Olivier PANIS
 O.PANIS
Prost Mugen Honda
Jacques VILLENEUVE
 J.VILLENEUVE
Williams Renault
Jean ALESI
 J.ALESI
Benetton Renault

603. Großer Preis

XXXIX Gran Premio de España
Bedeckt
Barcelone
Sonntag, 25. Mai 1997
64 Runden x 4.727 km - 302.528 km
Course prévue pour 65 tours, réduite à 64 suite à l'annulation de la procédure de départ.
Affiche
F1
Coupe

Wussten Sie es?

Fahrer
Konstruktor
Motor
Jacques Villeneuve et David Coulthard luttent dans les premiers virages.

De Tyrrell au team Villeneuve ?

Depuis environ un an, Julian Jakobi et Craig Pollock, les mentors de Jacques Villeneuve, ambitionnent de construire une écurie autour de leur protégé. Leur projet commence à prendre forme grâce à des contacts très avancés avec le géant cigarettier British American Tobacco (Lucky Strike, Benson & Hedges, 555...) qui souhaite accroître sa présence en Formule 1. La monoplace pourrait être construite par Adrian Reynard qui avait déjà tenté de se lancer en Formule 1 au début de la décennie. Cependant, le duo Jakobi – Pollock ne partirait pas d'une feuille blanche: sur les conseils de Bernie Ecclestone, ils envisagent de racheter une structure existante afin d'être dispensés de la caution réclamée par la FIA à tout nouvel entrant. Leur cible est Tyrrell, une équipe qui n'en finit plus de décliner et dont le patron vient de fêter ses 73 ans. Petit problème: le « vieux Ken » n'a pas signé les derniers Accords Concorde et ne perçoit donc pas sa part des droits TV ! Qu'à cela ne tienne: Ecclestone se démène pour le ramener dans le « droit chemin ».

 

Quant à Jacques Villeneuve, séduit par l'aventure que lui proposent ses anges gardiens, il n'a toujours pas prolongé son contrat avec Williams pour 1998, mais devrait cependant rester un an de plus à Grove, le temps que le rachat de Tyrrell par Pollock devienne effectif.

 

Villeneuve - Mosley: l'escalade

Il y a quelques semaines, Jacques Villeneuve désirait soulever ses collègues contre le nouveau règlement technique concocté pour 1998, en particulier contre l'imposition des pneus rainurés. Ses espoirs se sont depuis envolés: bien que la plupart de ses confrères pensent comme lui, aucun ne s'associe à sa fronde ouverte contre la FIA. Seul Michael Schumacher partage publiquement son avis. Mais le champion allemand est cornaqué par Jean Todt qui ne veut de discorde entre Ferrari et la fédération. Il critique le règlement mais l'accepte. La solidarité entre pilotes n'est décidément plus qu'un souvenir. Du reste, Villeneuve paie son manque de sens politique: en refusant de participer aux réunions du GPDA, par orgueil ou désinvolture, il se prive ainsi d'une caisse de résonance.

 

Début mai, Villeneuve aggrave son cas dans le quotidien allemand Der Spiegel: « Ces nouvelles règles sont carrément de la m**** ! Elles ôtent toute adrénaline. En fait, Max Mosley fait n'importe quoi. Il faudrait au contraire agrandir les pneus, réduire les ailerons avant et arrière de 70%, mais, M. Mosley, qui n'a encore jamais piloté en course, croit avoir une meilleure solution... » Le président de la FIA est furieux. Il apprécie d'autant moins cette sortie qu'il a bel et bien jadis couru en Formule 2... Mais Villeneuve s'en prend aussi à la pusillanimité de ses collègues: « Pour certains, l'argent est le plus important, plus important que de frôler l'abîme. La conséquence est que personne ne proteste quand on rend les véhicules plus lents... Chacun n'est préoccupé que de soi-même et ne veut surtout pas d'histoires. » Face à cette nouvelle charge, Max Mosley décide de sévir: quelques jours tard, Jacques Villeneuve sera invité à s'expliquer devant le Conseil mondial de la FIA.

 

La Formule 1 en bourse

Le vendredi 23 mai, Bernie Ecclestone régale les journalistes de télévision d'un dîner au Broadcasting Center. Très volubile, le milliardaire dévoile son plan d'introduction en bourse de Formula One Association, sa nouvelle société par actions destinée à supplanter la FOCA qui doit surgir sur les places de New York et de Londres en juillet 1997. Ecclestone fixe ainsi la répartition des actions de départ: 30 % pour lui, 10 % pour la FIA, 10 % pour les constructeurs, 50 % pour les particuliers. Comme on pouvait s'y attendre, les écuries – et notamment Ferrari - jugent leur part de gâteau trop maigre.

