Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Kimi RAIKKONEN
 K.RAIKKONEN
Ferrari

987e Grand Prix

LXXVII Grosser Preis von Deutschland
Variable
22 juillet 2018 - Hockenheim
67 tours x 4.574 km - 306.458 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Alors qu'il avait course gagnée, Sebastian Vettel part à la faute dans le Stadium.

Mercedes confirme Hamilton et Bottas

Après une attente de plus d'un an, Mercedes officialise enfin, le jeudi 19 juillet, la prolongation du contrat de Lewis Hamilton jusqu'à fin 2020. Le quadruple champion du monde, âgé de 33 ans, devrait donc en toute logique achever sa carrière chez les Gris. Il refuse en revanche de s'engager pour la saison 2021 car il attend d'apprécier les changements techniques annoncés pour cette saison. « Il s'agit d'une décision stratégique » explique-t-il. « Je voulais personnellement prolonger de deux années. Nous parlions de trois ans, mais la F1 est dans une phase de mutation. Nous ne connaissons pas encore tous les changements qui auront lieu à partir de 2021. Et je suis curieux de voir ce que cela va donner. Donc cela ne faisait pas sens pour moi de faire un saut dans l'inconnu. » Par ailleurs, Hamilton révèle qu'une autre écurie de pointe l'a approché pour la saison 2019, mais refuse de préciser s'il s'agit de Ferrari ou de Red Bull. De toute façon, ces démarches avaient peu de chances d'aboutir, car l'Anglais est très gourmand: son salaire devrait atteindre l'an prochain 52 millions d'euros, sans compter les bonus !

 

Dans le même temps, la marque à l'étoile confirme que Valtteri Bottas sera bien le coéquipier d'Hamilton en 2019. Le Finlandais de 29 ans aura un contrat d'une saison agrémenté d'une année supplémentaire en option. Son salaire est estimé à 10 millions d'euros. Selon ses dires, il a négocié lui-même ce nouvel accord, se contentent de prendre l'avis de son agent Didier Coton. S'il semble désormais acquis que Bottas ne sera jamais un rival sérieux pour Hamilton, comme pouvait l'être Nico Rosberg, il n'en est pas moins un appui précieux pour le Britannique et pour son équipe. Sa régularité est en effet exemplaire: depuis son arrivée à Brackley, il est monté dix-sept fois sur le podium en trente Grands Prix. Mercedes n'a donc aucun intérêt à se défaire d'un élément aussi solide. « L'équipe m'a choisi et personne d'autre. Cela signifie beaucoup pour moi » confie Bottas, faraud. « Tout le monde veut être dans ce baquet... c'est le plus convoité dans le paddock ! Je suis vraiment fier de faire partie de cette équipe. »

 

Mercedes prépare aussi une vaste restructuration de son département technique. En effet, Aldo Costa, directeur de l'ingénierie, âgé de 57 ans, va prendre du recul à l'issue de cette saison, se cantonnant au rôle de conseiller technique. John Owen, le designer en chef, sera promu à la tête du département châssis, sous la houlette du directeur technique James Allison. Enfin, Mike Ellis, le responsable de la performance, prendra une année sabbatique et cédera sa place au Français Loïc Serra. Le renouvellement des ingénieurs est donc en marche, comme le souligne Toto Wolff: « Nous avons dit à de nombreuses reprises par le passé qu'une organisation, même si elle était couronnée de succès, ne pouvait rester inerte. Il s'agit d'une structure dynamique. Et je suis fier de dire que nous pouvons passer le relais sans aucun problème à la génération suivante de leaders au sein de notre équipe. »

 

Le point sur les transferts

Il semble presque certain que Charles Leclerc remplacera Kimi Räikkönen chez Ferrari à partir de la saison prochaine. Mais la rumeur court que l'équipe italienne n'attendra pas 2019 pour placer le Monégasque dans une de ses machines. Il se dit en effet qu'il pourrait faire équipe avec Sebastian Vettel dès le GP de Belgique, fin août, tandis que Räikkönen ferait le chemin inverse et irait achever sa carrière dans sa première écurie, Sauber ! Une hypothèse que n'exclut pas Frédéric Vasseur, le patron du team suisse. Cependant, le successeur le plus probable de Leclerc est l'Italien Antonio Giovinazzi, protégé de Ferrari, et qui fait d'ailleurs sa réapparition ce week-end en tant que troisième pilote. Il remplace Marcus Ericsson lors de la séance libre du vendredi matin.

