Mika HAKKINEN
 M.HAKKINEN
McLaren Mercedes
Heinz-Harald FRENTZEN
 H.FRENTZEN
Jordan Mugen Honda
Rubens BARRICHELLO
 R.BARRICHELLO
Stewart Ford Cosworth

637th Grand Prix

LXXXV Grand Prix de France
Changeable
Magny-Cours
Sunday, 27 June 1999
72 laps x 4.250 km - 306.000 km
Affiche
F1
Coupe

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Les Gros Prix de France

Max Mosley et Bernie Ecclestone s'épargnent le déplacement dans la Nièvre, ce qui peut être interprété comme la traduction de leur dédain envers cet événement. En leur absence, le président de la FFSA Jacques Régis devrait faire figure de maître de cérémonie, mais il est « doublé » par son prédécesseur, l'encombrant Jean-Marie Balestre qui effectue vendredi une véritable « tournée des popotes », allant à la rencontre des pilotes, des managers et des journalistes comme s'il était encore le souverain du sport automobile mondial. « Ecclestone et Mosley sont indisponibles, je les remplace ! » clame sans rire l'ancien potentat, âgé de 78 ans. Mais au concours de l'ego surdimensionné, Balestre semble avoir trouvé son maître en la personne de Roland Hodel, le très controversé président du Grand Prix, qui vient de se fendre d'un ouvrage officiel intitulé « Nevers Magny-Cours an VIII » dans lequel il parle une bonne centaine de fois de lui-même !

 

Plus sérieusement, l'organisation de ce Grand Prix de France fait l'objet de sévères critiques. Les spectateurs doivent toujours subir des embouteillages monstrueux pour atteindre le circuit de Magny-Cours tandis que les différents prestataires se livrent à un véritable racket. C'est le cas notamment des hôtels qui louent certaines chambres pour 6000 francs la nuit, soit plus de dix fois leur prix ordinaire ! Le rapport qualité/prix est complétement bafoué. De quoi décourager le passionné le plus assidu, mais aussi les différents titres de presse qui dans ces conditions hésitent à envoyer des correspondants dans la Nièvre. D'autre part, l'aéroport neversois de La Sangsue pratique des taxes d'atterrissage ahurissantes, l'équivalent de celles demandées à Heathrow ! Par conséquent, tous les pilotes évitent cette piste pour débarquer à Montbeugny (Moulins-sur-Allier). Ce détour les fait arriver en retard mercredi sur le circuit. En off, quelques collaborateurs du préfet Hodel confirment que le GP de France est devenue une manne pour certains intérêts privés...

 

Bernie Ecclestone n'a donc pas daigné se déplacer à Magny-Cours. Le businessman ne cache pas son mépris pour le circuit nivernais qu'il aimerait rayer du calendrier. Pour ce faire, il vient de se porter acquéreur du circuit Paul-Ricard qu'il veut restaurer « pour en faire un des meilleurs d'Europe ». Le message est clair: à terme, Ecclestone veut ramener le Grand Prix de France dans le Var. Mais Magny-Cours est sous contrat avec la FIA jusqu'en 2002 et négocie une prolongation de deux ans. Max Mosley est plus ouvert à cette idée que son acolyte, mais pour rester au calendrier Magny-Cours devra payer plus cher (9 millions de dollars contre 7 millions aujourd'hui) et effectuer des travaux d'aménagement. Ceci compté, le budget du GP de France devra avoisiner les 80 millions de francs après 2002, une somme qu'il est loin de pouvoir réunir. Le contribuable sera donc mis à contribution...

 

Présentation de l'épreuve

Le 16 juin 1999, Damon Hill publie un communiqué dans lequel il annonce sa retraite à l'issue de cette saison 1999. Âgé de 39 ans, le champion du monde 1996 ne faisait pas mystère de son désir de raccrocher avant ses 40 ans. Depuis le début de saison, il se vieillit en arborant un bouc poivre et sel qui fait plus songer à un père de famille rangé qu'à un as du volant. Et en effet, Hill souhaite se consacrer à son épouse Georgie, à ses quatre enfants et à sa belle maison de Dublin. Il ne trouve plus aucun plaisir à piloter. Les nouveaux pneus rainurés lui font horreur et il ne tire aucun parti de la pourtant excellente Jordan-Mugen-Honda 199. Heinz-Harald Frentzen est désormais le leader incontesté de l'écurie irlandaise et Hill ne fait plus que de la figuration. Pire: il se défie de lui-même, de ses réflexes derrière le volant. Pour un pilote, c'est le signe irréfutable que l'heure est venue de tout arrêter. Or, l'Anglais souhaiterait s'en aller très vite, non pas en fin de saison, mais deux semaines plus tard, le 11 juillet, devant « son » public de Silverstone. Mais Eddie Jordan n'est pas d'accord...