 

Mais Ecclestone a d'autres chats à fouetter: cette entrée en bourse doit en effet encore être validée par l'Union européenne qui flaire le conflit d'intérêts. Le « Grand Argentier » se fait fort de rouler Bruxelles dans la farine. Il n'en serait pas à son coup d'essai. Ainsi, lorsqu'en 1995 la Commission européenne lui a fait remarquer que, n'étant pas propriétaire de la Formule 1, il ne pouvait en valider les comptes, Max Mosley lui a cédé l'exploitation de la discipline pour une durée de cent ans... Que ferait-on sans ses amis ?

 

Présentation de l'épreuve

Vendredi matin, le roi d'Espagne Juan Carlos rend visite à ses amis du paddock en toute simplicité, vêtu d'un t-shirt et d'un jean, et surtout sans le moindre garde du corps... Où est passée la fierté des Bourbons d'Espagne ? Dimanche, sur la grille, les photographes se ruent sur le footballeur brésilien Ronaldo, vedette du FC Barcelone, venu en voisin admirer les Formules 1. Bernie Ecclestone lui a remis lui-même son pass spécial. « Ne croyez pas que les photographes sont là pour vous, c'est moi qu'ils adorent ! » glisse-t-il au jeune sportif, interloqué par cet humour so british. En outre, Ronaldo s'est peut-être découvert un futur rival: le 18 mai, Michael Schumacher a officiellement débuté sa carrière de footballeur amateur sous les couleurs du FC Aubonne, un club suisse amateur présidé par... Willi Weber. « Schumi » ne joue qu'une mi-temps et ne peut empêcher la débâcle de ses coéquipiers devant le club de Genolier (1-6), mais il croule sous les demandes d'autographes. Le lendemain, des fanatiques italiens écrivent à Giovanni Agnelli pour lui demander d'aligner Schumacher dans les rangs de la Juventus de Turin...

 

Après la débâcle de Monaco, quelques tensions sont apparues entre Williams et Renault: les dirigeants du Losange n'ont guère apprécié l'entêtement de leurs associés britanniques à suivre l'avis de leur propre station météorologique qui annonçait contre toute évidence une course sur piste sèche. Christian Contzen et Bernard Dudot se refusent néanmoins à tout commentaire, comme Frank Williams et Patrick Head. Mais en privé, Jacques Villeneuve recueille cette surprenante confidence de Frank Williams: « Tout a été de ma faute. J'assume tout. Je suis l'unique responsable. » On croyait le terrible Frank peu adepte de la contrition... De son côté, Jacques Villeneuve ne peut que viser la victoire à Barcelone, n'ayant jusqu'ici grappillé que vingt points sur cinquante possibles. « Cette saison est atypique, dit-il. Je passe des sommets aux profondeurs, du podium aux échecs. Je veux me débarrasser du fardeau de l'erreur de Monaco. »

 

Eddie Jordan se démène afin d'obtenir un bon moteur pour la saison 1998. Tout en négociant avec Mugen-Honda, il tente de persuader Peugeot de le motoriser pour une quatrième et dernière année. Problème: la firme au lion a signé un contrat d'exclusivité avec Prost GP pour la période 1998-2000. Jordan s'entretient pourtant avec Pierre-Michel Fauconnier et Jean-Pierre Boudy dans l'espoir de fléchir leur position. En vain. Il harcèle alors Alain Prost, lui promettant même une assistance électronique gratuite si celui-ci renonce à l'exclusivité. Peine perdue. « Eddie peut promettre tout ce qu'il veut, je resterai ferme », assure Prost, bravache.

 

D'ordinaire plutôt réservé, Olivier Panis apparaît ici en veine de confidences. « J'ai effacé ma déception de Monaco ! » proclame-il. « D'ailleurs, ce n'en était pas vraiment une. » En fait, il est rassuré que cette étape symbolique soit maintenant derrière lui. Il s'inquiète néanmoins de porter l'écurie Prost sur ses seules épaules. « Quand j'observe Nakano, j'ai l'impression qu'il se demande lui-même ce qu'il fout ici », lâche-t-il. « Pour le remplacer, Alain Prost envisage Emmanuel Collard ou Jean-Christophe Boullion. Mais je vais aussi parler de mon ami Franck Lagorce. » Les Bleus aligneront-ils un duo tricolore d'ici la fin de la saison ?

