Juan-Pablo MONTOYA
 J.MONTOYA
Williams BMW
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari
Kimi RAIKKONEN
 K.RAIKKONEN
McLaren Mercedes

681st Grand Prix

LXVII Australian Grand Prix
Overcast
Melbourne
Sunday, 3 March 2002
58 laps x 5.303 km - 307.574 km
Affiche
F1
Coupe

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Engine

La fin de Prost GP


BAR: D. Richards remplace C. Pollock


Présentation de la saison


Le Phoenix grillé (1)


Présentation de l'épreuve

La F1 revient à l'Albert Park un an après le dramatique accident qui a coûté la vie au commissaire de piste Graham Beveridge, touché par une roue folle issue de l'accrochage entre Ralf Schumacher et Jacques Villeneuve. Jeudi 28 février, le directeur de course Charlie Whiting effectue une minutieuse inspection du circuit avec Pat Behar, l'attaché de presse de la FIA responsable des photographes. Les deux hommes vérifient qu'il ne subsiste pas le moindre trou dans les grillages et glissières de sûreté. C'est en effet par l'une de ces aspérités qu'est passée la roue qui a tué le malheureux Beveridge. Le promoteur du Grand Prix Ronald J. Walker a été prévenu qu'une seule anomalie entraînerait des travaux immédiats. Et si un accident similaire se reproduisait, Melbourne serait tout simplement rayé du calendrier ! En tout cas, ces mesures pointilleuses irritent les photographes qui n'ont plus que très peu de fenêtres pour glisser leurs objectifs en bord de piste. Pat Behar tente de les apaiser, mais doit admettre qu'il sera difficile cette année de prendre des clichés des bolides au ras de la piste.


Mark Webber est sans conteste le plus grand des néophytes de la saison 2002. Sinon par le talent, du moins par la taille: avec son mètre quatre-vingt-quatre, il devance nettement Felipe Massa (1m 66), Allan McNish (1m 65) et Takuma Satō (1m 63). Mais il est surtout le premier Australien à rouler en F1 depuis David Brabham en 1994. Pour ce premier rendez-vous à Melbourne, son patron Paul Stoddart, lui-même natif de l'île-continent, joue à fond la carte du chauvinisme. Après avoir officiellement présenté la Minardi PS02 à Kuala Lumpur, sponsors malais obligent, Stoddart et Webber organisent le lundi 25 février un grand show à Melbourne. On y remarque le célèbre rugbyman David Campese, grand ami du jeune pilote. Webber est d'ailleurs bien entouré. Il est depuis l'an passé l'un des protégés de Flavio Briatore, tout en restant le client d'Ann Neal, seul femme agent de petit monde de la F1. En guise de préparation à son premier Grand Prix, il s'offre un vol acrobatique sur un avion de la Royal Australian Air Force au-dessus de l'Albert Park. « La tête en bas, j'ai découvert une autre Australie ! » lâche-t-il.


Michael Schumacher aborde cette nouvelle saison frais et dispos. Il vient de passer avec Corinna une semaine de vacances chez son ami Mike Doohan, sur la Barrière de Corail. Prêt à repartir au combat, il n'affiche pas une grande pression, bien qu'il soit contraint de commencer l'année avec la « veille » F2001. « Le temps nous a manqué pour nous assurer de la fiabilité de la F2002, dit-il. Nous avons été stoppés lors de nos tests d'endurance et sagement nous avons décidé de reporter son lancement. » Schumacher prétend tout de même être « énervé » par ce retard, mais il précise que la F2001 et la F2002 sont « très différentes », ce qui sous-entend que le nouveau modèle représente un grand pas en avant. La concurrence saura-t-elle combler cet écart ? David Coulthard se prétend en tout cas satisfait des progrès de la McLaren-Mercedes: « Le châssis possède un meilleur équilibre, plus d'appuis. Quant à moi, j'ai tout pour devenir champion du monde ! » Un objectif que l'on ne prête pas à son jeune équipier Kimi Räikkönen, jugé trop tendre. D'ailleurs, l'intéressé n'en dit rien et fuit la presse.


Chez Williams-BMW, les deux sociétaires visent aussi le titre, en particulier Juan Pablo Montoya qui aborde sa seconde saison de F1 avec un moral gonflé à bloc: « Désormais je connais parfaitement l'équipe et je maîtrise mieux la voiture. Tout va donc très bien. Néanmoins, mon but est avant tout d'être titré sans me focaliser sur Schumacher. C'est simplement le gars qui peut gagner le plus de courses, car il possède la meilleure voiture et l'utilise parfaitement. » Le Colombien a beau dire, il ne peut pas s'empêcher d'envoyer quelques petites piques au quadruple champion du monde: « Cela m'agace quand on dit qu'il est le meilleur pilote de l'histoire de la F1. Pour moi, cet honneur revient à Ayrton Senna ! » David Coulthard égratigne aussi Schumacher, sur un ton cependant moins sérieux: « Michael devient trop vieux. Je remarque qu'il y a des endroits où il ralentit alors que je passe à fond ! »


