Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Fernando ALONSO
 F.ALONSO
Alpine Renault

1055. Großer Preis

I Qatar Grand Prix
Nacht
Losail
Sonntag, 21. November 2021
57 Runden x 5.380 km - 306.660 km
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Alfa Romeo à l'heure chinoise

Alfa Romeo-Sauber a longtemps repoussé le choix de son second pilote en raison de son rachat avorté par Michael Andretti. En effet, si les tractations avaient abouti, le manager américain avait prévu de faire venir en Formule 1 son jeune protégé Colton Herta. L'affaire ayant capoté, Frédéric Vasseur a face à lui trois candidats: l'Australien Oscar Piastri, le Chinois Guanyu Zhou, tous deux membres de l'Académie Alpine et en bagarre pour le titre en Formule 2, ainsi que le jeune Français Théo Pourchaire, sous contrat avec Sauber. Vasseur écarte rapidement l'hypothèse Pourchaire: le natif de Grasse, âgé de seulement 18 ans, roulait il y a encore dix-huit mois en Formule 4 et manque d'expérience pour faire le grand saut en F1. Du coup, les négociations ne concernent plus que Laurent Rossi et Frédéric Vasseur. Le patron d'Alpine fait savoir à son homologue et compatriote qu'il entend conserver Oscar Piastri et en faire le pilote de réserve du Alpine F1 Team en 2022. En revanche, il accepte de libérer Guanyu Zhou. C'est ainsi que celui-ci deviendra le premier Chinois à piloter en Grand Prix. Vasseur ne dissimule pas que Zhou a en partie été choisi pour sa nationalité. La Chine est en effet un des marchés les plus importants pour Alfa Romeo.

 

Antonio Giovinazzi réagit avec colère à son éviction. Le sourcilleux Italien estime n'avoir jamais démérité au cours de ses trois saisons chez Alfa Romeo-Sauber, parvenant même assez souvent à prendre le dessus sur Kimi Räikkönen. Mais il n'a aussi inscrit que 19 points lors de ces dernières années, contre 57 pour son coéquipier. Souvent rapide aux essais, Giovinazzi concrétise rarement en course et commet des fautes de pilotages plus souvent qu'à son tour, même s'il a terminé toutes les courses de la saison 2021. Amer, il dénonce sur son compte Twitter « une F1 impitoyable, dominé par l'argent-roi ». Giovinazzi a néanmoins déjà trouvé un point de chute puisqu'il participera à la prochaine saison de Formule E avec l'équipe américaine Dragon-Penske. Enfin, Alfa Romeo-Sauber conserve Robert Kubica comme pilote de réserve pour 2022.

 

Présentation de l'épreuve

Quelques jours à peine après le Grand Prix de São Paulo, le paddock parcourt 12 000 kilomètres pour rejoindre Doha et participer au premier Grand Prix du Qatar de Formule 1. Cette épreuve a été rajoutée suite à l'annulation du Grand Prix d'Australie pour la seconde année consécutive, toujours en raison des risques que feraient courir la pandémie de la Covid-19. Le continent des kangourous vient tout juste de rouvrir ses frontières, fermées depuis un an et demi, et veut à tout prix éviter une épidémie sur son sol, d'où l'annulation de cette grande messe du sport automobile. La FIA et Liberty Media ont trouvé une solution de rechange avec le Qatar qui possède avec le circuit de Losail un tracé internationalement reconnu, théâtre d'un Grand Prix motocycliste depuis 2004. Cet événement vient combler un angle mort de la stratégie politico-économico-sportive de l'émirat du Golfe, extrêmement présent dans le football (il organisera la Coupe du Monde en 2022), le tennis ou les sports hippiques, mais qui jusqu'ici n'avait jamais su attirer la Formule 1. Un contrat de dix ans lie désormais les deux parties, et si le Qatar n'a pas trouvé sa place au calendrier 2022, il devrait refaire son apparition en 2023. À noter que, comme les autres courses dans le Golfe persique, ce Grand Prix du Qatar se déroulera la nuit.

