Jody SCHECKTER
 J.SCHECKTER
Wolf Ford Cosworth
Gilles VILLENEUVE
 G.VILLENEUVE
Ferrari
Carlos REUTEMANN
 C.REUTEMANN
Ferrari

313o Grande Prémio

XVII Grand Prix du Canada
Talher
8 Outubro 1978 - Montréal
70 voltas x 4.500 km - 315.000 km
Affiche
F1
Coupe

Sabiam-no?

Piloto
Construtore
  • 73a vitória para Ferrari
  • 13o e último podium para Wolf
Motore

Le vétuste circuit de Mosport ayant été définitivement abandonné, le Grand Prix du Canada a désormais lieu à Montréal, sur l'île Notre-Dame, au milieu du Saint-Laurent. Cette île artificielle avait été créée en 1967 à l'occasion de l'Exposition universelle. Le nouveau tracé est une succession de virages serrés et de courtes lignes droites. Les murs sont près de la piste. Le circuit est diversement apprécié par les pilotes. Mario Andretti est très critique et le qualifie de « circuit Mickey Mouse ». Mais son opinion est minoritaire. En tout cas le public n'a d'yeux que pour son idole Gilles Villeneuve dont il souhaite la victoire.

 

Ensign n'engage qu'une seule voiture pour cette course, celle de Daly, Mo Nunn ayant décidé de pas poursuivre l'aventure avec Brett Lunger. Bobby Rahal est toujours au volant d'une deuxième Wolf, mais devra se contenter de la vieille WR01, disparue depuis le GP de Belgique. Enfin, après sa course de suspension, Riccardo Patrese fait son retour dans le paddock, sous l'œil suspicieux de la plupart de ses collègues.

 

Ce dernier Grand Prix n'a plus guère d'enjeux. En cas de victoire, Lauda ou Reutemann peuvent subtiliser le titre de vice-champion du monde au défunt Ronnie Peterson. Chez les constructeurs, Brabham-Alfa Romeo doit défendre sa deuxième place face à Ferrari. Quatre points seulement séparent les deux équipes.

 

La météo n'est pas clémente pour ce week-end d'octobre. Le vendredi, les essais se déroulent sous la pluie, ce qui permet aux Ferrari, dont les pneus Michelin sont excellents dans ces conditions délicates, de réaliser les meilleurs temps. Mais le samedi la piste est sèche, et la hiérarchie reprend ses droits: les Lotus sont les plus fortes. Mais contrairement à ce qui s'était passé à Watkins-Glen, c'est Jarier qui se révèle le meilleur des hommes de Colin Chapman et réalise la pole position. Il devance d'un centième de seconde Scheckter qui obtient sa meilleure qualification de l'année. Villeneuve est troisième mais est déçu car il espérait obtenir la pole. Il devance Watson, Jones et Fittipaldi. En quatrième ligne on retrouve Lauda et l'étonnant Stuck. Il faut attendre la neuvième place pour trouver le champion du monde Andretti. Il est devant Laffite et Reutemann. Sur la troisième Brabham Piquet est quatorzième. Les McLaren coulent à pic: Tambay est 17ème et Hunt 19ème.

La Renault turbo n'est pas du tout à l'aise sur cette nouvelle piste, ainsi Jabouille se qualifie in extremis au 22ème et dernier rang.

La grille de départ étant réduite, il y a six non-qualifiés: Regazzoni, Gabbiani, Stommelen, Merzario, Rebaque et Bleekemolen.

 

Le dimanche 8 octobre, le temps est couvert et très frais. Mais tout Montréal est là pour applaudir Gilles Villeneuve. Le Premier ministre canadien Pierre-Elliott Trudeau a fait le déplacement.

 

Départ: Jarier conserve l'avantage de sa pole devant Scheckter. Jones prend un excellent envol et pointe au troisième rang devant Villeneuve et Watson.

 

1er tour: Dans un des premiers S, Scheckter fait un écart et Jones en profite pour lui subtiliser la deuxième place. A l'arrière, Stuck part en tête-à-queue et est heurté par Fittipaldi. Les deux hommes vont devoir abandonner, tandis que Laffite passe par le gazon pour éviter les deux voitures.