La rivalité entre les deux fournisseurs de pneumatiques Bridgestone et Michelin sera l'une des clefs de ce championnat. En matière d'innovation technologique, l'entreprise française étonne en présentant des gommes dont les rainures sont asymétriques, afin de réduire l'usure et améliorer la tenue de route. Problème: Max Mosley s'est empressé de dénoncer ce qu'il assimile à une violation de l'esprit du règlement. Ce dernier stipule en effet que les rainures doivent être « uniformes ». « Uniformes ne signifie pas symétriques ! » réplique Andy Pope, porte-parole de Michelin. « Cependant, comme nous sommes gentils, nous avons décidé de ne pas apporter tout de suite ces pneus et de poursuivre le dialogue avec la FIA. » Ron Dennis vient au secours de son nouveau partenaire et égratigne Mosley: « L'interprétation du règlement ne peut pas être livrée comme ça, de but en blanc, devant les journalistes, sans préparation ni explication. Et surtout, sans attendre la défense de ceux qui cherchent à améliorer leurs produits sans forcément avoir l'intention de tricher ! »


Jacques Villeneuve dispute ce week-end son 100e Grand Prix, mais n'a pas vraiment le sourire. La nouvelle BAR-Honda 004 ne lui donne pas satisfaction, et surtout son vieil ami Craig Pollock n'est plus le directeur de l'écurie, ce qu'il ne digère pas: « Je suis furieux de voir comment les choses se sont passées ! Après tout ce que Craig et moi avons investi dans cette écurie, nous estimons avoir été traités comme du bétail. S'il ne m'avait pas averti, j'aurais appris son licenciement le jour du lancement de la nouvelle voiture ! » Comme on l'imagine aisément, Villeneuve se méfie déjà de son nouveau patron David Richards. « Mon seul vœu, c'est que 2002 soit une meilleure année que 2001 », énonce-t-il, histoire de dire quelque chose. De son côté, Richards met les choses au clair: « Avec Jacques, il n'y a pas de faux-semblant. Je veux un bon pilote et lui une bonne voiture. Si ces conditions sont remplies, tout ira bien. »


Le paddock accueille pour la première fois le Panasonic Toyota F1 Team, équipe d'usine du géant japonais de l'automobile. Ses techniciens en uniforme blanc et rouge, japonais pour la grande majorité, sont d'une rare discrétion. De même que les huiles présentes: le grand patron Hiroshi Okuda, le président d'honneur Soichiro Toyoda, le vide-président exécutif Akihito Saito et Tsutomu Tomita, l'artisan de cette arrivée en F1. Les responsables européens du team, Ove Andersson, Ange Pasquali et Gustav Brunner, donnent quant à eux une grande réception de présentation à l'Atlantic South Wharf, en présence des trois pilotes, les titulaires Mika Salo et Allan McNish, et l'essayeur Ryan Briscoe. Instant insolite: jeudi soir, au restaurant japonais Kenzan, les ingénieurs de Toyota et Honda se retrouvent attablés côte à côte. On se salue poliment. Mais on ne fraternise pas.


Dix-sept ans après, une équipe Renault d'usine se présente à nouveau au départ d'un Grand Prix de Formule 1. Certes, l'attrait de la nouveauté est moins grand que pour Toyota, puisque la marque au Losange contrôlait de facto depuis deux ans l'ex-équipe Benetton. Les visages sont donc (presque) les mêmes. Reste qu'une écurie nommée Renault doit tenir son rang. Pour cette première saison, Patrick Faure et Flavio Briatore souhaitent demeurer sur la lancée de la fin de la saison 2001, c'est-à-dire s'imposer aux équipes de la deuxième moitié de la grille (Sauber, BAR, Jordan, Jaguar), avant de viser plus haut. Nouveau venu, Jarno Trulli est sur la même longueur d'onde: « Mon objectif est de faire de Renault la quatrième force du plateau ».


Cela ne va pas beaucoup mieux chez Jaguar. La nouvelle R3 paraît encore plus ratée que sa devancière, et selon toute vraisemblance les machines vertes devraient côtoyer les Minardi en fond de grille. Voilà de quoi inquiéter la maison-mère Ford, et notamment son nouveau président Nick Scheele. Ce dernier a convoqué Niki Lauda à Détroit pour faire le point sur l'état de l'écurie Jaguar-Ford. L'Autrichien est dans l'embarras: comment expliquer de si maigres résultats après un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars ? Pour l'heure, Lauda ne peut qu'envisager une vaste réorganisation du staff de Milton Keynes. Son nouveau bras droit Günther Steiner revêt les habits de grand épurateur. Le directeur technique Steve Nichols a déjà fait ses bagages. Ses adjoint John Russell et Darren Davies pourraient suivre.