 

Heinz-Harald Frentzen fait l'objet d'une vive attention de la part des journalistes. En effet, depuis son effrayant crash à Montréal, quinze jours plus tôt, certaines rumeurs assuraient que le pilote allemand ne serait pas en mesure de disputer ce GP de France. Ce qui expliquerait son absence lors des essais privés de Magny-Cours de la semaine précédente. Balivernes selon l'intéressé, qui ment effrontément. Frentzen souffre énormément de sa jambe droite, au point de ne pouvoir la recouvrir la nuit pour dormir. Il se doute que sa rotule est fracturée, mais refuse de passer le moindre examen avant le Grand Prix de France. Mais il lui faudra solliciter sa jambe droite pour appuyer sur le champignon...

 

Mika Häkkinen arrive confiant dans le Nivernais. Après ses deux succès à Barcelone et Montréal, le Finlandais tient les commandes du championnat du monde pour la première fois de l'année. Comme il le confie au Berry républicain, il s'attend à une rude bagarre contre Michael Schumacher sans pour autant se départir de son calme olympien: « Les McLaren-Mercedes ne sont plus au-dessus du lot comme la saison dernière. Ferrari est vraiment très proche et le championnat sera sans doute très disputé jusqu'au bout. Ce n'est pas pour autant que je serai plus agressif. D'abord, ce n'est pas mon style, ensuite c'est inutile quand la voiture tourne à merveille. » Du côté de Ferrari, on espère gommer l'échec de Montréal. Michael Schumacher, espiègle, répète qu'il a commis au Québec son erreur annuelle et qu'il n'a donc plus rien à craindre cette année. Lors des essais FOCA qui se sont tenus huit jours plus tôt à Magny-Cours, Eddie Irvine a impressionné en reléguant les McLaren à plus d'une seconde. Toutefois, Schumacher a cassé deux nouveaux blocs 048B...

 

Jean Alesi célèbre ce week-end ses dix ans de Formule 1. C'est en effet le 9 juillet 1989 que le sympathique Avignonnais a disputé son premier Grand Prix, en France, sur le circuit Paul-Ricard. Toutefois, sa carrière est actuellement au creux de la vague. Sauber est une écurie sérieuse et agréable, mais qui n'est pas en mesure de lui offrir une monoplace compétitive. C'est pourquoi Alesi s'est mis en quête d'un autre volant pour l'an 2000 et se prend même à rêver d'un retour chez Ferrari, aux côtés de son ami Michael Schumacher. « Je suis sur la liste de Jean Todt », affirme-t-il. Mais il est probable que la Scuderia recherche un pilote plus jeune...

 

(Encore) du rififi chez Prost Grand Prix. Alan Jenkins est nommé directeur technique en lieu et place de Bernard Dudot qui reste toutefois attaché à la direction de l'écurie. L'ancien ingénieur de Renault Sport ne s'est jamais bien entendu avec ses collègues de Peugeot et paie en vérité l'échec des AP01 et 02. Avec Jenkins, Alain Prost renoue avec son passé puisque celui-ci fut son ingénieur de course chez McLaren en 1984, avant de devenir un concepteur réputé. La très performante Stewart-Ford SF-3 est ainsi son œuvre. Prost charge Jenkins de plancher sur l'AP03 de l'an 2000. Dans le même temps, l'ex-champion français se ronge les sangs devant l'indécision de Peugeot qui n'a toujours pas annoncé s'il poursuivait ou non sa collaboration avec Prost GP au-delà de 2000. « Nous avons décidé... de ne rien décider » avoue benoîtement Corrado Provera. Prost est excédé.

 

L'absence de Bernie Ecclestone est d'autant plus remarquée qu'il est en plein conflit avec la chaîne de télévision britannique ITV qui se plaint de la piètre qualité des retransmissions assurées par la FOA. Furieux de cette critique, le Grand Argentier a interdit de délivrer les images de caméras embarquées à ITV qui en représailles boycotte la séance de qualification du GP de France. Nul doute que l'affaire sera résolue pour le prochain GP de Grande-Bretagne qui doit se dérouler deux semaines plus tard.

 

Comme presque chaque année à la même époque, Ferrari resserre l'arrière de sa monoplace pour accentuer sa forme de « bouteille de Coca », ce qui permet de mieux évacuer le flux d'air au niveau des roues arrière. Comme à Montréal, le V10 048B est monté pour les essais et les qualifications, mais pas en course. Par ailleurs, Ferrari et McLaren aménagent des orifices pour mieux extraire l'air chaud de leurs voitures. McLaren a testé à Silverstone une version à empattement long de la MP4/14, mais celle-ci n'est pas présente dans la Nièvre. De son côté, Ilmor travaille à améliorer la souplesse du V10 qui a souffert des limitations électroniques. Pour son Grand Prix national, Prost utilise le V10 Peugeot « évolution 5 », tandis que le futur moteur A20 a effectué ses premiers tests au banc d'essais. L'AP02 reçoit en outre une nouvelle géométrie de suspensions et un nouveau volet sur l'aileron avant. BAR éprouve ici un nouveau différentiel électronique. Sauber utilise pour la première fois en course l'évolution du V10 Petronas. Enfin, le système FTT n'est toujours pas réapparu sur les Benetton.

