Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari
Daniel RICCIARDO
 D.RICCIARDO
Red Bull TAG Heuer
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes

982e Grand Prix

LXXVI Grand Prix Automobile de Monaco
Légérement nuageux
27 mai 2018 - Monaco
78 tours x 3.337 km - 260.286 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Daniel Ricciardo garde l'avantage de sa pole au premier virage.

Charles, l'ami de Jules

En ce week-end de mai, yeux, micros et caméras sont fixés sur Charles Leclerc, premier citoyen monégasque à prendre part à son Grand Prix national depuis Olivier Beretta en 1994. Le jeune homme accorde une grande importance à cet événement. Il a grandi sur le Rocher et, dès son plus jeune âge, regardait les Grands Prix depuis son appartement, comme il le raconte à Motorsport.com: « Un moment qui m'a marqué, c'est le premier Grand Prix auquel je me souviens avoir assisté. J'étais juste après le premier virage, sur la terrasse d'un de mes amis. On jouait aux petites voitures, et on regardait en même temps le Grand Prix de Formule 1. Je cherchais toujours la voiture rouge, la Ferrari. C'est une image qui m'est restée, alors que j'étais vraiment petit, je devais avoir quatre ans et demi, cinq ans, voire moins. » Charles a été initié à la compétition automobile par son père, lui-même pilote, subitement disparu en 2017. Mais son modèle, son idole, était le regretté Jules Bianchi. Les familles Leclerc et Bianchi sont en effet amies. « J'allais souvent à Brignoles rouler sur la piste de kart de son père », se souvient-il dans Le Figaro. « C'est comme cela que j'ai eu la passion, d'abord en suivant Jules. Il était un exemple pour moi. Quand j'étais petit, je le regardais avec des grands yeux. J'essayais de l'imiter sur la piste. »

 

Depuis, Leclerc a fait son chemin. Après avoir assommé le championnat du monde Formule 2 en 2017, il fait cette saison des débuts remarquables en F1 avec Sauber. Certes, il commet encore des petites erreurs de jeunesse, mais son talent et son implication sont incontestables. Fort du soutien de Ferrari et de Nicolas Todt, il peut briguer un volant au sein de la Scuderia dès 2019. Cela serait pour lui-même une récompense inouïe, mais également une revanche sur le sort qui a frappé son ami Jules Bianchi. Le Niçois aussi était en marche vers Maranello, avant son tragique accident à Suzuka...

 

La fin du MGU-H

Liberty Media emporte enfin une première victoire dans sa lutte pour réformer le règlement technique de la F1: les quatre motoristes consentent, à contrecœur, d'abandonner le complexe et onéreux MGU-H à l'horizon 2021. Les débats ont sans doute été vifs. Les constructeurs sont en effet très attachés à ce dispositif qui récupère l'énergie se dégageant de la chaleur des échappements, parce qu'il offre une haute valeur ajoutée technologique. Toto Wolff explique cette concession: « Nous avons accepté de perdre le MGU-H, bien que ce soit un pas en arrière. Mais il faut trouver un compromis pour améliorer le spectacle. Abandonner le MGU-H permettra de monter dans les tours moteurs et de réduire la limitation de carburant. Nous aurons un moteur qui fera plus de bruit et nous ne serons plus limités par la consommation. Ce n'est pas le message le plus écologique que nous envoyons, mais nous pouvons le comprendre du point de vue du spectacle. » Le président de la FIA Jean Todt salue pour sa part cette décision, estimant que simplifier le groupe propulseur hybride permettra peut-être d'attirer de nouveaux constructeurs en F1.

 

Grâce à cette avancée, la FIA, Liberty Media et les écuries se rapprochent d'un accord définitif sur le règlement 2021. Si les négociations s'achèvent sereinement, celui-ci devrait être dévoilé fin juin.

