La carrière de Louis Chiron fut surtout importante avant la guerre. Dommage qu'en F1, le quinquagénaire n'ait pas bénéficié d'aussi bons résultats.
Louis dispute sa première course importante en 1926 pour l'écurie Bugatti, et remporte la victoire dès sa deuxième course. Il enchaîne alors les succès : six victoires en 1928, trois en 1929, deux en 1930 et une en 1931, dont le Grand Prix de l'ACF, puis une nouvelle victoire en 1932.
En 1933, Louis passe chez Alfa Romeo et remporte quatre courses, ajoutant trois victoires en 1934, dont le Grand Prix de l'ACF. Mais les redoutables firmes allemandes Auto-Union et Mercedes-Benz arrivent alors et vont tout rafler à partir de 1935. À partir de cette année d'ailleurs est instauré le championnat d'Europe des conducteurs de l'AIACR. Chiron termine neuvième en 1935 et dix-huitième en 1936, année où il passe chez Mercedes. En 1937, il passe aux voitures de sport et remporte le Grand Prix de l'ACF. Puis la guerre éclate en 1939 et l'Europe n'accueille plus de courses. En 1946, Chiron fait son retour en Formule 1 avec Talbot-Lago. Malgré son grand âge, Louis remporte trois autres victoires, dont le Grand Prix de l'ACF en 1947 et 1949, et multiplie les podiums en course. Puis arrive le championnat du monde.
Louis dispute sa première course, la première de l'histoire, à l'âge de 50 ans, alors que les pilotes d'aujourd'hui se sont largement retirés de la compétition. Avec une Maserati, il obtient son meilleur résultat à Monaco. Profitant d'un carambolage qui élimine neuf voitures, il se hisse sur la troisième marche du podium. Mais cette belle performance reste sans lendemain, car la voiture dont il dispose ne lui permet pas d'aller plus loin. En 1951, il court avec Talbot Lago, terminant sixième en France. En 1952, un accident à Pau l'oblige à imiter Fangio et à reprendre le volant en 1953. Courant avec OSCA, il ne fait pas de miracles. Louis court aussi en F2 et monte plusieurs fois sur le podium. En 1954, il court exclusivement en voitures de sport, puis revient en F1 en 1955, où il termine sixième lors du Grand Prix de Monaco, son dernier à l'âge impressionnant de 55 ans, 9 mois et 19 jours. Il essaiera de se qualifier pour le Grand Prix de Monaco 1958, mais sans succès.
Quelques années plus tard, Louis Chiron devient directeur de course du Grand Prix de Monaco et du rallye de Monte-Carlo, et se paie même le luxe de donner le départ du Grand Prix devant seize bolides prêts à foncer sur Sainte-Dévote !
Julien