Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda

1012. Großer Preis

XII Singapore Grand Prix
Nacht
Singapour
Sonntag, 22. September 2019
61 Runden x 5.063 km - 308.706 km
(Offset: 137 m)
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A l'issue de son arrêt au stand, Charles Leclerc à la mauvaise surprise de voir Sebastian Vettel le dépasser.

La F1 de 2021: mini-courses et maxi-artifices

Les responsables de la FIA et de Liberty Media se creusent toujours les méninges afin de révolutionner la Formule 1 à l'horizon 2021. Leur dernière idée en date concerne la grille de départ du Grand Prix qui, selon eux, devrait dorénavant être déterminée par une « mini-course » qualificative se déroulant le samedi, comme dans les formules de promotion. Ce projet n'est pas neuf: il a été avancé pour la première fois par Jean-Marie Balestre et Bernie Ecclestone en 1986. Ceux-ci s'étaient heurtés en leur temps à la ferme opposition des constructeurs. En 2019, Jean Todt et Chase Carey semblent s'être montrés plus persuasifs que leurs prédécesseurs, puisque Mattia Binotto affirme en marge du GP de Singapour que les dix écuries ont donné leur accord pour adopter ce système. Reste à savoir comment sera déterminé l'ordre de départ de cette première course du samedi. On propose pour cela d'établir des grilles retournées: les pilotes s'élanceraient dans l'ordre inverse du classement du championnat du monde. Une suggestion que Lewis Hamilton et Sebastian Vettel qualifient de« stupidité totale ».

 

Autre sujet de réflexion pour les dirigeants de la F1: celui des sanctions à appliquer en cas de dépassement du quota alloué d'éléments du groupe de propulseur ou de boîtes de vitesses. Il s'agit de trouver une alternative aux places de pénalité sur la grille de départ qui dénaturent constamment l'exercice des qualifications. La Commission F1 explore la piste des lests à distribuer selon une échelle graduée, par exemple: 5kg pour un turbo, 15 kg pour un changement complet du moteur. Mais cette idée hérisse les directeurs d'équipe qui craignent que ce surcroît de poids ne ruine tout simplement la course du pilote incriminé alors que, dans le cas de figure actuel, celui-ci peut toujours effectuer une remontée. Cyril Abiteboul avance au nom de Renault une autre idée: infliger une pénalité de temps qui serait purgée en course durant l'arrêt aux stands obligatoire.

 

Transferts: Kubica quitte Williams - Haas prolonge Grosjean - Hülkenberg chômeur

La 19 septembre, Robert Kubica annonce lui-même qu'il quittera Williams à la fin de la saison. Le Polonais s'épargne ainsi l'humiliation d'un renvoi pur et simple devenu inévitable au regard de ses performances très médiocres. Nul ne lui enlèvera le courage et la volonté dont il a fait preuve pour revenir au plus haut niveau du sport automobile, huit ans après l'accident qui lui a quasi coûté l'usage d'une main. Mais hélas il ne s'est pas montré à la hauteur de la situation. Certes peu servi par une Williams-Mercedes FW42 catastrophique, il a constamment été écrasé par son jeune coéquipier, le néophyte George Russell, au point de lui concéder régulièrement entre sept dixièmes et une seconde au tour. Un déficit absolument rédhibitoire en Formule 1. Néanmoins, Kubica ne tire pas un trait sur les Grands Prix et garde l'espoir (très mince) de retrouver un volant en 2020. « Depuis mon retour en F1, je souhaite y rester », assure-t-il. « Mon objectif cette année était de rester en F1, mais bien sûr pas à n'importe quel prix. Être de retour après tout ce temps n'est pas facile, surtout dans une situation difficile comme la nôtre. Dorénavant, je pense devoir faire ce qui me redonnera la joie de la course. » Sauf coup de théâtre, le successeur de Kubica devrait être le Canadien Nicholas Latifi, déjà essayeur chez Williams, et actuel second du championnat du monde de F2.