 

Construit à proximité de Doha, dans la ville nouvelle de Losail, ce circuit est principalement connu des motards puisqu'il a accueilli de nombreuses épreuves de Moto GP et de Superbike. Seuls Sergio Pérez et Nikita Mazepin y ont déjà couru, au début de leur carrière, le premier en GP2 Asie et le second en MFR Challenge. Cette épreuve est donc un saut dans l'inconnu, mais les simulateurs ont permis aux écuries de l'appréhender. Losail est un tracé comprenant presque exclusivement des courbes rapides et réclame par conséquent beaucoup d'appui aérodynamique. Partant, les bolides auront du mal à se suivre en raison des turbulences, et il sera difficile de dépasser en dehors de la zone d'activation du DRS, située sur la ligne droite de départ-arrivée. En outre, ces fameuses grandes courbes, associées à la chaleur, feront aussi souffrir les pneumatiques. Le problème des dépassements hors limites ne se posera pas ici puisque la piste est bordée de bacs à sable. En revanche, sa délimitation fera l'objet de plusieurs redéfinitions au cours du week-end. A compter du samedi, la frontière est fixée au niveau des vibreurs et non plus de la ligne blanche. Le souci est que ces mêmes trottoirs, apparemment anodins, vont se révéler très piégeux: Mazepin, Norris et Leclerc y endommagent leurs châssis au cours des deux journées d'essais.

 

Ces nouvelles étapes du « F1 Circus » au Qatar puis, deux semaines plus tard, en Arabie saoudite, suscitent de sévères critiques de la part des défenseurs des droits de l'homme, car ces deux pétromonarchies islamiques sont très loin d'être des modèles en termes de démocratie et de tolérance. Le Qatar est ainsi dénoncé pour les conditions inhumaines subites par les travailleurs africains et asiatiques recrutés pour construire les stades qui accueilleront la Coupe du Monde de football. Certaines ONG ont même évoqué une forme moderne d' « esclavagisme ». Face à ces scandales, la Formule 1 demeure muette. Certes, Lewis Hamilton et Sebastian Vettel, chevaliers blancs des nouveaux combats « progressistes », font part de leur souci devant les atteintes aux « droits humains » commis par ces États du Golfe, mais sans jamais exprimer à quoi ils font illusion. Cependant Hamilton arbore ce week-end un casque aux couleurs de l'arc-en-ciel afin de soutenir les combats des personnes « LGBT ».

 

L'incident ayant opposé Max Verstappen à Lewis Hamilton au 48ème tour du Grand Prix de São Paulo rebondit le 16 novembre 2021 lorsque la fédération publie la vidéo de la caméra embarquée du Néerlandais. Celle-ci démontre qu'à l'entame de la courbe du lac, le Néerlandais a manqué la corde avec l'objectif probable de pousser son assaillant hors des limites de la piste, ce qui est en théorie interdit par le règlement. Mercedes se saisit de ce nouvel élément pour déposer une « demande en révision » afin que l'affaire soit de nouveau examinée par les commissaires sportifs, à l'instar de ce qu'avait fait Red Bull après l'accrochage ayant opposé ces mêmes pilotes à Silverstone. Toto Wolf ne cache pas qu'il souhaite que Verstappen soit puni pour cette manœuvre tendancieuse. L'audience se tient le jeudi 18 novembre à Doha, par visioconférence. Le verdict, délivré le lendemain, déboute sans surprise Mercedes. Dans leur rapport, les commissaires admettent certes la pertinence de l'examen de ces nouvelles images, mais ils leur dénient tout caractère « significatif » car elles ne révéleraient aucun élément qui ne pouvait être aperçu sur un autre angle de caméra. Pour résumer, cette vidéo montre que Verstappen a braqué tardivement mais ne prouve pas le caractère intentionnel de ce geste.

 

