Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull TAG Heuer

997th Grand Prix

X Abu Dhabi Grand Prix
Night
25 november 2018 - Yas Marina
55 laps x 5.554 km - 305.355 km
(Offset: 115 m)
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F1
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Hasta luego, Fernando.

Hasta luego Alonso

Fernando Alonso dispute à Abou Dhabi ce qui devrait être son 312ème et dernier Grand Prix de Formule 1. Le double champion du monde pilotera à cette occasion une McLaren parée d'une livrée spéciale, avec sur le capot moteur les trois couleurs de son casque: le bleu des Asturies, le rouge et le jaune de l'Espagne. Il se coiffera en outre d'un casque reprenant pour moitié le design de ses débuts en F1. Pour cette ultime sortie, Alonso souhaite inscrire au moins un point et ne pas clore sa carrière sur une anonyme position en queue de peloton, ou pire encore sur un énième abandon par panne mécanique. Toutefois, ne croyons pas qu'il se ménage une douce retraite. Alonso est plus occupé que jamais. Il poursuit avec Toyota sa longue saison en Endurance qui le mènera jusqu'aux prochaines 24 heures du Mans. Il annonce aussi son retour à Indianapolis en 2019, toujours avec McLaren, afin d'accrocher la troisième perle de la « triple couronne ». Alonso ne quitte certainement pas la Formule 1 sans un pincement au cœur, même si ses dernières saisons ne furent qu'une longue suite de déboires. Il préfère se souvenir de ses grands succès de jadis, notamment sa victoire à Valence en 2012, sur Ferrari, devant un public espagnol extatique, la plus belle de sa carrière, selon lui. En outre, les organisateurs lui rendent un bel hommage en décorant la salle du briefing des pilotes de peintures et de photographies rappelant ses plus grands exploits.

 

Et puis, Zak Brown annonce qu'en cas de coup dur McLaren fera de nouveau appel à Alonso. Un retour en F1 n'est donc pas à exclure. Comme le souligne son manager Luis Garcia Abad, « il s'agit plutôt d'un au revoir qu'un adieu. » Flavio Briatore confirme cette impression et en profite pour tacler la « bleusaille », incapable selon lui de remplacer son poulain. « Certains dans le paddock sont encore des enfants et s'ils ne portaient pas les couleurs de leurs équipes, personne ne saurait qui ils sont. La Formule 1 sans Fernando est comme le football sans Cristiano Ronaldo », affirme l'Italien.

 

Conflit des primes: la FIA tranche en faveur de Racing Point

En marge de cette épreuve, Haas reprend son offensive contre Racing Point FI, toujours à propos des droits commerciaux. L'écurie américaine estime en effet que cette équipe fait rouler des voitures construites par l'entité précédente, Force India F1 Team, et à ce titre viole l'esprit du règlement qui stipule que chaque constructeur détienne la propriété intellectuelle de sa monoplace. Pour fonder son argumentation, Haas affirme que Racing Point puise dans le stock des « pièces répertoriées » (« listed parts » en bon français), c'est-à-dire des éléments qu'un constructeur ne peut emprunter à un autre. Les dirigeants de Haas, malins, bâtissent ainsi leurs voitures autour des plans et des composants donnés par Ferrari... en laissant de côté ces fameuses pièces proscrites. Ils estiment en revanche que Racing Point utilise de fait des « listed parts » élaborées par Force India, ce qui remet en cause son statut de constructeur, et devrait donc in fine la priver de ses primes.

 

Samedi 24 novembre, les commissaires techniques s'emparent de l'affaire et concluent en faveur de Racing Point. Ils ne peuvent évidemment contester les faits avancés par Haas mais rappellent que rien dans le règlement n'interdit de piocher des pièces répertoriées dans le stock d'une écurie défunte ou exclue, ce qui est le cas de feue Force India F1 Team. Par ailleurs, Racing Point a été reconnue comme constructeur à part entière dès son inscription au championnat, à la veille du GP de Belgique. Guenther Steiner, directeur de Haas, ne baisse cependant pas les bras et déclare réfléchir à interjeter appel.

