Juan-Pablo MONTOYA
 J.MONTOYA
Williams BMW
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari
David COULTHARD
 D.COULTHARD
McLaren Mercedes

672nd Grand Prix

XLV Grosser Preis von Europa
Sunny
Nürburgring
Sunday, 24 June 2001
67 laps x 4.556 km - 305.252 km
Affiche
F1
Coupe

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Constructor
Engine

Contrats: R. Schumacher et D. Coulthard rempilent

Après sa victoire au Canada, Ralf Schumacher ne pouvait rêver meilleur moment pour négocier une prolongation de contrat avec Williams. Sa cote est au plus haut: c'est le moment de réclamer un très beau salaire. Son agent Willi Weber prépare le terrain avec soin depuis de nombreuses semaines. Il s'est déjà assuré de l'appui des représentants de BMW Gerhard Berger et Mario Theissen qui comptent sur une collaboration à long terme avec le cadet des Schumacher. C'est justement ce que souhaite Weber qui voudrait conclure un contrat jusqu'en 2004, soit une durée identique à celui liant l'autre Schumacher à Ferrari. Mais les discussions avec Frank Williams sont épineuses. Ce week-end, les deux hommes négocient pied à pied au Dorint Hotel. Williams compte garder Ralf dans ses rangs, mais pour un salaire raisonnable. Or Weber a des exigences très hautes: 20 millions de dollars annuels et, pourquoi pas ? un statut de pilote n°1. Frank Williams l'invite très vite à en rabattre. D'abord, il n'est pas question pour lui de désigner un leader. « Je n'ai pas accordé cela à Piquet, Mansell, Prost et Senna, je ne vais pas commencer maintenant ! » proclame-t-il. Pour ce qui concerne le salaire, la discussion s'éternise. Finalement, Weber et Williams tombent d'accord pour 15 millions de dollars annuels jusqu'en 2004. Ralf Schumacher pourra en outre afficher sur sa combinaison ses sponsors personnels. Le jeune Allemand peut remercier son agent. Il vient d'obtenir de haute lutte un excellent contrat qui garantit pour trois saisons son avenir dans un « top team ». À signaler que la continuité de l'accord entre Williams-BMW et Michelin a été stipulée dans le contrat...


Ce même week-end, McLaren et David Coulthard officialisent la poursuite de leur engagement pour une saison supplémentaire. Actuel deuxième du championnat du monde, l'Écossais n'a pas hésité longtemps à rempiler, même si Jaguar lui a fait une offre. Mais pas question de rejoindre la galère verte... Il bénéficiera ainsi en 2002 d'un contrat de 13,5 millions d'euros (60 millions de francs), tout à fait en rapport avec son statut de candidat au titre mondial. « C'était l'affaire la plus évidente que j'ai jamais eue à conclure ! s'enthousiasme Coulthard. McLaren est pour moi la meilleure option possible pour gagner des courses et à terme le championnat du monde. » Mais reste à savoir qui sera son équipier. Sur le papier, la question ne se pose pas: Mika Häkkinen a un contrat jusqu'à fin 2002. Mais en réalité, au soir du GP de Monaco, le Finlandais, las de ses multiples déboires, a fait part à Ron Dennis de son souhait de prendre une année sabbatique à l'issue de cette saison. Oh certes, rien de définitif dans ces propos. Dennis est bien décidé à faire revenir Häkkinen sur sa décision. Mais il faut bien lui chercher un successeur éventuel. De prime abord, il a un candidat tout trouvé en la personne de l'espoir allemand Nick Heidfeld, ancien essayeur chez McLaren, toujours lié à Mercedes et auteur d'une belle saison avec Sauber. Mais Dennis observe aussi de près l'équipier de celui-ci, le non moins prometteur Kimi Räikkönen...


