Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull TAG Heuer
Kimi RAIKKONEN
 K.RAIKKONEN
Ferrari

974e Grand Prix

XIX Gran Premio de Mexico
Ensoleillé
29 octobre 2017 - Mexico City
71 tours x 4.304 km - 305.354 km
(Offset: 230 m)
info
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Lewis HAMILTON est Champion du Monde
Constructeur
Moteur
Début de course mouvementé pour Lewis Hamilton et Sebastian Vettel.

Transferts: Massa s'accroche aux branches

Depuis quelques temps, Williams évalue Robert Kubica et Paul di Resta dans l'éventualité de leur confier un volant en 2018 au détriment de Felipe Massa. Le Pauliste, qui devait prendre sa retraite il y a un an, ne paraît plus décidé à lâcher la rampe. Tout au contraire, il désire conserver sa place encore un an de plus et se répand en commentaires désobligeants envers ses deux concurrents. Il s'en prend d'abord à Kubica qui a conduit une FW36 de 2014 sur le Hungaroring quelques jours plus tôt. « Je n'ai aucune idée de la façon dont il pilote », dit-il au site Motorsport.com. « Pour être honnête, je ne pourrais pas faire ce qu'il fait, piloter avec une seule main. Il est impossible pour moi de croire qu'il ne va pas souffrir sur certains des circuits avec la voiture que nous pilotons et qui impose de lourdes contraintes physiques. Je respecte vraiment ce qu'il fait, c'est extraordinaire. Mais il aura des problèmes... » Sans préjuger de ce que donneront les essais de Kubica, on peut néanmoins souligner qu'un immense pilote a jadis piloté durant une grande partie de sa carrière avec un bras bloqué: le regretté Jean-Pierre Beltoise.

 

Massa attaque aussi di Resta: « Je ne crois pas qu'il soit le bon pilote pour l'équipe, pour développer la voiture, faire des résultats etc. En plus il ne fait pas un super travail dans la catégorie où il court actuellement. » Il ne doit pas souvent regarder le DTM car si en effet l'Écossais a connu une saison 2017 difficile, il demeure un des piliers de cette discipline.

 

Bernie Ecclestone: le vieil homme et l'amer

Bernie Ecclestone boude. Après avoir donné le change en début d'année, en participant à des renégociations de contrats dont il était l'initiateur, l'ex-Grand Argentier ne fait plus le déplacement sur les circuits. Selon ses dires, Chase Carey lui a signifié qu'il n'était plus le bienvenu sur les circuits en prétendant ne plus avoir de bureaux à lui confier. Ecclestone doit donc se contenter de son titre purement honorifique de « président d'honneur de la Formule 1 », joli hochet offert par Liberty Medias. Le vieillard se résout pourtant mal à la retraite. Avec David Brabham, il a un temps songé à racheter Force India afin de ressusciter la grande équipe Brabham. Une sorte de retour aux sources. Mais Vijay Mallya ne voulant pas céder son écurie, ce beau rêve est tombé à l'eau.

 

Afin de ne pas être oublié, Ecclestone lance quelques « scoops ». Tout d'abord, il révèle que sous la présidence de Max Mosley, la FIA et la FOM ont régulièrement avantagé Ferrari, en dehors et sur la piste. On croyait l'avoir remarqué... Par ailleurs, il affirme aussi que l'hiver dernier, Mercedes a aidé Ferrari à développer son groupe propulseur hybride afin de relancer l'intérêt de la discipline et remporter des succès plus gratifiants ! Évidemment, Toto Wolff et Maurizio Arrivabene démentent catégoriquement.