 

Ferrari - Mercedes: petits coups bas entre rivaux

La Ferrari SF71-H suscite décidément bien des interrogations. Il y a un mois, on se demandait si l'épaisse fumée qu'elle générait au démarrage ne cachait pas une astuce quelconque au niveau de la consommation d'huile. Désormais, on murmure qu'elle serait dotée de batteries qui permettraient de délivrer sur un tour davantage de puissance qu'il n'est autorisé. Cette rumeur surgit dans les gazettes quelques jours avant le GP de Monaco. Sur le Rocher, Charlie Whiting révèle que ce sont deux pontes de Mercedes, le directeur technique James Allison et l'ingénieur motoriste Lorenzo Sassi (deux anciens de Ferrari...), qui ont soulevé ce lièvre au GP d'Azerbaïdjan. Mais la FIA a mené une enquête qui a conclu à la parfaite légalité de la voiture rouge. Le président de la FIA Jean Todt déplore le climat de suspicion qui entoure les performances de la Scuderia et critique implicitement le comportement de Mercedes. « Si une équipe avait des doutes, elle aurait pu protester officiellement », rappelle-t-il. « Ç'aurait été bien plus sain que de manipuler la presse pour régler le problème... »

 

Pour sa part, Toto Wolff s'emporte contre Whiting qui selon lui n'aurait pas dû jeter les noms d'Allison et de Sassi en pâture aux médias. Cela laisserait à penser que ces deux ingénieurs profiteraient de leur actuelle situation chez Mercedes pour régler des comptes avec leur ancien employeur. « L'un de mes rôles est de protéger mon personnel. Et si certains individus sont cités dans un mauvais contexte, c'est dérangeant », lance Wolff, piqué. Whiting se défend vigoureusement: « Il serait faux de dire qu'Allison est venu cafter. Il nous a simplement dit, comme beaucoup d'autres le font, que Sassi travaillait avec eux maintenant et pensait que telle équipe avait pu faire telle chose. Ce genre d'enquête relève de la routine. Surtout quand des ingénieurs passent d'une équipe à une autre. N'oubliez pas que Sassi garde de Ferrari des informations qui ont au moins huit mois, ce qui, en Formule 1, est déjà assez vieux. »

 

Présentation de l'épreuve

Force India est toujours en proie à de sévères difficultés financières et son éventuel rachat est plus que jamais d'actualité. Fin mai, les rumeurs se concentrent autour d'une offre émanant de Rich Energy, un fabricant britannique de boissons énergétiques qui avait déjà tenté de reprendre le team de Silverstone l'an passé, et aimerait concurrencer Red Bull sur son terrain de prédilection, la Formule 1. William Storey, son directeur, aurait finalisé les termes du contrat de rachat de Force India avec ses copropriétaires, Vijay Mallya et Subrata Roy. Il ne manquerait plus que l'annonce officielle...

 

Sauber poursuit ses emplettes et recrute Simone Resta, le designer en chef de Ferrari, pour occuper le poste de directeur technique à la place de Jörg Zander, démissionnaire. Resta est un des piliers de la Scuderia puisque cela fait dix-sept ans qu'il y occupe les fonctions techniques les plus diverses. Laurent Mekies, le responsable fédéral de la sécurité, qui doit arriver chez les Rouges en septembre, sera probablement son successeur à Maranello.

 

Le circuit de Monte-Carlo est partiellement resurfacé pour cette édition 2018. Le bitume est remodelé entre l'épingle du Loews et la chicane du Port, ainsi que sur le boulevard Albert Ier. L'an passé, Ferrari a dominé en Principauté grâce à l'empattement court de la SF70, mais la nouvelle SF71 est plus longue que sa devancière, et l'histoire ne devrait donc pas se répéter. En revanche, la Red Bull RB14, avec son empattement plus court de 20 cm par rapport à la Mercedes F1 W09, a de grandes chances de succès.

 

Par ailleurs, cette piste réclame un fort appui aérodynamique et les équipes modifient leurs packages en conséquence. Un bel exemple est donné par Red Bull qui introduit un aileron arrière très braqué, doté d'une ailette en T et d'une sorte de « siège de singe ». Le « T-wing » se retrouve sur la plupart des voitures. Ferrari et Force India inaugurent de nouvelles suspensions arrière. Renault teste un nouveau fond plat et des dérives latérales inédites. La Sauber C37 reçoit pour sa part de nouvelles ailettes en forme de boomerang ainsi qu'un système de refroidissement inédit. Enfin, on voit fleurir sur les Ferrari, Haas et Sauber des essieux avant « soufflé » : les écopes de freins sont munies d'une ouverture destinée à repousser le flux d'air autour des pneus et à réduire les turbulences.