Ce raisonnement apparaît assez spécieux, et il est certain que la FIA n'a pas souhaité entretenir une polémique supplémentaire. Du reste, Toto Wolff déclare qu'il n'attendait rien de cette audience. De son côté, Christian Horner salue une décision qui « évite d'ouvrir une boîte de Pandore sur tout un tas d'autres incidents ». Helmut Marko, toujours plus virulent que son acolyte, qualifie la réclamation de Mercedes d'« inutile et stupide » Reste que la politique fédérale en matière de sanction est devenue complétement illisible. Officiellement, Michael Masi laisse aux pilotes la bride sur le cou avec la doctrine du « let them race » (laissez-le courir). Mais dans les faits, certains contacts a priori assez anodins, tel celui ayant opposé Fernando Alonso et Pierre Gasly au départ du GP de Turquie, font l'objet de sanctions, alors que d'autres, aux conséquences plus importantes, ne donnent même pas lieu à une enquête, comme par exemple la récente collision entre Daniel Ricciardo et Valtteri Bottas à Mexico. À cela s'ajoute l'épineuse question du franchissement des limites de la piste qui suscite chaque week-end d'interminables controverses fondées sur des arguties. Les pilotes réclament plus de clarté à ce sujet. En outre, afin d'éviter des incidents comme celui de São Paulo, beaucoup estiment nécessaire de remettre des bacs à graviers autour des pistes, afin que plus personne ne soit tenté de franchir les lignes blanches ou d'y pousser son adversaire.

 

Ce chapitre est à peine refermé que Christian Horner remet sur le tapis l'affaire de l'aileron arrière mobile de la Mercedes de Lewis Hamilton qui avait valu à celui-ci une disqualification au Brésil. Le directeur de Red Bull sous-entend que, contrairement aux allégations de l'équipe anglo-allemande, l'ouverture excessive de cet élément constatée huit jours plus tôt n'était pas le fruit de dégâts mais bien intentionnelle. Selon lui, c'est le DRS, et non plus le moteur, qui explique le regain de forme des Mercedes depuis cet été. « C'est un fait, il suffit de regarder les données, les vitesses de pointe que Mercedes a pu atteindre lors des deux dernières courses », assène Horner. « À Mexico, ils étaient 14 km/h plus rapides que nous, et 27 km/h au Brésil. Il y a eu un changement important et la vitesse de pointe des Mercedes est devenue de plus en plus grande. Nous avons repéré des marques de frottement suspectes sur les dérives de leur aileron. C'est une solution intelligente et le tout est désormais de savoir si elle est légale. » Horner brandit la menace d'une réclamation qui pourrait être déposée dès ce GP du Qatar, et se fait un malin plaisir de rappeler que Mercedes avait protesté plus tôt dans la saison contre l'aileron arrière de la Red Bull.

 

Bien entendu, Mercedes conteste cette accusation. « Red Bull ne veut tout simplement pas passer à autre chose ! » réplique Andrew Shovlin, directeur de l'ingénierie. « Pour notre part, nous sommes tout à fait heureux de notre voiture. Nous avons invité la fédération à venir l'examiner autant qu'elle le souhaitait et elle n'a déniché aucun problème avec notre design. » Samedi 20 novembre, Toto Wolff affirme que la cause de la défaillance du DRS de Hamilton a été identifiée: deux vis desserrées auraient généré cette légère béance du côté droit de l'aileron. Bien sûr, Christian Horner n'en croit rien. Cependant, cette ambiance de guérilla permanente entre Red Bull et Mercedes pèse sur les esprits. « On se prend des mortiers sur la figure... mais nous en envoyons aussi, je crois », plaisante Shovlin. Reste que l'on peut se demander si, au train où vont les choses, le dénouement de cette passionnante saison aura lieu sur la piste ou dans un prétoire...

 

Ce week-end, Mercedes retire le nouveau moteur « vitaminé » qui avait été monté sur la monoplace de Lewis Hamilton au Brésil. Ce bloc aux performances surprenantes est préservé pour les dernières épreuves en Arabie saoudite et à Abou Dhabi, et en conséquence le pilote britannique utilisera au Qatar son ancien modèle, supposé délivrer moins de chevaux.

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi, Verstappen réalise le premier chrono de référence sur ce tracé (1'23''723''') avec une large avance sur un étonnant Gasly. Hamilton est victime d'une courte perte de puissance et ne signe que le quatrième temps. La seconde séance libre se déroule à la nuit tombée. Mercedes émerge grâce à Bottas (1'23''148'''). Décidément en grande forme, Gasly obtient une fois encore la seconde place. Samedi après-midi, les Mercedes confirment leur ascendant lors de la troisième séance libre, et de nouveau Bottas précède Hamilton.