 

Derniers transferts: Kubica chez Williams, Albon chez Toro Rosso, Ocon au placard

Williams a finalement choisi de titulariser Robert Kubica pour la saison 2019, en dépit de son handicap et de sa très longue absence des Grands Prix. Le Polonais, âgé de 34 ans, n'a il est vrai presque jamais cessé de piloter depuis son très grave accident de février 2011. Il a successivement conduit en Rallye, Endurance et Grand Tourisme. Mais sa connaissance des Formules 1 modernes à moteur hybride se borne à quelques séances d'essais avec Renault puis avec Williams. On répliquera qu'il emmagasiné beaucoup d'expérience grâce au simulateur. Son recrutement permet surtout à Williams de réaliser un beau coup médiatique, dans l'espoir d'attirer quelques sponsors. D'ailleurs Kubica paie son écot: 15 millions de dollars versés par la compagnie pétrolière polonaise PKN Orlen.

 

Kubica est donc élu aux dépens de Sergey Sirotkin, qui n'a certes pas démérité en se montrant souvent plus rapide que Lance Stroll. En conséquence, la banque russe SMP qui finançait son baquet abandonne Williams avec fracas deux jours avant le GP d'Abou Dhabi. On peut cependant penser que Claire Williams avait prévu le coup et que son budget 2019 est bouclé grâce aux zlotys de Kubica. Quant à Sirotkin, il devrait sans peine trouver un programme pour l'an prochain grâce à SMP Racing, l'officine sportive de son commanditaire, engagée en Endurance.

 

La promotion de Kubica chez Williams enterre les dernières espérances d'Esteban Ocon. Le jeune Français ne roulera pas en Grand Prix en 2019. Heureusement, Mercedes lui offre pour patienter le poste d'essayeur et de réserviste, qu'il occupera aussi chez Racing Point FI. Ocon souhaite bien évidemment retrouver un volant de titulaire dès 2020, peut-être chez Mercedes AMG, au cas où Valtteri Bottas continuerait de décevoir.

 

Le 26 novembre, soit après la course, le dernier baquet du plateau 2019 est attribué par Toro Rosso à Alexander Albon. Ce jeune pilote thaïlandais, fils d'un ancien pilote britannique de Tourisme, a fini troisième du championnat de Formule 2 avec DAMS. Toro Rosso est parvenu à rompre le contrat qui le liait avec Nissan pour la prochaine saison de Formule E. Brendon Hartley va par conséquent devoir se recycler dans une autre catégorie, probablement l'Endurance. Le Kiwi ne sera guère regretté: il ne s'est jamais vraiment acclimaté à la F1, et du reste entretenait des rapports très tendus avec Pierre Gasly.

 

Présentation de l'épreuve

Cette dernière manche de l'année 2018 ne comporte pas d'enjeu majeur. La troisième place du championnat des conducteurs retient seule l'attention, puisqu'elle est convoitée par Kimi Räikkönen (251 points), Valtteri Bottas (237 pts) et Max Verstappen (234 pts). Abou Dhabi clôt également la saison dans les formules de promotion. Le Britannique George Russell remporte comme prévu le championnat de Formule 2 avec ART Grand Prix. En GP3, c'est le Français Anthoine Hubert, protégé de Renault, qui décroche la couronne, toujours pour le compte d'ART.

 

Le GP d'Abou Dhabi marque la fin d'une étape dans la carrière de nombreux pilotes. On le sait, Fernando Alonso quitte la F1. C'est également le dernier Grand Prix de Stoffel Vandoorne (qui part en Formule électrique), de Marcus Ericsson (migrant vers l'IndyCar), de Brendon Hartley et de Sergey Sirotkin (sans emploi). Kimi Räikkönen dispute son 151ème et dernier Grand Prix chez Ferrari, et pour cette occasion amène sa petite famille sur le circuit, à savoir son épouse Minttu, et ses deux enfants Robin et Rianna. Il sera remplacé par le sympathique Charles Leclerc qui offre son casque à ses mécaniciens de Sauber en guise de cadeau d'adieu. Daniel Ricciardo quitte Red Bull avec émotion, puisque cette firme le parraine depuis ses débuts en compétition automobile. Dimanche après-midi, « Danny Ric » aura d'ailleurs le privilège d'être accueilli à son stand par une haie d'honneur formée par ses mécaniciens.