 

D'autres bruits envoient Lance Stroll chez Force India. Le jeune Canadien apporterait avec lui la fortune de son père, ce qui permettrait peut-être de sauver l'écurie de Silverstone. Il remplacerait Esteban Ocon que certains placent chez Renault. Le jeune Français suppléerait Carlos Sainz Jr., qui n'est que prêté par Red Bull à l'écurie française, et pourrait retourner chez Toro Rosso.

 

Fiat - Ferrari: départ de S. Marchionne

Depuis quelques jours, des rumeurs alarmantes bruissent autour de la santé de Sergio Marchionne, le directeur général de Fiat-Chrysler et président de Ferrari, qui n'est plus apparu en public depuis longtemps. Officiellement, il se remettrait avec peine d'une opération de l'épaule. Mais certains affirment qu'il est plongé dans le coma suite à de graves problèmes respiratoires. Samedi 21 juillet 2018, son état se dégrade brusquement, et la famille Agnelli annonce qu'il abandonne toutes ses fonctions avec effet immédiat. Mike Manley, jusqu'ici patron de Jeep, le remplace à la tête du groupe Fiat. En ce qui concerne Ferrari, John Elkann, le petit-fils de Gianni Agnelli, est nommé président, et Louis Carey Camilleri, ancien dirigeant de Philip Morris, devient directeur général.

 

Marchionne, âgé de 66 ans, laisse derrière lui un héritage important. La presse lui sait gré d'avoir sauvé le groupe Fiat et de l'avoir relancé grâce à l'alliance avec Chrysler conclue en 2009. Pour ce qui est de la F1, Marchionne a pris le pouvoir chez Ferrari en 2014 en évinçant Luca di Montezemolo. Avec Maurizio Arrivabene, il est parvenu à restructurer une Scuderia en pleine crise et à la ramener vers les sommets de la discipline. A ce stade de la saison 2018, Sebastian Vettel et Ferrari sont ainsi en mesure de remporter les deux titres mondiaux. Enfin, Marchionne a aussi permis à Alfa Romeo de réapparaître en F1, via un partenariat avec Sauber, même s'il ne s'agit jusqu'ici que de « naming ». Son départ devrait influer sur l'avenir de la F1, puisqu'il se chargeait personnellement des négociations avec Chase Carey et Jean Todt autour des budgets limités.

 

Auf wiedersehen Deutschland !

Le Grand Prix d'Allemagne revient au calendrier, mais pour cette saison seulement. En effet, le circuit d'Hockenheim et Liberty Media n'ont pas trouvé d'accord pour organiser l'épreuve l'année prochaine. Sean Bratches demandait 23 millions d'euros à Georg Seiler, le gérant de l'Hockenheimring, somme qu'il n'a pu réunir. Le land de Bade-Wurtemberg a en effet décidé de couper le robinet à subventions, comme celui de Rhénanie-Palatinat l'avait fait en 2013 pour le Nürburgring. Les promoteurs préfèrent donc annuler l'événement plutôt que de perdre de l'argent, comme le souligne Seiler: « Jusqu'à présent, en comptant sur nos propres forces, nous nous en sommes tirés avec un léger déficit ou un résultat juste à l'équilibre. Mais en fin de compte, cela reste un risque que nous ne pouvons plus assumer seuls et nous ne le ferons pas à l'avenir. » Jadis, en pareille situation, Bernie Ecclestone accordait d'importants rabais, mais ses successeurs américains ne font pas dans le sentiment. Comme le Nürburgring n'est pas en mesure d'assurer l'alternance, exit donc le GP d'Allemagne à l'horizon 2019.

Du reste, si l'Allemagne domine la F1, l'engouement populaire n'est plus celui de l'époque de Michael Schumacher. Les succès de Mercedes n'intéressent que les salariés de la firme. Malgré un palmarès impressionnant, Sebastian Vettel n'a jamais fait oublier « Schumi ». Son style de pilotage, impeccable mais peu spectaculaire, ses réactions parfois puériles devant l'échec, la discrétion de son mode de vie, son allergie aux réseaux sociaux, ne suscitent guère l'empathie. Nico Hülkenberg, l'autre Allemand du paddock, est doué, aimable, mais sans charisme. Qui pis est, la relève se fait attendre. Mercedes a mis au placard Pascal Wehrlein qui tue le temps en DTM. Et Mick Schumacher ne semble décidément pas avoir le talent de son père...

