Carlos REUTEMANN
 C.REUTEMANN
Williams Ford Cosworth
Alain PROST
 A.PROST
Renault
René ARNOUX
 R.ARNOUX
Renault

358o Grande Prémio

XVI Grand Prix of South Africa
Ligeiramente nebulosos
23 Janeiro 1982 - Kyalami
77 voltas x 4.104 km - 316.008 km
Affiche
F1
Coupe

Sabiam-no?

Piloto
Construtore
Motore

Lors de son ouverture en janvier 1982, cette nouvelle saison s'annonce très indécise. Après leur montée en puissance en 1980 et 1981, les moteurs turbo semblent enfin en mesure de dominer la discipline. Dans cette perspective, Renault semble évidemment l'équipe la mieux armée, même si elle devra gérer la rivalité naissante entre ses pilotes Alain Prost et René Arnoux. De son côté Ferrari dispose enfin d'un châssis digne de ce nom dessiné par l'ingénieur britannique Harvey Postlethwaite, qui offre beaucoup d'espoirs à Gilles Villeneuve et Didier Pironi. Ligier-Talbot débute la saison avec le V12 atmosphérique de Matra, mais devrait utiliser un turbo d'ici la fin de la saison. Enfin Brabham, l'équipe du champion en titre Nelson Piquet, débute la saison avec son nouveau moteur turbo BMW, mais l'année s'annonce rude. Godron Murray déclare ainsi qu'il serait très étonné que ses voitures finissent cette première course... Dans le clan atmosphérique Ford-Cosworth, Williams, championne du monde les deux dernières années, apparait de nouveau comme une des favorites, même si elle débute la saison avec la vieille FW07C. Après son gros échec de Las Vegas fin 81, Carlos Reutemann a songé à se retirer mais finalement reste dans l'équipe avec le statut de pilote n°1, assisté du bouillant Finlandais Keke Rosberg. McLaren est un possible outsider, surtout avec le renfort de Niki Lauda, sorti de sa retraite après deux ans d'absence. Enfin Lotus, Tyrrell et éventuellement Arrows ont pour ambition de jouer les places d'honneur, tout comme l'instable équipe Alfa Romeo.

 

Mais ce début de saison est marqué par une grave affaire politique. Durant l'intersaison la FISA et la FOCA ont planché sur une nouvelle réglementation introduisant une super-licence pour les pilotes de Formule 1. Or ceux-ci ont été totalement tenus à l'écart des commissions de travail et contestent notamment deux points de cette nouvelle règle. Tout d'abord l'article 1 stipulant que les coureurs doivent préciser la durée de leur contrat avec leur employeur, alors que la super-licence n'est octroyée que pour un an. Elle vaut donc pour le pilote accompagné de son équipe. C'est-à-dire que si un pilote n'aura pas le droit de quitter son employeur, celui-ci pourra parfaitement le renvoyer s'il le désire. Ils dénoncent aussi l'article 5 par lequel ils s'engagent à « ne pas faire de tort aux intérêts matériels et moraux du championnat du monde » texte bien vague permettant de sanctionner n'importe qui

 

Lorsqu'ils débarquent en Afrique du Sud, les pilotes sont sommés de signer une demande de super-licence dont il conteste toujours les modalités d'application. Sinon ils ne pourront pas prendre part au Grand Prix. Sous l'impulsion de Niki Lauda, ils refusent de céder à ce chantage. Le mercredi avant la course, le GPDA présente ses revendications par l'intermédiaire de Didier Pironi, son président. Mais Jean-Marie Balestre et la FISA restent inflexibles.

Le jeudi au matin, les pilotes affrètent un car et quittent Kyalami, direction Johannesburg, à trente kilomètres du circuit. Seul manque à l'appel Jochen Mass, qui loupe le bus. Menés par Pironi, Lauda, Laffite et Villeneuve, ils s'enferment dans une salle de l'hôtel « Sunny Side ». Pironi regagne ensuite Kyalami pour discuter avec Balestre et Bernie Ecclestone. Mais ceux-ci refusent de céder. A la fin de la journée, la FISA décide de bannir à vie les 31 pilotes rebelles. Seuls seront repêchés ceux qui se présenteront demander leur super-licence le lendemain entre 8h et 9h. Les directeurs sportifs mettent la pression sur leurs pilotes, les sommant d'obéir. Ecclestone se montre particulièrement féroce et vire sur le champ ses pilotes Piquet et Patrese.

Mais les pilotes continuent la lutte et décident de passer la nuit dans leur hôtel à Johannesburg. Pironi, Villeneuve et de Angelis veillent au moral des troupes, et après une nuit rocambolesque, marquée par un assaut manqué mené par Jackie Oliver et deux policiers, l'unité des grévistes est plus forte que jamais.