Le tout jeune Felipe Massa arpente pour la première fois un paddock de Formule 1, flanqué de ses parents Luis et Anna. Alors qu'il tente de se familiariser avec ce nouvel univers, le néophyte reçoit la visite de Michael Schumacher himself, Ce dernier lui prodigue de chaleureux encouragements. Le champion du monde s'intéresse sincèrement à Massa: en septembre dernier, ce dernier a battu son propre record du circuit de Fiorano, dès sa première sortie en F1 sur Sauber-Petronas ! Massa rencontre aussi Jacques Laffite, lequel lui apprend qu'il a jadis gagné le GP du Brésil à São Paulo. « - En quelle année ? - 1979 ! - Mais je n'étais même pas né ! » s'étonne Massa avec un sourire.


Mi-février, Arrows a surpris en cassant le contrat de Jos Verstappen, pourtant confirmé pour 2002, afin de le remplacer par Heinz-Harald Frentzen, libéré de ses engagements avec feue Prost GP. Depuis, le Néerlandais crie sa colère à l'égard de Tom Walkinshaw et souhaite le poursuivre devant les tribunaux. Mais l'Écossais balaie ces allégations: « Verstappen savait depuis Monza l'an dernier qu'il ne serait pas chez nous en 2002 ! » Pour l'heure, « Jos the Boss » serait en négociations pour devenir réserviste chez Sauber. Il aurait même fait mouler son baquet à Hinwil. À moins qu'il ne se réconcilie avec son ancien patron en pilotant une Prost AP04... En effet, vendredi 1er mars, Tom Walkinshaw proclame qu'il est sur le point de racheter ce qu'il reste de l'écurie française ! « Je suis entré en rapports avec l'écurie d'Alain, pour le compte d'un ami, très riche, qui veut investir en F1, à condition de pouvoir rouler rapidement », explique-t-il. En fait, cet ami, Charles Nickerson, travaille pour le compte de Walkinshaw. Ce dernier souhaite mettre la main sur les actifs de Prost GP, déjà convoités par Paul Stoddart. À ce jeu de rapaces, c'est Walkinshaw qui gagne: son complice Nickerson rachète le matériel de Prost GP pour le compte de sa compagnie, Phoenix Finance Ltd. La nouvelle écurie Phoenix prévoit d'être au départ du GP de Malaisie quinze jours plus tard, avec des AP04 modifiées en hâte. Problème: elle n'a ni moteur ni pilotes, et surtout n'a pas racheté le droit d'inscription de Prost GP au championnat du monde 2002...


Les équipes apportent déjà des évolutions à leurs bolides, à l'image de Williams qui a retouché son aileron avant et ses déflecteurs latéraux. Patrick Head indique en outre que ses ingénieurs étudient une configuration aérodynamique inspirée de la McLaren MP4/17. On signalera pour l'ironie que la Flèche d'Argent apparaît avec des déflecteurs devant les roues arrière inspiré de... Williams. Ferrari arrive ici avec des F2001 largement remaniées et préfigurant la F2002. M. Schumacher roule ainsi avec le châssis n°214 avec lequel il a gagné le GP au Japon, fin 2001. Celui-ci est allégé de 5 kg, arbore une nouvelle répartition des masses et des pontons plus arrondis. À Melbourne, la F2001 se pare pour les essais d'un déflecteur arrière ressemblant fort à celui de la F2002. Enfin, le moteur est toujours le 050 de 2001, mais doté des mises à jour électroniques du 051. Du côté de Renault, deux versions du V10 RS22 sont déjà à l'œuvre: le type A pour les essais libres et le Grand Prix, le type B pour les qualifications. La Toyota TF102 présente plusieurs aménagements, notamment un nouvel extracteur d'air chaud devant l'aileron arrière et un aileron avant inédit.


Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent par temps frais et humide, avec un crachin tombant çà et là. Les Ferrari survolent les débats, M. Schumacher signant le meilleur temps (1'27''276''') avec une demi-seconde d'avance sur Barrichello. Samedi matin, les derniers essais libres sont marqués par la pluie en fin de séance. M. Schumacher (1'26''177''') est toujours le plus rapide et bat déjà sa pole de 2001. Suite à un problème de boîte, Satō pulvérise sa Jordan dans une sortie à haute vitesse dans la courbe Stewart.


Les qualifications commencent sous un ciel menaçant. La séance est rapidement suspendue par un drapeau rouge provoqué par Coulthard, poussé dans le mur à cause d'une mésentente avec Villeneuve. Les bolides repartent, puis vingt minutes plus tard, l'averse tombe drue. La compétition aura donc duré moins d'une demi-heure. Les deux Ferrari monopolisent la première ligne, mais la pole revient à Barrichello (1'25''843''') qui est sorti très tôt. M. Schumacher (2e) échoue à seulement 5 millièmes de son coéquipier. R. Schumacher (3e) concède près d'une demi-seconde aux Ferrari F2001. Inquiétant. Montoya (6e) a été gêné par Fisichella dans son unique run. Après son accident, Coulthard saute dans son mulet pour réaliser le 4e temps. Sur la seconde McLaren, Räikkönen (5e) déclare avoir commis quelques petites fautes. Les Renault donnent satisfaction. Trulli décroche une belle 7e place. Button (11e) est en revanche déçu car il a composé avec des pneus déjà usés.