 

Résultat: les Allemands ne s'intéressent plus à la F1. Les audiences télévisées ont été divisées par deux depuis 2003. Ce sport est devenu si peu rentable que la chaîne payante Sky Deutschland a abandonné ses droits au profit de la chaîne publique RTL. Par ailleurs, la classe politique s'est toute entière convertie à l'écologie et voit le sport auto d'un mauvais œil. Elle ne lèvera pas le petit doigt pour sauver le Grand Prix. « C'est sans doute la dernière fois avant longtemps qu'on vient ici, ce qui est dommage car c'est un des grands classiques de la F1 », regrette Vettel. Au moins, le GP d'Allemagne finira sur un succès populaire puisque les 70 000 billets mis en vente pour le week-end ont été vendus, tandis que 15 000 Néerlandais viennent encourager leur idole Max Verstappen.

 

Présentation de l'épreuve

Sebastian Vettel aura donc ce week-end une dernière possibilité de remporter une seconde fois Grand Prix national. Il n'est en effet monté qu'une seule fois sur la plus haute marche du podium dans son pays, en 2013 sur le Nürburgring. Mais Lewis Hamilton entend rendre la monnaie de sa pièce à son rival qui s'est imposé en terre britannique deux semaines plus tôt. A cette querelle de prestige s'ajoute bien sûr la compétition pour le titre mondial, toujours très serrée entre le pilote Ferrari, leader du championnat avec 171 points, et le pilote Mercedes, son poursuivant immédiat (163 pts).

 

Le futur règlement prend forme peu à peu. Courant juillet, on apprend ainsi qu'à compter de 2021 les F1 seront équipées de pneumatiques de 18 pouces et que les couvertures chauffantes seront enfin bannies. Par ailleurs, la FIA souhaite simplifier la dénomination des types de gommes proposées au cours d'un week-end et offrir des stratégies plus larges aux pilotes. Le prochain contrat de fourniture pneumatique s'étendra sur les saisons 2020 à 2023. Un appel d'offre est lancé en conséquence, et tout manufacturier qui souhaite se porter candidat doit déposer son dossier avant le 31 août 2018.

 

Pour la première fois, Mercedes reconnaît que Ferrari bénéficie du meilleur moteur du plateau et permet aux voitures rouges de gagner pas moins de cinq dixièmes en ligne droite ! Certains se demandent encore comment Maranello a pu à ce point optimiser les performances de son V6 mais Toto Wolff refuse d'évoquer la tricherie et salue la qualité du travail accompli par son adversaire. Ouf...

 

Ferrari teste un système d'échappement inédit sur la voiture de Vettel: les deux échappements du wastegate du turbo débouchent au-dessus du conduit principal. Dans le même temps, les SF71H sont dotées d'un aileron arrière remanié, avec un bord d'attaque recourbé sur le plan principal. Ces deux modifications combinées ont pour but d'apporter davantage de souffle sur le train arrière. Ainsi, de nouveau les écuries s'engouffrent dans les failles du règlement pour exploiter les gaz d'échappement dans un souci aérodynamique. Renault lance pour sa part un tout nouvel aileron avant. Très complexe, cette pièce améliore le flux d'air et la stabilité de la R.S.18.

 

En Grande-Bretagne, Williams a connu un week-end désastreux à cause d'un grave problème de fond plat. Ici, l'écurie de Grove apporte un nouveau package aérodynamique censé améliorer l'équilibre de la très rétive FW41. Un aileron avant inédit fait son apparition. « Cela ne nous apportera pas plus de performance sur le papier », explique Sergey Sirotkin. « Ce que nous attendons vraiment de toutes ces pièces, au final, c'est qu'elles nous donnent une plate-forme stable. Il faut avant tout stabiliser le flux d'air Ainsi, nous aurons plus confiance derrière le volant. »

 

Ricciardo sera pénalisé ce week-end puisque Red Bull greffe sur sa machine ses troisièmes récupérateurs d'énergie cinétique, batteries et systèmes électroniques de la saison, alors que ces éléments sont limités à deux. L'Australien accumule ainsi vingt places de sanction et sera donc renvoyé en fond de grille.