 

Samedi soir, dans une douce atmosphère, Hamilton survole la session qualificative et réalise sa quatrième pole position de la saison (1'20''827'''). Bottas est en revanche mécontent du comportement de sa Mercedes qu'il estime instable au premier tournant. Il signe le troisième temps, puis est pénalisé de trois places car il n'a suffisamment levé le pied en fin de séance tandis que Gasly était arrêté sur le circuit. Le Finlandais se retrouve sixième. Verstappen réalise le deuxième chrono avec sa Red Bull-Honda, à près d'une demi-seconde de Hamilton. Cependant, comme Bottas, il omet de ralentir lors de l'incident touchant Gasly, qui plus est alors qu'est brandi un double drapeau jaune. Le Néerlandais écope d'une pénalité de cinq places et recule au septième rang. Grosse déception pour Pérez (11ème) qui ne parvient pas à faire chauffer ses gommes et cale dès la Q2. Gasly confirme l'excellente tenue de son AlphaTauri et se classe brillant quatrième, mais ne peut effectuer qu'un seul tour en Q3 car il brise son aileron sur un vibreur et souffre immédiatement d'une crevaison. Il stoppe sur le bas-côté et crée la confusion évoquée plus haut. Néanmoins, les sanctions appliquées à Verstappen et à Bottas lui permettent de se retrouver en première ligne aux côtés de Hamilton, pour la première fois de sa carrière. Son collègue Tsunoda (8ème) se montre à son avantage. Les Alpine-Renault sont ici très rapides: Alonso signe un beau cinquième temps, puis est propulsé à la troisième place grâce aux pénalités précitées. C'est sa meilleure qualification en 2021. Ocon (9ème) le suit à 4/10e.

 

Les McLaren-Mercedes ne semblent pas apprécier les courbes rapides de Losail. Norris (4ème) s'en tire néanmoins avec les honneurs tandis que Ricciardo (14ème) ne voit pas le jour, une fois de plus. Chez Ferrari, Sainz (6ème) est le seul pilote à sortir de la Q2 en pneus médiums. Il est toutefois convoqué chez les commissaires car il est soupçonné de ne pas avoir respecté les drapeaux jaunes en fin de séance, mais il se justifie et échappe à toute sanction. Son équipier Leclerc (13ème) souffre d'un grave manque d'adhérence, généré par une fissure sur son châssis qui devra être remplacé. Vettel (10ème) parvient à atteindre la dernière manche avec son Aston Martin-Mercedes. Stroll (12ème) est un peu plus en retrait et a souffert la veille d'une panne hydraulique. Russell (15ème) parvient à s'extirper de la Q1 en dépit d'une Williams-Mercedes de plus en plus médiocre, ce que ne parvient pas à accomplir Latifi (17ème). Les Alfa Romeo (Räikkönen 16ème, Giovinazzi 18ème) sont bien équilibrées mais tout simplement trop lentes pour briller ici. Enfin, chez Haas, Mazepin (20ème) remplace son châssis après un choc sur les vibreurs lors de la première séance libre, puis manque les deux autres entraînements en raison de problèmes mécaniques. Il signe le dernier temps, à deux secondes de son équipier Schumacher (19ème).

 

Le Grand Prix

Dimanche soir, les tribunes du circuit de Losail sont garnies de spectateurs pour la plupart européens. On déniche ainsi une petite colonie hollandaise venue encourager Max Verstappen. Le président de la FIFA Gianni Infantino rencontre son homologue de la FIA Jean Todt, et présente à l'émir Tamim ben Hamad Al Thani le trophée de la Coupe du Monde de football qui aura lieu ici même un an plus tard. La nuit est chaude sur Losail et les stratégies sont très variées. Hamilton, Sainz, Bottas, Verstappen, Pérez, Stroll, Leclerc et Ricciardo partent en pneus médiums (C2), Gasly, Alonso, Norris, Tsunoda, Ocon, Vettel, Russell, Räikkönen, Latifi, Giovinazzi et Schumacher en pneus tendres (C3). La plupart des écuries tablent sur deux pit-stops, au cours desquels ils prendront de la gomme dure (C1), mais certaines, comme Alpine, McLaren, Aston Martin ou Ferrari, prévoit un seul arrêt.

 

Départ: Hamilton démarre idéalement et conserve l'ascendant devant Gasly qui a bénéficié de son aspiration. Plus loin, Verstappen se défait de Sainz et de Norris, puis tente en vain de surprendre Alonso au second tournant. Bottas réalise un départ calamiteux et tombe au onzième rang.