 

Présentation de l'épreuve

Selon toute vraisemblance, Lewis Hamilton sera sacré champion du monde de Formule 1 pour la quatrième fois de sa carrière au soir de ce Grand Prix. Il dispose en effet de soixante-six points d'avance sur Sebastian Vettel, son unique concurrent. Il n'a donc besoin que d'une cinquième place, quel que soit le résultat de l'Allemand, pour sécuriser sa couronne. Vettel doit pour sa part impérativement finir premier ou second pour entretenir le suspense, à condition qu'Hamilton n'inscrive ne fasse pas mieux que sixième dans le premier cas, neuvième dans le second. Bien évidemment, le pilote Mercedes ne jouera pas les épiciers. « Je suis ici pour gagner, dit-il. Je ne vise rien d'autre que le premier rang... Comment pourrais-je me contenter de terminer cinquième et d'obtenir le championnat ? Ce ne serait pas l'idéal. Je veux être sur la plus haute marche du podium. »

 

Les Mexicains ont le sang chaud et certains ne supportent pas que l'on bouscule leur idole Sergio « Checo » Pérez. Aussi son équipier Esteban Ocon est-il placé sous protection policière pour la durée du week-end après avoir reçu quelques messages menaçants émanant de fanatiques locaux. Un véhicule blindé est même mis à sa disposition. Pérez de son côté tente bien sûr de calmer le jeu et prétend que ses rapports avec Ocon se sont améliorés depuis leur altercation de Spa-Francorchamps: « Notre relation a touché le fond en Belgique, mais depuis, nous discutons bien et tout a changé. Je veux le battre mais il faut aussi du respect entre nous. » Et justement, depuis le début de l'automne, il ne bat plus le jeune Français. Ocon a fini devant Pérez à Monza, à Suzuka et à Austin, et s'affirme comme l'élément fort de Force India. Pérez espère inverser la tendance devant son public. Il entretient en attendant sa popularité en signant un chèque de deux millions de dollars en faveur des victimes du séisme meurtrier survenu le 19 septembre dans l'État de Puebla. Il porte en outre un casque spécial orné de la carte de son pays et du slogan « Todo Mexico Unido ! »

 

Pérez sera le seul Mexicain sur la grille de ce Grand Prix, mais vendredi matin Force India confie la voiture d'Ocon à son essayeur Alfonso Celis Junior, qui d'ailleurs la met rapidement dans le mur.

 

Max Verstappen n'a pas apprécié la pénalité que lui a infligée le collège des commissaires à Austin, au point de s'emporter et de traiter l'un d'eux, Garry Connelly, d' « idiot ». Le commissaire-pilote Mika Salo révèle pour sa part qu'il a reçu des menaces de mort de la part de fans néerlandais. Afin de couper court à la controverse, et surtout d'éviter une sanction fédérale, Verstappen fait amende honorable à Mexico City et prononce ses excuses aux intéressés. Toutefois, la FIA souhaite ne plus permettre aux pilotes d'emprunter impunément les dégagements en asphalte qui bordent la piste, phénomène qui s'est répété à Austin. Pour cela, les organisateurs mexicains disposent d'imposants vibreurs en bordure de certains virages (les n°1, 3, 8 et 11) de leur circuit. Le premier surtout pose problème. Lewis Hamilton l'a allègrement court-circuité l'an passé. On ne pourra désormais plus l'imiter sans endommager son fond plat, voire sa suspension.

 

Exit Daniil Kvyat ! Malgré son point ramené d'Austin, le Russe est définitivement mis à l'écart par Red Bull et Toro Rosso. Après une belle première saison chez Toro Rosso en 2014 et des prestations en demi-teinte chez Red Bull en 2015, il ne se sera jamais remis de son éviction de l'équipe mère et de sa relégation à Faenza. Hélas, ce pilote rapide, mais rugueux en piste et revêche au dehors, n'est regretté par personne en dehors de son pays. Pierre Gasly retrouve donc son baquet chez Toro Rosso tandis que Brendon Hartley est confirmé jusqu'à la fin de l'année, et est en lice pour une place de titulaire en 2018.

 

Du fait de l'altitude, les moteurs perdent à Mexico une part notable de leur puissance. Mercedes, Renault, Ferrari et Honda adoptent donc des configurations spécifiques à ce tracé afin de trouver le plus de chevaux possibles sans mettre en péril la fiabilité de l'ensemble.