 

Essais et qualifications

Vendredi, lors des deux séances d'essais libres, les Red Bull de Ricciardo et de Verstappen se succèdent en haut de la feuille des temps, mais avec une très faible avance sur les Mercedes. Les Ferrari sont rapides bien que victimes de « bullage ». Samedi matin, la pluie s'invite sur Hockenheim. Les pilotes roulent très peu, ce qui laisse les premières places aux Sauber de Leclerc et Ericsson.

 

L'après-midi, Vettel réalise une très belle pole position à domicile en 1'11''212''', ce qui est trois secondes de mieux que la pole réalisée par Rosberg en 2016. Son équipier Räikkönen s'élancera troisième. Bottas place sa Mercedes au deuxième rang, à deux dixièmes de la pole. Catastrophe pour Hamilton, éliminé dès la fin de la Q1 par une panne hydraulique affectant sa direction assistée. Le champion du monde n'est que quatorzième sur la grille. Chez Red Bull, Verstappen (4ème) concède plus d'une demi-seconde à Vettel. Ricciardo (20ème) n'a pas été au-delà de la deuxième manche pour se concentrer sur la course. Il aura au moins l'avantage de pouvoir partir avec les pneus de son choix. Les Haas-Ferrari (Magnussen 5ème, Grosjean 6ème) monopolisent la troisième ligne et visent de gros points.

 

Les Renault (Hülkenberg 7ème, Sainz 8ème) connaissent des essais sans histoires et devraient se battre contre les Haas. Il faudra également surveiller les Sauber-Ferrari: Leclerc (9ème) atteint encore une fois la Q3, et Ericsson (13ème) aurait pu en faire autant sans un tête-à-queue. Pérez (10ème) place sa Force India en bonne position et prend l'ascendant sur Ocon (15ème), sorti en Q1 et qui a peu roulé puisqu'il a dû laisser son baquet vendredi matin à l'essayeur Latifi. Alonso (11ème) entend amener sa McLaren-Renault dans les points. Vandoorne (19ème) est comme à Silverstone complètement déboussolé. Il évoque des problèmes de boîte, mais en fait ne parvient pas du tout à régler son bolide. Il n'évite la dernière place que grâce aux pénalités de Ricciardo. La Williams-Mercedes semble en progrès. Sirotkin (12ème) en tire un bon parti, alors que Stroll (18ème) cafouille encore dans sa mise au point. Malgré quelques nouveautés techniques, les Toro Rosso-Honda (Gasly 16ème, Hartley 17ème) sont ici inefficaces.

 

Le Grand Prix

Le ciel est très chargé en ce dimanche après-midi et des averses sont annoncées pour la fin de la course. Les stratégies sont diverses. Les dix premiers de la grille, plus Ocon, partent en pneus ultra-tendres. Hamilton, Ericsson, les pilotes Williams, McLaren et Toro Rosso sélectionnent les gommes tendres. Ricciardo prend lui les médiums pour un long premier relais.

 

Départ: Vettel prend un bon envol et louvoie pour contenir Bottas. Suivent Räikkönen, Verstappen, Magnussen, Grosjean et Hülkenberg.

 

1er tour: Hülkenberg dépasse Grosjean au virage n°2. Räikkönen repousse deux attaques de Verstappen, dans la Parabolika et après la grande épingle, la Spitzkehre. Vettel mène devant Bottas, Räikkönen, Verstappen, Magnussen, Hülkenberg, Grosjean, Pérez, Sainz et Leclerc. Hamilton est treizième après avoir dépassé Sirotkin.

 

2e: Une seconde et demie sépare Vettel et Bottas. Hamilton se défait d'Ocon

 

3e: Vettel s'échappe peu à peu devant Bottas et Räikkönen. Hamilton double Alonso. Ricciardo, dix-huitième, laisse derrière lui Vandoorne et Gasly.

 

4e: Hamilton efface Leclerc à l'épingle.

 

5e: Vettel précède Bottas (2.4s.), Räikkönen (4s.), Verstappen (5.8s.), Magnussen (13.1s.), Hülkenberg (15s.), Grosjean (16s.), Pérez (17s.), Sainz (18s.) et Hamilton (18.5s.). Ricciardo a doublé Hartley et Stroll.

 

6e: Vettel porte son avantage sur Bottas à trois secondes. Hamilton dépasse Sainz et se retrouve neuvième.

 

7e: Grosjean se plaint d'un manque de motricité sur sa Haas. Pérez le dépasse avec autorité à l'épingle.