 

1er tour: Alonso se porte à la hauteur de Gasly et le dépasse au quatrième virage. En fin de parcours, Hamilton mène devant Alonso, Gasly, Verstappen, Norris, Ocon, Sainz, Tsunoda, Stroll et Pérez

 

2e: Verstappen se montre menaçant derrière Gasly. Pérez déborde Stroll.

 

3e: Hamilton compte deux secondes d'avance sur Alonso. Gasly sous-vire en attaquant le dernier tournant et sort large, ce qui permet à Verstappen de prendre sa roue.

 

4e: Verstappen ouvre son aileron arrière et dépasse Gasly au passage de la ligne de chronométrage. Il prend ensuite Alonso en chasse.

 

5e: Verstappen dépasse sans peine Alonso au premier virage. Le voici déjà second, à quatre secondes de Hamilton. Pérez efface Tsunoda.

 

6e: Hamilton mène devant Verstappen (4s.), Alonso (8.5s.), Gasly (10.2s.), Norris (11.5s.), Ocon (12.5s.), Sainz (14s.), Pérez (14.6s.), Tsunoda (17.8s.), Stroll (18.4s.), Bottas (19s.) et Leclerc (20.3s.).

 

7e: Pérez prend l'aspiration de Sainz, en dépit des louvoiements de ce dernier, et se décale à l'extérieur au premier virage. Le Mexicain roule sur la partie poussiéreuse de la piste et Sainz reprend l'ascendant en conservant sa trajectoire.

 

8e: Verstappen a légèrement endommagé son aileron sur un vibreur et déplore du sur-virage. Pérez réalise l'extérieur sur Sainz au virage n°1 et cette fois s'impose sans problème. Bottas bute sur Stroll, ce qui lui vaut un coup de semonce radiophonique de la part de Toto Wolff lui-même.

 

9e: Hamilton précède Verstappen de cinq secondes. Alonso a semé Gasly, désormais menacé par Norris. Pérez se défait aisément d'Ocon. Le voici sixième. Tsunoda est débordé dans la longue ligne droite par Stroll à l'extérieur, puis par Bottas à l'intérieur. Le Japonais rejoint ensuite les stands pour remplacer ses gommes, déjà endommagées.

 

10e: Bottas prend enfin l'ascendant sur Stroll. Räikkönen passe aux stands à l'issue de cette boucle pour prendre des gommes médiums.

 

11e: Hamilton est en tête devant Verstappen (5.5s.), Alonso (20s.), Gasly (23s.), Norris (23.5s.), Pérez (24.5s.), Ocon (25.5s.), Sainz (27.7s.), Bottas (30s.) et Stroll (31s.).

 

12e: Les pneus tendres de Gasly commencent à s'effondrer. Norris dépasse le Français au premier tournant.

 

13e: L'avance de Hamilton sur Verstappen grimpe à six secondes. Pérez dépasse Gasly sur la ligne de chronométrage.

 

14e: Gasly fait halte chez AlphaTauri pour chausser les gommes médiums (2.4s.) et chute ainsi au 18ème rang.

 

15e: Hamilton améliore le record du tour (1'27''779'''). Bottas prend l'ascendant sur Sainz. Changement de pneus pour Giovinazzi.

 

16e: Hamilton porte son avantager sur Verstappen à huit secondes. Pérez déborde Norris.

 

17e: Bottas passe devant Ocon. Les enveloppes de Verstappen crient grâce et le Néerlandais passe aux stands pour s'emparer de pneus durs (2.2s.). Il parvient à repartir devant Alonso. Russell et Latifi effectuent ce qui doit être leur unique pit-stop.

 

18e: Hamilton aurait souhaité demeurer en piste, mais Mercedes le rappelle pour couvrir la stratégie de Verstappen. Le Britannique prend des gommes dures (2.3s.) et retrouve la piste dix secondes devant son rival.

 

19e: En début de tour, Hamilton devance Verstappen (9.6s.), Alonso (11.4s.), Pérez (14s.), Norris (18.2s.), Bottas (19.2s.), Ocon (21.8s.), Sainz (23.8s.), Stroll (24.6s.), Leclerc (26.1s.), Ricciardo (29s.) et Vettel (36s.).

