 

Essais et qualifications

Les Red Bull apprécient le circuit d'Interlagos. Pour preuve, Verstappen réalise le meilleur chrono de la première séance libre du vendredi. Mais la RB14 souffre dans le rapide dernier secteur, où le moteur Renault n'offre pas assez de chevaux. Les Mercedes reprennent des couleurs l'après-midi puisque Bottas et Hamilton occupent le haut de la feuille des temps. Samedi matin enfin, histoire de brouiller un peu plus les pistes, Vettel et sa Ferrari signent le meilleur temps.

 

Samedi après-midi, Vettel se fait de nouveau défavorablement remarquer à l'issue de la Q2. Lors de la pesée réglementaire, il garde son moteur allumé trop longtemps, ce qui retarde le contrôle, puis, celui-ci achevé, redémarre sans l'aide traditionnelle des commissaires et endommage les balances. Comme la mesure a pu être néanmoins correctement effectuée, l'Allemand s'en tire avec une simple amende, mais cet incident jette une lumière crue sur sa grande nervosité.

 

La pluie perturbe quelque peu la séance qualificative et s'abat à la fin de la Q2. Mais à cet instant, tous les pilotes ont pu signer un chrono convenable. La piste s'assèche très vite, et la Q3 se dispute avec des pneus slicks. Les écarts sont très serrés. Hamilton empoche sa 82ème pole position avec un chrono record (1'07''281'''), moins d'un dixième devant Vettel (1'07''374'''). Bottas (3ème) et Räikkönen (4ème) peuplent la seconde ligne, à environ deux dixièmes de la pole. Toutefois, l'important semble être le parti stratégique de Ferrari qui fera partir ses bolides en pneus tendres, alors que les Mercedes s'élanceront en super-tendres. Chez Red Bull, Verstappen (5ème) se plaint d'un léger survirage mais ne concède qu'une demi-seconde à Hamilton. Ricciardo signe le sixième temps, mais recule au onzième rang suite à une pénalité pour changement de turbo. Les Sauber-Ferrari font sensation en dominant la « deuxième division » : Ericsson (6ème, meilleure qualification de sa carrière) et Leclerc (7ème) pourraient ramasser de gros points. Grosjean (8ème) amène sa Haas-Ferrari en Q3 en dépit d'un sous-virage. Magnussen (10ème) est éliminé à l'issue de la Q2.

 

Belle performance de Gasly, neuvième avec sa Toro Rosso-Honda. Comme trop souvent, Hartley (16ème) passe lui à la trappe dès la première manche. Mauvais week-end jusqu'ici pour Force India: Pérez (12ème) use trop de gommes et Ocon (18ème), qui s'est fourvoyé dans ses réglages, reçoit une pénalité de cinq positions pour avoir remplacé sa boîte. Les Renault souffrent d'un manque d'adhérence. Hülkenberg (13ème) se crashe vendredi dans la remontée vers les stands mais fait mieux que Sainz (15ème). Sirotkin (14ème) conduit sa Williams-Mercedes en Q2, mais frôle la collision avec Hamilton en Q1. L'Anglais, qui faisait chauffer ses pneus au pied de la remontée vers les stands, a changé de trajectoire alors que le Russe déboulait à pleine vitesse. Celui-ci a dû bifurquer vers la pelouse pour éviter un choc. La FIA juge qu'il s'agit d'une simple incompréhension. Sur l'autre Williams, Stroll (19ème) ne parvient pas à conclure un bon tour. Enfin, les McLaren-Renault, totalement inefficaces, touchent le fond: Alonso se classe 17ème, Vandoorne 20ème et bon dernier.

 

Le Grand Prix

Il se déroule sous un ciel menaçant. Faute de pilote brésilien, les organisateurs convoquent les vieilles gloires Rubens Barrichello et Felipe Massa pour participer à la parade des pilotes, moment toujours très apprécié par des spectateurs chauds bouillants.

