Heinz-Harald FRENTZEN
 H.FRENTZEN
Williams Renault
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari
Eddie IRVINE
 E.IRVINE
Ferrari

605. Großer Preis

LXXXIII Grand Prix de France
Wechselhaft
Magny-Cours
Sonntag, 29. Juni 1997
72 Runden x 4.250 km - 306.000 km
Affiche
F1
Coupe

Wussten Sie es?

Fahrer
Konstruktor
Motor
Nouvelle démonstration de Michael Schumacher qui s'envole au championnat.

Panis et Morbidelli blessés

 

Menaces sur le Grand Prix de France

Rififi à Magny-Cours: les pouvoirs politiques locaux (mairie de Nevers, conseil général de la Nièvre), dominés par les socialistes, se rebellent contre l'« autocrate » Philippe Gurdjian installé par feus François Mitterrand et Pierre Bérégovoy. Un certain Roland Hodel, préfet en disponibilité, tout récent candidat malheureux à la députation dans le Cher (sous l'étiquette PS), est ainsi bombardé président du directoire de Nevers – Magny-Cours, avec pour mission officieuse de retirer à Gurdjian sa double casquette de promoteur et de manager. Ce dernier compte néanmoins sur le soutien de Jean Glavany, mitterrandien historique et nouveau vice-président de l'Assemblée nationale. Glavany intercède ainsi en sa faveur auprès du nouveau Premier ministre (socialiste) Lionel Jospin. Il y a urgence car Hodel se montre vindicatif: afin d'évincer l'attaché de presse du GP de France Guy Mourot, homme-lige de Gurdjian, il fait changer les serrures de son bureau ! Bref, le circuit nivernais est devenu le théâtre d'une guéguerre assez ridicule entre hiérarques du Parti socialiste...

 

Mais il y a pis: le Grand Prix de France est de nouveau menacé par le courroux de Bernie Ecclestone. Deux textes législatifs irritent particulièrement le « Grand Argentier ». En premier lieu, la loi Évin, qui depuis 1993 interdit la publicité pour l'alcool et le tabac sur les circuits et contraint les constructeurs à masquer noms et logos de leurs commanditaires sur les carrosseries (Williams affichera par exemple ici un point d'interrogation à la place du sigle de Rothmans). En second lieu, Ecclestone dénonce la loi Bredin qui donne à tous les médias le droit de diffuser les images d'une épreuve sportive. Selon lui, seul l'organe détenteur des droits TV (en l'occurrence TF1) devrait être autorisé à filmer le Grand Prix. Il menace donc de chasser les journalistes de France Télévisions qui s'aventureraient dans la Nièvre... Tous ces griefs incitent Ecclestone à déchirer le contrat liant Magny-Cours à la FOCA jusqu'en 2001. Toutefois, les difficultés s'aplanissent quelques jours avant le Grand Prix. Philippe Gurdjian et Jean Glavany négocient avec Pasquale Lattuneddu, le bras droit d'Ecclestone, et Giovanni Ferri, son « ministre des droits TV ». Finalement, les journalistes du service public auront le droit de tourner reportages et interviews dans le paddock de Magny-Cours. Mais pour ce qui est de la loi Évin, Ecclestone devra s'entretenir directement avec le gouvernement français. « Il devra s'en accommoder: la révision de la loi Évin n'est pas d'actualité ! » prévient Glavany.

 

Hélas, une autre ombre point à l'horizon de Magny-Cours: la perspective du déménagement de Prost GP vers l'Île-de-France. Alain Prost ne dissimule plus son intention de transférer son écurie en région parisienne (il évoque Versailles) afin de se rapprocher des ateliers de Peugeot Sport à Vélizy. Privé des Bleus, le circuit de Nevers-Magny-Cours, déjà régulièrement décrié pour sa situation géographique pour le moins excentrée, perdrait une bonne part de son attractivité...