La faible densité de l'air altère en outre le refroidissement du moteur et des freins. Les pilotes sont donc très vigilants et lèvent régulièrement le pied pour éviter les surchauffes. Il n'est donc également pas question de suivre de près un concurrent pendant de nombreux tours. Les dépassements seront périlleux, et on craint d'assister à une procession.

 

Avec sa très longue ligne droite, le circuit de Mexico ne s'annonce pas favorable aux McLaren-Honda. Aussi le constructeur japonais décide de faire de ce Grand Prix une séance d'essais grandeur nature en remplaçant plusieurs éléments des groupes propulseurs d'Alonso et de Vandoorne, afin d'introduire de nouvelles pièces. Les deux pilotes écopent donc de nombreuses places de pénalité avant même d'avoir mis une roue sur le bitume.

 

Essais et qualifications

Vendredi, les essais libres sont dominés par les Mercedes, et on s'attend comme l'an passé à un nouveau récital des Flèches d'Argent. Mais le circuit de Mexico réclame à la fois une excellente vitesse de pointe et beaucoup d'appuis. Et samedi, la W08 perd une grande partie de son adhérence. Les Red Bull paraissent avoir ici un petit avantage sur la concurrence. Verstappen est ainsi le plus rapide lors de la séance du samedi matin.

 

L'après-midi, le jeune Hollandais détient longtemps le meilleur chrono, mais Vettel lui chipe finalement la pole position pour quatre-vingt-six millièmes. C'est la cinquantième position de pointe de l'Allemand, la cinquième de l'année pour Ferrari. Derrière cette première rangée Vettel – Verstappen, on retrouve les Mercedes d'Hamilton et de Bottas, à près d'une demi-seconde. Räikkönen (5ème) concède sept dixièmes à son équipier et n'est pas satisfait de l'équilibre de sa Ferrari. Ricciardo rencontre les mêmes problèmes avec sa Red Bull. Après avoir signé le septième chrono de la Q3, il change son moteur et s'élancera seizième. Ocon impressionne et place sa Force India au sixième rang, loin devant Pérez (9ème) qui peine à exploiter ses Pirelli.

 

Les Renault (Hülkenberg 7ème, Sainz 8ème) sont en bonne forme et semblent maintenant plus efficaces que les Williams-Mercedes (Massa 10ème, Stroll 11ème) qui butent à l'entrée de la Q3. Désastre absolu chez Toro Rosso, à cause du moteur Renault: Hartley met pied à terre en Q2 suite à une perte de puissance. Il partira dix-septième après sanction. Gasly (20ème) subit deux pannes successives de turbo et ne boucle pas le moindre tour. Il encaisse de plus des pénalités pour changement d'éléments sur son groupe propulseur. Les Sauber (Ericsson 12ème, Wehrlein 13ème) passent à la trappe dès la première manche des qualifications, mais bénéficient des pénalités des autres voitures. Les Haas (Magnussen 15ème, Grosjean 16ème) ont peu d'adhérence et rencontrent des problèmes de refroidissement. Enfin, Alonso (18ème) et Vandoorne (19ème) atteignent la Q2 grâce à leur excellent châssis McLaren, mais reculent comme expliqués ci-dessus.

 

Le Grand Prix

Malgré la guerre et les catastrophes naturelles, l'enthousiasme des Mexicains pour la Formule 1 ne faiblit pas. Près de 300 000 spectateurs sont recensés sur l'ensemble du week-end, dont 50 000 dans le seul Foro Sol, le stade de base-ball qui accueille le podium. La grande majorité des pilotes s'élance avec les Pirelli violets ultra-tendres. Seuls Alonso et Grosjean saisissent les rouges super-tendres. Le responsable de Pirelli Mario Isola ne prédit qu'un seul arrêt en course.