 

Essais et qualifications

La séance d'essais du vendredi se déroule sous le soleil. Les Ferrari ne sortent que l'après-midi et se placent aux avant-postes. M. Schumacher réalise le meilleur chrono (1'17''912''') malgré une fuite d'huile. En fin de matinée, Alesi perd le contrôle de sa Sauber au milieu de la chicane d'Imola. La Sauber dérape, décolle sur le bac à sable, s'écrase à vive allure dans les glissières et retombe cul par-dessus tête. La Sauber est rapidement retournée par les commissaires et Alesi s'en tire sans bobo. Samedi, la deuxième session libre démarrent sur une piste mouillée par une averse nocturne. Elle s'assèche petit à petit, mais un nouveau crachin en fin de matinée mettra un terme aux efforts des pilotes. Barrichello a signé le meilleur temps sur piste sèche (1'17''788''').

 

L'après-midi, la pluie tombe sans interruption durant les qualifications. A 13h10, Barrichello, Alesi et Panis se hasardent en piste et réalisent, sans le savoir encore, les temps les plus rapides de la séance. A 13h40, aucune accalmie n'apparaissant, c'est le sauve-qui-peut vers la piste, complètement détrempée, pour sauver sa qualification. Cinq pilotes (Hill, de la Rosa, Takagi, Badoer et Gené) ne parviennent pas à franchir la barre des 107 % mais, au regard des conditions climatiques particulières, la direction de course acceptera de les repêcher. Ils partiront selon le classement des essais libres.

 

Le hardi Barrichello hérite donc de la pole position (1'38''441'''), la première d'une Stewart-Ford, une exacte réédition que celle qu'il avait réalisée à Spa pour Jordan en 1994. Son équipier Herbert est victime d'un souci électrique mais s'élancera tout de même neuvième. Alesi (2e) rejoue pour sa part « Zeltweg 1998 » et hisse en première ligne sa Sauber-Petronas, dotée d'une coque neuve sur à son crash de la veille. Diniz se classe 11ème. C'est aussi un jour de gloire pour Prost-Peugeot grâce à la belle troisième place de Panis qui a eu aussi l'heureuse idée de sortir très tôt. Trulli patiente beaucoup plus longtemps mais réalise un bon huitième temps. McLaren commet l'erreur de lancer ses pilotes en piste beaucoup trop tard. Coulthard (4e) limite néanmoins les dégâts et se positionne en favori pour la victoire. Häkkinen peine davantage à naviguer parmi les attardés et exécute une pirouette. Le Finlandais sombre au 14e rang. Frentzen conduit sa Jordan-Mugen en cinquième position. Hill (18e) doit se rabattre sur le mulet après un incendie et ne franchit pas les 107 %, une véritable humiliation. Comme McLaren, Ferrari relâche ses pilotes 20 minutes avant le drapeau à damiers. M. Schumacher arrache tout de même la sixième place pendant que Irvine (17e) effectue pas moins de trois tête-à-queue.

 

Chez Benetton, Fisichella (7e) se montre une fois de plus habile sous la pluie alors que Wurz (13e) reste englué dans le trafic. Les BAR-Supertec se montrent plutôt à leur avantage pour leur première prestation sur le mouillé. Le néophyte Zonta (10e) devance l'expérimenté Villeneuve (12e). Un samedi à oublier pour Williams: Zanardi (15e) enlise sa machine dans les graviers et doit repartir avec la T-Car réglée pour le sec, alors que R. Schumacher (16e) subit des coupures moteur. Les Minardi et les Arrows sont repêchées bien qu'elles ne crèvent pas le plafond des 107 %. Les monoplaces italiennes sont plus rapides cet après-midi que les Anglais, mais comme leurs positions sur la grille sont déterminées par le classement des essais libres, les secondes (de la Rosa 19e, Takagi 20e) partiront quand même devant les premières (Badoer 21e, Gené 22e).

 

C'est la fête ce samedi soir chez Stewart GP après cette première pole position. Rubens Barrichello clame haut et fort ses ambitions devant les journalistes brésiliens: « Si demain je prends un bon départ, il faudra venir me chercher ! » Bien entendu, il préférerait que la pluie soit derechef au rendez-vous... Plus légèrement, Barrichello dévoile aux journalistes que Jackie Stewart avait promis de lui offrir une Rolex s'il décrochait une pole position. « S'il a la mémoire qui flanche, j'ai quelques copains brésiliens qui pourraient la lui rafraîchir ! » se marre le petit Rubinho.

 

Le Grand Prix

Il pleut durant toute la nuit de samedi à dimanche. Le warm-up se déroule sur une piste mouillée et Coulthard se montre le plus rapide devant Irvine, M. Schumacher et Frentzen. Häkkinen est victime d'un problème d'embrayage. Quelques heures plus tard, la course démarre sur une piste sèche, mais le ciel est très chargé et tous les météorologues annoncent de nouvelles averses. Reste à savoir quand elles auront lieu... Les stratégies sont donc suspendues à cette inconnue climatique, mais la quasi-totalité des monoplaces, et notamment les Ferrari, sont réglées pour évoluer sous la pluie. A noter que Zanardi s'élance avec son mulet.

 

Départ: Barrichello conserve l'ascendant sur Alesi tandis que Coulthard dépasse immédiatement Panis.