 

Pirelli introduit pour ce Grand Prix son nouveau pneu « hyper-tendre » à flanc rose, le plus souple de sa gamme. Les pilotes pourront aussi choisir de rouler en « ultra-tendres » (violets) ou en « super-tendres » (rouges). Cette nouvelle enveloppe ne suscite pas un enthousiasme débordant. Au fur et à mesure du week-end, il apparaît qu'elle génère un fort bullage à l'avant-gauche et se dégrade très rapidement sur l'arrière. Elle sera utilisée par les pilotes en Q2 et en Q3, avant de servir pour le premier relais des pilotes les mieux placés sur la grille.

 

Jeudi, Keke Rosberg et son fils Nico se retrouvent pour une exhibition au volant des voitures avec lesquelles ils sont devenus champions du monde: la Williams-Ford-Cosworth FW08 (1982) pour le premier, la Mercedes F1W07 Hybrid (2016) pour le second. Tous deux disputent une « mini-course » de deux tours, remportée par Nico, avant de tomber dans les bras l'un de l'autre. Nico Rosberg rend ensuite visite à son ancienne écurie, Mercedes-AMG, et se glisse même pour rire dans le baquet de son remplaçant, Valtteri Bottas. Ce dernier porte ce week-end le casque de son mentor Mika Häkkinen pour fêter les vingt ans de sa victoire en Principauté.

 

Essais et qualifications

Les Red Bull dominent nettement les essais libres du jeudi. Ricciardo devance à chaque fois Verstappen. Samedi matin, Ricciardo signe à nouveau le meilleur chrono. Mais dans le même temps, Verstappen escalade le trottoir au second S de la chicane et démolit sa voiture contre le rail. Celle-ci est trop endommagée pour que le Néerlandais puisse prendre part aux qualifications. Du reste, il doit remplacer sa boîte de vitesses.

 

L'après-midi, Ricciardo assoit sa domination en réalisant la pole position, comme deux ans plus tôt en Principauté. Il établit pour l'occasion le record absolu de ce circuit (1'10''810'''). Verstappen s'élancera donc dernier sur l'autre RB14. Les Ferrari (Vettel 2ème, Räikkönen 4ème), sans être écrasées, ne peuvent pas rivaliser avec les Red Bull. Les Mercedes (Hamilton 3ème, Bottas 5ème) manquent globalement d'adhérence. McLaren peine à équilibrer correctement la MCL33B. Alonso (7ème) finit par trouver le bon set-up et atteint la Q3. Vandoorne (12ème) est éliminé plus tôt. Du côté de Renault, Sainz (8ème) précède Hülkenberg (11ème), sorti en Q2 à cause d'un blocage de roue au freinage de la chicane.

 

Les Force India-Mercedes offrent une belle prestation, et Ocon (6ème) devance assez nettement Pérez (9ème). Gasly (10ème) est très satisfait d'atteindre la Q3 avec la Toro Rosso-Honda. Hartley (16ème) est beaucoup plus en retrait et n'a semble-t-il pas dénicher les bons réglages. Chez Williams, Sirotkin (13ème) estime que la FW41 fait des progrès, contrairement à Stroll (17ème) qui du reste est gêné en qualifications par un appui-tête mal fixé. Leclerc (14ème) hisse sa Sauber en Q2 pour la troisième fois consécutive. Ericsson (17ème) est dominé par son jeune équipier. Comme chaque année, les Haas-Ferrari ne fonctionnent pas ici, par manque d'adhérence ou incapacité à faire chauffer leurs gommes. Grosjean (18ème) franchit la première étape de la séance qualificative mais recule de trois rangs à cause de la pénalité que lui ont infligée les commissaires à Barcelone. Magnussen (19ème) est hors du coup.

