Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull TAG Heuer

989e Grand Prix

LXXIV Grand Prix de Belgique
Légérement nuageux
26 août 2018 - Spa-Francorchamps
44 tours x 7.004 km - 308.052 km
(Offset: 124 m)
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F1
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Le saviez-vous ?

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Carambolage au départ !

Coup d'envoi de la « folle saison »

Ricciardo chez Renault, Gasly le remplace chez Red Bull

Au soir du GP de Hongrie, le marché des transferts semblait fondé sur deux quasi-certitudes: la prolongation de Daniel Ricciardo avec Red Bull et l'arrivée d'Esteban Ocon chez Renault en 2019. Le 3 août, tout bascule avec l'annonce – surprise de la signature de Ricciardo avec le Renault F1 Team ! Il fera équipe en 2019 avec Nico Hülkenberg. Cette révélation surprend Christian Horner et Helmut Marko qui étaient persuadés que la conclusion du nouveau contrat de l'Australien n'était plus qu'une simple formalité. Lui-même leur avait donné cette assurance à Budapest. Mais visiblement, cette volte-face était préparée depuis plusieurs semaines. Ce transfert de Ricciardo est clairement une marque de défiance à l'égard de Honda, le futur motoriste du Red Bull Racing. Contrairement à ses patrons ou à son équipier Max Verstappen, « Danny Ric » n'a jamais égratigné les ingénieurs de Renault qui, en échange, lui ont toujours témoigné une grande estime. Par ailleurs, la firme française a besoin d'un « top pilote », d'un as de la discipline pour se hisser au niveau de ses rivales de demain, Mercedes et Ferrari. Carlos Ghosn a mis beaucoup d'argent sur la table pour le séduire, tout en se satisfaisant de ce pied de nez à l'adresse de Red Bull. Quant à Ricciardo, il fait un pari sur l'avenir en rejoignant une force montante de la F1, un peu à l'instar de Lewis Hamilton lorsqu'il s'est engagé avec Mercedes en 2012.

 

Ce départ libère une place chez Red Bull qui en toute logique aurait dû revenir à Carlos Sainz, parrainé par la firme au taureau et donc non retenu par Renault. Mais Horner et Marko n'ont pas été impressionnés par ses performances, et il se murmure que Verstappen aurait mis son veto à sa venue. Les relations entre les deux jeunes gens lors de leur saison de cohabitation, en 2016 chez Toro Rosso, furent en effet loin d'être idylliques. Ce bruit est démenti, et quoiqu'il en soit Sainz est en contact avancé avec McLaren. Son contrat avec Red Bull, qui expire fin septembre, ne sera pas renouvelé. Du coup, c'est Pierre Gasly qui héritera l'an prochain de la seconde Red Bull. Le jeune Normand réalise en effet une très bonne première saison complète avec Toro Rosso, et a inscrit de gros points à trois reprises (Bahreïn, Monaco, Hongrie). Surtout, il connaît déjà le moteur Honda et aidera ainsi les ingénieurs de l'écurie austro-britannique à le développer. Saura-t-il se mesurer au bouillant Verstappen ? En tout cas, les deux « gamins » se connaissent déjà pour s'être jadis affrontés en karting et entretiennent une véritable amitié.

 

