Giancarlo FISICHELLA
 G.FISICHELLA
Benetton Playlife
Mika HAKKINEN
 M.HAKKINEN
McLaren Mercedes
Eddie IRVINE
 E.IRVINE
Ferrari

636. Großer Preis

XXXVII Grand Prix du Canada
Sonnig
Montréal
Sonntag, 13. Juni 1999
69 Runden x 4.421 km - 305.049 km
Affiche
F1
Coupe

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Fahrer
Konstruktor
Motor
L'accrochage entre Jarno Trulli et Jean Alesi lors du départ.

Ford rachète Stewart GP

 

Présentation de l'épreuve

L'écrasante domination des McLaren-Mercedes à Barcelone a quelque peu ébranlé Michael Schumacher et Ferrari qui occupent néanmoins toujours les commandes des deux championnats. Mika Häkkinen espère ici enchaîner une seconde victoire de rang, mais il se rappelle que McLaren n'a plus gagné au Canada depuis 1992. Lui-même a toujours souffert sur l'Île Notre-Dame: six abandons en sept participations !... « C'est l'une des pistes les plus difficiles qu'il soit », explique le Finlandais. « Elle est très difficile techniquement, les réglages sont délicats à trouver car l'adhérence est très évolutive. On roule avec peu d'appui et on pilote sur le fil du rasoir. Personnellement, je ne me sens pas à l'aise ici. Bien sûr, si je gagne dimanche, je changerai d'avis ! » A contrario, le circuit Gilles-Villeneuve sourit depuis deux ans à Michael Schumacher qui espère y remporter sa troisième victoire en trois ans. Le double champion du monde, serein, s'est même offert quelques petites vacances après le GP d'Espagne, laissant à Eddie Irvine le soin de réaliser quelques essais de développement.

 

Comme tous les ans, Jacques Villeneuve est l'objet de la fiévreuse attention de ses fans québécois, mais celle-ci lui pèse de plus en plus. Le champion du monde 1997, peu expansif de nature, ne goûte guère ce qu'il assimile à un véritable harcèlement. Il délègue ainsi la signature de ses autographes à son ingénieur Jock Clear (!) et se terre dans sa suite de l'Hôtel Omni de Montréal, en compagnie de sa nouvelle girlfriend, la chanteuse Dannii Minogue, la sœur de Kylie. Villeneuve n'en sort que pour se rendre sur le circuit, ainsi que pour recevoir des mains du Premier ministre Lucien Bouchard ses insignes d'officier de l'Ordre du Québec. Pour la circonstance, il enfile un veston sport, mais néglige la cravate. On ne se refait pas... BAR attend pourtant de son pilote une présence plus enthousiaste car l'écurie de Brackley est ici en quête de nouveaux sponsors. En effet, le budget initial avancé par BAT, évalué à 500 millions de dollars, apparaît comme insuffisant au regard des ambitions affichées. Le déficit structurel, évalué en début d'année à 6 millions de dollars, est largement dépassé. Voilà pourquoi le directeur du marketing Tom Moser utilise Villeneuve pour ériger British American Racing en « équipe nationale canadienne ». L'objectif est atteint puisque Craig Pollock signe à Montréal un contrat pluriannuel avec l'opérateur canadien des télécoms Téléglobe.

 

Après deux mois de convalescence, Ricardo Zonta fait son retour au volant de la BAR 001. Le jeune Brésilien a participé à des essais privés à Silverstone avant de se rendre au Canada, où le Dr. Watkins l'a jugé bon pour le service. Mika Salo achève de ce fait son intérim... et se retrouve le bec dans l'eau. Le Finlandais avait signé le mois précédent un contrat avec la future écurie 100 % Honda, mais le projet vient d'être abandonné à cause de l'alliance entre le constructeur japonais et... BAR. Salo n'a plus qu'à se mettre en quête d'un volant pour la saison 2000.

 

Vendredi 11 juin, Jackie Stewart découpe le gâteau offert par ses hommes pour son 60ème anniversaire. Le champion écossais n'a pas besoin de cadeau, puisqu'il vient de vendre son écurie à Ford pour une bonne centaine de millions de dollars ! En 2000, Stewart GP deviendra ainsi Jaguar Racing, Ford ayant décidé de mettre en avant le prestigieux constructeur britannique. Ce même jour, Jean Alesi fête ses 35 ans avec toute l'équipe Sauber. Surgit son ami Michael Schumacher... qui lui déverse sur la tête le contenu d'un bac d'eau glacé ! Ach, l'humour... Plus émouvant, tombé en panne à l'issue de la séance libre, l'Avignonnais lance son casque et ses gants dans les tribunes pour remercier les supporteurs québécois qui l'ont toujours encouragé, notamment lors de sa victoire ici en 1995.