 

Les stratégies sont très variées. Les pilotes Mercedes, Red Bull, Sauber, ainsi que Grosjean, Gasly et Pérez s'élancent en pneus super-tendres. Les Ferrari, les McLaren, les Williams, les Renault, la Force India d'Ocon et la Haas de Magnussen sont en gommes tendres jaunes. Seul Hartley sélectionne les Pirelli médiums blancs. La course s'annonce mal pour Ericsson qui perd une dérive aérodynamique dans son tour d'installation. Ses mécaniciens réparent tant bien que mal les dégâts sur la grille.

 

Départ: Bon démarrage d'Hamilton qui conserve l'ascendant. Bottas fait l'extérieur à Vettel qui allume sa roue avant-gauche au premier freinage et doit s'incliner devant le Finlandais. Verstappen passe devant Räikkönen. Ericsson, mal parti, se frotte à Grosjean dans le S de Senna. Les déflecteurs de la Haas et de la Sauber en souffrent.

 

1er tour: Räikkönen double Verstappen dans le bout droit qui mène à Subida do Lago. Ricciardo entame sa remontée et double Magnussen. Hamilton mène devant Bottas, Vettel, Räikkönen, Verstappen, Leclerc, Grosjean, Gasly, Ericsson et Ricciardo.

 

2e: Ricciardo déborde Ericsson devant les grandes tribunes. Puis, au virage n°4, le Suédois contre fermement une attaque de Magnussen qui doit emprunter les dégagements, mais ne perd pas de place. Sainz et Hülkenberg se battent dans la portion sinueuse. Après Junção, Sainz donne un méchant coup de roue à son équipier qui parvient tout de même à prendre l'avantage.

 

3e: Hamilton compte une seconde et demie d'avance sur Bottas. Verstappen revient sur Räikkönen et lui fait l'extérieur dans la plongée vers le premier S. Ricciardo double Gasly.

 

4e: La Red Bull de Verstappen est la machine la plus efficace en ce début de course. Le Hollandais fond sur Vettel. Il se jette à l'intérieur au premier freinage, met deux roues sur le vibreur et passe, Vettel ayant ouvert sa trajectoire pour éviter la collision. Un peu plus loin, l'Allemand freine trop tard au double gauche du lac, roule sur la bordure, et permet à Räikkönen de le doubler. Ricciardo efface Grosjean.

 

5e: Verstappen se lance maintenant à la poursuite des deux Mercedes de tête. Ricciardo prend la sixième place à Leclerc.

 

6e: Hamilton mène devant Bottas (1.8s.), Verstappen (2.2s.), Räikkönen (3.3s.), Vettel (4.3s.), Ricciardo (5.6s.), Leclerc (7.7s.), Grosjean (8.6s.), Gasly (11.7s.), Ericsson (12.3s.), Magnussen (12.8s.) et Pérez (13.6s.).

 

7e: Verstappen menace Bottas qui est déjà à la peine avec ses pneus. Les Ferrari gardent le contact avec la Red Bull.

 

9e: Verstappen prend l'aspiration de Bottas dans la longue pleine charge. Arrivé au S, Bottas laisse trop d'espace à l'intérieur. Son jeune rival s'y engouffre et s'empare sans coup férir de la deuxième place. Un peu plus tard, au même endroit, Magnussen déborde Ericsson avant de lui couper la trajectoire à la sortie du S. Le Suédois est déventé vers la pelouse et perd trois places supplémentaires.

 

10e: Verstappen concède moins de deux secondes à Hamilton. Räikkönen et Vettel sont sur les talons de Bottas, mais Ricciardo les rejoint.

 

11e: Räikkönen assaille Bottas à Subida do Lago, mais son compatriote lui ferme la porte.

 

12e: Hamilton est premier devant Verstappen (1.3s.), Bottas (4.5s.), Räikkönen (5.3s.), Vettel (6s.), Ricciardo (6.8s.), Leclerc (8.7s.), Grosjean (11s.), Gasly (18s.) et Magnussen (18.7s.).

 

13e: Magnussen prend la dixième place à Gasly.

 

14e: Verstappen est plus véloce qu'Hamilton dans le premier et le deuxième secteur, mais la Mercedes a le dessus dans le troisième où prime la vitesse de pointe, si bien que leurs chronos s'équilibrent.

