David COULTHARD
 D.COULTHARD
Williams Renault
Damon HILL
 D.HILL
Williams Renault
Mika HAKKINEN
 M.HAKKINEN
McLaren Peugeot

561st Grand Prix

XXIII Grande Premio de Portugal
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25 september 1994 - Estoril
71 laps x 4.360 km - 309.560 km
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F1

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Hill revient à un point de Schumacher au championnat.

Transferts: Hill et Schumacher prolongent

En marge du GP du Portugal, Williams-Renault annonce la prolongation du contrat de Damon Hill jusqu'à fin 1995. Voilà de quoi rassurer le pilote anglais qui se plaint régulièrement de ne pas être assez soutenu par son écurie. Dans le même temps, David Coulthard se résigne à céder son baquet à Nigel Mansell à compter du prochain GP d'Europe. En sept courses, le jeune Britannique a souvent fait jeu égal avec Hill et de nombreux journalistes le jugent digne d'être titularisé par Frank Williams la saison prochaine. Il dispose d'ailleurs pour cela d'une option dûment signée. Mais Coulthard est très convoité: Niki Lauda, Ron Dennis, Flavio Briatore et Peter Sauber prennent langue avec son manager Tim Waigh au cours de ce week-end portugais.

 

Pendant ce temps-là, les rumeurs vont bon train au sujet d'un possible divorce entre Michael Schumacher et Benetton. L'Allemand souffrirait de la dégradation de son image consécutive aux nombreuses polémiques ayant émaillé ce championnat. Ces bruits ont été avivés par la présence à Monza de Julian Jakobi, l'ancien agent d'Alain Prost et d'Ayrton Senna, qui selon certains journalistes jouerait les entremetteurs entre Willi Weber, le manager de Schumacher, et Frank Williams. « J'admets que Willi est en contact avec d'autres écuries », reconnaît « Schumi », « mais n'est-ce pas normal qu'un manager évalue les possibilités offertes à son client ? Il le fait chaque année à cette période. » De son côté, Luciano Benetton affirme que son pilote a un contrat courant jusqu'à fin 1996 et le respectera. A vrai dire, Schumacher, certain de bénéficier en 1995 d'une très bonne voiture et d'un excellent moteur, le V10 Renault, n'a aucune intention de quitter Enstone. Mais il prend conscience de son immense valeur sportive et marchande. Il est dorénavant la « super-star » de la Formule 1 et accueille avec fierté les offres faramineuses (on parle de 15 millions de dollars) que lui font Williams, McLaren et Ferrari. Voilà qui lui permet de marchander en position de force. Fin septembre, Schumacher paraphe un nouvel engagement avec Benetton. Il décroche un salaire de 16 millions de dollars et, surtout, la réduction de la validité de son contrat, qui ne court plus que jusqu'à fin 95. Dans un an, il sera donc de nouveau libre de se vendre au plus offrant.

 

Autres transferts: Barrichello, parti pour rester chez Jordan

Autre pilier du marché des transferts 94-95: Rubens Barrichello. Voilà des mois que le Brésilien négocie avec McLaren mais l'annonce de son recrutement, attendue à Monza, n'est jamais venue. En fait, le jeune Pauliste trouve les propositions de Ron Dennis insatisfaisantes. Le patron de Woking doit en effet composer avec son futur partenaire Mercedes qui pourrait fort bien lui imposer un pilote allemand (Schumacher ou Frentzen) pour 1996. Barrichello ne se voit donc proposer qu'un contrat d'un an, et il craint de devoir simplement seconder Mika Häkkinen en 1995. Marlboro-Brésil, son commanditaire, pencherait désormais pour un contrat Ferrari, à l'horizon 96. D'abord parce que d'ici là la cote de « Rubinho » devrait encore monter. Ensuite parce celui-ci est déjà sponsorisé par Fiat et participe à des campagnes publicitaires brésiliennes pour la firme de Turin. Barrichello devrait donc rester chez Eddie Jordan une saison de plus. Bien sûr, le grippe-sou irlandais réclame en parallèle à Philip Morris une petite rallonge financière...