 

Voilà dix ans qu'à chaque GP du Canada Ferrari organise au restaurant Lentini à Montréal un grand dîner réunissant tous les membres de l'équipe. Cette année toutefois, les pilotes brillent par leur absence. Eddie Irvine s'est en effet découvert de la famille à Toronto tandis que Michael Schumacher fait bande à part l'hôtel Vogue, en compagnie de son frère Ralf et de Jean Alesi. Certains y voient un symptôme de la rupture entre les deux coéquipiers qui s'évitent de plus en plus.

 

Quelques jours avant cette escale montréalaise, Bernie Ecclestone officialise le retour du Grand Prix des États-Unis en l'an 2000, sur le légendaire circuit d'Indianapolis. Les Formules 1 n'emprunteront toutefois qu'une portion du célèbre anneau avant de bifurquer vers un circuit routier en cours de construction dans l'enceinte de l'autodrome. A priori, l'arrivée du « F1 Circus » sur le théâtre des 500 Miles devrait susciter un vif intérêt parmi le public américain, même s'il y aura fort à faire pour fidéliser celui-ci. « J'ai peur que la F1 et les Américains ne soient pas sur la même longueur d'onde », redoute le pilote canadien Greg Moore. « Les Nord-Américains se moquent du high-tech, ce qu'ils veulent, c'est voir un show avec des dépassements ». En ce domaine, la discipline européenne a en effet beaucoup de retard sur l'IndyCar...

 

Le grand retour de BMW en l'an 2000 se fera sans le célèbre ingénieur Paul Rosche qui prend sa retraite et quitte la direction technique de BMW Motorsport, après 42 années au service de la firme à l'hélice. Son plus haut fait d'armes restera la conception du moteur turbo avec lequel Nelson Piquet est devenu champion du monde en 1983. Ces deux dernières années, Rosche a supervisé l'élaboration du tout nouveau V10 BMW qui propulsera les Williams l'année prochaine. Son successeur Werner Laurenz, ex-directeur du département sportif d'Audi, sera chargé d'en assurer le développement.

 

Ce Grand Prix se déroule en parallèle des 24 Heures du Mans, une épreuve qui sera marquée par les terrifiantes envolées des Mercedes CLR de Mark Webber et de Peter Dumbreck. Ces incidents n'ayant entraîné aucune blessure, une plaisanterie court dans le paddock, relayée par Auto-Hebdo: « Savez-vous que Norbert Haug était au Mans avant de rejoindre le Canada ? Hélas, il a raté son avion, alors il a pris une Mercedes !... »

 

Après le GP d'Espagne, les écuries ont mené d'intenses essais privés pour éprouver de évolutions. McLaren a ainsi testé à Silverstone un nouveau diffuseur et des échappements rehaussés, mais ces éléments n'ont pas franchi l'Atlantique. Toutefois la MP4/14 reçoit ici un nouvel aileron avant, un aileron arrière à trois éléments et retrouve les grosses écopes de frein apparues à Imola. Ferrari apporte au Québec beaucoup de nouveautés, notamment la version B du V10 048, allégé de six kilos grâce à l'emploi du béryllium et offrant quinze chevaux supplémentaires. Plus compact, ce moteur permet d'abaisser la prise d'air de la F399. Il est toutefois écarté pour la course par souci de fiabilité. Côté ailerons, Ferrari opte ici pour un faible appui. Stewart adopte de grosses écopes, mais celle-ci ont été montées trop près des disques de frein, d'où des incendies lors des essais du vendredi. Cela est résolu le lendemain. Les Benetton sont dotées de nouveaux ailerons. Celui de l'avant est composé de deux profils plats séparés par les mâts, alors qu'ils étaient naguère solidaires. Aucune B199 n'utilise le FTT. Prost GP repousse l'arrivée d'une nouvelle suspension testée à Monza et se contente de doter l'AP02 d'un nouvel aileron arrière. A noter que Prost et BAR sont les seules écuries à utiliser ce week-end de petits disques de frein à l'arrière. Chez Williams, Zanardi teste un aileron arrière puis des disques de frein Hitco, laissés de côté au profit de disques Carbone Industrie. Sauber travaille d'arrache-pied pour améliorer la fiabilité de son électronique de boîte, le principal talon d'Achille de la C18. Celle-ci bénéficie d'une évolution du V10 Petronas baptisée 03B. Enfin, Bridgestone apporte ici des gommes très endurantes qui doivent permettre aux pilotes de se contenter d'un seul arrêt en course. Mais quid de l'adhérence ?