Alonso quitte la Formule 1

La nouvelle la plus importante, et aussi la plus prévisible, de cet été 2018, est celle du retrait de Fernando Alonso de la F1 au terme de ce championnat. La principale raison de ce départ est bien évidemment les piètres performances de la McLaren-Renault. Mais le double champion du monde est surtout très las de la discipline reine, n'y prend plus de plaisir, et porte sur celle-ci un regard sévère mais lucide. C'est ce qu'il décrit au magazine Auto Hebdo: « Le spectacle actuellement proposé par la F1 est très pauvre. Aujourd'hui, on parle surtout de ce qui se passe en dehors des circuits. On évoque les polémiques, les messages radios négatifs... Quand il n'y a que cela dans la presse et dans les discussions, c'est mauvais signe. Cela veut dire que l'action en piste est loin d'être spectaculaire. Je pense que d'autres championnats sont susceptibles de me faire vibrer et de me rendre heureux. » Alonso estime par ailleurs que la rigidité du règlement technique fige la hiérarchie et anéantit tout suspens: « Jadis, c'était difficile de deviner qui allait s'imposer à Spa ou à Monza. Aujourd'hui, je peux vous donner le classement des 15 premiers, à une ou deux erreurs près. Vous arrivez à Barcelone pour le premier jour des essais hivernaux et vous savez comment va se dérouler la saison jusqu'à Abou Dhabi, fin novembre. Pour moi, ce n'est plus un souci, mais pour les jeunes talents, ce doit être frustrant. Soit ils espèrent que leur équipe va faire des progrès énormes d'une année sur l'autre, soit que l'une des deux écuries de pointe va les appeler. La F1 est devenue un environnement difficile pour les pilotes ambitieux. » Comment ne pas souscrire à cette analyse ?

 

On ne retracera pas ici la carrière erratique d'Alonso. On peut seulement regretter que son palmarès ne reflète pas son immense talent. Certes, il est toujours possible de refaire l'histoire: que se serait-il passé s'il ne s'était pas laissé déboussoler par le jeune Lewis Hamilton chez McLaren en 2007 ? S'il avait rejoint Red Bull en 2008 ? S'il n'avait pas quitté Ferrari pour se fourvoyer dans la galère McLaren-Honda ? Par ailleurs, il se trouve quelques pisse-vinaigres (Helmut Marko, Jody Scheckter...) pour affirmer que l'Espagnol n'a pas eu la carrière qu'il méritait à cause de son caractère autoritaire, exigent, voire capricieux, qui a braqué contre lui bon nombre de ses collaborateurs, chez McLaren et Ferrari notamment. « Difficile à vivre et pas motivant pour l'équipe car trop dans la critique », affirme un employé de Ferrari cité par le journaliste Patrick Camus. Possible. Certains de ses ex-coéquipiers comme Felipe Massa ou Giancarlo Fisichella soutiennent le contraire. Reste qu'en dépit d'une motivation fluctuante, Alonso se sera toujours donné à 200 % derrière un volant et que son départ, dans le contexte d'une F1 qui moins que jamais attire le public et surtout les jeunes générations, est un signe qui devrait faire réfléchir les responsables de ce sport. Si un champion de cette trempe abandonne la F1, c'est bien parce que la F1 s'est abandonnée elle-même...

 

Sainz vers McLaren

Le successeur d'Alonso chez McLaren sera Carlos Sainz Jr., non retenu par Renault et libéré par Red Bull. Le jeune Madrilène suit ainsi les traces de son idole de jeunesse: après Faenza et Enstone, le voici à Woking. Il est plus que probable qu'Alonso a balisé le chemin pour son poulain, via leur agent commun, Luis Garcia Abad. « C'est assez spécial d'assurer la relève espagnole chez McLaren », avoue d'ailleurs Sainz. Zak Brown souligne les qualités de sa nouvelle recrue et sa bonne connaissance du groupe propulseur Renault. Néanmoins, Sainz II n'a jusqu'ici jamais rien montré d'exceptionnel. La comparaison avec Max Verstappen chez Toro Rosso a plutôt tourné en sa défaveur et il n'est pas parvenu à prendre l'ascendant sur Nico Hülkenberg cette année chez Renault. Il a certes ratiboisé Daniil Kvyat en 2016 et 2017, mais ce dernier était passablement démotivé. Son recrutement marque ainsi la déchéance de McLaren qui, pour la première fois depuis 2008, n'alignera aucun champion du monde. Ce qui au fond est tout à fait logique pour une écurie qui n'a plus gagné de Grand Prix depuis six ans.