 

15e: Räikkönen met une forte pression sur Bottas qui remplit à merveille son rôle de bouchon. Alonso remplace ses pneus et peine à redémarrer à cause d'un embrayage capricieux.

 

16e: Les pneus arrière des Mercedes commencent à se couvrir de bulles. Arrêt de Sirotkin qui prend des pneus médiums. Son collègue Stroll l'imite au tour suivant.

 

18e: Verstappen évolue à une seconde et demie de Hamilton. Bottas pénètre dans la pit-lane en fin de tour.

 

19e: Bottas prend les pneus blancs (2.4s.) et ressort entre Magnussen et Pérez, ce qui en dit long sur le piètre rythme des Mercedes en ce début de course. Ericsson change aussi d'enveloppes. En fin de parcours, Hamilton est signalé aux stands.

 

20e: Hamilton chausse des pneus médiums (2.6s.) et reprend la piste en septième position. Il se défait très vite de Grosjean. Verstappen est le nouveau leader. Ericsson part en tête-à-queue à la Curva do Laranja. Sa Sauber, trop endommagée, est devenue inconduisible. Le Suédois repart pour rejoindre son garage et abandonner.

 

21e: Verstappen précède Räikkönen (7.8s.), Vettel (9.8s.), Ricciardo (11s.), Leclerc (15.3s.), Hamilton (17s.), Grosjean (19.5s.), Magnussen (23.3s.) et Bottas (25.2s.).

 

23e: Les pneus tendres de Verstappen tiennent le choc. Le Hollandais améliore même ses chronos. Bottas se défait de Magnussen. Gasly change de pneus.

 

24e: Ricciardo menace Vettel dont la Ferrari a un comportement vicieux à cause d'un capteur défaillant. Hamilton dépasse Leclerc.

 

25e: Armées de pneus médiums neufs, les Mercedes sont plus lentes que les Red Bull et les Ferrari qui ne sont pas passées aux stands ! Arrêt pneus pour Sainz.

 

27e: Neuf secondes séparent Verstappen de Räikkönen. Vettel arrive chez Ferrari pour prendre les Pirelli blancs. Les mécaniciens de Ferrari réalisent l'exploit d'effectuer cette opération en une seconde et neuf dixièmes ! L'Allemand ne s'en retrouve pas moins neuvième, entre Magnussen et Pérez.

 

28e: Le moteur d'Hamilton surchauffe et se trouve sur le point d'exploser. Par bonheur, le pilote et les ingénieurs ont le temps de réduire la puissance pour éviter cette rupture. Bottas bute sur Grosjean, signe de l'inefficacité de ses pneus. Arrêt de Vandoorne.

 

29e: Bottas déborde Grosjean et Vettel se débarrasse de Magnussen.

 

30e: Verstappen devance Räikkönen (9.5s.), Ricciardo (11.6s.), Hamilton (19.8s.), Leclerc (23.3s.), Bottas (29s.), Grosjean (30.6s.), Vettel (30.8s.), Magnussen (32.6s.), Pérez (39s.) et Hülkenberg (48s.).

 

31e: Räikkönen fait halte chez Ferrari pour mettre les pneus médiums. Il est imité par Grosjean.

 

32e: Les deux Red Bull sont au commandement, séparées par onze secondes. Räikkönen est reparti derrière son équipier Vettel.

 

33e: Hamilton commence à regagner du terrain sur Verstappen qui demeure peut-être trop longtemps en piste. Hülkenberg renonce car son moteur chauffe dangereusement.

 

34e: L'avance de Verstappen sur Ricciardo tombe à neuf secondes. Les deux Ferrari reviennent sur Bottas qui klaxonne derrière Leclerc.

 

35e: Maurizio Arrivabene ordonne à Vettel de laisser passer Räikkönen dont la machine est plus fringante. Sebastian s'exécute aussitôt.

 

36e: Verstappen entre aux stands et s'empare de pneus tendres (3s.). Cet arrêt est trop tardif car Max repart trois secondes derrière Hamilton. Leclerc chausse les pneus blancs et se retrouve derrière Pérez, dont il se défait dès la boucle suivante.

