Pour 1990, les comptes de l'écurie ne sont pas au mieux de leur forme, et c'est Wataru Ohashi qui vient sauver l'écurie de Jackie Oliver, grâce à sa société Footwork. Mais ceci, à une condition: il faut l'appui d'un grand constructeur.
Oliver sait que Porsche veut faire son retour en Formule 1.
Après quelques négociations, un accord est trouvé pour la saison 91. Il s'agira d'un V12.
L'année 90 va donc être une année de transition et Arrows effectuera la saison avec l'éternel Ford Cosworth et l'A11B, voiture conçue par Robinson. Les deux pilotes seront Alex Caffi, auteur d'une cinquième place à Monaco, et Michael Alboreto qui ne marque pas de point.
Avec deux points seulement, les comptes d'Arrows ne s'arrangent certainement pas et l'inquiétude gagne Oliver et Rees.
Il demande à Footwork plus d'argent, chose que Ohashi accepte mais, à condition de racheter l'écurie. Les deux anglais acceptent bien évidemment, et Arrows devient Footwork.
En octobre 1990, la nouvelle voiture est présentée. L'A11C, est toujours une évolution de la voiture de 1989 et elle est équipée du moteur V12 Porsche.
C'est cette voiture qui effectue les premiers Grands Prix de la saison 91, en attendant la FA12 (FA pour Footwork-Arrows), qui arrive lors du Grand Prix de Saint-Marin. Cette voiture a été dessinée par l'ex-ingénieur McLaren, Alan Jenkins, qui connaît bien le moteur Porsche, évidemment.
Mais, il y a quelques légers problèmes...
Le moteur Porsche est certes performant mais pèse 200kg ! soit 60 de plus en moyenne que la concurrence !
En outre, les pilotes sont les mêmes qu'en 1990, à savoir Alboreto et Caffi. Et l'on sait le mal qu'ils eurent à dompter l'Arrows...
Les mines s'assombrissent... et on craint d'avoir des voitures hors du coup...
Ce qui va se passer sera même pire ! Lors du premier Grand Prix de la saison, Caffi n'arrive pas à se qualifier, tandis qu' Alboretto arrache de justesse la dernière place ! C'est une véritable honte pour Footwork.
La voiture est beaucoup trop lourde à l'arrière, à cause du moteur, ce qui provoque un déséquilibre important. Au Brésil, pour la deuxième manche du championnat, aucune des deux voitures ne se qualifie.
Pour le Grand Prix de Saint Marin, le lancement de la FA12, relance les espoirs.
La voiture est difficile à piloter, et les pilotes ont du mal à la garder sur la piste. Alboretto casse sa FA12 et préfère prendre une A11C pour les qualifications et la course.
Les deux voitures ne se qualifient pas...
A Monaco, Caffi perd le contrôle de sa FA12 et percute violemment le rail de sécurité. Il sera forfait pour une bonne partie de la saison, son remplaçant sera Stephan Johansson.
Au Mexique, alors que Footwork a emporté sept moteurs, quatre cassent lors de la première journée d'essais !
Alboreto se qualifiera en 25ème position, Johansson n'aura pas cette chance...
Et pour ce qui est des rares prestations en course de Footwork, n'en parlons pas, tellement ce fut pitoyable ! Le moteur ne tenant pas la distance d'une course.
C'en est trop ! Oliver décide de mettre Porsche en quarantaine, le temps que leur moteur soit mis au point. Ainsi, au Grand Prix de France, Footwork ressort ses vieux V8 Ford Cosworth !
Porsche devait revenir lors du Grand Prix du Japon, mais il n'en sera rien. Footwork bannissant complètement ce moteur, et finissant la saison avec le Cosworth et une voiture FA12B triturée pour en tirer quelque chose.
Le score en fin de saison est nul. Porsche s'est ridiculisé et Footwork a perdu beaucoup de temps dans l'histoire...
Pour 1992, Watura Ohishi récupère un contrat avec Mugen-Honda, lâché par Tyrrell. Oliver retient Alboreto pour une saison de plus, et son coéquipier, devant être japonais, comme le veut Honda, sera Aguri Suzuki.
92 sera meilleure que 91 mais ce ne fut pas très fringant.
L'extrême fiabilité du Mugen-Honda est un point encourageant, mais le châssis est raté...
Alboreto a réussi, néanmoins, à finir sixième lors des Grands Prix du Brésil, d'Espagne, et du Portugal, puis cinquième lors du Grand Prix de Saint-Marin.
Suzuki, a été lui, par contre, très transparent, faisant juste acte de présence.
En 1993, Warwick remplace Alboreto parti finir sa carrière chez Minardi.
Oliver décroche un contrat avec Ron Dennis, pour les suspensions actives. Mais c'est un cadeau empoisonné et cette suspension causera bien des torts à Footwork...
En Belgique, Warwick releva, avec l'équipe, des données issues de ces suspensions, mais les capteurs étaient programmés à l'envers, si bien qu'ils relevaient l'inverse des variations de la piste. L'équipe ne s'en rendit pas compte et régla la voiture avec ces informations. Inutile de préciser que la voiture fut rabotée au dessous, et que la sortie du pauvre Warwick se montra "mouvementée"...
La première partie de la saison est catastrophique, si bien que Footwork commence à regretter son investissement. Mais la deuxième partie sera plus clémente.
En Angleterre, Warwick ramène le premier point de la saison.
En Hongrie, il termine quatrième, après avoir lutté férocement avec Berger pour la troisième place.
Mais l'argent, dans les caisses de Footwork, commence à se faire rare, et fin 1993, la société se retire de la Formule 1. L'écurie reprend son nom d'origine: Arrows...
Alicia