 

Haas F1 Team officialise le 18 septembre la reconduction de Kevin Magnussen et de Romain Grosjean pour la saison 2020. Si la prolongation du Danois était certaine, celle du Franco-Suisse paraissait bien compromise. Il n'a en effet inscrit que huit points cette saison contre dix-huit pour son coéquipier. Guenther Steiner a songé le remplacer par Nico Hülkenberg, récemment évincé par Renault. Mais Grosjean garde quelques atouts dans sa manche. D'abord, il peut se prévaloir de sa grande expérience et de sa connaissance parfaite de l'écurie qu'il fréquente depuis son apparition en 2016. C'est lui qui a poussé le staff technique à évaluer sur plusieurs week-end les versions A et B de la VF-19, avec bonheur. De plus, il n'a pas commis cette saison les nombreuses erreurs dont on pouvait lui faire grief en 2018. Enfin et surtout, Haas n'est pas certaine de demeurer en F1 au-delà de 2020, car le règlement 2021 pourrait remettre en cause son modèle de développement. Or Grosjean est le seul pilote de ce niveau à accepter un engagement très court d'une seule saison...

 

La prolongation de Romain Grosjean par Haas va sans doute contraindre Nico Hülkenberg à migrer vers une autre discipline. À 32 ans, l'Allemand peut pourtant se prévaloir d'une solide expérience, mais il semblerait que son heure soit passée. Du reste, il n'a les moyens de s'acheter un baquet en fond de grille. « Je ne resterai pas en F1 à n'importe quel prix », assure-t-il. Hülkenberg a toutefois osé cogner à la porte de Red Bull qui l'a poliment éconduit. Il espère encore obtenir un volant chez Alfa Romeo, mais selon toute vraisemblance Kimi Räikkönen et Antonio Giovinazzi seront conservés par l'équipe italo-suisse. Avec le recul, le timide Hülkenberg s'aperçoit qu'il n'a pas toujours su se mettre en avant pour faire progresser sa carrière, même s'il est moins inhibé que jadis. « J'ai été moins social que je ne le suis aujourd'hui », admet-il. « Être plus ouvert et communicatif m'aurait aidé. Hélas, beaucoup de choses nous échappent en tant que pilote. Il y a beaucoup de politique en Formule 1. Mais peut-être que ma timidité a été perçue comme de l'arrogance. » Espérons que ce pilote très doué, vainqueur tout de même des 24 heures du Mans, saura rebondir, peut-être en Formule E ou en Endurance.

 

Présentation de l'épreuve

À compter de cette année, le circuit de Singapour comprend une troisième zone d'activation de l'aileron arrière mobile (DRS). Cette nouvelle section se situe dans la courte ligne droite reliant les virages n°13 et 14 (Espalande Drive), avec un point de détection en amont, au niveau du virage n°12. Cette portion offre une des rares opportunités de dépassement sur ce circuit.

 

Le 9 septembre, Haas et Rich Energy annoncent la rupture à l'amiable du contrat de sponsoring qui les liait depuis le début de la saison. Le nouvel actionnariat de la marque de boissons a finalement entériné la décision de son ex-président, l'excentrique William Storey, qui au mois de juillet avait cassé de son propre chef ledit accord. La déception est vive du côté de l'écurie américaine qui perd ainsi au bout de huit mois le premier sponsor-titre de sa jeune histoire. Elle conserve néanmoins sa livrée noire et or jusqu'à la fin de saison.

 

La domination exercée par les Ferrari à Spa-Francorchamps puis à Monza accrédite l'idée que le constructeur italien possède cette année le meilleur groupe propulseur. Il n'en faut pas plus pour que bruissent des soupçons de tricherie. Les récriminations les plus bruyantes proviennent de Red Bull-Honda, mais Mercedes et Renault ne sont pas en reste. Ces trois écuries pointent du doigt la « spécification 3 » introduite par Ferrari à Spa qui offrirait une vitesse de pointe trop élevée pour être honnête, surtout en qualifications. « Nous parlons d'une différence de 54 chevaux », explique Helmut Marko, sans préciser d'où il tient ce chiffre. « Seulement, Ferrari ne bénéficie de cet avantage que sur un tour. C'est pourquoi ils peuvent utiliser cette réserve de puissance principalement en qualifications, ce qui était visible sur les chronomètres en Belgique et en Italie » Mi-septembre, Red Bull et Mercedes demandent à la fédération de procéder à des « vérifications » sur le moteur flanqué du cheval cabré. Sans grande surprise, celles-ci ne débouchent sur rien. « Tout est légal sur la Ferrari jusqu'à présent », déclare ainsi Jo Bauer, le délégué technique de la FIA.