 

37e: Ricciardo mène devant Hamilton (9.6s.), Verstappen (11.3s.), Bottas (17.1s.), Räikkönen (17.9s.), Vettel (19.7s.), Magnussen (27s.), Leclerc (38.7s.), Pérez (38.8s.), Grosjean (43s.), Ocon (48s.) et Hartley (57s.).

 

38e: Verstappen recolle facilement à Hamilton grâce à ses pneus plus tendres.

 

40e: Alors que Ricciardo entre aux stands pour mettre des pneus jaunes, Verstappen prend l'aspiration d'Hamilton dans la remontée vers les stands. Il actionne son DRS et le laisse sur place devant les grandes tribunes. Voici le Hollandais de retour au commandement. Hamilton esquisse une contre-attaque au virage n°4, sans succès. Pérez prend les pneus tendres.

 

41e: Verstappen s'échappe et compte déjà deux secondes de marge sur Hamilton. Räikkönen harcèle Bottas alors que Ricciardo, désormais sixième, remonte déjà sur Vettel. Ocon chausse des pneus rouges.

 

42e: Magnussen remplace ses pneus et se retrouve en neuvième position.

 

43e: Ricciardo se laisse aspirer par Vettel au passage de la ligne puis se décale vers la droite. L'Allemand ne cède pas. Les roues de la Red Bull et de la Ferrari se frôlent, et l'Australien doit faire un écart pour éviter l'accrochage.

 

44e: Räikkönen déborde Bottas dans la longue accélération. Un peu plus loin, Ocon, relégué à un tour de Verstappen, s'estime plus rapide que celui-ci et entreprend de se dédoubler au premier virage. Il se place à l'extérieur et, bien entendu, Verstappen ne le laisse pas passer. Mais le Normand insiste et, à la sortie du S, harponne la roue arrière-droite de la Red Bull. Tous deux partent en tête-à-queue. Hamilton, très étonné, récupère la première place. Verstappen se relance et, furax, adresse un doigt d'honneur à Ocon, qui parvient lui aussi à remettre les gaz.

 

45e: Verstappen concède maintenant cinq secondes à Hamilton. Son fond plat est endommagé mais il n'abdique pas et espère encore rattraper le leader.

 

46e: Ricciardo repart à l'abordage contre Vettel, et de nouveau tente l'extérieur au premier freinage. L'Allemand tasse son assaillant. Leurs pneus se lèchent, mais cette fois « Danny Ric » passe au chausse-pied. Vettel tente de répliquer à Subida do Lago mais Ricciardo ferme la porte.

 

48e: Hamilton est premier devant Verstappen (4.9s.), Räikkönen (6.1s.), Bottas (9.7s.), Ricciardo (10.7s.), Vettel (13.4s.), Leclerc (28s.), Grosjean (34s.), Magnussen (41s.), Pérez (57s.), Hartley (1m. 05s.) et Gasly (1m. 10s.).

 

49e: Verstappen reprend quelques dixièmes à Hamilton. Ricciardo recolle à Bottas. Sainz chausse un train de pneus super-tendres.

 

50e: Dernier pilote à ne pas être passé par les stands, Hartley met des gommes rouges pour finir l'épreuve et parvient à ne perdre qu'une position, au profit de son équipier Gasly.

 

52e: Verstappen concède quatre secondes et demie à Hamilton. Ricciardo est blotti dans le sillage de Bottas dont les pneus arrière sont couverts de bulles.

 

53e: N'ayant plus grand-chose à espérer de cette course, Vettel prend un jeu d'enveloppes rouges (2.2s.) et repart derrière Leclerc.

 

54e: Hamilton roule avec un pneu avant-gauche très altéré. Verstappen revient à moins de quatre secondes.

 

55e: Hamilton devance Verstappen (4s.), Räikkönen (5.6s.), Bottas (9.8s.), Ricciardo (10.3s.), Leclerc (34.6s.), Vettel (36.1s.), Grosjean (40s.), Magnussen (44s.) et Pérez (1m. 01s.).

 

56e: Vettel fond sur Leclerc. Jusqu'alors bon dernier, Alonso prend les pneus rouges pour les derniers kilomètres.

 

57e: Leclerc se défend hardiment face aux attaques de Vettel. Un signal en vue de la saison prochaine ?