 

8e: Vettel possède quatre secondes de marge sur Bottas. Hamilton fait l'extérieur à Grosjean dans la Parabolika.

 

9e: Hamilton se débarrasse de Pérez à la Spitzkehre. Ricciardo a doublé Sirotkin puis Ericsson, et menace Ocon.

 

10e: Vettel est premier devant Bottas (3.8s.), Räikkönen (5.5s.), Verstappen (7.4s.), Magnussen (21s.), Hülkenberg (23.8s.), Hamilton (24.6s.), Pérez (26.3s.), Grosjean (28s.), Sainz (29.4s.), Leclerc (30.3s.) et Alonso (31.2s.), Ricciardo prend la 13ème place à Ocon.

 

11e: Hülkenberg doit céder à son tour à Hamilton. Magnussen est la prochaine cible du champion du monde.

 

12e: Bottas reprend quelques dixièmes à Vettel. Plus loin, Räikkönen garde aisément Verstappen à distance. Hamilton file le train de Magnussen. Grosjean résiste aux assauts de Sainz, son « ami » de Silverstone.

 

14e: Hamilton déborde Magnussen dans la parabolique au moyen de l'aileron arrière mobile.

 

15e: Vettel et Bottas sont séparés par trois secondes et demie. Räikkönen passe par les stands pour chausser des pneus tendres (3.3s.) et reprend la piste devant Hamilton. Alonso tente de déborder Leclerc à l'épingle, mais il manque son freinage et emprunte le dégagement pour revenir en piste. Ricciardo est sur les talons de l'Espagnol.

 

17e: Vettel appuie sur le champignon et repousse Bottas à plus de quatre secondes. Ricciardo dépasse Alonso.

 

18e: Hülkenberg passe en pneus tendres et tombe au seizième rang. Ricciardo pourchasse Leclerc.

 

19e: Räikkönen enchaîne les meilleurs tours et semble capable de doubler Bottas et Vettel après leurs arrêts respectifs. Ricciardo dépasse Leclerc et entre dans les points.

 

20e: Vettel compte quatre secondes et demie d'avance sur Bottas. Magnussen, Sainz et Leclerc remplacent leurs gommes.

 

21e: Magnussen, reparti derrière Ocon, double facilement le jeune Français. Grosjean passe en pneus médiums.

 

22e: Pagaille en fond de peloton: Sainz et Grosjean, en pneus neufs, peinent à se frayer un chemin entre Stroll, Gasly et Hartley qui roulent en pneus usés. Plus haut dans la hiérarchie, Ericsson et Ocon se gênent dans la Mercedes Arena, ce qui permet à un Hülkenberg opportuniste de les doubler. Pérez perd du temps lors de son changement d'enveloppes en raison d'écrou de roue avant-droite récalcitrant.

 

23e: Vettel devance Bottas (4.6s.), Verstappen (11.2s.), Räikkönen (18s.), Hamilton (21.8s.), Ricciardo (47.2s.), Alonso (55.5s.), Magnussen (56.8s.), Hülkenberg (1m.), Ericsson (1m. 01s.) et Ocon (1m. 04s.).

 

25e: Vettel bloque une roue dans le Stadium. Sur ce, il entre aux stands pour prendre les Pirelli tendres et revient en piste au quatrième rang, derrière son équipier Räikkönen.

 

26e: Bottas est leader provisoire avec six secondes d'avance sur Verstappen. Ocon remplace ses enveloppes.

 

28e: Bottas fait halte chez Mercedes et s'empare des pneus jaunes. Il repart derrière Hamilton. Verstappen recueille la première place. Stroll passe en pneus médiums.

 

29e: Ricciardo s'arrête sur le bas-côté suite à une chute de puissance de son moteur Renault. C'est un nouvel abandon pour l'Australien. Arrêts pour Sirotkin et Hartley. Verstappen rejoint également les stands en fin de parcours.

 

30e: Räikkönen est en tête, une seconde devant son équipier Vettel. Verstappen repart en cinquième position muni de Pirelli tendres. Changement de pneus pour Vandoorne.

 

31e: Räikkönen devance Vettel (1.4s.), Hamilton (4.3s.), Bottas (11s.), Verstappen (17.8s.), Magnussen (54.3s.), Hülkenberg (57s.), Grosjean (59s.), Pérez (1m. 01s.), Ericsson (1m. 03s.), Sainz (1m. 05s.) et Leclerc (1m. 06s.). Après avoir cédé à Magnussen, Alonso passe chez McLaren et chausse les enveloppes médiums.