 

Départ: Vettel et Verstappen prennent de bons envols, de même qu'Hamilton qui se positionne à leur gauche. Vettel aborde le premier virage à la corde. Verstappen se positionne à gauche, puis plonge hardiment à l'extérieur, se frotte à la Ferrari et sort du deuxième tournant devant Vettel qui abîme son aileron avant contre la Red Bull. Pendant ce temps-là, Hamilton se déporte sur la gauche et contourne Vettel avant le virage n°3, mais celui-ci le heurte par l'arrière. Son aileron est définitivement brisé tandis qu'Hamilton ralentit instantanément, victime d'une crevaison à l'arrière-droit. Sainz et Ocon se frottent également, de même que Massa et Pérez.

 

1er tour: Verstappen mène devant Bottas, Ocon, Hülkenberg, Sainz, Pérez, Räikkönen, Massa, Stroll et Ricciardo. Vettel regagne son stand pour remplacer son museau et chausser des pneus tendres. Hamilton le suit avec beaucoup plus de peine et prend lui aussi des pneus jaunes. Les deux principaux protagonistes de la course au titre sont en queue de peloton !

 

2e: Sainz est affecté par une crevaison lente. Il regagne son garage au ralenti et repart avec retard, mais devant Hamilton.

 

3e: Ricciardo double Stroll. Massa est lui aussi frappé d'une crevaison, conséquence du heurt avec Pérez. Il passe par les stands et se relance en dix-septième position, devant Vettel.

 

4e: Verstappen mène devant Bottas (2.8s.), Ocon (7.1s.), Hülkenberg (8.4s.), Pérez (10s.), Räikkönen (11.9s.), Ricciardo (13.5s.), Stroll (15s.), Magnussen (16.9s.), Ericsson (18.6s.) et Vandoorne (19.2s.). Wehrlein est chez Sauber pour mettre les pneus jaunes. Ce sera son seul arrêt de l'après-midi.

 

5e: Ricciardo pénètre dans la pit-lane. Un turbo vient de lâcher sur son groupe propulseur, et il abandonne pour la seconde fois en huit jours.

 

6e: Verstappen est le plus rapide et tourne en 1'21''299'''. Alonso pourchasse Grosjean. Le Franco-Suisse se défend en coupant un virage dans le Stadium, à la grande fureur de l'Asturien

 

7e: Vettel poursuit Massa mais peine à le doubler à cause de la puissance du V6 Mercedes.

 

8e: Verstappen compte trois secondes et huit dixièmes d'avance sur Bottas qui n'est décidément pas une menace. Räikkönen menace Pérez.

 

9e: Alonso fait l'intérieur à Grosjean au premier virage sans le moindre ménagement: il se frotte à la Haas et la pousse vers le bas-côté. Grosjean perd un morceau de carbone au passage. Il cède ensuite à Hartley.

 

10e: Verstappen précède Bottas (4.7s.), Ocon (13.6s.), Hülkenberg (16.6s.), Pérez (18.6s.), Räikkönen (19.3s.), Stroll (22.3s.), Magnussen (29.5s.), Ericsson (31.5s.), Vandoorne (32.2s.) et Alonso (35.8s.).

 

12e: L'intervalle entre les deux leaders atteint cinq secondes. Vettel fait l'extérieur à Massa avant le quatrième virage. Le Brésilien ne lui laisse aucun espace et le pousse vers le dégagement, mais l'Allemand garde la maîtrise de son véhicule, revient en piste et se défait de son adversaire.

 

14e: Verstappen compte cinq secondes et demie d'avance sur Bottas. Hamilton revient sur Sainz. Grosjean écope d'une pénalité de cinq secondes pour avoir franchi les limites de la piste afin de parer une attaque d'Alonso. Il subira cette sanction lors de son changement de de pneus.

 

16e: Räikkönen suit toujours Pérez sans trouver d'ouverture. Vettel prend la quatorzième place à Gasly.