 

Une silhouette de lycéen attardé apparaît dans le stand Benetton. Il s'agit de Paul Tracy, jeune Canadien de 25 ans qui depuis quatre ans brille en IndyCar pour le compte du team Penske. Flavio Briatore et Tom Walkinshaw lui ont ménagé un test pour les essais qui suivront ce Grand Prix, afin de l'évaluer et, qui sait, de l'associer à Michael Schumacher en 1995 ou 1996. Beaucoup doutent de l'opportunité d'un tel engagement: Tracy est un pilote rapide certes, mais aussi très impulsif, entêté et gaffeur. Pas vraiment le profil à cohabiter avec Schumacher... Mais sa présence témoigne de l'intérêt grandissant des patrons de F1 pour les pilotes de Formule Indy.

 

D'autres pilotes songent à effectuer le chemin inverse. C'est le cas de Christian Fittipaldi qui se morfond au volant de sa médiocre Arrows-Ford et s'apprête à céder aux sirènes de l'IndyCar. Des ténors de cette discipline, comme Roger Penske, Carl Haas et Derrick Walker lui font les yeux doux pour 1995. Puisqu'il ne peut exprimer son (réel) talent en F1 sans marchander son baquet, autant rejoindre un championnat américain florissant, n'en déplaise à Bernie Ecclestone. « La F1 est quand même un monde bizarre ! », lâche Fittipaldi junior. « Prenons les cas de Villeneuve ou de Tracy. Lorsqu'ils étaient en Europe, personne n'en voulait. Aujourd'hui qu'ils sont en F. Indy, les grands patrons de la F1 se les arrachent ! Alors pourquoi ne pas aller là-bas ? »

 

McLaren - Peugeot: divorce en vue

Les tractations entre McLaren et Mercedes, jusqu'ici tenues secrètes, transparaissent dans les journaux. Ron Dennis a été aperçu plusieurs fois à Stuttgart-Untertürkheim, le siège de Mercedes AG, pour finaliser les détails de l'entente. Le 23 septembre, Mansour Ojjeh a de son côté prévenu Jean-Pierre Jabouille que Peugeot devra se trouver un autre associé pour 1995. La foudre tombe sur la firme sochalienne. Pour son président-directeur général Jacques Calvet, c'est la preuve que les dirigeants de la Formule 1 ne sont pas des gens sérieux. Néanmoins, Peugeot ne peut abandonner l'exploitation de son V10 qui lui a déjà coûté plusieurs millions de francs. Un retrait de la discipline, un an seulement après son arrivée, écornerait durablement son image. Frédéric Saint-Geours et Jean-Pierre Jabouille sont donc chargés de dénicher un nouveau partenaire. A Estoril, face à la presse, McLaren et Peugeot usent de la langue de bois. « Je ne suis pas un homme à rompre un contrat ! » clame Ron Dennis, toute honte bue. « Je ne sais qu'une chose: s'il y a rupture, Peugeot recevra un sérieux dédit », proclame Jean-Pierre Jabouille. En effet, selon le contrat signé à Paris en octobre 1993, l'indemnité imposée équivaut à l'investissement de Peugeot pour le développement de son moteur. Mais visiblement, Dennis a les reins solides... Pendant ce temps-là, le duo Saint-Geours – Jabouille entame des discussions avec Eddie Jordan, dont l'écurie vient immédiatement après McLaren au championnat des constructeurs. L'Irlandais est ravi puisqu'il cherche un moteur à la fois performant... et peu onéreux.

 

La presse française juge sévèrement le comportement de Ron Dennis et met en exergue les progrès du moteur Peugeot. Ainsi, à Monza, Mika Häkkinen et Martin Brundle ont pour la première fois fini tous deux dans les points. Après douze épreuves, la paire McLaren-Peugeot a amassé 29 points, ce qui est tout à fait honorable pour une première année. Alain Prost, qui a testé la MP4/9 en mars, révèle qu'il jugeait alors impossible que cette machine grimpe sur un podium. Mais Dennis est impatient de retrouver les sommets et estime la marge de progression du V10 Peugeot trop faible pour lui permettre de glaner rapidement de nouveaux lauriers.