 

Présentation de l'épreuve

Jeudi 26 juin, peu avant d'arriver en France, Jacques Villeneuve prévient son manager Craig Pollock qu'il lui réserve une petite surprise. En effet, quelques heures plus tard, le jeune Québécois déambule dans le paddock nivernais paré d'une chevelure blond platine ! Cette petite provocation ne passe pas inaperçue dans le milieu très feutré qu'est la Formule 1, mais ne recueille que des sourires d'indulgence. Jean-François Robin, le responsable de l'exploitation de Renault Sport, promet à Villeneuve de se teindre lui aussi en blond si celui-ci devient champion du monde ! Plus sérieusement, Villeneuve ne débarque pas à Magny-Cours en terrain conquis, tant s'en faut. Depuis le Grand Prix du Canada, qu'il a achevé dans le mur après deux tours, il sait qu'il devra mener une rude bataille contre Michael Schumacher dans l'optique du titre mondial. « Je suis en retard de points sur mes prévisions », reconnaît-il. « Je n'ai terminé que trois Grands Prix. Il n'y a aucune logique dans mon duel avec Schumacher. » Ses patrons, Frank Williams et surtout Patrick Head, sont bien d'accord avec lui. Mécontents des performances de Villeneuve, ils commencent à se demander s'ils n'auraient pas mieux fait de conserver Damon Hill...

 

Nouveau leader du championnat, Michael Schumacher joue les désinvoltes devant la presse française. « Vous savez, si je prends un point, je serai un homme heureux », lâche-t-il, pince-sans-rire. « Nous avons corrigé la majorité de nos problèmes de tenue de route, mais nous rencontrons encore du sous-virage dans les courbes rapides, comme celle d'Estoril à Magny-Cours », continue-t-il plus sérieusement. « Nous ne devrions donc pas être très performants ici, mais sait-on jamais... » Jean Todt dévoile les vraies ambitions de son champion et de Ferrari: vaincre Renault sur ses terres.

 

Gérard Casella et Jean-Yves Houé, respectivement président et directeur du département F1 de Mecachrome, sont les hôtes de Patrick Faure, le président de Renault Sport. La firme au Losange, qui va quitter officiellement la Formule 1 à la fin de la saison, transmet symboliquement le relai à son sous-traitant, établi à Aubigny-sur-Nère (Cher), non loin de Magny-Cours. Peu connue du grand public, Mecachrome est pourtant un partenaire indispensable de Renault Sport: depuis plus de quinze ans, les moteurs conçus à Viry-Châtillon sont assemblés et évalués à Aubigny. En 1998, la petite entreprise solognote va changer de dimension et deviendra le fournisseur exclusif des V10 Renault. Un accord de deux ans est déjà conclu avec Williams. Patrick Faure aimerait sceller une même alliance avec Benetton, mais Flavio Briatore se fait toujours prier: l'Italien garde l'espoir de récupérer le V10 Mugen-Honda, que se disputent également Eddie Jordan et Tom Walkinshaw.

 

Bruno Michel a quitté la direction générale de Prost GP. Depuis plusieurs semaines, celui-ci se plaignait de ne pas retrouver avec Alain Prost les larges compétences dont il disposait au temps de ses précédents patrons, Guy Ligier, Cyril de Rouvre, Tom Walkinshaw et Flavio Briatore. Les relations entre les deux dirigeants virant à l'aigre, ils ont préféré se séparer d'un commun accord. Alain Prost est donc dorénavant seul maître à bord de son navire. Toujours vexé par l'alliance Prost – Peugeot, Hirotoshi Honda offre un dîner d'adieu à Bruno Michel pour le remercier de son travail lors de ces deux dernières années de collaboration entre Mugen et l'écurie bleue.

 

Jean Alesi affiche ici une franche mauvaise humeur. Seul Français en lice dans la Nièvre, le natif d'Avignon supporte mal l'attention dont il est l'objet. En dépit de récents bons résultats (troisième en Espagne, second au Canada), il n'est pas du tout satisfait du comportement de sa monture et aborde avec pessimisme cette deuxième moitié de saison. Pis, son environnement relationnel se dégrade. Alesi se sent esseulé chez Benetton et attend avec impatience le retour de son copain Gerhard Berger. Mais ce dernier, opéré le 17 juin à Salzbourg, prend quelques semaines de repos près de Kitzbühel. Il lui faut donc poursuivre la cohabitation avec le jeune Alexander Wurz. Les deux hommes ne s'aiment guère. Vendredi, Alesi s'aperçoit que Wurz a droit à toute l'attention du staff technique pendant qu'il déblatère seul avec son ingénieur moteur, Christian Blum. Pas de doute: il ne fait plus partie des plans de Benetton pour 1998.