 

17e: Verstappen est premier devant Bottas (6s.), Ocon (21.2s.), Hülkenberg (25.1s.), Pérez (27.7s.), Räikkönen (28.4s.), Stroll (32.3s.), Magnussen (43.7s.), Ericsson (49.5s.), Vandoorne (50.4s.) et Alonso (51.1s.).

 

18e: Pérez passe par les stands pour s'équiper en pneus jaunes (3.1s.). Vandoorne laisse passer Alonso sur ordre de McLaren. Vettel efface Grosjean.

 

20e: Changement de pneus pour Hülkenberg qui repart en septième position, entre Magnussen et Pérez.

 

21e: Ocon chausse les pneus tendres et reprend la piste à la cinquième place. Vettel prend le dessus sur Hartley. Hamilton roule toujours derrière Sainz.

 

22e: Hamilton concède un tour à Verstappen...

 

23e: Verstappen devance Bottas (5.5s.), Räikkönen (28.2s.), Stroll (37.1s.), Ocon (45s.), Magnussen (51s.), Hülkenberg (52s.), Pérez (53s.), Ericsson (1m.) et Alonso (1m. 01s.). Vettel se saisit de la onzième place aux dépens de Vandoorne.

 

24e: Pérez déborde Hülkenberg dont la Renault paraît soudain moins fringante.

 

25e: Hülkenberg se range dans la pelouse sur ordre express de son écurie. Le système de récupération d'énergie électrique vient de flancher.

 

27e: Tout va bien pour Verstappen qui porte son avance sur Bottas à plus de sept secondes. Vettel arrive sur Ericsson et Alonso qui se battent pour la neuvième place.

 

28e: Ericsson entre aux stands pour changer de pneus. Hamilton prend (enfin !) le dessus sur Sainz.

 

30e: Pérez double Magnussen qui n'a pas changé de gommes. Hamilton se défait facilement de Wehrlein.

 

31e: Verstappen précède Bottas (8s.), Räikkönen (29.1s.), Stroll (44.7s.), Ocon (49.5s.), Pérez (1m.) et Magnussen (1m. 01s.). Vettel dépasse Alonso. Si les choses en restaient ainsi, il inscrirait quatre points contre zéro à Hamilton. Insuffisant pour lui retirer la couronne mondiale.

 

32e: Gasly exécute un très beau dépassement sur Grosjean. Le moteur Renault d'Hartley s'évanouit dans un nuage de fumée. Le Néo-Zélandais s'immobilise dans l'herbe au niveau des Esses. La procédure de « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée. C'est la ruée vers les stands. Verstappen et Bottas passent par leurs garages respectifs pour mettre des pneus super-tendres. Räikkönen choisit lui les tendres. Stroll, Magnussen, Vettel, Alonso, Vandoorne, Gasly, Grosjean, Hamilton et Sainz chaussent aussi des enveloppes neuves.

 

33e: La « VSC » disparaît à la fin de cette boucle. Les pilotes renfoncent le pied sur le champignon.

 

34e: Verstappen est premier devant Bottas (7.8s.), Räikkönen (31.5s.), Ocon (38.4s.), Stroll (46.1s.), Pérez (48.7s.), Magnussen (1m. 07s.), Vettel (1m. 09s.), Alonso (1m. 15s.), Massa (1m. 20s.), Vandoorne (-1t.) et Ericsson (-1t.).

 

36e: Vettel est aux trousses de Magnussen. Hamilton efface Grosjean et pointe dorénavant au quinzième rang.

 

37e: Vettel prend le meilleur sur Magnussen. Le voici septième. Il doit encore remonter à la deuxième place pour conserver ses chances de victoire mondiale, ce qui sera impossible, sauf miracle.

 

38e: Verstappen roule une seconde au tour plus vite que Bottas et le repousse maintenant à plus de dix secondes. Hamilton repasse devant Wehrlein.

 

40e: Verstappen devance Bottas (12.3s.), Räikkönen (35.1s.), Ocon (47.6s.), Stroll (54.3s.), Pérez (58.4s.), Vettel (1m. 10s.), Magnussen (1m. 17s.), Alonso (-1t.) et Massa (-1t.).