 

La faute commise par Max Verstappen samedi matin fait d'ores et déjà perdre de gros points à Red Bull. Le jeune Hollandais reconnaît sa responsabilité, mais cela ne suffit pas à se faire pardonner. Il accumule en effet cette saison les accrochages et les accidents, ce qui commence à agacer ses protecteurs, Christian Horner et Helmut Marko. Ce dernier, qui jusqu'ici le couvrait au-delà du raisonnable, émet pour la première fois de sévères critiques: « Max a eu pas mal d'incidents cette année, tous différents. Mais celui de ce samedi n'était vraiment pas nécessaire. Pourquoi prendre tant de risques en essais libres, surtout à Monaco ? Il doit apprendre à ne pas piloter toujours à fond. Il n'est pas assez patient. Il veut toujours être le meilleur. Mais pour ça, il faut passer la ligne d'arrivée ! » Niki Lauda est bien plus violent: il estime tout simplement que Verstappen est incapable de mûrir. « Quelle est la solution pour lui ? Changer de cerveau ! Si j'étais Marko, je lui demanderais combien de fois il va répéter les mêmes erreurs... » lâche le triple champion du monde.

 

Le Grand Prix

Le ciel est couvert pour ce Grand Prix mais la température (25°C) est quasi estivale. Ricciardo, Vettel, Hamilton, Räikkönen, Bottas, Alonso, Ocon, Gasly, Sainz, Sirotkin et Hartley partent avec les pneumatiques hyper-tendres. Hülkenberg, Leclerc, Ericsson, Vandoorne, Pérez, Magnussen, Grosjean, Verstappen et Stroll sont eux munis d'ultra-tendres (plus durs que les précités...). A cause d'un souci mécanique, les mécaniciens de Williams ne parviennent pas à monter les roues sur la voiture de Sirotkin trois minutes avant le départ, comme le stipule le règlement. Cela devrait valoir une pénalité au jeune Russe.

 

Départ: Ricciardo démarre idéalement et se déporte vers la gauche pour couper la voie à Vettel. Derrière l'Allemand se trouvent Hamilton, Räikkönen et Bottas.

 

1er tour: Ricciardo mène devant Vettel, Hamilton, Räikkönen, Bottas, Ocon, Alonso, Sainz, Pérez et Gasly. Verstappen a doublé les Haas et se retrouve dix-huitième.

 

2e: Une seconde sépare Ricciardo et Vettel. Räikkönen met la pression sur Hamilton.

 

3e: L'usage du DRS est autorisé par la direction de course.

 

4e: Ricciardo compte une seconde et demie d'avance sur Vettel. Ce dernier signe le premier chrono de référence (1'17''488'''). Verstappen poursuit le duo Stroll – Ericsson.

 

5e: Ricciardo précède Vettel (1.6s.), Hamilton (3.1s.), Räikkönen (3.9s.), Bottas (5.3s.), Ocon (9.6s.), Alonso (13.3s.), Sainz (15.4s.), Pérez (16.1s.), Gasly (17.5s.), Hülkenberg (18.4s.) et Sirotkin (19.4s.). Verstappen dépasse Ericsson à Mirabeau.

 

6e: Comme attendu, Sirotkin écope d'une pénalité de dix secondes du fait du problème qu'il a rencontré sur la grille.

 

7e: Ricciardo possède une seconde et sept dixièmes de marge sur Vettel. Verstappen fait l'intérieur à Stroll au freinage de la chicane, puis peu après se défait d'Hartley. Sirotkin observe sa pénalité et tombe au dernier rang.

 

9e: L'intervalle est stable entre Riccardo et Vettel. Hamilton roule à environ trois secondes du leader. Verstappen pourchasse maintenant Leclerc. Stroll subit une crevaison à l'avant-gauche, suite à un contact avec Ericsson. Il parvient à rejoindre les stands pour remplacer son museau et ses roues. Les Williams ferment désormais la marche.

 

10e: Ricciardo devance Vettel (1.6s.), Hamilton (4s.), Räikkönen (5s.), Bottas (8.6s.), Ocon (16.8s.), Alonso (23s.), Sainz (26.3s.), Pérez (27.7s.) et Gasly (29.2s.).

 

12e: Riccardo jouit de deux secondes d'avance sur Vettel. Hamilton entre très tôt aux stands pour chausser les pneus ultra-tendres et reprend la piste après Ocon.