 

Son compatriote Jean Alesi est lui des plus moroses. Il vit en effet le plus mauvais début de saison de sa carrière: trois points inscrits en cinq courses. Pis, à l'occasion de récents essais privés sur ce circuit de Montmeló, Flavio Briatore a donné sa Benetton-Renault à ses jeunes protégés Alexander Wurz et Jarno Trulli. Un véritable affront. Son coéquipier Gerhard Berger est lui atteint d'une vilaine sinusite. Il doit prendre un traitement à base d'antibiotiques et affiche une petite mine. Affaibli et démoralisé, le grand Autrichien ne dissimule plus guère ses envies de retraite... La rumeur annonce son remplacement par son jeune compatriote Wurz en 1998.

 

Depuis le début du championnat, Peter Sauber était mécontent des performances de Nicola Larini, constamment devancé par Johnny Herbert et sujet à trop d'erreurs de pilotage. En conséquence, l'Italien est évincé et remplacé par son compatriote Gianni Morbidelli, lui aussi « prêté » par Ferrari dont il était l'essayeur officiel depuis le passage de Larini chez Sauber. « Sans doute, Nicola a manqué de temps pour se réadapter à la conduite en Grand Prix, mais il savait à quoi s'en tenir », commente Peter Sauber. Ce dernier sait que la C16 à moteur Ferrari possède un excellent potentiel et souhaite disposer de deux pilotes compétitifs pour ramener des points régulièrement. Toutefois, Morbidelli est lui aussi un « revenant » : son dernier Grand Prix remonte à novembre 1995, et il n'a piloté qu'une seule fois la Sauber, lors de récents essais privés à Barcelone.

 

Ce week-end, John Barnard prend ses fonctions de directeur technique de l'équipe TWR-Arrows, accompagné de son assistant Mike Coughlan. Les deux ingénieurs ne dissimulent pas leur désappointement devant le niveau de l'Arrows-Yamaha A18 et vont concentrer leurs efforts sur la conception de la monoplace de 1998. Damon Hill aura-t-il la patience d'attendre cette création ? Rien n'est moins sûr car le champion du monde en titre discute ouvertement avec quatre autres écuries: McLaren, Jordan, Sauber et Prost.

 

La McLaren MP4/12 est remaniée pour ce GP d'Espagne avec un aileron avant doté d'une cornière sur toute sa longueur. Elle reçoit aussi un tout nouveau moteur Mercedes, baptisé FO110 version F, plus léger et plus ramassé. Sa vitesse de rotation a été augmentée de 700 tours/minute pour atteindre une puissance de 775 chevaux. Ferrari utilise pour la première fois en course son nouveau V10 046/2 aperçu lors des essais du GP de Saint-Marin. Ce moteur semble un peu plus volumineux que son devancier afin de permettre un alésage accru. Sa chambre d'expansion a aussi été modifiée pour ce rendez-vous espagnol. Chez Benetton, Berger bénéficie pour la première fois de la même suspension qu'Alesi, avec un dispositif anti-plongée. La Stewart reçoit de nouveaux déflecteurs avant placés à l'intérieur des suspensions, comme sur la Ferrari. Jordan utilise un nouveau diffuseur, placé plus haut et de forme plus carrée. La Sauber inaugure une nouvelle prise d'air dynamique: une cloison sépare l'entrée d'air proprement dite de l'appui-tête, comme sur la Williams et la Jordan. Les « candélabres » disparaissent de la Tyrrell mais subsistent les ailes fixées de part et d'autre du museau, ainsi que les appuis placés devant les roues arrière. La 025 accueille également la dernière évolution du V8 Ford-Cosworth, l'ED5.

 

Début mai, l'usine Goodyear d'Akron, dans l'Ohio, qui fabrique les pneus de F1, est paralysée par une grève qui ralentit considérablement la production. Les ouvriers persistant à se croiser les bras, ce sont les ingénieurs eux-mêmes qui ont fabriqué in extremis les 2300 pneus prévus pour le GP d'Espagne ! Conçues dans l'urgence, ces gommes n'ont pas le temps de sécher et de se stabiliser. Elles se révèlent donc très (trop) tendres, ce qui représentera un avantage en qualifications... et un grave inconvénient en course.

 

Essais et qualfications

Les essais du vendredi réservent une belle surprise à Benetton: les pneus apportés par Goodyear conviennent parfaitement à la B197 et Alesi réalise le meilleur chrono. Néanmoins les Williams-Renault et les Ferrari retrouvent l'ascendant samedi matin lorsque Frentzen se montre le plus véloce devant M. Schumacher et Villeneuve.