 

43e: Vettel comble petit à petit son retard sur Pérez. Hamilton double Gasly.

 

44e: Quatorze secondes séparent Verstappen de Bottas. Hamilton semble enfin lâcher les chevaux et rattrape aisément Ericsson.

 

46e: Verstappen compte toujours quatorze secondes de marge sur Bottas, trente-huit secondes sur Räikkönen. Hamilton déborde Ericsson.

 

47e: Vettel ne concède plus que deux secondes à Pérez qui est à la peine car la Force India n'aime pas les Pirelli jaunes.

 

48e: Désormais douzième, Hamilton a en point de mire la McLaren de Vandoorne. Mais il roule maintenant sans pression car Vettel n'a aucun espoir de revenir sur la tête de course.

 

50e: Pérez ne luttera pas contre Vettel: il passe par son garage pour reprendre les pneus violets.

 

51e: Verstappen précède Bottas (15.5s.), Räikkönen (41.3s.), Ocon (1m.), Stroll (1m. 04s.), Vettel (1m. 07s.), Pérez (-1t.), Magnussen (-1t.), Alonso (-1t.), Massa (-1t.), Vandoorne (-1t.) et Hamilton (-1t.).

 

53e: Vettel colle maintenant aux basques du jeune Stroll. Hamilton double Vandoorne sans coup férir.

 

54e: Vettel actionne son aileron arrière mobile pour dépasser Stroll dans la longue pleine charge.

 

56e: Verstappen possède un avantage de dix-sept secondes sur Bottas. Vettel poursuit Ocon pendant qu'Hamilton est aux trousses de Massa.

 

57e: Vettel dépasse Ocon et s'empare ainsi de la quatrième place. Hamilton se débarrasse de Massa dans l'enchaînement des virages n°1 et 2. Il devient dixième et entre ainsi dans les points. Ericsson regagne son stand avec un début d'incendie à l'arrière et un défaut de suspension. Le Suédois renonce.

 

58e: Vettel compte vingt-quatre secondes de retard sur son équipier Räikkönen. Il ne remontera pas plus haut. Hamilton espère en revanche encore doubler Alonso et Magnussen.

 

59e: Verstappen domine devant Bottas (17.7s.), Räikkönen (44s.), Vettel (1m. 08s.), Ocon (1m. 13s.), Stroll (1m. 15s.), Pérez (-1t.), Magnussen (-1t.), Alonso (-1t.) et Hamilton (-1t.).

 

60e: Hamilton revient à grandes enjambées sur le duo Magnussen – Alonso, en bagarre pour la huitième place.

 

62e: Hamilton fait la jonction avec Alonso. Sainz met pied à terre à cause d'un problème de direction. Aucune Renault ne verra l'arrivée.

 

63e: Dix-huit secondes entre Verstappen et Bottas. Stroll met la pression sur Ocon dont le train de pneus n'est plus très vaillant.

 

65e: Verstappen conclut son meilleur chrono de la journée (1'18''892'''). Hamilton laisse pour le moment Alonso se démener contre Magnussen.

 

66e: Stroll est maintenant sur les talons d'Ocon. Hamilton tente de faire l'intérieur à Alonso au premier freinage, sans succès.

 

68e: Vettel boucle le meilleur tour de la course (1'18''785'''). Hamilton prend l'aspiration d'Alonso devant les stands, puis plonge à l'extérieur au freinage. L'Espagnol ne lui laisse pas un millimètre d'espace et leurs roues se touchent. Alonso ressort de l'enchaînement devant son assaillant mais celui-ci se porte à sa hauteur avant le virage n°4. Placé à droite, Hamilton est tassé vers la bordure par Alonso mais il peut prendre la corde au virage n°5 et double enfin.

 

69e: Hamilton est maintenant neuvième. Magnussen a profité de la passe d'armes avec Alonso pour s'envoler. Le nouveau champion du monde ne le rattrapera pas.

