1981

XV Grand Prix of South Africa

Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Brabham Ford Cosworth
Carlos REUTEMANN
 C.REUTEMANN
Williams Ford Cosworth
Elio De ANGELIS
 E.De ANGELIS
Lotus Ford Cosworth
7 february 1981 - Kyalami
77 laps x 4,104 km = 316,008 km


Devant le refus d'accepter la date du 11 avril imposée par la FISA au profit du 7 février pour des raisons météorologiques, la course fut déclarée non-éligible pour le championnat. Boycottée par les équipes Ferrari, Alfa Romeo et Renault.

Result

Pos Driver Team Constructor Engine Lap  
12Carlos REUTEMANNWilliams Racing TeamWilliams FW07CFord Cosworth V877 
25Nelson PIQUETMotor Racing Developments LtdBrabham BT49Ford Cosworth V877 
311Elio De ANGELISTeam LotusLotus 81Ford Cosworth V877 
420Keke ROSBERGFittipaldi AutomotiveFittipaldi F8CFord Cosworth V876 
57John WATSONTeam McLarenMcLaren M29FFord Cosworth V876 
629Riccardo PATRESEArrows Racing TeamArrows A3Ford Cosworth V876 
73Eddie CHEEVERTeam TyrrellTyrrell 010Ford Cosworth V876 
86Ricardo ZUNINOMotor Racing Developments LtdBrabham BT49Ford Cosworth V875 
921Chico SERRAFittipaldi AutomotiveFittipaldi F8CFord Cosworth V875 
1012Nigel MANSELLTeam LotusLotus 81Ford Cosworth V874 
1117Derek DALYMarch Grand Prix TeamMarch 811Ford Cosworth V874 
ab1Alan JONESWilliams Racing TeamWilliams FW07CFord Cosworth V862Skirt
ab14Marc SUREREnsign RacingEnsign N180BFord Cosworth V858Ignition
ab8Andrea De CESARISTeam McLarenMcLaren M29FFord Cosworth V854Spin
ab4Desiré WILSONTeam TyrrellTyrrell 010Ford Cosworth V851Spin
ab18Eliseo SALAZARMarch Grand Prix TeamMarch 811Ford Cosworth V832Tyre
ab9Jan LAMMERSTeam ATSATS D4Ford Cosworth V816Brakes
ab30Siegfried STOHRArrows Racing TeamArrows A3Ford Cosworth V812Engine
ab33Geoff LEESTheodore Racing TeamTheodore TR1Ford Cosworth V811Accident









La guerre F.O.C.A. - F.I.S.A. : entre négociations et dernières provocations

Le 31 octobre 1980 la FOCA a annoncé la création de la World Federation of Motor Sport, une fédération dissidente faisant concurrence à la FISA. Deux championnats du monde de Formule 1 peuvent donc se disputer en 1981. Mais le projet WFMS n'est pas viable car il n'a pas le soutien des principaux sponsors et des propriétaires de circuit. Ainsi le calendrier prévisionnel publié par la FOCA en octobre est très fantaisiste. Ce n'est en fait qu'un moyen pour Bernie Ecclestone de contraindre Jean-Marie Balestre à de nouvelles négociations. Mais à partir du mois de novembre, c'est ce dernier qui avance ses pions. Le 11 novembre, une réunion des équipes légalistes a scellé l'alliance de Renault, Ferrari, Alfa Romeo, Osella et de la future équipe Toleman, décidées à participer au prochain championnat de la FISA. S'y ajoute Talbot-Ligier. Depuis longtemps l'équipe vichyssoise est tiraillée entre son caractère privé qui la pousse vers la FOCA, et son alliance avec les grands constructeurs PSA et Matra, par nature loyaux envers la FISA. Guy Ligier a finalement décidé de tourner casaque et rejoint la légalité.