 

Essais et qualifications

Vendredi, sous une forte chaleur, les pilotes balayent une piste poussiéreuse lors de la première séance d'essais. Diniz provoque un drapeau rouge: privé de freins, il quitte la piste au bout de la ligne droite des stands, décolle sur le gravier et heurte rudement les glissières de sécurité. Le Brésilien est indemne mais souffre du cou. Le meilleur chrono revient à Irvine qui précède Coulthard et M. Schumacher. Le mercure reste élevé pour les essais du samedi. M. Schumacher signe le meilleur temps (1'19''281''') mais ne devance les McLaren que de 2/10e.

 

L'après-midi, M. Schumacher réalise dès la première demi-heure sa première pole position en 1999 (1'19''298'''). Sur l'autre Ferrari, Irvine (3e) ne rend que 15/100e à son équipier, mais a été gêné par des drapeaux jaunes. Peu appuyées, les McLaren-Mercedes sont difficiles à piloter. Häkkinen (2e) échoue pour la première fois de la saison dans la chasse à la pole, pour 29 millièmes seulement. Coulthard (4e) est encore dominé par son collègue. Barrichello conduit sa Stewart-Ford à une superbe cinquième place et ne rend que 2/10e à Coulthard. Herbert (10e) est une fois de plus battu par le Brésilien. Frentzen (6e) se satisfait de sa Jordan-Mugen, mais Hill est frappé par une panne de moteur. L'Anglais se rabat sur un mulet affligé d'un problème de freins et ne décroche que le 14e temps. Les Benetton-Playlife sont en regain de forme après le désastre de Barcelone. Fisichella (7e) se montre à son avantage jusqu'à ce qu'il sorte de la piste. Wurz (11e) est plus en retrait.

 

Alesi (8e) tire un excellent parti de sa Sauber-Petronas et atteint la quatrième ligne... avant de tomber encore en panne. En revanche Diniz (18e), secoué par son accident de la veille, se contente de figurer. Chez Prost-Peugeot, Trulli (9e) fait encore une fois bien mieux que Panis (15e) qui se plaint d'un train arrière trop nerveux. Furieux, le Grenoblois quitte le débriefing des Bleus en claquant la porte... Williams vit des essais désastreux: Zanardi (12e) est accablé de problèmes mécaniques et R. Schumacher (13e) s'accroche avec Zonta au second tournant. Tout va mal pour les BAR-Supertec (Villeneuve 16e, Zonta 17e), trop lentes en ligne droite et trop instables en courbe. Takagi (19e) place son Arrows devant celle de de la Rosa (20e), et ce malgré un problème de moteur. Enfin, les Minardi peuplent la dernière ligne: Badoer (21e) précède Gené (22e) qui casse une suspension sur un vibreur en fin de séance.

 

Qui a dit qu'on ne rigolait plus en Formule 1 ? Lors de la conférence de presse qui suit ces qualifications, Eddie Irvine et Mika Häkkinen se livrent à une amusante bataille d'eau fraîche. Le Nord-Irlandais conduit une première offensive en faisant gicler une partie de sa bouteille sur le pilote McLaren, alors en train de répondre en finnois à une question d'un compatriote. Häkkinen contre-attaque et vide son pichet sur son assaillant, lequel prend ses jambes à son coup, sous le regard amusé de Michael Schumacher...

 

Le Grand Prix

Dimanche matin, les écuries procèdent à plusieurs expérimentations en vue de la stratégie à adopter pour la course. Coulthard (1'20''614''') précède les deux Stewart-Ford de Barrichello et Herbert. Gené s'offre une sortie de route à l'épingle. L'après-midi, le soleil brille et la chaleur enveloppe l'Île Notre-Dame. On relève 46°C sur le bitume ! Les pilotes ont opté pour les pneus Bridgestone « soft », c'est-à-dire la gamme intermédiaire entre les « très tendres » et les « durs ». Tous prévoient un unique pit-stop.

