• Champion de GP2 Series en 2011
Né à Genève, Romain Grosjean possède la double nationalité franco-suisse, mais court sous licence tricolore. Il commence sa carrière en karting dans divers championnats français.
C'est en 2003, à l'âge de dix-sept ans, qu'il passe à la monoplace. Il dispute le championnat suisse de Formule Renault 1600, qu'il remporte brillamment en une seule saison. En 2004, il participe au championnat de France de Formule Renault, qu'il remporte en 2005 avec l'écurie SG Formula.
En 2006, il s'engage avec l'équipe Signature pour courir dans les fameuses F3 Euro Series. Cette saison est difficile, puisqu'il ne termine que treizième au classement final. Il remporte cependant les deux manches du championnat britannique de F3 disputées à Pau. En 2007, il est engagé par ASM, filiale de l'écurie de GP2 ART. Il montre alors tout son talent en décrochant six victoires et le titre, après un long duel avec son quasi-compatriote Sébastien Buemi.
En 2008, il passe tout naturellement en GP2 au sein de l'écurie ART Grand Prix. Durant l'intersaison 2007-2008, il participe au petit championnat GP2 Asia et remporte quatre des six courses. Avec ce titre, il devient le nouveau grand espoir du sport automobile français. Lors de sa première saison complète en GP2, il confirme son talent en remportant deux courses à Istanbul et à Spa-Francorchamps, mais il connaît aussi quelques déceptions. Il domine notamment sa course à domicile à Magny-Cours, mais son moteur rend l'âme à quelques tours du drapeau à damiers. Il est un temps considéré comme un outsider dans la course au titre, mais termine finalement quatrième au classement général. Parallèlement, il est intégré au Renault Driver Development et devient le deuxième pilote essayeur de l'écurie Renault de Formule 1. Un grand avenir s'ouvre alors devant lui.
En 2009, il poursuit en GP2, mais change d'équipe en signant avec l'écurie espagnole Barwa Addax. Il réalise un excellent début de saison en GP2, remportant la course d'ouverture à Barcelone, puis à nouveau à Monaco, ce qui lui permet de prendre la tête du championnat. Mais peu à peu, il perd pied, connaît quelques accidents et se fait dépasser par l'Allemand Nico Hülkenberg. ART. Il devient surtout officiellement le troisième pilote de l'équipe Renault, après avoir été un temps annoncé comme titulaire en lieu et place de Nelsinho Piquet.
En F1 avec Renault
En août, alors qu'Hülkenberg prend de l'avance sur lui au championnat GP2, il est propulsé dans le deuxième baquet de l'écurie Renault F1, à la place de Piquet enfin renvoyé après un an et demi de services plus que médiocres. Cette promotion est toutefois un cadeau empoisonné pour le jeune Français. En effet, en raison de l'interdiction des essais privés, il n'a effectué aucun tour de roue avec la R29, une voiture très rétive, et doit donc l'apprivoiser « sur le tas ». De plus, la comparaison avec l'étoile qu'est Fernando Alonso n'est évidemment pas en sa faveur. Pour son premier Grand Prix à Valence, Romain s'en sort cependant plutôt bien. Quatorzième sur la grille, il ramène sa monoplace à l'arrivée malgré un accrochage et un tête-à-queue. Mais en Belgique, il se fait remarquer de manière négative en percutant stupidement le leader du championnat, Jenson Button, dès le premier tour. Il va ensuite littéralement sombrer, peu aidé il est vrai par les graves difficultés que rencontre l'équipe : scandale Piquet, renvoi puis exclusion à vie de Flavio Briatore, retrait soudain du sponsor principal ING. Surtout, la R29 est, en fin de saison, l'une, si ce n'est la pire voiture du plateau. Dans ces conditions, Romain est complètement éclipsé par Alonso et ses courses sont plus qu'erratiques. Son Grand Prix du Japon en est la preuve : il n'a de cesse de tutoyer les bas-côtés. Les problèmes techniques s'en mêlent également : à Monza, son SREC le lâche dès le début de la course, qu'il parvient tout de même à terminer, tandis qu'à Singapour, ses freins l'obligent à abandonner au bout de trois tours. Après un intérim aussi décevant, et malgré des circonstances atténuantes, il n'est pas conservé pour 2010 par une équipe Renault en pleine restructuration.