 

70e: A un tour du drapeau à damiers, Verstappen possède vingt secondes d'avance sur Bottas.

 

71ème et dernier tour: Max Verstappen gagne son troisième Grand Prix devant les deux Finlandais Bottas et Räikkönen. Vettel finit quatrième. Ocon se classe cinquième devant Stroll. Pérez n'est que septième devant son public qui espérait mieux. Magnussen termine huitième et apporte à Haas quatre points précieux. Hamilton coupe la ligne au neuvième rang et devient officiellement champion du monde de F1. Le dernier point est pour Alonso. Suivent Massa, Vandoorne, Gasly, Wehrlein et Grosjean.

 

En guise de célébration, Hamilton fait hurler la foule massée dans le Stadium en exécutant de superbes « donuts » tout en brandissant le drapeau britannique. Il reçoit par radio les félicitations de Toto Wolff, de Niki Lauda et de... Neymar, le célèbre footballeur !

 

Après la course

Max Verstappen se réjouit de sa tranquille victoire, fruit d'une manœuvre audacieuse au premier virage. « Le départ en lui-même n'a pas été excellent mais cela m'a permis de me placer derrière Vettel et de prendre l'aspiration », raconte-t-il. « Je devais être un peu agressif mais j'ai réussi à passer à l'extérieur au premier virage, et à partir de là, j'ai simplement fait ma course. Je dirais même que c'était l'une des courses les plus faciles de ma carrière. »

 

Sans la victoire de Verstappen, le week-end mexicain de Renault aurait tourné à la débâcle, avec trois casses moteur en course, sans compter les nombreuses défaillances rencontrées par Gasly et Hartley sur leurs Toro Rosso samedi. Mais tout bien pesé, le Losange n'a-t-il pas justement tenté un coup de poker en repoussant les limites sur un circuit où, du fait de l'altitude, tous les moteurs perdent des chevaux ? Dimanche soir, Cyril Abiteboul tient ainsi un discours repentant mais un peu confus: « Nous avons fait une erreur de jugement dans notre préparation, dans la manière dont nous avons essayé d'équilibrer la performance par rapport à la fiabilité. Mais nous sommes extrêmement compétitifs. Le revers de la médaille, c'est que nous n'avons pas été capables d'être fiable. Cela dit, cette configuration a permis à une monoplace motorisée par Renault d'être sur la première marche du podium. Les conditions climatiques sont en cause. Mais nous venons courir ici depuis deux ans, nous savions à quoi nous attendre. Il n'y a pas d'excuse. » En d'autres termes, Renault Sport est à la fois très déçue et très contente de sa prestation...

 

Sergio Pérez enregistre un dur revers à domicile en terminant derrière Esteban Ocon. Le Mexicain peste contre la voiture de sécurité virtuelle qui a permis à Lance Stroll de lui passer devant, mais il sait que son équipier a été plus rapide que lui sur l'ensemble du week-end. Pis, seulement neuf points les séparent dorénavant au championnat. Sans complexe, Ocon affiche maintenant comme objectif de conclure sa première saison complète en Formule 1 devant son redoutable équipier.

 

Lewis Hamilton, le monstre sacré

Une fois sorti de sa voiture, et après avoir salué un public mexicain extatique, Lewis Hamilton fait part de ses impressions quant à ce quatrième sacre à David Coulthard, missionné par le FOG. « J'aime bien le chiffre quatre, il est deux fois dans mon numéro permanent, le 44... Mon Dieu... Je veux le cinquième titre, mais celui-ci je vais prendre le temps de le savourer. C'est incroyable de voir mon nom dans les livres d'histoire. Je ne pourrai jamais rembourser mon père de ce qu'il a fait pour moi. Tous les titres sont difficiles à obtenir, mais cette année on a dû se battre contre Ferrari. C'est spécial. Être face à cette voiture rouge si belle en piste, à un quadruple champion du monde [NDLA : Vettel]... C'est ça qui fait le sel d'un championnat. » Puis il revient sur sa course difficile: « Je pense que, dans les trois premiers virages, j'ai fait ce qu'il fallait, je n'ai pas été trop agressif. J'ai laissé beaucoup de place, mais Vettel m'a heurté. Normalement un quadruple champion du monde, ça ne touche pas... Il a eu de la chance de pouvoir rester dans la bataille, alors qu'avec ma crevaison, j'étais plus loin. Je l'ai vu remonter, mais je savais qu'il devait terminer au moins deuxième. J'ai essayé de rester impliqué. C'est le genre d'expérience qui vous teste. Ça aurait été tellement facile de lâcher l'affaire... »