 

20e: Pérez chausse à son tour les pneus blancs (2.7s.) et reprend la piste en douzième position. Bottas est revenu sur Norris.

 

22e: Pérez tente l'extérieur contre Vettel au premier virage, mais il sort très large et le pilote allemand reprend le dessus au tournant suivant. Arrêt de Schumacher.

 

23e: Verstappen tourne en 1'27'079''' et revient à sept secondes de Hamilton. Alonso passe chez Alpine et prend des pneus durs avec lesquels il espère achever la course (2.7s.). Stroll se saisit de la même gomme chez Aston Martin (4.1s.). Pérez se débarrasse de Vettel au premier freinage.

 

25e: Norris s'empare des gommes dures (2.4s.) et glisse derrière Gasly. Ocon chausse le même composé et, comme son équipier, ira au bout de l'épreuve avec ceux-ci. Pérez passe devant Ricciardo.

 

26e: Ricciardo chausse les gommes blanches. L'Australien est transparent car il a reçu consigne de limiter sa consommation. Vettel s'empare aussi des Pirelli durs.

 

27e: Hamilton possède sept secondes de marge sur Verstappen. Alonso dépasse Leclerc qui n'a pas encore stoppé. Pérez rejoint ensuite le Monégasque et le double non sans mal entre les virages n° 6 et 7.

 

28e: Sainz et Leclerc se succèdent au stand Ferrari pour prendre chacun des enveloppes dures.

 

29e: Pérez ouvre son DRS et contourne Alonso par l'extérieur au premier tournant. Les deux pilotes passent cet enchaînement côte à côte, mais le Mexicain s'impose au deuxième virage.

 

30e: Hamilton précède Verstappen (7s.), Bottas (30.7s.), Pérez (50.2s.), Alonso (52s.), Gasly (1m.), Norris (1m. 05s.), Ocon (1m. 06s.), Stroll (1m. 09s.), Sainz (1m. 11s.) et Tsunoda (1m. 15s.). Räikkönen effectue son second pit-stop et choisit les pneus durs.

 

31e: Hamilton rencontre les attardés Giovinazzi et Vettel. Mazepin achève son premier relais et repart curieusement avec les gommes tendres.

 

33e: Abordant le virage n°8, Bottas est victime d'une soudaine crevaison à l'avant-gauche et sort dans les graviers. Le Finlandais rejoint difficilement la piste. Son aileron traîne au sol et génère force étincelles.

 

34e: Bottas fait remplacer son museau et chausse les gommes dures, puis redémarre en 14ème position. Seconds arrêts de Tsunoda et Giovinazzi.

 

35e: Gasly doit subir son second pit-stop en raison de l'état de ses pneus. Il chausse les enveloppes médiums et recule en onzième position.

 

36e: Hamilton devance Verstappen (7.2s.), Pérez (57s.), Alonso (1m. 08s.), Norris (1m. 10s.), Ocon (1m. 12s.), Stroll (1m. 14s.), Sainz (1m. 19s.), Leclerc (1m. 27s.), Vettel (-1t.), Gasly (-1t.) et Ricciardo (-1t.).

 

38e: Hamilton accroît de nouveau son avantage sur Verstappen, repoussé à huit secondes.

 

40e: Verstappen se plaint de vibrations sur ses pneus avant. Red Bull se prépare à le rappeler une seconde fois.

 

42e: Verstappen stoppe chez RBR et s'empare d'un jeu de pneus médiums (2.3s.). Pérez le suit de peu et fixe également des pneus jaunes (2.5s.). « Checo » se retrouve septième.

 

43e: Hamilton fait halte chez Mercedes et prend des Pirelli médiums (2.3s.) sans perdre le commandement. Bottas passe devant Ricciardo. Pérez abaisse le record du tour (1'25''747'').

 

44e: Hamilton est premier devant Verstappen (8.5s.), Alonso (45s.), Norris (51s.), Ocon (59s.), Stroll (1m. 02s.), Pérez (1m. 04s.), Sainz (1m. 09s.), Leclerc (1m. 11s.), Vettel (1m. 19s.), Gasly (1m. 21s.) et Bottas (-1t.).

 

45e: Hamilton s'empare du meilleur chrono (1'25''295''''). Pérez dépasse facilement Leclerc. Ocon sera sa prochaine cible, mais celui-ci a tout intérêt à retenir le Mexicain pour l'empêcher de revenir sur Alonso.

