Heikki KOVALAINEN
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Heikki Johannes Kovalainen
Nation : Finlande
Né le 19 octobre 1981 - Suomussalmi - 34 ans
Premier Grand Prix :
Australie 2007
Dernier Grand Prix :
Brésil 2013
Meilleur classement :
1er
Meilleure qualification :
1er
Casque
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Meilleur classement en Championnat du Monde : 7e en  2007, 2008
2007
7
2008
7
2009
12
2010
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2011
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2012
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2013
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Position sur la grille de départ
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Position à l'arrivée

La créature finlandaise de Flavio Briatore

Natif de Suomussalmi, Heikki Kovalainen entame sa carrière en kart dès 1991 pour l'achever en 2000. Il s'impose à tous les niveaux : national (vice-champion de Finlande Formule A en 1999 et 2000) et international (Champion de Scandinavie et vainqueur des Elf Masters Paris Bercy en 2000). Il est élu Pilote de l'Année 2000 en Finlande.

 

En 2001, Heikki fait ses débuts en monoplace, optant pour le championnat de Formule Renault UK. Pour sa première saison, il finit quatrième signant deux victoires, deux poles positions et trois meilleurs tours. Il est le meilleur rookie de cette discipline. Cette première année réussie, il intègre dans le Renault Driver Development en 2002, une structure de soutien liée à Renault Sport et à Flavio Briatore. Il devient dès lors le protégé du directeur d'équipe italien qui espère à terme lui donner le volant d'une Renault en Formule 1.

 

Il accède cette même année au championnat anglais de Formule 3, championnat réputé, où il confirme potentiel et capacité d'adaptation. Il achève la saison en troisième position avec 5 victoires, 3 pole positions et 3 meilleurs tours dans la poche ainsi qu'un nouveau titre de meilleur rookie. Il finira aussi second du GP de Macao et quatrième aux Marlboro Masters de Zandvoort.

 

Une longue attente

En 2003, Heikki s'attaque aux World Series by Nissan avec un leitmotiv clair : « Une année pour apprendre, une année pour gagner. »

La saison le voit finir deuxième derrière Franck Montagny, signant une victoire et deux poles. Cela semble si prometteur que fin 2003, Paul Stoddart lui propose un contrat de pilote chez Minardi mais il semblerait que Flavio Briatore se soit opposé à cet engagement. Kovalainen devra patienter avant de piloter en Grand Prix...

La saison 2004 est bel est bien celle de la victoire, puisqu'il remporte le titre haut la main (6 victoires, 9 poles et 10 meilleurs tours) devant Tiago Monteiro.

 

Heikki prend part à quelques séances d'essais en F1 chez Minardi et Renault, s'initiant ainsi au pilotage d'une F1. Mais 2004 est aussi l'année de son explosion médiatique : il rafle la Course des Champions au Stade de France, compétition dont le plateau était l'un des plus beaux vu le prestige de ses participants : Michael Schumacher, Sébastien Loeb,... Il remporte successivement ses duels contre Coulthard, Alesi, Schumacher et Loeb... C'est alors que, d'après certaines rumeurs, Frank Williams lui aurait offert une place de titulaire dans son équipe. Mais de nouveau Briatore oppose son veto: selon lui, le jeune Finlandais n'est pas encore prêt pour la Formule 1.

 

En 2005, il rejoint le championnat GP2 Series, championnat monotype qui se veut être la nouvelle antichambre de la F1. Il aborde la saison en position de favori chez Arden International, remportant 3 courses lors des cinq premiers meetings. Mais, en cours de saison, Arden stagne et il est finalement battu par Nico Rosberg. Heikki doit donc se contenter de la place de vice-champion malgré ses 5 victoires, 12 podiums et 2 poles. Il est, parallèlement à cette saison 2006, engagé par Flavio Briatore comme second pilote essayeur de Renault, avant d'occuper seul ce poste en 2006. Accumulant des milliers de kilomètres en essais, Renault le titularise enfin pour 2007 en remplacement de Fernando Alonso, partant chez McLaren. Il reçoit ainsi l'occasion unique de pouvoir courir en Grand Prix dans une équipe de pointe. Si sa promotion est logique, elle fait grincer des dents en France car certains lui auraient préféré Franck Montagny. Afin de satisfaire le chauvinisme de la presse française, Briatore rebaptise alors Heikki « Jean-Pierre Kova »...

 

Gloires et déboires de « Jean-Pierre Kova » (2007)

Le début de saison 2007 de Heikki est passablement décevant. Au volant d'une monoplace au potentiel certes médiocre, il commet lors des premières courses de nombreuses erreurs et contre-performances. Avant le GP du Canada, alors qu'il n'a inscrit que trois petits points, on parle déjà de le remplacer. Mais le jeune Finlandais va alors se réveiller et obtient à Montréal une salutaire quatrième place.