 

Départ: M. Schumacher fait patiner ses roues et coupe immédiatement la trajectoire à Häkkinen, ce qui lui permet de rester en tête. Suivent Irvine, Fisichella – très bien parti – et Coulthard. Plus loin, surpris par un écart de Frentzen, Trulli freine dans l'herbe et commet un « strike » : il heurte la roue avant-gauche de Barrichello puis s'encastre dans la Sauber d'Alesi. Celle-ci revient en piste à la sortie de l'épingle, à la hauteur de Frentzen qui l'évite de justesse.

 

1er tour: M. Schumacher mène devant Häkkinen, Irvine, Fisichella, Coulthard, Frentzen, Herbert, Zanardi, R. Schumacher et Diniz. Alesi et Trulli sont out. Le Français court enguirlander l'Italien qui l'a éliminé au départ de ce Grand Prix, exactement comme l'année précédente. Wurz rejoint les stands pour renoncer suite à un bris de demi-arbre. La voiture de sécurité intervient en fin de tour pour évacuer les voitures d'Alesi et Trulli.

 

2e: Les pilotes se rangent dans le sillage de la Safety Car. Barrichello stoppe chez Stewart pour colmater l'entrée de son ponton gauche, endommagé par Trulli. Il reste immobilisé près de trois minutes.

 

3e: La voiture de sécurité s'efface au début de cette boucle. Schumacher devance Häkkinen de quelques dixièmes. Coulthard dépasse Fisichella avant la dernière chicane. C'est à la sortie de celle-ci que Zonta heurte avec sa roue arrière-droite le mur extérieur sur lequel figure l'ironique message: « Bienvenue au Québec »... Le jeune Brésilien se gare sur le côté droit de la piste.

 

4e: Zanardi rate son freinage à l'épingle du Casino et s'extrait avec peine du bac à graviers. La voiture de sécurité revient en piste à la fin de ce tour pour évacuer la voiture de Zonta, mal placée.

 

5e: Voici déjà la deuxième neutralisation. M. Schumacher devance Häkkinen, Irvine, Coulthard, Fisichella, Frentzen, Herbert, R. Schumacher, Diniz, Villeneuve, Hill, de la Rosa, Badoer, Takagi, Gené, Panis, Zanardi et Barrichello.

 

6e: Une grue entre sur le circuit pour ôter la BAR de Zonta. Les bolides lancés à 180 km/h frôlent ainsi ce lourd engin immobilisé, ce qui fait quelque peu froid dans le dos...

 

7e: Oliver Gavin, pilote de la Safety Car, éteint ses gyrophares: le drapeau vert sera agité au prochain passage.

 

8e: La course est relancée. M. Schumacher garde un net ascendant sur Häkkinen. Coulthard se fait menaçant derrière Irvine. Frentzen repousse une attaque de Herbert.

 

9e: M. Schumacher est premier devant Häkkinen (1.5s.), Irvine (3.9s.), Coulthard (4.1s.), Fisichella (6.3s.), Frentzen (7.1s.), Herbert (8s.), R. Schumacher (9s.), Diniz (10.5s.) et Villeneuve (12s.).

 

10e: Coulthard esquisse une attaque contre Irvine à l'intérieur de l'épingle, mais le pilote Ferrari lui barre la route à la corde.

 

11e: M. Schumacher tourne en 1'22'' et compte deux secondes d'avance sur Häkkinen. Takagi effectue une excursion hors piste au Droit du Casino mais rejoint le bitume sans dommage.

 

14e: L'écart est stable entre Schumacher et Häkkinen. Coulthard pourchasse toujours Irvine.

 

15e: Hill survire à la sortie de la dernière chicane et percute le muret avec sa roue arrière-droite. Le Britannique s'immobilise un peu plus loin. Les drapeaux jaunes sont déployés mais cette fois la Safety Car s'abstient d'intervenir.

 

16e: Schumacher repousse Häkkinen à trois secondes. Barrichello met pied à terre car sa direction a trop souffert de la collision avec Trulli.

