Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes
Daniel RICCIARDO
 D.RICCIARDO
Red Bull TAG Heuer
Kimi RAIKKONEN
 K.RAIKKONEN
Ferrari

979e Grand Prix

XV Chinese Grand Prix
Ensoleillé
15 avril 2018 - Shanghai
56 tours x 5.451 km - 305.066 km
(Offset: 190 m)
info
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
43e tour, Max Verstappen percute Sebastian Vettel.

La F1 fait son festival à Shanghai

Liberty Media travaille à accroître l'attractivité de la Formule 1, et pour ce faire organise à Shanghai son premier « festival de la F1 ». Trois autres rendez-vous de ce type devraient suivre cette année, à Marseille, Berlin et Miami. Comme l'explique Catherine Pacary dans Le Monde, Chase Carey veut ainsi séduire les fans et surtout élargir le public de la F1 aux jeunes générations. Concrètement, il s'agit de faire des Grands Prix de véritables shows réunissant attractions, concerts et rencontres entre les spectateurs et les pilotes. Ceux-ci doivent par exemple dorénavant se plier à des séances de dédicaces et de selfies au sein même du paddock.

 

Que le premier festival se tienne en Chine n'est évidemment pas le fruit du hasard. Le potentiel automobile et sportif de l'Empire du Milieu est immense. Depuis vingt ans, les constructeurs mondiaux se ruent sur un marché national pourtant encore très protégé. L'Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM) prédit ainsi une croissance des ventes de 4% en 2018. Par ailleurs, Liberty Media a conclu un accord avec le géant chinois du multimédia Tencent, qui va renforcer la diffusion de la F1 sur l'ensemble des supports numériques du pays. La F1 n'a de toute façon pas le choix: elle ne conquerra les jeunes générations des pays émergents que par Internet. A titre d'exemple, la messagerie multifonction de Tencent, WeChat, compte un milliard d'utilisateurs... La télévision n'est cependant pas délaissée puisque Sean Bratches a signé deux contrats avec les chaînes privées Guangdong TV et Shanghaï TV, après s'être également entendu avec le réseau public CCTV.

 

Ce premier « show » commence vendredi par une cérémonie d'ouverture VIP présentée par deux anciens champions du monde, Sir Jackie Stewart et Nico Rosberg. Samedi, des concerts se tiennent au Centre Jing'An Kerry, le plus grand complexe commercial de Shanghaï. Un espace réservé à l'e-sport s'ouvre autour du circuit, tandis que les plus petits pourront s'amuser avec Axel, la nouvelle mascotte de la F1. « Ce sera surtout un événement pour présenter la F1 aux gens qui n'ont peut-être pas de lien avec elle, et leur montrer que c'est un monde incroyable », explique Alexandre Molina, responsable de l'événementiel auprès de la FIA. « Il faut élargir ce spectacle vers le public le plus large possible, dans des lieux où il y a un appétit pour la F1. Il faut redonner le pouvoir aux gens. » Et faire du business avant tout...

 

Tensions entre Liberty Media et les constructeurs: Ecclestone s'en mêle

On le sait, les réformes des règlements sportifs, techniques et économiques de la Formule 1 proposées par Liberty Media ne suscitent pas l'enthousiasme chez les constructeurs et les motoristes. Néanmoins, les deux parties se sont mises d'accord pour mener les négociations à huis clos, avec interdiction de les commenter dans la presse, afin de ne pas influencer le processus décisionnel. C'est un bon point, qui ne calme cependant pas la sourde impatience des ingénieurs. Les quatre motoristes veulent ainsi que les propositions des propriétaires de la F1 soient dévoilées au plus tard fin mai. Bob Fernley, le directeur de Force India, estime lui raisonnable de demander que la réglementation moteur de 2021 soit arrêtée fin 2018.