 

Ferrari: horions nocturnes

Vendredi soir, vers 21 h45, une poignée de techniciens et de mécaniciens de Ferrari (dont l'ingénieur Luigi Mazzola) achèvent une dure journée de labeur. Avec quelques camarades de Ligier et de Benetton, ils se préparent à quitter le circuit lorsqu'ils s'aperçoivent que la porte d'entrée, qu'ils avaient franchie le matin même, est verrouillée. Plutôt que d'emprunter un autre passage, ils décident de forcer celui-ci et commencent à défoncer ladite porte. Alertée par le bruit, la garde nationale républicaine intervient sans ménagement. Le ton monte rapidement, et bientôt une nuée de policiers portugais armés jusqu'aux dents encercle l'autodrome ! Les employés de Ferrari sont interpellés manu militari. Ils sont rapidement libérés, sur intervention de Jean Todt, mais la police portugaise télécopie les laissez-passer confisqués à la FIA. Les commissaires sportifs de l'épreuve, chargés d'appliquer la sanction, ont la main très lourde: la Scuderia écope de 50 000 dollars d'amende, d'un Grand Prix de suspension avec sursis, plus trois courses de mise à l'épreuve !

 

Averti le lendemain matin, le président Luca di Montezemolo se fend d'un communiqué acide dans lequel il annonce faire appel de cette décision inique et agite la menace d'un forfait: « Face à ce genre de situation, la chose la plus juste serait de retirer pilotes et voitures et de rentrer à Maranello. L'équipe Ferrari ne le fera pas uniquement par respect envers les sportifs et ses propres tifosi. » Max Mosley et Bernie Ecclestone vont user de diplomatie pour apaiser le courroux de l'industriel italien...

 

Présentation de l'épreuve

Le tracé d'Estoril est retouché pour améliorer la sécurité: la courbe à droite de Tanque, où le dégagement était réduit, disparaît au profit d'un « serpentin » composé de trois virages très lents, dont une épingle se prenant en première vitesse. Une adjonction très critiquée par les pilotes. « C'est un virage Mickey Mouse », tranche Jean Alesi. « Je me croyais dans une des épingles de la montée vers Sestrières, la neige en moins », surenchérit Gianni Morbidelli.

 

Le voyage d'automne en Extrême-Orient, occasionné par les Grands Prix du Japon et d'Australie, trouble le sommeil de Gérard Larrousse, Peter Collins, Nick Wirth et consorts. En effet, le transport du matériel coûtera près de 350 000 dollars à chacune des écuries, et les plus modestes n'ont pas les moyens de débourser une telle somme. Bernie Ecclestone leur interdit cependant de déclarer forfait en vertu de l'accord qu'il a passé avec les organisateurs japonais et australiens, garantissant un plateau minimal de vingt-six voitures. Du coup, Larrousse, Lotus, Simtek, Arrows, Pacific et cie. sont contraintes de prendre langue avec des pilotes payants qui leur permettront de se rendre à l'autre bout du monde. Les Japonais riches en yens sont très recherchés. Le plus convoité est Hideki Noda, un troisième couteau de la Formule 3000 dont la valise de billets est disputée par Larrousse et Simtek.

 

Le team Lotus, placé sous administration judiciaire, vend ses actifs pour éponger ses dettes dans l'attente d'un repreneur. Afin de finir la saison, tous les subsides sont les bienvenus: c'est ainsi que Philippe Adams remplace Alessandro Zanardi, comme à Spa, moyennant quelques centaines de milliers de livres. Toutefois le Belge n'a pas les moyens de prolonger l'aventure au-delà de cette course. Zanardi doit donc dénicher quelques sponsors s'il veut retrouver son baquet pour les trois derniers Grands Prix. Jean-Marc Gounon dispute pour sa part son dernier Grand Prix pour Simtek qui devra faire appel à des pilotes plus fortunés pour les dernières courses. L'Ardéchois pourrait néanmoins finir la saison chez Arrows, en cas de défaillance budgétaire de Morbidelli ou de Fittipaldi. Il négocie en ce sens avec Jackie Oliver.

 

Deux semaines après sa terrible désillusion de Monza, Jean Alesi réapparaît bronzé et rasséréné. Cependant, ses ambitions pour cette épreuve sont limitées. « Ce tracé n'est pas idéal pour les Ferrari », dit-il à Renaud de Laborderie. Gerhard Berger est beaucoup plus motivé: il souhaite briller pour célébrer l'anniversaire de sa nouvelle compagne portugaise, Ana.