 

Chaque partie ayant montré ses muscles, place à la diplomatie. En décembre, J-M. Balestre et B. Ecclestone se rencontrent à l'initiative d'Aleardo Buzzi, le directeur de Marlboro-Europe, le plus puissant commanditaire de la F1, lié aux deux parties puisque Marlboro finance McLaren et Alfa Romeo. Mais tandis que ces pourparlers sont engagés, Ecclestone tente un nouveau coup de poker. Son lieutenant Max Mosley, principal avocat de la FOCA, obtient de la Haute Cour de Londres l'interdiction des interventions de la FISA dans les contrats signés entre la FOCA et les organisateurs de course. Autrement dit : le pouvoir sportif n'aura plus le pouvoir d'intervenir dans le calendrier du championnat. Nouvel accroc.

 

Néanmoins, le 20 janvier 1981 se tient à Modène une conférence réunissant les équipes de la FOCA et les équipes légalistes, avec le soutien de Balestre. Le bons sens finit par l'emporter et un terrain d'entente est trouvé. Il est fondé sur la répartition des pouvoirs. La FISA conserverait la main sur le pouvoir sportif tandis que le pouvoir économique serait dévolu à la FOCA, et donc à Ecclestone. Les jupes coulissantes seraient en revanche interdites, ce qui serait un sérieux revers pour la FOCA.

 

Toutefois aucun accord n'est signé tandis qu'approche le Grand Prix d'Afrique du Sud, censé ouvrir la saison le 7 février.

 

Grand Prix d'Afrique du Sud: la FOCA entre en dissidence

Le conflit FOCA-FISA s'éternisant, la fédération a ordonné le report du GP d'Afrique du Sud au 11 avril afin que le championnat du monde puisse débuter dans de bonnes conditions. Mais les organisateurs ne sont pas d'accord car le mois d'avril dans l'hémisphère sud promet des conditions climatiques difficiles. Surtout la société qui gère le circuit a un contrat avec la FOCA pour organiser l'épreuve le 7 février. Les Sud-Africains sont acculés : s'ils se plient à la légalité, Ecclestone leur fera un procès, et s'ils obéissent à celui-ci, leur course ne comptera pas pour le championnat du monde. Finalement ils choisissent cette dernière option qui est la moins coûteuse financièrement.

 

Ce Grand Prix d'Afrique du Sud « pirate » sera une occasion pour la FOCA de faire un test grandeur nature de son « championnat parallèle », de fait mort-né. Les équipes légalistes refusent évidemment de faire le déplacement. De son côté Balestre se montre accommodant en accordant à cette course le statut d' « épreuve internationale de Formule libre », afin d'éviter aux responsables sud-africains des poursuites.

 

La question des pneumatiques: Goodyear sur le départ

La question des pneus agite aussi la Formule 1. Après le scandale de Jarama en juin 1980, Goodyear a annoncé son retrait de la compétition avant de se rétracter, puis de laisser planer le doute. En janvier 1981, il paraît quasi-certain que Goodyear ne fournira pas le plateau cette année. Michelin s'apprête donc à s'emparer du monopole, mais ceci déplaît beaucoup aux équipes anglaises qui se méfient de l'entreprise clermontoise. Ils la soupçonnent d'être entièrement liée à la FISA et de vouloir favoriser le clan légaliste. En effet Michelin a des contrats pour 1981 avec Ferrari, Renault, Ligier et Alfa Romeo... De son côté la future écurie Toleman a signé un contrat avec Pirelli.

 

L'International Racing Tyre Service (IRTS), l'organe chargé de distribuer les pneumatiques aux équipes, et qui appartient à Ecclestone, a finalement obtenu le feu vert de Goodyear pour fournir les écuries lors de ce seul Grand Prix « pirate ». Mais pour l'avenir Ecclestone songe à faire appel au manufacturier britannique Avon.

 

Les forces en présence

Le plateau est plutôt copieux avec onze équipes et dix-neuf véhicules engagés. Manquent évidemment à l'appel le quartet des équipes légalistes, Renault, Alfa Romeo, Talbot-Ligier et Ferrari, ainsi qu'Osella, alliée à la « grande » Scuderia, et enfin Toleman qui sera motorisée par un turbo conçu par Brian Hart.

Les voitures sont configurées selon le règlement technique de 1980 et donc munies de jupes coulissantes. Tous les concurrents sont équipés d'un moteur Ford-Cosworth DFV et de pneus Goodyear. A noter qu'aucun pilote français n'est présent.