 

Le triumvirat Chase Carey – Ross Brawn - Sean Bratches ne sous-estime pas l'ampleur de cette grogne, d'autant plus qu'il soupçonne Bernie Ecclestone de l'exploiter en sous-main. L'ex-dictateur ne cesse en effet de critiquer ses successeurs, qui selon lui n'ont rien compris à la Formule 1 et la conduisent à sa perte. Il n'entend pas se contenter de sa « présidence d'honneur de la F1 », un hochet dont un personnage de cette trempe n'a que faire, même à 87 ans... Ecclestone soutient ainsi les revendications de Ferrari et userait de son influence dans le paddock pour liguer certains constructeurs contre le pouvoir en place. Increvable Bernie !

 

Présentation de l'épreuve

Shanghai est devenu en quelques années le « jardin » de Mercedes qui y a triomphé cinq fois depuis 2012. Lewis Hamilton a pour sa part gagné ici en 2008, 2011, 2014, 2015 et 2017. Et pourtant, la firme à l'étoile ne débarque pas en terrain conquis. Pour la première fois depuis l'instauration des moteurs hybrides en 2014, elle court toujours après sa première victoire au terme des deux premiers Grands Prix. Ferrari semble jouir d'un léger avantage. C'est du moins ce que laisse entendre Hamilton: « Ferrari a fait du meilleur travail. Ils ont une voiture très rapide. Mais c'est impossible de déterminer qui a l'ascendant. Cela se joue au millième de seconde. Ce week-end, ils vont être difficiles à battre. Ils sont plus rapides que nous en ligne droite et aussi rapides dans les virages. Ce circuit a la plus longue ligne droite, donc je m'attends à ce qu'ils soient très rapides. Toutefois, ce devrait être aussi un bon tracé pour nous. Mais nous devons travailler sur tous les domaines que nous n'avons pas optimisés. Eux ont fait un énorme pas en avant au niveau du moteur ; ce sera intéressant d'observer leur fiabilité, comme pour Renault et pour nous. Mais la saison ne fait que commencer. »

 

Comme tous les ans, le baquet de Kimi Räikkönen chez Ferrari est au centre de toutes les convoitises. Et cette année la Scuderia prolongera peut-être encore le vétéran finlandais. Néanmoins, une rumeur insistante annonce l'arrivée de Daniel Ricciardo à Maranello en 2019. Une lettre d'intention aurait été signée entre les deux parties à Melbourne. Mais Red Bull garde une option sur le pilote australien, valable jusqu'au mois de mai. La firme au taureau aimerait le conserver, mais pas à n'importe quel prix car elle a déjà dû relever substantiellement le salaire de Max Verstappen pour que ce dernier signe un nouveau contrat courant jusqu'en 2020.

 

L'incident survenu à la Ferrari de Kimi Räikkönen dans les stands à Bahreïn occasionne une enquête menée conjointement par la fédération internationale et l'équipe italienne. « Nous avons une procédure pour assurer que les arrêts au stand soient faits de façon aussi sûre que possible », explique Maurizio Arrivabene. « En l'occurrence, nous avons trois facteurs: humain (les mécaniciens), mécanique (le pistolet pneumatique) et électronique (le capteur qui détermine si une roue est fixée). » Selon le site internet Motorsport.com, comme le mécanicien préposé n'était pas parvenu à retirer la première roue, il a inséré le pistolet à deux reprises, ce que la capteur a compris comme un changement de roue réussi. Le dispositif électronique est donc passé au vert, autorisant Räikkönen à repartir... Afin que pareille mésaventure ne se reproduise pas, Ferrari reconfigure les senseurs pour que ceux-ci s'assurent que les quatre pneus sont bien changés avant de transmettre une information.

 

Mais décidément il semblerait que les mécaniciens aient de plus en plus de mal à changer les pneus. Après Haas en Australie et Ferrari à Bahreïn, c'est McLaren qui est mise à l'index en Chine. Lors de la seconde séance d'essais libres du vendredi, le team de Woking relâche en effet Stoffel Vandoorne alors qu'une de ses roues n'est pas correctement fixée. Les commissaires lui infligent donc l'amende forfaitaire de 5000 euros.

