François CEVERT
 F.CEVERT
Tyrrell Ford Cosworth
Emerson FITTIPALDI
 E.FITTIPALDI
Lotus Ford Cosworth
George FOLLMER
 G.FOLLMER
Shadow Ford Cosworth

224o Grande Prémio

XIX Gran Premio de España
Ensolarado
29 Abril 1973 - Montjuïc Park
75 voltas x 3.791 km - 284.325 km
Affiche
F1

Sabiam-no?

Piloto
Construtore
  • 50a vitória para Lotus (registro novo)
  • 1o podium para Shadow
Motore

Hulme va résister longtemps aux assauts de Cevert et de Fittipaldi.

Présentation

Le championnat du monde Formule 1 a été mis entre parenthèse pendant un mois et demi. Pendant ce temps-là deux épreuves hors-championnat se sont disputées. La Course des champions à Brands-Hatch a vu la victoire surprise de Peter Gethin sur une Chevron F5000 devant Denny Hulme sur McLaren M23 et le jeune James Hunt qui pilotait une Surtees. Le 8 avril, l'International Trophy à Silverstone s'est conclu par la victoire de Stewart devant Peterson et Regazzoni.

 

Le Grand Prix d'Espagne qui se déroule sur le circuit urbain de Montjuïc Park voit l'entrée en vigueur de nouvelles règles imposant aux Formules 1 l'utilisation de structures déformables sur les flancs ainsi que l'emploi de réservoirs du type outre caoutchouc. Chaque outre a une contenance de 80 litres et la capacité totale ne doit pas excéder 250 litres. Enfin la limite de poids des voitures est relevée de 550 à 575 kilogrammes.

 

De nouveaux modèles sont présentés. Tout d'abord la Tyrrell 006/2 confiée à Stewart et à Cevert. Le circuit barcelonais n'apparait pas idéal pour faire débuter cette voiture car ce tracé sinueux exige beaucoup des freins, ce qui est le point faible des Tyrrell. La 006/2 est censée rivaliser avec la nouvelle version de la Lotus 72, la 72E. Celle-ci présente une carrosserie élargie et de nouveaux ailerons.

La McLaren M23, déjà aperçue à Kyalami entre les mains de Hulme, est cette fois-ci également donnée à Revson.

Brabham présente la BT42 conçue par Gordon Murray, très étonnante par sa structure pyramidale. Deux modèles sont pilotés par Reutemann et W. Fittipaldi.

Ferrari lance sa 312 B3 à structure monocoque et à radiateur frontal, conçue en partie en Angleterre par John Thompson sur des plans de Franco Rocchi. Un seul modèle est aligné à Montjuïc pour Ickx, Merzario étant condamné à demeurer dans le garage.

 

March fait débuter son nouveau modèle, la 731. Il est donné à Henri Pescarolo, qui remplace provisoirement Jarier au sein de l'équipe officielle, et à Mike Beuttler. Chez BRM, une énième version de la P160, la P160E, est présentée et se fait remarquer par son profil très arrondi. L'écurie Williams, qui a récupérée Nanni Galli comme second pilote, engage un nouveau modèle d'Iso-Marlboro: l'IR. Beaucoup notent sa ressemblance avec la Politoys brièvement aperçue en 1972.

 

La nouvelle équipe anglaise Ensign s'est inscrite pour cette course mais doit finalement déclarer forfait. En revanche peut débuter l'écurie de Graham Hill, soutenue par la marque Embassy. Le double champion du monde pilote une Shadow DN1 privée qui essaiera de rivaliser avec les Shadow officielles. Enfin Andrea de Adamich, toujours soutenue par Ceramica Pagnossin, a troqué sa Surtees contre une Brabham BT37.

 

S'il n'y a pas de pilote espagnol engagé, la foule est néanmoins très dense pour soutenir les pilotes. Emerson Fittipaldi bénéficie de l'appui d'une importante cohorte brésilienne qui va mettre une grande ambiance dans les tribunes durant tout le week-end.

 

Les qualifications

Les essais confirment les résultats des trois premières courses en plaçant encore une fois les Lotus, les Tyrrell et les McLaren aux avant-postes. Très impressionnant, Peterson réalise sa deuxième pole de la saison avec sept dixièmes d'avance sur Hulme, qui démontre encore une fois la vélocité de la M23. Les Tyrrell sont en deuxième ligne et pour une fois Cevert devance Stewart. Revson est cinquième devant Ickx. Fittipaldi a rencontré des soucis techniques et ne part que depuis le septième rang. Il précède Regazzoni, Hailwood, Beltoise et Lauda. Les performances de la nouvelle Brabham sont moyennes: W. Fittipaldi est douzième et Reutemann quinzième. Hill se qualifie en dernière position avec un temps très médiocre, à plus de huit secondes de celui de la pole position.