 

1er tour: Frentzen et M. Schumacher débordent Panis à Adélaïde. Häkkinen se fraye un chemin dans le peloton et double cinq pilotes. En fin de tour, Barrichello devance Alesi, Coulthard, Frentzen, M. Schumacher, Panis, Trulli, Fisichella, Häkkinen et Wurz.

 

2e: Coulthard dépasse Alesi par l'extérieur au freinage de l'épingle. L'Écossais se lance aux trousses de Barrichello. Häkkinen dépasse Fisichella. Herbert perd l'usage de plusieurs rapports et sombre au fond du peloton.

 

3e: Coulthard est dans les roues de Barrichello. Frentzen et Schumacher menacent Alesi. Häkkinen prend la septième place à Trulli. Irvine ne remonte pas et navigue en 17e position.

 

4e: Barrichello précède Coulthard (0.6s.), Alesi (3.1s.), Frentzen (4s.), M. Schumacher (4.9s.), Panis (6.8s.), Häkkinen (7.2s.), Trulli (9s.), Fisichella (11s.) et Wurz (12s.).

 

5e: Häkkinen dépasse Panis à Adélaïde. Herbert met pied à terre car sa boîte de vitesses est hors d'usage.

 

6e: Coulthard se laisse aspirer par Barrichello dans la seconde pleine charge, puis plonge à l'intérieur à l'épingle d'Adélaïde. Il freine tard et se retrouve déporté vers l'extérieur, mais il conserve l'ascendant à la réaccélération grâce à une excellente traction.

 

7e: Coulthard tourne en 1'19''496''' et repousse Barrichello à plus de trois secondes. Léger en essence, Häkkinen a rejoint M. Schumacher, peu à l'aise avec une Ferrari réglée pour la pluie.

 

8e: Coulthard réalise ce qui sera le meilleur tour de la course (1'19''227'''). Diniz se gare dans la pelouse suite à une panne de transmission.

 

9e: On signale quelques gouttes de pluie, vite balayées par le vent. En fin de tour, Coulthard possède sept secondes et demie d'avance sur Barrichello, dix secondes sur Alesi. Häkkinen tente de réaliser l'extérieur sur Schumacher avant l'épingle, mais en vain.

 

10e: A Adélaïde, Häkkinen tente cette fois sa chance à l'intérieur et double Schumacher. Mais il glisse vers l'extérieur et l'Allemand revient à sa hauteur. Tous deux abordent roue contre roue la chicane du Nürburgring. Häkkinen, mieux placé, conserve l'avantage. Quelques secondes plus tard, Coulthard est frappé d'une coupure électrique. Son moteur se tait et il gare sa McLaren dans l'herbe au niveau de l'enchaînement d'Imola. Barrichello retrouve les commandes de l'épreuve.

 

11e: Barrichello est premier devant Alesi (4s.), Frentzen (4.9s.), Häkkinen (5.3s.), M. Schumacher (6.4s.), Panis (12.1s.), Trulli (14s.), Fisichella (17s.), R. Schumacher (20s.) et Wurz (22s.).

 

13e: Alesi est sous la pression de Frentzen, lui-même menacé par Häkkinen. Irvine remonte enfin: il a doublé Hill, Zonta, Zanardi et Villeneuve, et pointe au 11e rang.

 

15e: Häkkinen déboîte Frentzen par l'intérieur à l'épingle. Comme précédemment, le Finlandais glisse vers l'extérieur et l'Allemand le rejoint à la réaccélération, mais Häkkinen s'impose avant le freinage du Nürburgring.

 

16e: Barrichello mène devant Alesi (4.6s.), Häkkinen (5.2s.), Frentzen (6.7s.), M. Schumacher (7.4s.), Panis (14.1s.), Trulli (16s.), Fisichella (20s.) et R. Schumacher (20.5s.).

 

17e: Häkkinen pourchasse Alesi qui se défend à l'épingle par des freinages tardifs. R. Schumacher dépasse Fisichella tandis que Irvine s'est défait de Wurz.

 

18e: Il pleut sur Magny-Cours et cette fois pour de bon. Barrichello compte cinq secondes d'avance sur Alesi et Häkkinen.

 

19e: Häkkinen prend l'aspiration d'Alesi dès la courbe d'Estoril, puis déborde la Sauber par l'intérieur. A l'approche d'Adélaïde, le Français monte sur ses freins au « panneau trop tard », mais le Finlandais n'est pas en reste: tous deux bloquent leurs roues, évitent de justesse la sortie vers l'échappatoire, et Häkkinen, mieux placé, remet les gaz devant son adversaire.

 

20e: Tant qu'il le peut encore, Häkkinen exploite ses réglages orientés pour piste sèche et réalise son meilleur chrono (1'19''758'''). Il revient à trois secondes de Barrichello. La pluie s'intensifie et la piste commence à devenir piégeuse. Fisichella exécute une pirouette au Lycée.

