Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Daniel RICCIARDO
 D.RICCIARDO
Red Bull TAG Heuer

968e Grand Prix

LXXIII Grand Prix de Belgique
Légérement nuageux
27 août 2017 - Spa-Francorchamps
44 tours x 7.004 km - 308.052 km
(Offset: 124 m)
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Transferts - Ferrari: On prend les mêmes...

Ferrari n'aura pas longtemps laissé planer le doute sur ses intentions pour 2018. Le 22 août, la firme au cheval cabré annonce la reconduction de Kimi Räikkönen pour une saison supplémentaire. Le Finlandais est pourtant toujours critiqué pour ses performances en dents de scie, mais il est avant tout le loyal bras droit de Sebastian Vettel. Celui-ci aurait d'ailleurs exigé son maintien à ses côtés en échange de sa propre signature. On le sait, Vettel n'aime pas être mis en concurrence au sein de sa propre équipe, et sa grande crainte était de voir arriver un Daniel Ricciardo ou un Max Verstappen. Räikkönen ne lui inspire en revanche aucune inquiétude, ce qui désole quelque peu les fanatiques d'Iceman qui se souviennent quel guerrier fantastique il fut il y a une décennie.

 

Rassuré sur ce point, Vettel paraphe le samedi 26 août un nouveau contrat avec Ferrari courant jusqu'à 2020. Il admet à cette occasion avoir discuté avec Mercedes, mais l'idée d'une cohabitation explosive avec Lewis Hamilton ne séduisait aucune des parties. Les pourparlers ont tourné court. La saison des transferts sera donc sans doute très calme. Mercedes devrait prochainement annoncer la prolongation de Valtteri Bottas, et Red Bull reconduira son duo actuel.

 

Malgré sa politique de recrutement ultra-conservatrice, une constante historique, Ferrari prépare l'avenir et surveille de près l'ascension de son jeune poulain, le Monégasque Charles Leclerc, hégémonique en Formule 2. Leclerc, managé par Nicolas Todt, a de bonnes chances d'être promu en F1 dès l'année prochaine chez Sauber qui ne peut plus rien refuser à la Scuderia depuis la conclusion d'un nouveau partenariat à long terme.

 

Dans le même temps, McLaren révèle que le contrat de Stoffel Vandoorne est prolongé d'un an. Mais nul ne sait si Fernando Alonso sera lui aussi toujours à Woking la saison prochaine. L'Espagnol attend en fait la décision de McLaren qui hésite à poursuivre son partenariat avec Honda. La firme nippone s'est récemment associée à Ilmor et aurait enregistré quelques progrès notables sur son groupe propulseur, mais rien qui ne lui permette de rivaliser avec les V6 de Mercedes, Renault et Ferrari. Alonso discute pour l'heure avec Renault et peut-être avec Williams, mais son retrait de la Formule 1 devient l'hypothèse la plus probable.

 

Formule Geek

Sous l'impulsion de Liberty Media, la Formule 1 s'ouvre un peu plus au numérique en lançant son championnat virtuel en ligne officiel. Cette compétition, baptisée F1 ESport Series, s'appuiera sur le nouveau jeu vidéo développé par Codemasters. La finale est prévue fin novembre à l'occasion du Grand Prix d'Abou Dhabi. Le vainqueur sera invité à assister à l'un des Grands Prix de la saison 2018. Sean Bratches, le directeur commercial du Formula One Group, se félicite de ce gros « coup » marketing: « Ce lancement présente une opportunité incroyable pour notre entreprise: stratégiquement et dans la façon dont nous engageons les fans. L'e-sport est une catégorie en pleine croissance qui permet de toucher un large public. Bien sûr, comme nous le faisons en Formule 1, nous continuerons à évoluer et à innover dans la façon dont nous organisons cet avatar virtuel du championnat de F1 pour nous assurer que nous offrirons l'expérience la plus excitante et la plus agréable possible pour tous nos fans. »

 

Cela dit, les véritables as du volant électronique ne sont-ils pas les pilotes de Formule 1 eux-mêmes puisqu'ils passent désormais de longues heures dans des simulateurs ?