Il se tourne alors vers le Grand Tourisme et participe au championnat FIA GT1 avec une Ford Cammer de l'équipe suisse Matech. Il se montre brillant, associé à l'Allemand Thomas Mutsch, puisqu'il remporte deux des premières manches à Abou Dabi et à Brno. Il dispute également les 24 Heures du Mans avec cette équipe, aux côtés de Mutsch et de Jonathan Hirschi, mais ne voit pas le drapeau à damiers. En été 2010, il rejoint l'écurie DAMS pour participer au championnat Auto GP. Il remporte quatre courses et s'adjuge facilement ce petit championnat. Il effectue également quelques piges en GP2 et monte sur le podium à Spa. Surtout, il revient dans le giron de Renault en signant avec Gravity, le groupe qui possède désormais l'écurie de Formule 1 du Losange, et devient un prétendant sérieux à un volant de titulaire.
En 2011, il fait son retour à temps plein en GP2 avec l'équipe DAMS et devient pilote d'essai chez Renault F1. En début de saison, il remporte à nouveau le championnat GP2 Asia Series. Dès la première manche, disputée sur le circuit d'Istanbul, il décroche la pole position et remporte la course principale. A Valence, il gagne la course sprint, puis ajoute deux nouveaux succès lors des courses principales de Silverstone et du Nürburgring. Grâce à sa présence régulière aux avant-postes, il creuse un écart sur ses poursuivants directs. Fin juillet, il remporte une cinquième victoire lors de la course sprint sur le circuit du Hungaroring, en Hongrie. Lors de l'avant-dernière manche, organisée sur le circuit de Spa-Francorchamps, le pilote français sécurise mathématiquement le titre en franchissant la ligne d'arrivée en troisième position lors de la course principale. Début décembre, il est nommé pilote titulaire chez Lotus F1 Team, aux côtés du champion du monde Kimi Räikkönen.
Lotus
Pour son retour en Formule 1, il se distingue dès les qualifications du Grand Prix d'Australie, où il réalise le troisième temps au volant de la E20 motorisée par Renault. Il abandonne toutefois dès le premier tour, suite à un accrochage avec Pastor Maldonado. En Malaisie, il s'élance en sixième position, mais s'accroche avec Michael Schumacher au deuxième virage. Après ces deux accrochages en début de course, il est critiqué par la presse et les autres pilotes. En Chine, il termine sixième et marque ses premiers points en Formule 1. A Bahreïn, il s'élance septième et mène la course durant un tour, avant de terminer sur le podium à la troisième place. C'est le premier podium français en Formule 1 depuis celui de Jean Alesi au Grand Prix de Belgique 1998. En Espagne, il termine quatrième après avoir réalisé le meilleur tour en course. Après un abandon à Monaco à la suite d'un accrochage, il s'élance de la septième position au Canada. Grâce à une bonne gestion de ses pneumatiques, il signe le meilleur résultat de sa carrière en terminant deuxième. Lors du Grand Prix d'Europe, il part quatrième et se hisse rapidement à la deuxième place, derrière Sebastian Vettel. Cependant, il abandonne à cause d'une rupture d'alternateur, à seize tours de l'arrivée, alors qu'il pouvait se battre pour la victoire. Il se classe ensuite sixième en Grande-Bretagne et seulement dix-huitième en Allemagne. En Hongrie, il réalise sa meilleure qualification de carrière en signant le deuxième temps. Le lendemain, il termine troisième, derrière Räikkönen. Après la pause estivale, il se qualifie huitième en Belgique. Au premier virage, il percute Lewis Hamilton, provoquant un carambolage. Quelques jours plus tard, Romain, jugé responsable de l'accident, est exclu du Grand Prix d'Italie. C'est la première fois depuis 1998 qu'une telle sanction est appliquée à un pilote. Romain est de plus en plus critiqué par la presse et ses coéquipiers, Webber allant même jusqu'à le qualifier de « taré du premier tour ». Sa fin de saison est moins étincelante : lors des sept dernières manches, il rentre quand même dans les points à quatre reprises, se classant trois fois septième et une fois neuvième, tandis que Räikkönen remporte le Grand Prix d'Abou Dabi. Romain termine huitième du championnat, loin derrière la troisième place de son coéquipier. Malgré les nombreux incidents dans lesquels il a été impliqué et son retrait par rapport à Räikkönen, Lotus décide de prolonger son contrat aux côtés du Finlandais.
