Damon HILL
 D.HILL
Williams Renault
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Benetton Ford Cosworth
Jos VERSTAPPEN
 J.VERSTAPPEN
Benetton Ford Cosworth

558th Grand Prix

X Magyar Nagydij
Sunny
14 august 1994 - Hungaroring
77 laps x 3.968 km - 305.536 km
Affiche
F1
Coupe

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Driver
Constructor
Engine
Premier podium pour Jos "The Boss".

Benetton sans filtre

Au GP d'Allemagne, le ravitaillement de Jos Verstappen a failli virer au drame lorsque deux litres d'essence ont giclé sur la Benetton immobilisée du Hollandais, provoquant un embrasement spectaculaire. Si personne n'a été blessé, la fédération internationale a immédiatement diligenté une enquête pour connaître les causes de cet incident. L'investigation est confiée à la société française Intertechnique qui fabrique les machines de ravitaillement utilisées en Grand Prix. Celle-ci délègue un groupe d'experts qui se rend à l'usine de Benetton, à Enstone, le 3 août, pour examiner le matériel utilisé en Allemagne. Le rapport conclut que le jaillissement d'essence a été provoqué par la mauvaise fermeture d'une valve due à la présence d'un corps étranger. Plus intéressant, ledit corps étranger serait arrivé là du fait de l'absence d'un filtre obligatoire conçu pour éliminer de type de risques, mais qui ralentit aussi le débit d'essence... En l'ôtant, Benetton aurait ainsi espéré gagner une seconde lors de chaque passage aux stands.

 

Le directeur technique Tom Walkinshaw réfute ces accusations. Il rappelle que ce filtre a été introduit en cours de saison pour éliminer les débris engagés entre la valve et le réservoir. Mais selon lui, son équipe serait parvenue à « éliminer ces problèmes ». Benetton pré-filtrerait ainsi par deux fois son essence avant de la mettre dans la machine, pour éliminer tout détritus. Elle a donc décidé de se passer du filtre, mais sans le cacher aux autorités. Walkinshaw affirme que Joan Villadelprat et Ross Brawn ont obtenu l'aval de Charlie Whiting, le délégué technique de la FIA. L'intéressé nuance cette assertion: « J'ai répondu que, de mon point de vue, il n'y avait pas de problème, mais qu'il fallait demander l'autorisation à Intertechnique. » Et de fait, le 11 août, la firme française répond que toute proposition de modification des systèmes de ravitaillement doit faire l'objet d'une demande écrite. Or elle attend toujours le courrier de Benetton. En outre, Intertechnique précise qu'elle aurait catégoriquement refusé de supprimer le filtre pour des raisons techniques et sécuritaires. Il y aurait donc bien tricherie délibérée de la part de Benetton.

 

Le 13 août, à la veille du GP de Hongrie, nouvelle réplique de Benetton: ses employés ont aperçu plusieurs techniciens d'Intertechnique en train de modifier la largeur des embouts de ravitaillements fournis aux écuries. L'écurie italo-britannique en conclut que le sous-traitant s'est avisé de la présence d'un défaut sur ces éléments, qui serait la cause de l'incident d'Hockenheim. Cependant, que le matériel d'Intertechnique soit défectueux ou non n'efface pas la tentative de tricherie... A Budapest, Flavio Briatore est mis sur le gril par les journalistes. Le volubile Italien se défend vigoureusement contre les accusations de filouterie et rappelle que Whiting, l'homme de la FIA, avait donné l'autorisation verbale de retirer ce fameux filtre. Il y aurait donc, tout au plus, imprudence ou naïveté de sa part ! Hélas pour lui, la fédération semble prête à sévir. Briatore est convoqué devant le prochain Conseil mondial prévu pour le 19 octobre. Face à l'avalanche de scandales qui touche Benetton Formula, Roberto Causo, l'observateur officiel de la FIA, confirme en privé l'éventualité de l'exclusion de cette équipe du championnat du monde. Cette menace alarme les sponsors engagés en Formule 1 qui redoutent un discrédit général frappant une discipline déjà très éprouvée par la disparition d'Ayrton Senna. D'autant plus qu'en coulisses, certaines personnes bien informées, comme par exemple Alain Prost, affirment que d'autres équipes se sont aussi récemment passées du filtre pour accélérer leurs ravitaillements. Briatore et Walkinshaw répercutent ce bruit, dans l'espoir d'inciter la FIA à la clémence.