 

Saudia-Williams a tout gagné en 1980 : titre pilotes avec Jones et titre constructeurs avec une avance considérable sur Ligier. Patrick Head a apporté quelques améliorations à la FW07B mais s'inquiète surtout de la future interdiction des jupes et du retrait de Goodyear. Alan Jones souhaite bien sûr remporter un second titre et est le favori des bookmakers. A ses côtés, Carlos Reutemann a décidé de rempiler malgré son statut de pilote n°2. Mais l'Argentin songe qu'il aura bientôt 39 ans et que cette année 1981 pourrait bien être sa dernière occasion de devenir champion du monde... Il n'a pas grand-chose à perdre : ses relations avec Frank Williams sont tendues et il ne parle pas à Jones. Du côté de l'encadrement, Jeffrey Hazell est le nouveau directeur sportif tandis qu'Alan Challis, ancien de BRM, est nommé chef mécanicien.

 

Bernie Ecclestone est tellement accaparé par son conflit avec la FISA qu'il n'a pas fait le déplacement pour « sa » course pirate ! Si Brabham commence l'année avec des BT49 « B », Gordon Murray prépare en coulisses une version C qui s'annonce étonnante. L'ingénieur sud-africain prend acte de la probable interdiction des jupes coulissantes et a une idée derrière la tête pour parer à ce revers. Brabham attend aussi le moteur turbo promis par BMW mais aucune date de sortie n'est annoncée. Battu d'une courte tête par Alan Jones en 1980, Nelson Piquet espère prendre sa revanche. Pour tout le monde, le jeune et brillant Brésilien a tout à fait l'étoffe d'un champion du monde, si l'on excepte une certaine fragilité psychologique. Son équipier doit être Hector Rebaque mais celui-ci est absent en Afrique du Sud. Ricardo Zunino fait un retour provisoire dans l'équipe.

 

Après moult hésitations, Colin Chapman a décidé de suivre Ecclestone dans son entreprise de championnat parallèle. Une idée que désapprouve son commanditaire David Thieme, par ailleurs absent à Kyalami. Chapman a d'autres choses en tête : il prépare une nouvelle auto révolutionnaire : la 88 à double châssis... Mais ici ce sont les vieilles 81 qui sont alignées. Mario Andretti parti chez Alfa Romeo, le jeune et sémillant Elio de Angelis, grand espoir du sport automobile italien, devient le n°1 de l'équipe. Son collègue est l'Anglais Nigel Mansell, pilote d'essais méritant, mais que certains considèrent comme un rustaud sans talent. Jean-Pierre Jarier aurait dû conduire un troisième modèle sponsorisé par Candy mais Chapman a « oublié » de parapher ce contrat !

 

Nouveau départ pour McLaren : sous l'impulsion de Marlboro, le jeune manager Ron Dennis a pris le contrôle de l'équipe sous l'étiquette de sa structure « Project Four ». Nommé président de McLaren International, Teddy Mayer n'a en fait plus guère d'autorité. Dennis s'entoure d'un directeur des programmes d'essais, Tyler Alexander, et surtout du brillant ingénieur John Barnard. La nouvelle création de celui-ci, la MP4, n'est pas présente à Kyalami. La M29C reprend donc du service. John Watson a été fort décevant en 1980 mais s'est rattrapé en toute fin d'année et a donc conservé son volant. Le deuxième baquet est pourvu par Aleardo Buzzi et Marlboro qui y placent leur protégé, le jeune Italien Andrea de Cesaris.

 

Tyrrell a perdu le soutien de Candy au cours de l'hiver et de nouveau les voitures d'Oncle Ken se retrouvent dépourvues de tout sponsor... Jean-Pierre Jarier et Derek Daly partis, il a fallu trouver de nouveaux pilotes peu coûteux. L'Américain Eddie Cheever, qui a montré de très belles dispositions au volant de la modeste Osella, a été recruté. Pour cette épreuve, Ken Tyrrell a déniché la Sud-Africaine Désirée Wilson qui obtient ainsi un volant moyennant 53 000 rands. La jeune femme avait déjà essayé de se qualifier lors du GP de Grande-Bretagne de l'année précédente. Cheever et Wilson conduisent des 010, la nouvelle 011 étant loin d'être prête.