 

46e: Verstappen ressaisit le point du meilleur temps (1'25''030''').

 

47e: Pérez dépasse Ocon au premier virage. Le jeune Français se maintient néanmoins à la hauteur de la Red Bull jusqu'au quatrième tournant, où il doit céder. Pérez se lance à la poursuite de Norris.

 

48e: Hamilton devance Verstappen (9s.), Alonso (50s.), Norris (58.3s.), Pérez (1m. 05s.), Ocon (1m. 08s.), Stroll (1m. 09s.), Sainz (1m. 11s.), Leclerc (1m. 13s.) et Vettel (-1t.).

 

49e: Norris est frappé d'une crevaison et doit changer de pneus pour la seconde fois. L'Anglais tombe au onzième rang. Douzième et n'ayant plus à gagner dans cette course, Bottas met pied à terre afin d'économiser du kilométrage.

 

50e: Hamilton réalise son meilleur chrono de la soirée (1'24''084'''). Russell subit à son tour une crevaison à l'avant-gauche. Le jeune Anglais rejoint péniblement son stand pour changer de pneus.

 

51e: L'épidémie de crevaisons se poursuit: le pneu avant-gauche de Latifi déchape à l'entame de la ligne droite principale. Le Canadien se traîne jusqu'au virage n°6, où il se gare dans l'échappatoire.

 

52e: Les pilotes n'ayant effectué qu'un seul arrêt se préoccupent beaucoup de la faiblesse de leurs pneus avant. C'est notamment le cas d'Alonso qui voit Pérez revenir à neuf secondes. Plus loin, Ocon emmène un quatuor comprenant Stroll, Sainz et Leclerc.

 

53e: Hamilton précède Verstappen (7.4s.), Alonso (56s.), Pérez (1m. 04s.), Ocon (1m. 16s.), Stroll (1m. 17s.), Sainz (1m. 18s.), Leclerc (1m. 19s.), Vettel (-1t.), Norris (-1t.), Gasly (-1t.) et Ricciardo (-1t.).

 

54e: Verstappen s'empare du record du tour (1'24''031'''). Norris prend la neuvième place à Vettel.

 

55e: Pérez gagne une seconde par tour sur Alonso qui déplore un pneu avant-gauche très altéré. Schumacher subit une embardée dans l'avant-dernier virage et se réinsère juste sous le nez de l'Espagnol qui en est quitte pour une frayeur. A cet instant, Michael Masi déclenche la procédure de « voiture de sécurité virtuelle » afin qu'une grue ôte la Williams de Latifi.

 

56e: Verstappen fait halte chez Red Bull pour chausser des pneus tendres, avec pour objectif d'améliorer le record du tour.

 

57ème et dernier tour: Le drapeau vert est brandi au début de cette ultime boucle. Rien ne viendra bouleverser le classement jusqu'au drapeau à damiers.

 

Lewis Hamilton remporte le premier Grand Prix du Qatar de F1. Verstappen termine second et empoche le point du meilleur tour, amélioré dans cette ultime boucle (1'23''196'''). Alonso, troisième, grimpe sur son premier podium avec Alpine. Pérez échoue à la quatrième place. Ocon termine excellent cinquième. Stroll (6e) obtient son meilleur résultat en 2021. Les Ferrari de Sainz (7e) et de Leclerc (8e) empoche dix précieux points. Norris se classe neuvième, Vettel dixième. Parti en première ligne, Gasly est seulement onzième. Suivent Ricciardo, Tsunoda, Räikkönen, Giovinazzi, Schumacher, Russell et Mazepin.

 

Après la course

Pirelli ouvre une enquête sur les quatre crevaisons survenues en fin d'épreuve, mais celle-ci écarte d'emblée toute défaillance technique: selon Mario Isola, les écuries se sont montrées imprudentes en laissant trop longtemps en piste leurs pilotes munis de pneus usés. Le représentant du manufacturier italien affirme avoir préconisé deux arrêts et ne pas avoir été entendu par tout le monde. La tactique s'est révélée payante pour certains teams, comme Alpine ou Aston Martin, et désastreuse pour d'autres, telle Williams...