 

13e: Hamilton poursuit Ocon. Hartley observe un changement de gommes.

 

14e: Ricciardo creuse l'écart sur Vettel et améliore le record du tour (1'15''562'''). Hamilton se débarrasse d'Ocon à la chicane du port. Leclerc remplace ses enveloppes.

 

15e: Arrêt pneus pour Grosjean.

 

16e: Vettel arrive chez Ferrari afin de s'équiper en pneus violets. Il ressort en troisième position. Verstappen se démène derrière Vandoorne pour le gain de la douzième place. Sainz entre aux stands. Renault lui fixe des Pirelli ultra-tendres pour aller au bout de l'épreuve.

 

17e: Ricciardo fait halte à son garage pour prendre les Pirelli violets et reprend la course trois secondes devant Vettel. Räikkönen et Bottas suivent aux stands. Kimi sélectionne les pneus ultra-tendres, Valtteri les super-tendres. Magnussen remplace aussi ses gommes.

 

18e: Ricciardo est leader devant Vettel (3.2s.), Hamilton (9.5s.), Räikkönen (14.1s.), Ocon (18.7s.), Alonso (25s.), Bottas (27.3s), Pérez (32.8s.), Gasly (35.4s.), Hülkenberg (36.6s.), Vandoorne (42.9s.) et Verstappen (43.3s.). Changement de pneus pour Ericsson.

 

19e: Le récupérateur d'énergie cinétique de Ricciardo commence à faire des siennes. L'Australien a un petit peu moins de puissance. Alonso passe par le stand McLaren pour prendre des pneus super-tendres. L'Asturien redémarre juste devant Vandoorne et Verstappen.

 

20e: Vettel reprend huit dixièmes à Ricciardo dans ce tour. Vandoorne troque ses pneus roses contre des rouges, un peu trop tard car, douzième avant la salve d'arrêts, il se retrouve seulement dix-septième.

 

21e: Pérez s'arrête chez Force India pour mettre les pneus rouges. Mais ses mécaniciens mettent du temps à fixer la roue arrière-droite, et le Mexicain perd trois secondes dans cet incident.

 

23e: L'écart entre Ricciardo et Vettel oscille entre une seconde et sept dixièmes et deux secondes. Hamilton doit surveiller Räikkönen qui demeure collé à ses basques. Bottas dépasse Ocon qui rejoint ensuite les stands et s'empare de Pirelli rouges.

 

24e: Hartley reçoit une pénalité de cinq secondes pour avoir commis un excès de vitesse dans l'allée des stands.

 

25e: Ricciardo mène devant Vettel (1.8s.), Hamilton (8.6s.), Räikkönen (9.6s.), Bottas (18.5s.), Gasly (37.8s.), Hülkenberg (44.2s.), Alonso (45.5s.), Verstappen (46.8s.), Sainz (48.8s.) et Hartley (49.8s.).

 

27e: Le Grand Prix sombre dans la monotonie. Les intervalles entre les leaders n'évoluent plus.

 

28e: Alerte chez Red Bull: Ricciardo n'a plus l'usage de son récupérateur d'énergie cinétique (MGU-K). Il perd environ le quart de la puissance de son groupe propulseur, mais poursuit son effort.

 

29e: Vettel revient dans les échappements de Ricciardo. Celui-ci modifie ses réglages pour optimiser le comportement de sa monoplace. Bottas est très rapide avec ses gommes super-tendres et revient comme un boulet sur Hamilton et Räikkönen.

 

30e: Ricciardo se reprend et porte à une seconde son avantage sur Vettel. Il doit prendre garde à ne pas trop monter dans les tours lorsqu'il passe ses vitesses, afin de préserver la boîte.

 

32e: Ricciardo devance Vettel (1.3s.), Hamilton (9.7s.), Räikkönen (12.3s.), Bottas (13s.), Gasly (34.3s.), Hülkenberg (46.7s.), Ocon (47.3s.), Alonso (49s.), Verstappen (50.3s.), Sainz (53.1s.) et Hartley (56.7s.).