Jarier mène avec une avance de déjà quatre secondes sur Jones. Scheckter est troisième puis viennent Villeneuve, Watson, Andretti, Depailler, Lauda, Reutemann et Daly.

 

2e: Jarier s'échappe en tête, tandis qu'Andretti menace Watson. Stuck est rentré à son garage pour abandonner. Arnoux est quant à lui à son stand à cause d'un souci de suspension. Il pourra repartir en dernière position.

 

3e: Jarier compte six secondes d'avance sur Jones.

 

5e: Jones commence à subir la pression de Scheckter et de Villeneuve.

 

6e: Andretti attaque Watson mais loupe sa manœuvre: les deux voitures partent en tête-à-queue. Andretti et Watson parviennent toutefois à repartir, respectivement en dix-septième et dix-huitième position. Peu après, Lauda ralentit et va devoir abandonner à cause d'un problème de freins. Triste fin de saison pour l'Autrichien.

 

8e: Jones, Scheckter et Villeneuve roulent désormais en peloton. Depailler est cinquième devant Reutemann, puis viennent Daly, Piquet, Tambay et Patrese.

 

10e: Jarier mène avec dix secondes d'avance sur Jones. Rien ne semble pouvoir arrêter le pilote français. Watson est victime d'une sortie de route et tape légèrement le mur. Ainsi s'achève sa collaboration avec Brabham.

 

11e: Alors onzième, Rahal s'arrête aux stands pour changer de pneus.

 

12e: Scheckter est de plus en plus pressant derrière Jones.

 

14e: Jarier a désormais en point de mire Andretti, relégué à presque un tour et naviguant en quinzième position.

 

15e: Andretti concède un tour au leader. En difficulté, Tambay perd deux places aux profits de Patrese et de Pironi.

 

17e: Rahal est de retour au stand Wolf et cette fois-ci ne repartira pas, à cause d'un souci d'alimentation.

 

18e: Scheckter attaque Jones et parvient à le dépasser. Voici le Sud-Africain deuxième.

 

19e: Villeneuve vient à son tour à bout de Jones, en difficulté avec ses pneumatiques.

 

20e: Jarier compte seize secondes d'avance sur Scheckter et dix-huit secondes sur Villeneuve. Depailler s'arrête à son stand pour changer de pneus. Il repart en treizième position. Piquet passe aussi par les stands.

 

22e: Villeneuve se rapproche dangereusement de Scheckter. Patrese prend la sixième place à Daly. Rosberg est sur les talons de l'Irlandais.

 

24e: Toujours très rapide, Jarier bat le temps record du circuit.

 

25e: Avant la chicane précédant Casino, Villeneuve attaque Scheckter, qui ferme la porte au nez du Québécois. Mais celui-ci garde la tête froide, se place dans les échappements de la Wolf et la déborde à l'épingle. Le public exulte.

 

26e: Rosberg prend la septième place à Daly.

 

27e: Reutemann double un Jones dont les pneus sont presque détruits. Rosberg est au ralenti à cause d'un souci mécanique. Il entre aux puits et ses mécaniciens vont essayer de réparer l'ATS.

 

28e: Jarier mène devant Villeneuve (24s.), Scheckter (27s.), Reutemann (42s.) et Jones (45s.). Patrese est sixième, juste derrière l'Australien. Puis viennent Daly, Pironi, Tambay et Depailler.

 

29e: Jones ne résiste pas à Patrese et chute ainsi au sixième rang.

 

33e: Jones s'arrête enfin à son stand pour changer de gommes. Il repart en douzième position.

 

35e: A la mi-course, Jarier mène avec 28 secondes d'avance sur Villeneuve. Scheckter est relégué à plus de trente secondes. Puis viennent Reutemann, Patrese, Daly, Pironi, Tambay, Depailler et Hunt.

 

36e: Depailler prend la huitième place à Tambay.

 

40e: Arnoux renonce à cause d'un souci de pression d'huile. C'était le dernier Grand Prix de l'écurie Surtees.