 

Pour son Grand Prix à domicile, Renault offre à Williams et Benetton un nouveau V10 RS9 « A » tolérant 300 tours/minute de plus que le RS9 classique. Ferrari pare sa F310B d'un nouvel aileron avant qui donne toute satisfaction à Schumacher et Irvine. Cet élément se distingue par des dérives latérales plus hautes et plus carrées. En outre, pour la première fois, Ferrari utilisera son nouveau V10 046/2 en course. McLaren installe le V10 Mercedes version F, étrenné à Montréal, dans toutes ses machines. La Jordan-Peugeot bénéficie d'un différentiel à contrôle électronique à cinq options que le pilote peut modifier à loisir depuis son tableau de bord. Chez Prost on réinstalle un système d'embrayage manuel, déjà étrenné par Panis au Canada et remis à l'honneur pour Trulli, accoutumé à utiliser deux pédales chez Minardi. Mugen-Honda apporte en outre la version « B » de son V10 qui permet un meilleur régime de rotation grâce à de nouveaux conduits d'admission.

 

Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent pour une large part sous la pluie. Comme le temps s'annonce mauvais sur l'ensemble du week-end, les pilotes sortent pour régler leurs bolides. En fin de journée, le soleil apparaît et la piste s'assèche, autorisant les slicks. M. Schumacher réalise le meilleur temps devant un surprenant Fisichella. Samedi matin, Villeneuve s'empare du meilleur chrono (1'14''703'''), puis quitte la route dans l'enchaînement d'Imola et percute rudement les glissières. Il devra se rabattre sur son mulet pour la majeure partie de la séance qualificative.

 

Les qualifications ont lieu sous un ciel voilé mais non menaçant. La chaleur s'intensifie au fil de l'après-midi, ce qui rend le bitume plus glissant et donc les améliorations difficiles. Il ne faut que douze minutes à M. Schumacher pour s'adjuger sa deuxième pole position consécutive (1'14''548'''). Les Ferrari sont en grande forme puisque Irvine (5ème) ne concède que trois dixièmes à son leader. Frentzen (2ème) rencontre un problème d'alimentation sur sa Williams-Renault et ne peut menacer Schumacher. Villeneuve attend la fin de la séance pour récupérer sa machine de course, réparée et munie du nouveau V10 Renault. Il signe le quatrième temps, à vingt-cinq centièmes de la pole. Retardé par des soucis de pression hydraulique, R. Schumacher arrache néanmoins une superbe troisième position au volant d'une Jordan-Peugeot très compétitive sur le « billard » nivernais. Les trois premières places de la grille seront donc occupées par trois Allemands. Grosse déception pour Fisichella (11ème) qui ne parvient pas à faire chauffer ses pneus. Chez Prost-Mugen, Trulli connaît une première journée mouvementée avec une sortie de route. Il se rattrape le lendemain par une très belle sixième place, à deux dixièmes seulement de la première ligne. Nakano (12ème) se montre plus rapide qu'à l'ordinaire sur ce circuit qu'il connaît bien.

 

Les Benetton-Renault souffrent ici d'un manque d'adhérence. Le jeune Wurz (7ème) surprend en devançant Alesi (8ème). Coulthard (9ème) et Häkkinen (10ème) sont mécontents de la tenue de route de leur McLaren-Mercedes et effectuent plusieurs tête-à-queue. Les Stewart-Ford ne brillent pas, mais on note que Magnussen (15ème) n'est cette fois pas trop distancé par Barrichello (13ème). Pas de réussite non plus pour les Sauber-Petronas: Herbert (14ème) se plaint de l'évolution de la piste et Fontana (20ème) apprend. Les Arrows-Yamaha n'ont pas tourné en essais privés à Magny-Cours et par conséquent sont assez mal réglées. Pour une fois, Diniz (16ème) fait mieux qu'un Hill (17ème) démotivé. Piètre week-end pour Tyrrell: Verstappen (18ème) casse deux moteurs en deux jours et Salo déplore un manque de grip. Les Minardi-Hart (Katayama 21ème, Marques 22ème) monopolisent la dernière ligne.

