Pierre GASLY
 P.GASLY
Toro Rosso Honda
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Carlos SAINZ
 C.SAINZ
McLaren Renault

1017. Großer Preis

XLVIII Grande Premio do Brasil
Wolkig
Interlagos
Sonntag, 17. November 2019
71 Runden x 4.309 km - 305.909 km
(Offset: 30 m)
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Catastrophe chez Ferrari.

Avenir du Grand Prix du Brésil: Rio vs. São Paulo

Si le Brésil n'a plus de représentant en Formule 1 depuis 2018, et ne devrait pas en retrouver avant longtemps, la Formule 1 est toujours très populaire dans le pays, comme en témoigne les excellentes audiences réalisées à chaque course par la chaîne TV Globo. Cependant le Grand Prix national pourrait prochainement migrer de São Paulo vers Rio de Janeiro. Cela fait en effet plus d'une décennie que le circuit d'Interlagos est décrié pour la vétusté de ses infrastructures, mais aussi et surtout pour l'incroyable insécurité qui règne aux alentours: les pilotes et le personnel des écuries ne peuvent s'aventurer hors du paddock que sous escorte policière. Voilà qui donne une image déplorable mais hélas réaliste du Brésil, pays qui comptabilise chaque année plus d'homicides qu'un pays en guerre comme la Syrie.

 

Aussi, début 2019, le président brésilien Jaïr Bolsonaro a annoncé le déménagement prochain du Grand Prix du Brésil à Rio de Janeiro, où un circuit ultra-moderne doit être construit par l'équipe d'Hermann Tilke. Ce projet, baptisé Rio Motorsports Park, bénéficie d'un budget de 170 millions dollars et doit s'établir dans le district défavorisé de Deodoro. Bien sûr, la construction d'un tel complexe aura un impact écologique non négligeable puisque 200 000 arbres devront être coupés, ce qui fait grincer les dents des écologistes, et notamment de Lewis Hamilton, nouveau champion de la cause planétaire. Toutefois le projet paraît en bonne voie, d'autant plus que le Moto GP a d'ores et déjà annoncé qu'il organiserait une épreuve sur ce nouveau circuit en 2022. Mais les Paulistes n'ont pas dit leur dernier mot: Tamas Rohonyi, le promoteur « historique » de l'autodrome José Carlos Pace, tire à boulets rouges contre le futur circuit carioca et déclare négocier avec Chase Carey afin de prolonger le contrat d'Interlagos jusqu'en 2030. Néanmoins pour cela São Paulo devra faire des concessions et sans doute renoncer à la dispense de prime que lui a généreusement accordée jadis Bernie Ecclestone.

 

Formule Verte et bons sentiments

Deux semaines après l'officialisation de la nouvelle réglementation qui entrera en vigueur en 2021, la Formule 1 annonce son intention d'atteindre la « neutralité carbone » d'ici 2030. Pour ce faire, les dirigeants souhaitent bien évidemment s'appuyer sur les groupes propulseurs hybrides très économes en carburant pour parvenir in fine à une Formule 1 complétement « propre ». « Peu de gens savent que l'actuelle unité de puissance est la plus efficiente au monde, délivrant plus de puissance en utilisant moins de carburant, et par conséquent émettant moins de CO2 que n'importe quelle autre voiture », professe Chase Carey. « Nous pensons que la F1 peut continuer à être un leader pour l'industrie et travailler avec les secteurs de l'énergie et de l'automobile pour concevoir le premier moteur hybride à combustion interne zéro carbone, afin de réduire considérablement les émissions au niveau mondial. » Les ingénieurs sont donc invités à prendre à bras-le-corps ce défi technologique majeur.

 

Ce combat écologique ne concerne pas que les voitures. Toute l'organisation des Grands Prix devra se plier aux nouvelles normes vertes. « Nous utiliserons de matériaux durables sur tous les Grands Prix, en éliminant le plastique à usage unique, et tous les déchets seront réutilisés, recyclés ou compostés », ajoute Chase Carey. Lewis Hamilton, fervent adepte du nouveau culte à Mère Nature, salue ces bonnes résolutions. Le sextuple champion du monde a pris récemment le ferme engagement de tout entreprendre pour réduire sa propre « empreinte carbone » et invite ses collègues pilotes à l'imiter. Bien sûr, il n'envisage pas encore de se rendre sur les Grands Prix à pied, à vélo ou en voilier, et prendra toujours l'avion des dizaines de fois par an pour raisons personnelles, mais son discours est noble.