 

21e: Il peut des cordes et les pilotes doivent être très prudents pour éviter les glissades. Panis, Irvine, Fisichella, Wurz, Villeneuve et Hill entrent aux stands pour remettre de l'essence et surtout chausser les pneus pluie. L'opération tourne à la catastrophe pour Irvine car ses mécaniciens commencent par lui chausser des gommes... pour le sec ! L'Irlandais reste immobilisé plus de 40 secondes. Wurz perd quant à lui 20 secondes. De la Rosa, Takagi et Gené atteignent les stands en fin de boucle.

 

22e: Les leaders entrent aux stands sur des œufs pour ravitailler et mettre les pneus pluie. Barrichello repart en premier, suivi par Häkkinen, Alesi, Frentzen et M. Schumacher. L'opération dure 12 secondes pour Frentzen qui fait un plein complet. R. Schumacher, Trulli, Zonta, Zanardi et Badoer passent aussi aux stands. Hill se frotte à de la Rosa en quittant les stands et effectue une escapade hors-piste à Estoril. L'Anglais subit ensuite une crevaison et doit s'arrêter de nouveau pour changer ses roues.

 

23e: La pluie tombe drue. L'adhérence et la visibilité sont nulles. Barrichello précède Häkkinen (1s.), Alesi (2s.), Frentzen (6.3s.), M. Schumacher (7.2s.), Panis (9.8s.), Trulli (11s.), R. Schumacher (13s.), Fisichella (28s.) et Villeneuve (35s.). Irvine est 11e.

 

24e: Häkkinen recolle à Barrichello. Alesi garde le contact avec ce duo. Toutefois, les projections d'eau sont terribles et toute attaque semble impossible.

 

25e: Alesi glisse dans Estoril et part en tête-à-queue dans le bac à graviers. L'Avignonnais tente en vain de relancer son moteur et doit renoncer.

 

26e: Les conditions climatiques deviennent impraticables. Charlie Whiting envoie en piste la voiture de sécurité. Villeneuve passe aux stands pour reprendre du carburant. Mais quelques instants plus tard, le Canadien part en aquaplanage dans une chicane et atterrit dans les graviers. Il y retrouve Wurz qui s'est « planté » quelques secondes plus tôt. Gené quitte la route au virage du Nürburgring et n'ira pas plus loin.

 

27e: L'averse commence à s'apaiser. Barrichello emmène le peloton derrière la Safety Car. Une grue intervient pour ôter les monoplaces de Wurz et de Villeneuve. Zanardi abandonne car son moteur est noyé par l'eau tombée dans sa prise d'air.

 

28e: Un tracteur retire la Minardi de Gené. Takagi stoppe chez Arrows pour changer de museau.

 

29e: Derrière la voiture de sécurité, Barrichello précède Häkkinen, Frentzen, M. Schumacher, Panis, Trulli, R. Schumacher, Fisichella, Irvine, Zonta, de la Rosa, Badoer, Takagi et Hill (relégué à deux tours).

 

30e: La pluie a cessé, mais Paul Stewart demande à Charlie Whiting de prolonger la neutralisation car Barrichello affirme que la piste demeure très glissante. Le directeur de course opine en ce sens.

 

32e: La Safety Car reste dehors alors que la plupart des participants commencent à s'impatienter. Pendant ce temps-là, les mécaniciens passent la raclette dans la voie des stands pour que les pilotes ne glissent pas lors de leur prochain arrêt.

 

34e: La neutralisation se poursuit. Hill jette l'éponge suite à une coupure électrique générale sur sa Jordan.

 

35e: Charlie Whiting décide enfin de rappeler aux stands la voiture de sécurité. La course va reprendre au tour suivant. Irvine commet un tête-à-queue et doit se relancer bon dernier.

 

36e: Le drapeau verte est brandi. Barrichello conserve l'ascendant devant Häkkinen, Frentzen et M. Schumacher. La piste demeure très détrempée.

 

37e: Häkkinen se fait pressant derrière Barrichello. M. Schumacher tente pour sa part d'intimider Frentzen.

 

38e: Häkkinen touche la bordure intérieure à l'épingle d'Adélaïde, ce qui suffit à l'envoyer en tête-à-queue. Il doit laisser passer cinq concurrents avant de se relancer en septième position. Irvine a déjà regagné quatre places.

 

39e: M. Schumacher dépasse Frentzen par l'intérieur à Adélaïde. Le voici second, lancé à la poursuite de Barrichello.

 

40e: Barrichello mène devant M. Schumacher (0.6s.), Frentzen (2.7s.), Panis (4s.), Trulli (7s.), R. Schumacher (7.8s.) et Häkkinen (8.5s.). Irvine prend la huitième place à Fisichella.

 

41e: M. Schumacher est dans les roues de Barrichello. Son frère Ralf est quant à lui dans la boîte de Trulli.

 

42e: En arrivant à l'épingle, M. Schumacher se jette à l'intérieur et retarde au maximum son freinage. Barrichello, malin, ouvre la porte, ce qui lui permet ensuite de couper la trajectoire à l'Allemand et de rester en tête. R. Schumacher déborde Trulli. Irvine, déchaîné, surprend Häkkinen et se retrouve en septième position.