 

Samedi soir, alors que les orages grondent au-dessus de la Nièvre, Jacques Villeneuve tempête contre son écurie. Il se plaint d'avoir débuté les qualifications avec une voiture de réserve non adaptée à ses mensurations. « La prochaine fois, je veux un mulet à ma taille ! » éructe-t-il. « Nous avons une voiture formidable, mais nous réussissons à tout foutre en l'air chaque week-end ! » Outré par cette sortie, Frank Williams convoque dimanche matin le Canadien pour le sermonner avec calme mais aussi fermeté.

 

Le Grand Prix

La matinée du dimanche est entrecoupée d'averses, si bien que le warm-up se déroule en grande partie sur piste humide. Irvine réalise le meilleur temps avec les slicks en toute fin de séance. Schumacher teste ses réglages tandis que les pilotes Williams sont mécontents de leur tenue de route. Désastre chez Minardi: Marques et Katayama heurtent tous deux les murets.

 

Le Grand Prix de France démarre sous un ciel menaçant. Toutes les écuries ont établi une liaison directe avec les représentants de Météo France qui prédisent des orages au cœur de l'après-midi. Les 80 000 spectateurs se sont tous munis de parapluies. Jusqu'au dernier instant, les pilotes scrutent le ciel, guettant la pluie. En vain. Tout le monde s'élance en pneus lisses.

 

Départ: M. Schumacher s'envole devant Frentzen, Irvine et Villeneuve. R. Schumacher patine et se retrouve cinquième devant les McLaren qui sont très bien parties. Hill sort dans les graviers au premier virage et rejoint la piste bon dernier.

 

1er tour: M. Schumacher mène devant Frentzen, Irvine, Villeneuve, R. Schumacher, Coulthard, Häkkinen, Trulli, Alesi et Wurz. Hill passe par le stand Arrows pour changer son capot avant.

 

2e: Schumacher sème déjà Frentzen: deux secondes séparent les Allemands. Irvine et Villeneuve sont encore plus loin.

 

3e: M. Schumacher roule seul en 1'18'' et poursuit son échappée. R. Schumacher retient Coulthard et Häkkinen. Trulli contient pour sa part Alesi.

 

5e: M. Schumacher est premier devant Frentzen (4.1s.), Irvine (6.7s.), Villeneuve (8.5s.), R. Schumacher (11.4s.), Coulthard (12.5s.), Häkkinen (13.2s.), Trulli (15.7s.), Alesi (16.4s.), Wurz (17.4s.), Nakano (21.7s.) et Fisichella (22.4s.).

 

6e: Le moteur Hart de Marques explose après le virage du Lycée. Le jeune Brésilien se gare le long du muret des stands, ce qui occasionne un drapeau jaune.

 

8e: Schumacher possède six secondes d'avance sur Frentzen. Irvine et Villeneuve roulent à plus de dix secondes. Nakano part en tête-à-queue en abordant l'enchaînement d'Imola et échoue dans le bac à graviers. Le Japonais abandonne, effondré par cette nouvelle erreur.

 

9e: Schumacher aîné tourne en 1'18''327''' et éloigne encore un peu plus Frentzen. Coulthard trépigne derrière Schumacher cadet.

 

10e: M. Schumacher devance Frentzen (6.9s.), Irvine (11.4s.), Villeneuve (14s.), R. Schumacher (20.6s.), Coulthard (21.3s.), Häkkinen (22.1s.), Trulli (25.7s.), Alesi (26.7s.), Wurz (27.2s.), Fisichella (36.4s.) et Herbert (40s.).