Présentation de l'épreuve: une double Schumi-mania

Le splendide duel auquel se sont livrés les frères Schumacher deux semaines plus tôt à Montréal est une aubaine pour ce Grand Prix d'Europe sur le Nürburgring. Les Allemands se passionnent pour une bagarre fratricide qui pourrait bien devenir l'affiche de cette saison 2001. Le jeune Ralf pourra-t-il déboulonner son aîné Michael, le « Kaiser » de la F1 ? En tout cas, la chaîne nationale RTL a enregistré une audience record de 17 millions de téléspectateurs pour le GP du Canada, et ici le « Ring » affiche complet, avec 142 000 billets vendus. « Jamais nous n'avions tout écoulé si tôt dans l'année », constate Walter Kafitz, le patron du circuit. Le double « Schumi-boom » explique bien sûr cet engouement. Les journalistes n'ont ici d'yeux que pour les frères Schumacher, surtout pour Ralf, devenu l'outsider n°1 de cette saison 2001. Ce dernier bénéficie aussi de la sympathie grandissante du public: selon un sondage, 51 % des Allemands le trouvent plus sympathique que son frère. L'inverse n'est vrai que pour 24 % des sondés... Toutefois, Ralf Schumacher est tout de même attaqué par certains tabloïds qui vilipendent son récent déménagement en Autriche, assimilé à un exil fiscal. Il leur répond avec une brutale franchise: « Ce n'est pas parce que je gagne bien ma vie que je me sens obligé de résider en Allemagne. Souvenez-vous des ennuis fiscaux de Boris Becker et Steffi Graf. Je ne veux pas finir comme eux. » Et lorsqu'un journaliste lui rétorque que tous les Allemands n'ont pas les moyens de fuir le fisc, il répond du tac au tac: « Ce que je dis n'est que l'expression de la vérité. Notre barème d'imposition est trop complexe et trop lourd. » On ne pourra pas taxer Ralf Schumacher de démagogie...


Le Nürburgring a subi de vastes travaux durant l'hiver 2000-2001, ses premiers depuis sa refonte complète en 1984. Les écuries s'installent ainsi dans des stands flambants neufs tandis que les tribunes ont fait l'objet de réfections, pour un montant estimé à 30 millions de marks, soit un dixième du budget annuel du GP d'Europe. Ces travaux devraient se poursuivre dans les mois à venir avec la construction d'un nouvel enchaînement après le premier virage, financé par Mercedes. Cette étape est aussi l'occasion d'aborder le futur de l'autre Grand Prix allemand, celui d'Hockenheim, que le paddock visitera six semaines plus tard. Andreas Meyer, promoteur du GP d'Allemagne, avoue se trouver en pleine expectative. Alors qu'il s'apprête à lancer les travaux qui transformeront le vieux circuit en un autodrome ultra-moderne, il ne dispose toujours pas de contrat pour la saison 2002. Fidèle à sa vieille stratégie d'intimidation, Bernie Ecclestone laisse planer la menace d'un déménagement du GP d'Allemagne vers le Lauzitring. L'objectif est bien sûr d'extorquer plus d'argent aux responsables d'Hockenheim et de hâter les travaux. Dans l'Eifel, Meyer est toutefois assez serein. Il ne croit pas que la F1 puisse déserter Hockenheim, qui se trouve dans le prospère Land de Bade-Wurtemberg, au profit du Lauzitring, situé au sud de Berlin, dans une région triste et déshéritée de l'ex-RDA.


À Montréal, David Coulthard a connu son premier abandon de la saison sur une casse moteur et a perdu le contact avec Michael Schumacher au tableau mondial. Dix-huit points séparent désormais les deux rivaux, et l'Écossais a besoin d'un succès rapide pour se remettre en selle. Seulement, la McLaren-Mercedes peut-elle le maintenir dans la course au titre ? Voilà plusieurs épreuves que les Flèches d'Argent semblent dépassées par les Ferrari, voire les Williams-BMW. Pour ne arranger, Coulthard ne peut même pas compter sur le soutien de son équipier Mika Häkkinen, pourtant largement distancé au championnat. En déplacement promotionnel à Kiev, le Finlandais a déclaré qu'il ne se transformerait pas en lieutenant docile: « Si demain McLaren m'ordonne de laisser passer Coulthard, je n'obéirais pas. On me paie pour gagner, pas pour aider un autre pilote ! » Ici, Coulthard fait celui qui n'a pas entendu: « Je n'attends d'aide de personne pour gagner ! » Reste que Jürgen Hubbert, le représentant de Daimler-Benz, qui espère évidemment une belle performance à domicile, s'irrite du comportement d'Häkkinen. Il s'en ouvre auprès de Ron Dennis qui martèle sa position: pas de consignes en faveur de Coulthard ! Hubbert ne comprend guère pareil entêtement...


Les ponts sont déjà coupés entre Arrows et Asiatech. Les responsables de l'officine japonaise John Gano et Enrique Scalabroni sont très déçus des performances des machines de Tom Walkinshaw qui n'ont récolté qu'un petit point en huit courses. Voilà qui n'amortit guère les 30 millions de dollars que coûte le développement de leur V10. La goutte d'eau est survenue à Montréal lorsque Jos Verstappen fut victime d'une rupture de freins à quelques tours du but, alors qu'il détenait une bonne sixième place. Pour Gano et Scalabroni, la preuve est faite qu'Arrows n'est pas le bon partenaire pour exploiter le V10 ex-Peugeot. Toutefois, pas question de ranger ce dernier au musée. Asiatech se cherche un nouvel associé pour 2002. La presse française imagine un rapprochement avec Prost GP qui ne manquerait pas de piquant. Les Bleus retrouveront-ils le moteur Peugeot ? Alain Prost dément cependant toute discussion sérieuse avec Asiatech. Du côté d'Arrows, Tom Walkinshaw se met en quête d'un nouveau moteur, mais n'a pas beaucoup de solutions. Le V10 Ferrari client coûtant (beaucoup) trop cher, Mercedes et BMW se refusant à fournir d'autres équipes, il n'a pas d'autre choix que de se tourner vers Ford...