 

Ocon sur le marché

Le dindon de ces événements est Esteban Ocon. A Budapest, le jeune Normand était si persuadé de rejoindre Renault qu'il a repoussé un contrat en bonne et due forme présenté par McLaren. A cause du rachat de Force India par la famille Stroll, il se retrouve pour l'heure sans volant pour 2019. Mais Toto Wolff et Mercedes se démènent pour aider le jeune prodige à poursuivre sa carrière en F1. Il serait stupide que celle-ci soit brusquement interrompue. En effet, après une excellente année 2017, Ocon devance régulièrement Sergio Pérez en 2018, dans un contexte très difficile, au volant d'une voiture médiocre et peu développée. Deux destinations s'offrent désormais à lui: d'abord Williams, où pourrait le placer Mercedes en échange d'une ristourne sur la fourniture des moteurs. Ensuite McLaren qui garde pour lui un vif intérêt. Ocon pourrait remplacer à Woking le pauvre Stoffel Vandoorne qui semble avoir perdu la confiance de ses employeurs.

 

Lawrence Stroll rachète Force India - Bienvenue à Racing Point FI

Placée en redressement judiciaire fin juillet, mais forte de ses bons résultats et d'un staff technique très expérimenté, Force India n'a pas tardé à trouver un repreneur. Le 7 août, l'écurie de Silverstone annonce son rachat par le consortium Racing Point UK Limited, emmené par le magnat du prêt-à-porter et collectionneur canadien Lawrence Stroll. Celui-ci, qui jusqu'à présent avait placé ses billes et son pilote de fils chez Williams, entraîne derrière lui les financiers André Desmarais et Jonathan Dudman, les businessmen de la mode John Idol et Silas Chou, l'investisseur dans les télécoms John McCaw Jr., et l'expert financier Michael de Picciotto. Les épais portefeuilles de ces sept messieurs garantissent la pérennité de l'équipe, comme le souligne Otmar Szafnauer: « Cette décision assure l'avenir de Force India en Formule 1 et va permettre à notre équipe de compétiteurs d'exprimer pleinement ses compétences. » Ce que confirme Geoff Rowley, l'un des administrateurs provisoires: « Nous avons été impressionnés par la qualité des repreneurs. Des fonds pour soutenir la structure sont disponibles dès maintenant, et bien d'autres le seront une fois que l'entreprise sortira de l'administration judiciaire dans les semaines qui viennent. » L'ensemble des créanciers va être remboursé et les 405 salariés conserveront leur emploi.

 

Toutefois, cette reprise fait deux malheureux. Tout d'abord, Williams qui perd en Stroll son principal bailleur de fonds. L'écurie de Sir Frank vit vraiment la pire saison de son histoire, sur le plan sportif bien sûr, mais aussi sur le plan financier, car après Stroll, c'est Martini qui la quittera en fin d'année. L'autre grand perdant est, comme on l'a vu, Esteban Ocon qui va devoir en toute logique céder son baquet au fils du nouveau patron, Lance Stroll. Par ailleurs, cette vente marque l'effacement de Vijay Mallya. Le milliardaire indien, poursuivi par la justice de son pays et ne pouvant quitter le territoire du Royaume Uni, a bien failli entraîner Force India dans sa chute. Ses montages financiers acrobatiques et sa moralité douteuse n'en font certes pas une exception (hélas !) dans l'histoire de la F1. Mais sachons reconnaître qu'il a su exploiter le potentiel du moribond ex-team Jordan pour en faire le meilleur des constructeurs privés, ce qui n'est pas un mince exploit dans une discipline onéreuse et ultrasophistiquée.

 

La participation des Roses au GP de Belgique est toutefois en suspens durant quelques jours car le consortium de Stroll a racheté les actifs de Force India, mais pas son nom ni l'entité juridique associée (signataire des Accords Concorde) qui aligne les monoplaces en course. Cette manœuvre a sans doute pour but d'éviter à la nouvelle structure de payer les dettes trop importantes réclamées par des banques indiennes. Stroll discute de la situation avec Jean Todt et Chase Carey, et un accord est finalement trouvé le jeudi 23 août: Sahara Force India est exclue du championnat du monde, perd tous ses points, et cède la place à une nouvelle écurie baptisée Racing Point Force India. Par ailleurs, Robert Fernley est évincé et cède ses fonctions de team principal à son lieutenant Otmar Szafnauer. Enfin, la nouvelle structure conserve les primes de feue Force India après que toutes les écuries ont approuvé cette concession, non sans réticence de la part de Williams et de McLaren.