 

Red Bull 2020: Albon confirmé

Le 12 novembre, Red Bull confirme la présence d'Alexander Albon aux côtés de Max Verstappen en 2020. Une annonce attendue tant le Britanno-Thaïlandais donne satisfaction depuis son arrivée fin août chez RBR. Contrairement à son prédécesseur Pierre Gasly, Albon évolue en effet constamment dans le groupe de tête avec les Ferrari et les Mercedes, et de plus a fini toutes ses courses dans les dix premiers. Mieux: lors de ces sept Grands Prix, il a inscrit plus de points que Verstappen (68 contre 54) ! Voilà une belle ascension pour ce garçon discret et sympathique qui un an plus tôt devait s'enterrer en Formule Électrique... « Cet hiver, j'étais un peu paniqué », raconte-t-il, « Je me disais: « que vais-je faire, comment être performant face à ces gros bras ? Mais après les essais de pré-saison, j'étais déjà bien plus à l'aise, et je me suis senti beaucoup mieux une seconde fois après Spa. »

 

En parallèle, Franz Tost déclare que Pierre Gasly et Daniil Kvyat resteront l'année prochaine chez AlphaTauri (future dénomination de Toro Rosso). Là encore, la surprise est mince, puisque la filière Red Bull ne produit plus de nouvelles pépites. Gasly et Kvyat en sont donc réduits à espérer une défaillance d'Albon en 2020 qui leur permettrait de retourner chez Red Bull. À noter enfin que, conçue à l'origine comme un « Junior Team », l'écurie de Faenza est en fait devenue la réserve, pour ne pas dire le banc de touche, de Red Bull Racing...

 

Présentation de l'épreuve

Une semaine avant le Grand Prix, la Formule 1 envahit déjà les rues de São Paulo pour un festival commémorant le vingt-cinquième anniversaire de la disparition d'Ayrton Senna. Plusieurs centaines de milliers de spectateurs assistent à ce « show » rappelant le souvenir de leur idole. Emerson Fittipaldi et Felipe Massa déboulent ainsi dans les avenues de la mégalopole au volant de la Toleman TG184 avec laquelle Magic a effectué ses débuts en F1 en 1984, puis avec la légendaire Lotus-Renault 97T qui l'a conduit à sa première victoire l'année suivante. Esteban Gutiérrez, désormais pilote de développement pour Mercedes, régale le public de quelques donuts. Caio Collet, le nouvel espoir brésilien parrainé par Renault, s'y essaie aussi au volant d'une Lotus-Renault E21... mais finit dans les glissières !

 

Cette fin de saison est dépourvue de suspens car les titres mondiaux sont déjà attribués à Lewis Hamilton et Mercedes. Néanmoins, la troisième place du championnat des pilotes est toujours en jeu et sera disputée par Charles Leclerc (249 points), Max Verstappen (235 pts) et Sebastian Vettel (230 pts). On observera aussi les bagarres pour les places d'honneur au classement des constructeurs: si l'ordre des quatre premiers (Mercedes, Ferrari, Red Bull-Honda, McLaren-Renault) est figé, Renault (83 pts) défendra sa cinquième place contre Racing Point-BWT (65 pts) et Toro Rosso-Honda (64 pts).

 

Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de Mercedes-AMG en 2013, Toto Wolff va manquer un Grand Prix. En effet, l'Autrichien n'ira pas au Brésil afin de préparer en Angleterre les saisons 2020 et 2021. À São Paulo, l'intérim sera assuré par le directeur technique James Allison et le directeur sportif Ron Meadows. Son absence l'empêchera de démentir une rumeur selon laquelle le nouveau président de Daimler-Benz Ola Källenius aurait l'intention de procéder à des économies drastiques pour concentrer les efforts du géant allemand sur le vaste chantier de l'électrification de ses véhicules de luxe. Dans cette perspective, l'implication de Mercedes en Formule 1 ne serait plus une priorité, et il n'en faut pas plus pour que certains en déduisent que l'équipe d'usine serait à vendre...

 

Le partenariat technique et financier conclu pour cinq années entre McLaren et la compagnie pétrolière Petrobras (détenue à 64% par l'État brésilien) n'aura vécu que dix mois. En effet, dès sa prise de fonctions en janvier 2019, le président Jaïr Bolsonaro a dénoncé cet accord jugé trop dispendieux. En cause: le contrat de sponsoring, d'une valeur de 189 millions d'euros, conclu entre les deux parties. Bolsonaro estime que le contribuable brésilien n'a pas à financer McLaren et le contrat est rompu en catimini au cours de l'automne. McLaren devrait néanmoins toucher un important dédit (estimé à 30 millions de dollars). Conséquence de ce divorce: les logos de Petrobras disparaissent de la carrosserie de la MCL34... pour le Grand Prix du Brésil.