Walkinshaw a tout de même une bonne nouvelle à annoncer: la prolongation pour un an du contrat de Jos Verstappen. Le « Hollandais volant » obtient peu de résultats au volant de la très médiocre Arrows A22, mais il se distingue tout de même depuis le début de la saison: tirant parti du trop petit réservoir de sa machine, il démarre très souvent avec peu d'essence, ce qui lui permet d'animer le peloton en début d'épreuve et de se retrouver parfois aux avant-postes... avant de retomber dans l'anonymat quand vient l'heure des ravitaillements. Walkinshaw s'en amuse tout de même: « Jos détient le record de dépassements cette année: 59 ! Et des vrais dépassements, sur la piste, pas dans les stands ! » On se console comme on peut.


Ce week-end, Jacques Villeneuve fait part de sa volonté de poursuivre l'aventure avec BAR-Honda en 2002, en dépit de résultats toujours très maigres. Le Canadien bénéficiait pourtant d'une clause lui permettant d'aller voir ailleurs si son écurie ne figurait pas parmi les trois premières du championnat des constructeurs à mi-saison. Avec 12 points au compteur à ce jour, BAR en est très loin... Mais Villeneuve n'a pas vraiment d'autre alternative. Seul Flavio Briatore et Renault l'ont sondé sur ses intentions, avant de couper court. Il va donc poursuivre avec son ami Craig Pollock, faute de mieux. Le piège se referme sur le champion du monde 1997: empêtré dans une aventure qui ne lui procure que des déceptions, malmené par son nouvel équipier, Olivier Panis, il voit sa cote s'effondrer sur le marché des pilotes. Sa carrière en F1 s'enlise...


Heinz-Harald Frentzen fait son retour au volant de sa Jordan-Honda, deux semaines après avoir jeté l'éponge au GP du Canada suite à un gros accident. Toutefois, il n'extériorise guère sa joie de retrouver l'EJ11. De toute évidence, le torchon brûle entre le pilote allemand et Eddie Jordan. Frentzen est plus que déçu des piètres performances de son équipe. Alors qu'en 1999 il jouait les victoires, le voici depuis un an et demi en quête de maigres points, et le plus souvent stoppé par une fiabilité douteuse. De son côté, Eddie Jordan reproche à « HHF » sa démotivation. Le dialogue entre les deux hommes paraît rompu, et pourtant Jordan assure que Frentzen serait en passe de prolonger son contrat pour 2002... Mais plusieurs rumeurs font état de discussions entre le pilote allemand et Jaguar ou Toyota.


L'autre natif de Mönchengladbach, Nick Heidfeld, a bien failli déclarer forfait pour ce GP d'Europe. Le jeune Rhénan a en effet été victime de vertiges et de vomissements après son violent crash contre le « Mur des champions » à Montréal. Son absence aurait bien embêté son écurie qui n'a pas de pilote de réserve attitré, à l'exception du tout jeune Felipe Massa (20 ans) qui évolue en Euro F3000. Mais Peter Sauber annonce finalement que Heidfeld, examiné par les médecins fédéraux, a reçu le feu vert pour rouler ce week-end.


Jeudi 21 juin, Jean Todt inaugure en grande pompe le nouveau motor-home « presse » de Ferrari, lequel répond à un cahier des charges très écologique: sol, tables, lampes, panneaux, tout est issu de matériaux recyclés. L'électricité provient d'un générateur répondant aux normes européennes en matière d'émission de gaz, ainsi que de capteurs solaires. Todt a tenu à cette conception afin de donner une image à la fois « verte » et « jeune » à la Scuderia. Les journalistes remarquent que, tout de même, la structure est en acier...


Le Nürburgring est un circuit qui réclame beaucoup d'appuis, et c'est pour quoi Ferrari et McLaren montent sur leurs bolides les ailerons avant et arrière de Monaco. Williams reprend aussi l'aileron « monégasque », mais en l'abaissant au plus près du sol. La FW23 arbore aussi un nouveau déflecteur en forme de lame à l'entrée des pontons, destiné à dévier l'air vers les flancs tout en repoussant les turbulences. Enfin, le capot moteur est abaissé afin de dégager le flux d'air vers l'aileron arrière. Sauber reçoit un aileron avant créant beaucoup d'appui, ainsi qu'une évolution de son V10 Ferrari-Petronas offrant quelques chevaux de plus en qualifications. BAR revoit son train avant avec un capot très bulbeux venant s'appuyer sur le bord de fuite de l'aileron, un « bec de pélican » comme l'appellent certains journalistes. Le tout accroît de 2 % l'appui de la 003. Enfin, pour la première fois de la saison, Prost utilise les étriers de freins allégés de Brembo.


Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent par temps frais, dépassant à peine les 10°C. Les McLaren-Mercedes dominent cette première journée et le meilleur chrono revient à Häkkinen (1'16''408'''). Le soleil et la chaleur apparaissent samedi matin pour les derniers essais. Cette fois-ci, ce sont les Williams-BMW qui occupent le haut de la feuille des temps, avec un avantage pour R. Schumacher (1'15''355'''). M. Schumacher finit à pied suite à une panne hydraulique.


L'après-midi, M. Schumacher se surpasse pour signer sa septième pole position de la saison (1'14''960'''), battant de plus de deux secondes et demie la position de pointe de l'an passé. Sur la seconde Ferrari, Barrichello subit un problème de direction assistée et se contente du quatrième temps. R. Schumacher est de nouveau l'adversaire n°1 de son frère avec sa Williams-BMW, et échoue en seconde position pour deux dixièmes. Montoya s'égare un temps dans ses réglages avant de signer un beau troisième temps. Les McLaren-Mercedes manquent encore d'équilibre. Coulthard (5e) achève la séance par un tête-à-queue et Häkkinen (6e) se plaint de survirage dans les virages lents. Les Jordan-Honda (Trulli 7e, Frentzen 8e) peuplent la quatrième ligne, avec des performances similaires malgré des réglages différents. Viennent ensuite les Sauber-Petronas, et Räikkönen (9e) devance de nouveau Heidfeld (10e).


La nouvelle configuration aérodynamique des BAR-Honda ne donne pas satisfaction: Villeneuve (11e) essaie plusieurs réglages et Panis (13e) se plaint d'un manque d'adhérence. Les Jaguar-Ford ne brillent toujours pas: Irvine (12e) rencontre des soucis de fiabilité et de la Rosa (16e) compose avec du sous-virage. Alesi (14e) déplore la nervosité de sa Prost-Acer et son équipier Burti (17e), victime d'un souci de pression d'essence, se rabat sur le mulet pour se qualifier. Les Benetton-Renault sont toujours aussi instables et peu puissantes, mais une fois encore Fisichella (15e) s'en sort nettement mieux que Button (20e). Les Arrows-Asiatech ne décollent pas du fond de la grille, et Verstappen (19e) est une fois de plus battu par Bernoldi (18e). Les Minardi-European (Alonso 21e, Marques 22e) ferment la marche, mais sont moins distancées par le peloton que sur d'autres épreuves.


Les Allemands auront donc droit le lendemain en première ligne à l'affiche tant attendue « Schumacher vs. Schumacher ». Pas de quoi paniquer les intéressés. « Que Ralf soit près de moi ou non, je ne suis pas stressé à l'idée de me battre en famille », énonce Michael. « Sur la piste, Michael est le plus rapide mais je dois le rejoindre », déclare Ralf. Quant à leur père Rolf Schumacher, il arbore une casquette bicolore rouge et bleue pour bien montrer sa parfaite neutralité.


Le Grand Prix

Dimanche matin, la plupart des pilotes testent leurs mulets lors du warm-up. Barrichello signe un meilleur temps (1'18''209''') symbolique. Häkkinen subit une énième panne sur sa McLaren, cette fois-ci une coupure d'électricité.


Le soleil brille l'après-midi et le mercure dépasse les 30°C. Ces conditions seront-elles favorables aux Michelin ou aux Bridgestone ? En tout cas, la plupart des pilotes partent en pneus rodés pour éviter le survirage. Les stratégies sont en revanche très diverses: deux arrêts prévus chez Ferrari et Williams, un seul chez McLaren. M. Schumacher se fait une belle frayeur avant le départ. Alors qu'il a décidé de disputer la course sur son mulet, ce dernier tombe en panne d'allumage lors de son tour de reconnaissance. Il se retrouve immobilisé à l'autre bout du circuit à quarante minutes du coup d'envoi ! Il doit emprunter un scooter pour regagner en hâte les stands et sauter dans sa voiture de course.


Départ: Les Schumacher partent bien, mais Michael prend rapidement une trajectoire diagonale pour tasser son frère vers le côté droit de la piste, le plus sale. Ralf résiste un temps avant de lever le pied, laissant filer son aîné. Derrière eux viennent Montoya, Coulthard, Häkkinen, Trulli et Barrichello qui a manqué son envol.