 

La course

Après avoir dû changer in extremis de moteur, Hailwood doit s'élancer depuis les stands.

 

Au départ Peterson conserve la première place avec un peu de difficulté devant Hulme. Stewart est troisième devant Cevert et Beltoise tandis que Lauda a pris un départ canon et se retrouve sixième. Revson et Ickx se sont fait surprendre et perdent quelques places.

A la fin de la première boucle, Peterson mène devant Hulme, Stewart, Cevert, Beltoise, Lauda, E. Fittipaldi, Reutemann, Revson et Ickx. Hailwood a démarré plus de trente secondes après le départ du peloton.

 

Après deux tours, Peterson compte déjà plus d'une seconde d'avance sur Hulme, menacé par Stewart. De son côté Fittipaldi s'est débarrassé de Lauda puis de Beltoise. Au troisième passage Stewart prend l'avantage sur Hulme.

 

Peterson augmente peu à peu son avance tandis qu'un groupe de poursuivants se forme, composé de Stewart, Hulme, Cevert et Fittipaldi. Plus loin Revson remonte vers le haut du peloton: il double Reutemann puis lors du même septième tour prend l'avantage sur Lauda et Beltoise. Reutemann passe à son tour les deux BRM.

 

Au dixième tour, Peterson apparaît irrésistible dans les rues catalanes et compte cinq secondes d'avance sur Stewart. A sept secondes se trouve Hulme qui contient Cevert et Fittipaldi. Revson est sixième et précède Reutemann, Beltoise, Lauda et Follmer. Au treizième tour Peterson réalise le meilleur tour de la course en 1'23''8'''.

 

Les tours suivants sont marqués par les difficultés des BRM. Beltoise doit céder à Follmer puis à Ickx, tandis que Lauda passe par les stands pour changer de pneus. L'Autrichien reprend la piste bon dernier. Il retrouve Regazzoni qui a déjà dû passer les puits.

Pace est le premier pilote à renoncer, au 14ème tour, suite à une panne de transmission. C'est son quatrième abandon en quatre courses.

 

Au dix-huitième tour de Adamich part dans le décor après qu'une roue s'est détachée de sa Brabham. Heureusement plus de peur que de mal pour le pilote italien.

 

Peterson est toujours en tête mais Stewart semble se rapprocher de lui. Cevert et Fittipaldi se morfondent derrière Hulme, quand soudain, au 21ème tour, le Néo-Zélandais emprunte l'allée des stands. Une de ses roues menace en effet de se détacher et elle doit être refixée. Hulme reprend la route en quinzième position.

 

L'arrêt de Hulme permet à Cevert de hausser le rythme et en quelques minutes il revient derrière Stewart, qui lui-même menace désormais Peterson. Les deux Tyrrell roulent dans le sillage de la Lotus mais ne trouvent pas l'ouverture sur ce tortueux tracé.

Pendant ce temps-là Hulme remonte rapidement au sein du peloton. Au 24ème tour, il est déjà douzième tandis qu'Oliver doit renoncer suite à une panne de moteur. Quelques tous plus tard c'est Hailwood qui quitte la course à cause de la rupture d'une canalisation d'huile.

 

Au 27ème tour, Cevert entre aux stands pour changer de pneus. Il laisse ainsi la troisième place à Fittipaldi et repart en quatorzième position. Les retraits se font plus nombreux. Hill met pied à terre à cause d'un problème de freins. Quant à Lauda, il a détruit un nouveau train de pneus et une de ses roues ne tourne plus.

 

Après trente tours Peterson est en tête avec quelques secondes d'avance sur Stewart. Fittipaldi est troisième à une dizaine de secondes. Revson est quatrième et précède Reutemann et Follmer. Ce dernier est sous la menace de Ickx. Hulme est huitième devant Beltoise et Beuttler.

 

A l'instar de Hulme, Cevert profite de ses pneus neufs pour signer d'excellents chronos, mais il butte longtemps derrière Pescarolo. Au 33ème tour, Ickx prend la sixième place à Follmer.

 

Les ennuis de fiabilité se poursuivent. Tandis que Wilson Fittipaldi est contraint de passer par les stands, Ickx est frappé d'un souci technique au trente-sixième tour. Il reste bloqué plus de cinq minutes aux stands avant de repartir en dernière position.