 

Essais et qualifications

Les séances d'entraînement se déroulent par temps froid et venteux. Vendredi, Hamilton occupe le haut de la feuille des temps mais avec une très faible avance sur les Ferrari et les Red Bull. Le lendemain, les Rouges prennent le pouvoir et occupent la première ligne de la grille de départ, comme à Bahreïn. La pole position revient à Vettel (1'31''095''') avec seulement 87 millièmes d'avance sur Räikkönen. Les Mercedes (Bottas 3ème, Hamilton 4ème) concèdent cinq dixièmes aux Ferrari et ne paraissent pas en mesure de jouer la gagne. Les Red Bull ne sont pas trop distancées. Verstappen (5ème) est plus optimiste que Ricciardo (6ème) qui a cassé un moteur samedi matin. Les deux Renault atteignent la Q3. Hülkenberg (7ème sur la grille pour la sixième fois de suite !) est content de sa voiture tandis que Sainz (9ème) déplore un manque d'adhérence dans les virages lents.

 

Force India a décelé le loup qui rôde dans la VJM11: un déséquilibre à l'arrière dans les virages. Pérez (8ème) et Ocon (12ème) saluent de réels progrès. Belles performances des Haas-Ferrari (Grosjean 10ème, Magnussen 11ème), malgré quelques problèmes de freins sur la machine du Genevois. Les McLaren-Renault sont en retrait en qualifications. Alonso (13ème) et Vandoorne (14ème) auront cependant l'avantage de pouvoir choisir leurs gommes au départ. Les Toro Rosso-Honda (Hartley 15ème, Gasly 17ème) ne semblent pas performantes par temps frais. Les Williams-Mercedes (Sirotkin 16ème, Stroll 18ème) sont éliminées dès la Q1, à l'instar des Sauber-Ferrari de Leclerc (19ème après encore quelques tête-à-queue) et d'Ericsson (20ème, frappé d'une pénalité sans conséquence pour ne pas avoir respecté un double drapeau jaune).

 

Le Grand Prix

Le soleil est de retour pour la course. Le mercure remonte à 19°C (contre 12°C la veille). Les stratégies sont très diverses mais toutes convergent vers un seul arrêt en course. La majorité des pilotes s'élance en pneus tendres. Ricciardo, Verstappen, Sainz, Hülkenberg, Pérez, Grosjean et Hartley se munissent de gommes ultra-tendres. Seul Gasly fait le part de démarrer en médiums.

 

Départ: Räikkönen prend un meilleur envol que Vettel, mais celui-ci le tasse vers la droite et conserve l'ascendant au premier freinage. Bottas, demeuré à gauche, en profite pour passer devant son compatriote. Verstappen est également bien parti et sort de l' « escargot » devant Hamilton.

 

1er tour: Verstappen fait l'extérieur à Räikkönen au virage n°6 et s'empare de la troisième place. Le Finlandais repousse ensuite une attaque de Hamilton. Hülkenberg et Sainz bataillent pour la septième place. L'avantage reste à l'Allemand. Vettel mène devant Bottas, Verstappen, Räikkönen, Hamilton, Ricciardo, Hülkenberg, Sainz, Grosjean et Magnussen.

 

2e: Vettel compte deux secondes d'avance sur Bottas.

 

3e: Vettel est très rapide dans le deuxième secteur du tracé et creuse assez aisément l'écart sur ses poursuivants.

 

4e: Deux secondes et trois dixièmes séparent Vettel de Bottas. Verstappen semble n'avoir rien à craindre de Räikkönen.

 

5e: Vettel est premier devant Bottas (2.5s.), Verstappen (4.9s.), Räikkönen (6.5s.), Hamilton (8s.), Ricciardo (10.2s.), Hülkenberg (13.3s.), Sainz (15.5s.), Magnussen (16.9s.), Grosjean (17.7s.), Alonso (19.8s.), Stroll (20.8s.) et Ocon (21.3s.).

 

6e: Grosjean, en pneus super-tendres, reçoit l'ordre de laisser passer Magnussen, en pneus tendres. Il s'exécute mais exprime son mécontentement à la radio. Ocon double Stroll qui se retrouve ensuite aux prises avec Pérez.