 

Ferrari a remporté les courses de Spa et de Monza grâce à la puissance effarante de son moteur. Mais sur le circuit urbain de Singapour, ponctué de nombreux virages à angle droit, les SF-90 devraient être plus à la peine en raison de leur manque d'appui chronique. Mais leur développement se poursuit d'arrache-pied. Elles se parent ainsi d'un nouvel aileron avant, doté d'une ailette supplémentaire en lieu et place des traditionnels montants allongés, tandis que le museau est percé de « narines », façon Racing Point. Ces éléments ont pour but de réduire le sous-virage. À l'arrière, le « T-wing » et l'aileron arrière à pleine largeur refont leur apparition, toujours afin de maximiser l'appui. Alfa Romeo ressort aussi son aileron en T du placard, mais celui-ci se singularise par un double élément inférieur. Enfin, Racing Point apporte à Singapour une évolution aérodynamique conséquente, avec l'espoir de rejoindre au moins les McLaren et les Renault.

 

Essais et qualifications

Déjouant les pronostics, les Ferrari font à peu près jeu égal avec les Mercedes et les Red Bull-Honda lors des essais libres du vendredi. Néanmoins les meilleurs temps sont réalisés par Verstappen puis par Hamilton. Mais Vettel et Leclerc restent au contact et semblent en avoir « sous le pied ».

 

Cette tendance se confirme samedi. Leclerc réalise d'abord le meilleur chrono de la séance d'essais de l'après-midi, puis s'empare dans la soirée de sa troisième pole position consécutive (1'36''217'''). Vettel, troisième, aurait pu obtenir mieux sans une petite faute dans son dernier tour rapide. Ainsi, si la Ferrari est toujours quelque peu vicieuse en virage, elle développe une telle puissance lors des courtes lignes droites que la concurrence est battue ! Chez Mercedes, Hamilton (2ème) domine un Bottas (5ème) brouillon qui a heurté les glissières vendredi. Verstappen (4ème) concède une demi-seconde à Leclerc avec sa Red Bull-Honda. Son collègue Albon (6ème) tâtonne avant de dénicher le bon « set-up ». Les deux McLaren-Renault (Sainz 7ème, Norris 9ème) retrouvent la Q3. Les Renault atteignent aussi cette dernière manche, mais Ricciardo, huitième chrono, est disqualifié car il a bénéficié d'une puissance trop élevée sur son MGU-K, au-dessus des 120 kW réglementaires, et ce pour un gain estimé... d'une microseconde ! Dura lex, sed lex: l'Australien est renvoyé en fond de grille. Il en profite pour remplacer des éléments sur son moteur. Son compère Hülkenberg partira huitième.

 

Alfa Romeo a perdu du temps vendredi en raison d'une panne d'alimentation électrique. En qualifications, Giovinazzi (10ème) devance un Räikkönen (12ème) de plus en plus morose. Chez Toro Rosso-Honda, Gasly (11ème) fait mieux que Kvyat (14ème) qui est retardé vendredi par une panne de moteur. Ce week-end, Magnussen (12ème) est plus performant avec la Haas « version B » que Grosjean (17ème) muni de la version « A ». Les nouveautés apportées à la Racing Point-Mercedes ne donnent pas vraiment satisfaction. Pérez heurte un muret samedi après-midi puis change sa boîte, ce qui lui vaut cinq places de pénalité. Onzième chrono, il s'élancera seizième. Comme souvent, Stroll (16ème) ne franchit pas la Q1. Enfin, les Williams-Mercedes fermement la marche, mais cette fois trois dixièmes seulement séparent Russell (18ème) de Kubica (19ème).

 

Le Grand Prix

Il se déroule par une belle nuit étoilée. Les choix de pneumatiques sont assez variés, même si les équipes ne prévoient qu'un seul arrêt en course. Les Ferrari, les Mercedes, les Red Bull et les McLaren, ainsi que la Renault de Hülkenberg, partent munies de pneus tendres (C5). Tous les autres partent en gommes médiums (C4), sauf Gasly qui sélectionne le composé le plus dur (C3).