 

Enfin, et cela sera fort peu évoqué, Red Bull et Renault divorcent après un mariage très fructueux: en douze saisons de collaboration, le Losange et le Taureau rouge ont amassé la bagatelle de quatre titres mondiaux des pilotes, quatre titres constructeurs, cinquante-neuf victoires, soixante poles positions et cent soixante podiums ! De jolis acquêts. Mais les relations entre les époux étaient exécrables depuis des années, et il n'y aura pas d'effusion après le dernier tour de roue.

 

Toutefois, pilotes et constructeurs ne partiront pas tout de suite en vacances puisque dès le surlendemain du Grand Prix se tiendront les derniers essais privés de la saison, toujours sur la piste d'Abou Dhabi, afin d'éprouver les nouveaux composés de Pirelli. Räikkönen touchera à cette occasion la Sauber alors que Sainz Jr. découvrira la McLaren. Kubica et Giovinazzi roulent pour leur part dès le vendredi, le premier avec Williams, le second avec Sauber.

 

Pirelli remporte l'appel d'offres lancé par la FIA pour la fourniture des pneumatiques sur la période 2020 – 2023. Le Coréen Hankook, son seul rival, sans expérience de la F1, a été facilement défait. Pirelli aura pour principale tâche de fabriquer les nouveaux pneus de 18 pouces qui doivent entrer en vigueur en 2021.

 

Le 19 novembre, Carlos Ghosn, l'emblématique patron de l'alliance Renault – Nissan, est arrêté au Japon suite à une accusation de fraude fiscale et de détournement de fonds. Bien que les faits ne soient pas démontrés pour l'heure, cette interpellation marque la fin de la carrière de ce géant de l'industrie. Thierry Bolloré, directeur général du groupe Renault, assure l'intérim. A priori, la chute de Ghosn ne devrait pas avoir d'impact sur l'implication de la firme au losange en Formule 1. Certes, le désormais ex-P-DG fut l'artisan du retour de Renault en tant que constructeur à part entière, fin 2015, mais cette décision fut prise par l'ensemble du comité exécutif. Par ailleurs, son bras droit et successeur M. Bolloré est membre du conseil d'administration du Renault F1 Team. La pérennité de l'écurie jaune semble donc assurée. D'autre part, et sans que cela soit lié, Jérôme Stoll va quitter à la fin de l'année la présidence de Renault Sport pour prendre sa retraite. Il sera remplacé par Thierry Koskas, 54 ans, jusqu'alors directeur commercial.

 

Depuis que Mercedes a retiré ses roues à jantes trouées au GP des États-Unis, les Flèches d'Argent dévorent leurs pneus en course, d'où probablement les piètres performances enregistrées depuis lors. Mais maintenant que la firme allemande a les deux titres mondiaux dans sa besace, elle prend le petit risque de réutiliser ces jantes à Abou Dhabi. Une autre équipe peut évidemment toujours déposer une réclamation, ce qui permettrait à la FIA de trancher ou non sur leur légalité. En tout état de cause, si les autorités ferment les yeux, ce dispositif sera copié par toutes les autres écuries pour la saison 2019.

 

Essais et qualifications

Les Red Bull semblent apprécier ce tracé d'Abou Dhabi. Verstappen réalise ainsi le meilleur chrono de la première séance d'essais. Lors de la deuxième session, Bottas et sa Mercedes s'avèrent les plus rapides, mais devancent de justesse les deux RBR. Vendredi, Hamilton écope d'une réprimande pour avoir coupé la ligne blanche à la sortie des stands. Ceci ne le trouble guère, puisqu'il s'empare du meilleur temps lors de la troisième séance libre.

