Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari
Mika HAKKINEN
 M.HAKKINEN
McLaren Mercedes
Rubens BARRICHELLO
 R.BARRICHELLO
Ferrari

674. Großer Preis

LIV British Grand Prix
Bedeckt
Silverstone
Sonntag, 15. Juli 2001
60 Runden x 5.140 km - 308.400 km
Affiche
F1
Coupe

Wussten Sie es?

Fahrer
Konstruktor
Motor

Silverstone dans le IIIe millénaire

En l'an 2000, Bernie Ecclestone avait « puni » le circuit de Silverstone en avançant le Grand Prix de Grande-Bretagne au mois d'avril, en pleine période des intempéries printanières. Le résultat fut désastreux, comme il l'espérait. La météo épouvantable avait mis un peu plus en lumière la vétusté des infrastructures d'accueil du vénérable circuit britannique, pris d'assaut par des dizaines de milliers de spectateurs qui finirent embourbés dans les prairies, faute de routes et de parkings dignes de ce nom. Jackie Stewart, porté à la présidence du British Racing Drivers Club, n'a pas eu d'autre choix que de lancer des vastes aménagements pour que Silverstone conserve sa place au calendrier. « C'était ça, ou on allait voir ailleurs ! tonne Ecclestone. Ce circuit est comme une vieille bâtisse victorienne que l'on rapièce ici ou là, année après année. Ce n'est plus tenable. Des pays comme la Russie, la Chine, l'Afrique du Sud, les Émirats arabes unis, sont candidats pour organiser des Grands Prix. Nous ne retiendrons que les meilleurs ! » On ne saurait être plus clair. Silverstone doit atteindre les standards des circuits du XXIe siècle.


Les travaux de modernisation prendront cependant des années. En attendant, un nouveau plan de circulation a été conçu afin de limiter les embouteillages. De nouveaux parkings ont été aménagés à plusieurs kilomètres de Silverstone. Les spectateurs pourront y laisser leur véhicule avant de rejoindre l'autodrome via un système de navettes. En outre, la capacité des parkings jouxtant le circuit est diminuée de 50 % pour dissuader les indisciplinés. Par ailleurs, le circuit ne pourra plus accueillir qu'un maximum de 90 000 spectateurs par jour, toujours afin de réduire les flux. Ce qui signifie bien sûr une perte de revenus, mais Ecclestone a été inflexible: l'organisation doit être impeccable. Toutefois, le BRDC a obtenu l'édition de 30 000 billets supplémentaires réservés à des privilégiés (membres du Paddock Club, ayant-droits, spectateurs des courses annexes etc.), bénéficiant de places de stationnement attitrées. Voilà qui permet à Jackie Stewart et son bras droit Martin Brundle d'afficher tout de même le chiffre de 120 000 spectateurs journaliers. Un bon bilan financier, mais l'organisation reste à désirer. On assiste encore à des embouteillages monstres. Il est vrai que le service bus-navette est facturé 75 euros par personne, ce qui est assez rebutant...


Présentation de l'épreuve

Vainqueur à Silverstone en 1999 et 2000, David Coulthard entend bien réaliser ce week-end la passe de trois, moins pour la gloire qu'en raison de l'impérieuse nécessité de prendre des points au championnat. L'Écossais a fort à faire pour combler son retard abyssal de 31 points sur Michael Schumacher. D'autant que sa McLaren-Mercedes ne s'est guère montrée fringante ces derniers temps... « Si nous ne disposons pas d'une monoplace exemplaire à Silverstone, ce ne sera plus la peine de penser au championnat », avait-il prévenu au soir du GP de France. Depuis, McLaren a mené à Monza des essais intensifs qui ont principalement porté sur les réglages, car aucune évolution n'apparaît ici. Cependant, Coulthard veut encore croire au potentiel de la complexe MP4/16: « Ici, l'objectif est d'inscrire les dix points de la victoire. Il n'y en a pas d'autres ! »


McLaren fait aussi face à des rumeurs insistantes autour du futur de Mika Häkkinen. Plusieurs journaux relaient que le double champion du monde aurait fait part à Ron Dennis de son désir de prendre sa retraite, ou du moins une année sabbatique, à l'issue de cette saison 2001. L'intéressé dément formellement dans un communiqué: « J'ai pris quelques vacances en Finlande. mais elles ont été quelque peu perturbées par les spéculations de la presse. L'équipe a une option sur moi pour 2002 et je discute actuellement avec Ron Dennis. Je suis très décontracté quant à ma situation mais, comme je l'ai déjà dit, mon principal objectif est de gagner des courses et c'est sur quoi je me concentre pour Silverstone. » Reste que Häkkinen vit une saison misérable (9 points en 10 courses...), n'a même pas pu prendre le départ du récent GP de France à cause d'une panne sur la grille, et paraît de plus en plus détaché, étranger à la vie du paddock. Il est las, incontestablement. On s'interroge. Que McLaren peut-elle bien attendre d'un pilote démotivé ? Keke Rosberg monte au créneau pour défendre son client et ami: « Mika n'a plus rien à prouver. Sa mauvaise saison est uniquement la faute de son écurie ! »