 

Deux semaines après avoir publié une directive concernant les carburants, la FIA délivre une seconde note demandant à chaque équipe de fournir des informations précises concernant l'utilisation des lubrifiants, et ce afin de s'assurer qu'aucune d'entre elles ne pratique la combustion d'huile. Cette enquête n'est bien sûr pas fortuite puisque Mercedes et Red Bull s'échinent à dénicher l'origine du spectaculaire bond en avant des Ferrari depuis la fin de l'été. Selon certains spécialistes, la Scuderia serait accusée d'utiliser une petite quantité de vapeur d'huile afin de faciliter la combustion, ce qui permettrait d'accroître la puissance. D'autre part, Charles Leclerc sera pénalisé de dix places sur la grille de départ car Ferrari a décidé de renouveler plusieurs éléments sur son groupe propulseur, sans préciser lesquels. Il n'en faut pas plus pour faire naître une rumeur selon laquelle le Monégasque roulera en fait avec le moteur que prépare son équipe pour 2020. L'intéressé qualifie ces supputations de « fake news »...

 

Essais et qualifications

Vendredi matin, la première séance libre se tient après une forte averse. Dans ces conditions difficiles, Albon s'adjuge le meilleur temps... avant de frapper les barrières à Junção. L'après-midi, sur piste sèche, les Ferrari sont les plus rapides (Vettel devant Leclerc), mais les écarts avec les Mercedes et les Red Bull-Honda sont très ténus. Cela se confirme samedi matin lorsque Hamilton devance Verstappen d'un souffle.

 

Samedi après-midi, Verstappen s'adjuge sa seconde pole position de la saison en établissant un nouveau record de la piste (1'07''508'''). Sur l'autre Red Bull, Albon se classe cinquième et ne concède que quatre dixièmes à son leader. Vettel (2ème) place sa Ferrari en première ligne et sera le lendemain un sérieux prétendant à la victoire. Leclerc, quatrième temps, est relégué au 14ème rang du fait de sa pénalité. Les Mercedes (Hamilton 3ème, Bottas 4ème) sont quelque peu en retrait sur un tour lancé, mais semblent comme d'habitude très efficaces sur les longs relais et devraient être redoutables en course. Les Toro Rosso-Honda ont subi vendredi des pannes diverses. Gasly décroche néanmoins une très belle sixième place en qualifications. Kvyat (16ème) pâtit en revanche d'un certain manque d'équilibre.

 

Les deux Haas-Ferrari (Grosjean 7ème, Magnussen 9ème) parviennent en Q3 mais, comme d'habitude, leur comportement en course est très incertain. Räikkönen (9ème) atteint la Q3 avec son Alfa Romeo-Ferrari, contrairement à Giovinazzi (12ème) qui s'est de plus offert un tête-à-queue. La piste d'Interlagos ne convient pas aux McLaren-Renault, très rétives lors des essais. Norris (10ème) est ainsi éjecté dès la Q2. Sainz est pour sa part frappé d'une panne de moteur dès le début de la séance qualificative et s'élancera dernier. Samedi difficile aussi pour les Renault (Ricciardo 11ème, Hülkenberg 13ème) qui peinent à faire monter leurs pneus en température. Les Racing Point-BWT (Pérez 14ème, Stroll 16ème) ne sont pas très performantes ici, mais les écartes sont très minces en milieu de peloton, et Otmar Szafnauer espère que ses machines grappilleront quelques points. Pour conclure, les Williams-Mercedes sont en progrès selon leurs pilotes. Russell (18ème) précède une fois de plus Kubica (19ème) qui s'est crashé vendredi dans la Curva do Sol.

 

Le Grand Prix

Si les deux premières journées se sont déroulées dans la fraîcheur et l'humidité, le soleil point en dimanche de novembre et la température au sol grimpe jusqu'à 46°C. Il est par conséquent impossible de prévoir le comportement des pneumatiques, et la majorité des équipes prévoit une course avec deux arrêts. La plupart des pilotes s'élancent munis de pneus tendres (C3). Seules les deux Renault, les deux Williams, la Toro Rosso de Kvyat et la Ferrari de Leclerc partent en gommes médiums (C2).

 

Départ: Verstappen démarre bien et conserve la première place. Hamilton surprend Vettel par l'extérieur et pointe au deuxième rang au premier freinage. Aucun incident n'est à déplorer.