 

Si Peterson contrôle la course devant Stewart et Fittipaldi, la lutte pour les places d'honneur fait rage. Reutemann prend ainsi la quatrième place à Revson.

 

A partir du quarantième tour, Stewart commence à rencontrer des difficultés au moment de freiner. Sa Tyrrell fume lors des passages d'épingles comme Tecnica. Il n'est pas le seul à avoir des ennuis puisque Hulme doit s'arrêter une deuxième fois aux stands pour mettre un nouveau train de pneus.

 

Au 45ème tour, Peterson compte une dizaine de secondes d'avance sur Stewart, menacé désormais par Fittipaldi. Reutemann est quatrième devant Revson et Follmer. Beltoise est septième devant Cevert, Beuttler et Pescarolo.

Finalement, au 48ème tour, les freins de Stewart ne répondent plus. Un disque s'est en effet détaché de la Tyrrell. Le pilote écossais ralentit et doit abandonner pour éviter un accident. Cela laisse les deux Lotus en tête de la course.

 

Les Lotus semblent se diriger vers un tranquille doublé, Fittipaldi n'étant pas en mesure de menacer son équipier. Cevert est désormais sixième après avoir doublé Beltoise.

 

Mais au 57ème tour, coup de théâtre: Peterson ne peut plus sélectionner ses vitesses. Il entre aux stands et renonce. Le Suédois perd ainsi une victoire qui lui tendait les bras. Fittipaldi récupère la première place devant Reutemann.

 

Revson est également en difficulté à cause de la dégradation avancée de ses pneumatiques. Au 53ème tour, il cède la quatrième place à Follmer. Cinq tours plus tard il se fait doubler par Cevert.

 

Au 60ème tour Fittipaldi est donc en tête avec seulement quelques secondes d'avance sur Reutemann. La Brabham de ce dernier crée la surprise en étant capable de suivre le rythme de la Lotus. Follmer est troisième à une quarantaine de secondes, sous la pression de Cevert. Revson est cinquième et précède Beltoise, Beuttler, Hulme, Pescarolo et Ganley.

 

Fittipaldi semble avoir course gagnée mais sa voiture est très instable dans les grandes courbes. Elle subit en vérité une crevaison lente, très lente, si bien que la gomme tient encore. Le Brésilien ignore la gravité de la situation et continue, au risque d'un accident. Quant à Reutemann, il entrevoit la possibilité d'une victoire.

 

Pendant que Ganley abandonne sur une panne d'alimentation, Cevert attaque Follmer pour la troisième place. La Tyrrell est bien plus rapide que la Shadow et au 65ème tour le Français prend l'avantage. Ceci fait, il n'apparaît pas en mesure de contester la deuxième position à Reutemann. Mais quelques minutes plus tard, l'Argentin est trahi par un cardan de transmission. La nouvelle Brabham manque de peu le podium pour sa première apparition. Cet abandon sourit à Hulme qui retrouve la zone des points après avoir doublé Beuttler.

 

Les derniers tours sont très éprouvants pour Fittipaldi qui fait de gros efforts pour maintenir sa Lotus dans la trajectoire. Les rails sont tout proches... Heureusement pour le Brésilien, Cevert est si loin qu'il n'a pas besoin de surveiller ses rétroviseurs. Finalement le pneu Goodyear va tenir bon.

 

A l'issue des soixante-quinze tours de course, Emerson Fittipaldi remporte sa troisième victoire de la saison avec quarante-deux secondes d'avance sur Cevert. Follmer obtient une magnifique troisième place et obtient donc pour Shadow un premier podium pour leur deuxième Grand Prix respectif. Ces pilotes sont les seuls à terminer dans le même tour. Revson est quatrième et précède Beltoise qui inscrit ses premiers points de la saison. Hulme sauve un point d'une course éprouvante. Beuttler est septième devant Pescarolo, Galli, Regazzoni, W. Fittipaldi et Ickx.

 

C'est le prince d'Espagne Juan Carlos qui remet les lauriers au vainqueur.



Fittipaldi a réalisé un bel exploit en cette fin de course et, avec trois victoires en quatre Grands Prix, apparaît comme le grand favori du championnat. Néanmoins on peut constater qu'il a été dominé durant tout le weekend par Peterson, lequel, bien malchanceux, n'a toujours pas le moindre point au compteur.

 

Au classement général, Fittipaldi compte 33 points et possède quatorze unités d'avance sur Stewart. Troisième avec douze points, Cevert a déjà 21 points de retard sur le pilote Lotus. Au classement des constructeurs, quatre points séparent Lotus et Tyrrell.

Tony