Après son succès à Magny-Cours, Michael Schumacher peut égaler ce week-end le record de 51 victoires en Formule 1 détenu par Alain Prost. Tel n'est cependant pas son objectif. Le « Kaiser » souhaite accroître encore son avance sur David Coulthard pour s'assurer au plus vite de sa quatrième couronne, envisageable dès le GP de Hongrie. Et pour ce week-end anglais, Schumacher fait justement de l'Écossais et de McLaren ses premiers adversaires, ce qui surprend quelque peu, puisque depuis le début de l'été il a surtout subi la concurrence de son frère Ralf et des Williams-BMW. Mais Schumacher pense que le temps frais annoncé sera beaucoup plus favorable aux pneus Bridgestone qu'aux Michelin. Et évidemment, si la pluie, sa meilleure alliée, pouvait s'en mêler...


Jean Alesi a vécu un Grand Prix de France catastrophique: durant tout le week-end, le vétéran avignonnais s'est plaint du comportement erratique de sa Prost AP04 évoluée, sans parvenir à se faire entendre de son équipe qui l'accusait plus ou moins de reporter sur sa machine ses propres insuffisances. Pour le directeur sportif Joan Villadelprat et le directeur technique Henri Durand, Alesi n'a pas su adapter sa conduite au nouveau modèle. Or, quelques jours après ce triste week-end, son ingénieur Andy Le Fleming le prévient qu'après analyse son châssis souffrait bel et bien d'un problème, sans doute au niveau du fond plat. Comme toujours un peu trop impulsif, Alesi se jette sur son téléphone et vide son sac à ses amis journalistes. Le 11 juillet, quelques jours avant le GP de Grande-Bretagne, il accorde à L'Équipe un entretien « explosif » où il donne sa propre version de sa méforme de Magny-Cours, n'épargnant ni Alain Prost, ni le staff technique. Cette diatribe est très mal accueillie par l'écurie. En Angleterre, Prost et Alesi s'ignorent ostensiblement...


Cela gronde aussi chez Jordan-Honda à cause des performances décevantes des EJ11. Jusqu'alors patient et placide, Jarno Trulli hausse brusquement le ton ce week-end: « Notre voiture a atteint certaines limites dans son développement. J'utilise en course le moteur de Melbourne et nos pneus s'usent trop. Ce n'est pas normal. » Eddie Jordan laisse Trulli vider son sac, car il a suffisamment à faire avec Heinz-Harald Frentzen. Entre les deux hommes, les ponts sont désormais coupés. Jordan accuse Frentzen de nonchalance, de défaitisme. Frentzen renvoie Jordan à ses mensonges. Ce dernier l'avait assuré l'an passé que son ingénieur Sam Michael resterait à ses côtés. Il a filé chez Williams. Jordan avait promis une bonne voiture et un moteur Honda puissant. On est loin du compte. Néanmoins, à Silverstone, Eddie Jordan refuse de s'étendre sur ses rapports avec Frentzen ou sur ses difficultés techniques. Et s'en tire par une pirouette: « De toute façon, dans deux ans, j'aurais tout vendu à Honda ! » Les Japonais ne rient pas.


La « Buttonmania » de l'an 2000 n'est plus qu'un lointain souvenir. Après une première saison très brillante chez Williams-BMW, le jeune pilote anglais se noie cette saison chez Benetton-Renault. Aux prises avec une monoplace catastrophique, peu soutenu par l'exigeant Flavio Briatore, il est constamment dominé par Giancarlo Fisichella et accumule les prestations décevantes. Aussi, la presse britannique s'étend désormais avec malveillance sur son fastueux train de vie (deux villas, quatre bolides personnels...) et ricane de sa relation avec la chanteuse Louise Griffiths. Pour les tabloïds, la cause est entendue. Comme un garçon de 21 ans passé du néant à la gloire en quelque mois aurait-il pu garder la tête froide ? Button s'égare dans les mondanités et gâche son talent. Et puis, avec l'émergence des Montoya, Räikkönen, Heidfeld et autres Alonso, ne serait-il pas déjà un « ringard » ? Frank Williams défend avec fermeté celui qui reste son protégé: « Jenson traverse une sale période, mais il a un vrai talent. » Son agent David Robertson est plus maladroit: « L'hystérie autour de Montoya est inacceptable. Il est stupide de lui tresser des lauriers en oubliant le travail accompli par Jenson chez Williams l'an dernier ! » En l'occurrence, on attend que Button élève son niveau avec Benetton. « J'ai remarqué que j'étais souvent derrière Fisichella, mais je ne vais pas me contenter de ça longtemps ! » tonne-t-il, sous le regard sceptique de ses compatriotes.