1er tour: M. Schumacher prend une seconde et demie d'avance sur son frère. Suivent Montoya, Coulthard, Häkkinen, Trulli, Barrichello, Heidfeld, Räikkönen et Frentzen.


2e: M. Schumacher semble un peu plus rapide que son cadet. Montoya est à trois secondes du leader.


3e: M. Schumacher compte deux secondes d'avance sur son frère. Montoya est repoussé à quatre secondes et demie.


5e: Tout va bien pour l'aîné des Schumacher qui se forge une avance de trois secondes sur Ralf. Le reste du peloton est semé.


6e: M. Schumacher précède R. Schumacher (2.8s.), Montoya (7.4s.), Coulthard (9.2s.), Häkkinen (11.3s.), Trulli (14s.), Barrichello (15.2s.), Heidfeld (16.9s.), Räikkönen (17.7s.), Frentzen (19.2s.), Irvine (19.6s.) et Villeneuve (21.2s.).


8e: L'écart est stable entre les Schumacher. Marques se gare dans l'herbe à cause d'une panne d'alimentation électrique.


10e: M. Schumacher mène devant R. Schumacher (3.3s.), Montoya (13.5s.), Coulthard (15s.), Häkkinen (17.7s.), Trulli (21.5s.), Barrichello (23s.), Heidfeld (27s.) et Räikkönen (29s.). Irvine pourchasse Frentzen pour la dixième place.


12e: R. Schumacher reprend une demi-seconde à son frère. Burti arrive aux stands pour faire nettoyer ses pontons suite à un passage hors-piste. Il voudrait du même mouvement remplacer ses pneus cloqués, mais suite à une mésentente, son équipe n'y touche pas...


13e: R. Schumacher roule à deux secondes et trois dixièmes de son aîné. Les pneus Michelin seraient-il en train de monter en puissance ?


15e: R. Schumacher affole le chrono (1'18''771''') et revient à une second et demie de son frère. Montoya hausse aussi son rythme et sème complètement les McLaren. Häkkinen tire tout droit à la chicane Veedol.


16e: M. Schumacher précède R. Schumacher (1.2s.), Montoya (11s.), Coulthard (20s.), Häkkinen (23s.), Trulli (27s.), Barrichello (29.5s.), Heidfeld (35s.), Räikkönen (36s.), Frentzen (37.5s.), Irvine (39s.) et Villeneuve (44s.).


17e: R. Schumacher roule en 1'18''745''' et revient à huit dixièmes du leader. Le plus rapide en piste est toutefois Montoya (1'17''710''').


18e: M. Schumacher bloque ses roues au freinage de la courbe Dunlop. Son frère tente de le surprendre, mais à la réaccélération le pilote Ferrari ferme la porte.


19e: Williams opère une fausse sortie de ses mécaniciens. Mais Ferrari ne donne pas dans le panneau. Le combat fratricide se poursuit.


21e: Les Schumacher sont toujours roue dans roue. Bénéficiant d'une piste claire, Montoya revient à moins de neuf secondes de ce duo. Fisichella effectue son premier pit-stop.


22e: M. Schumacher est en tête devant R. Schumacher (0.5s.), Montoya (8s.), Coulthard (21.5s.), Häkkinen (29s.), Trulli (33s.), Barrichello (36s.), Heidfeld (42s.), Räikkönen (43s.) et Frentzen (44.5s.).


23e: Montoya est revenu à six secondes et demie des Schumacher. Bernoldi et Button ravitaillent.


24e: Victime d'un problème de sélection de vitesses aux abords de la courbe Dunlop, Panis part en tête-à-queue et finit son dimanche dans les graviers. Le Grenoblois était seulement 15e.


25e: R. Schumacher harcèle son frère sans pouvoir porter l'estocade. Au cœur du peloton, les pilotes Sauber ne se quittent pas, tandis que Irvine maintient la pression sur Frentzen. Alonso puis Verstappen effectuent leurs premiers arrêts.


27e: Montoya réalise le meilleur tour de la course (1'18''354''') et se retrouve à quatre secondes des Schumacher.


28e: En fin de tour, Michael et Ralf Schumacher plongent ensemble aux stands. Le ravitaillement du pilote Ferrari (8.4s.) est plus court que celui du pilote Williams (9.7s.). Schumacher aîné repart donc devant son cadet. En quittant les stands, ce dernier coupe la ligne blanche délimitant la pit-lane pour mieux « enrouler » son premier freinage. Une petite erreur lourde de conséquences. Pour l'heure, Coulthard s'est intercalé entre les Schumacher. Irvine double enfin Frentzen.