 

Monza sur la sellette

Il est désormais certain que les travaux exigés par le GPDA à Monza ne seront pas réalisés avant le GP d'Italie qui doit se tenir moins d'un mois plus tard, le 11 septembre. L'association des pilotes se divise sur la conduite à tenir. Un groupe emmené par Jean Alesi et Damon Hill pousse à faire tout de même le voyage. Mais une autre faction est partisane d'une annulation de l'épreuve. A sa tête, on retrouve Michael Schumacher qui adopte ce simple raisonnement: moins il y aura de courses, plus vite il sera titré ! Niki Lauda et Gerhard Berger, les membres les plus influents du syndicat, s'abstiennent pour ne pas entrer en conflit avec Ferrari, leur employeur. 

 

A noter enfin que le GPDA compte déjà une défection, celle de Michele Alboreto qui ne comprend pas comment ses pairs ont pu accepter à Magny-Cours l'augmentation de la vitesse dans les stands. Curieusement, le vétéran italien est en revanche favorable à la tenue du GP d'Italie. Surpris par cette position, Lauda lâche un trait acéré contre son ancien collègue: « Je n'arrive pas à savoir s'il a vieilli d'un seul coup, ce qui l'empêcherait de raisonner, où s'il est devenu fou ! D'un côté, il fait un foin pas possible pour 40km/h de plus ou de moins dans les stands, et de l'autre il veut courir à Monza ! »

 

Présentation de l'épreuve

La Formule 1 fait escale en Hongrie pour le neuvième fois, sans enthousiasme. Le Hungaroring, circuit ennuyeux par nature, commence à accuser le poids des ans et ses infrastructures sont indignes des standards actuels. En témoignent les quatre pannes générales d’électricité pour la journée du dimanche qui interrompent les retransmissions télévisées, ainsi que les fréquences radios qui se chevauchent, rendant les communications difficiles. En outre, le prix des billets continue d'augmenter pour éponger les pertes des organisateurs, et logiquement les spectateurs se font rares. Bernie Ecclestone songe en conséquence à rayer ce rendez-vous du calendrier.

 

Malgré les nouveaux soupçons qui pèsent sur son écurie, Michael Schumacher affiche ici une grande sérénité. « Il a oublié Hockenheim », déclare son agent, l'inévitable Willi Weber, qui lui a ménagé un solide repos au cours de cette première quinzaine d'août. Revigoré, le jeune Allemand guigne la victoire sur ce tracé de l'Hungaroring qui convient bien à la très équilibrée B194. « Il va frapper fort ici ! » assure Flavio Briatore. En outre, Schumacher fait le déplacement avec sa famille. On découvre ainsi son père, Rolf, et son petit frère, Ralf, son quasi-sosie qui se distingue actuellement dans le championnat allemand de Formule 3.

 

En dépit des controverses en cours, les tractations entre Benetton et Renault sont sur le point d'aboutir. Viry-Châtillon motorisera l'écurie d'Enstone en 1995. L'annonce devrait avoir lieu lors du GP de Belgique. Dans le même temps, Renault et Williams officialisent la prolongation de leur collaboration jusqu'à fin 1997. Voilà une satisfaction pour Frank Williams, tout de même froissé de devoir partager le V10 français avec son principal adversaire. Il a ainsi fait des approches, pour la forme, auprès de Ford et de Mercedes. 

 

Comme chaque année, la Hongrie accueille une cohorte de spectateurs finlandais, fort marris puisque Mika Häkkinen est suspendu et JJ Lehto mis sur la touche par son équipe. « Briatore, face the facts: let J.J. race ! » proclame une de leurs banderoles à l'adresse du patron de Benetton. Les piètres performances de Jos Verstappen, qui sort de la route tous les week-ends, plaident en effet plutôt en faveur d'un retour du Scandinave au volant de la seconde Benetton. Autre coureur menacé, Gianni Morbidelli a épuisé la bourse que lui a confiée son commanditaire Uliveto pour pouvoir courir chez Arrows. Par bonheur, il a inscrit à Hockenheim ses deux premiers points de la saison et, en guise de récompense, Jackie Oliver lui laisse deux Grands Prix supplémentaires pour trouver de nouveaux sponsors.