 

17e: M. Schumacher précède Häkkinen (3.3s.), Irvine (8.5s.), Coulthard (9s.), Fisichella (15s.), Frentzen (17.5s.), Herbert (18.5s.), R. Schumacher (24s.), Diniz (27s.) et Villeneuve (29s.).

 

19e: Entre deux accidents, cette course est très monotone. Coulthard pratique l'attentisme derrière Irvine. Seul Herbert tente de menacer Frentzen.

 

20e: Häkkinen s'empare du meilleur chrono (1'21''481''') et reprend quelques dixièmes à M. Schumacher.

 

21e: Schumacher mène devant Häkkinen (2.7s.), Irvine (9s.), Coulthard (10.8s.), Fisichella (18.2s.), Frentzen (21.7s.), Herbert (23s.) et R. Schumacher (26s.).

 

23e: Schumacher réplique à Häkkinen (1'20''920'''). De la Rosa ravitaille mais ne peut pas repartir, trahi par sa transmission.

 

24e: Häkkinen concède de nouveau plus de trois secondes à Schumacher. Irvine a pris du champ sur Coulthard. Herbert effectue son ravitaillement (9.5s.).

 

26e: M. Schumacher devance Häkkinen (4s.), Irvine (11.8s.), Coulthard (14.4s.), Fisichella (23.6s.), Frentzen (28.4s.), R. Schumacher (33s.) et Diniz (37s.).

 

28e: Schumacher attaque et gagne quelques dixièmes sur Häkkinen à chaque passage. Arrêt de Takagi.

 

29e: Schumacher rencontre des attardés et prend notamment un tour à Panis. Coulthard tire tout droit à l'ultime chicane, sans dommage pour lui.

 

30e: M. Schumacher escalade le vibreur de la dernière chicane... une fois de trop. Sa roue arrière-droite chevauche la bordure. La Ferrari est projetée contre le mur « Bienvenue au Québec » qu'elle heurte violemment, par l'arrière puis par l'avant. Furieux contre lui-même, l'Allemand abandonne.

 

31e: Häkkinen est désormais leader avec sept secondes d'avance sur Irvine. Coulthard évolue à onze secondes. Une grue parvient à retirer rapidement la Ferrari accidentée

 

33e: R. Schumacher part en glissade au freinage de l'épingle et exécute un passage sur les graviers. Il retrouve le bitume derrière Diniz qui conquiert ainsi la sixième place.

 

34e: Häkkinen devance Irvine (7s.), Coulthard (10.5s.), Fisichella (21s.), Frentzen (26s.), Diniz (37s.), R. Schumacher (38s.), Villeneuve (40s.), Herbert (49s.) et Badoer (1m. 10s.).

 

35e: Villeneuve dérape sur le vibreur de l'ultime chicane. Sa BAR s'écrase à son tour contre le mur Bienvenue au Québec. Il est le 4e pilote et le 3e champion du monde à taper aujourd'hui à cet endroit. Les drapeaux jaunes sont déployés dans ce secteur.

 

36e: Les mécaniciens s'activent en vue d'une réapparition de la voiture de sécurité. Fisichella et Frentzen effectuent ainsi ce qui doit être leur unique ravitaillement. Diniz et R. Schumacher reprennent aussi du carburant et des pneus neufs. Herbert procède quant à lui à une courte vérification technique.

 

37e: Häkkinen entre aux stands pour ravitailler (8.7s.). Irvine stoppe quant à lui chez Ferrari pour une opération un peu longue (12.3s.). Coulthard s'empare de la première place. Badoer, Gené et Panis passent aussi par les stands. La voiture de sécurité est envoyée en piste pour permettre l'évacuation de la BAR de Villeneuve.

 

38e: Coulthard est gêné par Takagi. Il entre aux stands en fin de tour pour ravitailler (10.4s.). Häkkinen retrouve la première place derrière la Safety Car. Zanardi ravitaille également, puis quitte les stands devant la voiture de sécurité, alors que le feu rouge était allumé à la sortie de la pit-lane.

 

39e: Coulthard reprend la piste à la hauteur de Irvine, mais du fait de la neutralisation, il doit se ranger derrière l'Irlandais.

 

40e: La Safety Car demeure en piste. Häkkinen mène la course devant Irvine, Coulthard, Fisichella, Frentzen, Diniz, R. Schumacher, Herbert, Takagi, Zanardi, Badoer, Panis et Gené. Toutefois, en piste, les attardés Badoer et Panis sont intercalés entre Häkkinen et Irvine.