 

Départ: Leclerc conserve l'avantage de sa pole devant Hamilton, Vettel et Verstappen. Poussé par Ricciardo, Russell entre en contact avec Kubica au premier freinage. Le jeune Anglais endommage son aileron avant contre l'autre Williams. Grosjean part au large pour les éviter.

 

1er tour: Hamilton résiste à plusieurs attaques de Vettel. Hülkenberg harponne la roue arrière-droite de Sainz au virage n°5. Le pilote McLaren est aussitôt frappé d'une crevaison et doit regagner son stand au petit trot. En fin de tour, Leclerc mène devant Hamilton, Vettel, Verstappen, Bottas, Albon, Norris, Giovinazzi, Magnussen et Gasly.

 

2e: Leclerc précède Hamilton d'une seconde. Hülkenberg fait halte au stand Renault pour changer ses pneus. Russell et Sainz stoppent aussi et remplacent leurs museaux. L'arrêt du Madrilène s'éternise et il repart à un tour des leaders.

 

3e: Hamilton garde le contact avec Leclerc, mais Vettel demeure sur les talons du quintuple champion du monde.

 

5e: Leclerc mène devant Hamilton (0.8s.), Vettel (2s.), Verstappen (2.7s.), Bottas (4s.), Albon (6s.), Norris (8.5s.), Giovinazzi (11.3s.), Magnussen (13.6s.), Gasly (15s.), Räikkönen (16s.) et Kvyat (16.8s.).

 

6e: Verstappen évolue dans le sillage de Vettel. Albon met pour sa part la pression sur Bottas.

 

7e: Hamilton se maintient à huit dixièmes de Leclerc, mais l'usage du DRS ne lui permet pas de se rapprocher car la Ferrari est trop rapide à l'accélération. Ricciardo grimpe dans la hiérarchie: le voici treizième après avoir doublé les Racing Point.

 

9e: Les leaders impriment un rythme très mou afin de préserver leur carburant et leurs pneus. Ils ne roulent qu'en 1'48'', soit douze secondes moins vite qu'en qualifications ! L'avantage de Leclerc sur Hamilton excède de nouveau la seconde. Vettel emmène le trio Verstappen – Bottas – Albon.

 

10e: Leclerc devance Hamilton (1.1s.), Vettel (2.2s.), Verstappen (3s.), Bottas (4s.), Albon (4.8s.), Norris (8s.), Giovinazzi (10s.), Magnussen (13.2s.) et Gasly (14.6s.), Ricciardo et Stroll dépassent Kvyat.

 

11e: Pérez vient à bout de Kvyat après une rude bataille. Le Russe lèche un muret en tentant de se défendre.

 

12e: Les six premiers se tiennent maintenant en moins de six secondes. Norris et sa McLaren réalisent les mêmes chronos que Leclerc et sa Ferrari ! Kvyat fait halte aux stands et passe en pneus durs, comme le feront ensuite les autres pilotes.

 

14e: Hamilton n'est qu'à sept dixièmes de Leclerc. Vettel et ses poursuivants évoluent à deux secondes du Monégasque. Pérez remplace ses gommes et ressort devant Kvyat comme il l'espérait.

 

15e: Räikkönen opère un changement de pneus et redémarre devant Pérez et Kvyat. Tous trois vont ensuite buter un temps sur Kubica.

 

16e: Leclerc passe à l'offensive et repousse Hamilton à près de deux secondes. Mais l'Anglais lui réplique lors des deux boucles suivantes. Bottas met la pression sur Verstappen pour la quatrième place. Les pneus du Hollandais sont très altérés.

 

18e: Leclerc est premier devant Hamilton (1s.), Vettel (3.5s.), Verstappen (5.6s.), Bottas (6.5s.), Albon (8.5s.), Norris (10.6s.), Giovinazzi (13.2s.), Gasly (18.8s.) et Ricciardo (19.5s.). Arrêt pneus pour Magnussen.

 

19e: Vettel est le premier des favoris à prendre le chemin des stands. Il troque ses pneus médiums contre des durs (3s.). Verstappen fait de même dans la foulée (2.3s.). Hülkenberg s'intercale entre l'Allemand et le Hollandais

 

20e: Vettel bénéficie d'un tour clair qui lui permet de réaliser un excellent chrono. Aussi, lorsque Leclerc stoppe à son tour pour prendre les pneus blancs (2.4s.), celui-ci a la mauvaise surprise de repartir juste derrière son équipier... Albon et Norris passent aussi aux stands. Hamilton est le nouveau leader, cinq secondes devant Bottas.