 

Emerson Fittipaldi a raccroché son casque durant l'hiver pour ne s'occuper que de la direction de son équipe. Il a perdu son sponsor Skol et ses voitures apparaissent toutes blanches à Kyalami. Ce sont toujours les médiocres F8 qui sont engagées. Le jeune Brésilien Chico Serra, protégé de Fittipaldi, se retrouve bombardé premier pilote malgré son manque d'expérience. Le « baroudeur » Keke Rosberg, malgré ses excellentes prestations en 80, demeure deuxième pilote.

 

Chez Arrows Jackie Oliver a obtenu le concours de deux nouveaux sponsors, Beta et Ragno. L'équipe adopte une livrée orange et blanche. Tony Southgate a quitté l'équipe et est remplacé par Dave Wass. Celui-ci a allégé l'A3 avec des radiateurs en aluminium et des pièces en carbone. Riccardo Patrese entame sa quatrième saison dans cette équipe, mais a été tenté de rejoindre March. Jochen Mass est remplacé par Siegfried Stohr, un jeune Italien (mais oui) qui a brillé en Formule 2 en 1980.

 

Teddy Yip relance son équipe Theodore qui cette fois s'affiche comme un constructeur à part entière. Du moins officiellement car à Kyalami c'est une vieille Shadow DN12 de la saison 80 qui est présentée par les hommes du peu avenant Sid Taylor. Mais Yip a recruté Tony Southgate, chargé de lui concocter une « vraie » Theodore. Geoff Lees, toujours prêt à rendre service aux tâcherons du fond de grille, pilotera cette voiture vierge de tout sponsor.

 

De nouveau, ATS commence la saison avec un ancien modèle, la D4, revue toutefois par l'ingénieur français Hervé Guilpin, un ancien de Renault et de Ligier. Une nouvelle voiture est en préparation. Six mois après son départ, Jan Lammers fait son retour dans l'équipe allemande. Fort méritant mais rarement récompensé, le Hollandais espère enfin se faire remarquer par une écurie de pointe...

 

Mo Nunn et Ensign sont sans le sou mais toujours là... L'ingénieur Nigel Bennett a conçu une nouvelle version de la N180, avec un train arrière tout neuf et une coque rigidifiée. Après avoir galéré au volant de l'ATS en 1980, le prometteur Marc Surer hérite de ce volant. Pas sûr qu'il ait gagné au change...

 

Propriétaire de l'équipe RAM, John Macdonald en a assez d'emprunter les voitures des autres. Il a sollicité March pour construire sa propre Formule 1. Depuis la fermeture du département F1 fin 77, les ateliers de Robin Herd ont continué à construire des voitures, notamment pour l'IndyCar. Herd conçoit une 811 largement inspirée des châssis d'IndyCar. La nouvelle équipe baptisée March Grand Prix Team engage deux pilotes : l'Irlandais Derek Daly, « Mister Crash » de la saison 80, et le Chilien Eliseo Salazar, peu connu mais doté de solides arguments financiers. Un temps annoncé, Riccardo Patrese a préféré rester chez Arrows.

 

Présentation de l'épreuve

Ce Grand Prix de la FOCA est l'occasion pour les dissidents de marquer leur opposition à la fédération internationale en toute liberté. On voit ainsi apparaître des t-shirts arborant des slogans orduriers comme « Balestre kiss my *** » ou « Sod the frog, Bernie for President. »

 

Commercialement cette épreuve est un échec. Cela confirme les craintes de Bernie Ecclestone qui ne se faisait guère d'illusions... et n'a même pas fait le déplacement ! Les télévisions, les radios et les journaux boudent cette course qui se déroule dans un certain anonymat. Et ceci alors qu'Ecclestone est le promoteur de Grand Prix d'Afrique du Sud. Il constate, amer, les limites de son pouvoir. En public, il essaie de pavoiser, affirmant que c'est désormais à Jean-Marie Balestre d'aller à Canossa s'il veut sauver la Formule 1. Et de fait toutes les équipes présentes à Kyalami attendent jusqu'à la dernière minute un télex de la FISA intégrant cette course au championnat du monde officiel... Mais Ecclestone a compris : oui, il peut bien faire sécession et organiser une compétition dissidente. Mais dans ce cas, il conduit la Formule 1, sa poule aux œufs d'or, à la ruine.