 

Les Mercedes survolent les essais qualificatifs. Hamilton conquiert sans forcer sa onzième pole position de la saison (1'34''794'''), avec 162 millièmes d'avance sur son équipier Bottas. Les Ferrari, très en retrait vendredi, se reprennent le lendemain: Vettel (3ème) et Räikkönen (4ème) s'installent sur la deuxième ligne. Comme à l'ordinaire, Red Bull tentera de se démarquer en course de Mercedes et de Ferrari via la stratégie. Ricciardo (5ème) rencontre encore des pépins mécaniques alors que Verstappen (6ème) n'est pas parvenu à bien exploiter ses gommes.

 

Chez Haas, Grosjean (7ème) atteint une fois encore la Q3 et domine Magnussen, sans que celui-ci ne puisse expliquer pourquoi. Du côté de Sauber, Leclerc se hisse en Q3 malgré un accident lors de la troisième séance libre. Ericsson (12ème) pourra lui choisir ses pneus. Ocon place sa Force India au 9ème rang après avoir rencontré une panne de moteur samedi matin. Son collègue Pérez (14ème) déplore un manque d'équilibre. La Renault est toujours difficile à piloter. Hülkenberg (10ème) atteint la troisième manche des qualifications, contrairement à Sainz (11ème) qui commet une faute dans son ultime tour rapide. Alonso (15ème) donne le maximum pour atteindre la Q2 avec la rétive McLaren-Renault. Vandoorne (18ème) fait moins bien. Fin de saison difficile pour Toro Rosso: Hartley (16ème) se débat avec un châssis mal équilibré et Gasly (17ème) est frappé par une panne de moteur en Q1, après s'être accroché avec Grosjean lors des essais. Enfin, la Williams FW41 achève sa désastreuse carrière comme elle l'avait commencée: elle passe brutalement du survirage au sous-virage, et Sirotkin (19ème) comme Stroll (20ème) souffrent pour la garder en piste.

 

Le Grand Prix

La chaleur (33°C) imprègne cette douce soirée, mais un fort vent charrie des nuages chargés de pluie. Mercedes remplace la batterie et la centrale de gestion électronique sur la monoplace d'Hamilton alors que Toro Rosso change le turbo et les systèmes de récupération d'énergie sur celle de Gasly. Côté pneus, la variété est au rendez-vous. Hamilton, Bottas, Vettel, Räikkönen, Ricciardo, Sainz, Pérez, Hartley et Alonso s'élancent avec les pneus ultra-tendres violets. Ericsson, Gasly, Magnussen, Vandoorne, Stroll, Sirotkin prennent les super-tendres rouges. Verstappen, Hülkenberg, Leclerc, Grosjean et Ocon sont en hyper-tendres roses.

 

Le comédien Will Smith, invité par Liberty Media, donne le départ fictif du Grand Prix en brandissant le drapeau des Émirats arabes unis au coup d'envoi du tour de formation. Peu avant, l'acteur a tourné avec la complicité de son ami Lewis Hamilton un petite vidéo humoristique diffusée sur Instagram: il ligote le champion à une chaise afin de prendre sa place au départ du Grand Prix...

 

Départ: Hamilton prend un bon envol et devance Bottas, Vettel et Räikkönen. Verstappen rencontre une perte de puissance passagère à l'accélération, et se retrouve noyé dans le milieu du paquet. Magnussen et Alonso roulent sur les bas-côtés au premier virage.

 

1er tour: Leclerc attaque Ricciardo dans la longue pleine charge. L'Australien résiste mais cédera au Monégasque dans le bout droit suivant. Hülkenberg fait l'intérieur à Grosjean aux abords du virage n°8. Tous deux franchissent côte à côte la chicane, l'Allemand à gauche, le Français à droite. A la sortie de l'enchaînement, la Haas harponne la roue arrière-droite de la Renault qui s'envole, se retourne, exécute deux tonneaux et atterrit cul par-dessus tête sur les barrières de protection, museau au sol. Hülkenberg est bloqué dans son habitacle, peut-être à cause du halo, alors que ses échappements crachent des flammes. « Je suis suspendu comme une vache ! » hurle-t-il dans sa radio. La voiture de sécurité entre en piste.