 

33e: A mi-parcours, les Ferrari dominent, séparées par une seconde. Mais Räikkönen doit s'arrêter aux stands encore une fois, contrairement à son coéquipier. De gros nuages s'amoncellent dans le ciel et annoncent une averse imminente. Sainz prend la dixième place à Ericsson.

 

34e: Vettel est sur les talons de son équipier. Tous deux naviguent dans le trafic.

 

35e: Vandoorne regagne son stand à faible allure suite à une défaillance de son moteur. Ses mécaniciens parviennent néanmoins à faire repartir la mécanique, et le Belge reprend la course bon dernier.

 

36e: Räikkönen est premier devant Vettel (1.3s.), Hamilton (4.5s.), Bottas (7.4s.), Verstappen (14s.), Magnussen (58s.), Hülkenberg (1m. 01s.), Grosjean (1m. 02s.), Pérez (1m. 04s.) et Sainz (1m. 09s.).

 

37e: Vettel commence à s'impatienter derrière Räikkönen et s'inquiète d'une éventuelle dégradation prématurée de ses gommes. « Cette situation est stupide ! Je suis plus rapide que Kimi ! » crie-t-il dans sa radio.

 

38e: Ferrari indique à Räikkönen que « Vettel n'est pas sur la même stratégie que lui ». Le Finlandais s'agace de ce sous-entendu et réclame une consigne claire. Ericsson observe son changement de pneus. Il finira la course en gommes violettes.

 

39e: Räikkönen reçoit l'ordre formel de laisser passer son équipier. Il s'exécute et lui ouvre la porte avant l'épingle.

 

40e: Vettel mène devant Räikkönen (1.6s.), Hamilton (5.4s.), Bottas (7.5s.) et Verstappen (12.7s.).

 

42e: Quelques gouttes de pluie font leur apparition. Bottas pourchasse Hamilton qui commence à souffrir avec ses gommes usés.

 

43e: Hamilton entre aux stands pour mettre les pneus ultra-tendres (2.9s.). Mercedes parie donc sur une fin de course sur le sec.

 

44e: Leclerc et Alonso anticipent sur l'averse à venir et entrent aux stands pour prendre les pneus intermédiaires. Gasly, qui ne s'était pas arrêté jusqu'ici, fait le pari risqué de chausser les gommes « full wet ».

 

45e: Il pleut au niveau de la Spitzkehre, mais pas à l'autre extrémité du circuit, dans le Stadium. Il semble donc raisonnable de demeurer en slicks, à condition d'être prudent. Verstappen et Hamilton s'offrent des « tout droit » à la grande épingle.

 

46e: Vettel devance Räikkönen (4.6s.), Bottas (6.8s.), Verstappen (12s.), Hamilton (19.5s.), Magnussen (1m. 12s.), Hülkenberg (1m. 13s.), Grosjean (1m. 15s.), Pérez (1m. 15s.), Sainz (-1t.), Ocon (-1t.) et Ericsson (-1t.).

 

47e: Vettel perd un petit morceau d'aileron en escaladant le trottoir du dernier virage. Cela semble sans conséquence. Verstappen stoppe pour prendre les pneus intermédiaires et cède la quatrième place à Hamilton. Leclerc exécute un 360° sans gravité après le premier virage.

 

48e: L'averse se déplace vers le Stadium, mais la piste demeure praticable. Leclerc et Alonso comprennent leur erreur et repassent en slicks, de même que Gasly qui a fait une excursion dans les graviers à l'Onkokurve. Ces trois pilotes dégringolent au classement. Magnussen et Hülkenberg bataillent pour la sixième position.

 

49e: Verstappen repasse à son garage pour prendre les pneus ultra-tendres. Hülkenberg dépasse Magnussen dont les gommes sont abîmées.

 

50e: Vettel compte cinq secondes de marge sur Räikkönen, poursuivi par Bottas. L'averse redouble d'intensité sur la Mercedes Arena et le Stadium. Le bitume devient glissant. Grosjean double Magnussen. Leclerc effectue une nouvelle figure, cette fois dans la Parabolika.