 

Les écuries apportent de nombreuses nouveautés, non seulement pour le Grand Prix, mais aussi pour les essais privés qui doivent se tenir la semaine suivante sur ce même tracé d'Estoril. Ferrari continue de développer sa 412 T1B. Elle reçoit ainsi deux doubles déflecteurs derrière les roues avant, à l'entrée des pontons, dont l'influence sur la tenue de route est très positive selon les pilotes. A l'arrière, on aperçoit de nouveaux flaps et des amortisseurs à réservoir de gaz incorporé. Berger et Alesi éprouvent enfin plusieurs configurations de suspensions avant.

 

Williams teste plusieurs types d'ailerons sur cette piste nécessitant un sérieux appui, pour finalement adopter un triplan en forme de dièdre. De nouveaux petits extracteurs favorisent aussi le refroidissement du V10 Renault. McLaren utilise de nouveau sa direction assistée, mise de côté à Spa et à Monza. Peugeot amène ici une légère évolution de son moteur qui offre quelques chevaux supplémentaires. L'équipe de Woking essaie aussi des disques et des plaquettes de frein fournis par la firme japonaise Nisshin. Lotus place des mini-ailerons à la hauteur des roues arrière de la calamiteuse 109. A noter qu'une fois de plus, seul Herbert dispose du nouveau V10 Mugen. Jordan reçoit le nouveau moteur Hart version trois litres, qui doit être utilisé en 1995, et qu'elle testera la semaine suivante en séance privée. Ligier se met à l'école Benetton et pare sa JS39B d'ailerons arrière à deux dièdres inférieurs.

 

Essais et qualifications

La plupart des meilleurs chronos sont réalisés le vendredi, car le lendemain le vent se lève et les coureurs reçoivent des rafales en plein nez. Est-ce l'amour d'Ana qui le transcende ? Toujours est-il que Berger réalise la dixième pole position de sa carrière (1'20''608'''), une performance qui démontre les progrès du châssis Ferrari. Alesi (5ème), beaucoup moins à l'aise, concède près d'une seconde à son équipier. Hill se fait peur vendredi après-midi lorsqu'il rencontre Irvine en tête-à-queue à l'orée de la nouvelle portion. L'Irlandais enclenche la marche arrière et heurte la Williams qui, catapultée, atterrit cul par-dessus tête dans les graviers ! Hill s'en tire par bonheur sans mal et réalise le second chrono (1'20''766'''). Coulthard le suit à trois dixièmes. Les McLaren-Peugeot (Häkkinen 4ème, Brundle 7ème) se comportent très bien vendredi. Le lendemain, elles ne peuvent améliorer à cause du vent mais conservent leurs positions. Les Tyrrell-Yamaha sont rapides malgré une tenue de route perfectible. Katayama (6ème) devance une fois de plus Blundell (11ème). Les pilotes Jordan (Barrichello 8ème, Irvine 13ème) se battent contre un sous-virage récurrent. Du côté de Sauber, Frentzen (9ème) est un des rares à progresser samedi. De Cesaris (17ème) se fourvoie dans ses réglages.

 

Chez Benetton, une phrase trotte dans toutes les têtes: « Michael, reviens ! »... Verstappen (10ème) et Lehto (14ème) sont clairement incapables de tirer le meilleur de cette machine. « Une Benetton sans Schumacher, ce n'est plus la même chose », remarque Alain Prost, laconique. Regain de forme pour Fittipaldi qui place son Arrows au onzième rang. Son compère Morbidelli (16ème) est moins heureux car handicapé par des freins défaillants. Les pilotes Ligier-Renault (Panis 15ème, Bernard 21ème) peinent à tirer parti de leurs nouveaux ailerons. Les Minardi (Martini 18ème, Alboreto 19ème) subissent des pannes de moteur et de boîte. Le V10 Mugen-Honda ne peut rien ici pour des Lotus dépourvues de grip. Herbert est disqualifié vendredi soir pour avoir été poussé par des commissaires. Il s'assure le lendemain du 20ème temps. Adams (25ème) atteint son objectif: la qualification. Pas de problème particulier pour les Larrousse-Ford (Comas 22ème, Dalmas 23ème). Brabham (24ème) et Gounon (26ème) qualifient assez aisément leurs Simtek. Une fois de plus, les Pacific-Ilmor de Gachot et Belmondo, frappées par une cascade de casses moteur, sont éliminées.