 

C'est le début d'une bonne série pour Kovalainen, qui va décrocher de nombreuses places d'honneurs au cours de la seconde partie de la saison. Entre Silverstone et le mont Fuji, il rentre ainsi sept fois consécutivement dans les points. Lors de cette course japonaise, disputée sous une pluie battante, il réalise la meilleure course de sa saison en terminant second après une longue lutte dans le dernier tour contre son compatriote Kimi Raïkkönen. Les deux dernières courses se solderont par des scores vierges. A São Paulo, un violent accident, sans gravité, le prive de l'exploit de finir l'année sans un seul abandon.

 

Au final, cette première saison de Kovalainen est globalement positive, puisqu'il termine septième du championnat, devant son équipier Giancarlo Fisichella qu'il a largement dominé. Cependant, Flavio Briatore décide de le remercier pour le remplacer par... Fernando Alonso.

 

Chez McLaren: sous la coupe de L. Hamilton (2008-2009)

Toutefois, Heikki retrouve très vite un volant et s'engage avec McLaren-Mercedes pour 2008. II se retrouve aux côtés du jeune prodige Lewis Hamilton, et certains lui prédisent une année difficile. Pourtant, son début de saison est très satisfaisant : à Melbourne, il rate la seconde place derrière son équipier à cause d'une erreur de stratégie, et à Sepang il obtient la troisième place. Mais il subit un coup d'arrêt au GP d'Espagne, lorsque son pneu avant-gauche explose à l'abord du virage rapide de Campsa. La McLaren sort de la piste et s'encastre très violemment dans le mur de pneus. Heikki en sort sonné mais indemne. Il connaît cependant ensuite une série noire, puisqu'il n'inscrit qu'un point lors des quatre courses suivantes. En Turquie, il obtient pourtant la deuxième place sur la grille de départ, mais une crevaison le relègue en fond de peloton.

 

Il renoue enfin avec un bon résultat à Magny-Cours, où il finit quatrième dans les roues de la Toyota de Jarno Trulli. A Silverstone, le voici en pole position pour la première fois de sa carrière en F1. Mais en course, sous la pluie, il se montre très décevant et termine cinquième, à un tour de Hamilton...L'heure de gloire de Kovalainen intervient en Hongrie où, bien que largement dépassé par Hamilton et Massa, il profite de la panne de moteur de ce dernier pour prendre la tête à trois tours du but et remporter sa première victoire en F1.

 

La fin de saison du pilote finlandais est par contre très médiocre. Victime d'un grand nombre de pannes mécaniques, il voit peu le drapeau à damiers et n'est d'aucun secours à Hamilton dans sa lutte pour le titre de champion du monde. Son seul bon résultat est une deuxième place à Monza derrière Vettel. Il termine le championnat à la même place qu'en 2007, la septième.

 

Malgré une saison assez décevante, Kovalainen est maintenu chez McLaren-Mercedes pour 2009. L'équipe McLaren connaît cette année-là un début de championnat catastrophique. La voiture dépasse à peine le niveau du fond de la grille et Heikki ne peut ramener au cours des huit premières courses que quatre points, grâce à une cinquième place en Chine sous la pluie. Mais surtout le Finlandais multiplie les erreurs et les abandons : accrochage au premier virage en Australie, sortie de piste dès le premier tour en Malaisie, accident à Monaco dans l'enchaînement de la Piscine, accrochages avec Webber puis Bourdais en Grande-Bretagne. Sans compter de nombreux soucis techniques.

 

A la mi-saison, la McLaren progresse et Kovalainen rentre régulièrement dans les points (six fois de suite entre les Grands Prix d'Allemagne et de Singapour). Mais il est alors complètement dominé par Hamilton qui remporte deux courses. A sa décharge, il faut préciser qu'il ne reçoit les nouvelles évolutions de la voiture qu'une ou deux courses après son équipier. Pour compenser le manque de performance de sa machine, il se montre très rugueux en piste. Ainsi au Grand Prix du Japon, où il s'accroche d'abord bêtement à la chicane avec Sutil, avant de dépasser Fisichella avec autorité à sortie des stands !

 

Au final, Kovalainen termine seulement onzième du championnat avec 22 points au compteur. Un mauvais résultat qui pousse McLaren à le remplacer par le champion du monde Jenson Button.

 

Libre, mais en fond de grille (2010-2011)

Sans volant et discrédité, la carrière d'Heikki en Formule 1 aurait bien pu s'arrêter au bout de trois saisons en demi-teinte. De plus, suite au « Crashgate » du GP de Singapour 2008, Flavio Briatore est banni de la F1 et Kovalainen se retrouve sans agent. Heureusement pour lui, il trouve une place dans la nouvelle équipe Lotus-Cosworth, aux côtés du vétéran Jarno Trulli. Soutenu par l'État malais et piloté par Mike Gascoyne, le projet semble sérieux. De plus Heikki a négocié seul son contrat et décide de gérer désormais seul sa carrière.