 

12e: Diniz touche Verstappen au freinage d'Adélaïde et laisse son aileron avant contre la Tyrrell. Le Brésilien doit faire halte à son stand pour une longue réparation.

 

14e: Le soleil perce les nuages mais la pluie est signalée à La Sangsue, à quelques kilomètres de Magny-Cours. Schumacher est toujours plus rapide que Frentzen. Irvine repousse Villeneuve à quatre secondes.

 

16e: L'accélérateur de Verstappen reste bloqué lorsqu'il entre dans le 180°. La Tyrrell sort dans les graviers et percute de face les piles de pneus. Verstappen s'en sort sans égratignure. Ravitaillement de Fontana.

 

18e: M. Schumacher précède Frentzen (8s.), Irvine (18s.), Villeneuve (23s.), R. Schumacher (35.2s.), Coulthard (36.1s.), Häkkinen (37.2s.), Trulli (43.2s.), Alesi (44.1s.) et Wurz (44.7s.). Ravitaillement de Katayama.

 

19e: Häkkinen emprunte l'échappatoire de l'épingle pour s'y garer: son nouveau moteur Mercedes a rendu l'âme.

 

20e: Schumacher compte sept secondes et demie de marge sur Frentzen. Le même écart sépare Irvine et Villeneuve.

 

22e: M. Schumacher apparaît chez Ferrari pour prendre de l'essence et des pneus frais (8s.) et redémarre derrière Irvine. Arrêt assez longuet pour Alesi (11s.).

 

23e: Après un tour en tête, Frentzen effectue son premier pit-stop. Alors qu'il enclenche la première, il donne un coup de frein pour céder le passage à Irvine qui ravitaille à son tour. « HHF » perd ainsi quelques secondes. Irvine reprend la piste derrière R. Schumacher. Coulthard et Salo passent aussi aux stands.

 

24e: M. Schumacher précède Villeneuve de neuf secondes. Wurz ravitaille (8.4s.) et passe devant son équipier Alesi.

 

25e: Villeneuve rallie le stand Williams pour son premier ravitaillement (8.3s.). Il redémarre en quatrième position. R. Schumacher fait escale chez Jordan et se réinsère derrière Trulli qui prévoit un arrêt différé. Arrêt-ravitaillement aussi de Barrichello.

 

27e: M. Schumacher est premier devant Frentzen (15.5s.), Irvine (24s.), Villeneuve (34.3s.), Trulli (37.5s.), R. Schumacher (46.6s.), Fisichella (50.1s.), Coulthard (50.7s.), Wurz (57.4s.) et Alesi (59.3s.).

 

29e: Les écarts sont stables en tête de l'épreuve tandis que de lourds nuages recouvrent l'azur nivernais.

 

30e: Schumacher devance Frentzen de seize secondes. Magnussen subit ce qui doit être son unique arrêt-ravitaillement.

 

31e: Trulli stoppe chez Prost pour ravitailler (7.6s.). Le jeune Italien est resté trop longtemps en piste car il redémarre derrière les Benetton.

 

33e: M. Schumacher abandonne quelques secondes dans le trafic. Il doit ainsi se débarrasser de Herbert et de Barrichello.

 

34e: Magnussen regagne le stand Stewart pour se retirer suite à une panne de freins. Deuxième arrêt de Fontana.

 

35e: Fisichella exécute ce qui doit être son unique ravitaillement (9.8s.) et chute au dixième rang.

 

36e: M. Schumacher devance Frentzen (12.8s.), Irvine (30s.), Villeneuve (36.5s.), R. Schumacher (52s.), Coulthard (56s.), Wurz (58.3s.), Alesi (1m. 03s.), Trulli (1m. 05s.), Fisichella (-1t.), Herbert (-1t.) et Barrichello (-1t.).

 

37e: M. Schumacher signe le meilleur tour de la course (1'17''910'''). Barrichello s'immobilise dans un bac à sable suite à l'explosion de son fragile V10 Ford.