29e: Très bref leader, Montoya effectue son premier ravitaillement (9.3s.) et repart troisième, juste derrière son équipier. M. Schumacher retrouve le commandement.


30e: M. Schumacher compte deux secondes et demie d'avance sur Coulthard, talonné par les Williams. Frentzen effectue son pit-stop.


31e: R. Schumacher déborde Coulthard par l'intérieur de la courbe Dunlop. Trulli arrive chez Jordan pour son unique ravitaillement et repart derrière Villeneuve. Bernoldi se gare dans le gazon, bloqué en cinquième vitesse.


32e: R. Schumacher tente de rejoindre son frère pendant que Montoya pourchasse Coulthard, sans trouver d'ouverture. Barrichello prend la cinquième place à Häkkinen à la chicane. Irvine dépasse Heidfeld.


33e: M. Schumacher compte quatre secondes et demie d'avance sur son cadet. Aux trousses de Coulthard, Montoya bloque sa roue avant-gauche au freinage de la chicane et court-circuite celle-ci pour éviter la catastrophe. Räikkönen subit son unique arrêt-ravitaillement et repart derrière Frentzen.


34e: Häkkinen arrive chez McLaren pour ravitailler (12s.) et redémarre en dixième position. Heidfeld ravitaille à son tour.


36e: M. Schumacher devance R. Schumacher (5.7s.), Coulthard (10s.), Montoya (11s.), Barrichello (22s.), Irvine (33s.), Villeneuve (46s.), Trulli (48s.), de la Rosa (50s.) et Häkkinen (56s.).


38e: M. Schumacher creuse un écart constant sur son frère, repoussé à six secondes. Irvine effectue son unique pit-stop et ressort entre Alesi et Frentzen, qu'il a ainsi doublé dans les stands.


39e: Coulthard est chez McLaren pour remettre du carburant et des pneus frais (10.6s.). L'Ecossais se relance derrière Barrichello. R. Schumacher écope de 10 secondes de pénalité pour avoir mordu la ligne blanche en quittant les stands.


40e: R. Schumacher entre aux stands pour subir sa punition, puis reprend la piste en quatrième position, devant Coulthard. Mais il doit ravitailler une seconde fois...


41e: M. Schumacher compte désormais neuf secondes d'avance sur Montoya. Villeneuve, Trulli et de la Rosa bataillent pour la sixième place.


42e: M. Schumacher précède Montoya (9s.), Barrichello (28s.), R. Schumacher (35s.), Coulthard (38s.), Villeneuve (58s.), Trulli (59s.), de la Rosa (1m.), Häkkinen (1m. 05s.) et Alesi (1m. 11s.).


43e: Alesi effectue son ravitaillement. Fisichella et Button se succèdent chez Benetton pour leur second arrêt.


44e: Villeneuve passe chez BAR pour son unique pit-stop, puis repart devant les Sauber, victimes de leurs pneus cloqués.


45e: Barrichello paraît chez Ferrari pour ravitailler (10.3s.) et se relance devant Häkkinen. De la Rosa opère aussi son seul pit-stop et repart devant Villeneuve et Räikkönen. Trulli se range dans l'herbe avec une boite fumante, conséquence d'une chute de pression d'huile.


46e: M. Schumacher devance Montoya (8.4s.), Coulthard (28s.), R. Schumacher (37s.), Barrichello (57s.), Häkkinen (1m. 15s.), Irvine (-1t.), Frentzen (-1t.), de la Rosa (-1t.) et Villeneuve (-1t.). Aux trousses d'Heidfeld, Alesi frotte l'arrière de la Sauber dans la courbe Dunlop.


47e: Schumacher prend un tour à Häkkinen. Alesi déborde Heidfeld au premier virage. Seconds arrêts pour Verstappen et Alonso.


49e: M. Schumacher compte neuf secondes d'avance sur Montoya qui doit se défaire de plusieurs attardés. Frentzen réaccélère après l'épingle Dunlop lorsque son antipatinage se déclenche sans crier gare. L'Allemand pirouette, s'immobilise dans l'herbe et ne repartira pas.


50e: M. Schumacher arrive chez Ferrari pour son second ravitaillement (7.5s.). Montoya s'arrête aussi chez Williams (8.1s.) et reste deuxième. Second arrêt de Burti. Un véhicule est sur la piste pour tracter la Jordan de Frentzen.


51e: Dix secondes séparent M. Schumacher et Montoya après leurs arrêts. R. Schumacher est aux basques de son équipier.


52e: R. Schumacher est chez Williams pour un deuxième pit-stop un peu long (9s.). Il recule au quatrième rang derrière Coulthard et quelques secondes devant Barrichello.