 

Les qualifications

Le principal incident de ces essais se déroule le samedi matin : Reutemann sort violemment de la route à Clubhouse et sa Williams s'engouffre dans une rangée de grillages. L'Argentin reste coincé cinq longues minutes dans son habitacle, à demi-étranglé par un morceau de fil de fer !

 

Piquet commence la saison en fanfare en obtenant la pole position devant les Williams de Reutemann et de Jones. Il ne fait guère de doute que seuls ces trois pilotes sont en mesure de gagner à la régulière. Rosberg hisse sa Fittipaldi au quatrième rang. De Angelis et Patrese occupent la troisième rangée. Ils précèdent la seconde Brabham de Zunino et la seconde Lotus de Mansell. Malgré un gros accident le vendredi, de Cesaris se classe neuvième. Il précède Lammers, Stohr et Cheever. Serra et Surer se retrouvent en septième ligne. Déception pour Watson seulement quinzième. Wilson, Daly et Lees complètent le fond de la grille. Salazar n'a pas pu effectuer le moindre temps mais est tout de même admis au départ.

 

Le Grand Prix

Le dimanche matin le circuit de Kyalami est noyé sous les eaux... Les pilotes craignent une course bien pénible. L'après-midi à 14 heures, heure du départ, il pleut encore mais bien moins fortement. Le circuit est totalement détrempé mais la tendance est l'amélioration. La plupart des coureurs décide de s'élancer en pneus rainurés, espérant creuser le trou rapidement et avoir ensuite le temps de changer de pneus. Reutemann, Rosberg, de Cesaris, de Angelis, Cheever, Patrese et Stohr optent toutefois pour les slicks.

 

Départ : Piquet conserve l'avantage tandis que de Angelis s'empare de la seconde place. Surgi du milieu de la grille, Lammers déborde Reutemann à Crowthorne et se retrouve troisième. Très mal parti, Jones s'est fait passer par une bonne partie du peloton.

 

1er tour : Piquet creuse déjà un écart de trois secondes. Il précède de Angelis, Lammers, Reutemann, Rosberg, Mansell, Watson, Jones, Zunino et Daly.

 

2e : Lammers attaque de Angelis par l'intérieur à Crowthorne mais est trop optimiste. Il touche la Lotus et dérape dans la terre. Il parvient à regagner la piste mais a perdu beaucoup de places. En fin de boucle Piquet a neuf secondes d'avance sur de Angelis. Jones et Watson ont doublé Rosberg.

 

3e : Piquet mène devant de Angelis (9s.), Reutemann (10s.), Mansell (11s.), Watson (12s.), Jones (14s.) et Rosberg (14.8s.). Lammers entre au stand ATS pour faire réparer un disque de frein arrière.

 

4e : Mansell déborde Reutemann dans les Esses. Watson se glisse dans son sillage et double aussi le pilote Williams.

 

5e : Piquet a déjà 15s. d'avance au commandement. Mansell est à l'attaque derrière de Angelis. Il est si impatient qu'il se met à l'équerre en sortant de Clubhouse et évite de peu le tête-à-queue. Watson le double ensuite à Leeukop. Jones déborde Reutemann. Daly a doublé Zunino.

 

6e : Mansell repasse devant Watson à Crowthorne. Watson reprend l'avantage dans la courbe Sunset. Le Nord-Irlandais se porte ensuite à l'extérieur et réalise un dépassement très osé sur de Angelis. Le voici second. Jones déborde Mansell dans la descente vers The Kink. Grâce à ses pneus pluie Daly double Reutemann qui est en slicks.

 

7e : Jones prend la troisième place à Watson.

 

8e : Surer s'empare de la neuvième place aux dépens de Rosberg. Le Finlandais dégringole au classement à cause de ses slicks

 

9e : Daly est extrêmement rapide avec l'étonnante March : il déborde coup sur coup de Angelis puis Mansell.