 

Présentation de l'épreuve

Dix ans après ses débuts en Formule 1, Lewis Hamilton fête à Spa son deux centième Grand Prix. Il est le dix-septième pilote à atteindre ce nombre de participations et espère égaler à cette occasion le record de poles positions détenu par Michael Schumacher (68).

 

Ce week-end spadois marque aussi le vingt-cinquième anniversaire de la première victoire de Michael Schumacher. Pour célébrer l'événement, son fils Mick Schumacher, qui participe au championnat d'Europe de Formule 3, effectue quelques tours de circuit au volant de la Benetton-Ford B194 avec laquelle son père a remporté son premier titre mondial en 1994. Le jeune homme de 18 ans n'a pour l'heure aucun titre à son palmarès mais est suivi de près par Ferrari et par Mercedes. Quant à Michael Schumacher, on ne sait pas ce qu'il devient, les dernières informations officielles concernant son état de santé remontant à 2015.

 

Quelques semaines plus tôt, les quatre motoristes ont conclu un accord prévoyant de réduire la consommation d'huile sur les circuits les plus exigeants de la saison pour les moteurs, à savoir Spa et Monza. La limite avait été fixée à 0,9 litre par course. Or Mercedes introduit en Belgique une nouvelle spécification de son bloc qui consommera 1,2 litre pour une distance prévue de 305 kilomètres. Ferrari monte au créneau pour dénoncer cette filouterie, mais ne peut s'appuyer sur la fédération puisque cette limitation n'est pas inscrite dans le règlement. Mercedes promet de résoudre le hiatus avec la Scuderia... en coulisse.

 

Ferrari apporte une nouvelle suspension avant dotée d'un troisième amortisseur afin de mieux exploiter l'angle d'attaque et la garde au sol de sa monoplace. Sauber affiche un capot-moteur inédit, sans aileron de requin, sur lequel un simple support vertical soutient l'aileron en T. Williams adopte une nouvelle suspension arrière testée à Budapest. Le point de fixation du triangle est modifié afin d'améliorer l'écoulement du flux d'air. Enfin, McLaren dispose d'un aileron avant retouché qui fait penser à une cuillère.

 

Honda est toujours en retard dans son plan de développement et n'apporte ici qu'une « demie-évolution » de son groupe propulseur, au grand dam de McLaren. Ainsi les MCL32 sont munies de spécifications « n° 3.5 » et « 3.6 », et non de la n°4 attendue. Le moteur à combustion interne est une énième fois révisé. Vandoorne reçoit avec le V6 « 3.6 » des petites évolutions pour améliorer la fiabilité qui lui coûtent... trente-cinq places de pénalité sur la grille ! Il utilise en effet son cinquième moteur de la saison, son cinquième système de récupération d'énergie cinétique, son huitième MGU-H, son huitième turbo, sa sixième batterie et son sixième système électronique. Mais le Belge n'est pas au bout de ses peines. Tout d'abord, vendredi soir, il remplace sa boîte de vitesses, puis samedi matin Honda s'aperçoit que son nouveau moteur présente une défaillance ! Il monte donc un second groupe propulseur, un « 3.5 » semblable à celui d'Alonso... L'addition se monte à soixante-cinq places de pénalité !

 

Renault concentre ses efforts sur la préparation de son moteur 2018 et n'apporte plus que quelques retouches à ses ensembles 2017. Ainsi, en Belgique puis en Italie, la firme au losange propose ce que Rémi Taffin nomme des « mises à jour logicielles et matérielles. » Voilà qui ne satisfait pas Max Verstappen qui, malgré un récent déjeuner avec les ingénieurs motoristes de Viry-Châtillon, déplore leur stratégie pour cette fin de championnat. « Il n'y a pas grand-chose à venir du côté de Renault, contrairement à Mercedes et Ferrari, qui eux, développent leur voiture et leur moteur en même temps », soupire le jeune Hollandais. « C'est un handicap car, lorsque les circuits n'ont pas trop d'accélérations, nous sommes relativement proches de nos adversaires, à environ trois dixièmes. Mais quand il y a quelques lignes droites, nous sommes un peu plus loin. » C'est d'ailleurs pour compenser ce manque de puissance que Red Bull adopte pour ce week-end une configuration aérodynamique agressive avec fort peu d'appuis à l'arrière.