 

42e: Jarier compte toujours une trentaine de secondes d'avance sur Villeneuve, qui semble devoir se contenter de la deuxième place. Une rude bagarre oppose Daly à Pironi pour la sixième place.

 

44e: Depailler est l'un des pilotes les plus rapides et il remonte sur le duo Daly-Pironi.

 

45e: Victime d'un souci technique, Jabouille est arrêté à son stand. Il repartira avec beaucoup de retard.

 

47e: Depailler dépasse Pironi et se lance à la poursuite de Daly.

 

48e: Depailler prend la sixième place à Daly.

 

50e: Tandis qu'il vient de doubler Tambay et Laffite, Jarier ralentit soudainement à l'abord de l'épingle Casino. Une fuite d'huile se déclare sur la Lotus. Le Français revient à son stand où il ne peut que renoncer: l'huile a englué un disque de frein. C'est une immense déception pour lui car sa première victoire semblait acquise.

 

51e: Une grande clameur s'élève des tribunes: Villeneuve est désormais leader et, avec près de dix secondes d'avance sur Scheckter, seul un pépin mécanique pourrait lui enlever la victoire.

 

53e: Sortie de route pour Hunt dont la McLaren atterrit dans la boue. C'est la fin d'une saison calamiteuse pour le champion du monde 1976.

 

55e: Villeneuve mène tranquillement avec une dizaine de secondes d'avance sur Scheckter. Reutemann est troisième à vingt secondes. Patrese occupe le quatrième rang devant Depailler, Daly, Pironi et Tambay. Andretti et Jones se battent pour la neuvième place. Après un Grand Prix catastrophique, Laffite renonce suite à une panne de transmission.

 

57e: Jones s'impose face à Andretti.

 

60e: Les derniers tours de la course sont très calmes, du moins sur la piste, car dans les tribunes le public est survolté par la perspective de la victoire de Villeneuve.

 

63e: Quinze secondes d'écart entre Villeneuve et Scheckter.

 

65e: Toutes les premières places sont désormais figées, bien que Depailler ne soit qu'à quelques secondes de Patrese. Derrière lui, Daly est parvenu à semer Pironi.

 

68e: Grâce à ses pneus plus frais que ceux de ses adversaires, Jones est le pilote le plus rapide de cette fin de course. Il convoite la huitième place de Tambay.

 

70ème et dernier tour: Tandis que les tribunes sont en fête, Gilles Villeneuve franchit la ligne d'arrivée en vainqueur. Il gagne son premier Grand Prix de Formule 1 devant son public. Scheckter conclut une saison moyenne par une belle deuxième place. Reutemann est troisième pour son dernier Grand Prix avec Ferrari. Patrese est quatrième et prend ainsi une belle revanche sur ses pairs qui l'ont mis à l'index après le GP d'Italie. Depailler est cinquième et devance Daly, lequel inscrit le premier point de sa carrière et le seul de la saison pour Ensign. Sont aussi à l'arrivée Pironi, Tambay, Jones (qui a signé le meilleur tour en course dans la dernière boucle: 1'38''072), le champion du monde Andretti, Piquet et Jabouille. Rosberg termine non-classé.

 

Fidèle à la tradition de la Formule Atlantic, Villeneuve réalise le tour d'honneur en brandissant le drapeau à damiers. La cérémonie du podium est magnifique. Les spectateurs s'agglutinent autour du podium en scandant le nom de Gilles. Le Premier ministre Pierre-Elliott Trudeau et le maire de Montréal Jean Drapeau félicitent le champion. Lequel semble à la fois ravi et épuisé par sa course.

 

Ce succès de Ferrari permet à la Scuderia de souffler la deuxième place du championnat du monde des constructeurs à Brabham. Avec cinq victoires cette saison, l'équipe italienne a sauvé l'honneur face à la domination des Lotus 79.

 

La troisième position de Reutemann ne permet pas à celui-ci d'obtenir le titre de vice-champion du monde, qui revient donc au regretté Ronnie Peterson.

Tony