 

Présentation de l'épreuve

Après une pause de cinq semaines, la Formule 1 fait comme chaque année sa rentrée à Spa-Francorchamps, avant de se rendre une semaine plus tard à Monza. Ces deux circuits, très exigeants pour les moteurs, pourraient marquer le tournant de la saison 2018. A priori, Ferrari part favorite car son groupe propulseur semble dorénavant un peu plus puissant que celui de Mercedes. Cela reste à confirmer. En tout cas, les deux firmes apportent chacune une nouvelle évolution dans les Ardennes. Bottas remplace plusieurs éléments sur son groupe propulseur (batterie, turbo etc.) et partira en fond de grille. Renault repousse l'apparition de la « version C » de son V6, mais change tout de même de nombreux éléments sur l'unité de puissance d'Hülkenberg, qui sera lui aussi pénalisé. Par ailleurs, la Renault R.S.18 est dotée d'un nouveau fond plat. Le constructeur français veut conforter sa quatrième place au classement des constructeurs, convoitée par Haas-Ferrari, mais admet également qu'il concentre ses efforts sur la préparation du châssis et du moteur 2019.

 

On sait que cette année Red Bull ne tire pas le meilleur parti du V6 Renault car elle utilise de l'essence ExxonMobil, alors que ce moteur est conçu pour tourner avec des produits BP. Cela entraîne des retards dans l'arrivée des nouveautés. Cependant, la RB13 reçoit à Spa une nouvelle essence développée par Esso et qui devrait permettre un gain de quinze centièmes au tour. Un progrès qui ne convainc pas Max Verstappen: « Il nous faut un peu plus qu'un nouveau carburant pour battre Mercedes et Ferrari. Contrairement à ce qu'affirme Renault, notre déficit s'élève à bien plus de quarante chevaux... »

 

Prenant son parti du retrait d'Alonso, McLaren prépare l'avenir dès Spa: son protégé Lando Norris remplace l'Espagnol lors de la séance libre du vendredi matin. Il se murmure que le très jeune Anglais (18 ans...) ne sera titularisé en 2019 que s'il triomphe cette année en F2. Il est actuellement second de championnat, à douze points de son compatriote et rival George Russell.

 

Pendant ce temps-là, Alonso croise le fer avec les responsables de Red Bull qui, lors de l'annonce de son départ, lui ont tressé des lauriers semés d'épines. Christian Horner le qualifie ainsi de « pilote exceptionnel mais pas fédérateur, faiseur d'histoires partout où il est passé. » Helmut Marko n'est pas plus aimable: « Alonso était sur notre liste de recrutement en 2007 ou 2008. Mais ses demandes étaient déjà énormes à l'époque. Quand vous voyez son historique chez McLaren et Ferrari, il a toujours fait son one-man show. Il n'a pas sa place chez nous. » Furieux, l'Asturien exige des excuses et révèle que Red Bull n'a jamais cessé de l'approcher... y compris cette année. « Oui, j'ai eu des offres de Red Bull », révèle-t-il au micro de Sky Sports. « En fait, j'en ai eu en 2007, 2009, 2011, 2013 et deux cette année : une à Monaco et une en août. Les propos de Horner et Marko sont surprenants. Premièrement, ils n'ont jamais travaillé avec moi, et deuxièmement ils m'ont couru après à cinq ou six occasions ces dernières années. C'est étrange, injuste pour moi ! » Horner dément ces assertions. Il affirme ne pas avoir offert de contrat avec Alonso depuis 2007, et que c'est Flavio Briatore, l'agent de l'Espagnol, qui a pris contact avec lui cette année, sans aucun succès. Cela fait au moins une énigme supplémentaire à démêler aux gazetiers et aux historiens...

 

Essais et qualifications

Les essais libres du vendredi sont dominés par les Ferrari: Vettel signe le meilleur chrono le matin, Räikkönen l'après-midi. Samedi matin, les Rouges sont une nouvelle fois les plus rapides.