 

Samedi après-midi, le ciel se couvre et quelques gouttes de pluie sont signalées. Les pilotes se ruent en piste dès le feu vert, mais il n'y aura finalement pas d'averse. Les deux pilotes Williams se livrent une furieuse bataille pour la pole et « collent » plus d'une seconde à la concurrence. Frentzen détient longtemps l'avantage (1'16''791'''), mais Villeneuve lui chipe la pole position dans son ultime tour lancé (1'16''525'''). Les deux FW19 monopolisent la première ligne. Grâce au nouveau V10 Mercedes, les McLaren font parler la poudre, atteignant les 312 km/h au bout de la longue pleine charge. Coulthard (3ème) devance Häkkinen (5ème). Les Benetton-Renault (Alesi 4ème, Berger 6ème) confirment leur regain de forme. C'est en revanche la catastrophe chez Ferrari: M. Schumacher doit mettre un maximum d'appui pour compenser l'instabilité de sa F310B et perd donc de la vitesse de pointe. Pire, il casse son moteur au début de la séance et se rabat sur le mulet. Il partira septième, sa pire qualification depuis deux ans. Irvine (11ème) souffre tout autant. Les Jordan-Peugeot (Fisichella 8ème, R. Schumacher 9ème) ne sont pas performantes sur ce circuit.

 

Chez Sauber, Herbert (10ème) est mécontent de rendre deux secondes aux Williams. Morbidelli (13ème) se distingue vendredi en percutant le mur... juste après avoir quitté les stands (pneus trop froids...). Les Bridgestone ne sont pas performants sur ce tracé très abrasif. Panis (12ème) se lamente ainsi sur la tenue de route de sa Prost-Mugen. Nakano (16ème) progresse et ne rend qu'une seconde à son leader. Très belle performance de Salo: bloqué une demi-heure aux stands par une panne d'accélérateur, il n'en hisse pas moins sa Tyrrell-Ford au 14ème rang. Verstappen (19ème) s'est qualifié sur le mulet qui ne dispose pas du nouveau V8 ED5. Chez Arrows, Hill se classe 15ème en dépit d'un moteur Yamaha poussif et de Bridgestone inefficaces. Diniz (21ème) peine à surnager. Les Stewart-Ford (Barrichello 17ème, Magnussen 22ème) sont complétement hors du coup, en grande partie à cause des gommes Bridgestone. Encore quelques petits pépins pour les Minardi-Hart: Trulli (18ème) casse un moteur et Katayama (20ème) souffre cette fois de survirage.

 

Le Grand Prix

Dimanche matin, les Williams-Renault survolent le warm-up, jusqu'à ce que vers 10 heures une pluie diluvienne noie le circuit. Le ciel demeure ensuite très chargé, et les ingénieurs envisagent une nouvelle course humide. Mais finalement, le vent chasse les nuées en début d'après-midi et la course se déroulera sur le sec. Toutes les équipes prévoient deux arrêts-ravitaillements, mais du fait de la forte attrition des pneumatiques Goodyear, ces plans pourraient bien être bouleversés...

 

Tour de formation: Berger cale son moteur et reste scotché. Il parvient à démarrer mais doit prendre place en queue de peloton.

 

Grille de départ: Alors que Charlie Whiting s'apprête à donner le feu vert, R. Schumacher signale qu'il a calé à son tour. Les bolides repartent pour un nouveau tour de chauffe et la distance originelle est amputée d'une boucle. R. Schumacher partira bon dernier alors que Berger peut retrouver sa sixième position sur la grille.

 

Départ: Villeneuve prend un bon envol contrairement à Frentzen, placé du côté sale de la piste. Coulthard se porte à la hauteur de Villeneuve et tente de lui faire l'intérieur au premier freinage. Les deux hommes franchissent côte à côte le premier enchaînement mais Villeneuve, mieux placé à la réaccélération, garde l'ascendant. M. Schumacher prend un départ-canon, se faufile à droite, double quatre concurrents et pointe au troisième rang au premier virage !

 

1er tour: M. Schumacher déborde Coulthard par l'extérieur de la courbe Repsol: l'Allemand a gagné cinq places en un quart de tour ! Il se place même dans le sillage de Villeneuve. Suivent Coulthard, Alesi, Häkkinen, Frentzen, Herbert, Berger, Fisichella et Salo.

 

2e: M. Schumacher et Coulthard évoluent dans le sillage immédiat de Villeneuve, sans pouvoir prendre son aspiration.