 

Le Grand Prix

Les Williams-Renault dominent le rodage du dimanche matin. Elles précèdent les étonnantes McLaren-Peugeot et les Jordan-Hart. Les Ferrari sont nettement en retrait car affectées d'un gros sous-virage. Voilà qui est de mauvais augure pour Berger. L'après-midi, le ciel est assez chargé mais il n'y a aucun risque d'averse à l'horizon. Les pilotes de pointe tablent sur une stratégie à deux arrêts-ravitaillements.

 

Tour de formation: Katayama subit une coupure de moteur à la fin de cette boucle. Il parvient à relancer sa machine mais sera contraint de partir depuis la voie des stands avec une minute de retard.

 

Départ: Berger conserve l'avantage de sa pole alors que Hill rate son envol et se fait passer par Coulthard. Alesi pointe au quatrième rang devant Häkkinen et Barrichello.

 

1er tour: Berger mène devant Coulthard, Hill, Alesi, Häkkinen, Barrichello, Frentzen, Verstappen, Brundle et Fittipaldi.

 

2e: Berger ne se détache pas des Williams. Alesi est isolé au quatrième rang.

 

3e: Berger compte une petite seconde d'avance sur Coulthard, deux secondes sur Hill.

 

4e: Coulthard met la pression sur Berger qui bloque ses roues dans le nouvel enchaînement.

 

6e: Berger précède Coulthard (0.5s.), Hill (1.6s.), Alesi (4.1s.), Häkkinen (8.1s.), Barrichello (10s.), Frentzen (14s.) et Verstappen (15s.).

 

7e: Coulthard se rapproche sensiblement de Berger dans la portion sinueuse, mais dans les accélérations le V12 Ferrari l'emporte sur le V10 Renault.

 

8e: Berger tombe en panne de boîte de vitesses à l'entrée du « tire-bouchon » et s'immobilise dans la pelouse. Coulthard recueille la première place.

 

10e: Coulthard est premier devant Hill (1.5s.), Alesi (4.5s.), Häkkinen (8s.), Barrichello (10s.), Frentzen (16s.), Verstappen (16.7s.), Brundle (17.2s.), Fittipaldi (23s.) et Blundell (25s.).

 

11e: Martini est le premier pilote à effectuer un ravitaillement.

 

12e: Coulthard réalise le meilleur tour de la course (1'22''446'''). Il repousse Hill à deux secondes et demie. Frentzen, Verstappen et Brundle se battent pour la sixième place.

 

14e: Katayama entame une nouvelle brillante remontée: il a doublé Adams et Gounon, et dépassera Dalmas au tour suivant.

 

15e: Quatre secondes entre les Williams. Brabham est déventé en suivant de trop près Dalmas dans une courbe et exécute un tête-à-queue. L'Australien fait ensuite halte chez Simtek afin de faire contrôler sa voiture.

 

16e: Coulthard tombe sur les premiers attardés. Katayama a effacé Comas puis Alboreto.

 

17e: Coulthard devance Hill (4.5s.), Alesi (11.7s.), Häkkinen (16.3s.), Barrichello (18s.), Frentzen (31.7s.), Verstappen (32s.), Brundle (33.3s.), Fittipaldi (39s.), Blundell (41s.) et Irvine (43s.).

 

18e: Coulthard opère son premier pit-stop (10s.) et repart derrière Barrichello. Morbidelli ravitaille aussi.

 

19e: Après un tour passé en tête, Hill s'arrête chez Williams (8.5s.) et reprend la piste derrière son équipier. Alesi est aux commandes de l'épreuve. Premier arrêt aussi pour Blundell.

 

20e: Alesi devance Häkkinen de trois secondes, Barrichello de sept secondes. Coulthard et Hill sont séparés par trois secondes. Verstappen et Brundle observent leurs premiers ravitaillements en fin de boucle.