 

21e: Mercedes choisit de laisser Hamilton et Bottas en piste avec leurs pneus éprouvés, dans l'espoir qu'ils sauront maintenir un écart conséquent avec les Ferrari. Ils précèdent un quatuor comprenant Giovinazzi, Gasly, Ricciardo et Stroll.

 

22e: Vettel est le plus rapide en piste et ne rend que vingt-cinq secondes à Hamilton. La course est en train de basculer en sa faveur. Kubica met les gommes blanches.

 

23e: Bottas passe aux stands pour prendre les pneus durs et repart devant Hülkenberg et Albon. Le Thaïlandais double ensuite l'Allemand.

 

24e: Hamilton reste dehors avec ses pneus tendres usés. Il devance Giovinazzi de seize secondes. Vettel est sixième, à seulement vingt-trois secondes du leader. Leclerc s'agace par radio de la stratégie adoptée par Ferrari. Arrêt pneus pour Grosjean.

 

26e: Les pneus de Hamilton sont à la corde. Vettel est revenu à dix secondes, Verstappen à treize secondes !

 

27e: Hamilton fait halte au stand Mercedes pour chausser les pneus durs (2.4s.) et dégringole au huitième rang, juste devant Bottas. La stratégie de Mercedes est un fiasco. En attendant, Giovinazzi récupère le commandement devant Gasly et Ricciardo ! Vettel déborde Stroll. Albon tire tout droit à la première chicane et emprunte le dégagement.

 

28e: Giovinazzi est premier devant Gasly (1.1s.), Ricciardo (2.5s.), Vettel (3s.), Stroll (5.3s.), Leclerc (6.1s.), Verstappen (7s.), Hamilton (11.3s.), Bottas (12.2s.), Albon (13.1s.), Hülkenberg (16s.) et Norris (17.4s.).

 

29e: Vettel double Ricciardo et Leclerc dépasse Stroll.

 

30e: Vettel a maintenant Gasly en point de mire. Il se jette hardiment à l'intérieur du virage du Memorial, lèche la roue avant-gauche du jeune Français et le dépasse. Verstappen se débarrasse de Stroll.

 

31e: Vettel fond sur l'étonnant leader Giovinazzi. Il lui fait l'extérieur sur Raffles Boulevard et recueille le leadership. Leclerc puis Verstappen dépassent Ricciardo. Stroll passe chez Racing Point pour mettre des gommes dures et tombe au 16ème rang.

 

32e: Leclerc et Verstappen prennent l'ascendant sur Gasly. Le Normand regagne ensuite les stands pour chausser son deuxième train de pneus. L'opération dure six longues secondes et Gasly se retrouve derrière Stroll.

 

33e: Leclerc double aisément Giovinazzi. Verstappen a plus de mal à dépasser l'Italien à cause de la faiblesse de son V6 Honda. Il y parvient par l'extérieur avant Memorial. Les deux Mercedes ont doublé Ricciardo. Hamilton passe ensuite devant Giovinazzi, à l'agonie avec ses pneus usés.

 

34e: Bottas et Albon dépassent Giovinazzi. Ricciardo tente à son tour sa chance au virage n°7, mais les roues de la Renault et de l'Alfa Romeo s'entrechoquent. L'Australien subit une crevaison à l'arrière-droit et regagne les stands en même temps que Giovinazzi.

 

35e: Vettel est premier devant Leclerc (4.5s.), Verstappen (8.2s.), Hamilton (14.2s.), Bottas (19.6s.), Albon (21.3s.), Hülkenberg (27.8s.), Norris (29.5s.), Magnussen (31.8s.), Räikkönen (33s.) et Pérez (34.7s.). Giovinazzi et Ricciardo remplacent leurs pneus.

 

36e: Grosjean attaque Russell pour le gain de la 17ème place. Il prend l'extérieur au virage n°8 alors que le jeune Anglais garde la corde. La Haas touche la Williams qui se met à l'équerre et tape le muret. Russell doit renoncer et la voiture de sécurité intervient pour évacuer sa monoplace. C'est le premier abandon d'une Williams en 2019. Grosjean stoppe aux stands pour changer de pneus et de calandre.