 

3e: R. Schumacher remonte: il a déjà gagné cinq positions et doublera Barrichello et Verstappen un peu plus tard.

 

4e: Villeneuve prend une seconde de marge sur M. Schumacher. Alesi et Häkkinen maintiennent le contact avec Coulthard.

 

5e: Villeneuve mène devant M. Schumacher (1.5s.), Coulthard (2s.), Alesi (3.5s.), Häkkinen (4.3s.), Frentzen (5.9s.), Herbert (7.2s.), Berger (7.8s.), Fisichella (9.3s.), Salo (13.2s.), Hill (13.5s.) et Irvine (14s.).

 

7e: Villeneuve repousse Schumacher à plus de trois secondes. Les pneus du pilote Ferrari commencent déjà à se dégrader. Coulthard se blottit dans ses échappements.

 

8e: Villeneuve s'envole: cinq secondes et demie le séparent du duo Schumacher – Coulthard. Le Canadien roule en 1'22'' alors que tous les autres pilotes ne font pas mieux qu'1'24'', signe que les pneumatiques souffrent.

 

9e: Alesi et Häkkinen rejoignent Schumacher et Coulthard. Plus loin, Salo et Hill se bagarrent pour la dixième place. Morbidelli écope d'un « stop-and-go » de dix secondes pour avoir volé le départ.

 

10e: Les pilotes chaussés par Goodyear s'aperçoivent que leurs enveloppes arrière se couvrent de cloques. Villeneuve précède M. Schumacher (11.6s.), Coulthard (11.9s.), Alesi (12.5s.), Häkkinen (13s.), Frentzen (14.8s.), Herbert (15.5s.), Berger (17.2s.), Fisichella (19s.), Salo (31.6s.), Hill (31.8s.), Irvine (32.2s.), Panis (32.5s.) et Nakano (33.1s.).

 

11e: Coulthard prend l'aspiration de Schumacher dans la longue pleine charge et tente de forcer le passage à l'intérieur, mais son adversaire lui ferme la porte. Hill dépasse Salo. Morbidelli subit sa pénalité puis effectue un premier ravitaillement.

 

12e: M. Schumacher use de trajectoires excentriques pour empêcher Coulthard d'être aspiré. Alesi et Häkkinen sont à l'affût derrière ceux-ci. Katayama abandonne: une panne hydraulique frappe sa boîte de vitesses. R. Schumacher effectue un premier pit-stop. Les équipes utilisant des Goodyear basculent pour la plupart sur une stratégie à trois arrêts.

 

13e: Villeneuve devance de près de vingt secondes le quatuor Schumacher – Coulthard – Alesi – Häkkinen. Frentzen et Herbert se raccrochent à ce train. Mais tous ces pilotes déplorent du « blistering » sur les pneus arrière. Arrêt-ravitaillement de Salo.

 

14e: Coulthard fait l'intérieur à M. Schumacher au passage de la ligne et s'empare de la seconde place. « Schumi » résiste ensuite à Alesi. Puis Coulthard et Schumacher rejoignent les stands pour remettre de l'essence et changer de pneus. L'arrêt de l'Écossais dure six secondes, celui de l'Allemand sept secondes. Berger opère aussi un pit-stop.

 

15e: Vingt-trois secondes séparent Villeneuve et Alesi. Häkkinen et Herbert opèrent leurs premiers ravitaillements. Le Finlandais se réinsère entre Panis et M. Schumacher. Coulthard évolue maintenant derrière Hill.

 

16e: Frentzen observe son premier arrêt et fait une mauvaise affaire puisqu'il repart derrière Herbert. Hill doit laisser filer Coulthard et Irvine.

 

17e: Villeneuve mène devant Alesi (21s.), Fisichella (32s.), Coulthard (36s.), Irvine (40.8s.), Hill (41.2s.), Panis (41.5s.), Häkkinen (42s.), M. Schumacher (42.7s.), Herbert (46.5s.) et Frentzen (48.8s.). Premier ravitaillement pour Magnussen.

 

18e: Fisichella passe chez Jordan pour son premier arrêt et glisse au onzième rang. Le moteur de Hill explose à l'entame de la longue ligne droite. Le Britannique se gare le long du muret des stands. C'est son sixième abandon consécutif...

 

19e: Irvine fait escale chez Ferrari pour remettre de l'essence et des pneus neufs (8.1s.), puis retombe en 14ème position.

 

20e: Villeneuve effectue son premier arrêt-ravitaillement (8.3s.) et ne ressort que quatre secondes devant Coulthard. Alesi s'empare du commandement de façon provisoire. Fisichella s'adjuge le meilleur tour en course (1'22''242'''). Ce chrono qui ne sera pas battu.