 

Essais et qualifications

La première partie de la saison a montré que si les Ferrari à empattement court étaient souveraines sur les tracés tortueux (Monte-Carlo, Budapest), les Mercedes à empattement plus long dominaient sur les pistes rapides. Hamilton entend ainsi triompher à Spa-Francorchamps puis à Monza pour doubler Vettel au championnat. Dès le vendredi après-midi, lors de la seconde session d'essais libres, il bat de deux secondes le meilleur chrono signé par Nico Rosberg en 2016. La météo perturbe cependant ce début de week-end puisque la séance est interrompue par des trombes d'eau. Vainqueur ici à quatre reprises dans les années 2000, Räikkönen réalise les meilleurs temps des première et troisième sessions libres.

 

Samedi après-midi, Hamilton réalise la soixante-huitième pole position de sa carrière et rejoint ainsi Schumacher au palmarès. Son chrono (1'42''553''') abaisse de plus de quatre secondes la pole signée par Rosberg en 2016 (1'46''744'''). Les Ferrari sont néanmoins en embuscade car Vettel est second, à deux dixièmes d'Hamilton, et Räikkönen, quatrième, aurait fait mieux sans des vibrations dans son train avant. Bottas (3ème) peine à bien équilibrer sa machine et concède une demi-seconde à son coéquipier. Les Red Bull-Renault (Verstappen 5ème, Ricciardo 6ème) ne sont pas assez puissantes pour rivaliser avec les meilleures, et en outre manquent d'adhérence. Les Renault se mettent en évidence: Hülkenberg décroche le septième temps et Palmer atteint la Q3. Hélas, le Britannique subit une panne de boîte de vitesses, doit changer cet élément et est finalement relégué en quinzième position. Les Force India (Pérez 8ème, Ocon 9ème) sont toujours bien placées mais rendent près de trois secondes à Hamilton !

 

Alonso achève un nouvel exploit en hissant sa McLaren-Honda au dixième rang sur cette piste éprouvante pour les moteurs. Vandoorne l'a bien aidé en lui offrant son aspiration. Quinzième sur la feuille des temps, le Flamand partira dernier à cause de ses nombreuses sanctions. Les Haas-Ferrari (Grosjean 11ème, Magnussen 12ème) peuvent viser les points malgré leur adhérence précaire. Après un vendredi satisfaisant, les pilotes Toro Rosso déchantent samedi: Sainz (13ème) sort dès la Q2 et Kvyat (19ème) écope d'une pénalité pour changement de moteur. Tout va mal pour Williams: Massa (16ème) détruit son châssis vendredi dans une violente sortie à Malmédy, puis écope de cinq places de pénalité le lendemain pour avoir ignoré un drapeau jaune. Stroll est quinzième grâce aux déboires de ses concurrents, car il a en fait été éliminé dès la Q1 à cause d'un souci sur son aileron arrière. Enfin, chez Sauber, Ericsson (17ème) et Wehrlein (18ème) remplacent tous les deux leurs boîtes de vitesses, ce qui ne change rien à leur classement puisque leur machine est inefficace.

 

Le Grand Prix

Plus de 120 000 spectateurs sont présents dans les tribunes, dont 18 000 Hollandais venus encourager Max Verstappen. Celui-ci adopte d'ailleurs un casque orange pour saluer ses compatriotes enthousiastes. Les quatorze premiers pilotes s'élancent en pneus ultra-tendres violets. Stroll, Massa, Ericsson, Kvyat et Vandoorne sélectionnent les Pirelli rouges, Wehrlein les jaunes.

 

Départ: Hamilton s'envole parfaitement et conserve le commandement devant Vettel, Bottas et Räikkönen. Alonso est bien parti et se retrouve derrière les Red Bull.

 

1er tour: Dans la montée vers l'Eau Rouge, Hülkenberg lutte contre Pérez qui se rabat vers la droite et bloque Ocon contre le mur intérieur. Les deux Force India se touchent, miraculeusement sans dommage ! Vettel tente en vain de faire l'extérieur à Hamilton dans Kemmel. Hülkenberg déborde Alonso à la chicane de l'Arrêt de bus. Wehrlein fait une excursion hors de la route dans le premier secteur. Hamilton est premier devant Vettel, Bottas, Räikkönen, Verstappen, Ricciardo, Hülkenberg, Alonso, Ocon et Magnussen.