Eddie Irvine dispute lui aussi son Grand Prix national, enveloppé d'amertume. Son podium de Monaco fut sans lendemain et sa Jaguar-Ford ne cesse de le décevoir. La fausse arrivée d'Adrian Newey a salé ses plaies. « Je croyais beaucoup en sa venue. Conduire une voiture dessinée par quelqu'un qui a amené Mansell, Prost, Hill, Villeneuve et Häkkinen à la consécration mondiale, c'était un beau rêve. » Alors, pour se distraire, Irvine tire sur sa cible favorite, Rubens Barrichello: « Comme il n'a rien compris au système Ferrari, il se croit obligé de pleurer tout le temps ! » Le Brésilien lui répond: « Eddie devrait fermer sa gueule, et se souvenir que j'ai marqué plus de points que lui lorsque nous étions équipiers chez Jordan ! » Bien répondu. Seulement, Barrichello ne s'arrête pas là et, interrogé sur la situation au championnat, trouve le moyen de vexer un autre pilote: « À mon avis, la concurrence d'Häkkinen manque à Schumacher. Il a besoin de quelqu'un pour le pousser dans ses retranchements. Je ne crois pas que Coulthard y parvienne. » Simone Abdelnour, la compagne brésilienne de l'Écossais, lui répète les propos de Barrichello. Coulthard s'agace. Et finit par être d'accord avec Irvine : « Rubinho » parle trop sans réfléchir...


Minardi a récemment testé à Monza le jeune pilote malais Alex Yoong avec l'objectif de le titulariser à moyen terme. Âgé de 25 ans, celui-ci a été sacré vice-champion de Formule Asie en 1995, mais sa carrière européenne ultérieure en F3 britannique et F3000 ne fut pas des plus reluisantes. Cependant, Yoong apporterait avec lui de puissants subsides malais dont Minardi a grand besoin. La presse annonce son arrivée à compter du GP de Hongrie, en remplacement du très médiocre Tarso Marques. Toutefois, Paul Stoddart indique que rien n'est encore signé, et de toute façon Yoong doit encore parcourir de nombreux kilomètres en essais pour obtenir sa superlicence.


Lâché par Asiatech, Tom Walkinshaw avait prévu d'annoncer à Silverstone la signature d'un accord Arrows-Ford-Cosworth pour 2002. Assez curieusement, il s'est adressé aux dirigeants de l'équipe Jaguar, mandatés par la « maison mère » Ford. Le souci est que si Niki Lauda lui a promis le même V10 que Jaguar, Bobby Rahal ne s'est engagé que pour un V10 « génération précédente », c'est-à-dire le Cosworth de cette saison 2001... Walkinshaw a donc momentanément gelé les transactions. À Ford de trancher entre Lauda et Rahal. On dit que cela fait beaucoup rire chez Asiatech...


Ce Grand Prix marque aussi le cinquantième anniversaire de la première victoire de Ferrari en Formule 1, le 14 juillet 1951, avec la 375 pilotée par José Froilán González. Si l'ancien pilote argentin, âgé de 78 ans, n'a pas pu effectuer le déplacement pour des raisons de santé, son rutilant bolide, propriété de Bernie Ecclestone, est bel et bien présent, jalousement gardé sous la grande tente Shell par Emer Vecchi, l'ancien mécanicien de González. Dimanche matin, Michael Schumacher parcourt quelques tours de circuit à son volant, après avoir attentivement écouté les recommandations de Vecchi.


Jeudi soir, c'est un Nick Heidfeld passablement essoufflé qui arrive à Silverstone. Le jeune pilote Sauber a été victime d'une aventure peu banale. Arrivé à Heathrow en compagnie de son manager Werner Heinz, il s'est engouffré dans un Scénic de location pour rejoindre le circuit. Mais, englué dans un terrible embouteillage (un de plus), le véhicule a surchauffé et son moteur, probablement victime d'une fuite d'huile, a soudain pris feu. Heidfeld a alors bondi hors de l'habitacle pour éteindre le départ de flammes... en urinant, faute d'extincteur ! Le soir, son aventure fait le tour du paddock.