Fisichella (8e) est satisfait de sa Jordan-Honda. Sa monocoque ayant été endommagée lors de son accident du matin, Satō se rabat sur la voiture de son équipier, laquelle tombe en panne de boîte. Lorsque le Japonais grimpe dans le mulet, la pluie tombe ! Il n'est donc pas qualifié, mais les commissaires le repêchent compte tenu des circonstances. Les Sauber-Petronas sont en cinquième ligne, et le jeune Massa (9e) devance Heidfeld (10e), frappé il est vrai par deux pannes le matin. Les BAR-Honda (Panis 12e, Villeneuve 13e) se montrent sous-vireuses et peu puissantes. Satisfaction chez Toyota: Salo (14e) et McNish (16e) réalisent des performances tout à fait convenables, même si la pluie a quelque peu rebattu les cartes. Les Arrows-Ford (Frentzen 15e, Bernoldi 17e) semblent bien nées et auraient pu faire mieux sans l'averse. Webber arrache une bonne 18e place avec sa modeste Minardi-Asiatech. Yoong (21e) est seulement heureux de se qualifier. Comme redouté, les Jaguar-Ford sont calamiteuses: de la Rosa (19e) doit changer sa boîte de vitesses et Irvine (20e) déplore une absence totale de grip.


Le Grand Prix

Dimanche matin, le warm-up se déroule sous la pluie et les pilotes se montrent prudents pour éviter des réparations de dernière minute. Seul Salo heurte le mur avec sa Toyota. M. Schumacher réalise le meilleur chrono (1'41''509'''). Inquiétude chez Sauber: après les pannes d'Heidfeld la veille, Massa est stoppé deux fois par une chute de pression d'essence et un bug de logiciel.


La course se déroule sous un ciel chargé, mais la météo ne prévoit pas de pluie. La température n'est pas très élevée (18°C) et selon toute vraisemblance un seul arrêt-ravitaillement sera nécessaire.


Tour de formation: Au démarrage, les deux Arrows restent scotchées, victimes d'une même panne électrique. Frentzen et Bernoldi sont poussés par les commissaires vers la voie des stands. Le départ se prendra sans eux.


Départ: R. Schumacher prend un très bon envol, double son frère et se place dans le sillage de Barrichello. Ce dernier emprunte la trajectoire de droite, avant de se déporter vers la gauche au freinage pour prendre la corde. Surpris par ce louvoiement, R. Schumacher percute de plein fouet l'arrière du Brésilien. La Williams décolle, survole la Ferrari, puis retombe lourdement dans les graviers avant de heurter les barrières de pneus. Barrichello échoue en tête-à-queue. Protégé sur le côté droit de la piste, Coulthard vire en tête devant Trulli et Montoya. M. Schumacher et surtout Räikkönen tirent droit dans l'herbe. Derrière c'est le carnage: surpris par la confusion, Heidfeld part en glissade et harponne Fisichella et Massa, avant d'être percuté par Button. Également en perdition, Panis tape contre le flanc droit de Button et finit face à Heidfeld. Salo évite de justesse la BAR, mais se fait heurter par son équipier McNish qui part en tête-à-queue.


1er tour: Pas moins de sept voitures gisent au premier virage. Button poursuit un instant avant de s'immobiliser avec un ponton droit démoli. Curieusement, le drapeau rouge n'est pas déployé. Seule la voiture de sécurité est envoyée en piste. Salo stoppe chez Toyota pour faire remplacer un tirant arrière endommagé. L'opération dure trois minutes.


2e: La Safety Car emmène un peloton clairsemé comprenant Coulthard, Trulli, Montoya, M. Schumacher, Irvine, de la Rosa, Satō, Webber, Yoong et Villeneuve. Räikkönen subit une longue halte de 50 secondes pour changer son museau et retirer des débris de ses radiateurs. Frentzen démarre depuis les stands, mais en grillant le feu rouge ! Les commissaires sont à l'œuvre pour évacuer les machines accidentées de R. Schumacher, Barrichello, Panis, Heidfeld, Fisichella, Massa, McNish et Button.


4e: Les commissaires balaient la piste dans le premier enchaînement. Derrière la voiture de sécurité, Coulthard devance Trulli, Montoya, M. Schumacher, Irvine, de la Rosa, Satō, Webber, Yoong, Villeneuve, Räikkönen, Salo et Frentzen, ces deux derniers étant relégués à plus d'un tour.


5e: Les feux de la voiture de sécurité s'éteignent. La course va repartir au tour suivant.


6e: Le drapeau vert est brandi. Montoya menace Trulli mais, surpris par des pneus trop froids, il rate son freinage au virage n°3, met quatre roues dans l'herbe et laisse ainsi filer M. Schumacher. Celui-ci revient ensuite sur Trulli. Räikkönen efface Yoong et Villeneuve.