 

2e: L'incendie de la Renault d'Hülkenberg est rapidement circonscrit. Puis, les commissaires retournent avec précaution la monoplace et Hülkenberg peut enfin s'en extraire, parfaitement indemne. Hartley passe aux stands pour changer d'aileron avant. Il a roulé sur des débris de la Renault. Hamilton mène devant Bottas, Vettel, Räikkönen, Leclerc, Ricciardo, Grosjean, Ocon, Verstappen et Pérez.

 

3e: Les concurrents évoluent derrière la Safety Car. La Renault d'Hülkenberg est évacuée par une grue.

 

4e: Hartley perd l'arrière de sa Toro Rosso au virage n°19 et se frotte aux glissières en Tecpro. Par bonheur, il peut poursuivre sans dégât majeur.

 

5e: La voiture de sécurité est rappelée aux stands, les drapeaux verts sont agités, la course reprend. Hamilton creuse aussitôt l'écart sur Bottas. Verstappen attaque Ocon et plonge vaillamment à l'intérieur de la grande épingle. Le jeune Français s'écarte de justesse. Mais à la réaccélération, Verstappen perd encore de la puissance. Les deux Force India d'Ocon et de Pérez lui passent sous le nez. Le Hollandais parvient tout de même à doubler Pérez au virage n°11.

 

6e: Verstappen résout son problème de puissance en manipulant un bouton sur son volant. Puis, il tente la même manœuvre qu'au tour précédent contre Ocon. De nouveau, le pilote Force India doit ouvrir la trajectoire pour éviter l'accrochage. Ocon réplique à la réaccélération et repasse devant le Hollandais au virage n°8. Mais Verstappen aborde ensuite le bout droit dans l'aspiration de la Force India. Il prend l'intérieur, freine tard au virage n°11 et efface définitivement Ocon. Victime d'une panne électrique, Räikkönen réduit son allure en cette fin de tour.

 

7e: Räikkönen s'immobilise juste sur la ligne de chronométrage. Comme la Ferrari est très mal située, la direction de course impose aux pilotes une « voiture de sécurité virtuelle ».

 

8e: Mercedes appelle aux stands Hamilton pour qu'il effectue son unique arrêt en perdant un minimum de temps grâce à la neutralisation. Il prend les pneus super-tendres (2.5s.) et reprend la piste en cinquième position. Leclerc et Grosjean remplacent aussi leurs gommes. Les commissaires poussent la Ferrari de Räikkönen vers la pit-lane, et les drapeaux verts sont agités en fin de boucle.

 

9e: Revenu sur Verstappen, Hamilton tente de le déborder entre les virages n°9 et 10, mais le Hollandais lui ferme la porte.

 

10e: Bottas est premier devant Vettel (1.4s.), Ricciardo (5s.), Verstappen (6.5s.), Hamilton (9s.), Ocon (13.5s.), Pérez (15.1s.), Ericsson (16.1s.), Sainz (17s.), Gasly (18.1s.), Alonso (19.3s.), Leclerc (20.5s.) et Magnussen (21.4s.).

 

11e: Hamilton laisse filer Verstappen, puisqu'il n'a aucun intérêt à le suivre de près et abîmer ainsi ses gommes toutes neuves.

 

13e: La nuit est tombée sur Yas Marina. Bottas précède Vettel de deux secondes et demie. Verstappen évolue à moins d'une seconde de Ricciardo. Sainz essaie en vain de faire l'extérieur à Ericsson au virage n°11.

 

14e: Sainz déborde Ericsson dans la courbe qui précède le onzième virage.

 

15e: Vettel entre aux stands et prend les pneus super-tendres en près de quatre secondes, ce qui est bien lent. L'Allemand repart entre Ocon et Pérez.

 

16e: Vettel se défait d'Ocon. Pérez dépasse ensuite son équipier. Bottas pénètre dans la pit-lane à l'issue de ce tour. Les deux Red Bull occupent provisoirement les deux premières places.