 

Huit jours avant l'épreuve hongroise, Niki Lauda est victime d'un accident de jet-ski près de sa propriété d'Ibiza. Le triple champion du monde se brise trois côtes et est sauvé par son fils Mathias, treize ans, qui le ramène sur son dos sur la plage. « Sans lui, je me noyais ! » avoue Niki qui a tout de même fait le déplacement en Hongrie.

 

Mika Häkkinen, jugé responsable du carambolage d'Hockenheim, est suspendu pour ce Grand Prix. C'est donc Philippe Alliot qui se glisse dans la McLaren-Peugeot n°7 laissée libre. Piloter une McLaren en Grand Prix, voilà un joli bâton de maréchal pour ce baroudeur quadragénaire qui a passé sa carrière en F1 dans les tréfonds du peloton. Alliot ne se fait évidemment aucune illusion sur ce qui l'attend ce week-end: voilà près d'un an qu'il n'a pas couvert la distance d'un Grand Prix. Son cou risque de souffrir. « En 1993, j'ai fait à la fois le Paris-Dakar, les 24 heures du Mans et une saison de F1. Conduire cette McLaren-Peugeot est pour moi une forme d'aboutissement », déclare le Vovéen, réaliste. 

 

Suite à l'incendie de la Benetton de Verstappen à Hockenheim, les écuries renforcent les protections de leurs mécaniciens pour les ravitaillements. Ceux-ci adoptent des casques intégraux afin d'éviter les brûlures au visage, ainsi que de nouvelles combinaisons ignifugées en amiante. Toutefois, de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer le bannissement de ces opérations dangereuses. Elles se heurtent à Ferrari qui joue du droit de veto que lui ont accordé Max Mosley et Bernie Ecclestone. Jean Todt déclare ainsi qu'au lieu de se focaliser sur l'« incident Verstappen », les critiques devraient plutôt prendre en compte les centaines de ravitaillements qui se sont déroulés sans encombre depuis le début de la saison. Enfin, Elf propose à la FIA d'uniformiser les pit-stops dans un délai de vingt secondes pour mettre tout le monde à égalité et réduire ainsi la précipitation des mécaniciens. Le pétrolier ne reçoit pas de réponse.

 

Essais et qualifications

Une fois n'est pas coutume, la pluie s'invite sur le Hungaroring lors des essais libres du vendredi matin. L'averse nettoie une piste généralement très poussiéreuse, mais rend l'adhérence très précaire. On dénombrera ainsi cinquante-quatre tête-à-queue en deux jours ! Par ailleurs, l'impact des modifications techniques apportées en 1994 se fait sentir puisque les monoplaces tournent ici en moyenne quatre secondes au tour moins vite qu'en 1993. 

 

Schumacher survole les débats au volant de sa Benetton-Ford et s'adjuge sa quatrième pole position (1'18''258'''). Verstappen, sixième vendredi, se laisse surprendre le lendemain par un bitume peu adhérent et heurte les rails. Il recule au douzième rang. La Williams-Renault ne vaut clairement pas ici la Benetton. Néanmoins, Hill se démène pour arracher un très beau deuxième temps, et Coulthard se hisse en troisième position, sa meilleure qualification à ce jour, en dépit d'un tête-à-queue le samedi. La Ferrari manque d'équilibre sur le tourniquet hongrois. Toutefois, cette machine sous-vireuse convient au pilotage de Berger (4ème). Alesi, qui préfère le survirage, sombre au treizième rang. Katayama réédite sa performance allemande et place sa Tyrrell-Yamaha en cinquième position. Blundell, onzième, est moins à l'aise sur les bosses. Brundle (6ème) est rapide au volant de la McLaren-Peugeot, malgré une panne de boîte le samedi. Alliot (14ème) sort de la route dès son premier tour lancé et peine ensuite à retrouver ses sensations.

 