 

8e: L'intervalle entre Vettel et Bottas se stabilise autour de deux secondes et demie. Verstappen maintient Räikkönen à deux secondes. Hamilton n'a pas un bon rythme et se contente de suivre le Finlandais de Ferrari.

 

9e: Bottas reprend quelques centièmes à Vettel. Grosjean est sous la menace d'Alonso.

 

10e: Vettel mène devant Bottas (2.5s.), Verstappen (7.2s.), Räikkönen (9.6s.), Hamilton (10.8s.), Ricciardo (12.6s.), Hülkenberg (22s.), Sainz (24.3s.), Magnussen (27.6s.), Grosjean (29.1s.) et Alonso (29.8s.).

 

11e: Hartley est le premier pilote à remplacer ses pneus.

 

12e: Vettel repousse Bottas à trois secondes. Arrêt pneus pour Ocon.

 

13e: Alonso attaque Grosjean, sans réussite. Sainz, Pérez et Vandoorne font changer leurs gommes.

 

14e: Hülkenberg stoppe chez Renault pour chausser les Pirelli médiums. Il repart au milieu du paquet, entre Stroll et Leclerc.

 

15e: Vettel devance Bottas (3.8s.), Verstappen (9.6s.), Räikkönen (12.5s.), Hamilton (13.7s.), Ricciardo (15.8s.), Magnussen (35s.), Grosjean (38.8s.), Alonso (39.5s.), Stroll (45.8s.) et Vandoorne (48.1s.).

 

16e: Grosjean fait halte chez Haas pour prendre les pneus médiums.

 

17e: Verstappen arrive aux stands et s'empare de gommes médiums (2.4s.), Son collègue Ricciardo l'imite dans la foulée (2.3s.). Les Renault d'Hülkenberg et de Sainz remontent dans le peloton grâce à leurs enveloppes neuves.

 

18e: Hamilton passe en pneus médiums (2.5s.) et repart derrière Verstappen qui vient de signer un chrono de référence (1'37''755''').

 

19e: Ricciardo dépasse Magnussen et retrouve la sixième position. Bottas s'arrête aux stands en fin de parcours, met les médiums et tombe au troisième rang.

 

20e: Vettel compte vingt-trois secondes d'avance sur Bottas alors qu'il pénètre dans la voie des stands pour lui aussi chausser les pneus à flancs argentés. C'est juste, trop juste: malgré un arrêt de moins de trois secondes, l'Allemand redémarre derrière Bottas ! Räikkönen occupe provisoirement le commandement. Gasly passe en pneus tendres.

 

21e: Räikkönen mène avec huit secondes d'avance sur Bottas, neuf secondes Vettel. Hülkenberg se défait de Vandoorne. Arrêt pneus pour Leclerc.

 

22e: Bottas et Vettel comblent aisément leur retard sur Räikkönen. Hülkenberg se débarrasse de Stroll, Sainz de Vandoorne. Le Flamand remplace ensuite ses pneumatiques.

 

23e: Räikkönen précède Bottas (4.9s.), Vettel (6.3s.), Verstappen (12.6s.), Hamilton (14.8s.), Ricciardo (19.7s.), Magnussen (29.7s.), Alonso (35.2s.) et Hülkenberg (44.3s.). Arrêt de Stroll.

 

24e: Bottas n'est plus qu'à trois secondes de Räikkönen, que Ferrari garde en piste dans l'espoir qu'il gêne le pilote Mercedes et facilite ainsi le retour de Vettel.

 

25e: Magnussen prend les Pirelli médiums et se retrouve dixième derrière les Renault.

 

26e: Bottas file le train de Räikkönen, mais doit surveiller Vettel qui grossit dans ses rétroviseurs.

 

27e: Bottas prend l'aspiration de Räikkönen dans la ligne droite de départ, puis lui fait l'extérieur dans l' « escargot ». Iceman s'avoue vaincu puis ouvre la voie à son compagnon d'écurie qui vient aussitôt menacer Bottas. Räikkönen rejoint ensuite la pit-lane pour changer d'enveloppes.

 

28e: Räikkönen s'est littéralement sacrifié au profit de Vettel puisqu'il retrouve le circuit en sixième position.