 

38e: Herbert effectue enfin son premier arrêt-ravitaillement et perd une position au bénéfice de Salo.

 

39e: Frentzen perd à son tour du temps dans le peloton et rend désormais vingt-et-une secondes à Schumacher. Wurz pourchasse Coulthard pour la sixième place. Diniz exécute un tête-à-queue à Adélaïde.

 

40e: Le ciel s'assombrit. Les météorologues prédisent une averse dans un quart d'heure. Dans les garages, on prépare les pneus rainurés. Fontana passe chez Sauber pour remplacer sa calandre.

 

42e: M. Schumacher possède vingt-deux secondes d'avantage sur Frentzen. Villeneuve concède douze secondes à Irvine. Coulthard et Wurz sont sur les talons de R. Schumacher. Ravitaillement de Hill.

 

44e: M. Schumacher domine devant Frentzen (20.7s.), Irvine (40s.), Villeneuve (53s.), R. Schumacher (1m. 09s.), Coulthard (1m. 10s.), Wurz (1m. 11s.), Alesi (1m. 13s.), Trulli (-1t.) et Fisichella (-1t.). Fontana sort dans les graviers et s'y enlise. Le jeune Argentin était dernier.

 

45e: Irvine observe son second pit-stop (9.6s.) et redémarre en quatrième position.

 

47e: M. Schumacher fait halte chez Ferrari afin de reprendre du carburant et des slicks (9.5s.). Frentzen recueille le commandement provisoire.

 

48e: Frentzen stoppe chez Williams pour la deuxième fois (8.1s.). Schumacher retrouve la première place. Katayama opère un second ravitaillement. Le Japonais souffre beaucoup car il s'est fait mal au dos en escaladant un vibreur un peu trop vivement.

 

49e: M. Schumacher possède désormais vingt-et-une secondes de marge sur Frentzen. Villeneuve, troisième à quarante secondes, retarde son deuxième arrêt, peut-être afin d'attendre la pluie.

 

50e: Les premières gouttes de pluie tombent sur Magny-Cours. Coulthard ravitaille une seconde fois. Il reprend des slicks et retrouve la piste derrière Trulli.

 

51e: Toujours 21 secondes entre M. Schumacher et Frentzen. Wurz et Salo passent aux stands pour leur second ravitaillement. Tous deux reprennent les pneus pour le sec. Wurz cale au redémarrage et perd de précieuses secondes.

 

52e: Trulli arrive chez Prost et fait le pari de mettre des gommes intermédiaires, alors que l'averse est plutôt modérée. L'Italien reprend la piste au niveau de Frentzen et le gêne jusqu'à Adélaïde.

 

53e: Villeneuve effectue son second pit-stop (8s.) et reprend des slicks. R. Schumacher et Alesi ravitaillent et redémarrent dans cet ordre mais derrière Coulthard, grand gagnant de cette valse aux stands. Arrêt aussi pour Diniz.

 

54e: M. Schumacher mène devant Frentzen (28.3s.), Irvine (58s.), Villeneuve (1m. 09s.), Coulthard (-1t.), R. Schumacher (-1t.), Alesi (-1t.), Wurz (-1t.), Fisichella (-1t.), Trulli (-1t.) et Herbert (-1t.).

 

56e: Quelques gouttes éparses sont signalées à certains points du circuit, mais rien ne justifie le passage aux pneus striés. À la dérive, Trulli se fait doubler par Herbert.

 

58e: L'écart entre M. Schumacher et Frentzen se maintient autour de vingt-huit secondes. Alesi et Wurz poursuivent R. Schumacher pour la sixième place.

 

59e: L'ondée s'intensifie au niveau de la ligne des stands. La piste commence à devenir piégeuse. Herbert, Katayama et Hill prennent des pneus intermédiaires. La pluie vient trop tard cependant pour Trulli qui a rétrogradé derrière Salo.

 

61e: Le bitume s'humidifie et devient glissant: les commissaires brandissent le drapeau rayé jaune et rouge. M. Schumacher et Villeneuve roulent en 1'35'' contre 1'41'' pour Frentzen et Irvine, plus prudents.