54e: M. Schumacher devance Montoya (11.8s.), Coulthard (30s.), R. Schumacher (42.3s.), Barrichello (45s.), Häkkinen (1m. 03s.), Irvine (1m. 09s.), de la Rosa (-1t.), Villeneuve (-1t.) et Räikkönen (-1t.).


55e: Heidfeld abandonne suite à un bris de demi-arbre de roue, possible conséquence de la touchette avec Alesi.


56e: M. Schumacher porte son avance sur Montoya à treize secondes. R. Schumacher est sous la menace de Barrichello.


58e: L'écart est stable entre Schumacher et Montoya. Coulthard est relégué à trente-deux secondes du leader.


59e: Barrichello quitte la route dans la courbe Valvoline, traverse la pelouse et revient en piste difficilement, avec des pneus encrassés. Il réussit toutefois à garder sa cinquième place.


60e: M. Schumacher est premier devant Montoya (14s.), Coulthard (33s.), R. Schumacher (40s.), Barrichello (50s.), Häkkinen (1m. 10s.), Irvine (1m. 15s.) et de la Rosa (-1t.). Verstappen se gare dans une échappatoire avec un moteur coupé.


62e: Les positions de tête sont figées. Irvine attaque pour chiper le point de la sixième place à Häkkinen. Plus loin, Alesi pourchasse Räikkönen pour la dixième place.


64e: Quinze secondes entre M. Schumacher et Montoya. R. Schumacher remonte sur Coulthard, mais cinq secondes les séparent encore.


65e: R. Schumacher est désormais bloqué par Räikkönen et Alesi. Les deux retardataires s'écartent finalement, mais Schumacher a perdu tout espoir de rattraper Coulthard.


66e: Alesi tente une attaque très hardie sur Räikkönen: il freine très tard, plonge à l'intérieur de la courbe Dunlop, escalade le vibreur.... part en tête-à-queue et se plante dans les graviers. L'Avignonnais abandonne pour la première fois de la saison.


67e et dernier tour: Michael Schumacher remporte le GP d'Europe. Montoya finit deuxième pour la seconde fois en 2001. Coulthard complète le podium. R. Schumacher décroche une frustrante quatrième place. Barrichello (5e) et Häkkinen (6e) se contentent des derniers points. Sont aussi à l'arrivée: Irvine, de la Rosa, Villeneuve, Räikkönen, Fisichella, Burti, Button et Alonso.


Après la course: Michael mate Ralf

Michael Schumacher gagne son 49e Grand Prix, dominé de main de maître. Malgré une Ferrari imparfaite, le triple champion du monde a su contenir les menaçantes Williams-BMW, exploitant à la perfection des pneus Bridgestone de nouveau excellents dans des conditions chaudes. « C'est une joie immense de gagner à domicile, dit-il, et surtout avec la manière: la pole, la victoire, en tête de bout en bout... Et pourtant ce ne fut pas facile avec la pression que m'ont mise les Williams ! Le premier relais fut difficile, avec une voiture trop survireuse. Mais j'ai pu contenir Ralf sans trop de peine. On a retouché l'aileron lors du premier ravitaillement et tout allé très bien ensuite. » Cependant, Schumacher est aussi interrogé sur sa manœuvre d'intimidation à l'égard de son frère lors du départ: « Mon envol n'a pas été aussi bon que je l'aurais souhaité. Une petite hésitation m'a coûté deux ou trois mètres. Soudain, j'ai vu Ralf à ma droite. J'ai réagi comme je devais le faire pour passer le premier virage en tête. Je n'ai pas enfreint le règlement, je n'ai changé qu'une fois de trajectoire. Les règles sont écrites et je les exploite. Ce qui est autorisé est très clair. Je ne suis pas plus dur avec Ralf qu'avec un autre. Je pilote à la limite, comme un coureur doit le faire. » Reste que serrer son adversaire au démarrage est un geste pour le moins contestable. Comme souvent, Schumacher suscite la controverse. « Michael a pris un départ très dur, mais très professionnel », estime Niki Lauda. « Dans l'esprit, il y a quand même beaucoup à dire », rétorque Alain Prost. Michael Schumacher refuse en tout cas de présenter la moindre excuse à son frère... qu'il plaint tout de même pour sa pénalité: « Cela doit être très dur pour lui. Ce stop-and-go a détruit sa course. La faute me paraît bénigne... »