 

34e: Ricciardo parvient à garder Vettel une seconde et demie derrière lui. Bottas poursuit Räikkönen sans pouvoir tenter quelque chose.

 

35e: Hülkenberg, qui ne s'est pas arrêté, emmène un peloton comprenant Ocon, Alonso, Verstappen et Sainz. Les pneus hyper-tendres paraissent avoir une étonnante durée de vie... Stroll reprend des gommes roses.

 

36e: Ricciardo n'a plus l'usage de ses 7e et 8e rapports de boîte. Il peut continuer puisque ceux-ci ne sont utilisés qu'au bout du tunnel et du boulevard Albert Ier, à condition d'être toujours prudent lorsqu'il atteint la 6e. Gasly prend les pneus super-tendres et au redémarrage parvient à se glisser entre Verstappen et Sainz.

 

38e: Ricciardo garde une seconde et demie de marge sur Vettel, cinq secondes sur Hamilton. Bottas est sur les talons de Räikkönen.

 

40e: Hamilton se plaint de l'usure excessive de ses pneumatiques, ce qui ne l'empêche pas de combler une partie de son retard sur Vettel.

 

42e: Ricciardo est premier devant Vettel (1.5s.), Hamilton (3.4s.), Räikkönen (7.4s.), Bottas (9.1s.), Hülkenberg (34.8s.), Ocon (37s.), Alonso (40.3s.), Verstappen (42.7s.), Gasly (43.3s.), et Sainz (51.3s.).

 

43e: Avec sa Toro Rosso-Honda, Gasly poursuit la Red Bull-Renault de Verstappen qui n'a toujours pas remplacé ses pneus.

 

44e: Hamilton n'est plus qu'à quelques encablures de Vettel. Les trois premiers se tiennent en trois secondes.

 

46e: Ricciardo maintient un intervalle constant d'une seconde et demie avec Vettel, et ce malgré deux vitesses en moins et des freins qui surchauffent. L'Australien délivre une performance remarquable.

 

47e: Verstappen fait halte au stand Red Bull avant un dernier relais en pneus hyper-tendres. Il retrouve la piste en onzième position.

 

49e: Les écarts se resserrent encore: Ricciardo et Hamilton ne sont plus séparés que par deux secondes et demie.

 

50e: Hülkenberg pénètre enfin dans la pit-lane pour achever l'épreuve en pneus roses usagers. Sa stratégie est donc totalement différente de celle de Sainz qui a chaussé les pneus violets au 16ème passage. L'Allemand se retrouve d'ailleurs derrière son équipier. Sirotkin observe un second arrêt.

 

51e: Gasly est revenu dans le derrière d'Alonso qui rencontre une perte de puissance. Verstappen menace Hülkenberg pour le gain de la dixième place.

 

52e: Ricciardo conserve une avance d'un peu plus d'une seconde sur Vettel. Hamilton suit l'Allemand mais ne parvient pas à entrer dans la zone d'activation de l'aileron arrière mobile.

 

53e: Alonso s'immobilise dans l'échappatoire de Sainte-Dévote, bloqué en cinquième vitesse. Les drapeaux jaunes sont agités dans le premier secteur. Verstappen pourchasse maintenant les deux Renault de Sainz et Hülkenberg.

 

54e: Sainz se débat avec des pneus très abîmés. Il reçoit l'ordre de laisser filer Hülkenberg et obtempère sans barguigner avant Massenet. Son rôle est désormais de retenir un Verstappen pressant.

 

55e: Ricciardo précède Vettel (0.9s.), Hamilton (2.5s.), Räikkönen (4.3s.), Bottas (5.4s.), Ocon (26s.), Gasly (30s.), Hülkenberg (36.7s.), Sainz (40.5s.), Verstappen (40.7s.), Hartley (53.4s.), Leclerc (54.5s.), Ericsson (56.6s.) et Pérez (57.7s.).

 

56e: Verstappen attaque Sainz à la sortie du tunnel. Le Madrilène coupe la chicane pour se défendre, ce que son adversaire ne manque pas de signaler à son stand.

 

57e: Verstappen fait l'extérieur à Sainz avant la chicane du port. Il part un peu au large et escalade le vibreur pour revenir sur la piste. Cela peut être considéré comme un avantage indu, mais les commissaires fermeront les yeux.