 

58e: Verstappen reprend encore cinq dixièmes à Hamilton. Vettel prend l'ascendant sur Leclerc. Ocon est jugé responsable de la collision avec Verstappen et écope d'un « stop-and-go » de dix secondes.

 

59e: Ricciardo attaque Bottas au bout de la longue pleine charge. Il plonge tardivement à l'intérieur du premier virage et surprend ainsi le Finlandais. Une attaque imparable. Ocon est aux stands pour subir sa pénalité.

 

60e: Bottas stoppe chez Mercedes pour conclure l'épreuve avec des pneus tendres et parvient à repartir devant Vettel.

 

61e: En queue de peloton, Vandoorne, très en verve, s'est défait des Williams de Stroll et Sirotkin, mais ce faisant a négligé les drapeaux bleus...

 

62e: Verstappen poursuit son effort. Son retard sur Hamilton tombe sous les trois secondes. Le Néerlandais sème également Räikkönen qui jusqu'ici le suivait sans peine.

 

64e: Hamilton précède Verstappen (2.4s.), Räikkönen (4.7s.), Ricciardo (6.5s.), Bottas (30.4s.), Vettel (33.4s.), Leclerc (41.1s.), Grosjean (46.1s.), Magnussen (50s.), Pérez (1m. 08s.), Gasly (-1t.) et Hartley (-1t.).

 

65e: Hamilton est gêné par Alonso et Stroll qui se bagarrent pour la 17ème place. Il perd ainsi une nouvelle seconde. Bottas s'empare du meilleur tour de la course (1'10''540''').

 

66e: Pressé par Sainz, Hartley recolle à son équipier Gasly. La murette Toro Rosso demande au Français de s'effacer devant le Néo-Zélandais, dont les pneus sont en meilleur état. Mais Gasly refuse sèchement d'obtempérer.

 

67e: Verstappen n'est plus qu'à une seconde et demie d'Hamilton. Ricciardo fait la jonction avec Räikkönen. Stroll prend des pneus rouges pour les derniers tours.

 

68e: Hamilton se débat avec un fort sous-virage mais maintient un matelas d'une seconde et quelques dixièmes sur Verstappen. Les pneus de Räikkönen sont abîmés. Le Finlandais glisse en courbe, mais lui aussi résiste à l'autre Red Bull de Ricciardo.

 

70e: Verstappen n'a rien repris à Hamilton et perd tout espoir de victoire. De même, Ricciardo est trop loin de Räikkönen pour tenter une attaque. Les pneus de Gasly sont à la corde. Le jeune Français se fait doubler par Hartley puis par Sainz.

 

71ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte sa dixième victoire de la saison 2018 et offre ainsi le titre des constructeurs à Mercedes. Un Verstappen tout à fait exceptionnel échoue au deuxième rang. Räikkönen grimpe sur la troisième marche du podium. Ricciardo se classe quatrième devant Bottas et Vettel. Septième sur la grille, Leclerc est septième à l'arrivée. Il précède les Haas de Grosjean et Magnussen. Pérez glane le point de la dixième place. Viennent ensuite Hartley, Sainz, Gasly, Vandoorne, Ocon, Alonso, Sirotkin et Stroll. Après le drapeau à damiers, Vandoorne et Alonso écopent de cinq secondes de pénalité pour avoir ignoré les drapeaux bleus. Tous deux reculent d'un rang.

 

Après la course le clash Verstappen - Ocon

Dans le parc fermé, un Max Verstappen blême de colère répond distraitement aux questions de Paul di Resta. Le jeune Hollandais ne pardonne pas à Esteban Ocon de lui avoir fait perdre une victoire certaine. Lorsqu'il aperçoit celui-ci se rendant au contrôle de pesée, il plante là di Resta et son micro pour aller lui dire ses vérités. Il perd ses nerfs et bouscule Ocon à deux reprises en pointant un doigt vengeur. Le Français lui répond par un sourire narquois. Enregistrées par les caméras, cette altercation pourtant peu violente fait bientôt le tour du monde. Verstappen et Ocon, qui se détestent depuis leurs débuts en karting, s'écharpent ensuite par micros interposés. « Son geste a été stupide ! » s'emporte le pilote Red Bull. « Je me fous de sa pénalité. Il n'avait pas à faire cela. J'avais plus à perdre que lui. » Ocon prétend lui que sa manœuvre était légitime: « J'étais coincé, j'étais plus rapide que lui grâce à mes gommes fraîches. Je voulais passer et j'en avais le droit. Il fallait que je puisse faire ma course. J'avais cinq tours pour profiter de mes pneus neufs. S'il mène la course, il doit la contrôler. J'avais le virage pour moi. Que voulez-vous que je fasse ? Je ne pouvais pas disparaître. »