 

1er tour: Verstappen mène devant Hamilton, Vettel, Bottas, Albon, Gasly, Grosjean, Räikkönen, Magnussen et Giovinazzi. Leclerc bataille contre Norris et Ricciardo et s'en défait avec peine.

 

2e: Verstappen possède une seconde et sept dixièmes de marge sur Hamilton. Leclerc déborde Giovinazzi.

 

3e: Deux secondes séparent Verstappen et Hamilton. Leclerc remonte aisément sur Magnussen et s'empare de la neuvième position.

 

4e: Räikkönen prend le meilleur sur Grosjean. Sainz remonte peu à peu et attaque Pérez. Il se jette dans un trou de souris au premier virage et surprend ainsi le Mexicain.

 

5e: Albon se fait menaçant derrière Bottas qui n'est pas très rapide. Les Haas sont à la peine: Leclerc se défait de Grosjean et Giovinazzi double Magnussen.

 

6e: Verstappen est premier devant Hamilton (2.4s.), Vettel (4s.), Bottas (6.3s.), Albon (7.8s.), Gasly (10.8s.), Räikkönen (12.7s.), Leclerc (12.9s.), Grosjean (15.2s.) et Giovinazzi (16.6s.).

 

7e: Leclerc dépasse Räikkönen. Magnussen retient un peloton comprenant Ricciardo, Sainz, Pérez, Hülkenberg et Kvyat.

 

8e: Ricciardo prend l'aspiration de Magnussen dans la deuxième ligne droite, puis se jette à l'intérieur. Mais il bloque ses roues au freinage, touche la Haas et l'envoie en tête-à-queue. Magnussen redémarre après avoir laissé passer de nombreux concurrents, alors que Ricciardo poursuit avec un aileron avant endommagé.

 

9e: Verstappen possède un peu plus de deux secondes d'avance sur Hamilton, quatre secondes sur Vettel. Leclerc fond sur Gasly. Ricciardo passe chez Renault pour remplacer sa calandre et chausser des pneus tendres. Il se retrouve lanterne rouge.

 

10e: Leclerc dépasse Gasly au passage de la ligne de chronométrage et se retrouve donc sixième.

 

12e: Les intervalles sont stables en tête de l'épreuve. Vettel commence cependant à perdre un peu de terrain sur Hamilton.

 

14e: À la surprise des pilotes, les pneus tendres résistent bien à la chaleur alors que les gommes médiums sont en souffrance. Ainsi, Leclerc ne remonte pas sur Albon. Jugé responsable de la touchette avec Magnussen, Ricciardo est frappé d'une sanction de cinq secondes.

 

15e: Verstappen est leader devant Hamilton (2.1s.), Vettel (6s.), Bottas (11s.), Albon (15s.), Leclerc (17s.), Gasly (23.4s.), Räikkönen (26.2s.), Grosjean (29.3s.), Giovinazzi (30.2s.), Norris (32s.) et Stroll (33.8s.).

 

17e: Verstappen précède Hamilton de deux secondes et demie. Vettel est complétement distancé par les deux premiers.

 

18e: Pérez passe chez Racing Point pour remplacer ses gommes. En queue de peloton, Ricciardo a doublé les Williams.

 

20e: Hamilton a repris une demi-seconde à Verstappen mais il pénètre aux stands en fin de tour. Giovinazzi change d'enveloppes.

 

21e: Hamilton prend les Pirelli tendres (2.5s.) et ressort en sixième position. Sainz déborde Stroll au virage n°4. Arrêts pneus pour Räikkönen et Kubica.

 

22e: Verstappen arrive à son stand et prend les pneus tendres lors d'un arrêt-éclair (1.9s.!). Mais hélas, au bout de la pit-lane, Kubica est relâché par Williams juste sous son nez. Verstappen doit faire un écart pour éviter le Polonais. Lorsque le Hollandais retrouve le circuit, Hamilton est déjà passé. Les deux leaders arrivent sur Leclerc en fin de boucle et le doublent facilement.

 

23e: Verstappen prend l'aspiration de Hamilton dans l'ascension d'Arquibancadas et actionne son DRS. Suite à une défaillance de batterie, le pilote Mercedes n'a pas la pleine puissance pour résister à l'assaut de son jeune adversaire. Celui-ci prend l'intérieur et s'impose au S de Senna. Hamilton tente de répliquer dans la ligne droite suivante mais Verstappen ne lui laisse aucun espace. Puis, un peu plus loin, Albon s'écarte docilement devant son équipier. Gasly passe chez Toro Rosso pour prendre les pneus médiums.