Pour 2013, Romain espère monter à nouveau sur le podium et remporter sa première victoire. Il termine dixième du Grand Prix inaugural en Australie, tandis que son coéquipier remporte la course. En Malaisie, il parvient à terminer sixième malgré des conditions climatiques handicapantes pour sa monoplace, devant son leader. Après une neuvième place en Chine, il termine troisième, derrière Vettel et Räikkönen, après s'être élancé de la onzième position. S'ensuit une mauvaise passe, durant laquelle il ne marque pas de point lors des quatre Grands Prix suivants. A Monaco, il percute Ricciardo et abandonne, ce qui lui vaut dix places de pénalité sur la grille au Canada. Il redresse la barre en Allemagne, se qualifiant cinquième et terminant troisième. En Hongrie, il s'élance depuis la troisième position. A cause d'un dépassement sur Massa effectué hors des limites de la piste et d'un contact avec Button, il est pénalisé de vingt secondes et ne termine que sixième. Il marque quelques points en Belgique et en Italie, mais doit abandonner à Singapour à cause d'un problème moteur alors qu'il pouvait viser le podium. Si sa fin de saison 2012 était plutôt ratée, celle de 2013 est parfaite, puisqu'il signe quatre podiums en cinq courses, dont un splendide en Inde, après être parti en dix-septième position. Au Japon, il prend la tête au départ et mène une bonne partie de la course avant de céder face aux Red Bull. Pour le dernier Grand Prix de l'ère V8, au Brésil, son moteur rend l'âme après trois tours. Les vieux démons de 2012 sont chassés et Romain termine le championnat à la septième place.
Pourquoi le n° 8 ?
Sa femme, Marion, est née le 8 décembre et leur relation a commencé en 2008. De plus, sur le plan sportif, il l'utilisait déjà en 2013 chez Lotus, sa meilleure saison en F1 à cette date.
L'année 2014 marque le passage à la nouvelle réglementation technique qui impose des moteurs V6 turbo hybrides. Le pilote français prend les commandes de la Lotus E22, une monoplace reconnaissable à son nez asymétrique en forme de double diapason. Dès les essais de pré-saison, l'écurie accuse un important retard de développement, manquant les premières sessions de roulage et souffrant de graves problèmes de fiabilité de son groupe motopropulseur. Lors des premières manches du championnat, notamment en Australie et en Malaisie, Romain doit composer avec une voiture instable et un moteur déficient en puissance. Il faut attendre la cinquième manche, en Espagne, pour observer une amélioration des performances. Le Français parvient à se qualifier en cinquième position et réalise une course solide pour terminer huitième. Deux semaines plus tard, à Monaco, il réédite cette performance en terminant à nouveau huitième. Cependant, la suite de la saison se transforme en une longue traversée du désert. Les évolutions aérodynamiques apportées au châssis se révèlent inefficaces et le déficit de performance du moteur Renault par rapport à la concurrence s'accentue. Durant la période estivale et la tournée asiatique, il enchaîne les courses anonymes dans la seconde moitié du peloton, entrecoupées de multiples pannes mécaniques. Il commet même une grossière erreur de pilotage en Hongrie, où il sort de la piste sous régime de voiture de sécurité. Il ne parvient plus à intégrer la zone des points lors de la deuxième moitié du calendrier. Il termine cette campagne particulièrement éprouvante à la quatorzième place du championnat.
La saison 2015 s'ouvre sous de meilleurs auspices pour le pilote français, grâce notamment à la décision de l'écurie Lotus de s'équiper du moteur V6 turbo hybride Mercedes, très performant. Au volant de la nouvelle Lotus E23, le pilote français retrouve un niveau de compétitivité lui permettant de se battre plus régulièrement dans le peloton. Après un abandon lors de la manche inaugurale en Australie et une onzième place en Malaisie, il concrétise le potentiel de sa voiture lors des deux manches suivantes, en se classant septième en Chine et à Bahreïn. Il maintient un niveau de régularité en accumulant les arrivées dans les points, notamment en Espagne, au Canada et en Hongrie. Cependant, l'écurie Lotus traverse une crise financière majeure en coulisses, ce qui paralyse le développement de la monoplace. C'est dans ce contexte de grande précarité matérielle que Romain signe la réalisation la plus significative de sa saison, lors du Grand Prix de Belgique. Quatrième temps des qualifications, mais pénalisé sur la grille, il s'élance depuis la neuvième position. Il gère sa stratégie pneumatique et profite de l'éclatement du pneu de Sebastian Vettel dans l'avant-dernier tour pour s'emparer de la troisième place, décrochant ainsi un podium inattendu. Durant l'automne, malgré des ressources techniques totalement asséchées et des difficultés financières menaçant la participation de l'équipe aux épreuves, il continue de maximiser les résultats sur la piste. Après avoir terminé septième au Japon, il annonce qu'il rejoindra la nouvelle écurie américaine Haas F1 Team pour la saison suivante. Il achève sa dernière campagne sous les couleurs de Lotus en marquant des points lors des trois derniers Grands Prix de l'année et termine ce championnat du monde à la onzième place.