Ferrari bénéficie ici d'un V10 un peu plus puissant, utilisé seulement en qualifications. McLaren a éprouvé à Monza une nouvelle suspension arrière plus légère, mais celle-ci n'apparaîtra qu'au GP d'Allemagne. La Williams-BMW est pourvue de nouveaux déflecteurs entre les roues avant, destinés à améliorer la circulation du flux d'air dans cette zone très perturbée. Jordan joue ici à domicile et apporte pas moins de quatre voitures, munies d'un nouvel aileron arrière. En outre, Frentzen adopte pour la première fois les grands déflecteurs qui étaient jusqu'ici l'apanage de Trulli. Jaguar a modifié le profil de son diffuseur: la partie centrale est redressée vers le haut. La Sauber C20 reçoit une large évolution: nouveau dessin pour les diffuseurs derrière les roues avant et écopes de frein type Ferrari. L'équipe suisse utilise aussi sa nouvelle assistance de direction, éprouvée à Monza. Les BAR sont toutes pourvues de la nouvelle suspension arrière fabriquée par Honda, qui se caractérise par un poussoir en carbone. Après un GP de France désastreux, Prost GP reprend les déflecteurs et le diffuseur de la première version de l'AP04. Un problème de cotes serait en cause... Benetton-Renault utilise ce week-end pour la première fois le démarrage électronique. L'Arrows reçoit un petit aileron installé au-dessus de l'axe des roues arrière, un dérivé des mini-profils vus à Monaco. L'A22 adopte aussi les larges écopes de frein type Ferrari. Enfin, Minardi prépare pour Hockenheim l'arrivée de sa nouvelle boîte de vitesses à carter en titane.


Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent sous un ciel couvert et dans une tiédeur toute britannique (14°C). Les McLaren se montrent très compétitives et Häkkinen réalise le meilleur temps de la journée (1'22''287''') devant Coulthard. M. Schumacher est ralenti par une crevaison. La pluie tombe en fin de séance et quelques pilotes, dont M. Schumacher, prennent la piste en pneus sculptés, sans autorisation de Charlie Whiting qui n'avait pas encore fait passer le message « wet track ». Résultat: 2500 dollars d'amende pour les contrevenants. Samedi matin, la pluie est de nouveau au rendez-vous. M. Schumacher signe le meilleur chrono (1'31''430''') pendant que beaucoup de pilotes partent à la faute, mais seul Villeneuve reste planté dans les graviers.


L'après-midi, les qualifications se déroulent sous le soleil. Les pilotes prennent la piste très tard, seulement dans la seconde demi-heure, et c'est alors que survient une panne de chronométrage qui heureusement sera réglée avant le drapeau à damier. M. Schumacher réalise la 40e pole position de sa carrière (1'20''447'''), mais sa toute première à Silverstone. Barrichello (6e) est content de sa Ferrari mais a buté sur du trafic. Les McLaren-Mercedes sont ici les premières rivales des Ferrari. Häkkinen (2e) manque la pole pour seulement un dixième, après avoir été gêné par une Benetton. Coulthard se classe troisième, mais à tout de même 4/10e de son équipier. Les Jordan-Honda brillent: Trulli se classe quatrième malgré un souci de suspension arrière et précède à nouveau Frentzen (5e). Les Sauber-Petronas (Räikkönen 7e, Heidfeld 9e) sont rapides sur un circuit qui traditionnellement ne leur convient guère. Williams peine à équilibrer sa FW23, et hélas la qualification est loin d'être optimale: Montoya (8e) doit se rabattre sur le mulet après avoir cassé une suspension et R. Schumacher (10e) est englué dans le trafic de fin de séance.


Les BAR-Honda peuplent la sixième ligne: Panis (11e) devance Villeneuve (12e), victime d'une panne en fin de qualifications. Chez Jaguar, de la Rosa (13e) précède Irvine (15e) qui connaît une rude journée: panne hydraulique le matin, bris de suspension l'après-midi. Les Prost-Acer (Alesi 14e, Burti 16e) sont plus performantes qu'à Magny-Cours, malgré un assez gros sous-virage. Les Arrows-Asiatech (Verstappen 17e, Bernoldi 20e) ne décollent pas du fond de grille. Les Benetton sont affectées d'un fort sous-virage et pâtissent de la faiblesse de leur V10 Renault. Button (18e) devance Fisichella (19e) qui a perdu du temps de roulage la veille. Alonso arrache le 21e temps avec sa Minardi, tandis que son équipier Marques, victime d'un moteur capricieux, échoue sous la barre des 107 %. Paul Stoddart et son directeur sportif Frédéric Dhainault plaident les circonstances exceptionnelles pour le repêcher, mais les commissaires restent inflexibles. Le week-end du Brésilien est terminé.


Le Grand Prix

Dimanche matin, les McLaren-Mercedes dominent le warm-up et le meilleur chrono revient à Coulthard (1'22''994''') devant Trulli et Häkkinen. Heidfeld se plante dans un bac à graviers.