 

21e: Alesi bute sur des retardataires. Arrêts-ravitaillements de Katayama et Brabham.

 

22e: Herbert et Bernard prennent de l'essence et des pneus frais.

 

23e: Alesi et Häkkinen effectuent leurs premiers ravitaillements. Ils cèdent ainsi le leadership à Barrichello. Irvine passe aussi par les stands.

 

24e: Barrichello ne devance Coulthard que de cinq secondes. Ravitaillements pour Panis, Lehto et Gounon.

 

26e: Barrichello effectue son premier pit-stop (7.8s.). Arrêt aussi pour Adams. Les Williams retrouvent les deux premières places. Frentzen, qui n'a pas ravitaillé, se retrouve troisième.

 

27e: Hill recolle à Coulthard à la faveur du dépassement des attardés.

 

28e: Coulthard est gêné par Comas à l'approche de la nouvelle épingle. Il glisse vers l'extérieur de la piste où se trouvent quelques gravillons. Hill saisit cette opportunité pour se jeter à l'intérieur et dépasse ainsi son équipier, qui bien évidemment ne résiste pas. Katayama renonce à cause d'une panne de boîte de vitesses.

 

29e: Comas regagne le stand Larrousse où ses mécaniciens détectent un bris au triangle de suspension arrière-gauche, conséquence d'une touchette. Le Drômois abandonne.

 

30e: Hill est premier devant Coulthard (2s.), Frentzen (15s.), Alesi (18s.), Häkkinen (21s.), Barrichello (25s.), Fittipaldi (35s.), Verstappen (38s.), Brundle (40s.) et de Cesaris (43s.).

 

32e: Frentzen ne parvient plus à sélectionner ses rapports. Sa transmission a lâché. L'Allemand poursuit une série de six abandons consécutifs...

 

33e: Hill possède quatre secondes de marge sur son équipier. Fittipaldi voit revenir Verstappen et Brundle.

 

34e: Verstappen prend la sixième place à Fittipaldi. Second arrêt pour Martini. Dalmas pénètre dans la pit-lane pour son seul ravitaillement... et se trompe de stand ! Il s'arrête chez Arrows, où l'on attend Fittipaldi, avant de faire escale chez Larrousse.

 

35e: Fittipaldi stoppe chez Arrows pour son unique arrêt-ravitaillement.

 

36e: De Cesaris est chez Sauber pour son pit-stop. Au tour suivant, c'est Alboreto qui fait escale aux stands.

 

37e: Hill est en tête devant Coulthard (5.7s.), Alesi (23.8s.), Häkkinen (27.8s.), Barrichello (31.1s.), Verstappen (46.6s.), Brundle (49.5s.), Blundell (1m. 14s.), Panis (1m. 15s.) et Irvine (1m. 16s.).

 

39e: Alesi arrive sur Brabham pour lui prendre un second tour. Le Français plonge très tôt à l'intérieur de la difficile troisième courbe alors que l'Australien braque comme si de rien n'était. Alesi monte sur ses freins mais harponne la Simtek à l'arrière-droit. Les deux pilotes échouent dans le bac à graviers et leur Grand Prix s'achève là.

 

40e: Le peloton est copieux et les leaders se défont des attardés avec prudence. Ainsi, Hill est gêné un temps par Dalmas. Coulthard revient à une seconde et demie.

 

43e: Hill repousse Coulthard à cinq secondes. L'Écossais rencontre à son tour du trafic. Brundle opère son deuxième pit-stop (8.2s.).

 

44e: Hill est premier devant Coulthard (1.5s.), Häkkinen (32s.), Barrichello (36s.), Verstappen (51s.), Brundle (1m. 18s.), Blundell (1m. 20s.) et Panis (1m. 23s.). Morbidelli subit son deuxième ravitaillement.

 

45e: Hill perd du temps en doublant Gounon. Coulthard le recolle derechef.

 

46e: Coulthard s'arrête chez Williams pour reprendre de l'essence et des pneus (10s.). Il demeure second. Verstappen et Bernard passent aussi par les stands.