 

41e: La voiture de sécurité rentre aux stands. Häkkinen n'est pas menacé par ses poursuivants car Badoer et Panis font tampon. Coulthard prend l'aspiration de Irvine et tente de le dépasser par l'extérieur au premier freinage. Tous deux se frottent, puis l'Irlandais tasse son adversaire vers la bordure. L'Écossais heurte la Ferrari avant le deuxième tournant. Irvine part en tête-à-queue mais parvient à rejoindre la piste, tout comme Coulthard qui a tiré tout droit dans l'herbe. Tout le peloton dépasse les deux Britanniques. Herbert a surpris Diniz.

 

42e: Häkkinen devance désormais Fisichella et Frentzen. Coulthard rejoint les stands pour faire vérifier sa McLaren et changer ses pneus. Il repart au bout de quatorze secondes en neuvième position et bien que sa direction soit à moitié faussée. Irvine est huitième. Takagi abandonne suite à un bris de transmission.

 

43e: Fisichella est gêné par Panis qui pourchasse Badoer et ignore les drapeaux bleus. Frentzen revient juste derrière la Benetton. Avant la dernière chicane, Badoer repousse une attaque de Panis, non sans mettre une roue dans la poussière. Fisichella, gêné, tente de contourner Panis à la sortie de l'enchaînement, mais il glisse et évite de peu le mur. Frentzen, très opportuniste, se faufile entre la Benetton et la Prost et s'empare de la deuxième place. Irvine prend la septième place à Zanardi.

 

44e: Panis s'efface enfin devant Frentzen et Fisichella. Häkkinen est premier devant Frentzen (10s.), Fisichella (10.5s.), R. Schumacher (12s.), Herbert (12.5s.), Diniz (13.5s.), Irvine (14.5s.), Zanardi (17s.) et Coulthard (55s.).

 

45e: Badoer et Panis créent un véritable bouchon derrière lequel se regroupent R. Schumacher, Herbert, Diniz et Irvine.

 

46e: Häkkinen compte quinze secondes de marge sur Frentzen. Panis laisse filer le groupe Schumacher, mais pas Badoer qui va ensuite bouchonner le pilote allemand pendant plus d'un tour. De son côté, Irvine se fait pressant derrière Diniz.

 

47e: Badoer décide enfin de s'écarter en début de tour. C'est le moment que choisit Irvine pour surprendre Diniz au premier virage. Tous deux évitent de peu le maladroit Badoer qui ne sait plus où se mettre... Quelques instants plus tard, Irvine rate son freinage au virage n°3, coupe par le gazon et se relance juste devant Diniz. Coulthard reçoit une pénalité pour un excès de vitesse dans les stands.

 

48e: Häkkinen devance Frentzen de seize secondes. Fisichella a repris quelques dixièmes au pilote Jordan. Zanardi effectue un « stop-and-go » de dix secondes pour avoir grillé le feu rouge précédemment. Badoer subit la même punition pour son obstruction.

 

49e: Coulthard se plie à sa pénalité et repart neuvième, à vingt secondes de Zanardi. Panis est à son tour sanctionné pour avoir négligé les drapeaux bleus et passe dix secondes arrêté aux stands.

 

50e: Irvine tente de surprendre Herbert au premier virage, mais celui-ci lui ferme la porte au prix d'un freinage tardif.

 

51e: Häkkinen mène devant Frentzen (16.1s.), Fisichella (17.7s.), R. Schumacher (27s.), Herbert (29.3s.), Irvine (29.8s.), Diniz (33s.) et Coulthard (1m. 10s.). Victime d'un problème de freins, Zanardi sort de la route à l'épingle Senna. Il traverse le bac à graviers pour retourner en piste et frôle au passage la Minardi de Badoer.

 

52e: Zanardi met pied à terre puisqu'à ses freins défaillants s'ajoute une rupture de boîte de vitesses.

 

53e: Irvine attaque Herbert par l'intérieur avant la dernière chicane. Tous deux retardent leur freinage... et tirent droit dans l'herbe ! L'Irlandais retrouve l'asphalte devant l'Anglais. Il rattrape ensuite un début d'embardée, louvoie devant la Stewart et conserve cette cinquième place conquise de façon peu orthodoxe. Herbert lui adresse un poing furieux.