 

51e: Pérez double les deux Haas de Grosjean et Magnussen avant l'épingle. Räikkönen repousse une attaque de Bottas au même endroit. Mais plus loin, dans la Mercedes Arena, le Finlandais de Ferrari est gêné par une Haas et doit couper par un dégagement. Il laisse ainsi filer son compatriote de Mercedes. Pérez exécute un tête-à-queue au virage n°8 et repart derrière les Haas. Sainz, Stroll et Sirotkin passent en pneus intermédiaires.

 

52e: Vettel freine un peu trop tard en abordant la Sachskurve. Il bloque ses roues avant, puis ses roues arrière et sort de la piste. La Ferrari atterrit contre un panneau publicitaire, enlisée dans les graviers ! Vettel hurle de rage et massacre son volant à coups de poing ! C'est fini pour lui. La voiture de sécurité entre en scène. Bottas, nouveau leader, s'engouffre dans la voie des stands pour changer de pneus. Mais ses mécaniciens ne sont pas prêts: ils s'emparent d'abord des Pirelli jaunes, avant de fixer les violets. Bottas ne redémarre qu'au bout de vingt secondes.

 

53e: Hamilton emprunte la voie des stands sur ordre de son équipe, avant qu'un contre-ordre ne lui indique de rester dehors puisque ses slicks ne sont pas abîmés. L'Anglais bifurque et traverse la bande herbée qui sépare la pit-lane de la piste. Voilà une manœuvre litigieuse. Hülkenberg, Grosjean et Magnussen s'équipent en gommes intermédiaires. Le Danois perd du temps en attendant que les mécaniciens s'occupent de son équipier. Räikkönen a retrouvé la première place, mais il rejoint à son tour les stands.

 

54e: Räikkönen prend les gommes ultra-tendres et abandonne le leadership à Hamilton qui ne s'arrêtera plus. Hartley et Vandoorne prennent des pneus violets. Sirotkin se gare avant l'épingle. Sa Williams fume à cause d'une fuite d'huile.

 

55e: Il ne pleut plus sur l'Hockenheimring. Les bolides se rangent derrière la Safety Car. Hamilton précède Bottas et Räikkönen. Hülkenberg, Grosjean et Magnussen reprennent des pneus slicks. Sainz fera de même au tour suivant. Stroll subit une panne de freins et rentre à son box. Il n'y a plus de Williams en course.

 

56e: Hamilton est premier devant Bottas, Räikkönen, Verstappen, Hülkenberg, Pérez, Ocon, Ericsson, Hartley, Grosjean, Sainz, Magnussen, Vandoorne, Leclerc, Alonso et Gasly.

 

57e: Les trajectoires sont asséchées. La Ferrari de Vettel a été retirée par une grue. La course va redémarrer au tour suivant.

 

58e: Le drapeau vert est agité. Bottas a des pneus plus frais que ceux d'Hamilton et peut donc le menacer. Il se décale à l'extérieur avant l'épingle, puis à l'intérieur à la réaccélération et se porte à la hauteur de son équipier, lequel lui barre le passage au virage n°7.

 

59e: Hamilton s'échappe devant Bottas. Le stand Mercedes signale à ses deux pilotes que les positions sont gelées jusqu'à l'arrivée. Dont acte...

 

60e: Hamilton précède Bottas (2.2s.), Räikkönen (3.4s.), Verstappen (5.1s.), Hülkenberg (10.4s.), Pérez (13s.), Ocon (14.1s.), Ericsson (14.8s.), Hartley (16s.) et Grosjean (16.6s.).

 

62e: Un crachin tombe de nouveau sur le circuit. Räikkönen garde le contact avec Bottas sans pouvoir faire la jonction. Ocon repousse une attaque d'Ericsson à l'épingle. Grosjean prend la neuvième position à Hartley.

 

63e: Sainz déborde Hartley, mais il est sous le coup d'une pénalité de dix secondes pour avoir dépassé Ericsson sous régime de voiture de sécurité.

 

64e: Grosjean est très rapide grâce à ses gommes neuves et déborde Ericsson.

 

65e: Quatre secondes séparent Hamilton et Bottas. Grosjean pourchasse les deux Force India.

 

66e: Hamilton s'empare du meilleur tour en course: 1'15''545'''. Grosjean déborde Ocon. McLaren détecte un problème sur la boîte d'Alonso qui regagne son garage et quitte la course.