 

29e: Bottas devance Vettel (1.1s.), Verstappen (6.6s.), Hamilton (8.7s.), Ricciardo (13.3s.) et Räikkönen (25s.). Alonso opère un changement de gommes, de même qu'Ericsson et Sirotkin. Leclerc exécute un tête-à-queue. Il endommage ainsi son fond plat mais pourra continuer.

 

30e: Gasly attaque son équipier Hartley pour le gain de la dix-septième place. Il l'aborde par l'intérieur à la grande épingle mais se montre trop optimiste. Il percute l'autre Toro Rosso et l'envoie en tête-à-queue, éparpillant ainsi des morceaux de carbone. Hartley parvient à repartir pour rejoindre son garage et remplacer ses pneus.

 

31e: De nombreux débris jonchent le sol au niveau de l'épingle. Charlie Whiting neutralise l'épreuve pour permettre aux commissaires de déblayer. Mais la Safety Car entre en jeu au moment même où Bottas et Vettel franchissent le dernier virage. Ils ne peuvent donc pas regagner leurs stands pour adapter leur stratégie. En revanche, Red Bull rappelle Verstappen et Ricciardo qui chaussent des pneus tendres pour un dernier relais très agressif. Renault choisit la même option pour Hülkenberg et Sainz, tandis qu'Ocon prend les pneus ultra-tendres. Gasly change de pneus et d'aileron avant.

 

32e: Le peloton se regroupe derrière la voiture de sécurité. Pérez prend des pneus tendres. Il sera imité par Sirotkin au passage suivant.

 

33e: Les commissaires chinois balaient le virage n°14. Les attardés sont autorisés à se dédoubler. Jugé responsable de la collision avec Hartley, Gasly écope d'une pénalité de dix secondes.

 

35e: Le drapeau vert sera agité à l'issue de cette boucle. Bottas mène devant Vettel, Hamilton, Verstappen, Räikkönen, Ricciardo, Magnussen, Hülkenberg, Grosjean, Alonso, Sainz, Vandoorne, Ocon, Stroll, Pérez, Gasly, Sirotkin, Leclerc, Ericsson et Hartley.

 

36e: La compétition reprend ses droits. Ricciardo se montre pressant derrière Räikkönen. Hülkenberg déborde Magnussen. Grosjean, à la dérive avec des pneus usés, s'incline devant Alonso et Sainz. Les Force India passent devant Vandoorne.

 

37e: Grâce à leurs pneus tendres neufs, les Red Bull sont nettement plus rapides que les Mercedes et les Ferrari chaussées de gommes dures usées. Verstappen menace Hamilton tandis que Riccardo déborde Räikkönen au bout de la longue ligne droite.

 

38e: Bottas précède Vettel (1.6s.), Hamilton (2.5s.), Verstappen (3.2s.), Ricciardo (4s.), Räikkönen (5.6s.), Hülkenberg (7.7s.), Magnussen (10.4s.), Alonso (11.2s.), Sainz (11.7s.), Grosjean (14.6s.) et Ocon (15.1s.).

 

39e: Verstappen fait l'extérieur à Hamilton dans la difficile courbe n°7. L'Anglais ne laisse aucun espace au Néerlandais qui dérape vers la poussière, et n'a d'autre choix que d'emprunter le dégagement pour éviter l'accrochage. Il retrouve le circuit derrière son équipier.

 

40e: Ricciardo se place dans le sillage d'Hamilton dans la longue pleine charge. Il actionne le DRS, se laisse aspirer et s'impose par l'intérieur au freinage de l'épingle. Le champion du monde n'a rien pu faire.

 

41e: Ricciardo se lance à la poursuite du duo Bottas – Vettel. Verstappen recolle à Hamilton qui déplore un dramatique manque de rythme. Onzième, Grosjean contient difficilement les Force India d'Ocon et Pérez.

 

42e: Verstappen fait l'intérieur à Hamilton au virage n°6 et passe sans coup férir. Ricciardo recolle aux deux leaders. Grâce à l'aileron arrière mobile, il laisse Vettel sur place dans la grande accélération. Bottas est maintenant sa prochaine cible.