7e: Schumacher prend l'aspiration de Trulli au passage de la ligne et tente de porter une attaque, contrée par l'Italien au prix d'un freinage tardif. Coulthard s'envole en tête avec trois secondes d'avance sur ce tandem. Räikkönen double Webber.


8e: Schumacher harcèle Trulli et tente de se jeter à l'intérieur au premier virage, mais de nouveau l'Italien lui coupe in extremis la trajectoire. Montoya en profite pour revenir sur la Ferrari. Coulthard a pris six secondes de marge sur ces trois pilotes. Räikkönen prend la septième place à de la Rosa et Webber s'incline devant Villeneuve. Bernoldi prend à son tour la piste avec le mulet Arrows, ce qui est interdit après le départ officiel.


9e: Après le premier enchaînement, Trulli part soudain en tête-à-queue à la réaccélération et percute par la droite le mur intérieur. Le jeune Italien abandonne sa Renault accidentée et la voiture de sécurité refait son apparition. Räikkönen a doublé Satō avant la neutralisation. Frentzen stoppe chez Arrows pour un ravitaillement.


10e: La Safety Car réapparaît. Coulthard précède M. Schumacher, Montoya, Irvine, Räikkönen, Satō, de la Rosa, Webber et Yoong. Villeneuve effectue un premier pit-stop. Salo, Frentzen et Bernoldi sont toujours relégués à un ou plusieurs tours.


11e: La voiture de sécurité rentre à l'issue de ce tour. Coulthard arrive au virage n°15 lorsqu'une de ses vitesses saute. L'Écossais sort dans la pelouse et regagne le bitume en cinquième position. Schumacher prend la tête mais, surpris par l'escapade de Coulthard, il a bloqué ses roues dans ce même tournant et se retrouve sous la menace directe de Montoya.


12e: Montoya prend l'aspiration de Schumacher, le déboîte par l'extérieur, freine tard et s'empare avec maestria du commandement. Räikkönen double aisément Irvine, lequel s'incline ensuite devant Coulthard. Satō se débat avec une boîte déréglée et rejoint le stand Jordan pour une reprogrammation. Le Japonais repart au bout d'une minute.


13e: Montoya mène devant Schumacher (0.3s.), Räikkönen (5.7s.), Coulthard (7.5s.), Irvine (13.4s.), de la Rosa (16.1s.), Webber (16.6s.) et Yoong (23.6s.).


14e: Schumacher est dans les roues de Montoya. Satō ne peut plus passer ses vitesses et abandonne.


15e: Schumacher prend l'aspiration de Montoya dans la ligne droite principale, mais il lui manque encore quelques mètres pour déboîter. Räikkönen revient à quatre secondes du duo de tête.


16e: M. Schumacher fait l'extérieur à Montoya avent le premier virage, mais de nouveau le Colombien garde une légère avance. L'Allemand tente alors de contourner la Williams avant le deuxième tournant, mais Montoya verrouille la porte. Puis, Schumacher le déborde par l'extérieur dans le bout droit suivant, mais Montoya reste encore devant au freinage. Räikkönen est à moins de deux secondes du leader.


17e: Schumacher prend l'aspiration de Montoya au passage de la ligne, mais encore une fois celui-ci garde l'ascendant, jusqu'à ce qu'il sous-vire au freinage et parte légèrement à l'extérieur. Schumacher saisit cette opportunité pour déborder la Williams par la droite dans le deuxième tournant. Le voici de retour au commandement. Bernoldi ratisse la pelouse au premier virage.


18e: Schumacher s'envole et repousse Montoya à trois secondes. Räikkönen est désormais dans le sillage du Sud-Américain. De la Rosa perd trois places suite à une microcoupure électrique.


19e: M. Schumacher précède Montoya (6.2s.), Räikkönen (6.8s.), Coulthard (10.7s.), Irvine (30.6s.), Webber (43s.), Villeneuve (56s.) et Yoong (1m. 02s.). Frentzen est stoppé par le drapeau noir pour non-respect du feu rouge à la sortie des stands.


21e: Neuf secondes séparent Schumacher et Montoya. Ce dernier garde Räikkönen à distance. De la Rosa subit un premier pit-stop.


22e: Schumacher se donne à fond et repousse Montoya à onze secondes. La boîte de Coulthard se bloque de nouveau et l'Écossais passe par la pelouse de l'avant-dernier tournant.


23e: Coulthard adopte une allure modérée et se fait dépasser par Irvine. Bernoldi est à son tour disqualifié puisqu'il est parti illégalement avec le mulet Arrows. Il n'y a plus que dix voitures en piste.


24e: Schumacher compte quatorze secondes d'avance sur Montoya, toujours talonné par Räikkönen. Coulthard n'avance plus et est rattrapé par Webber.


25e: Webber prend la cinquième place à Coulthard qui tente de survivre malgré une boîte au comportement fantaisiste.