 

Le vendredi à 8h15, Lauda donne une conférence de presse et annonce que Pironi est retourné au circuit afin de négocier. Face à la détermination des pilotes, Balestre est contraint de transiger. Le texte concernant la super-licence sera réexaminé. A 10h, alors que doivent débuter les premiers essais, Pironi annonce la victoire des pilotes. L'article 1 sera refait afin de donner aux pilotes les mêmes garanties qu'aux constructeurs. Pourtant, le président de la FISA tentera après la course de suspendre les grévistes, puis de leur faire payer une amende. Celles-ci sera réglée par les équipes, et l'affaire en restera là.

 

Les qualifications sont dominées globalement par les Renault, mais Prost est victime d'une crevaison qui l'expédie dans le décor. Cette mésaventure le relègue à la cinquième place sur la grille et laisse la pole à Arnoux. Les Brabham-BMW semblent très véloces: Piquet est second, Patrese quatrième. De même les Ferrari: Villeneuve est troisième, Pironi sixième. Les turbos sont les maîtres sur ce circuit rapide et les Williams sont reléguées en quatrième ligne, Rosberg devant Reutemann. Pour son retour, Lauda a signé le treizième temps, quatre places derrière son équipier Watson. Comme l'an passé, les Ligier-Talbot sont à la traîne sur cette piste: Laffite est onzième, Cheever dix-septième.

Lors des essais, Marc Surer est victime d'un gros accident sur son Arrows et transporté à l'hôpital de Johannesburg, les talons blessés. Après avoir vainement contacté Patrick Tambay pour remplacer le pilote suisse, Jackie Oliver jette son dévolu sur Brian Henton, qui passait par là. Mais le Britannique ne parvient pas à se qualifier, pas plus que son équipier Baldi.

Les autres non partants sont le débutant Paletti sur Osella, et Fabi, forfait à cause de la casse du moteur de sa Toleman.

 

Départ: Arnoux part comme une fusée tandis qu'au contraire à ses côtés Piquet démarre avec difficulté et se fait passer par une grande partie du peloton. Prost prend la deuxième place devant les deux Ferrari de Villeneuve et Pironi.

 

1er tour: Jarier sort de la piste et finit sa course dans les protections. Mansell est quant à lui déjà contraint à l'abandon, victime d'une panne électrique.

Arnoux mène la course devant Prost, Villeneuve, Pironi, Rosberg, Patrese, Laffite, Alboreto, Reutemann et Watson. Piquet n'est que treizième.

 

2e: Reutemann déborde Alboreto dans la ligne droite principale. Watson se débarrasse dans le même tour de l'Italien.

 

4e: Les Renault et les Ferrari contrôlent la tête de la course. Reutemann passe Laffite sur la ligne. Piquet perd le contrôle de sa Brabham et tape les barrières à Crowthorn. La course s'arrête là pour le champion du monde en titre.

 

5e: Patrese prend la cinquième place à Rosberg.

 

6e: Reutemann double son équipier Rosberg et entre ainsi dans les points.

 

7e: Explosion du moteur turbo de Villeneuve. Un épais nuage de fumée s'échappe de la Ferrari mais personne ne se fait piéger.

 

10e: Dernier sur sa Fittipaldi, Serra se fait déjà prendre un tour par les Renault.

 

12e: Abandon de Cheever suite à une panne d'alimentation. Warwick passe par les stands à cause d'un souci sur sa Toleman.

 

14e: Alors que les deux Renault sont dans le trafic, Prost se rapproche d'Arnoux. Il attaque ce dernier dans la ligne droite principale et le déborde par l'intérieur du premier virage.

 

18e: Alboreto et Lauda passent Laffite. Devant eux Patrese est au ralenti suite à une perte de puissance de son moteur turbo BMW. Il revient aux stands et abandonne. Les deux Brabham sont d'ores et déjà hors course. Les prédictions de Gordon Murray se sont donc révélées exactes.

 

19e: Prost mène devant Arnoux (1.7s.), Pironi (7.1s.), Reutemann (26.7) et Rosberg (33.8s.). Watson est sixième. Très en verve pour son retour, Lauda passe Alboreto et se retrouve septième.

 

25e: Pironi entre aux stands. Ses mécaniciens changent avec difficultés ses pneus et il repart en huitième position.

 

29e: Pironi commence à remonter et double Alboreto.

 

30e: Poursuivi par Watson, Rosberg est bloqué par de Cesaris et dresse un poing vengeur à l'égard du jeune Italien qui finit par s‘écarter dans ce tour.