La course se déroule sous un ciel couvert mais non menaçant. La plupart des pilotes prévoient deux arrêts. Les Ferrari et la Williams de R. Schumacher sont cependant sur une stratégie à un seul pit-stop. On guette aussi la performance en course des pneus Michelin, jusqu'ici largement dominés ici par Bridgestone.


Départ: M. Schumacher garde l'avantage devant Häkkinen tandis que Trulli fait l'intérieur à Coulthard dans la courbe de Copse. L'Écossais se rabat légèrement vers la droite tandis que l'Italien s'accroche à la corde, et c'est la touchette. Coulthard exécute un tête-à-queue qui le projette au niveau de la sortie des stands, tandis que Trulli, museau cassé, tire droit dans le décor. Derrière, Villeneuve bouscule son équipier Panis qui est précipité dans le bac à graviers et s'y enlise.


1er tour: Trulli et Panis, plantés sur les graviers, sortent de leurs machines, tandis que Coulthard a pu repartir. Frentzen a ramassé des débris et se fait doubler par les deux Sauber. M. Schumacher devance Häkkinen, Montoya, Barrichello, R. Schumacher, Räikkönen Heidfeld, Frentzen, Alesi et Villeneuve.


2e: Plus léger en carburant, Häkkinen talonne M. Schumacher et se blottit dans ses échappements. Coulthard occupe la 18e place.


3e: Schumacher et Häkkinen sont roues dans roues. Léger en essence, Verstappen prend la 10e place à Villeneuve. Victime d'un bris de suspension, Coulthard part en tête-à-queue à Priory et atterrit dans le sable. Il doit cette fois abandonner.


4e: Häkkinen maintient la pression sur Schumacher. Montoya est relégué à trois secondes des leaders. Verstappen efface Alesi. Fisichella sort dans les graviers à la sortie de Copse, mais parvient à se remettre en piste.


5e: M. Schumacher sort un peu large de la courbe de Copse. Parfaitement placé à l'intérieur, Häkkinen saisit cette opportunité pour dépasser l'Allemand à la réaccélération, et prend ainsi les commandes de la course.


6e: Häkkinen s'échappe facilement et prend plus de deux secondes d'avance sur M. Schumacher dont le réservoir est bien plus lourd. Burti se range le long du muret des stands avec un moteur en feu.


7e: Häkkinen tourne deux secondes au tour plus vite que M. Schumacher. Également très chargé en carburant, Barrichello doit retenir R. Schumacher et les Sauber.


8e: Häkkinen devance M. Schumacher (8s.), Montoya (9.8s.), Barrichello (15s.), R. Schumacher (16.5s.), Räikkönen (17.2s.), Heidfeld (18.4s.), Frentzen (19s.), Verstappen (25s.), Alesi (32s.), Villeneuve (33s.) et de la Rosa (34s.).


10e: Häkkinen tourne en 1'24''072''' et s'est forgé une impressionnante avance de onze secondes sur M. Schumacher. Montoya est à une seconde et demie du pilote Ferrari.


11e: Barrichello retient un peloton comprenant R. Schumacher, Räikkönen, Heidfeld et Frentzen. Villeneuve prend la 10e position à Alesi.


13e: Häkkinen compte quinze secondes d'avance sur M. Schumacher. Montoya n'est plus qu'à une seconde et demie de celui-ci et va lui reprendre plusieurs dixièmes au tour suivant..


15e: Häkkinen précède M. Schumacher (19.5s.), Montoya (20.3s.), Barrichello (32s.), R. Schumacher (33.5s.), Räikkönen (34.5s.), Heidfeld (35.5s.), Frentzen (7s.), Verstappen (45s.) et Villeneuve (54s.).


17e: Montoya met la pression sur Schumacher. Häkkinen a pris vingt secondes d'avance sur ce duo. Il lui manque encore environ cinq secondes pour repartir premier après son premier arrêt.


18e: Grâce à une excellente motricité, Montoya sort de Woodcote dans les échappements de Schumacher, prend son aspiration à l'accélération puis le déboîte par l'intérieur avant Copse. Schumacher ne se défend pas.


19e: Häkkinen mène devant Montoya (25s.), M. Schumacher (27.5s.), Barrichello (38s.), R. Schumacher (39s.), Räikkönen (40s.), Heidfeld (41s.) et Frentzen (42.3s.).


20e: Räikkönen passe chez Sauber pour son premier arrêt-ravitaillement, puis se relance en dixième position, devant Alesi.


21e: Häkkinen rencontre les premiers attardés. Il possède vingt-cinq secondes d'avance sur Montoya, trente-et-une secondes sur M. Schumacher. Heidfeld ravitaille à son tour et repart derrière Räikkönen.