26e: Montoya concède maintenant quinze secondes à Schumacher. Villeneuve prend l'avantage sur Coulthard et entre dans les points. Schumacher prend bientôt un tour au pilote McLaren.


27e: M. Schumacher devance Montoya (18s.), Räikkönen (18.8s.), Irvine (1m.), Webber (1m. 20s.), Villeneuve (1m. 22s.), Coulthard (-1t.), Yoong (-1t.), Salo (-1t.) et de la Rosa (-1t.).


28e: Schumacher réalise son meilleur chrono du jour (1'28''628'''). Villeneuve perd son aileron arrière dans le « S » de Waite, quitte la piste et heurte le mur avec son train avant. Le Québécois n'ira pas plus loin.


30e: Schumacher compte vingt secondes de marge sur Montoya. Räikkönen roule à une demi-seconde du pilote Williams. Seul Irvine est encore dans le même tour que le trio de tête. Coulthard doit s'incliner devant Yoong qui entre dans les points !


32e: M. Schumacher est leader devant Montoya (20s.), Räikkönen (21.5s.), Irvine (1m. 08s.), Webber (-1t.), Yoong (-1t.), Coulthard (-1t.), Salo (-1t.) et de la Rosa (-2t.).


34e: Schumacher porte son avance sur Montoya à vingt-et-une secondes. Räikkönen a perdu un peu de temps sur le Colombien. Salo opère un second pit-stop.


35e: Schumacher prend un tour à Irvine. La boîte de Coulthard se bloque définitivement en sixième. Le Britannique s'arrête à la sortie du virage n°4. Les commissaires le poussent hors de la piste, avant qu'il puisse abandonner son habitacle.


36e: Excellent cinquième, Webber arrive chez Minardi pour un important pit-stop. Mais ses mécaniciens peinent à ouvrir la trappe à essence et l'opération s'éternise 35 secondes. Par bonheur, l'Australien avait beaucoup d'avance et ne perd qu'une place au profit de Yoong, qui doit encore stopper.


37e: Montoya effectue son ravitaillement (10s.) et repart troisième. Räikkönen réalise le meilleur tour de la course (1'28''541'''),


38e: M. Schumacher ravitaille chez Ferrari (10.5s.) et garde le commandement. Irvine fait escale au stand Jaguar et demeure quatrième (13.3s.). Räikkönen effectue son pit-stop et se relance au bout de onze secondes.


39e: Räikkönen quitte les stands juste devant Montoya, mais il rate son premier freinage et tire tout droit dans les graviers. Montoya récupère donc la deuxième place. Yoong ravitaille et repart sixième, quelques secondes devant Salo.


40e: Yoong laisse passer Irvine avant le virage n°3, mais il se fait surprendre dans la foulée par Salo qui lui chipe la sixième place.


41e: M. Schumacher devance Montoya (22.5s.), Räikkönen (26s.), Irvine (-1t.), Webber (-2t.), Salo (-2t.), Yoong (-2t.) et de la Rosa (-3t.).


43e: Montoya perd un peu de temps derrière Irvine, mais il garde Räikkönen quatre secondes derrière lui. De la Rosa ravitaille. Le Catalan se traîne en fond de peloton en raison de coupures électriques.


44e: Räikkönen allume ses freins à l'avant-dernier freinage et perd ainsi une bonne seconde sur Montoya.


46e: Schumacher possède vingt-neuf secondes d'avance sur Montoya, trente-quatre secondes sur Räikkönen.


48e: S'il n'y a plus de suspens en tête, Salo revient comme une balle sur Webber, au rythme de trois secondes par tour. Le pilote Toyota guigne la cinquième place.


50e: M. Schumacher précède Montoya (30s.), Räikkönen (36s.), Irvine (-1t.), Webber (-2t.), Salo (-2t.), Yoong (-2t.) et de la Rosa (-4t.).


51e: Salo est revenu à sept secondes de Webber et lui reprend plus d'une seconde à chaque passage. Le public australien encourage bruyamment son nouvel héros.


52e: Räikkönen a repris une seconde et demie à Montoya. De son côté, Schumacher conduit à sa main et tourne en 1'31''.


54e: L'écart se stabilise entre Montoya et Räikkönen. Salo n'est plus qu'à quatre secondes de Webber.


55e: Salo allonge sa foulée et reprend plus de trois secondes à Webber dans ce seul tour. L'Australien a bloqué ses roues dans l'avant-dernier virage.


56e: Schumacher bichonne sa monture et laisse Montoya revenir à vingt secondes. Salo est désormais dans les roues de Webber.


57e: Salo tente de trouver l'ouverture sur Webber. Il arrive cependant un peu trop vite au virage n°3, donne un brusque coup de frein et part en tête-à-queue ! L'expérimenté Finlandais se relance aussitôt, mais sauve ainsi la 5e place de Webber.