Les Jordan-Hart brillent en dépit d'un important sous-virage. Irvine (7ème) se met en valeur alors que Barrichello (10ème) part à la faute avant de buter sur le trafic. Les Sauber sont ici en mode « Batmobile », avec les déflecteurs aperçus à Silverstone. Frentzen (8ème) parvient à gommer un sous-virage excessif, contrairement à de Cesaris (17ème) qui peine à adapter son pilotage à cette monoplace capricieuse. Panis positionne sa Ligier-Renault au neuvième rang, sa meilleure performance de la saison dans cet exercice. En revanche, Bernard (18ème) est longtemps immobilisé par une boîte bloquée. Chez Minardi, Martini (15ème) rencontre des problèmes de transmission et sort de la route, mais fait toujours mieux qu'Alboreto (20ème). Les Arrows (Fittipaldi 16ème, Morbidelli 19ème) glissent beaucoup et subissent quelques pannes. La Lotus-Mugen-Honda 109 est une « catastrophe », Herbert dixit. Pour une fois, Zanardi (22ème) s'en sort mieux que son coéquipier (24ème). Comas (21ème) hérite de la Larrousse à empattement raccourci mais se fourvoie dans ses réglages. Beretta (25ème) est en délicatesse avec sa boîte. Petit exploit de Brabham qui conduit sa Simtek en 23ème position, devant une Lotus et une Larrousse. Gounon (26ème) estime que son châssis est affligé d'un loup. Gachot et sa Pacific ont bien failli l'éliminer: il s'en est fallu d'une demi-seconde. Belmondo est une fois de plus très loin de pouvoir se qualifier.

 

Le Grand Prix

Schumacher assomme la concurrence lors du warm-up en reléguant son poursuivant direct Coulthard à huit dixièmes. La chaleur est de nouveau au rendez-vous de ce Grand Prix, mais on déplore surtout un fort vent qui ramène sur la piste du sable et de la poussière. Il ne fera pas bon mettre une roue hors de la trajectoire...

 

Départ: Schumacher prend un envol médiocre. Hill se porte à sa hauteur et se glisse à l'intérieur, mais ce faisant roule sur la portion sale de la piste, et finalement Schumacher conserve la première place devant les deux Williams, suivies par Berger et Brundle. Panis anticipe légèrement le départ et se retrouve sixième. Curieusement, il sera simplement réprimandé pour cette erreur.

 

1er tour: Entre le premier et le deuxième virage, Irvine se retrouve pris en sandwich entre Barrichello à sa gauche et Katayama à sa droite. Le Japonais se rabat devant l'Irlandais qui est projeté contre son équipier: ces trois pilotes finissent dans les décors. Pour la deuxième course d'affilée, les deux Jordan sont éliminées dès le premier tour. Schumacher est premier devant Hill, Coulthard, Berger, Brundle, Panis, Alesi (très bien parti), Frentzen, Verstappen et Blundell.

 

2e: Schumacher jouit d'une seconde et demie d'avantage sur Hill. Panis est aux trousses de Brundle.

 

3e: Une seconde toute ronde entre Schumacher et Hill. Coulthard et Berger sont semés.

 

4e: Schumacher commence à prendre le large sur Hill. Il tourne une demi-seconde au tour plus vite que le pilote Williams.

 

5e: Schumacher boucle le meilleur tour de la journée (1'20''881'''). Zanardi fait halte au stand Lotus pour faire examiner son moteur qui bafouille.

 

6e: Schumacher précède Hill (2s.), Coulthard (7s.), Berger (10s.), Brundle (13s.), Panis (14s.), Alesi (15s.) et Frentzen (18s.). 

 

7e: Schumacher possède trois secondes de marge sur Hill. Brundle, Panis et Alesi se tiennent en quelques dixièmes.

 

9e: Schumacher s'envole au rythme d'une seconde au tour. Hill et Coulthard sont astreints à une course d'attente.

 

10e: Schumacher est premier devant Hill (4.6s.), Coulthard (17s.), Berger (20s.), Brundle (22.8s.), Panis (25s.), Alesi (26s.), Frentzen (28s.), Verstappen (29s.) et Blundell (34s.). Puis vient un peloton compact comprenant Martini, Alliot, de Cesaris, Comas et Alboreto.

 

11e: Gounon juge sa Simtek inconduisible et préfère rejoindre son box avant d'avoir un accident. Zanardi passe une seconde fois à son stand et y reste cette fois trois minutes.

 

13e: Six secondes entre Schumacher et Hill. Alesi attaque Panis: il retarde son freinage à l'approche du dernier droit serré, se jette à l'intérieur, lèche le vibreur... et passe devant la Ligier ! Superbe manœuvre du pilote Ferrari.

 

14e: Schumacher devance Hill de huit secondes, Coulthard de vingt-deux secondes. Frentzen et Verstappen sont maintenant aux trousses de Panis.

 

16e: Schumacher tombe sur les premiers attardés: Bernard, Fittipaldi et Beretta. Comas et de Cesaris ouvrent le bal des arrêts-ravitaillements. 