22e: Häkkinen stoppe chez McLaren pour un premier ravitaillement assez court (7s.). Il repart derrière Montoya mais devant Schumacher. Verstappen et Button ravitaillent pour la première fois.


23e: Häkkinen est dans les roues de Montoya. M. Schumacher est à sept secondes de ceux-ci. À vingt secondes du leader, Barrichello et R. Schumacher sont roues dans roues. Premiers arrêts pour Bernoldi et Alonso.


24e: Frentzen passe chez Jordan pour un pit-stop et ressort derrière les Sauber. Premier arrêt aussi pour Fisichella.


25e: Montoya fait escale chez Williams pour son premier pit-stop (8.2s.). Sa stratégie n'est pas optimale puisqu'il repart cinquième, derrière Barrichello et R. Schumacher.


26e: Häkkinen précède M. Schumacher (7.5s.), Barrichello (19s.), R. Schumacher (21s.), Montoya (24s.), Villeneuve (51s.), Räikkönen (52s.), Heidfeld (53s.), Frentzen (57s.) et Alesi (1m. 09s.).


27e: Häkkinen est le plus rapide sur le circuit (1'23''514''') et repousse M. Schumacher à neuf secondes. Sixième, Villeneuve retient difficilement les Sauber de Räikkönen et Heidfeld.


29e: Douze secondes séparent Häkkinen et M. Schumacher. Montoya a fait la jonction avec son équipier R. Schumacher, toujours bloqué derrière Barrichello. Ce trio est à trente secondes du leader.


30e: Häkkinen est gêné après Bridge par Irvine, lequel entre aux stands pour ravitailler dans la foulée. Alesi observe son unique arrêt, lequel s'éternise onze secondes, ce qui permet à Irvine de repartir devant lui.


31e: Häkkinen devance M. Schumacher (11.7s.), Barrichello (34s.), R. Schumacher (34.8s.), Montoya (35.7s.), Villeneuve (1m. 03s.), Räikkönen (1m. 04s.), Heidfeld (1m. 05s.), Frentzen (1m. 09s.) et de la Rosa (-1t.).


32e: Villeneuve passe chez BAR pour ravitailler en douze secondes, puis repart derrière de la Rosa et Verstappen.


33e: Häkkinen a repoussé M Schumacher à treize secondes. Barrichello retient les Williams-BMW, et Montoya se morfond derrière son équipier. Sa stratégie à deux arrêts est en train d'être sabotée...


34e: Häkkinen réalise le meilleur tour de la course (1'23''405''''). De la Rosa arrive chez Jaguar pour ravitailler, mais le coupleur d'essence refuse de fonctionner. Le Catalan est renvoyé en piste sans avoir remis de carburant.


35e: R. Schumacher s'arrête chez Williams pour ravitailler. Là aussi, le coupleur fonctionne mal et le jeune Allemand ne redémarre qu'au bout de douze secondes. De la Rosa revient aux stands, et cette fois-ci la « seringue » fonctionne.


36e: R. Schumacher a quitté les stands juste devant Heidfeld et Frentzen. Ce dernier attaque le pilote Sauber par l'intérieur à Stowe, mais Heidfeld garde l'avantage. Frentzen retente sa chance à Club, mais il freine bien tard et de nouveau reste derrière son compatriote.


37e: Häkkinen compte dix-huit secondes de marge sur M. Schumacher. R. Schumacher se gare dans une échappatoire, moteur muet.


39e: Häkkinen a pris vingt secondes d'avance sur Schumacher. Il s'engouffre aux stands à la fin de ce tour pour son second arrêt.


40e: Häkkinen prend de l'essence et des pneus rodés (8s.), puis ressort en tête puisque M. Schumacher arrive chez Ferrari pour son unique pit-stop (8.2s.). L'Allemand repart derrière Barrichello et Montoya. Second arrêt de Button.


41e: Häkkinen compte 17 secondes d'avance sur Barrichello. Räikkönen et Verstappen ravitaillent pour la seconde fois. Alonso perd sa roue avant-gauche à l'entame de Woodcote. Par chance, le jeune Espagnol parvient à rejoindre les stands, où il ravitaille et reçoit quatre roues neuves.


42e: Montoya effectue un deuxième ravitaillement médiocre (11s.). Heidfeld et Frentzen ravitaillent de concert et repartent dans cet ordre derrière Räikkönen. Barrichello entre aux stands en fin de tour.


43e: Barrichello prend des gommes rodées et un peu d'essence au cours d'une opération assez rapide (8.5s.), qui lui permet de repartir devant Montoya. Fisichella et Bernoldi stoppent pour la deuxième fois et repartent côte à côte. L'Italien s'impose face au Brésilien à la sortie des stands.