 

21e: Alesi apparaît chez Benetton afin de ravitailler (8.8s.) et repart entre Häkkinen et M. Schumacher. Panis se retrouve troisième grâce à ses Bridgestone plus endurants que les Goodyear. Ravitaillements de Barrichello, Verstappen et de Trulli.

 

22e: Premiers arrêts de Diniz et de Nakano. Morbidelli observe déjà son second « refueling ».

 

23e: Villeneuve est en tête devant Coulthard (3.4s.), Panis (11.5s.), Häkkinen (15.9s.), Alesi (16.5s.), M. Schumacher (17.6s.), Herbert (21.6s.), Frentzen (25.6s.), Fisichella (26s.), Berger (39.8s.) et Irvine (40.5s.).

 

24e: Fisichella prend la huitième place à Frentzen dont les gommes se sont déjà effondrées.

 

25e: Panis stoppe chez Prost pour le premier de ses deux arrêts (7.8s.) et redémarre entre Fisichella et Frentzen. Second ravitaillement pour R. Schumacher.

 

26e: Villeneuve compte trois secondes et demie de marge sur Coulthard. Häkkinen lutte avec ses pneus cloqués et bloque régulièrement ses roues. Alesi le menace. Frentzen est contraint de changer de pneus une seconde fois.

 

27e: Alesi et M. Schumacher passent devant Häkkinen qui remplace ses pneus en fin de tour. Les seconds relais s'annoncent très courts pour les coureurs munis de Goodyear...

 

28e: Coulthard revient à deux secondes de Villeneuve qui manque de grip. Alesi et Schumacher roulent de concert à vingt secondes des leaders. Panis prend la sixième place à Fisichella. Irvine exécute son deuxième pit-stop (6.5s.).

 

29e: Coulthard passe chez McLaren (8s.) pour entamer un court troisième relais et repart devant Herbert. Second arrêt de Berger.

 

30e: Villeneuve se conforme à sa stratégie à deux arrêts et reste en piste. M. Schumacher pénètre pour la seconde fois dans l'allée des stands avec des pneus détruits et subit un second pit-stop (6s.).

 

31e: Villeneuve devance Alesi (17s.), Coulthard (20s.), Herbert (21.3s.), Panis (22.7s.), Fisichella (33.5s.), M. Schumacher (34.2s.), Häkkinen (42s.), Frentzen (52s.), Nakano (1m. 02s.) et Berger (1m. 04s.).

 

32e: Fisichella observe son deuxième pit-stop et repart devant Berger, qui vient de dépasser Nakano. Suite à une touchette avec Salo, Trulli doit passer par son garage pour remplacer sa calandre.

 

33e: Herbert effectue son deuxième arrêt (6s.) et ne perd que deux positions. Le pilote Sauber est l'un des rares « pilotes Goodyear » à surnager.

 

35e: Villeneuve est premier devant Alesi (16.9s.), Coulthard (18.8s.), Panis (23.5s.), M. Schumacher (30.8s.), Herbert (42s.), Häkkinen (44.6s.), Frentzen (55.6s.), Fisichella (56.4s.) et Berger (1m. 08s.). Rappelé aux stands pour ravitailler, Nakano ne parvient pas à réenclencher la première vitesse. Le Japonais n'ira pas plus loin.

 

36e: Villeneuve et Alesi parviennent à composer avec leurs pneus cloqués et pourront se contenter de deux arrêts. Le pneu arrière-gauche de Salo déchape dans la ligne droite principale. Le Finlandais parvient à stopper en douceur dans le bac à sable.

 

38e: Villeneuve devance Alesi de dix-sept secondes. Barrichello se gare sur le bas-côté après la courbe Seat, moteur coupé. Son collègue Magnussen exécute son deuxième et dernier arrêt.

 

39e: Panis recolle à Coulthard dont les pneus sont très altérés. Frentzen effectue son troisième arrêt et repart en dixième position (7.7s.).

 

40e: Panis déborde Coulthard au premier freinage. Le Britannique opère ensuite son troisième et dernier arrêt-ravitaillement (6.4s.). Il recule au sixième rang. Troisième pit-stop de Berger qui sombre en 14ème position. Verstappen et Morbidelli sont aussi aperçus aux stands.

 

42e: Villeneuve est en tête devant Alesi (13.8s.), Panis (18.4s.), M. Schumacher (23s.), Herbert (41.4s.), Coulthard (45.2s.), Häkkinen (47.5s.), Fisichella (1m.), Frentzen (-1t.) et Irvine (-1t.). Deuxième pit-stop pour Diniz.