 

Hamilton a mis de l'eau dans son vin: il a sur le coup accusé Vettel de l'avoir volontairement percuté au départ. Il a compris son erreur et accepte de bonnes grâces les félicitations de son adversaire. « Évidemment, ce n'est pas une bonne journée pour nous, mais ce n'est pas le sujet du jour. Le sujet est Lewis et je le félicite. Je me lèverai demain matin, et ce sera un autre jour », dit simplement l'Allemand.

 

Avec cette quatrième couronne, Lewis Hamilton rejoint Alain Prost et Sebastian Vettel au palmarès. Il peut dorénavant envisager de dépasser Juan Manuel Fangio (5 titres), et pourquoi pas Michael Schumacher (7). Cette victoire a été longue à se dessiner. La Mercedes W08 est clairement moins réussie que ses devancières. Elle est très difficile à équilibrer et son comportement est inconstant, capricieux, d'où le surnom de « Diva » que lui a donné Hamilton. En début de saison, l'Anglais a souvent subi la loi de Sebastian Vettel et de son excellente Ferrari, et a même parfois été vaincu par son équipier Valtteri Bottas qui dénichait de meilleurs réglages. Mais après la pause estivale, bénéficiant d'un groupe propulseur revigoré, il a enchaîné les succès pendant que Vettel et Ferrari accumulaient les erreurs et les déboires. Son triomphe final est amplement mérité. Hamilton assoit son règne sur la F1, un règne sans partage, car ce battant ne vit que pour vaincre, à l'instar de son idole Ayrton Senna. « C'est un dominant qui ne supporte pas de perdre », analyse une sémiologue dans le quotidien français L'Équipe. S'il se laisse parfois distraire par les à-côtés affligeants de sa vie de « pop star », toujours il parvient à se recentrer sur la compétition et à regagner la seule place qui l'intéresse, la première. Bien sûr, l'homme ne suscite pas une franche sympathie. Sur la piste, il frôle régulièrement les limites de la correction. Un coup de roue bien ajusté par-ci (contre Nico Rosberg à Montréal en 2016), une allure de tortue asthmatique sous drapeau jaune pour énerver les suiveurs par-là (Bakou cette année), etc... Hamilton s'attire les colères sourdes de ses adversaires, mais il est trop habile pour être pris en faute. « C'est une de ses forces. Il arrive à manœuvrer d'une telle manière qu'il ne se fait pas prendre. C'est donc difficile de le punir », explique Rosberg. En coulisse, il est également tout sauf un tendre. Chez McLaren puis chez Mercedes, il a mené de terribles guerres internes pour s'imposer face à Fernando Alonso et Nico Rosberg.

 

Qu'importe, Hamilton n'est pas un saint, en tout cas pas plus que ne l'étaient en leur temps Prost, Senna ou Schumacher. Il sacrifie tout à son ambition dévorante, à l'instar de ses prédécesseurs. Mais ses quatre titres mondiaux ont été acquis de haute lutte, face à des adversaires redoutables nommés Rosberg ou Vettel, et c'est bien ce qui demeurera au final. A 32 ans, Hamilton est maintenant le pilote britannique le plus titré de l'Histoire, et il ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Il donne déjà rendez-vous en 2018 pour s'attaquer aux cinq étoiles du légendaire Fangio.

Tony