• Champion du Monde d'Endurance en 1991
Le palmarès de Teo Fabi en Formule 1 ne reflète pas totalement l'étendue de sa carrière, qui s'est essentiellement déroulée en CART. Le pilote italien aurait pu avoir un meilleur palmarès.
Il s'est d'abord orienté vers le ski alpin, en tant que slalomeur, entre 1970 et 1974, ce qui lui a permis de déterminer les bonnes trajectoires en course. Après avoir fait ses études à l'Institut technologique de Milan, où il a étudié la mécanique et a fait des virées en moto durant son temps libre, il a débuté sa carrière de pilote en 1975 par le karting, dans lequel il s'est montré très doué dès le départ, puisqu'il a remporté le titre européen.
En 1977, il passe en Formule Ford 1600 et remporte le championnat d'Europe avec six victoires à la clé. L'année suivante, il dispute le championnat d'Europe de Formule 3 sur une March privée et s'impose à quatre reprises, terminant le championnat à la quatrième place. En fin d'année, il se rend en Nouvelle-Zélande pour disputer le championnat de Formule Pacifique, qu'il remporte après avoir gagné les six premières courses du calendrier.
Tant de belles performances qui lui permettent, en 1979, d'être engagé par l'équipe officielle March pour le championnat de Formule 2. Son meilleur résultat est une deuxième place à Zandvoort. En 1980, il se montre davantage aux avant-postes, avec trois victoires à la clé et une troisième place au championnat, derrière les pilotes Toleman. Sa place chez March en Formule 1 semble assurée jusqu'à ce que Derek Daly obtienne finalement le volant. Teo se console en disputant le championnat de Can-Am avec l'équipe de Paul Newman. Il remporte quatre courses, mais le titre lui échappe au profit de Geoff Brabham, plus régulier.
En F1 chez Toleman
En 1982, il bénéficie d'une place chez Toleman Motorsport, mais la voiture manque de compétitivité. Pour le premier Grand Prix, en Afrique du Sud, il doit déclarer forfait à la suite de la casse de son turbo. Après deux non-qualifications, il se classe dixième à Imola, où la grille ne compte que quatorze concurrents, les écuries de la FOCA ayant boycotté la course. Il termine sixième, mais avec huit tours de retard sur les Ferrari ; il n'est donc pas classé et ne marque pas de point. Il ne verra plus le drapeau à damier lors des douze manches suivantes, accumulant six abandons, quatre non-qualifications et deux forfaits.
CART
Le pilote italien part alors courir le championnat CART aux Etats-Unis avec l'équipe Forsythe, au volant d'une March. Dès sa deuxième course, les 500 Miles d'Indianapolis, il décroche la pole position. Par la suite, Teo s'impose à quatre reprises et termine vice-champion, tout en étant élu Rookie de l'année. Ce sera sa meilleure année dans le championnat américain.
Retour en F1 avec Brabham
En 1984, alors qu'il a de nouveau signé chez Forsythe, Bernie Ecclestone lui fait une offre pour piloter chez Brabham aux côtés de Nelson Piquet. Il prend alors la décision étonnante de combiner les deux championnats. Sa Brabham BT53, motorisée par BMW, n'est toutefois pas très fiable, surtout au niveau du turbo. C'est ce dernier qui l'oblige à abandonner à trois reprises lors des quatre premiers Grands Prix. Après une neuvième place lors du Grand Prix de France, il se classe quatrième à Détroit, après être parti de la 23e position. Cette quatrième place se transformera en podium après la disqualification des Tyrrell. Vers la fin de l'année, il abandonne son volant en CART à Kevin Cogan pour se concentrer sur la Formule 1, et décroche une quatrième place en Autriche, puis une cinquième aux Pays-Bas. Il se classe 12e au championnat.
Retour chez Toleman
En 1985, il fait son retour chez Toleman pour remplacer Stefan Johansson à partir du Grand Prix de Monaco. L'écurie est sur le point d'être rachetée par son principal sponsor, Benetton. Comme en 1982, la fiabilité de sa monoplace, la TG185 motorisée par Hart, fait excessivement défaut. Sur les 13 départs, il ne franchit la ligne d'arrivée qu'une seule fois, lors du Grand Prix d'Italie, qu'il termine à la 12e place. En revanche, il affiche de meilleures performances en termes de vitesse et décroche ainsi sa première pole position en Allemagne. Toutefois, dès le premier tour, il rétrograde à la huitième place, puis abandonne à la suite d'un problème d'embrayage.
Benetton
En 1986, l'écurie Toleman devient Benetton et présente la B186, une voiture propulsée par un moteur BMW. Teo marque deux points en Espagne lors de la deuxième manche. Mais par la suite, il est de nouveau victime de problèmes mécaniques qui l'obligent à abandonner régulièrement. En fin d'année, il décroche deux nouvelles pole positions, en Autriche puis en Italie, qui, à défaut de victoire, se concrétisent par le meilleur tour en course. Mais dans l'ensemble, son coéquipier, Gerhard Berger, réalise de meilleurs résultats.
Pour la saison 1987, la voiture, la B197, est motorisée par un Ford-Cosworth. Plus fiable, elle permet à Teo de rallier l'arrivée à plusieurs reprises. Il faut cependant attendre la sixième manche pour le voir marquer des points, avec une cinquième place. Lors de la course suivante, en Grande-Bretagne, il termine sixième. En Autriche, après s'être élancé de la cinquième position, il termine à la troisième place, décrochant ainsi son deuxième et dernier podium en F1. Il termine ensuite quatrième au Portugal, puis cinquième au Mexique. Il se classe neuvième au championnat, mais derrière son coéquipier Thierry Boutsen. Il décide finalement d'abandonner la Formule 1.
L'après-F1
Le pilote italien retourne sur le continent américain en 1988 pour participer à nouveau au championnat CART. Il participe au développement du projet d'entrée de Porsche dans ce championnat et pilote pour la firme de Stuttgart durant trois saisons. Après une saison en demi-teinte, l'année 1989 est déjà meilleure : un podium à Milwaukee, puis une pole position à Portland, et enfin la pole position et la victoire sur le circuit de Mid-Ohio. En 1990, la saison est décevante, hormis une pole position, exercice favori du pilote italien, à Denver.
Il abandonne temporairement le CART pour courir le championnat de voitures de sport sur une TWR Jaguar. Il remporte une victoire à Silverstone, qui, conjuguée à la régularité du duo avec Warwick, lui permet d'accéder à la consécration mondiale. En 1992, il obtient un volant chez Toyota et termine quatrième aux 24 Heures du Mans, avant de revenir en CART en 1993 avec l'équipe VDS/Hall. Il court également au Mans avec Peugeot et se classe deuxième. Après une saison 1994 moyenne, il revient chez Forsythe l'année suivante et décroche un podium à Long Beach ainsi qu'une pole position à Milwaukee. Mais ses performances ne suffisent pas à ses patrons pour qu'il conserve sa place ; il est remplacé par Greg Moore. Il remplacera provisoirement Warwick chez PacWest en 1996, puis abandonnera définitivement la compétition.
Par la suite, Teo Fabi court occasionnellement en voitures de sport aux Etats-Unis. Il s'occupe surtout des affaires familiales avec son frère cadet, Corrado, et garde un œil sur son fils, Stefano, qui a fait ses débuts en karting, puis en Formule 3 britannique.
Julien