 

55e: Tout va bien pour Häkkinen qui possède quinze secondes d'avantage sur Frentzen. Fisichella évolue à une seconde du pilote Jordan. Irvine vise désormais la quatrième place détenue par R. Schumacher.

 

57e: Häkkinen est premier devant Frentzen (12.5s.), Fisichella (14s.), R. Schumacher (25s.), Irvine (25.5s.), Herbert (33s.), Diniz (36s.), Coulthard (1m. 12s.), Gené (-1t.), Panis (-1t.) et Badoer (-2t.).

 

58e: Irvine déboîte R. Schumacher par l'extérieur dans la ligne droite longeant le bassin olympique et s'empare ainsi de la quatrième place.

 

60e: Häkkinen a perdu un peu de temps derrière Gené. Il compte onze secondes d'avance sur le tandem Frentzen – Fisichella. Irvine roule à onze secondes de celui-ci. Plus loin, Diniz menace Herbert pour conquérir le dernier point.

 

62e: Irvine réalise le meilleur tour de la course (1'20''382'''). Ce sera le premier de sa carrière.

 

63e: Häkkinen précède Frentzen (12.7s.), Fisichella (14.3s.), Irvine (22s.), R. Schumacher (33s.), Herbert (37.5s.), Diniz (38.5s.) et Coulthard (1m. 10s.).

 

65e: Fisichella maintient la pression sur Frentzen, mais il doit surveiller le retour de Irvine qui ne lui concède plus que six secondes.

 

66e: Frentzen arrive au virage n°3 lorsque son disque de frein avant-droit explose. La Jordan quitte la route à 200 km/h et s'écrase en marche arrière dans les protections. Très sonné par le choc, Frentzen a le souffle coupé et reste dans son habitacle.

 

67e: La voiture de sécurité refait son entrée en piste. Comme Frentzen, groggy, ne parvient pas à sortir seul de sa monoplace, la course se terminera sous drapeaux jaunes.

 

68e: Frentzen est extrait de sa Jordan, soutenu par Sid Watkins et un autre médecin officiel. Il monte dans une ambulance afin d'être transféré au centre médical du circuit. Le peloton se regroupe derrière la Safety Car.

 

69ème et dernier tour: La voiture de sécurité regagne les stands à l'issue de ce tour, ce qui n'aura aucune incidence sur le dénouement de cette épreuve puisque les pilotes n'ont pas le droit de s'attaquer avant la ligne d'arrivée.

 

Mika Häkkinen reçoit le drapeau à damiers et remporte le Grand Prix du Canada. Deuxième, Fisichella obtient son troisième podium en trois ans à Montréal. Irvine se classe troisième. R. Schumacher (4e) inscrit trois points supplémentaires. Herbert (5e) marque ses premiers points pour Stewart. Diniz, sixième, ouvre son compteur en 1999. Coulthard (7e) échoue à la porte des points. Suivent Gené, Panis et Badoer. Mais la star du jour fut bel et bien Oliver Gavin, le pilote de la voiture de sécurité, qui est sorti quatre fois en piste !

 

Après la course: M. Schumacher au pied du mur

Quelques semaines plus tôt, à Imola, Mika Häkkinen avait offert la victoire à Michael Schumacher en tapant un muret en début de course, suite à ce qu'il avait lui-même qualifié d'« erreur de débutant ». Le scénario inverse s'est produit à Montréal où « Schumi » a fait connaissance avec le mur de l'ultime virage, ironiquement paré d'une banderole « Bienvenue au Québec » et désormais rebaptisé « Mur des champions », puisque Damon Hill et Jacques Villeneuve y ont également fini leur après-midi. Le pilote Ferrari ne peut que plaider coupable: « Je suis arrivé trop vite et j'ai freiné alors que ma voiture n'était pas stabilisée. J'ai glissé de quelques centimètres, hors trajectoire, là où il y avait une bonne couche de poussière et de terre laissée par d'autres pilotes. Pour être honnête, j'avais déjà failli m'embarquer deux ou trois fois auparavant. Parfois ça passe, d'autres non. Bon, il paraît que je commets une erreur par an. Comme ça, c'est fait ! » Schumacher ajoute que, sans cet accident, il n'aurait jamais laissé Mika Häkkinen le rattraper. Reste que ce soir-là, il cède la première place du championnat des pilotes au Finlandais... Eddie Irvine regrette pour sa part de ne pas avoir fini second. Il s'est hélas livré avec son alter-ego David Coulthard à une empoignade pour le moins maladroite. Mais l'Irlandais, qui ne concède que cinq points à Schumacher au championnat, continue de jouer les « numéros un bis ». « Nous sommes meilleurs que les McLaren, mais nous devons le montrer ! » clame-t-il.