 

43e: Alors que Ricciardo pourchasse Bottas, Verstappen est revenu sur les talons de Vettel. Il se blottit derrière la Ferrari à l'abord de l'épingle mais est encore trop loin pour déborder. Il tente pourtant de s'infiltrer par la droite alors que Vettel a déjà entamé son virage. Il freine trop fort, bloque ses roues et touche la Ferrari avec sa roue avant-gauche. Les deux bolides se retrouvent dans le sens inverse de la marche. Tous deux repartent sans dommage, mais Hamilton et Räikkönen sont passés entretemps.

 

44e: Ricciardo roule à quelques dixièmes de Bottas. La Ferrari de Vettel est déséquilibrée suite à sa pirouette. Le quadruple champion du monde doit laisser filer Hülkenberg.

 

45e: Ricciardo se rapproche de Bottas dans la déclivité qui mène au virage n°6. Le Finlandais se déporte vers la droite pour lui barrer la route, mais l'Australien ne se démonte pas: il retarde son freinage, se faufile à l'intérieur et passe par un trou de souris ! La Mercedes et la Red Bull se sont frôlées mais, par bonheur, Bottas n'a pas cillé au moment décisif...

 

46e: Ricciardo roule dorénavant vers la victoire. Pas découragé, Verstappen revient à quelques encablures d'Hamilton qui se débat avec des pneus très abîmés. Ayant perdu tout espoir d'inscrire un point, Grosjean chausse les pneus ultra-tendres pour les dix derniers tours.

 

47e: Ricciardo est en tête devant Bottas (4.2s.), Räikkönen (6.4s.), Hamilton (9.5s.), Verstappen (10s.), Hülkenberg (15.4s.), Vettel (18s.), Magnussen (22s.), Alonso (22.3s.), Sainz (23.4s.), Ocon (27.9s.) et Pérez (28.4s.).

 

48e: Räikkönen se rapproche de Bottas. Verstappen s'impose face à Hamilton au virage n°6. Mais il reçoit une pénalité de dix secondes suite à la collision avec Vettel. Il aura donc du mal à garder cette quatrième position au classement final.

 

50e: Verstappen accélère pour perdre le moins de places possible sur tapis vert. Il réduit l'écart avec Räikkönen.

 

51e: Vettel se débat avec une Ferrari rétive et voit revenir Alonso. Hartley rentre à son garage suite à une défaillance de sa boîte de vitesses.

 

52e: A quatre tours du but, Ricciardo mène devant Bottas (5.6s.), Räikkönen (6.1s.), Verstappen (7.3s.), Hamilton (12.2s.), Hülkenberg (18.4s.), Vettel (24s.), Alonso (25.4s.), Sainz (28.3s.) et Magnussen (31.5s.). Pérez prend la onzième place à Ocon.

 

53e: Räikkönen est très proche de Bottas mais ses pneus sont trop endommagés pour qu'il puisse porter une attaque. Il parvient néanmoins à garder Verstappen à distance.

 

55e: Ricciardo s'offre le meilleur tour en course (1'35''785'''). Verstappen n'a que six secondes de marge sur Hamilton et n'est ainsi pas parvenu à le devancer au classement officiel. Alonso s'impose à Vettel. L'Allemand est maintenant la cible de Sainz.

 

56ème et dernier tour: Daniel Ricciardo remporte sa sixième victoire en F1 devant Bottas et Räikkönen. Verstappen coupe la ligne en quatrième position, mais du fait de sa pénalité sera en fait classé cinquième. C'est Hamilton qui recueille les douze points de la quatrième place. Hülkenberg se classe sixième, Alonso septième. Vettel se contente d'une piètre huitième place. Sainz et Magnussen prennent les derniers points. Ocon repasse devant Pérez dans les derniers mètres. Les deux Force India échouent aux onzième et douzième rangs. Suivent Vandoorne, Stroll, Gasly, Sirotkin, Ericsson, Grosjean et Leclerc. Du fait de sa sanction, Gasly rétrograde en 18ème position.