 

43e: Frentzen et Panis recollent au duo Barrichello – M. Schumacher. Le pilote Ferrari tente cette fois de surprendre Barrichello par l'intérieur dans le 180°, sans résultat. Irvine dépasse Trulli. Fisichella s'évanouit dans un bac à graviers et doit abandonner.

 

44e: Comme deux tours plutôt, M. Schumacher prend l'intérieur à l'épingle en freinant très tard. A la réaccélération, c'est lui cette fois qui coupe la route à Barrichello. Le voici en tête du GP de France.

 

45e: M. Schumacher s'enfuit et prend déjà quatre secondes d'avance sur Barrichello. Le train Frentzen – Panis – R. Schumacher - Irvine revient sur le Brésilien. Häkkinen s'empare de la septième place face à Trulli.

 

46e: M. Schumacher précède Barrichello (5.4s.), Frentzen (6.2s.), Panis (7.2s.), R. Schumacher (8.3s.), Irvine (8.8s.), Häkkinen (9.5s.), Trulli (13s.), Zonta (24s.) et Badoer (38s.).

 

48e: Inquiétude chez Ferrari: la communication radio est coupée avec Schumacher et la télémesure donne des informations au compte-gouttes. Conséquences des averses ? Irvine menace R. Schumacher tout en résistant à Häkkinen.

 

50e: M. Schumacher compte neuf secondes d'avance sur Barrichello. Frentzen évolue dans le sillage du Pauliste. R. Schumacher prend la quatrième place à Panis. Irvine entre aux stands pour ravitailler et remettre des pneus pluie (7s.) car l'asphalte demeure humide.

 

51e: M. Schumacher rencontre un problème de sélection de vitesses qui lui fait effectuer un travers au Lycée. Barrichello et Frentzen le rejoignent dans cette boucle. Häkkinen dépasse Panis par l'intérieur au freinage du Nürburgring.

 

52e: Schumacher reste en piste et reprend deux secondes d'avance sur Barrichello. Häkkinen se fait menaçant derrière Frentzen. R. Schumacher fait escale aux stands et remet des pneus pluie. Irvine est repassé devant Zonta.

 

53e: M. Schumacher devance Barrichello (2s.), Frentzen (4s.), Häkkinen (4.5s.), Panis (8s.), Trulli (14s.), R. Schumacher (30s.) et Irvine (31s.).

 

54e: M. Schumacher stoppe chez Ferrari, remet de l'essence et des pneus pluie, et surtout reçoit un nouveau volant pour parer à son problème de sélection. L'Allemand redémarre au bout de treize secondes en sixième position. Irvine sort dans les graviers à la sortie du 180° et reprend la piste derrière Zonta.

 

55e: Barrichello retrouve la première place. Häkkinen se montre dans les rétroviseurs de Frentzen. Schumacher évolue à 22 secondes du leader.

 

56e: Frentzen verrouille toutes les issues devant Häkkinen. Irvine repasse à nouveau devant Zonta.

 

57e: Häkkinen déboîte Frentzen par l'intérieur dans la ligne droite reliant Estoril à Adélaïde. « HHF », soudain méchant, tasse rudement le Finlandais vers la bordure, mais vire au large à l'épingle. Häkkinen s'empare enfin de la deuxième place.

 

58e: Häkkinen revient à grandes enjambées sur Barrichello. Panis effectue son second ravitaillement et reprend des gommes pour la pluie, bien que la piste s'assèche peu à peu. Le Français fait une mauvaise affaire car il repart derrière R. Schumacher.

 

59e: Häkkinen attaque Barrichello et s'infiltre à l'intérieur de l'épingle. Mais le Brésilien jouit d'une meilleure traction et garde l'ascendant à l'accélération. Ross Brawn et les mécaniciens de Ferrari doivent monter sur la murette pour signifier à M. Schumacher, privé de toute information, que tout est « O.K. ». Trulli fait escale chez Prost pour ravitailler et remettre des pneus pluie.

 

60e: Häkkinen sort d'Estoril dans la boîte de Barrichello. Il se laisse aspirer et déborde la Stewart très facilement dans la ligne droite suivante.

 

61e: De la Rosa sort dans les graviers à Estoril, puis effectue une double figure sur une flaque d'eau en revenant en piste. L'Espagnol se relance devant Frentzen. Ce dernier tente d'effacer l'Arrows à l'épingle, lorsque soudain sa boîte de vitesses ratatouille. Calmement, Frentzen redescend ses rapports, puis les remonte et reprend sa marche en avant. Zonta passe chez BAR et le premier s'empare de pneus pour le sec.

 

62e: Häkkinen s'envole et repousse Barrichello à cinq secondes. Comme la piste sèche, les leaders roulent sur les portions humides pour préserver leurs gommes. Irvine dépasse Panis après Adélaïde. De la Rosa passe aux stands pour changer d'aileron et de pneus.

 

63e: Häkkinen est en tête devant Barrichello (8s.), Frentzen (13s.), M. Schumacher (29s.), R. Schumacher (32s.) et Irvine (34s.). Panis commet un travers dans le 180° et met deux roues dans les graviers. Trulli en profite pour doubler son équipier.