44e: Häkkinen mène devant M. Schumacher (20s.), Barrichello (44s.), Montoya (48s.), Räikkönen (1m. 15s.), Heidfeld (1m. 20s.) et Frentzen (1m. 28s.). Irvine menace Villeneuve pour la huitième place.


45e: Irvine subit son second ravitaillement et conserve sa neuvième position.


47e: Souverain, Häkkinen roule une seconde au tour plus vite que M. Schumacher, relégué à vingt-deux secondes.


48e: Häkkinen devance M. Schumacher (23.7s.), Barrichello (48s.), Montoya (53s.), Räikkönen (1m. 22s.), Heidfeld (1m. 30s.), Frentzen (-1t.), Villeneuve (-1t.), Irvine (-1t.) et Verstappen (-1t.).


50e: Vingt-six secondes séparent Häkkinen et Schumacher. Montoya ne parvient pas à menacer Barrichello, bien plus rapide dans ce deuxième relais.


52e: Häkkinen compte vingt-huit secondes de marge sur Schumacher. Barrichello a semé Montoya, relégué à huit secondes.


55e: Häkkinen précède M. Schumacher (29s.), Barrichello (53s.), Montoya (1m. 01s.), Räikkönen (-1t.), Heidfeld (-1t.), Frentzen (-1t.) et Villeneuve (-1t.).


57e: Rien à signaler en cette fin d'épreuve. Trente secondes séparent Häkkinen et M. Schumacher. Barrichello, repoussé à près d'une minute, doit contenir son « ami » Irvine qui tente de se dédoubler.


59e: Häkkinen finit la course sous les vivats de la foule, avec plus de trente secondes d'avantage sur Schumacher.


60e et dernier tour: Mika Häkkinen remporte le GP de Grande-Bretagne devant les Ferrari de Schumacher et Barrichello. Montoya se classe quatrième. Räikkönen (5e) et Heidfeld (6e) engrangent trois points pour Sauber. Frentzen, Villeneuve, Irvine, Verstappen, Alesi, de la Rosa, Fisichella, Bernoldi, Button et Alonso rejoignent aussi l'arrivée.


Après la course: la résurrection d'Häkkinen

Hissé sur les épaules de Jo Ramirez, Mika Häkkinen rejoint la première marche d'un podium sous les hourras de la foule britannique. Bercé par l'émotion, le Finlandais affiche un radieux sourire qu'on ne lui avait pas vu depuis longtemps. Il a enfin vaincu la poisse ! Onze mois s'étaient écoulés depuis sa dernière victoire, au GP de Belgique 2000. Jusqu'ici, sa saison 2001 n'avait été qu'un long cauchemar, une cascade de pannes stupides, la plus cruelle l'ayant frappé à Barcelone, dans le dernier tour d'une course qu'il était sur le point de gagner... « L'idée que l'on parviendra plus à triompher est une angoisse pour un pilote », relevait-il il y a peu. Ici, à Silverstone, Häkkinen a enfin retrouvé la réussite. Pour une fois, McLaren a choisi la meilleure stratégie, avec deux arrêts aux stands. Avec en moyenne 40 à 50 kg d'essence embarquée de moins que les Ferrari, la Flèche d'Argent volait sur la piste, et un Häkkinen des grands jours a su cueillir les lauriers sans flancher. « Je me sens vraiment bien ! soupire-t-il. Cela faisait si longtemps que je n'étais pas grimpé là-haut ! Je suis heureux de gagner ici. J'avais souvent gagné à Silverstone en F3, mais jamais jusqu'ici en F1. Cela manquait à mon album de souvenirs ! Nous avons produit un grand spectacle. La voiture marchait bien et nous avions choisi la bonne stratégie. J'ai été surpris du manque de rapidité de Schumacher au début de la course. J'ai même pensé qu'il avait un problème. À Copse, j'ai eu l'opportunité de passer et je l'ai saisie. Puis, j'ai attaqué un maximum durant tout l'après-midi, mais après le drapeau à damier, j'ai ralenti un maximum pour profiter de l'instant et des bravos du public. »


Après une série de courses difficiles, la McLaren-Mercedes a donc repris vie à Silverstone, et Häkkinen souligne les progrès enregistrés, qu'il met en partie au crédit des Bridgestone: « Nous avons effectué des essais très fructueux avant d'arriver ici. Nous avons trouvé un bon équilibre général et surtout les pneus correspondent désormais beaucoup mieux à mon style de pilotage. Le sous-virage, que je n'aime pas, est aussi atténué. Je peux attaquer dans tous les virages, choisir ma trajectoire favorite, ce qui n'était pas le cas jusqu'ici. » C'est toutefois ce qu'affirme Häkkinen à la presse car, avant de rejoindre le podium, il confie à son épouse Erja que la McLaren était « vraiment difficile à conduire »...