 

Mais, comme à Budapest, la pluie vient au secours des Flèches d'Argent. Une drache s'abat en effet sur Francorchamps entre la seconde et la troisième manche des qualifications. La piste est surtout détrempée dans le premier secteur mais, après une première tentative en slicks, les pilotes chaussent les pneus intermédiaires. La météo, très changeante, s'améliore dans les derniers instants de la séance. Et Hamilton signe la pole position avec sept dixièmes d'avance sur Vettel ! Il devient le premier pilote à réaliser cinq positions de pointe sur cette piste. Bottas, parvenu en Q3, exécute un tête-à-queue et ne repart pas. Il s'élancera 17ème suite à ses pénalités. Räikkönen (6ème) a signé les meilleurs temps en Q1 et en Q2 mais n'embarque pas assez d'essence pour poursuivre son effort en Q3 ! Son équipe tablait sur un redoublement d'averse qui n'est pas survenu... Red Bull commet la même erreur stratégique. Verstappen (7ème) et Ricciardo (8ème) se retrouvent en quatrième ligne. Les « Racing Point Force India» se mettent en vedette: Ocon (3ème) et Pérez (4ème), excellents sur piste grasse, monopolisent la seconde ligne. Grosjean hisse sa Haas au cinquième rang. Son collègue Magnussen (9ème) n'améliore pas à la fin de la Q3 car ses gommes sont trop usées.

 

Belles performances des Toro Rosso-Honda (Gasly 10ème, Hartley 11ème) sur ce tracé éprouvant pour les moteurs. Les Sauber (Leclerc 12ème, Ericsson 13ème) sont affectées par quelques soucis techniques, notamment au niveau des freins. Les Renault ne sont pas du tout dans le coup. Hülkenberg jette très tôt l'éponge puisqu'il partira 18ème à cause des pénalités. Sainz se plaint de survirage, sort dès la Q1 puis remplace également son groupe propulseur, d'où sa 19ème place. Les deux McLaren sont éliminées à l'issue de la première session qualificative. Alonso (15ème) veut croire aux points. Vandoorne vit un calvaire: accablé de pannes vendredi, il sort de la route samedi matin suite à une mésentente avec Bottas, puis signe le dernier chrono des qualifications. Il change de moteur dimanche matin et s'élancera lanterne rouge... Enfin, les Williams-Mercedes (Sirotkin 15ème, Stroll 16ème) sont toujours aussi lentes.

 

Le Grand Prix

Ce dimanche d'août est frais (17°C), ce qui pourrait aider les Mercedes qui brutalisent moins leurs gommes que les Ferrari par ces basses températures. Les dix premiers s'élancent munis de pneus super-tendres, les autres de tendres, sauf Sainz qui sélectionne les médiums. Comme chaque année depuis 2016, les supporteurs néerlandais de Max Verstappen investissent le circuit ardennais. La tribune jouxtant la ligne droite de Kemmel leur est spécialement dédiée, et leurs vivats couvrent presque le bruit des voitures à chaque passage de leur jeune héros.

 

Départ: Hamilton démarre bien et conserve l'ascendant sur Vettel qui se décale en vain vers la droite. Suivent Ocon et Pérez. En queue de peloton, Hülkenberg rate complètement son freinage et harponne Alonso qui se met à l'équerre et percute Leclerc. L'arrière de la Sauber fait tremplin pour la McLaren qui s'envole par-dessus le cockpit du pilote monégasque, heurtant son halo au passage. L'Espagnol atterrit dans l'échappatoire. Dans son envolée, il détruit l'aileron arrière de Ricciardo. Surpris, l'Australien tape Räikkönen par l'arrière à la sortie de la Source. Enfin, plus en amont, Bottas endommage son aileron avant contre la Williams de Sirotkin.

 

1er tour: Vettel prend l'aspiration d'Hamilton dans la ligne droite de Kemmel et le déborde par l'intérieur. Mais les Force India sont là aussi ! Pérez se décale à gauche, Ocon à droite. Quatre voitures arrivent de front aux Combes. Il ne manque que quelques à Ocon pour faire l'intérieur à Vettel et Hamilton. Il doit freiner tôt... et se fait doubler par Pérez. La bagarre s'arrête là car la voiture de sécurité entre en piste. Alonso, Leclerc et Hülkenberg quittent sans dommages leurs habitacles.