 

17e: Bottas met les gommes rouges (2.5s.) et reprend la piste nettement devant Vettel. Sainz tente de faire l'extérieur à Ocon avant le virage n°11, sans succès. Au même endroit, Ericsson repousse un assaut de Gasly.

 

18e: Verstappen chausse les Pirelli rouges en seulement deux secondes. Il se retrouve cinquième. Ocon remplace aussi ses pneus.

 

19e: Ricciardo mène devant Hamilton (6s.), Bottas (14.1s.), Vettel (17.7s.), Verstappen (19.5s.), Pérez (31.6s.), Sainz (35.4s.), Ericsson (40.7s.), Gasly (42s.) et Alonso (43.8s.).

 

20e: Aussi incroyable que cela puisse paraître, la pluie menace. Quelques gouttes sont signalées autour du circuit.

 

21e: Hamilton conduit à sa main et garde un retard de six secondes sur Ricciardo qui de toute façon devra changer de pneus tôt ou tard.

 

23e: L'intervalle entre Ricciardo et Hamilton n'évolue pas. Ocon, dix-septième depuis son arrêt, bute un temps sur Sirotkin et peine à remonter.

 

24e: Il pleut au niveau de la plus longue ligne droite. Sur les murettes, on s'interroge sur les stratégies à adopter.

 

25e: Ericsson rencontre une perte de puissance et gare sa Sauber-Ferrari dans le paddock de la Formule 2.

 

26e: Le crachin cesse sans avoir eu le temps d'humidifier le bitume. Leclerc prend la neuvième place à Alonso. Arrêt pneus pour Pérez.

 

27e: Hamilton revient à trois secondes de Ricciardo dont les pneus commencent à s'altérer. Pérez passe devant Magnussen. Alonso change ses enveloppes.

 

28e: Ricciardo précède Hamilton (2.8s.), Bottas (9.8s.), Vettel (11.3s.), Verstappen (13.1s.), Sainz (41.5s.), Gasly (56.8s.), Leclerc (1m.), Pérez (1m. 01s.), Magnussen (1m. 04s.), Stroll (1m. 07s.) et Vandoorne (1m. 09s.).

 

29e: Gasly fait halte chez Toro Rosso pour s'emparer de pneus violets et ressort en seizième position.

 

30e: Grosjean dépasse Vandoorne au virage n°8 et conquiert la huitième place. Mais dans la ligne droite suivante, le Genevois se fait à la fois déborder par le Belge et par Ocon ! Celui-ci part à son tour à la chasse de la McLaren.

 

31e: Les pneus de Ricciardo ne sont pas encore morts. L'Australien compte toujours trois secondes de marge sur Hamilton. Ocon et Vandoorne franchissent côte à côte les virages de la Marina. Le Français finit par s'imposer par l'extérieur au virage n°16. Piégé par son élan, il emprunte toutefois les dégagements au tournant suivant, mais demeure devant le Flamand. Ocon reçoit pour cela une pénalité de cinq secondes.

 

33e: Ricciardo stoppe aux stands pour chausser des gommes rouges (2.2s.) et retrouve le circuit derrière Verstappen. Grosjean est passé devant Vandoorne.

 

34e: Hamilton récupère les commandes de l'épreuve, six secondes devant Bottas, pourchassé par Vettel.

 

35e: Les pneus de Bottas s'effondrent soudainement. Le Finlandais sort très mal de l'épingle. Vettel le dépasse avant le virage n°11. Vandoorne et Sirotkin changent de pneus.

 

36e: Verstappen est maintenant sur les talons de Bottas. Celui-ci bloque ses roues au bout de la longue ligne droite et emprunte les dégagements.

 

37e: Sept secondes entre Hamilton et Vettel. Sainz prend des pneus super-tendres et demeure au sixième rang.