 

Cette saison 2010 marque une sorte de régénération pour le Finlandais. Certes, il passe directement des avant-postes au fond de la grille, les Lotus T127 ne pouvant devancer que les très modestes Virgin et Hispania. Mais dans cette situation difficile il va se montrer patient et solide. Relativement épargné par les soucis de fiabilité, au contraire du malheureux Trulli, Kovalainen est souvent à l'arrivée et devance dans la plupart des cas les Virgin, les rivales directes de Lotus.

 

En fin de saison, il est proche de marquer des points puisqu'il finit douzième au Japon et treizième en Corée. De plus il parvient à se tenir généralement à l'écart des accrochages. L'exception est spectaculaire: dans les rues de Valence il est victime d'une incompréhension avec Mark Webber dont la Red-Bull s'envole au-dessus de sa voiture. Les deux hommes s'en tirent par bonheur sans dommage. Son patron Tony Fernandes peut donc être très content de ses résultats, bien qu'au final il finisse l'année sans un point compteur, tout comme Trulli.

 

Après que la possibilité de son retour chez Renault ait été avancée, Heikki rempile pour 2011 avec Lotus. Il a bien néanmoins un moteur français dans le dos, Renault fournissant désormais ses V8 à l'écurie malaisienne.

 

Bénéficiant du moteur Renault et de la boîte de vitesses de Red Bull, l'équipe de Tony Fernandes espère inscrire ses premiers points en 2011. Malheureusement, si la Lotus progresse effectivement, elle ne grimpe pas pour autant dans la hiérarchie et ne pourra pas viser les points à la régulière. Dans ces conditions, Kovalainen s'affirme comme la pierre angulaire de l'écurie face à un Trulli de plus en plus désabusé. 

 

Le Finlandais réussit quelques jolies performances. Il atteint la deuxième partie des qualifications en Espagne et en Belgique, et obtient quelques places d'honneur très honorables, comme la treizième place à Monza. En fin de saison la T128 continue de progresser et Heikki finit certaines courses devant une Sauber, une Williams ou une Renault pourtant bien plus rapides sur le papier. Ceci augure d'un avenir plus riant, bien que de nouveau il finisse l'année avec un compteur de points vierge. 

 

Heikki et la tortue Caterham

Devenu le leader incontesté de l'équipe, Kovalainen accepte de prolonger l'aventure avec Fernandes. Toutefois en 2012 l'écurie s'appelle désormais Caterham, ayant renoncé au nom de Lotus. Il fait équipe avec le Russe Vitaly Petrov, Trulli ayant été congédié pour raisons financières.

 

La grande nouveauté de la saison 2012 dans l'équipe britanno-malaise est l'arrivée du Système de récupération d'énergie cinétique développé par Red Bull et censé apporter un gain de performance. Kovalainen espère ainsi pouvoir enfin inscrire les premiers points de l'équipe mais de nouveau la déception est au rendez-vous. Après un début de saison correct, la Caterham manque de développement et en fin d'année est même sérieusement concurrencée par les Marussia (ex-Virgin). De nouveau son pilote ne peut jamais figurer dans les dix premiers. Il fait toujours de son mieux, mais à chaque petite amélioration, il s'aperçoit que la concurrence avance beaucoup plus vite que son équipe... En 2012 son meilleur résultat est une treizième place à Monaco, où il parvient toutefois à garder derrière lui la McLaren de Button durant toute la course. Sa seule satisfaction est la substantielle amélioration de la fiabilité de la voiture: après une panne technique en Australie, il voit l'arrivée des dix-neuf courses suivantes. Mais il est de plus en plus amer et fait part de son mécontentement dans la presse. De plus, Vitaly Petrov se révèle être un équipier plus coriace que prévu, particulièrement en fin de saison lorsque le Finlandais semble démotivé. Au Brésil le Russe décroche sous la pluie le meilleur résultat de l'équipe avec une onzième place.

 

Ingratitude et poches vides

Pour la saison 2013, Caterham est contrainte de faire appel à deux pilotes payants pour renflouer sa trésorerie. Kovalainen n'a pas de sponsor personnel. Ainsi, bien qu'il porte l'écurie à bout de bras depuis trois ans, il est donc remercié sans trop de ménagements. Mike Gascoyne l'accuse même d'irresponsabilité et de manque de respect envers l'équipe. Il est vrai que tôt dans l'année 2012 il s'est mis en quête d'un baquet chez Sauber, Lotus-Renault voire McLaren. Mais la plupart des places sont prises par des pilotes plus jeunes que lui et surtout plus fortunés. Tout le monde sait qu'il est assez rapide, sûr, compétent sur le plan technique mais... cela ne suffit pas pour revenir dans une grande équipe.

 

Heikki Kovalainen quitte donc la Formule 1 à 31 ans sans être très regretté. Seule sa victoire au GP de Hongrie 2008 le préservera de l'anonymat dans l'histoire de la Formule 1.

Guillaume et Tony