 

10e : Piquet mène avec quinze secondes d'avance sur Watson, seize secondes sur Jones. Daly est un incroyable quatrième et précède Mansell. Zunino est sixième depuis son dépassement sur de Angelis. Reutemann n'est que huitième et devance Serra et Surer.

 

12e : Zunino double Mansell. Lees tire tout droit à Crowthorne à cause d'un bris de suspension et atterrit dans les protections. L'Anglais heurte avec la tête un piquet retenant un grillage et s'assomme. Les commissaires doivent le hisser hors de son habitacle. Lees retrouve ses esprits peu après. Stohr renonce à cause d'un moteur et d'une tenue de route défaillants.

 

13e : Salazar effectue un tête-à-queue à Leeukop et se relance.

 

14e : Mansell quitte la route à Crowthorne et abîme sa jupe gauche. Il peut néanmoins continuer. Reutemann passe devant de Angelis.

 

15e : La piste commence un peu à s'assécher et les pneus rainurés sont moins efficaces. Piquet est toujours premier devant Watson (13.5s.). Suivent Jones, Daly, Zunino, Mansell, Reutemann, Serra, de Angelis et Surer.

 

17e : Mansell stoppe au stand Lotus pour chausser des pneus slicks. Lammers reprend la piste avec 17 boucles de retard.

 

18e : Piquet perd du temps car ses gommes ne sont plus adaptées à la situation. Jones s'arrête aux stands pour mettre des pneus slicks.

 

19e : Le jeune Serra fait forte impression par sa remontée : il menace Reutemann et va bientôt le doubler. Jones abîme son aileron arrière dans une touchette et doit rejoindre son stand. Daly est chez RAM pour mettre des slicks.

 

20e : Piquet est premier devant Watson (8.7s.), Zunino (37s.), Serra (49.8s.), Reutemann (50s.), Surer (59s.) et de Angelis (1m. 01s.). Jones est de retour à son garage pour changer son aileron arrière.

 

22e : Watson se rapproche peu à peu de Piquet tandis que Reutemann menace très sérieusement Serra mais ne trouve pas d'ouverture. L'Argentin a une bonne carte à jouer car tous les pilotes qui le précèdent vont devoir changer leurs pneus, contrairement à lui qui est équipé de slicks.

 

24e : La piste continue de s'assécher. Reutemann déborde Serra à Crowthorne.

 

25e : Sept secondes et demie séparent Piquet et Watson. Reutemann remonte rapidement sur Zunino dont les pneus sont détruits. Surer et Wilson sont aux puits pour mettre des gommes slicks. De Cesaris grimpe au septième rang.

 

26e : En pneus slicks, Rosberg reprend son tour de retard à Piquet, preuve qu'il faut désormais abandonner les gommes rainurées.

 

27e : Piquet entre aux puits pour monter des pneus slicks. Après une immobilisation de 25s., le Brésilien va repartir en quatrième position. Reutemann prend l'avantage sur Zunino. Watson est le nouveau leader.

 

29e : Watson, Zunino, Salazar et Serra sont dans les puits pour monter les slicks. Reutemann s'empare du commandement.

 

30e : Reutemann est maintenant premier avec dix secondes d'avance sur Piquet, vingt-trois secondes sur de Angelis qui n'a pas eu à stopper. Suivent Watson, de Cesaris, Rosberg, Patrese, Cheever, Zunino et Mansell.

 

31e : De Cesaris sort de la route à Leeukop. Il repart en douzième position. Salazar a usé ses nouveaux pneus et doit de nouveau en changer. Lammers renonce à cause d'une panne de freins.

 

32e: Salazar est encore son stand : ses gommes se détruisent inexplicablement et son équipe n'en a plus en stock. Le Chilien doit abandonner.

 

34e : Rosberg prend la cinquième place à Patrese.

 

35e : Reutemann augmente son avance sur Piquet. Elle est désormais de douze secondes.

 

36e : Daly est en difficulté : il se fait doubler par Serra et par de Cesaris.

 

38e : Rosberg est étonnamment rapide avec la Fittipaldi. Il a parfaitement préservé ses pneus en début d'épreuve et se lance à la poursuite de Watson.