 

2e: Räikkönen souffre d'une crevaison à l'arrière-droit et fait halte aux stands. Ricciardo arrive à son garage sans aileron arrière. L'équipe Red Bull tente malgré tout une réparation. Vandoorne chausse les pneus médiums.

 

3e: Les coureurs évoluent derrière la voiture de sécurité. Vettel précède Hamilton, Pérez, Ocon, Verstappen, Grosjean, Magnussen, Gasly, Ericsson, Sirotkin, Stroll, Hartley, Sainz, Räikkönen et Vandoorne. Bottas rejoint les stands pour remplacer son museau et chausser des pneus super-tendres. Ricciardo ressort des stands avec un aileron arrière tout neuf, mais aussi deux boucles de retard

 

4e: La pace-car s'efface en fin de tour. La course est relancée. Hamilton tente sans succès de surprendre Vettel au freinage de l'Arrêt de Bus.

 

5e: Vettel prend une seconde de marge sur Hamilton. Sirotkin dépasse Ericsson. Bottas commence sa remontée et double Vandoorne puis Räikkönen.

 

6e: Verstappen se lance aux trousses des Force India de Pérez et Ocon.

 

7e: L'usage de l'aileron arrière mobile est autorisé. Vettel compte déjà deux secondes et demie d'avance sur Hamilton. Verstappen prend l'aspiration d'Ocon dans Kemmel. Il fait mine de se déporter vers la gauche, avant de plonger à droite, et surprend ainsi le jeune Français. Ericsson repasse devant Sirotkin. Bottas réalise un très beau dépassement sur Hartley, par l'extérieur dans l'Eau Rouge.

 

8e: Räikkönen regagne son stand: son train arrière a été endommagé lors du choc avec Ricciardo et le mécanisme de l'aileron mobile ne fonctionne plus. Il redémarre néanmoins après quelques secondes d'arrêt.

 

9e: Vettel devance Hamilton (2.8s.), Pérez (11.8s.), Verstappen (12.4s.), Ocon (16.2s.), Grosjean (18.2s.), Magnussen (21.3s.), Gasly (22.5s.), Ericsson (23.5s.) et Sirotkin (25.3s.). Bottas déborde Sainz. Räikkönen regagne pour de bon son garage.

 

10e: Verstappen actionne son DRS et laisse Pérez sur place dans l'accélération de Kemmel.

 

11e: Trois secondes et demie séparent Vettel et Hamilton. Bottas prend la onzième place à Stroll.

 

12e: Bottas passe devant Sirotkin et entre dans les points. Ricciardo suit les traces du Finlandais mais il évolue à deux tours...

 

14e: L'intervalle se stabilise entre Vettel et Hamilton. Verstappen s'échappe aisément devant Pérez et Ocon, mais n'a aucun moyen de rejoindre les deux leaders. Commence pour lui une ronde en solitaire.

 

15e: Vettel est premier devant Hamilton (3.7s.), Verstappen (15.8s.), Pérez (24.7s.), Ocon (28.7s.), Grosjean (32.5s.), Magnussen (35.7s.), Gasly (38s.), Ericsson (39.6s.) et Bottas (41.1s.).

 

16e: Hamilton améliore le record du tour (1'48''208''') et reprend quelques dixièmes au leader.

 

17e: Bottas prend avec aisance le meilleur sur Ericsson et pointe maintenant au neuvième rang.

 

18e: Bottas dépasse Gasly et grappille une position supplémentaire.

 

19e: Les gommes de Vettel et d'Hamilton sont encore en bon état, bien que la mi-course approche. L'écart entre eux se chiffre à trois secondes et deux dixièmes. Bottas menace Magnussen.

 

20e: Vettel roule devant Hamilton (3.2s.), Verstappen (17.7s.), Pérez (32.5s.), Ocon (37.4.), Grosjean (42.7s.), Magnussen (46.2s.), Bottas (46.4s.), Gasly (47.4s.), Ericsson (52.6s.), Sirotkin (54s.) et Stroll (1m. 01s.).