 

17e: Schumacher observe son premier pit-stop pour se défaire du trafic (7.5s.). Il repart second, laissant Hill aux commandes du Grand Prix. 

 

18e: Bernard part en tête-à-queue au sommet de la grande côte. Il revient en piste après avoir ratissé le gazon.

 

19e: Hill est englué dans le trafic mais Williams ne le rappelle pas aux stands. Brundle passe chez McLaren pour prendre de l'essence (8.2s.). Beretta l'imite peu après.

 

20e: Coulthard stoppe chez Williams pour son premier arrêt. Passage aux stands également pour Morbidelli.

 

21e: Hill mène devant Schumacher (10s.), Berger (30s.), Alesi (33.5s.), Panis (40s.), Frentzen (41s.), Verstappen (42s.), Blundell (50s.), Martini (52s.) et Brundle (57s.).

 

22e: Schumacher tombe à son tour sur les retardataires. Alliot rejoint son stand et renonce à cause d'une surchauffe de son moteur provoquée par la rupture d'une durite d'eau.

 

24e: Alesi fait escale chez Ferrari pour son premier arrêt (8.1s.), puis redémarre en onzième position, derrière Brundle.

 

25e: Hill ravitaille (10.6s.) et reprend la piste très loin de Schumacher. Verstappen stoppe aussi, tout comme Brabham qui occupait une belle treizième place.

 

26e: Schumacher précède Hill (18s.), Berger (26s.), Panis (38s.), Coulthard (38.7s.) et Blundell (51s.). Frentzen et Martini ravitaillent.

 

27e: Hill bute de nouveau sur des retardataires et concède ainsi des poignées de secondes à Schumacher, qui lui bénéficie d'une piste claire. Panis effectue son premier pit-stop. Il repart derrière Verstappen mais devant Frentzen.

 

29e: Berger reste en piste avec son premier train de pneus car il table sur un seul arrêt. Ravitaillement d'Alboreto.

 

30e: Schumacher est premier devant Hill (34s.), Berger (38s.), Coulthard (49s.), Blundell (54s.), Brundle (55s.), Alesi (1m.), Verstappen (1m. 05s.), Panis (1m. 11s.) et Frentzen (1m. 12s.).

 

31e: De Cesaris se met en tête-à-queue dans la descente vers la seconde courbe. Morbidelli, qui le suivait de près, ne peut l'éviter. Les deux Italiens se retrouvent enchevêtrés en bordure de piste, moteurs calés. Les drapeaux jaunes sont déployés pour permettent l'évacuation de leurs voitures.

 

32e: Berger rejoint son stand pour son unique ravitaillement, alors qu'il était bloqué derrière le trio Herbert – Fittipaldi – Comas. L'Autrichien redémarre au bout de dix secondes et se retrouve derrière Verstappen.  

 

33e: Blundell passe par le stand Tyrrell pour prendre de l'essence et des pneus frais. Il atterrit entre les Minardi de Martini et Alboreto.

 

35e: Schumacher a repoussé Hill à quarante secondes. La principale bagarre en piste oppose désormais Brundle, quatrième, à Alesi, cinquième. Deux pilotes qui s’apprécient de très loin...

 

36e: Herbert se range dans une échappatoire après une panne électrique sur sa Lotus.

 

37e: Schumacher observe son deuxième arrêt (8.1s.) et reprend la piste sans avoir perdu les commandes de l'épreuve. Il stoppera donc une troisième fois.

 

38e: Brundle, Alesi et Verstappen se tiennent dans un mouchoir et doivent se frayer un chemin dans un épais trafic. Berger est victime d'un énorme sous-virage dans la seconde courbe et doit traverser la pelouse. Panis en profite pour lui subtiliser la septième place. Fittipaldi puis Bernard effectuent leur unique arrêt-ravitaillement.

 

39e: Schumacher devance Hill (15.6s.), Coulthard (55s.), Brundle (58.4s.), Alesi (59.2s.), Verstappen (59.8s.), Panis (1m. 07s.), Berger (1m. 14s.), Frentzen (1m. 20s.) et Martini (1m. 22s.).

 

40e: Frentzen se retrouve au point mort à l'abord du deuxième virage et exécute un tête-à-queue. Il se relance, mais comme sa boîte refuse de fonctionner, il se gare aussitôt dans la la pelouse. Zanardi, qui évolue très attardé en dernière position, effectue un ravitaillement.