 

62e: La piste est détrempée entre le Château d'Eau et le Lycée. M. Schumacher dérape à Estoril et s'offre une légère excursion dans les graviers, sans autre conséquence que la perte de quelques secondes. Le leader a eu chaud. Coulthard et R. Schumacher chaussent des pneus intermédiaires. Wurz glisse sur une plaque d'humidité et échoue dans les décors. Rejoint par R. Schumacher et Alesi, Diniz part en tête-à-queue dans la courbe du Nürburgring. Il revient en piste après avoir traversé le bac à graviers mais devra renoncer quelques mètres plus loin.

 

63e: Schumacher devance Frentzen de trente secondes tandis que Villeneuve s'est rapproché d'Irvine. Alesi fait halte chez Benetton et met des pneus pluie. Salo abandonne, un court-circuit ayant frappé sa Tyrrell.

 

64e: L'averse se calme quelque peu. Fisichella effectue une petite sortie au 180°. Herbert est le plus rapide en piste, mais évolue trop loin pour viser les points.

 

65e: À sept tours du but, M. Schumacher précède Frentzen (32.3s.), Irvine (1m. 02s.), Villeneuve (1m. 05s.), Coulthard (-1t.), R. Schumacher (-1t.), Alesi (-1t.), Fisichella (-1t.), Herbert (-1t.), Trulli (-2t.), Katayama (-2t.) et Hill (-3t.).

 

66e: Trulli se dédouble devant Frentzen. Les coureurs en pneus pluie ou intermédiaires tournent en 1'32'', les leaders en 1'40''. Fisichella passe en gommes striées.

 

67e: Irvine et Villeneuve regagnent les stands afin de s'équiper en pneus intermédiaires. Mais si l'Irlandais demeure troisième, le Canadien ressort derrière Coulthard et R. Schumacher. Villeneuve doit en plus résister à Alesi qui remonte à tire-d'aile.

 

68e: M. Schumacher maîtrise sa Ferrari à la perfection sur cette piste grasse et repousse Frentzen à trente-sept secondes. Suivent Irvine (1m. 08s.), Coulthard (1m. 14s.), R. Schumacher (1m. 15s.), Villeneuve (1m. 20s.), Alesi (1m. 21s.), Herbert (-1t.) et Fisichella (-1t.).

 

70e: M. Schumacher compte trente-et-une secondes de marge sur Frentzen. Villeneuve a semé Alesi et rejoint R. Schumacher. Ce dernier met une roue sur la bordure en sortant du Château d'eau. Villeneuve le déborde par l'intérieur de la dernière chicane. Il se lance maintenant aux trousses de Coulthard.

 

71e: Villeneuve surprend Coulthard par l'intérieur au freinage d'Adélaïde. R. Schumacher, blotti dans le sillage de la Williams, en profite pour doubler lui aussi l'Écossais, au prix d'un freinage très appuyé. Mais quelques mètres plus loin, le jeune Allemand part en tête-à-queue dans le 180°. Il reprend la piste derrière Alesi, hors des points.

 

72ème et dernier tour: R. Schumacher laisse passer son grand frère mais ce dernier, qui va couper la ligne, lui ouvre le passage afin qu'il conserve l'espoir d'inscrire un point. Une bonne idée car, suite à un contact avec Alesi, Coulthard s'évanouit dans les graviers au 180° et y reste planté. Pendant ce temps-là, Villeneuve recolle à Irvine. Le Québécois tente de se faufiler à l'intérieur avant le dernier virage, mais Irvine ne le voit pas. Villeneuve monte sur ses freins, part en tête-à-queue, renverse quelques quilles et se retrouve à contre-sens à l'entrée de la pit-lane. Par bonheur, il garde la maîtrise de son moteur, exécute un demi-tour furieux et coupe la ligne sous le nez d'Alesi !