 

24e: Vettel est leader avec deux secondes d'avance sur Bottas. Hamilton efface Albon au premier freinage. Changements de gommes pour Kvyat et Russell.

 

25e: Verstappen et Hamilton rattrapent Bottas. Albon prend des enveloppes médiums (2.6s.) et ressort derrière Grosjean, dont il se défera au tour suivant.

 

26e: Vettel stoppe chez Ferrari et prend des gommes médiums (2.4s.). Verstappen décramponne Hamilton qui ne parvient pas à faire monter ses pneus en température. Gasly prend la neuvième place à Stroll. Bottas apparaît dans les stands à l'issue de cette boucle, laissant les commandes à Verstappen.

 

27e: Bottas chausse des enveloppes dures (2.6s.) avec lesquelles il espère rallier l'arrivée. Le Finlandais repart devant Albon. Grosjean change aussi de pneus.

 

28e: Verstappen précède Hamilton d'environ trois secondes. Vettel s'empare du meilleur chrono provisoire (1'12''259'''). Norris et Hülkenberg passent aux stands et mettent des gommes blanches. Magnussen sélectionne pour sa part le composé jaune, comme son équipier au tour précédent.

 

29e: Vettel double Leclerc et retrouve la troisième place. Changement de pneus pour Stroll.

 

30e: Leclerc fait escale chez Ferrari et prend des pneus durs (2.3s.). Revenu au septième rang, Sainz s'arrête chez McLaren et s'empare de gommes jaunes avec lesquelles il compte aller au bout.

 

31e: Verstappen est premier devant Hamilton (2.5s.), Vettel (12.8s.), Bottas (20.8s.), Albon (26.1s.), Leclerc (39.5s.), Gasly (42.8s.), Räikkönen (46s.), Giovinazzi (49.3s.), Pérez (54s.), Ricciardo (55.7s.) et Grosjean (57.8s.).

 

32e: Kubica reçoit cinq secondes de pénalité pour être reparti des stands de façon intempestive. Il subira cette punition quatre tours plus tard.

 

34e: Hamilton est mécontent de la tenue de ses pneus tendres et le fait savoir par radio. Vettel est toujours le plus rapide en piste.

 

36e: À mi-parcours, Verstappen mène devant Hamilton (3s.), Vettel (12.8s.), Bottas (21.7s.), Albon (27s.), Leclerc (39.4s.), Gasly (47s.), Räikkönen (50.5s.), Giovinazzi (54.8s.), Pérez (59s.) et Ricciardo (1m.).

 

38e: L'écart entre Verstappen et Hamilton demeure très stable, autour de trois secondes. Vettel a tiré le maximum de ses médiums et ne remonte plus sur ceux-ci.

 

40e: Albon comble petit à petit son retard sur Bottas qui n'arrive pas à trouver du grip avec ses enveloppes dures.

 

41e: Ricciardo arrive chez Renault pour prendre des pneus tendres et subir sa pénalité. Il chute au 18ème rang.

 

42e: Bottas revient chez Mercedes et troque ses pneus durs contre des médiums. Son pari a échoué. Il redémarre entre Leclerc et Gasly.

 

43e: Verstappen devance Hamilton (2.9s.), Vettel (12s.), Albon (27s.), Leclerc (40s.), Bottas (44s.), Gasly (53.2s.), Räikkönen (58s.), Giovinazzi (1m. 04s.) et Pérez (1m. 08s.). Bottas réalise le meilleur chrono de la journée (1'10''698''').

 

44e: Hamilton entre aux stands et prend les gommes médiums (3.3s.). Il a la malchance de retrouver le circuit en plein trafic.

 

45e: Verstappen revient chez Red Bull et sélectionne des pneus jaunes, de nouveau en un temps record (1.9s.). Il reste devant Hamilton mais Vettel retrouve le commandement provisoire. Pérez et Hülkenberg chaussent des gommes tendres.

 

46e: Bottas menace Leclerc. Il pointe le bout de son museau à l'extérieur avant Subida do Lago, mais ne passe pas. Giovinazzi et Kvyat prennent des enveloppes tendres. Gasly et Räikkönen feront de même au passage suivant.

 

47e: Verstappen reprend deux secondes au tour à Vettel dont les pneus crient grâce.

 

49e: Bottas pourchasse toujours Leclerc. Il prend son aspiration dans la longue pleine charge, mais le jeune pilote Ferrari le bloque de façon virile en lui coupant la trajectoire au freinage.