 

22e: Hamilton effectue un arrêt-éclair au cours duquel il chausse les pneus tendres. L'Anglais reprend la piste en troisième position. Bottas se défait de Magnussen.

 

23e: Vettel fait halte chez Ferrari et chausse très rapidement les gommes tendres (2.2s.). Il repart quelques dizaines de mètres devant Verstappen et Hamilton. L'Anglais déborde le Hollandais dans Kemmel. Sainz passe en gommes super-tendres, à l'instar de tous les pilotes partis au-delà de la dixième place.

 

24e: Vettel s'échappe de nouveau devant Hamilton et le repousse à deux secondes. Grosjean et Stroll remplacent leurs enveloppes.

 

25e: Vettel boucle son meilleur chrono du jour: 1'46''644'''. Ocon s'empare de gommes tendres, Sirotkin de super-tendres.

 

26e: Pérez observe un arrêt un peu longuet, mais il parvient à redémarrer devant son équipier Ocon. Changement de pneus également pour Gasly.

 

27e: Vettel devance Hamilton de quatre secondes. Verstappen chausse des Pirelli jaunes (2.5s.) et demeure troisième. Magnussen et Ericsson se ravitaillent aussi en gommes. Le Suédois repart devant Hartley qui le dépasse dans la ligne droite menant aux Combes.

 

28e: Jolie bagarre entre Hartley et Ericsson pour le gain de la dixième place. Le Scandinave dépasse le Néo-Zélandais à la Source, mais ce dernier prend sa revanche dans Kemmel grâce au DRS. Arrêt pneus de Vandoorne qui est bon dernier s'il on oublie Ricciardo...

 

29e: Bottas pénètre en trombe dans la pit-lane et évite de peu de taper le muret... Il s'empare de pneus tendres usagers et reprend la piste en sixième position, derrière les deux Force India. Ericsson vient finalement à bout d'Hartley.

 

30e: Vettel est en tête devant Hamilton (5s.), Verstappen (29.6s.), Pérez (54.5s.), Ocon (1m. 01s.), Bottas (1m. 03s.), Grosjean (1m. 06s.), Magnussen (1m. 16s.), Gasly (1m. 20s.) et Ericsson (1m. 28s.).

 

31e: N'ayant plus rien à espérer de cette course, Ricciardo choisit de renoncer pour économiser du kilométrage. Hartley change de pneus.

 

32e: Lancé aux trousses d'Ocon, Bottas le « dépose » sans difficulté dans Kemmel. L'aileron arrière mobile anéantit ici toute résistance... Le Finlandais achève ensuite le meilleur tour de la course (1'46''286'''). Sainz prend la onzième position à Sirotkin.

 

33e: Tout va bien pour Vettel qui maintient Hamilton à cinq secondes. Six secondes séparent Bottas de Pérez.

 

35e: Vettel précède Hamilton (5.1s.), Verstappen (30s.), Pérez (1m.), Bottas (1m. 03s.), Ocon (1m. 09s.), Grosjean (1m. 14s.), Magnussen (1m. 21s.), Gasly (1m. 30s.), Ericsson (1m. 38s.) et Sainz (1m. 46s.).

 

37e: Bottas fait la jonction avec Pérez. Il est toutefois sous enquête des commissaires sportifs suite à sa collision avec Sirotkin au départ.

 

38e: Vettel possède maintenant un avantage de sept secondes sur Hamilton qui préserve sa seconde place. Troisième, Verstappen est complètement isolé et avoue s'ennuyer dans sa radio !

 

39e: Bottas est maintenant dans la boîte de Pérez, paré à porter l'estocade.

 

40e: Bottas fait l'extérieur à Pérez avant le virage des Combes et conquiert ainsi la quatrième place.

 

41e: Vettel est premier devant Hamilton (8.7s.), Verstappen (32.4s.), Bottas (1m. 05s.), Pérez (1m. 09s.), Ocon (1m. 18s.), Grosjean (1m. 23s.), Magnussen (1m. 27s.), Gasly (1m. 32s.) et Ericsson (-1t.).