58e et dernier tour: Michael Schumacher remporte ce GP d'Australie. Montoya finit deuxième. Räikkönen (3e) grimpe sur son premier podium. Irvine apporte à Jaguar une quatrième place inespérée. Webber (5e) donne deux points à Minardi. Salo (6e) offre un point à Toyota. Seuls Yoong et de la Rosa coupent aussi la ligne.


Après la course: Schumacher dans un fauteuil (déjà)

Michael Schumacher ne pouvait rêver meilleur coup d'envoi. Débarrassé de son équipier et de son frère dès le premier virage, il s'est ensuite défait de Juan Pablo Montoya avant de survoler les débats au volant de la voiture de la saison passée ! Bref, une démonstration parfaite. « C'est pour moi le début de saison idéal, même si un doublé eût été préférable, dit-il. Je n'ai rien vu au départ, sauf quelques voitures qui valdinguaient dans tous les sens. Mais j'ai eu peur et je suis passé par l'herbe, ce qui m'a sans doute évité un problème. Puis avec Juan ce fut une bagarre intéressante. Quand j'ai repris la première place, je me suis mis à l'extérieur pour être le mieux placé en sortie de virage, et cela a marché. Les pneus ont joué ici un rôle important. Nos Bridgestone ont été supérieurs aux Michelin. Je ne pensais pas gagner avec l'ancienne voiture, mais les choses changent vite ! » Si la Ferrari F2001 survole encore les débats, qu'en sera-t-il donc avec la F2002 ?... « Nous ne savions pas où nous nous situerions en Australie, soutient Jean Todt. Les faits ont démontré que la F2001 évoluée a encore un grand potentiel. Mais notre premier objectif est de développer la F2002. À partir de mardi, nous commençons un programme de cinq jours: Burti à Fiorano avec la F2001 et Badoer au Mugello avec la F2002. Puis nous déciderons avec quelle voiture nous irons en Malaisie. Sachant que là-bas, les conditions seront bien différentes, avec 40°C à l'ombre. »


Parti en pole position, Rubens Barrichello a été éliminé dès le départ dans un impressionnant accrochage avec Ralf Schumacher. La Williams de celui-ci a décollé comme un avion, mais par bonheur est retombée dans le sable, sur ses quatre roues. Toutefois, le jeune Allemand a eu très peur et rejette la responsabilité de la collision sur le pilote Ferrari: « J'ai essayé de passer à l'intérieur, puis à l'extérieur, mais il a fermé la porte à chaque fois. J'ai tenté de reprendre l'intérieur, mais il s'est rabattu puis a freiné brusquement à l'entrée du premier virage. Ce fut le choc. J'ai eu l'impression de planer... » Bien sûr, Barrichello n'a pas la même vision des choses: « Je ne suis pas parti comme une fusée, je me suis donc rangé sur la droite pour éventuellement laisser la place à ceux qui auraient mieux démarré. Puis, voyant que j'étais encore devant, j'ai repris la trajectoire normale pour prendre le virage. Lorsque j'ai freiné, j'ai senti un énorme choc à l'arrière. Si Ralf soutient que j'ai zigzagué, c'est une énorme bêtise. Mais je ne discuterai pas avec lui. Cela ne sert rien, il a toujours raison ! »


Williams-BMW ne peut se satisfaire pleinement de ce premier Grand Prix. Certes, la nouvelle FW24 est apparue bien plus fiable que sa devancière, ce qui est un bon point. Mais Ralf Schumacher a été éliminé d'emblée, et Juan Pablo Montoya, après une bataille certes homérique contre Michael Schumacher, a ensuite été complétement surclassé par le pilote Ferrari. « J'ai eu un belle bagarre avec Schumacher, mais quand je l'ai passé, je pensais pouvoir m'échapper, narre-t-il. J'ai rapidement réalisé que je le gênais et que ce ne serait qu'une question de temps avant qu'il ne m'avale. Il était nettement plus rapide que moi. Puis, à ma sortie des stands, j'ai vu Räikkönen surgir sur le côté et j'ai eu peur qu'il me dépasse. Mais lorsque je l'ai vu freiner très tard, j'ai pensé qu'il n'y arriverait pas, et ce fut le cas en effet. Pour résumer, c'est bien pour l'équipe de marquer des points dès la première course, ce que nous n'avions pas fait l'an passé. » Comment toutefois expliquer la facilité avec laquelle Schumacher l'a distancé ? Les pneus Bridgestone étaient certes meilleurs ici que les Michelin, mais cela ne peut pas expliquer un tel écart. « Il faut simplement admettre que Schumacher et Ferrari sont encore trop forts », note l'ingénieur d'exploitation Sam Michael.