 

50e: Vettel rejoint les stands, prend les pneus tendres (2.6s.) et repart troisième. Verstappen hérite de la première place, une seconde et demie devant Hamilton.

 

51e: Deuxième arrêt d'Albon qui sélectionne les Pirelli rouges. Le Thaïlandais repart derrière le duo Leclerc – Bottas.

 

52e: Une fumée bleue s'échappe de la Mercedes de Bottas. Le moteur ne répond plus et le Scandinave se range dans la pelouse au niveau de la courbe du lac, près d'une échappatoire. Les drapeaux jaunes sont agités dans le premier secteur.

 

53e: Hamilton est revenu à une seconde de Verstappen tandis que les commissaires brésiliens semblent avoir quelque peine à repousser la Mercedes de Bottas derrière les barrières de sécurité.

 

54e: Une grue fait son apparition pour ôter la Flèche d'Argent abandonnée. En conséquence, Michael Masi lance la voiture de sécurité en piste. Aussitôt, Norris, Hülkenberg, Magnussen, Stroll, Russell et Kubica se précipitent aux stands pour mettre des pneus tendres.

 

55e: Verstappen rejoint les stands pour mettre des gommes rouges. Il cède ainsi le leadership à Hamilton, mais aura de bien meilleurs pneus que celui-ci pour finir la course. Inexplicablement, Mercedes ne réagit pas et laisse son champion en piste. Leclerc fait halte chez Ferrari et prend lui aussi des pneus tendres.

 

57e: Les bolides se regroupent derrière la Safety Car. C'est alors que la direction de course ordonne aux très nombreux retardataires – ils sont quatorze ! - de se dédoubler. Voilà qui va retarder le redémarrage de deux tours.

 

58e: Bernd Mayländer, le pilote de la voiture de sécurité, attend tranquillement que les attardés récupèrent leur boucle de retard puis recollent au peloton pour relancer la course. Hamilton devance Verstappen, Vettel, Albon, Leclerc, Gasly, Grosjean, Sainz, Räikkönen, Giovinazzi, Pérez, Ricciardo, Kvyat, Norris, Stroll, Magnussen, Hülkenberg, Russell et Kubica, ce dernier ayant encore un tour en moins.

 

59e: Mayländer est rappelé aux stands en fin de parcours. Toutefois, Hamilton attend d'être au pied de la grande remontée pour accélérer et crée un gigantesque regroupement. Les dix-neuf bolides déboulent ainsi au drapeau vert roues dans roues, façon « Indianapolis » !

 

60e: Verstappen fait l'extérieur à Hamilton au passage de la ligne et reprend la première position. Albon fait l'extérieur à Vettel au S de Senna, met deux roues dans la poussière et passe en force. L'Allemand doit ensuite repousser une attaque de Leclerc. Sainz et Grosjean se frôlent dans les Esses: le Genevois, déstabilisé, dégringole au classement. Ricciardo dépasse Pérez.

 

61e: Verstappen prend le large devant Hamilton. Leclerc se fait menaçant derrière Vettel.

 

62e: Verstappen est premier devant Hamilton (2.7s.), Albon (3.4s.), Vettel (4s.), Leclerc (5s.), Gasly (7.7s.), Sainz (11.3s.), Räikkönen (11.7s.), Giovinazzi (12.3s.), Ricciardo (12.8s.) et Norris (15s.).

 

64e: Les deux Ferrari rattrapent Albon. Vettel tente de lui faire l'extérieur avant les Esses mais bloque une roue au freinage.

 

65e: Verstappen cavale en tête et repousse Hamilton à quatre secondes. Albon, Vettel et Leclerc bataillent pour la troisième place. Grosjean rejoint le stand Haas pour remplacer ses enveloppes encrassées.

 

66e: Dans la longue pleine charge, Leclerc se blottit derrière l'aileron de Vettel, puis pique à l'intérieur au freinage et s'empare de la quatrième place. Mais Vettel bénéficie de l'aileron arrière mobile pour la ligne droite suivante, la Reta Oposta. Il se déporte à l'extérieur, dépasse son équipier... et se rabat un millième de seconde trop tôt. Sa roue arrière-gauche tamponne le pneu avant-droit de l'autre Ferrari qui explose instantanément. Leclerc tire tout droit dans les décors. Vettel déchape quelques secondes plus tard et n'ira guère plus loin. Les deux Ferrari se sont auto-éliminées ! Victime collatérale de ce désastre, Stroll percute un débris qui brise net son porte-moyeu avant-droit. Le jeune Canadien s'immobilise au Cotovelo. Face à un tel carnage, la voiture de sécurité revient en piste.