 

47e: Hill observe un second pit-stop (8.1s.) et se relance nettement devant Coulthard. Häkkinen stoppe chez McLaren et cède provisoirement la troisième place à Barrichello. Sont aussi vus aux stands: Irvine, Panis, Herbert et Gounon.

 

49e: Trois secondes séparent les deux Williams. Barrichello prend de l'essence et des pneus neufs pour la seconde fois. Deuxième arrêt également pour Lehto et Adams.

 

50e: Hill est englué dans le trafic. Huitième, Blundell est à la poursuite de Fittipaldi qui ne s'arrêtera plus et souffre d'un moteur poussif.

 

52e: Blundell s'empare de la septième place aux dépens de Fittipaldi.

 

54e: Hill précède Coulthard (5.4s.), Häkkinen (26s.), Barrichello (35s.), Verstappen (41.6s.), Brundle (48.2s.), Blundell (1m. 20s.), Fittipaldi (1m. 23s.), Panis (-1t.), Irvine (-1t.), Lehto (-1t.) et Morbidelli (-1t.).

 

55e: De Cesaris ne parvient pas à rétrograder aux abords du virage n°3 et tire tout droit dans le bac à sable. Les commissaires poussent ensuite la Sauber vers l'échappatoire.

 

58e: Coulthard arrive sur Panis, neuvième, pour lui prendre un tour. Le Grenoblois s'écarte devant la Williams au bout de la ligne droite principale, mais ce faisant roule dans la poussière et glisse vers le bas-côté. Il revient en piste derrière Irvine et Lehto.

 

59e: Häkkinen perd du temps en dépassant les Minardi. Barrichello revient à trois secondes du Finlandais.

 

60e: Hill est leader devant Coulthard (6.9s.), Häkkinen (30s.), Barrichello (34s.), Verstappen (43s.), Brundle (49s.), Blundell (1m. 30s.), Fittipaldi (-1t.), Irvine (-1t.), Lehto (-1t.), Panis (-1t.) et Morbidelli (-1t.). Bernard dérape à la sortie de la parabolique mais parvient à regagner le bitume, non sans avoir labouré quelques mottes de terre.

 

61e: Häkkinen a repris plusieurs secondes à Barrichello qui tombe à son tour sur des attardés. Verstappen rejoint le Brésilien. Lehto escalade un vibreur à l'entrée du nouvel enchaînement. La Benetton se met en tête-à-queue et s'enlise dans le bac à sable. Ainsi s'achève le calamiteux intérim du pauvre JJ.

 

63e: Comme Bernard deux tours plus tôt, Verstappen arpente les bordures de la parabolique et évite de peu les glissières. Le moteur Yamaha de Blundell se tait soudainement. Une fois de plus, aucune Tyrrell ne verra l'arrivée.

 

65e: Gounon subit une crevaison à l'arrière-droit. Il parcourt toute une boucle au ralenti avant de rejoindre son stand.

 

66e: Hill précède Coulthard (3s.), Häkkinen (26s.), Barrichello (33s.), Verstappen (36s.), Brundle (50s.), Fittipaldi (-1t.), Irvine (-1t.), Panis (-1t.), Morbidelli (-1t.), Bernard (-1t.) et Herbert (-1t.). Gounon a changé ses pneus et repris sa route.

 

67e: Irvine prend l'ascendant sur Fittipaldi et se retrouve septième.

 

69e: Martini, treizième, vit une fin de course pénible car son moteur est sur le point d'exploser. Surpris par ses pneus froids, Gounon exécute un tête-à-queue magistral et redémarre.

 

70e: Coulthard achève la course une seconde derrière Hill, en bon garde-fou.

 

71ème et dernier tour: Damon Hill remporte sa troisième victoire de rang devant son équipier Coulthard. Häkkinen se classe troisième, Barrichello quatrième. Verstappen récolte deux petits points pour Benetton. La sixième place revient à Brundle. Irvine, Fittipaldi, Panis, Morbidelli, Bernard, Herbert, Martini, Alboreto, Dalmas, Gounon et Adams reçoivent aussi le drapeau à damiers.

 

Panis est disqualifié par les commissaires sportifs pour la même raison que Schumacher à Spa: usure excessive de la semelle de bois, qu'il a probablement endommagée lors de son excursion hors-piste. Preuve que la FIA doit revoir la conception de cette pièce...