 

41e: Alesi est gêné par Beretta, ce qui permet à Brundle de le semer... et à Verstappen de le talonner. Deuxième arrêt de Comas.

 

42e: Alesi déborde Beretta au premier virage. Le pilote Larrousse bouchonne ensuite Verstappen sur toute une boucle.

 

44e: Schumacher jouit d'une douzaine de secondes de marge sur Hill. Brundle pourchasse Coulthard. Beretta stoppe pour la seconde fois chez Larousse.

 

46e: Schumacher domine devant Hill (11.8.), Coulthard (1m.), Brundle (1m. 02s.), Alesi (1m. 05s.), Verstappen (1m. 07s.), Panis (1m. 15s.), Berger (-1t.), Martini (-1t.), Blundell (-1t.), Alboreto (-1t.) et Comas (-1t.). Brabham fait une excursion dans la poussière au second virage.

 

47e: Brundle ravitaille une seconde fois (8.8s.) et repart devant Berger dont la stratégie à un arrêt ne semble pas optimale.

 

48e: Coulthard effectue son second pit-stop (9.3s.) et demeure devant Brundle.

 

50e: Schumacher accroît son avantage sur Hill. Quinze secondes les séparent. Panis et Martini observent leurs seconds arrêts-ravitaillements.

 

51e: Hill pénètre aux stands pour son deuxième et dernier arrêt. Il reste second. Alesi et Verstappen stoppent ensuite à leurs garages respectifs et redémarrent dans cet ordre.

 

52e: Schumacher précède Hill (40.5s.), Coulthard (-1t.), Brundle (-1t.), Alesi (-1t.), Verstappen (-1t.), Berger (-1t.), Blundell (-1t.), Panis (-1t.) et Alboreto (-1t.). Deuxième arrêt de Brabham qui reste en course malgré des crampes d'estomac.

 

54e: Seul Hill roule encore dans le même tour que Schumacher. Coulthard peine à contenir un Brundle pressant. Plus loin, Panis est aux trousses de Blundell qui n'a pas prévu de second arrêt.

 

56e: Alboreto s'arrête aux stands une seconde fois et laisse la dixième place à son équipier Martini.

 

58e: Schumacher fait halte chez Benetton pour son troisième et ultime ravitaillement (6.8s.). L'Allemand repart vingt secondes devant Hill.

 

59e: Alesi subit une fuite d'huile sur sa boîte de vitesses et se gare à la sortie de la petite chicane. Martini dérape sur le lubrifiant répandu par la Ferrari et atterrit dans le bac à sable. Les commissaires interviennent pour dégager les deux bolides.

 

60e: Menacé par Brundle, Coulthard attaque la grande courbe à droite de la mi-parcours, lorsque la Williams pivote sur une petite bosse. L’Écossais part en tête-à-queue et percute violemment les rails par la gauche. Il sort par bonheur sans mal de sa voiture, rapidement tractée par un véhicule officiel.

 

61e: Schumacher devance Hill (33s.), Brundle (1m. 22s.), Verstappen (-1t.), Berger (-1t.), Blundell (-1t.) et Panis (-1t.).

 

62e: McLaren présente à Brundle un panneau lui recommandant de ne pas monter trop haut dans les tours. Le V10 Peugeot donne encore des signes de surchauffe...

 

64e: Schumacher et Hill tournent tous deux en 1'24''. L'Allemand est sur le point de prendre un tour à Brundle.

 

65e: Brundle laisse passer Schumacher qui se dirige vers une tranquille victoire. 

 

67e: Berger revient à deux secondes de Verstappen. Panis harcèle Blundell pour le gain de la sixième place. Une demi-seconde les sépare.

 

70e: Schumacher est premier devant Hill (35s.), Brundle (-1t.), Verstappen (-1t.), Berger (-1t.), Blundell (-1t.), Panis (-1t.), Alboreto (-1t.), Comas (-2t.) et Fittipaldi (-2t.).

 

72e: Blundell évolue derrière Bernard qui ne s'écarte pas volontiers afin d'aider son équipier Panis. Fittipaldi met pied à terre avec une boite de vitesses en rideau, une fois de plus.

 

73e: Panis fait l'intérieur à Blundell dans la descente vers le virage n°2, mais le Britannique conserve sa ligne et l'ascendant. 