 

67e: La course est de nouveau neutralisée. N'ayant plus rien à perdre, Hamilton regagne les stands, prend des pneus tendres et ressort en quatrième position. Russell et Kubica font de même.

 

68e: Les bolides se regroupent à nouveau. Verstappen devance Albon, Gasly, Hamilton, Sainz, Räikkönen, Giovinazzi, Ricciardo, Norris, Pérez, Hülkenberg, Magnussen, Kvyat, Russell, Grosjean et Kubica. Les commissaires balaient les débris de carbone et de caoutchouc répandus par les Ferrari

 

69e: La Safety Car s'efface en fin de boucle. Comme Hamilton précédemment, Verstappen n'est pas pressé de lâcher la meute. Il escalade la grande côte au petit trot et remet les gaz à seulement quelques dizaines de mètres de la ligne.

 

70e: Alors que Verstappen file vers la victoire, Hamilton dépasse aussitôt Gasly. Plus loin, Magnussen et Kvyat doublent Hülkenberg. Hamilton prend l'aspiration d'Albon après Pinheirinho puis s'infiltre à l'intérieur avant l'épingle à cheveux. Le champion du monde, trop téméraire, harponne la Red Bull et l'envoie en tête-à-queue. Hamilton poursuit sa route avec un aileron légèrement endommagé, mais Gasly a profité de cet accrochage pour le repasser. Quant au pauvre Albon, il vient de perdre son premier podium et se relance en queue de peloton.

 

71ème et dernier tour: Kvyat dépasse Magnussen. La dérive droite de l'aileron de Hamilton traîne au sol, mais le champion du monde en fait fi et rattrape aisément Gasly. Il colle l'arrière-train du Français après Junção puis se déporte à sa gauche à l'entame de la dernière accélération.

 

Pendant ce temps-là, Max Verstappen coupe la ligne d'arrivée en vainqueur pour la troisième fois de la saison. Pied au plancher, Gasly résiste à Hamilton et termine deuxième pour soixante millièmes de seconde ! Parti bon dernier, Sainz finit à une très belle quatrième place. Suivent les deux Alfa Romeo de Räikkönen et de Giovinazzi. Ricciardo conclut sa remontée au septième rang. Norris, Pérez et Kvyat prennent les derniers moins en jeu. Viennent ensuite Magnussen, Hülkenberg, Russell, Grosjean, Albon et Kubica. Hülkenberg écope d'une pénalité de cinq secondes pour avoir doublé Magnussen avant le drapeau vert, et recule ainsi en quinzième position.

 

Après la course: un podium inédit

Lewis Hamilton grimpe sur le podium en compagnie de Max Verstappen et de Pierre Gasly, mais il est ensuite convoqué par le collège des commissaires pour répondre de son accrochage avec Alexander Albon. Le sextuple champion du monde fait humblement profil bas, présente ses excuses au Thaïlandais, et accepte sans broncher une pénalité de cinq secondes qui le relègue au septième rang. Ainsi, Carlos Sainz recueille la troisième place et donne ainsi à McLaren son premier podium depuis le GP d'Australie 2014 ! La performance du Madrilène est d'autant plus remarquable qu'il s'était élancé lanterne rouge et n'a effectué que deux relais. Elle aurait pourtant pu être réduite à néant suite à une autre enquête diligentée par les commissaires sportifs: Sainz est accusé d'avoir utilisé son DRS sous drapeau jaune ! Par bonheur, l'examen ultérieur de l'enregistrement vidéo prouve qu'il n'en fut rien, et tous les membres de l'écurie McLaren peuvent donner libre cours à leur joie en sablant à leur tour le champagne sur le podium.

 

Cependant la vedette de la journée est bien évidemment Pierre Gasly qui devient à 23 ans le plus jeune Français à grimper sur un podium de Formule 1. Le Normand prend une éclatante revanche sur ses parrains de Red Bull qui l'ont relégué chez Toro Rosso lors de la trêve estivale au profit d'Alexander Albon. Un peu penaud, Helmut Marko le félicite malgré tout avec chaleur. Certes, on peut estimer que Gasly a profité des collisions survenues en fin de course pour recueillir cette seconde place. Mais il a aussi eu le cran de résister jusqu'au bout à la pression exercée par Lewis Hamilton. « C'est un peu bête de dire cela, mais c'est le plus beau jour de ma vie ! » s'extasie-t-il devant l'envoyé spécial de L'Équipe. « Je n'imaginais pas que grimper sur le podium serait possible en revenant chez Toro Rosso. Mais une opportunité s'est présentée, et j'ai saisi ma chance. C'était très chaud avec Hamilton derrière moi dans le dernier tour. Dans l'ultime virage, j'ai vu son aileron à côté de moi. Il était mieux sorti de la courbe. J'ai appuyé sans arrêt sur le bouton de décharge maximum de la batterie pour mettre toute la puissance. Je me suis même mis le plus bas possible dans la voiture, et au final cela a marché. » Gasly n'omet pas de dédier ce podium à son ami Anthoine Hubert, tragiquement disparu fin août.