 

37e: Les pilotes se rangent derrière la Safety Car. Aucun leader ne fait le pari de changer de gommes. En revanche, Hülkenberg, Giovinazzi, Kvyat et Sainz profitent de l'occasion pour prendre des pneus tendres ou médiums.

 

40e: La Williams de Russell a été évacuée par une grue. La course va reprendre au passage suivant. Vettel devance Leclerc, Verstappen, Hamilton, Bottas, Albon, Norris, Magnussen, Räikkönen, Pérez, Stroll, Gasly, Hülkenberg, Kvyat, Giovinazzi, Ricciardo, Kubica, Grosjean et Sainz. Ce dernier a pu reprendre son tour de retard.

 

41e: Drapeau vert: Vettel conserve l'ascendant devant Leclerc et Verstappen. Gasly exécute un dépassement « au chausse-pied » sur Stroll au virage n°7. Leurs roues se frôlent. Le Canadien est frappé d'une crevaison à l'avant-gauche et regagne les stands pour remplacer ses enveloppes.

 

42e: Vettel compte moins d'une seconde d'avance sur Leclerc. Verstappen, relégué à deux secondes, retient les Mercedes.

 

43e: Gasly résiste brillamment à Hülkenberg qui convoite sa onzième place. Pérez ralentit suite à une fuite d'huile. Le Mexicain se gare sur le bas-côté sur Esplanade Drive.

 

44e: Bien que Pérez soit rangé hors trajectoire, la voiture de sécurité refait son apparition. Kubica s'arrête pour prendre des pneus jaunes. Stroll reprend quant à lui des Pirelli rouges.

 

45e: Alors que la Safety Car revient en piste, le classement est le suivant: Vettel est premier devant Leclerc, Verstappen, Hamilton, Bottas, Albon, Norris, Magnussen, Räikkönen, Gasly, Hülkenberg, Kvyat, Giovinazzi, Ricciardo, Grosjean, Sainz, Kubica et Stroll.

 

46e: Leclerc profite de la neutralisation pour se plaindre auprès de son ingénieur de l'« undercut » réalisé par Vettel à ses dépens. Il réclame plus de puissance pour attaquer celui-ci, mais la murette Ferrari l'incite à la prudence pour préserver le doublé.

 

47e: Les commissaires poussent la Racing Point de Pérez vers une échappatoire. Les pilotes tentent de maintenir leurs pneus en température au cours de cette longue neutralisation.

 

48e: Michael Masi relance les bolides. De nouveau, Vettel s'échappe sans peine devant Leclerc. Räikkönen, à la peine avec ses pneus, perd plusieurs positions. Magnussen manque aussi d'adhérence et se fait doubler par Gasly puis par Hülkenberg. Ricciardo échoue à dépasser Kvyat et, déporté vers l'extérieur, doit laisser passer Grosjean et Sainz.

 

49e: Une seconde sépare Vettel de Leclerc. Giovinazzi dépasse son équipier Räikkönen.

 

50e: Kvyat prend l'aspiration de Räikkönen au passage devant les stands, puis plonge à l'intérieur au premier virage. Le Russe freine trop tard et tamponne la roue avant-gauche de l'Alfa Romeo. Räikkönen tire tout droit et s'immobilise dans l'échappatoire avec une suspension pliée. Kvyat continue mais perd plusieurs places. La voiture de sécurité reprend du service pour la troisième fois.

 

52e: L'Alfa Romeo de Räikkönen a été retirée, le drapeau vert est brandi. Vettel emmène derrière lui Leclerc, Verstappen et Hamilton. Les pneus de Magnussen sont à la corde. Le Danois dégringole au classement.

 

53e: Vettel est en tête devant Leclerc (1s.), Verstappen (2.5s.), Hamilton (3.6s.), Bottas (4.7s.), Albon (6.5s.), Norris (8s.), Gasly (8.8s.), Hülkenberg (9.6s.), Giovinazzi (10.2s.), Grosjean (13s.) et Sainz (15.7s.).