59e: Une seconde sépare Ricciardo et Vettel. Hamilton subit du bullage sur ses pneus avant et concède maintenant plus de trois secondes au leader.

 

60e: Verstappen s'adjuge le meilleur tour de la course (1'14''260''') et espère rattraper Gasly et Hülkenberg.

 

61e: Hülkenberg est aux trousses de Gasly. Stroll, lanterne rouge, effectue un troisième changement de pneus.

 

62e: Ricciardo mène devant Vettel (0.9s.), Hamilton (4.1s.), Räikkönen (7.6s.), Bottas (8.8s.), Ocon (21.1s.), Gasly (24.1s.), Hülkenberg (24.5s.), Verstappen (27.1s.), Sainz (49.2s.), Hartley (53.2s.) et Leclerc (54.3s.).

 

64e: Ricciardo garde Vettel une seconde derrière lui. Gasly, Hülkenberg et Verstappen sont maintenant roues dans roues.

 

66e: Vettel amorce une dernière offensive contre Ricciardo mais ne parvient pas à passer sous la seconde et ne peut donc pas utiliser son DRS. Très loin de là, un quatuor comprenant Hartley, Leclerc, Ericsson et Pérez lutte pour la onzième place.

 

68e: Ricciardo répond à Vettel et le repousse à une seconde et cinq dixièmes. Hamilton abandonne la poursuite des deux leaders pour ménager ses gommes.

 

69e: Ocon se rapproche du duo Räikkönen – Bottas, et entraîne à sa suite le groupe Gasly. Grosjean rejoint son stand pour achever la course en pneus hyper-tendre. Le Genevois, dix-septième, n'a plus rien à espérer...

 

70e: Ricciardo devance Vettel (1.8s.), Hamilton (9.8s.), Räikkönen (14.4s.), Bottas (15.8s.), Ocon (17s.), Gasly (20.9s.), Hülkenberg (21.6s.), Verstappen (22.1s.) et Sainz (57s.).

 

71e: Leclerc casse un disque de frein à la sortie du tunnel et heurte de plein fouet la Toro Rosso d'Hartley. Le jeune Monégasque achève sa course dans l'échappatoire, tandis que le Néo-Zélandais rejoint son garage avec un train arrière détruit. La procédure de « voiture de sécurité virtuelle » est déclenchée.

 

72e: Les pilotes ralentissent pendant que les commissaires retirent les débris au niveau de la chicane. Hartley met pied à terre.

 

73e: Vandoorne prend des gommes roses pour les derniers tours et reprend la piste entre Ricciardo et Vettel. Voilà qui va gêner le quadruple champion du monde pour les derniers tours.

 

74e: Le drapeau vert est agité. Loin de fondre sur Vandoorne, Vettel se laisse décrocher car ses pneus sont froids suite à la neutralisation.

 

75e: Vettel bloque sa roue avant-gauche au freinage de Mirabeau. Ses pneus avant sont définitivement abîmés. Il rend maintenant six secondes à Ricciardo. L'Australien a course gagnée.

 

77e: A deux tours du but, Ricciardo bénéficie d'une marge de sept secondes sur Vettel. Hamilton évolue à dix-sept secondes. Bottas fait le forcing pour surprendre Räikkönen dans ces derniers kilomètres. Mais le vétéran du peloton ne commet pas la moindre erreur. Ocon, Gasly, Hülkenberg et Verstappen se suivent de près.

 

78ème et dernier tour: Daniel Ricciardo empoche son premier GP de Monaco devant Vettel et Hamilton. Räikkönen achève une course sage au quatrième rang. Bottas se classe cinquième. Ocon décroche une belle sixième place. Gasly, septième, confirme les progrès de la Toro Rosso-Honda. Les Renault d'Hülkenberg (8ème) et de Sainz (10ème) encadrent la Red Bull de Verstappen (9ème). Ericsson, Pérez, Magnussen, Vandoorne, Grosjean, Sirotkin et Stroll rallient aussi l'arrivée.

 

Après la course: D. Ricciardo, Aussie bon soit-il.