 

Après la course

La victoire de Daniel Ricciardo et de Red Bull est le fruit d'une opportunité offerte par la voiture de sécurité. Sebastian Vettel et Valtteri Bottas ne manquent pas de critiquer le timing de l'entrée en piste de celle-ci, qui les a empêchés de se prémunir contre la stratégie des Red Bull en chaussant eux aussi des pneus tendres. Reste qu'il fallait saisir cette chance, ce qu'a parfaitement su faire Ricciardo. « Je suis très ému », avoue l'Australien. « Durant le tour d'honneur, je souriais et je n'avais pas les mots pour exprimer ma joie. Puis, sur le podium, j'étais presque en pleurs. En conférence de presse, je repensais à la course et à l'abandon de la semaine dernière semaine, aux déceptions que ce sport peut donner mais aussi aux belles émotions qu'il peut procurer. Nous pouvons tous faire la fête ce soir. » A noter cette particularité: Riccardo n'a jusqu'ici jamais gagné un Grand Prix en partant de la première ligne !

 

Cette tactique victorieuse aurait dû avant tout bénéficier à Max Verstappen qui a devancé son équipier durant toute la première partie de la course. Sa maladresse lui a fait perdre cette occasion. « Ce n'était pas le résultat que je voulais aujourd'hui, nous avons laissé échapper une belle opportunité de double podium, » déplore le Hollandais. « J'ai essayé de doubler Hamilton à l'extérieur mais il y avait beaucoup de débris de gommes à cet endroit, et je suis sorti un peu large... Mais la course restait ouverte et j'avais encore la possibilité de finir premier ou deuxième, mais malheureusement, j'ai fait quelques erreurs. Vettel avait des difficultés avec les pneus donc je savais que j'avais mes chances. J'ai essayé de passer à l'intérieur mais j'ai bloqué les roues arrière et je l'ai percuté. » « Mad Max » reconnaît donc pour une fois sa responsabilité...

 

C'est également une course à oublier pour Sebastian Vettel qui avait déjà cédé le commandement à Bottas suite aux arrêts aux stands. Au moins l'Allemand accepte-t-il les excuses de Verstappen: « Ce ne fut pas un Grand Prix fantastique... Nous avons perdu la tête après le changement de pneus alors que nous étions assez certains de repartir devant... Puis, la voiture de sécurité est entrée au mauvais moment pour Valtteri et moi, parce que nous ne pouvions pas y réagir. Après ça, il était évident que Red Bull était plus rapide et je pense que cela ne servait à rien de trop leur résister [...] Je crois que Max a compris qu'il avait fait une erreur. Nous avons été chanceux de continuer. En tout cas, j'apprécie qu'il soit venu me voir juste après parce que c'est comme ça qu'il faut régler ces incidents, en face à face.  »

 

Enfin, chez Mercedes, c'est la soupe à la grimace. Les Flèches d'Argent courent toujours après leur premier succès en 2018. Ils occupent pourtant étrangement la tête du classement des constructeurs (85 points) avec une longueur d'avance sur Ferrari (84 pts). Mais il est certain que la W09 ne sera pas dominatrice comme ses devancières. Certes, comme l'explique Valtteri Bottas, Mercedes est passée très près du succès lors de chacune de ces trois premières manches. « C'est très serré entre Red Bull, Ferrari et nous, donc nous devons continuer à développer notre voiture », estime le Scandinave. « Frôler la victoire deux week-ends de suite, c'est la pire des sensations, et ça nous donne encore plus faim. Heureusement, il reste beaucoup de courses. » Lewis Hamilton est plus pessimiste: « Je n'avais aucun rythme en course... Nous avons perdu de la performance depuis Melbourne et peut-être encore plus ce week-end. Nous sommes la deuxième, ou troisième équipe la plus rapide actuellement. » Quant à Toto Wolff, il admet que la W09 peine à correctement exploiter ses pneumatiques. Tantôt elle les fait surchauffer, tantôt au contraire elle ne parvient pas à les faire monter en température. Mais ces défauts peuvent évidemment être corrigés et il serait bien téméraire d'enterrer les Gris pour la suite du championnat.

Tony