 

43e: A deux tours du but, Vettel compte dix secondes d'avance sur Hamilton et roule vers une victoire certaine.

 

44ème et dernier tour: Sebastian Vettel remporte ce soporifique GP de Belgique devant Hamilton et Verstappen. Bottas se classe quatrième. Il reçoit une pénalité de cinq secondes pour avoir percuté Sirotkin au démarrage, mais cela ne changera pas sa position. Les valeureux Pérez et Ocon amènent leurs Force India aux cinquième et sixième rangs. Suivent les deux Haas de Grosjean et Magnussen. Neuvième, Gasly rapporte deux points supplémentaires à Toro Rosso-Honda. La dixième place revient à Ericsson. Sainz, Sirotkin, Stroll, Hartley et Vandoorne finissent aussi cette épreuve.

 

Le podium est occulté par un rideau de fumigènes orange tirés par les supporteurs néerlandais, ravis de la troisième place de Max Verstappen, galvanisé tout au long du week-end par cette présence chaleureuse. Vivement le retour du Grand Prix des Pays-Bas...

 

Après la course

Tout au long du week-end, les Ferrari ont démontré leur supériorité sur ce circuit où prime la puissance des moteurs. Sebastian Vettel a livré une copie sans faute. « Nous avons eu une excellente course, la voiture s'avère robuste sur toutes les pistes maintenant et ce week-end nous avions un peu plus de puissance avec le nouveau moteur, cela nous a aidés en ligne droite, » explique l'Allemand. « Au départ, j'ai essayé de rester proche de Lewis, de bien sortir du premier virage et ensuite j'ai profité de l'aspiration pour le doubler. Quand la voiture de sécurité s'est effacée, c'était tout simplement l'inverse. Le premier relais a été très disputé, nous n'étions séparés que par quelques secondes, mais ensuite les mecs ont fait un arrêt fantastique. Nos rivaux n'avaient plus aucune chance. Le deuxième relais a été une question de gestion. » Dans huit jours, Ferrari abordera donc avec confiance son Grand Prix d'Italie sur l'ultra-rapide circuit de Monza.

 

Lewis Hamilton reconnaît son impuissance: « Après le premier virage, la Ferrari était trop rapide pour nous », admet-il, désabusé. Néanmoins, il conserve la première place du championnat du monde, avec 231 points contre 214 à Vettel. En revanche, du fait de l'abandon de Räikkönen, Mercedes accroît son avance sur Ferrari chez les constructeurs (375 points contre 360 points).

 

Très sévèrement critiqué pour avoir provoqué le carambolage du départ, Nico Hülkenberg récolte une pénalité de dix places sur la grille pour le GP d'Italie et perd trois points sur son « permis ». L'Allemand plaide coupable: « Les roues avant se sont bloquées et j'ai glissé dès que j'ai appuyé sur la pédale de frein. Ces voitures sont très sensibles aérodynamiquement, notamment quand celles situées devant se regroupent. Cela fait perdre beaucoup d'adhérence et de charge. Je dois reconnaître que j'ai été surpris aujourd'hui. J'ai probablement commis une erreur d'appréciation en freinant un peu tard. » Certains réclamaient une punition plus sévère à son encontre, car au fond ce carambolage aurait pu avoir de graves conséquences, mais Hülkenberg est d'ordinaire un pilote propre, très correct, et ne mérite pas l'opprobre pour une de ses rares erreurs grossières.

 

Toujours en ce qui concerne le carnage de la Source, beaucoup estiment que le très décrié « halo » a enfin prouvé son efficacité puisqu'il a été heurté par la McLaren folle de Fernando Alonso, laquelle aurait pu s'écraser sur la tête de Charles Leclerc. Cependant, la zone couverte par le halo s'étend sur une périphérie assez large autour du baquet. Un contact avec celui-ci n'induit pas forcément que le pilote aurait pu être touché. Prudent, Charlie Whiting diligente une enquête pour déterminer le rôle exact joué par l'arceau dans cet incident.

Tony