Daniel Ricciardo immobilise sa Red Bull sur le grand boulevard afin de répondre aux questions de David Coulthard. D'ordinaire très expansif, l'Aussie paraît cette fois contraint par l'émotion. Il vient de s'adjuger une superbe revanche sur sa défaite de 2016. En effet, il y a deux ans, alors qu'il partait déjà en pole en Principauté, ses mécaniciens lui avaient fait perdre la victoire en ratant complètement son changement de pneus. Cette fois, c'est la mécanique qui a bien failli venir à bout de ses espérances. « Après la déception de 2016, je crois que la rédemption est enfin arrivée », dit-il. « J'ai gagné à Monaco. Dieu que ça fait du bien ! Mais j'ai du mal à décrire ce que je ressens actuellement. Laissez-moi deux jours pour digérer tout ça [...]. J'ai perdu de la puissance moteur. Mes freins à l'arrière étaient en surchauffe. Je devais lever le pied bien avant le point de freinage pour les préserver. Je roulais donc lentement, ce qui a rendu cette course très longue. Mais j'y suis arrivé. Sur ce circuit très étroit, où il est difficile de dépasser, je pouvais me permettre de ralentir. »

 

Christian Horner est dithyrambique sur la performance de Ricciardo: « C'est incroyable, il ne voulait pas lâcher cette course. Il a été le plus rapide dans chaque séance du week-end. Nous avons perdu le MGU-K après 17 ou 18 tours. 25% de la puissance en moins ! Daniel perdait deux secondes et demie au tour. Puis, en conséquence, la température des freins s'est emballée, les pneus se sont refroidis et la consommation de carburant augmentait. Il a toutefois réussi à gérer la course comme une balade dominicale ! »

 

Sur le podium, Ricciardo cède à la pression de ses mécanos qui lui réclament son traditionnel et peu ragoûtant « shoey » : il boit une gorgée de champagne dans une de ses bottines. Ensuite, il tend le magnum au prince Albert qui, pas bégueule, avale une gorgée au goulot ! Mieux: la princesse Charlène imite son époux, sur l'insistance de Ricciardo ! Enfin, l'heureux vainqueur se jette dans la piscine de la structure Red Bull pour célébrer sa victoire, bientôt rejoint par Christian Horner et Adrian Newey, emportés dans une joyeuse accolade. Après Jack Brabham et Mark Webber, Ricciardo est le troisième représentant de l'Australie à triompher à Monaco. Ce 27 mai 2018 est d'ailleurs un grand jour pour ce pays puisque Will Power remporte plus tard les 500 Miles d'Indianapolis.

 

Sebastian Vettel et Lewis Hamilton ont vécu un morne après-midi. « Lorsque Daniel a commencé à avoir des problèmes, j'ai tenté de me rapprocher, de le pousser à la faute, en vain, car il était impossible de le suivre de trop près », explique l'Allemand. « Cette course était une promenade... On s'est vraiment ennuyé ! » lâche l'Anglais. Qu'il se console: il ne fut pas le seul...

 

Les supporteurs français peuvent en revanche applaudir Esteban Ocon et Pierre Gasly, respectivement sixième et septième à l'arrivée. Les deux amis trinquent ensemble le champagne après l'arrivée. « C'est important pour la France de montrer qu'on est une nation puissante en F1, » estime Ocon. « Être performant à Monaco, c'est fort. C'est un circuit compliqué. Même si tous les points se valent, en marquer de gros ici donne vraiment confiance pour la suite de la saison. » Le pilote Force India reçoit également une chaleureuse accolade de son mentor Toto Wolff. D'aucuns se prennent à espérer de le voir supplanter Valtteri Bottas chez Mercedes en 2019...

 

Hamilton conserve, avec 110 points, la première place du championnat du monde. Vettel (96 pts) est second, puis viennent Ricciardo (72 pts), Bottas (68 pts) et Räikkönen (60 pts). Chez les constructeurs, Mercedes (178 pts) garde la main devant Ferrari (156 pts) et Red Bull-TAG Heuer (107 pts). Renault (46 pts) s'échappe au quatrième rang devant McLaren (40 pts).

Tony