Si Häkkinen revit, David Coulthard est ce soir au trente-sixième dessous. Éliminé par sa collision avec Jarno Trulli, le pilote écossais concède maintenant 37 points à Michael Schumacher à six courses du terme de la saison. Ses chances de titre sont définitivement réduites à néant. « Ce n'est pas la façon dont je pensais terminer mon Grand Prix national, soupire-t-il. J'étais devant à l'extérieur du premier virage. C'est une courbe ouverte et je pensais que Trulli m'aurait laissé la place, mais il ne l'a pas fait et m'a percuté. J'ai continué, mais je savais que la suspension était touchée. Je n'ai pas été surpris de sortir... » Bien sûr, Trulli a une autre vision des choses: « J'avais l'avantage à la corde. David m'a fermé la porte. Peut-être a-t-il voulut me sortir ? ² » Difficile cependant, à la vue des images, de ne pas les renvoyer dos à dos.


Michael Schumacher se contente sagement de sa seconde place qui lui permet d'accroître encore son avantage au championnat. Il a désormais le titre à portée de main, et ne s'attarde pas trop sur cet après-midi où Ferrari avait choisi la mauvaise stratégie à un seul arrêt. Schumacher est du reste mécontent de la F2001 et surtout des pneus Bridgestone: « La Ferrari n'était pas aussi bonne que je l'aurais voulu, constate-t-il. L'équilibre était très perfectible. Ma principale préoccupation fut de rester sur la piste et lorsque Häkkinen a surgi à mes côtés, je ne pouvais rien faire. Nous avions choisi de nous arrêter une seule fois, mais je ne crois pas qu'une autre stratégie aurait changé grand-chose, à moins de garder Mika derrière moi, ce qui était impossible. Nous n'avions pas une connaissance suffisante des nouveaux Bridgestone, surtout que les conditions météorologiques ont changé tout au long du week-end. Nous n'étions tout simplement pas assez rapides. » Néanmoins, Rubens Barrichello finit lui aussi sur le podium et permet à Ferrari d'envisager le titre des constructeurs à court terme. Il pourrait être acquis dès le mois d'août en Hongrie.


Le trio Williams-BMW-Michelin n'a pas brillé à Silverstone. Mais si Ralf Schumacher a été stoppé par une nouvelle casse moteur, Juan Pablo Montoya pouvait faire mieux que quatrième grâce à sa stratégie à deux arrêts. Hélas pour lui, il a perdu un temps fou derrière son équipier au début de son second relais. Ralf Schumacher explique qu'il n'a pas voulu laisser passer Montoya parce qu'il était « certain de pouvoir surprendre Barrichello » ... Le Colombien est furieux. « Je pense que j'aurais pu finir troisième, affirme-t-il. Mais nous avons joué une stratégie qui n'a pas vraiment payé. Je suis resté bien trop longtemps derrière Rubens et Ralf ! Cependant, je n'étais pas optimiste en arrivant ici. Après les essais, j'aurais signé pour prendre un seul point, alors trois ce n'est pas mal ! » Montoya n'en pense pas un mot. Dès qu'il a achevé son laïus pour les journalistes, il quitte le stand Williams avec sa compagne Connie, sans dire un mot à quiconque. Frank Williams et Patrick Head sont estomaqués par ce comportement cavalier. Il est vrai qu'ils n'ont pas retenu non plus Ralf Schumacher, déjà en route pour Londres...


On retiendra aussi la belle prestation de Sauber qui inscrit trois nouveaux points grâce à ses jeunes loups Kimi Räikkönen et Nick Heidfeld, et conforte sa belle quatrième place au championnat des constructeurs. « C'est un grand jour pour nous ! Terminer 5e et 6e avec une opposition aussi forte consolide ce que nous avons construit cette saison ! » s'enthousiasme Peter Sauber en savourant un cigare. Le jeune Kimi Räikkönen, brillant cinquième, ne se laisse pas griser par le succès: « L'écurie a encore un gros potentiel de progression. Mais pour le moment, je suis juste heureux de courir en F1. C'est ce dont j'ai besoin. Pas d'un avion ou d'un hélicoptère: juste rouler. » Si le froid Finlandais n'affiche pas beaucoup d'ambition, son agent Steve Robertson en a pour deux et proclame: « Dans un an, Kimi sera champion du monde ! » Werner Heinz, le mentor de Nick Heidfeld, rigole: « Les Robertson n'ont jamais peur de rien ! » Certes, mais ils ne parlent sans doute pas au hasard. Räikkönen pourrait bien prendre la place d'un autre Finlandais chez McLaren en 2002...


Sources :

- Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2001-02, Chronosports Editions, 2001

- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2001, Paris, Solar, 2001

- Sport auto, août 2001

- Auto hebdo, 18 juillet 2001

Tony