 

Après la course

Pour Williams-Renault, cet après-midi fut des plus satisfaisants. Les machines franco-britanniques ont réalisé leur premier podium depuis le GP de France 1993. Mieux: avec 89 points contre 87 à Benetton-Ford, l'écurie de Didcot prend les commandes du classement des constructeurs. Quant à Damon Hill, il revient à une seule longueur de Michael Schumacher (75 points à 76). Le championnat des pilotes est donc totalement relancé. Hill est aussi satisfait de l'avoir emporté à la régulière, et non grâce à l'effacement de son coéquipier, comme ce fut plus ou moins le cas à Spa et à Monza. « J'ai raté mon départ », concède-t-il, « et durant les premiers tours, j'ai dû me battre avec du survirage, ce que je n'apprécie guère. C'était vraiment dur de rester dans le sillage de David. Le comportement de ma voiture s'est un peu amélioré avec le deuxième train de pneus. A un moment donné, David s'est retrouvé bloqué par des retardataires, ce qui m'a permis de remonter. Je l'ai alors vu sortir un poil trop large de l'épingle. Je me suis dis que c'était le moment d'y aller. Il suffisait d'avoir un rayon de braquage suffisamment court pour passer à cet endroit. » Hill se sent pousser des ailes après ces trois succès consécutifs, et qu'importe si l'absence de Michael Schumacher relance de façon artificielle ce championnat 94. « Maintenant, nous sommes prêts à une bagarre de fous jusqu'à la fin de la saison », conclut-il. « Quel Schumacher allons-nous retrouver ? Il aura probablement le feu aux fesses ! »

 

David Coulthard achève son intérim avec la manière et grimpe sur le premier podium de sa carrière. Le jeune Écossais s'est encore une fois montré à la hauteur de sa mission en suivant Hill comme son ombre durant la deuxième partie de la course. Frank Williams et Patrick Head estiment certainement qu'il serait tout à fait capable d'épauler celui-ci jusqu'à la fin du championnat, mais il doit céder sa place à Nigel Mansell. « Après ce Grand Prix, nous savons que Coulthard est capable de faire aussi bien qu'un grand Mansell », estime pour sa part Bernard Dudot. « Williams est suffisamment forte pour gagner sans moi ! » réplique l'intéressé, faussement modeste.

 

Ferrari conclut encore une fois un médiocre week-end: pour la troisième fois en quatre courses, aucune 412 T1 ne figure à l'arrivée. La pole position de Gerhard Berger ne fut qu'un feu de paille. Quant à Jean Alesi, il n'a pas vu le drapeau à damiers depuis Silverstone ! Pis: c'est la seconde fois cette saison qu'il s'accroche avec David Brabham. Le contentieux entre les deux hommes commence à devenir consistant. « Tout allait bien jusqu'au moment où je me suis soudain retrouver dans le bac à graviers », raconte le pilote Simtek. « Au début, je ne pouvais pas savoir qui était le coupable. Mais quand j'ai vu que c'était Alesi, je ne peux pas dire que j'étais surpris. » « Il n'y a rien à faire avec ce mec... » se contente de répliquer l'Avignonnais. Piètre consolation: saisis de l'affaire, les commissaires sportifs opinent en sa faveur et frappent Brabham de trois courses de suspension avec sursis pour non-respect des drapeaux bleus.

 

Pour la deuxième fois consécutive, les deux McLaren-Peugeot finissent dans les points et, avec 34 unités dans la besace, les Rouges et Blancs sont quasi-assurés de terminer quatrièmes du championnat des constructeurs. Frédéric Saint-Geours souligne que jamais un motoriste néophyte n'avait obtenu de si bons résultats lors de sa première saison. Las, Ron Dennis n'est pas content: « Je ne voudrais pas prendre l'habitude de terminer troisième, notre but est de gagner ! » Mika Häkkinen surenchérit: « C'est la tactique qui a payé. J'avais du mal à dépasser car je manquais de vitesse de pointe. » L'Anglais et le Finlandais se sont donnés le mot. La cause est entendue. Peugeot Sport ne nourrit plus d'illusions sur l'avenir de sa relation avec McLaren...

Tony