 

64e: Häkkinen compte une douzaine de secondes de marge sur Barrichello mais il n'a pas course gagnée. En effet, bien qu'il ait consommé moins d'essence à cause de la pluie, il risque la panne sèche s'il poursuit sans s'arrêter jusqu'au drapeau à damiers. Le même dilemme se pose chez Stewart pour Barrichello.

 

65e: Irvine est à la poursuite de R. Schumacher qui se défend avec vigueur. McLaren rappelle Häkkinen pour lui remettre du carburant et des pneus intermédiaires (7.7s.). Dans la foulée, Barrichello fait halte chez Stewart pour effectuer la même opération. Frentzen s'empare du commandement.

 

66e: Il pleut derechef sur Magny-Cours. Cependant Frentzen roule vers la victoire car, contrairement à ses adversaires, il a suffisamment d'essence dans son réservoir pour aller au bout. Barrichello quitte les stands juste devant M. Schumacher et le contient sans peine. Un peu plus loin, pressé par Irvine, R. Schumacher emprunte le dégagement à la chicane du Lycée.

 

67e: Frentzen est en tête devant Häkkinen (2.2s.), Barrichello (24.6s.), M. Schumacher (28.4s.), R. Schumacher (29s.), Irvine (30s.), Trulli (38s.), Panis (39s.) et Zonta (1m. 20s.). Deuxième pit-stop pour Badoer.

 

68e: M. Schumacher se débat avec une sélection de vitesses toujours capricieuse et des pneus calamiteux. Son frère Ralf et son équipier Irvine le menacent sérieusement.

 

69e: Frentzen conserve trois secondes d'avance sur Häkkinen. Irvine surprend R. Schumacher en le doublant par l'intérieur au droit du Lycée. Mais quelques secondes plus tard, le pilote allemand le repasse à l'accélération.

 

70e: R. Schumacher attaque son frère par l'extérieur avant Adélaïde. L'aîné résiste, mais le cadet croise la Ferrari en remettant les gaz et conquiert ainsi la quatrième place. Un peu plus loin, Irvine attaque son coéquipier par l'intérieur du 180°, mais M. Schumacher fait respecter sa primauté.

 

71e: Frentzen compte huit secondes d'avance sur Häkkinen alors que tombent des hallebardes à un tour du but.

 

72e et dernier tour: Il pleut très fort dans cette ultime boucle. Les pilotes achèvent cette épreuve dantesque avec une extrême prudence.

 

Heinz-Harald Frentzen remporte le GP de France. Häkkinen termine deuxième. Barrichello conclut son superbe week-end au troisième rang. R. Schumacher obtient une très belle quatrième place devant les Ferrari de M. Schumacher (5e) et de Irvine (6e). Les Prost-Peugeot de Trulli (7e) et de Panis (8e) échouent à la porte des points. Badoer, Takagi et de la Rosa rejoignent aussi l'arrivée. Takagi sera disqualifié car Arrows lui a monté des pneus destinés à son collègue de la Rosa.

 

Après la course: Frentzen, le vainqueur à la jambe cassée

A peine sorti de sa monoplace, Heinz-Harald Frentzen tombe dans les bras d'Eddie Jordan. « Avec ça, tu vas me coûter très cher ! » glisse l'Irlandais rigolard à l'oreille de son champion. « Beaucoup plus que tu ne les penses ! » rétorque l'heureux vainqueur, avant de recevoir son trophée des mains de l'acteur Michael Douglas. Quant à Jordan, il sourit en entendant, après le Deutschland über alles, le Amhrán na bhFiann, l'hymne irlandais. Il avait peu goûté que dix mois plus tôt, lors de la victoire de Damon Hill à Spa, le succès de son écurie basée à Silverstone soit salué par le God Save the Queen...

 

Ce Grand Prix de France a connu pas moins de cinq leaders et Heinz-Harald Frentzen a finalement gagné cette loterie grâce à son habileté, mais aussi au gros réservoir de sa Jordan 199 qui peut emmener 20 litres de plus que les autres machines. Un avantage décisif pour les épreuves sous la pluie, où la consommation est moindre qu'en temps normal. Ainsi, Frentzen n'a effectué qu'un seul ravitaillement et a doublé tous ses concurrents, contraints de stopper deux fois ! « Nous avions envisagé plusieurs tactiques, mais rien n'était écrit à cause de cette météo changeante », confie-t-il à Auto Hebdo. « On attendait l'averse sans savoir quand elle tomberait. Je suis rentré quand cela pleuvait très fort. Je me suis aperçu que les gars mettaient beaucoup de temps à remettre du carburant, ça m'a rendu nerveux. Je suis reparti avec une voiture très lourde, difficile à piloter. Les autres, plus légers que moi, s'enfuyaient et c'était frustrant. Et puis, c'est devenu inconduisible, Alesi est sorti devant moi, et j'ai demandé à ce que cette p***** de voiture de sécurité entre en piste ! C'est alors que le stand m'a expliqué qu'il fallait que j'aille au bout tandis que tous les autres s'arrêteraient une seconde fois. Et cela a bien marché, il m'a fallu seulement être un peu économe. J'ai choisi l'option ''pied léger''. Ma grande peur, ce fut lorsque je me suis trouvé au point mort à l'épingle, en doublant une Arrows. J'ai mis deux secondes pour rentrer une vitesse... L'adrénaline n'a pas manqué ! »