 

54e: Septième, Norris doit garder un œil sur Gasly et Hülkenberg qui grossissent dans ses rétroviseurs. L'Allemand de Renault rencontre néanmoins quelques problèmes de boîte de vitesses.

 

56e: Magnussen s'empare de gommes rouges pour finir l'épreuve et se retrouve lanterne rouge.

 

57e: Vettel boucle son meilleur chrono de la soirée (1'44''802''') et précède Leclerc de deux secondes. Verstappen évolue à trois secondes et demie du leader.

 

58e: Grâce à ses pneus neufs, Magnussen conquiert le record du tour (1'42''301''') mais n'inscrira pas de point puisqu'il finira hors des dix premiers.

 

59e: Hamilton tente de s'accrocher à Verstappen et actionne son aileron arrière mobile, mais il est encore trop loin pour porter l'estocade. Bottas a pour sa part semé Albon.

 

60e: À deux tours du but, Vettel jouit d'une seconde et huit dixièmes de marge sur son équipier Leclerc. Hamilton est dans les échappements de Verstappen mais ne pourra pas le doubler.

 

61ème et dernier tour: Sebastian Vettel remporte son premier Grand Prix depuis plus d'un an devant son équipier Leclerc. Verstappen et sa Red Bull se classent troisièmes. Les Mercedes de Hamilton, quatrième, et de Bottas, cinquième, sont pour une fois exclues du podium. La sixième place revient à Albon. Norris est un bon septième devant Gasly, Hülkenberg et Giovinazzi. Grosjean, Sainz, Stroll, Ricciardo, Kvyat, Kubica et Magnussen rallient aussi l'arrivée.

 

Giovinazzi écope de dix secondes de pénalité pour avoir adopté une conduite dangereuse lors de la première neutralisation: il a roulé trop près du véhicule de dépannage qui ôtait la Williams de Russell. Toutefois cette punition ne lui fait perdre aucune position. On notera par ailleurs qu'aucune des collisions qui ont émaillé ce Grand Prix ne débouche sur une punition. Une doctrine du « laisser courir » inspirée par Michael Masi semble peu à peu s'imposer aux commissaires sportifs.

 

Après la course: Ferrari relance Vettel - Leclerc bougonne

Ferrari vit une fin d'été faste avec une série de trois succès de rang, une première depuis 2008. Surtout, la SF-90 semble avoir fait un bond en avant en termes d'adhérence et d'appui aérodynamique, comme en témoigne cette victoire totalement inattendue à Singapour. Deux mois plus tôt, à Budapest, sur un autre tracé sinueux, les voitures rouges avaient terminé à une minute du vainqueur ! Mattia Binotto souligne en outre que la Ferrari a particulièrement apprécié les composés très tendres proposés ce week-end par Pirelli. En tout cas, après trois victoires sur trois circuits très différents, Spa, Monza et Singapour, la Scuderia Ferrari aborde maintenant en favorite cette fin de saison 2019, ce qui semblait inimaginable avant la trêve estivale.

 

Malheureusement, cette belle soirée n'est pas exempte de polémiques. Ainsi, Sebastian Vettel l'a emporté sur son équipier Charles Leclerc au moyen d'un « undercut » involontaire, ou supposé tel. Le stratège de Ferrari Iñaki Rueda n'avait pas prévu que l'Allemand passerait devant le Monégasque après leurs arrêts respectifs, et voulait simplement empêcher Max Verstappen de s'immiscer entre les Ferrari. « Nous avons été surpris par l'énorme différence offerte par cet arrêt anticipé [NDLA: environ quatre secondes] », explique Mattia Binotto. « D'habitude, c'est vrai, c'est le pilote qui mène qui s'arrête le premier. Mais comme nous savions que Verstappen n'avait plus de gommes, nous avons rappelé Sebastian pour couvrir la stratégie de Red Bull. » « On m'a prévenu très tard de cet arrêt », raconte de son côté Vettel. « J'ai profité en ressortant d'un tour clair pour tout donner, mais j'ai été étonné de voir Charles ressortir derrière moi. »

 