Haas
La saison 2016 marque donc un nouveau chapitre majeur dans la carrière de Romain, qui rejoint l'écurie Haas aux côtés du Mexicain Esteban Gutiérrez. Dès la première manche, en Australie, il met en œuvre une stratégie audacieuse lors d'une interruption de course sur drapeau rouge, et franchit la ligne d'arrivée à la sixième place, un résultat retentissant. Il offre ainsi ses premiers points à l'écurie dès sa première participation. Il confirme ce résultat inattendu lors du Grand Prix suivant, à Bahreïn, où il réalise de nombreux dépassements pour se hisser à la cinquième place. Après une 19e place en Chine, il marque de nouveau des points en terminant huitième en Russie. Cependant, la suite de la saison s'avère nettement plus complexe. Au volant de la Haas VF-16 motorisée par Ferrari, il souffre de problèmes chroniques de freinage qui affectent gravement sa confiance et sa régularité sur la piste. Le développement de la monoplace stagne au cours de la tournée européenne, ce qui le relègue régulièrement dans la seconde moitié du peloton. Il parvient néanmoins à se classer septième lors du Grand Prix d'Autriche. Durant la seconde moitié de l'année, les arrivées dans la zone des points se font de plus en plus rares, en raison de l'essoufflement des performances de sa voiture face à la concurrence. Il réalise une dernière performance devant le public américain de son équipe en se classant dixième lors du Grand Prix des États-Unis. Il achève cette première saison sous les couleurs de Haas à la treizième place du championnat, ayant inscrit à lui seul l'intégralité des points de la jeune écurie nord-américaine.
La saison 2017 s'ouvre sous le signe de la continuité pour le pilote français qui poursuit sa collaboration avec l'écurie Haas. Il fait désormais équipe avec le Danois Kevin Magnussen et prend les commandes de la VF-17, une monoplace conforme au nouveau règlement technique qui rend les voitures plus larges et les pneumatiques plus imposants. Après un abandon lors de la première course en Australie, à cause d'une fuite d'eau alors qu'il s'élançait depuis la sixième place sur la grille de départ, il marque ses premiers points de la saison en terminant huitième du Grand Prix de Bahreïn. Quelques semaines plus tard, il marque un point en terminant dixième en Espagne. Les problèmes de freins rencontrés la saison précédente s'atténuent progressivement, ce qui lui permet de se concentrer sur l'exploitation aérodynamique de sa voiture. A Monaco, il réalise une prestation très appliquée qui lui permet de décrocher la huitième place. Le sommet de sa saison intervient au début du mois de juillet, lors du Grand Prix d'Autriche. Très à l'aise sur ce circuit rapide, il se qualifie brillamment en sixième position, puis confirme ce rythme en course pour terminer à la même place, ce qui constitue son meilleur résultat de l'année. La deuxième partie de la saison est marquée par une lutte intense au milieu du peloton. Il parvient ponctuellement à hisser sa monoplace dans le top 10. Il arrache la septième place lors du Grand Prix de Belgique, puis décroche une solide neuvième place au Japon. Il conclut cette deuxième saison avec l'écurie américaine de manière très similaire à la précédente, se classant treizième du championnat.