 

Les deux hommes sont convoqués peu après par Charlie Whiting et les commissaires sportifs. Ocon ne reçoit aucune sanction supplémentaire. « Il a raison quand il dit qu'un pilote peut se dédoubler », souligne Whiting, « mais il doit le faire sans combattre, et en toute sécurité. » Verstappen est en revanche sanctionné pour avoir créé un esclandre dans le parc fermé. Il devra effectuer deux jours de travaux d'intérêt général sous la direction de la FIA ! Une punition assez ridicule qu'il accueille néanmoins avec le sourire. Certains esprits taquins estimant qu'au fond Verstappen a été victime d'une action stupide semblable à celles qu'il a commises jadis...

 

L'affaire n'en reste pas là puisqu'Helmut Marko, ironisant sur les liens entre Ocon et Mercedes, prétend que le jeune Français a volontairement sorti Verstappen pour ouvrir la voie à Hamilton. Toto Wolff répond à ces attaques par le mépris : « Ces propos sont le résultat de la façon dont le Dr Marko voit le monde, mais je ne veux pas m'abaisser à son niveau. Nous devons célébrer notre cinquième titre consécutif des constructeurs. »

 

Cinquième couronne pour Mercedes

Et en effet, pendant ce temps-là, les mécaniciens de Mercedes-AMG portent en triomphe Lewis Hamilton. Pour la cinquième saison consécutive, le constructeur allemand empoche les deux titres mondiaux, pilotes et constructeurs. Cependant, cette campagne 2018 fut la plus difficile pour les Flèches d'Argent depuis l'introduction de l'hybridation. Par ailleurs, en cette fin de saison, la W09 ne parvient pas à préserver ses pneumatiques, comme on l'a encore vu cet après-midi. Est-ce la conséquence du retrait des fameuses jantes trouées ? « Très vite, j'ai eu du cloquage sur mes pneus », raconte Hamilton. « Nous nous y attendions mais je pensais que je pouvais contenir Verstappen. Mais il était trop fort. Il avait une bien meilleure adhérence que moi. En plus, je souffrais avec mon moteur qui n'était pas à pleine puissance. Mais, malgré tous ces problèmes, j'ai pu maintenir le contact et profiter de son accident. » Le Britannique s'attarde aussi sur le succès de son équipe: « C'était important pour moi de gagner à nouveau afin d'assurer ce titre des constructeurs. J'avais vraiment envie de connaître cette joie avec l'équipe pour le titre qui est si important pour nous. Ils m'ont permis de remporter tant de victoires... Nous entrons ensemble dans l'histoire. »

 

Enfin, ce GP du Brésil n'aura apporté aucune satisfaction à Ferrari. La contre-performance de Sebastian Vettel a surpris, mais Maurizio Arrivabene affirme que son pilote a tout simplement subi un problème technique. « Dès le tour de formation, nous savions qu'il y avait un problème de capteur sur la voiture de Sebastian », raconte le directeur sportif de Ferrari. « Pendant toute la course, il a donc dû utiliser des réglages différents de ceux que nous aurions choisis, et ça a rendu la voiture difficile à piloter. » Heureusement, Kimi Räikkönen était là pour monter sur le podium, pour la douzième fois de la saison (soit une de plus que son équipier). Le vétéran du plateau est ainsi presque certain de finir troisième du championnat des conducteurs. Ce serait son meilleur résultat depuis son retour chez Ferrari en 2014. Il est donc au final paradoxal qu'il soit remplacé à l'issue de cette excellente campagne.

Tony