 

38e: Verstappen actionne son aileron arrière mobile dans l'accélération qui mène au onzième tournant, puis prend le virage avec un angle très ouvert. Il se faufile à l'extérieur et se porte à la hauteur de Bottas dans le court enchaînement des virages n°12 et 13. Leurs roues se frottent, et le Finlandais est projeté vers la bordure. Verstappen passe ainsi en force et s'empare de la troisième position. Ocon prend la dixième position à Stroll.

 

39e: Ricciardo dépasse Bottas par l'intérieur au virage n°8. Le Scandinave tente de riposter par l'extérieur à la réaccélération, mais l'Australien conserve l'ascendant.

 

40e: Bottas troque ses pneus rouges contre des pneus violets et redémarre sans avoir perdu de position. Stroll change aussi de pneus.

 

41e: Hamilton est en tête devant Vettel (5.2s.), Verstappen (9.4s.), Ricciardo (11.6s.), Bottas (36.7s.), Sainz (1m. 04s.), Leclerc (1m. 11s.), Pérez (1m. 14s.), Ocon (1m. 28s.), Grosjean (1m. 36s.) et Gasly (1m. 39s.). Magnussen chausse les pneus ultra-tendres et se retrouve douzième.

 

43e: Les écarts sont très stables entre Hamilton et Vettel. Ricciardo évolue à deux secondes de son équipier Verstappen.

 

45e: Le moteur d'Ocon émet une fumée suspecte avant de céder. Le jeune Français est contraint de s'immobiliser à l'entrée de la pit-lane.

 

47e: Cinq secondes séparent toujours les deux voitures de tête. Une fuite d'huile frappe le moteur Honda de Gasly. L'autre Normand se gare dans une échappatoire.

 

48e: Hamilton devance Vettel (5.1s.), Verstappen (8.5s.), Ricciardo (10.5s.), Bottas (36.2s.), Sainz (1m. 08s.), Leclerc (1m. 20s.), Pérez (1m. 23s.), Grosjean (-1t.), Magnussen (-1t.), Alonso (-1t.) et Hartley (-1t.).

 

50e: Vettel a repris sept dixièmes à Hamilton. Alonso prend Magnussen dans son viseur avec l'espoir d'inscrire au moins un point.

 

52e: Hamilton précède Vettel (4.7s.), Verstappen (9.8s.), Ricciardo (12.4s.), Bottas (39.7s.) et Sainz (1m. 12s.). Pérez menace la septième place de Leclerc. Alonso coupe la chicane des virages n°8 et 9 pour rattraper Magnussen.

 

54e: Vettel s'empare du meilleur tour de la course: 1'40''867'''. Alonso bloque ses roues au virage n°8 et tire tout droit. Il rééditera encore une fois cette manœuvre douteuse.

 

55ème et dernier tour: Lewis Hamilton conclut cette campagne 2018 par une onzième victoire. Vettel se classe deuxième, Verstappen troisième. Ricciardo échoue au pied du podium. Bottas termine cinquième après une course difficile. Sainz apporte à Renault une belle sixième place. Leclerc se classe septième pour la troisième fois d'affilée. Pérez, Grosjean et Magnussen prennent les derniers points. Alonso achève sa carrière en F1 par une onzième place. Hartley, Stroll, Vandoorne et Sirotkin rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course

Comme le veut une tradition récente, les coureurs célèbrent cette fin de championnat en exécutant des « donuts » pour le plus grand plaisir du public. Lewis Hamilton et Sebastian Vettel effectuent leurs figures dans la ligne droite de départ/arrivée, bientôt rejoints par Fernando Alonso. Ce dernier reçoit de la FIA un beau cadeau d'adieu: cinq secondes de pénalité et trois points en moins sur son « permis » pour avoir court-circuité à trois reprises une chicane !

 

Lewis Hamilton se laisse aller sur le podium, puisqu'il se présente avec son smartphone à la main, avant de dégrafer sa combinaison et d'offrir son torse nu aux jets de « champagne » de ses deux collègues. Qu'importe: Hamilton, meilleur ambassadeur de la F1, peut (presque) tout se permettre. Et puis il a encore mené une course parfaite. « Je ne voulais rien négliger ici, l'équipe a fait un travail exceptionnel toute l'année, donc je voulais être au niveau pour eux et bien finir la saison. Je pense que j'y suis parvenu et je suis vraiment reconnaissant pour tout le soutien que j'ai eu cette année », déclare le quintuple champion du monde.