Romain aborde le championnat 2018 avec de solides ambitions, disposant de la monoplace la plus compétitive produite par l'écurie américaine depuis ses débuts : la Haas VF-18. Toutefois, la première partie de sa campagne se transforme en une série de graves désillusions. Lors du Grand Prix d'Australie, qui marque le début de la saison, il se hisse à la cinquième place provisoire avant d'être contraint à l'abandon à cause d'une erreur des mécaniciens lors du changement de pneus. Au printemps, lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan, il perd le contrôle de sa monoplace alors qu'il roulait en sixième position sous le régime de la voiture de sécurité. Deux semaines plus tard, il provoque un carambolage spectaculaire dès le premier tour du Grand Prix d'Espagne. Cette spirale négative prend fin lors du Grand Prix d'Autriche, au début de l'été, qui marque un véritable tournant dans sa saison. Sur le circuit de Spielberg, il réalise une course parfaite et franchit la ligne d'arrivée à la quatrième place. Ce résultat exceptionnel efface son déficit comptable et constitue le meilleur classement de l'histoire de l'écurie Haas. Libéré de la pression accumulée au printemps, il enchaîne de solides performances durant l'été. Il se classe sixième en Allemagne, dixième en Hongrie et septième en Belgique. En Italie, sur le circuit de Monza, il franchit la ligne d'arrivée en sixième position, mais est disqualifié après la course pour non-conformité du fond plat de sa voiture, selon les commissaires techniques de la FIA. Il marque encore des points en se classant huitième au Japon et au Brésil. Il clôt cette saison contrastée par une neuvième place lors du Grand Prix d'Abou Dabi et se classe quatorzième du championnat.
La saison 2019 s'avère être l'une des plus difficiles de sa carrière. La nouvelle Haas VF-19 présente en effet une anomalie de conception aérodynamique majeure qui l'empêche de maintenir ses pneumatiques Pirelli dans la bonne fenêtre d'exploitation thermique lors des longs relais. Bien que le pilote français parvienne souvent à se hisser en troisième phase des qualifications le samedi, il subit de lourdes chutes au classement lors de la course, en raison de pertes d'adhérence drastiques. Les quatre premières manches du calendrier sont marquées par trois abandons dus à des défaillances mécaniques ou à des accrochages sur la piste, ainsi que par une onzième place en Chine. Il faut attendre la cinquième manche, en Espagne, pour le voir inscrire son premier point, en décrochant la dixième place. Il termine neuvième à Monaco, mais reçoit une pénalité pour avoir mordu la ligne jaune en sortant des stands, ce qui le relègue à la dixième place. Face à l'incompréhension technique de l'équipe, il demande et obtient, lors de la tournée estivale, de revenir à la spécification aérodynamique utilisée lors de la toute première course en Australie, afin de procéder à des essais comparatifs grandeur nature avec son coéquipier. Le Grand Prix d'Allemagne, disputé sous la pluie, lui offre l'opportunité de briller grâce à sa grande maîtrise des conditions précaires, et il franchit la ligne d'arrivée en neuvième position, un classement converti en septième place après les pénalités infligées aux pilotes Alfa Romeo. Ce résultat sous la pluie reste la seule véritable éclaircie de sa deuxième moitié de saison. Englué au fond de la grille, il ne marque plus aucun point lors des huit dernières manches du championnat du monde et termine dix-huitième.
L'année 2020, perturbée et remaniée par la pandémie mondiale, ne commence qu'en juillet, et l'écurie Haas se retrouve immédiatement reléguée en queue de peloton. La monoplace VF-20 souffre d'un manque d'appuis aérodynamiques criant, aggravé par le déficit de puissance important du moteur Ferrari par rapport à la saison précédente. Le pilote français passe l'essentiel de la saison à lutter âprement contre les pilotes Alfa Romeo et Williams pour éviter les dernières places du classement général. Il ne parvient à s'extraire de cette position qu'à une seule reprise, à l'automne. Lors du Grand Prix de l'Eifel, organisé sur le circuit du Nürburgring, en Allemagne, il tire parfaitement parti des températures très basses et gère avec minutie la dégradation de ses pneus usés pour franchir la ligne d'arrivée en neuvième position et marquer ses deux seuls points de l'année. En octobre, l'écurie Haas annonce que son contrat ne sera pas reconduit pour 2021 et Romain confirme qu'il quittera la Formule 1 à la fin de la saison. Mais le 29 novembre, sa dernière saison en F1 prend un tournant dramatique lors du premier tour du Grand Prix de Bahreïn. Après un contact avec l'AlphaTauri de Daniil Kvyat, sa voiture s'encastre à plus de 220 km/h dans les barrières de sécurité métalliques. Le châssis se scinde en deux sous la violence de l'impact et s'embrase instantanément. Piégé dans un violent incendie durant vingt-huit longues secondes, le pilote s'est extirpé des flammes par ses propres moyens avant d'être pris en charge par l'équipe médicale. Il souffre de brûlures sérieuses aux deux mains ainsi que d'une entorse à la cheville et est logiquement forfait pour les deux derniers Grands Prix de la saison. Il achève cette saison à la dix-neuvième place du championnat, mettant un terme à sa carrière sur cette survie miraculeuse.