 

Mika Häkkinen quittera sans doute le Canada avec une meilleure opinion du circuit Gilles-Villeneuve. Il s'impose enfin ici et retrouve les commandes du championnat avec quatre longueurs d'avance sur Schumacher (34 points contre 30). Battu pour la première fois de la saison en qualifications, le blond Scandinave a certes bénéficié de l'abandon de son rival, mais il peut se targuer d'être le seul champion du monde à ne pas être parti dans le décor ce dimanche ! « Cette course est excellente pour son résultat, mais aussi pour la manière dont elle s'est déroulée », commente-t-il. « Même quand Michael avait le commandement, je savais que rien n'était perdu. J'aurais pu augmenter mon rythme si j'avais voulu, mais les risques encourus n'en valaient pas la peine. Il me suffisait d'attendre. Quand je l'ai vu arrêté, j'ai poussé un ouf de soulagement ! » Häkkinen souligne en outre que voici deux courses que la McLaren n'a pas connu de panne. Il attend donc avec impatience le Grand Prix de France qui doit se tenir quinze jours plus tard.

 

Giancarlo Fisichella monte encore une fois sur le podium à Montréal. Certes, il n'a toujours pas gravi la plus haute marche, mais cette deuxième place vient à point nommé pour une écurie Benetton en plein marasme depuis le début de la saison. « Le moins que l'on puisse dire est que le Canada me sourit ! » commente le jeune Italien, désormais optimiste pour la suite du championnat. « Depuis deux courses, nous étions complétement perdus, mais ce week-end nous avons su faire fructifier le gros potentiel intrinsèque de la voiture. Le début de la course fut difficile car je sous-virais avec le plein d'essence. Mais quand la machine s'est allégée, elle est devenue beaucoup plus aisée à conduire. Plus encore que le résultat brut, c'est le comportement de la voiture qui me remplit de joie ce soir ». Le gentil « Fisico » égratigne pourtant au passage Olivier Panis et Luca Badoer qui, tout à leur propre bagarre, lui ont fait perdre un temps la seconde place au profit de Heinz-Harald Frentzen.

 

Ces coups de griffe n'ont toutefois rien de commun avec le furieux réquisitoire que livre Jean Alesi contre Jarno Trulli. Pour la deuxième année consécutive, tous deux sont entrés en collision au départ du GP du Canada. L'Avignonnais exécute le jeune Italien avant même d'avoir revisionné les images du départ: « Ce garçon n'a rien dans la tête ! Nous voilà comme deux idiots à regarder le Grand Prix en bord de piste ! Il est fou ce mec, il faut le suspendre ! J'espère qu'il va être sanctionné, et s'il ne l'est pas, j'arrête de courir ! » Hélas, comme trop souvent, Alesi a parlé avant de réfléchir. Convoqué par la direction de course, Trulli démontre qu'il a été gêné par un écart de Frentzen et que, partant, il ne pouvait éviter la Sauber. « Je peux aller à Magny-Cours la tête haute », conclut-il, sans chercher à entretenir la polémique. C'est Alain Prost qui se chargera de faire la paix entre les deux pilotes...

 

Heinz-Harald Frentzen a été rudement secoué par son accident consécutif à une rupture de freins. Le pilote allemand est resté longtemps sonné dans son cockpit, au point qu'il ne pouvait répondre à son ingénieur Sam Michael qui l'interrogeait par radio sur son état de santé. Ce silence laissait augurer de sérieuses blessures. « HHF » est transféré à l'hôpital le plus proche où sa jambe gauche, qui saigne abondamment, fait l'objet de multiples examens. Par bonheur, elle ne souffre que de quelques contusions. Frentzen est libéré dans la soirée, sans avoir indiqué qu'il souffrait en réalité davantage de la jambe droite qui a heurté la paroi de son cockpit... Il marche avec difficulté mais refuse de prolonger son hospitalisation, par peur de devoir manquer le GP de France, deux semaines plus tard. Témérité ou inconscience ?

Tony