 

40e : Reutemann mène devant Piquet (13s.), de Angelis (25s.), Watson (30s.), Rosberg (41s.), Patrese (49s.) et Cheever (1m. 03s.). La trajectoire est sèche désormais.

 

42e : Les voitures de tête sont pour la plupart prises dans le trafic, ce qui donne parfois aux coureurs quelques sueurs froides. Reutemann contrôle la course avec une belle avance sur Piquet et de Angelis.

 

44e : Mansell est chez Lotus pour changer sa jupe gauche et ses deux pneus avant.

 

46e : Ressorti des stands derrière Surer, Mansell repasse tout de suite devant le pilote suisse.

 

49e : Reutemann possède une quinzaine de secondes d'avance sur Piquet.

 

51e : Wilson part en tête-à-queue à Leeukop. La jeune femme renonce : sa voiture est abîmée et de plus sa boîte de vitesses est endommagée.

 

52e : Rosberg prend la quatrième place à Watson.

 

55e : De Cesaris part en tête-à-queue dans le sable et cette fois-ci ne repartira pas.

 

57e : Reutemann a seize secondes d'avance sur Piquet. De Angelis est désormais à quarante secondes de la tête de course.

 

59e : Surer renonce à cause d'un allumage capricieux.

 

60e : Reutemann est premier devant Piquet (16.5s.), de Angelis (42s.), Rosberg (1m. 05s.) et Watson (1m. 10s.). Patrese occupe la sixième place avec un tour de retard. Il devance Cheever, Zunino, Serra, Mansell, Daly et Jones.

 

62e : Jones met à pied à terre. Ses jupes se sont coincées et la tenue de route de la Williams devenait épouvantable. C'est la première fois qu'il abandonne depuis Monaco l'année précédente.

 

65e : Le ciel est de nouveau très couvert. Dix-huit secondes séparent Reutemann et Piquet. De Angelis concède cinquante secondes au leader.

 

67e : Reutemann prend un tour à Watson. Piquet obtient son meilleur chrono de la course : 1'13'89'''. La dernière bagarre en piste oppose Serra et Mansell pour la neuvième place.

 

69e : Rosberg concède un tour à Reutemann.

 

70e : L'avance de Reutemann sur Piquet est stable. Mais il pleut de nouveau sur le circuit.

 

71e : Une faible averse tombe sur Kyalami. La direction de course hésite à laisser l'épreuve se poursuivre jusqu'au bout.

 

72e : Malgré le retour de la pluie, Reutemann réalise le meilleur tour de l'épreuve : 1'13''61'''.

 

73e : Reutemann mène devant Piquet (19s.) et de Angelis (1m.). Rosberg, Watson et Patrese viennent ensuite avec une boucle de moins.

 

75e : La pluie n'est pas assez forte pour humidifier l'asphalte, mais les coureurs sont prudents. La course ira à son terme.

 

77ème et dernier tour : Carlos Reutemann remporte le GP d'Afrique du Sud pour la seconde fois de sa carrière après son succès de 1974. Malgré son superbe début de course sur piste humide, Piquet se contente de la troisième place. De Angelis offre un second et dernier podium à la Lotus 81. Rosberg a de nouveau prouvé qu'il était l'homme de la situation lorsque les conditions sont difficiles et termine quatrième. Watson est cinquième et Patrese sixième. Viennent ensuite Cheever, Serra, Mansell et Daly.

 

Après la course

La joie de Reutemann sur le podium est mesurée puisqu'il ne sait pas si ce succès lui apportera neuf points au championnat. Il ne le croit guère. Et de fait, le soir-même un communiqué de la FISA confirme que le GP d'Afrique du Sud ne comptera pas pour le championnat du monde la FIA.

 

Deux jours après la course, Max Mosley obtient de la Haute Cour de Londres la levée de l'interdiction faite à la FISA d'intervenir dans les contrats de la FOCA. Celle-ci cesse donc ses poursuites judiciaires à l'encontre de l'autorité sportive. Ce geste de bonne volonté commandé par Ecclestone doit permettre l'ouverture de nouvelles négociations avant l'ouverture officielle de la saison 1981 de Formule 1, le 15 mars à Long Beach.

Tony