L'après-F1
En 2021, Romain rejoint le très compétitif championnat nord-américain IndyCar Series au sein de l'écurie Dale Coyne Racing, et choisit dans un premier temps de faire l'impasse sur les circuits ovales. Il s'adapte rapidement à la monoplace Dallara dépourvue de direction assistée. Dès le mois de mai, il se distingue en décrochant la pole position sur le tracé routier d'Indianapolis, puis en franchissant la ligne d'arrivée à la deuxième place. Au cours de l'été, il décide finalement de prendre part à sa première course sur un petit ovale, sur le circuit de Gateway. En fin de championnat, il ajoute deux nouveaux podiums à son palmarès : il termine de nouveau deuxième sur le circuit routier d'Indianapolis, puis troisième à Laguna Seca. Ces solides performances lui permettent de s'imposer immédiatement comme une figure majeure de la discipline, et il achève sa première campagne à la quinzième place du classement général, malgré son absence lors de plusieurs épreuves.
La saison 2022 marque une étape importante dans sa nouvelle carrière américaine, puisqu'il rejoint l'écurie prestigieuse Andretti Autosport. Après une première année d'apprentissage couronnée de succès, il participe désormais à l'intégralité du calendrier, y compris aux mythiques 500 miles d'Indianapolis. Cependant, le pilote français peine à trouver des réglages constants avec sa nouvelle équipe. Il réalise sa meilleure performance lors de la troisième manche du championnat, dans les rues de Long Beach, où il décroche la deuxième place à l'issue d'une course âprement disputée. Le reste de la saison est jalonné de courses frustrantes au milieu du peloton, d'erreurs de pilotage et d'incidents en piste qui génèrent parfois des frictions avec d'autres concurrents. Il parvient toutefois à décrocher quelques places d'honneur dans le top 10 lors de la tournée estivale, mais ne réussit pas à retrouver le chemin du podium. Il termine ce premier exercice complet en IndyCar à la treizième place du classement général.
Pour 2023, il poursuit sa carrière chez Andretti Autosport avec de grandes ambitions. Le début de championnat semble lui donner raison. Dès l'ouverture du championnat dans les rues de St. Petersburg, il s'élance de la pole position et domine une grande partie de l'épreuve, avant de se faire accrocher par le Néo-Zélandais Scott McLaughlin dans les derniers tours. Il se rattrape rapidement au printemps en enchaînant deux deuxièmes places consécutives, excellentes, à Long Beach puis à Barber, où il signe également une nouvelle pole position. Toutefois, la dynamique s'enraye brutalement à l'approche de l'été. Il enchaîne alors une longue série d'abandons dus à des accrochages en piste. Cette perte totale de régularité l'éloigne définitivement de la lutte pour le titre. Ses relations avec la direction de son équipe se détériorent face à ces résultats en demi-teinte et Andretti Autosport annonce, durant l'été, que son contrat ne sera pas renouvelé pour l'année suivante. Il conclut cette saison très contrastée à la treizième place du championnat.
La saison 2024 s'annonce comme un double défi sportif pour Romain, qui s'engage sur deux fronts majeurs. En monoplace, il reste en IndyCar et rejoint la modeste mais ambitieuse structure Juncos Hollinger Racing. Au sein de cette équipe dotée de moyens techniques plus limités, il revoit ses objectifs à la baisse. Il parvient toutefois régulièrement à hisser sa voiture dans le milieu du peloton lors des séances qualificatives. En course, il met à profit son expérience pour décrocher plusieurs arrivées méritoires dans le top 10.
Parallèlement, il effectue un retour remarqué dans le monde de l'endurance. Il est recruté par le constructeur Lamborghini pour piloter le nouveau prototype SC63 dans la catégorie reine Hypercar, au sein de la structure Iron Lynx. Il participe ainsi à plusieurs manches prestigieuses des championnats américain IMSA et mondial d'endurance WEC. Il retrouve notamment le mythique circuit des 24 Heures du Mans, où il se classe treizième.
Sans volant de titulaire en IndyCar pour la saison 2025, il devient pilote de réserve chez Prema. Il reste ainsi présent dans le championnat américain tout en cherchant à retrouver un volant à temps plein. En IMSA, il participe à cinq courses au volant de la Lamborghini SC63, mais la saison reste difficile, la voiture manquant de performance. Il obtient cependant une belle quatrième place lors de la course Petit Le Mans sur le circuit de Road Atlanta.
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