 

Cette ahurissante fin de Grand Prix masquerait presque l'impeccable démonstration du vainqueur du jour, Max Verstappen. Habitué à affronter Lewis Hamilton à Interlagos, le jeune Néerlandais est cette fois sorti vainqueur de la confrontation, doublant à deux reprises son terrible adversaire. « Cette course a été folle, avec beaucoup d'action et de bagarres », constate-t-il. « Mais heureusement, nous avons toujours eu le rythme pour répliquer et doubler Mercedes à chaque fois. Ce n'était pas facile en piste mais l'équipe a fait les bons choix, surtout à la fin, en prenant les pneus tendres durant l'intervention de la voiture de sécurité. C'est ce qui nous a donné la victoire aujourd'hui. » Verstappen salue aussi le pas de géant accompli par les motoristes de Honda en une saison, effort récompensé par ce doublé inattendu, le premier pour le motoriste nippon depuis le GP du Japon 1991 ! D'autre part, ce podium réunissant Verstappen (22 ans), Gasly (23 ans) et Sainz (25 ans) est le plus jeune de l'histoire de la F1.

 

Toutefois, cette victoire sera teintée d'amertume pour Max Verstappen qui apprend quelques heures plus tard le décès de son grand-père Frans, âgé de 72 ans, des suites d'un cancer. Personnage charismatique et controversé, le patriarche du clan Verstappen a suivi de très près les carrières de son fils Jos et de son petit-fils Max. Hélas, ses relations avec le premier d'entre eux étaient notoirement orageuses, au point qu'ils en seraient venus aux mains en 2016. Une triste affaire qui avait fait à l'époque les choux gras de la presse à scandale et avait quelque peu ébranlé le jeune Max

 

Vettel et Leclerc sabordent Ferrari

On retiendra évidemment de ce Grand Prix du Brésil la collision qui a mis un terme à la course des deux Ferrari. Cet incident parachève en quelque sorte le formidable fiasco que fut cette saison 2019 pour la Scuderia, et peut être aussi considéré comme l'accomplissement logique de la sourde rivalité opposant Sebastian Vettel à Charles Leclerc. Blême de colère, Mattia Binotto interdit à ceux-ci de s'exprimer devant la presse après l'arrivée et missionne des cerbères devant leurs motorhomes afin d'éloigner les journalistes trop curieux. Ceux-ci tentent alors d'établir les responsabilités de l'un et de l'autre, une tâche à vrai dire fort ardue. Leclerc estime que Vettel s'est rabattu trop tôt et l'Allemand accuse le Monégasque de ne pas lui avoir laissé assez d'espace...

 

Mattia Binotto refuse pour sa part de désigner un coupable, tout en se dédouanant lui-même de toute responsabilité: « Ils avaient le droit de se battre, pas de commettre des actes stupides. On peut toujours mieux faire. Moi-même, en tant que chef, je dois parfois me remettre en question. Mais aujourd'hui, la faute revient aux pilotes. » Et pourtant, en hésitant sans cesse sur l'attitude à adopter envers ces derniers, Binotto n'est pas étranger à cette catastrophe. En début de saison, il avait désigné Vettel comme pilote n°1, mais dès le GP de Bahreïn Leclerc a fait fi des consignes d'équipe pour jouer sa propre carte. Il y eut ensuite les stratégies tarabiscotées de Singapour et de Sotchi qui ont mis à mal la cohésion de l'équipe. Puis Binotto a laissé carte blanche à ses deux pilotes, avec le résultat que voici. Ainsi, Ferrari abandonne la troisième place du championnat des pilotes qui reviendra probablement à Max Verstappen. La presse italienne fait évidemment ses gros titres de ce désastre brésilien et de la crise qui attend la Scuderia: la Gazzetta dello Sport parle d'« hara-kiri rosso », la Repubblica évoque un « but contre son camp » et Il Giornale prédit que la saison 2020 des Rouges ressemblera au « far-west »...

Tony