 

43e: Alesi effectue son deuxième et dernier ravitaillement (8.2s.). Il retrouve le circuit en quatrième position. Trulli passe pour la troisième fois par son garage, cette fois pour ravitailler.

 

44e: Panis s'arrête chez Prost pour remettre de l'essence et des Bridgestone neufs (7.6s.). Le Grenoblois repart derrière Schumacher mais devant Alesi. Il conquiert ainsi virtuellement la seconde place. Troisième arrêt-ravitaillement pour Häkkinen (7.7s.).

 

45e: Villeneuve s'arrête chez Williams pour son dernier pit-stop (8s.) et rejoint la piste loin devant Panis. La course semble jouée en faveur du Québécois, bien que M. Schumacher ait très provisoirement recueilli le leadership. L'Allemand est d'ailleurs gêné par Morbidelli.

 

46e: M. Schumacher se plie à un troisième ravitaillement (6.8s.) et se retrouve quatrième. Nouveau pit-stop également pour son frère Ralf.

 

48e: Villeneuve devance Panis (11.6s.), Alesi (15.1s.), M. Schumacher (15.7s.), Herbert (19.1s.), Coulthard (25.2s.), Fisichella (39.4s.), Häkkinen (46.1s.), Frentzen (1m. 11s.), Irvine (1m. 13s.) et Berger (1m. 19s.).

 

49e: Panis est plus rapide que Villeneuve: dix secondes les séparent. M. Schumacher est lui aux trousses d'Alesi. Herbert ravitaille pour la troisième fois (6.5s.) et repart à la sixième place.

 

50e: Panis perd du temps derrière R. Schumacher. Irvine observe son troisième ravitaillement (6.4s.) puis repart douzième, derrière la Tyrrell de Verstappen...

 

51e: Le V10 Peugeot de R. Schumacher part en fumée avant la courbe Repsol. Le jeune Allemand libère ainsi Panis.

 

52e: Villeneuve précède Panis de douze secondes. Alesi et M. Schumacher bataillent pour la troisième place.

 

53e: Fisichella effectue sa troisième halte chez Jordan et recule au huitième rang.

 

54e: Panis rejoint Irvine qui lui-même pourchasse Verstappen pour la onzième place. L'Irlandais refuse de s'écarter devant le Français qui est rattrapé par Alesi et Schumacher. Diniz abandonne après une nouvelle rupture du V10 Yamaha.

 

56e: Irvine coupe la trajectoire à Panis au premier virage. Alesi se retrouve dans les échappements de son compatriote mais ne peut le doubler. Au passage suivant, l'Avignonnais pointe un doigt furieux à l'adresse de Charlie Whiting pour qu'il sévisse contre Irvine.

 

57e: Irvine ouvre enfin le passage à Panis et Alesi dans la courbe Repsol. Mais les deux Français concèdent dorénavant seize secondes à Villeneuve.

 

58e: Villeneuve mène devant Panis (15s.), Alesi (17s.), M. Schumacher (18.2s.), Coulthard (25s.), Herbert (30.8s.), Häkkinen (45.2s.), Fisichella (56s.), Frentzen (1m. 06s.), Berger (1m. 10s.), Verstappen (-1t.) et Irvine (-1t.).

 

60e: Le trio Panis – Alesi – Schumacher est englué dans le trafic. Irvine reçoit une pénalité de dix secondes pour avoir ignoré les drapeaux bleus. L'Irlandais subit sa punition dans ce même tour.

 

61e: Panis a semé Alesi et Schumacher. Herbert se rapproche de Coulthard qui doit à nouveau composer avec un manque total de grip.

 

62e: Villeneuve précède Panis (9.5s.), Alesi (14.8s.), M. Schumacher (20.4s.), Coulthard (27.6s.), Herbert (28.3s.), Häkkinen (48.5s.), Fisichella (1m. 02s.), Frentzen (1m. 03s.) et Berger (1m. 07s.).

 

64ème et dernier tour: Herbert dépasse Coulthard à quelques virages de l'arrivée. Plus loin, Frentzen chipe la huitième place à Fisichella.

 

Jacques Villeneuve remporte sa troisième victoire de la saison. Panis offre une superbe deuxième place à Prost GP. Alesi, troisième, grimpe sur son premier podium en 1997. Voilà un trio 100 % francophone, le premier depuis 1983. M. Schumacher se contente de la quatrième place. Herbert finit cinquième, Coulthard sixième. Suivent Häkkinen, Frentzen, Fisichella, Berger, Verstappen, Irvine, Magnussen, Morbidelli et Trulli.