 

Cette soirée qatarie fut excellente pour Lewis Hamilton qui n'a jamais été inquiété et revient à seulement huit points de Max Verstappen au championnat des pilotes. Le match est entièrement ouvert à deux épreuves du terme de la saison, et Hamilton s'inscrit dans une dynamique très positive. « J'étais tout seul devant, mais j'aime bien quand cela se passe de cette façon », dit-il avec malice. « Nous avons gagné deux courses d'affilée et c'est une bonne chose à ce stade de l'année. Je ne me suis jamais senti aussi en forme de toute la saison. Je me sens détendu... » Le « Covid long » dont souffrait le Britannique et l'épuisait régulièrement aurait-il disparu ? Quant à son adversaire Max Verstappen, il se contente de cette deuxième place, conquise de haute lutte dès les premiers tours: vue la supériorité de la Mercedes, il ne pouvait pas espérer mieux.

 

Si Hamilton et Verstappen affichent une relative sérénité, il n'en va pas de même de leurs patrons respectifs qui n'en finissent plus de s'écharper par micros interposés. Après avoir passé le week-end à jeter la suspicion sur le DRS de Mercedes, Christian Horner a franchi une limite en qualifiant de « voyou » (« rogue marshal » en version originale) le commissaire de piste qui avait brandi samedi soir un double drapeau jaune devant son pilote. Le patron de RBR est pour cela réprimandé par le pouvoir sportif. « Je suis franc, je dis ce que je pense », se défend Horner, avant d'ajouter une nouvelle pique: « J'ai beaucoup de respect pour le travail accompli par Hamilton et Mercedes. Mais je n'ai pas besoin pour autant de dîner avec Toto Wolff et de lui baiser le c*ul ! » Le dirigeant de Mercedes n'est pas en reste, quoique plus élégant: « Naguère, notre combat pouvait s'assimiler à de la boxe olympique. Nous sommes passés depuis à la boxe pro et, désormais, c'est du MMA ! On va jouer des coudes et enlever les gants. » Tant que ce pugilat ne déborde pas sur la piste...

 

En finissant troisième à Losail, Fernando Alonso grimpe sur son premier podium en Formule 1 depuis le GP de Hongrie 2014 ! Une disette de sept ans qui n'a en rien altéré sa soif de vaincre. Le jeune quadragénaire a mené une course sensationnelle, conservant un rythme constant, y compris en fin d'épreuve, tandis que ses gommes étaient passablement endommagées. « Fernando a une incroyable science de la course. Il est à nul autre pareil dans son implication comme dans sa motivation », s'extasie son équipier Esteban Ocon. Les quelques doutes qu'avait fait naître un début de campagne 2021 assez médiocre sont depuis longtemps balayés. Alonso n'a rien perdu de son talent, ni de sa hargne, et ne s'interdit aucune ambition pour l'avenir: « J'ai mis du temps à me remettre à niveau, explique-t-il, mais je suis un autre homme qu'en début d'année. Quant au futur, je ne peux pas le prédire. J'aimerais bien me battre contre Hamilton ou Verstappen. Tout dépendra du niveau de l'Alpine en 2022. Si elle est meilleure que celle de cette saison, je suis prêt... »

 

Grâce à une stratégie à un seul arrêt audacieuse mais clairvoyante, Alpine-Renault conquiert vingt-cinq points au Qatar et s'assure de fait de la cinquième place au championnat des constructeurs, puisque sa rivale AlphaTauri repart bredouille. Parti respectivement second et huitième, Pierre Gasly et Yuki Tsunoda ont dégringolé aux onzième et treizième rangs ! Cette débâcle semble due à une mauvaise exploitation des pneumatiques. « Nous n'avions aucun rythme », déplore Gasly. « Je n'ai réussi à rester dans le sillage d'Alonso que pendant cinq tours. Après, je surchauffais mes pneus avant à la moindre attaque. Le même phénomène s'est produit avec les enveloppes neuves... Nous avons changé l'aileron arrière et le fond plat hier soir, peut-être est-ce une explication. Mais cela est très frustrant. » Comme Ferrari a conquis la troisième place du championnat des constructeurs au détriment de McLaren, la dernière bataille de cette compétition demeure la plus excitante: cinq petits points séparent encore Mercedes (546,5 pts) et Red Bull-Honda (541,5 pts).

Tony