Charles Leclerc n'a pas caché son mécontentement lors de ses conversations radios avec son ingénieur Jock Clear. Sur le podium, il se contente d'avaler en solitaire quelques gorgées de champagne pendant que Sebastian Vettel et Iñaki Rueda s'aspergent gaillardement. Puis il est convoqué par Mattia Binotto dans le motor-home Ferrari, d'où il ressort une heure plus tard pour délivrer un petit discours mâtiné de langue de bois: « Si la décision de rappeler Seb avant moi a été prise, c'est que c'était pour le bien de l'équipe. C'est la seule raison qui puisse l'expliquer. Dans la voiture, forcément, j'étais déçu. Quand on la quitte, on retrouve un peu de lucidité. » Ce n'est qu'un peu plus tard qu'il laisse entendre, prudemment, le fond de sa pensée: « Si j'avais été prévenu de ce qui se mijotait, j'aurais pu faire un meilleur boulot en début de course, prendre plus d'avance. J'avais de la marge dans les pneus. » Leclerc a-t-il été victime d'une manœuvre délibérée de la part de Ferrari ? La Scuderia a-t-elle voulu le « punir » de sa manœuvre peu élégante commise lors des qualifications à Monza ? A-t-elle « offerte » une victoire à Vettel afin de le remotiver ? Ou ce résultat n'est-il que le fruit d'un concours de circonstances ?

 

En tout cas, Sebastian Vettel ne boude pas son plaisir après cette 53ème victoire en F1, la cinquième à Singapour. Suite à sa mésaventure de Montréal, il est psychologiquement tombé si bas et a accumulé tant de bourdes qu'on a pu l'imaginer définitivement hors du coup, éclipsé par Leclerc. Ce succès quelque peu chanceux le remet en selle. « Je suis heureux, mais pas autant que vous le pensez », confie-t-il à la presse. « Je ne ressens pas vraiment de soulagement. Les dernières semaines n'ont vraiment pas été simples pour moi, mais finalement, j'ai pu renverser la situation. J'ai toujours cru en moi. Ce fut une belle nuit. Au début, ce n'était pas facile de rester au contact de Hamilton, mais je l'ai fait. Je savais que, dès qu'on me rappellerait au stand, j'aurais ma chance. J'ai repris la piste avec le champ libre et j'ai pu rouler à mon rythme, à tel point que j'avais presque cinq secondes d'avance quand la voiture de sécurité est intervenue. À partir de là, la course a été constamment interrompue, mais j'ai quand même réussi à garder ma concentration et à éviter les erreurs.  »

 

Échouant au pied du podium, Lewis Hamilton est lui aussi insatisfait de la tactique adoptée par son écurie. James Vowles, le stratège de Mercedes, s'est complétement fourvoyé en maintenant le quintuple champion du monde en piste trop longtemps, comme l'explique ce dernier: « Nous avons d'abord envisagé d'anticiper l'arrêt, mais c'était risqué car je risquais de me retrouver dans le trafic. Alors, nous sommes restés en piste car mes pneus tenaient le coup, mais aussitôt après ils se sont écroulés. Pas de chance... » Hamilton se préoccupe par ailleurs du regain de forme des Ferrari qui semblent dorénavant être les machines à battre: « Je pense qu'ils toujours eu une bonne voiture mais qu'ils ne savaient pas encore l'exploiter parfaitement. Ils ont apporté beaucoup de nouveautés et elles paraissent fonctionner à merveille. Il est clair que la Ferrari est bonne partout désormais. Cela va devenir difficile de les battre à cause de leur vitesse en ligne droite. » Néanmoins, le Britannique a engrangé une telle avance lors de la première partie de saison que la conquête de sa sixième couronne ne fait guère de doute.

 

Enfin, Red Bull-Honda abordait ce rendez-vous singapourien avec l'ambition affichée d'amener Max Verstappen à la victoire. Celui-ci doit finalement se contenter d'une troisième place. Selon Helmut Marko, la RB15 n'a pas été performante car les ingénieurs se sont fondés sur de mauvaises données délivrées par le simulateur de Milton Keynes: « La base de notre configuration pour le week-end provenait du simulateur, donc, si celui-ci fournit des éléments erronés, les problèmes surviennent. Nous avions une configuration très rigide et une charge aérodynamique trop faible, d'où un manque de stabilité. Il faut en parler avec Max et les ingénieurs. » Comme quoi, l'électronique a encore parfois quelques limites...

Tony