 

Michael Schumacher remporte la vingt-cinquième victoire de sa carrière. Frentzen termine deuxième, Irvine troisième. Villeneuve se classe quatrième, une seconde devant Alesi. R. Schumacher recueille la sixième place. Coulthard sera classé septième. Herbert, Fisichella, Trulli, Katayama et Hill rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course

Depuis quatre ans, le podium du GP de France était tronqué par la loi Évin interdisant aux pilotes de sabler le champagne. Cette année, Bernie Ecclestone joue un tour aux officiels en faisant acheminer sur le podium quatre bouteilles de Moët & Chandon ! Le président de la FFSA Jacques Régis s'en expliquera avec Jean Glavany et Daniel Vaillant, ministre des Relations avec le Parlement. Bon prince, le gouvernement Jospin ne réagira pas...

 

Michael Schumacher était arrivé dans le Nivernais en prétendant que sa Ferrari ne pourrait même pas aspirer au podium. Au final, il a dominé l'épreuve d'un bout à l'autre, sur le sec comme sous la pluie. L'Allemand s'étonne de cette victoire: « Je ne sais pas ce qui a transformé ma voiture. Peut-être les nouvelles moustaches ? C'est tout ce que nous avions de nouveau ici. Ou alors, l'explication se trouve dans nos forts appuis. Notre vitesse de pointe n'était pas exceptionnelle, mais nous avions un bon grip. » Schumacher doit aussi ce succès à son propre talent: seul, avec son dauphin Heinz-Harald Frentzen, il a pu achever la course en pneus slicks. Un petit exploit. « Tout a été parfait », souligne Schumi. « J'étais parti pour deux arrêts, je m'y suis tenu. Dans ma situation, je n'avais qu'à suivre ce que faisait Frentzen. Ce qui m'imposait de rester en piste le plus longtemps possible. Ce fut difficile, notamment lorsque je suis sorti dans les graviers, mais j'ai pu malgré tout contrôler la course. »

 

Désormais net leader du championnat, Michael Schumacher évoque pour la première fois le titre mondial... mais demeure prudent pour la suite: « Je suis inquiet pour Silverstone, nos derniers essais n'y étaient pas bons... Certes, je me suis trompé dans mes prédictions pour ce GP de France ! Je reconnais ma faute », commente-il, pince-sans-rire. Quant à Jean Todt, faraud, il déguste ce triomphe de Ferrari sur les terres de Renault, le premier de la Scuderia en France depuis 1990.

 

Une chape de plomb s'abat sur le stand Williams-Renault. Les neufs points inscrits n'estompent pas un profond désarroi car Heinz-Harald Frentzen, second, n'a jamais pu menacer Michael Schumacher et Jacques Villeneuve, décevant quatrième, s'est montré plus brouillon que jamais. Mais le pire est bien que, pour la première fois de la saison, la Williams-Renault FW19 a été complétement dominée par le Ferrari F310B. « J'ai été sidéré par la vitesse de Schumacher », reconnaît Frentzen. « Les Williams ne sont plus les voitures à battre, ce sont désormais les Ferrari », ajoute-t-il avec dépit. Jacques Villeneuve est de son côté convoqué par les commissaires sportifs pour son redémarrage intempestif dans les derniers mètres, après son tête-à-queue. Il s'en tire avec une simple réprimande. « Irvine était très lent, il avait usé ses pneus, alors j'ai tenté ma chance... Cela été chaud », narre le Québécois. « J'étais parti avec des réglages pour la pluie mais, avec le premier train de pneus, cela n'avançait pas. Alors on a retiré un peu d'appui à l'arrière, et ça allait mieux. Mais c'est alors que les averses sont tombées... » Décidément, Williams n'a pas de chance avec la météo en 1997...

 

Schumacher (47 points) s'envole en tête du championnat du monde, quatorze longueurs devant Villeneuve (33 pts). Suivent Frentzen (19 pts) et Irvine (18 pts). Chez les constructeurs, Ferrari (65 pts) jouit maintenant d'une confortable avance sur Williams-Renault (52 pts). Benetton-Renault (25 pts) et McLaren-Mercedes (22 pts) n'en finissent plus de décevoir alors que Jordan-Peugeot (13 pts) se rapproche de Prost-Mugen-Honda (16 pts).

Tony