Tout à l'opposé, Ralf Schumacher est furieux. Contre son frère qui l'a tassé au départ, et plus encore contre les commissaires qui l'ont pénalisé pour une vétille. D'un bond, il quitte son habitacle pour s'enfermer dans le stand Williams-BMW. Il refuse un temps de parler à la presse. « Si je disais ce que je pense, je serais sûrement suspendu ! » lâche-t-il. Au bout d'une demi-heure, après un entretien avec Frank Williams et Patrick Head, il apparaît enfin et s'exprime sur sa pénalité. Il affirme ne pas comprendre en quoi avoir mordu cette satanée ligne blanche à la sortie des stands méritait une aussi lourde sanction: « J'ignore ce qui s'est passé. J'ai repris la piste, concentré sur ma gauche, pour voir ce qui se passait derrière moi. Je n'ai rien vu, j'ai pris ma ligne... Cette sanction est hors de proportion avec la faute commise. » En tout cas, il n'est pas question pour Williams de contester la décision des commissaires, même si Frank Williams aura une explication avec Charlie Whiting. « Ralf a commis une petite faute, c'est décevant, mais les règles sont faites pour être respectées », assène le sévère Patrick Head. D'ailleurs, le trio Williams-BMW-Michelin peut tout de même se satisfaire de ce GP d'Europe. La FW23 s'affirme en deuxième force du peloton, devant McLaren, et Juan Pablo Montoya a très bien pris le relais de son équipier en assurant une belle seconde place. « Ce n'est pas une bonne affaire pour nous, mais la performance affichée ici, sur ce circuit à moyenne vitesse, était excellente, même inespérée ! » relève Gerhard Berger. « Nous avons trouvé les appuis qui nous manquaient, enchérit Mario Theissen. Et nos chevaux les tirent sans difficulté ! Si tout se passe bien, nous devrions être compétitifs sur plus de circuits que prévu: Magny-Cours, Silverstone, Hockenheim, Monza, Spa... et peut-être même Indianapolis. »


Cependant, les frères Schumacher ne se sont pas encore expliqués sur leur empoignade du départ, ou disons mieux, la manœuvre d'intimidation réussie de Michael sur Ralf. Ce dernier l'a mauvaise. Il sait que son frère a repris sur lui l'ascendant psychologique. La presse allemande ne se prive pas de disserter le lendemain sur cette espèce de test assez pervers pratiqué par l'aîné sur le cadet. Michael a gagné: Ralf a levé le pied. Celui-ci n'est ni le premier ni sans doute le dernier à plier devant le « Baron rouge » pour éviter un accrochage. Mais il faut prendre en compte l'aspect familial de cette confrontation. Non, Michael et Ralf ne seront jamais des adversaires comme les autres, parce qu'ils sont frères, et parce que l'aîné est triple champion du monde, considéré comme l'un des plus grands pilotes de l'Histoire, tandis que le cadet n'est encore qu'un jeune espoir en devenir. Qui a cette fois capitulé. Aussi, lorsque ce dimanche soir, Michael Schumacher appelle son frère depuis sa villa suisse pour lui présenter sa version des choses (« Je n'ai fait que fermer la porte »), Ralf peut bien bougonner, il sait qu'il a peut-être au fond perdu plus qu'une victoire ce jour-là...


Pendant ce temps-là, le malaise règne dans le clan McLaren-Mercedes. Certes, David Coulthard et Mika Häkkinen ont limité les dégâts en inscrivant cinq points mais, passés les essais du vendredi, ils n'ont jamais été dans le coup. Norbert Haug peine à estomper la déception des pontes de Mercedes qui ne s'attendaient pas à pareille déroute en terre allemande. Qui plus est au profit de BMW... De nouveau, Jürgen Hubbert réclame des explications à Ron Dennis et Adrian Newey. La MP4/16e a manifestement un loup. « Nos pneus arrière se dégradent trop rapidement, d'où beaucoup de survirage en course, explique Coulthard. Or, en qualifications, avec très peu d'essence, l'équilibre est différent sans être meilleur. Il y a donc manifestement deux problèmes. » « Savons-nous vraiment exploiter les pneus Bridgestone ? » se demande Häkkinen qui constate que Ferrari affiche de bien meilleures performances avec les mêmes pneus. Résultat: ici, McLaren fut réduite à une stratégie à un arrêt pour titiller les Ferrari et les Williams-BMW. « Ce podium n'aurait jamais dû nous échoir. Je ne le dois qu'à la pénalité de Ralf », admet Coulthard. En outre, l'Écossais accuse maintenant un retard de 24 points sur Michael Schumacher au championnat. Ses espoirs de titre s'amenuisent inexorablement. « Le championnat n'est pas encore décidé et je crois que nous pouvons encore redresser la barre, à condition de travailler très dur », assure-t-il. Y croit-il vraiment ?


Sources :

- Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2001-02, Chronosports Editions, 2001

- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2001, Paris, Solar, 2001

- Sport auto, août 2001

- Auto hebdo, 27 juin 2001

Tony