 

74e: Schumacher possède trente secondes d'avance sur Hill. Une chute de pression d'air frappe la distribution pneumatique du moteur de Berger. Ce dernier s'arrête à l'entrée des stands. Pour la première fois en 1994, aucune Ferrari ne verra le drapeau à damiers.

 

75e: Schumacher laisse Verstappen reprendre son tour de retard sur ordre de Benetton qui est avertie de la surchauffe qui frappe Brundle. Panis chasse toujours Blundell, mais sa motivation est moindre car il est dorénavant dans les points.

 

77ème et dernier tour: Brundle est touché par une panne d'alternateur et doit abandonner sa McLaren dans la pelouse. Voilà qui permet à Verstappen de s'emparer in extremis de la troisième place.

 

Michael Schumacher gagne son septième Grand Prix de la saison. Hill se contente de la deuxième place. Le jeune Verstappen grimpe sur son premier podium. Brundle est classé quatrième en dépit de son abandon. Blundell termine cinquième, Panis sixième. Viennent ensuite Alboreto, Comas, Beretta, Bernard, Brabham et Zanardi.

 

Après la course: Schumacher remet les pendules à l'heure

Michael Schumacher a donc mené à son terme sa promenade dominicale. Les fans allemands, qui sont venus en masse pour se consoler d'Hockenheim, sont ravis et agitent leurs drapeaux noir-rouge-or au pied du podium. Flavio Briatore savoure une belle revanche après les polémiques de ces derniers jours, bien qu'il s'en défende: « C'est simplement la victoire nette et sans bavure d'un pilote exceptionnel au volant de la meilleure voiture du plateau ! Michael a gagné ? Je savais qu'il gagnerait avant même le départ ! » clame-t-il en toute modestie. Quant à Schumacher, il admet être quelque peu ébranlé par les scandales: « J'ai connu des moments difficiles dans ma carrière, mais je dois dire que ce n'était rien par rapport à ce qui nous arrive depuis deux semaines. Mais je suis heureux de constater que cela n'affecte en rien mes performances ! » En effet, sa partition hongroise fut dénuée de fausses notes. Certes, grâce à son agilité et à son équilibre mécanique et aérodynamique, la Benetton-Ford était ici au-dessus du lot. Mais la maestria de Schumacher et sa régularité derrière le volant forcent l'admiration. Ne croyons pas cependant que cet après-midi fut pour lui une partie de plaisir: « Mon seul ennui fut la piste. D'habitude, elle s'améliore au fil des tours avec le dépôt de gommes, mais cette fois elle est devenue de plus en plus lente et glissante. Mon premier train de pneus ne fut pas mal, mais les choses se sont dégradées à partir du suivant. J'ai perdu toute adhérence. Mais ce fut pour tout le monde pareil. »

 

Le succès de Benetton est complété par le premier podium de Jos Verstappen, enfin auteur d'un parcours sans-faute. « Je dois particulièrement remercier Michael qui a eu la présence d'esprit d'interroger le stand par radio pour connaître ma position exacte et m'a laissé passer pour que je revienne dans le même tour que lui », reconnaît le Hollandais, qui a ainsi pu passer devant Martin Brundle. « Il devenait important que j'obtienne un résultat concret. Mais Briatore a été fantastique, il ne m'a jamais mis de pression. » Lorsqu'on lui demande si, après l'incident d'Hockenheim, il a appréhendé son premier ravitaillement hongrois, il répond avec humour: « Non... mais j'ai quand même pris soin de laisser ma visière close ! »

 

Benetton a écrasé la concurrence lors ce GP de Hongrie. La vitesse et la fiabilité ont fait défaut aux Ferrari. La performance éblouissante de Jean Alesi en course n'aura servi à rien. Quant aux Williams-Renault, elles rendaient au moins une demi-seconde à Schumacher. La FW16 est toujours à la peine à moyenne et basse vitesse. « Il était impossible de faire mieux ! » soupire Damon Hill, désappointé. Enfin, si McLaren-Peugeot est évidemment déçue que Martin Brundle ait perdu le podium, celui-ci ramène au moins trois points qui permettent aux « Rouges et Blancs » de passer enfin devant Jordan au classement des écuries.

 

Au championnat, Schumacher (76 points) se dirige vers la couronne mondiale, nonobstant ses deux courses de suspension. Hill (45 pts) semble définitivement semé. Chez les constructeurs, Benetton-Ford (81 pts) jouit encore d'un large ascendant sur Ferrari (52 pts) et Williams-Renault (49 pts).

Tony