 

31e: Borgudd part en tête-à-queue à Leeukop. Dans le mauvais sens de la marche, le Suédois tente de revenir en course et effectue alors une incroyable marche arrière à même la piste. Il s'y reprend à deux reprises et parvient à se relancer. Il revient ensuite au stand Tyrrell pour changer de capot avant et repart dernier.

 

37e: Pironi prend la sixième place à Lauda. Devant eux Watson harcèle Rosberg.

 

40e: Prost compte maintenant onze secondes d'avance sur Arnoux. Les deux Williams sont reléguées à près d'une minute.

 

41e: Coup de théâtre: Prost est au ralenti, victime d'une crevaison à l'arrière-gauche. Il rentre au stand Renault et déchape à l'entrée des stands.

 

42e: Arnoux reprend la tête de la course. Prost, victime d'une seconde crevaison en deux jours, repart au bout de longues secondes en huitième position, un tour derrière son équipier. Pironi est revenu sur Watson et Rosberg

 

44e: Pironi passe Watson.

 

45e: Pironi double Rosberg et se retrouve en troisième position. Plus loin, très rapide grâce à ses pneus neufs, Prost a débuté sa remontée et passé Alboreto.

 

47e: Bien plus rapide qu'Arnoux, Prost repasse celui-ci et reprend ainsi son tour de retard.

 

48e: Arnoux mène devant Reutemann (33.7s.), Pironi (41.7s.), Rosberg (44.2s.), Watson (45.9s.) et Lauda (59.1s.).

Warwick sort de la piste et finit sa course dans les protections.

 

49e: Prost signe le meilleur tour en course: 1'08''278'''. Victime de problèmes d'alimentation, Laffite est aux stands. Il y reste arrêté de longues minutes avant de repartir avant-dernier.

 

51e: Arnoux commence à perdre du temps, sa Renault subissant des vibrations à cause des boulettes de gomme ramassés par ses pneus. Prost passe Lauda et revient ainsi dans la zone des points.

 

54e: Absolument irrésistible, Prost déborde maintenant Watson. De Cesaris est aux stands et perd beaucoup de temps.

 

55e: Reutemann remonte sur Arnoux, mais Pironi remonte aussi sur l'Argentin. Derrière eux, Prost passe Rosberg et se retrouve quatrième.

 

58e: Laffite rentre à son garage et abandonne. Triste début de saison pour Ligier-Talbot-Matra qui repart de Kyalami avec un double abandon.

 

60e: A vingt-deux secondes d'Arnoux, Reutemann voit fondre sur lui Pironi et Prost.

 

61e: Pironi puis Prost passent Reutemann.

 

62e: Prost déborde Pironi dans la ligne droite principale. Voici le pilote Renault revenu en deuxième position.

 

65e: Prost remonte sur Arnoux au rythme de plusieurs secondes au tour. Également très rapide en cette fin de course, Lauda prend la sixième place à son équipier Watson.

 

67e: Le moteur turbo de Pironi commence à perdre de la puissance, et le Français se fait repasser par Reutemann. Lauda passe un Rosberg assez lent en cette fin de course.

 

68e: Revenu dans les roues de son équipier, Prost le déborde sans que celui-ci ne puisse faire quoique ce soit.

 

70: Désormais très lent, Pironi se fait déborder par Lauda et cie.

 

71e: Prost s'envole en tête de la course tandis qu'Arnoux rencontre visiblement des soucis. Pironi est rentré à son stand et les mécaniciens de Ferrari tentent de réparer sa machine. Son turbo est en fait victime d'un distributeur d'injection défectueux.

 

73e: Reutemann passe Arnoux, qui désormais ne peut espérer que finir l'épreuve.

 

77ème et dernier tour: Alain Prost remporte sa quatrième victoire en carrière et sans doute l'une des plus belles. Sa remontée a en tout cas prouvé la supériorité de la Renault turbo sur ses rivales en ce début de saison. Reutemann sauve une belle deuxième place devant un Arnoux fort déçu par cette fin de course. Le héros du jour est Niki Lauda, quatrième pour son retour après deux ans d'absence. Rosberg est cinquième devant Watson. Renault, Williams et McLaren sont donc les seules équipes à inscrire des points. Alboreto obtient une satisfaisante septième place, suivi par de Angelis, Salazar et Winkelhock, ces deux derniers ayant réalisé une belle course pour ATS. Sont aussi classés Giacomelli, Mass, de Cesaris (qui est remonté depuis le fond du plateau), Daly, Boesel, Borgudd et Serra. Pironi termine dernier à six tours.

Tony