 

Cette victoire du sympathique Frentzen couronne son épanouissement chez Jordan, après deux années très difficiles chez l'austère Frank Williams. Lorsqu'on lui demande s'il se sent revanchard, le Rhénan s'en tire par une pirouette : « Non, car j'ai tout oublié ! Sans doute une conséquence de mon accident de Montréal !... » Frentzen plaisante, mais son crash québécois lui a bien laissé des séquelles. Car s'il a eu le pied droit aussi léger lors de ce dimanche pluvieux, c'est aussi parce qu'il souffrait énormément de cette jambe. Il avouera plus tard que, si la course s'était déroulée sur piste sèche, jamais il n'aurait pu aller au bout. Quelques jours après Magny-Cours, Frentzen se décide enfin à passer un scanner de la jambe droite qui révèle... un nombre incalculable de micro-fractures ! « HHF » devient ainsi le seul pilote à avoir remporté un Grand Prix de F1 avec une jambe cassée !

 

Les autres: bonne affaire pour Häkkinen, Ferrari surnage

Parti 14e, Mika Häkkinen a connu un après-midi mouvementé: il s'est retrouvé deux fois leader, a commis un tête-à-queue et s'est battu avec Michael Schumacher, Rubens Barrichello puis Heinz-Harald Frentzen. Au final, sa deuxième place est une bonne affaire puisqu'elle lui permet d'accroître son avance sur Schumacher au championnat des pilotes (40 points contre 32). « J'ai pris beaucoup de plaisir », confie le Finlandais. « J'ai piloté à la limite pendant 80 % de la course, mais je suis parti à la faute en attaquant Rubens. J'ai pris sur moi pour remonter. Au final, le titre prime sur tout le reste ». « Cette performance vaut simplement une victoire » soutient Ron Dennis, qui a également un mot chaleureux pour David Coulthard, trahi par la mécanique: « Son début de course compte parmi les meilleures performances de sa carrière. Nous ne l'oublions pas ! » Du baume bienvenu pour celui qui ne compte que 12 points au championnat après sept Grands Prix...

 

Chez Ferrari, en revanche, on l'a beaucoup plus saumâtre. D'ailleurs, Jean Todt boude la presse. Michael Schumacher semblait avoir la victoire en poche quand tout s'est mis à dérailler sur sa F399. « Déjà, ma radio ne marchait pas, et je devais communiquer par signes avec mon stand. Après l'intervention du pace-car, j'ai pris la tête en doublant Barrichello, mais mon sélecteur de vitesse s'est mis à défaillir. Je n'avais plus que la 1ère et la 2nde vitesses et j'ai perdu énormément de temps. J'ai changé de volant, mais ça n'allait pas vraiment mieux... et puis le nouveau train de pneus était catastrophique ! » Car mal gonflé, ainsi qu'on l'apprendra... Quant à Eddie Irvine, il a connu un pit-stop calamiteux, puis deux sorties de route. Mais il s'est surtout distingué en attaquant son leader dans les derniers tours, une audace qui signe sa future rupture avec la Scuderia. Qu'on se le dise: Irvine en fera plus de cadeaux à Schumacher...

 

Rubens Barrichello n'est pas parvenu à convertir sa pole position en première victoire, mais il est resté en tête de l'épreuve beaucoup plus longtemps qu'on ne l'aurait cru en raison des déboires de Coulthard, Häkkinen et Schumacher. « J'ai savouré cette course le plus intensément possible » commente le petit Pauliste. « Longtemps, la situation a tourné en ma faveur. Lorsque j'ai vu Coulthard abandonner et que tous les autres se bagarraient derrière moi sous la pluie, j'ai vraiment cru que ça allait être ma journée ! J'ai voulu économiser de l'essence pour m'épargner un deuxième arrêt, mais c'était impossible. Je devais attaquer dans cette course complétement folle. » Barrichello s'est aussi distingué par des passes d'armes musclées mais toujours correctes avec Schumacher et Häkkinen. Un peu déçu par cette troisième place finale, il se console en se disant que sa première victoire ne peut plus être bien loin...

 

Enfin, les Français tirent hélas un bilan négatif de ce Grand Prix, et ce après des qualifications pourtant riches d'espoirs. Malchanceux, Jean Alesi fut la première victime du déluge qui s'est abattu sur la piste. Quant aux Prost-Peugeot d'Olivier Panis et de Jarno Trulli, elles ont passé une grande partie de la course parmi les six premiers... mais échouent à la porte des points. L'AP02 était tout simplement trop lente en ligne droite pour résister à ses rivales. « La voiture manque de puissance, cela va trop vite pour nous ! » résume le directeur d'exploitation Vincent Gaillardot. « On a fait la course qu'on a pu ! » soupire un Panis plus résigné que jamais. « Les pilotes n'ont pas commis d'erreurs et sont à l'arrivée. Le bilan est certes frustrant, mais positif », assène Alain Prost. Qu'en pense-t-on chez Peugeot ?...

Tony