 

67ème et dernier tour: Grosjean dépasse Pérez à la Spitzkehre et grimpe en sixième position.

 

Lewis Hamilton gagne le GP d'Allemagne devant son équipier Bottas. C'est un doublé Mercedes. Räikkönen, troisième, grimpe sur son quatrième podium de rang. Verstappen se classe quatrième au volant de la Red Bull survivante. Hülkenberg, cinquième, décroche son meilleur résultat pour le compte de Renault. Grosjean obtient une belle sixième place devant les Force India de Pérez et Ocon. Ericsson amène sa Sauber au neuvième rang. Sainz finit dixième, mais recule au 12ème rang en raison de sa pénalité. Hartley récolte donc le dernier point. Magnussen, Vandoorne, Gasly et Leclerc rejoignent aussi l'arrivée.

Quelques minutes après le drapeau à damiers, un violent orage éclate et noie l'autodrome sous les eaux. Les pilotes l'ont échappé belle !

 

Après la course: Hamilton - Noé, Vettel noyé

Cette sensationnelle victoire de Lewis Hamilton, remportée depuis la 14ème place de la grille de départ, prête néanmoins à controverse. Le champion anglais est ainsi sifflé par quelques supporteurs allemands sur le podium. En effet, il a visiblement enfreint le règlement au 53ème tour lorsqu'il a emprunté la voie des stands avant de revenir sur la piste, en traversant la zone délimitant les deux portions. Les autorités sportives diligentent aussitôt une enquête et convoquent l'intéressé. « La règle du code sportif international impose aux pilotes qui décident de rentrer aux stands de le faire », énonce Charlie Whiting. Mais Hamilton s'efforce convaincre les trois commissaires (Mika Salo, Steve Stringwell, Nish Shetty) de son bon droit en invoquant un alinéa qui autorise en cette circonstance « un retour en toute sécurité sur la piste ». Il plaide aussi la mésentente avec son ingénieur de piste et s'appuie sur le fait que Ferrari ne porte pas réclamation. Finalement, les commissaires considèrent que cette incartade ne présentait pas un réel danger et se contentent de délivrer un blâme au pilote Mercedes, qui conserve donc la 66ème victoire de sa carrière.

 

Ravi de ce succès qui lui permet de reprendre les rênes du championnat, Hamilton, qui ne fait pas mystère de sa foi, se laisse aller à des dissertations mystico-poétiques: « Je savais qu'en partant quatorzième mes chances étaient minimes. Mais il faut toujours y croire et j'ai longuement prié juste avant la course. Jamais je n'aurais imaginé que l'on pouvait faire quelque chose comme cela, mais j'y ai cru et c'est arrivé. Grand merci à Dieu ! [...] Jésus ! Lorsque j'ai vu cette tempête presque biblique s'abattre sur le podium, j'ai pensé qu'elle lavait tout ce qu'il y avait de négatif en moi. J'étais même content des sifflets au moment des hymnes. Il n'y a pas cela en Angleterre. Mais je voyais quelques Union Jack dans la foule au milieu de cette marée de drapeaux allemands... L'amour triomphe toujours ! » Voilà donc effacé l'affront de Silverstone.

 

Sebastian Vettel est évidemment loin de cette allégresse. En sortant de la route, l'Allemand a offert sur un plateau la victoire à son rival dans la quête du titre mondial. C'est tout penaud qu'il se présente devant les médias: « C'est franchement une triste façon de terminer un Grand Prix. Tout s'était bien passé jusqu'alors. Nous étions rapides, nous avions la course bien en main, et puis... C'est de ma faute. Ce n'est pas la pire erreur de ma carrière, mais certainement l'une des plus cruelles, des plus coûteuses. Je tiens à présenter mes excuses à toute l'équipe. » Le lendemain, la presse italienne ne manque pas de l'éreinter. Vettel, une fois encore, a démontré qu'il ne peut s'empêcher de commettre de temps à autre des erreurs grossières, alors qu'Hamilton est en général irréprochable. Là se trouve peut-être la clef de ce championnat même si, comme on l'a vu aux essais, la fiabilité jouera aussi son rôle.

 

Pour l'heure, Hamilton (188 points) repasse en tête du classement des conducteurs devant Vettel (171 pts), et chez les constructeurs Mercedes (310 pts) double Ferrari (302 pts). Force India rejoint Haas au cinquième rang (59 pts chacun).

Tony