 

Après la course: un Grand Prix à la gomme

Ce Grand Prix atypique s'est entièrement joué sur la tenue des pneumatiques, circonstance qui ne s'était pas produite depuis fort longtemps et conforte Max Mosley dans ses craintes de « guerre » entre les deux manufacturiers. En l'occurrence, Goodyear a péché en fournissant des gommes postérieures trop tendres qui se sont transformées en « chewing-gum » sur la majorité des voitures. « Mes pneus bullaient après quatre ou cinq tours ! » gémit Heinz-Harald Frentzen. « Aucun grip du début à la fin », confirme David Coulthard. « À cause des pneus, ma course était fichue au bout de quelques tours », soupire Gerhard Berger.

 

Dans le clan Goodyear, seuls Jacques Villeneuve et Jean Alesi se sont contentés de deux passages aux stands. « Il fallait garder les yeux sur tout », raconte le Canadien. « Je ne m'inquiétais pas de Coulthard et de Schumacher car je savais qu'ils devraient s'arrêter trois fois. Mais il fallait évidemment surveiller les pneus. La voiture glissait beaucoup. » Villeneuve a tiré son épingle du jeu grâce à une stratégie particulièrement fine mise au point avec son ingénieur Jock Clear. Vendredi, il a brièvement éprouvé trois trains de pneus. Les deux premiers ont servi en qualifications, le troisième pour le départ du Grand Prix. « D'après Jacques, le fait de rôder ces gommes et de les laisser reposer jusqu'au moment où il en a besoin provoquerait une sorte de réaction chimique dans la gomme alliant adhérence et résistance », explique Clear. « Est-ce vraiment le cas ? Je l'ignore, mais le fait est que son premier train de pneus a fort bien fonctionné. » Villeneuve Jr. utilisait déjà cette recette en IndyCar. « Jacques a réussi ce que d'autres ont raté », souligne Bernard Dudot. « Il a senti la limite de ses pneus en permanence, roulant sur le fil du rasoir, les utilisant au maximum sans jamais trop les dégrader. Il a montré de grandes qualités de pilote et de stratège. C'est un vraiment un pilote complet. »

 

Jean Alesi a su lui aussi ménager ses pneus pour ne passer que deux fois à son stand. L'Avignonnais respire: après un début de saison calamiteux, cette troisième place est fort bienvenue: « J'espère qu'il s'agit du vrai départ de notre saison 97. Après le cauchemar vécu à Melbourne, il était temps. Une bouffée d'oxygène ! Les nouveaux développements techniques ne vont pas tarder, j'ai hâte de voir ce qu'ils vont donner. » Flavio Briatore retrouve un peu le sourire: la saison 97 de Benetton n'est pas encore tout à fait ratée...

 

Les déboires de Goodyear ont permis aux pneus Bridgestone, très décevants aux essais, de briller en course. Voilà qui explique pour partie la superbe performance d'Olivier Panis: treizième au premier virage, second à l'arrivée, sans avoir profité du moindre abandon ! « Pendant les ravitaillements, je lisais dans les regards de tout le monde qu'on attendait quelque chose de ma part », souffle le Grenoblois. Et de fait, la victoire était envisageable... si les pneus de Jacques Villeneuve s'étaient effondrés, ce qui ne fut pas le cas. Alain Prost savoure ce deuxième podium en six courses: « Malgré les mauvaises performances aux essais, je n'ai jamais perdu confiance, ni en Olivier, ni en la machine ni en nous tous. Nous avons le potentiel pour obtenir de bons résultats. » Pendant ce temps-là, un Ralf Schumacher penaud se présente sous l'auvent Prost GP. Reçu par Cesare Fiorio, il présente ses excuses pour avoir gêné Olivier Panis. Une démarche élégante que se garde bien d'accomplir Eddie Irvine, pourtant sanctionné par les commissaires. Ce comportement irrite Prost et Fiorio qui vont développer leur façon de penser à leur ami Jean Todt...

 

Villeneuve (30 points) reprend les commandes du championnat des pilotes à M. Schumacher (27 pts). L'étonnant Panis (15 pts) figure dorénavant à la troisième place. Chez les constructeurs, Ferrari (41 pts) conserve un point d'avance sur Williams-Renault (40 pts). McLaren-Mercedes (21 pts) précède Benetton-Renault (17 pts) et Prost-Mugen-Honda (15 pts).

Tony