 

Sebastian Vettel pourra longtemps méditer sur sa défaite au championnat du monde dont il est largement responsable, plus encore qu'en 2017. Avec le recul, sa sortie de route au GP d'Allemagne apparaît comme le point de bascule de la saison. Avant cette épreuve, l'Allemand menait le classement général avec huit longueurs d'avance sur Hamilton, et avait empoché quatre victoires contre trois à son rival. Après Hockenheim, il n'a remporté qu'une seule course, à Spa, alors qu'Hamilton coiffait huit fois les lauriers. Au final, Vettel achève sa campagne avec 88 points de retard sur Hamilton – un gouffre -, alors qu'en 2017 il ne lui concédait que 46 unités. Comment justifier une telle déroute, un tel écroulement ? L'explication se situe probablement au-delà de l'aspect purement sportif, dans la psychologie complexe, dans les ressorts intimes d'un champion pudique et discret, quel nul ne peut sérieusement appréhender.

 

En dépit de son abandon, Kimi Räikkönen conserve la « médaille de bronze » de ce championnat 2018. En revanche, Max Verstappen passe devant Valtteri Bottas pour deux petits points. Le Finlandais achève donc cette saison au cinquième rang, sans avoir remporté un seul Grand Prix, une première pour un pilote Mercedes depuis 2012 ! Bottas n'aura pas trop de cet hiver pour se refaire une santé après une telle déconvenue. Dans la coulisse, Ocon, Russell, Wehrlein et d'autres encore, lorgnent avec gourmandise sur son baquet...

 

Renault a atteint son objectif de début d'année: la quatrième place du championnat des constructeurs. « C'est une grande satisfaction », se félicite Cyril Abiteboul. « Nous n'avons pas de podium, mais il y a deux ans nous étions avant-derniers. Je ne suis pas certain que beaucoup d'écuries aient progressé aussi vite. » Cependant, un gouffre sépare les machines anglo-françaises des trois « top teams ». Pourra-t-il être comblé dès 2019 ? « Le problème réside dans cette seconde et demie par rapport aux meilleurs », reconnaît le directeur de Renault Sport. « Cet hiver, on doit bosser dur sur le moteur pour offrir à Daniel (Ricciardo) la possibilité de saisir des podiums si l'occasion se présente. »

 

Alonso: au revoir... et à bientôt ?

Enfin, Fernando Alonso tourne la page de la Formule 1 sans manifester une grande émotion, même si les nombreux messages de sympathie reçus l'ont beaucoup touché. Sitôt sorti de son habitacle, il remercie ses mécaniciens, fait un saut chez Ferrari, où il a gardé de nombreux liens, et prend le premier avion pour Bahreïn, où il doit tester, pour le « fun », le bolide de Nascar de l'Américain Jimmie Johnson. Par ailleurs, il révèle qu'il pilotera une Cadillac DPi aux prochaines 24 heures de Daytona. « Je vais piloter toutes les voitures possibles ! » clame-t-il avec résolution.

 

L'Espagnol, qui adore prendre le contre-pied des discours journalistiques, admet d'autre part qu'il est prêt à piloter la future McLaren-Renault de 2019... en essais privés. Songe-t-il déjà à un « come-back » ? « Il n'est pas question de fermer les portes. Mais pour l'instant, pour moi, c'est fini ! Peut-être en mai prochain, affalé sur mon canapé, je regretterai et je m'ennuierai. Mais pas pour l'instant. De toute façon, je reviendrai en F1. Comme spectateur. Ou, pourquoi pas, en commentateur... » Quoiqu'il advienne la Formule 1 perd un des plus grands champions de son histoire, dont le palmarès ne reflète certes pas l'immense talent, mais qui laissera un vide profond.

Tony