Pierre Dupasquier a cependant un début d'explication. L'ingénieur français a remarqué que la Ferrari distançait ses rivales dans la portion sinueuse avec une facilité déconcertante. Le bolide italien produit donc beaucoup plus d'appui en courbe. C'est la conséquence d'un aménagement spécial de la soufflerie de Maranello qui permet grâce à un plan incliné de mieux évaluer l'appui nécessaire dans les virages. Des années de labeur acharné dans ce domaine ont porté leurs fruits. La concurrence s'alarme. Ce dimanche, on aperçoit Ron Dennis discuter avec Mario Theissen et Gerhard Berger, sans doute pour partager leurs impressions sur cette diabolique machine rouge. Observateur avisé, Stirling Moss les regarde avec ironie. « Au risque de me tromper, je crois que la saison 2002 est déjà finie... » glisse à des amis le « champion sans couronne ».


McLaren-Mercedes commence la saison bien timidement, puisque sa nouvelle MP4/17 est apparue très distancée par l'ancienne Ferrari F2001... Chanceux survivant du carnage du premier virage, Kimi Räikkönen monte sur le podium dès sa première sortie avec les Gris, mais aurait fait mieux sans quelques erreurs, comme il l'admet en conférence de presse: « Je suis bien sûr heureux de grimper sur mon premier podium, qui plus est dès ma première course avec McLaren-Mercedes. J'ai eu la chance de me tirer sans mal du carambolage, mais il a fallu passer aux stands pour changer le museau et ôter quelques débris de mon cockpit. J'ai ensuite refait mon retard et j'espérais doubler Montoya. Mais j'ai été trop agressif et j'ai perdu la seconde place. » De son côté, David Coulthard a été stoppé par une boite capricieuse: « J'ai commencé à avoir du mal à rétrograder, ce qui m'a expédié plusieurs fois hors piste. Pour finir, je suis resté coincé en sixième. C'était la fin... »


Eddie Irvine rapporte trois points totalement inespérés à Jaguar-Ford, un butin qui pourrait valoir cher en fin de saison, vue la faible compétitivité de la R3. « Il n'y a aucune illusion à se faire sur le résultat d'aujourd'hui, d'autant que la voiture ne se comporte vraiment pas bien », confirme le pilote irlandais. En revanche, chez Toyota, on célèbre sans retenue le point acquis par Mika Salo. Jamais les responsables de l'équipe japonaise n'auraient imaginé pareil résultat pour une première sortie, même si les circonstances furent bien sûr très favorables. « J'ai quand même dû faire réparer ma suspension suite à un choc McNish, rappelle Salo. Et j'ai eu une autre alerte à la fin avec mon tête-à-queue. J'ai vraiment eu très, très peur de perdre ce point sur un impondérable. » Ove Andersson décide d'organiser sur-le-champ une fête à l'hospitalité Toyota, à laquelle ne participera cependant que la moitié du personnel, l'autre devant rentrer sans plus tarder pour l'Europe...


Webber - Minardi: le jour de gloire est arrivé

Mais les vedettes du jour sont bien évidemment Mark Webber et l'écurie Minardi-Asiatech, dont la cinquième place équivaut à leur modeste échelle à un titre mondial. Ce sont en effet les premiers points de l'équipe italienne depuis 1999, et son meilleur résultat en course depuis... 1994 ! Paul Stoddart vit un rêve éveillé. Le voilà payé de ses patients efforts pour sauver Minardi et la remettre sur rails. Cerise sur le gâteau, cette récompense survient chez lui, en Australie, grâce à un pilote australien ! Mark Webber, cinquième pour son premier Grand Prix, est le premier natif du pays des kangourous à inscrire des points depuis Alan Jones ! Pour toutes ces raisons, la fédération autorise une entorse exceptionnelle au règlement des célébrations: Stoddart et Webber apparaissent sur le podium après les trois premiers, pour sabler le champagne et répondre aux vivats d'une foule scandant « Come on Aussies ! ».


Mark Webber est ainsi intronisé héros national à l'issue d'une course folle: « Ce fut vraiment difficile, j'ai dû attaquer du début à la fin, raconte-t-il. Nous nous sommes faits peur lors du ravitaillement. J'ai perdu un paquet de secondes, mais heureusement pas de positions. J'ai vraiment eu chaud en fin de course lorsque Salo me filait le train. Puis j'ai trouvé les derniers tours interminables. Lorsque j'entamais la grande ligne droite, je voyais les tribunes se lever à mon passage. Mais je guettais surtout le drapeau à damier ! » Paul Stoddart écrase une larme: « Ce week-end fut incroyable. Il faut saluer Mark qui a fait preuve d'un grand métier lorsque Salo fut derrière lui. Cependant ce n'est pas le succès de deux Australiens, mais d'une équipe qui, tant en Italie qu'en Angleterre, n'aura pas compté ses heures. Tout le mérite leur revient ! » Giancarlo Minardi acquiesce. Le fondateur de l'écurie, toujours là bien qu'il n'en soit plus le propriétaire, ne pensait pas voir un jour son patronyme à la cinquième place du championnat du monde !


Sources :

- Dir. Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2002-03, Chronosports Editions, 2002

- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2002, Paris, Solar, 2002

- Sport auto, avril 2002

- Auto hebdo, 6 mars 2002

Tony