 

2e: Une seconde sépare Hamilton et Vettel. Hülkenberg est assailli dans la pleine charge de Kemmel par Alonso à sa gauche et par Ocon à sa droite. L'Espagnol a le dessus sur l'Allemand, mais pas le Français.

 

3e: Hülkenberg repasse devant Alonso aux Combes. Pérez double Magnussen. Wehrlein rejoint son garage avec un bris de suspension arrière et renonce.

 

4e: Hamilton et Vettel s'enfuient quelque peu, tandis que leurs équipiers Bottas et Räikkönen ne se défont pas des Red Bull de Verstappen et de Ricciardo. Ocon déborde Alonso. Grosjean dépasse son équipier Magnussen.

 

5e: Hamilton devance Vettel (1.6s.), Bottas (4.5s.), Räikkönen (6.2s.), Verstappen (7.8s.), Ricciardo (9.6s.), Hülkenberg (14.4s.) et Ocon (18s.). Pérez prend la neuvième position à Alonso.

 

6e: Hamilton creuse méthodiquement l'écart sur Vettel. Il gagne environ deux dixièmes à chaque passage. Le moteur Honda d'Alonso s'essouffle dans Kemmel: l'Asturien s'incline face à Grosjean.

 

7e: Vettel reprend quelques dixièmes à Hamilton. Bottas concède déjà cinq secondes à son équipier.

 

8e: Verstappen aborde l'Eau Rouge au ralenti. Son groupe propulseur ne fonctionne plus, probablement à cause d'un turbo défaillant. Le jeune Néerlandais abandonne pour la sixième fois cette année. La Renault de Palmer lui échappe comme du savon. L'Anglais change ses pneus.

 

9e: Hamilton précède Vettel (1.6s.), Bottas (6.3s.), Räikkönen (9.4s.), Ricciardo (15.6s.), Hülkenberg (22s.), Ocon (27.6s.), Pérez (28.5s.), Grosjean (31.1s.) et Alonso (34.5s.). Ericsson remplace ses pneus. Les doubles drapeaux jaunes sont présentés dans Kemmel le temps que les commissaires retirent la Red Bull de Verstappen.

 

10e: Vettel est le plus rapide (1'49''911'''). Pérez pourchasse Ocon pour le gain de la septième place. Alonso, Magnussen et Stroll remplacent leurs gommes.

 

11e: Ocon et Grosjean passent par les stands pour prendre des pneus super-tendres.

 

12e: Hamilton entre aux stands pour chausser des Pirelli jaunes (2.3s.) et repart en quatrième position. Arrêts également pour Hülkenberg et Massa.

 

13e: Arrêt pneus pour Pérez. Hülkenberg dépasse Sainz. Ocon remonte dans le peloton en doublant Vandoorne puis Kvyat.

 

14e: Bottas chausse des pneus tendres (3.3s.) et reprend sa route derrière Ricciardo. Pérez se faufile dans Kemmel entre Kvyat et Grosjean. Il dépasse ceux-ci mais retarde son freinage et coupe la chicane des Combes, ce qui lui sera reproché. Vettel entre aux stands en fin de tour pour mettre des pneus tendres (2.6s.).

 

15e: Räikkönen récupère le commandement mais Hamilton est sur ses talons. L'Anglais prend l'aspiration de la Ferrari dans l'Eau Rouge et lui fait l'extérieur à la sortie du raidillon. Le triple champion du monde retrouve la première place. Ricciardo passe chez Red Bull pour prendre les pneus « super-soft ». Räikkönen rejoint son stand en fin de parcours.

 

16e: Räikkönen s'empare des pneus jaunes (2.8s.) et reprend la course en quatrième position. Mais il reçoit aussitôt une pénalité de dix secondes pour ne pas avoir ralenti lorsque les drapeaux jaunes ont été déployés pour évacuer la voiture de Verstappen.

 

17e: Hamilton compte une seconde et demie d'avance sur un Vettel très menaçant. La Ferrari exploite bien les pneus tendres. Ocon et Pérez se défont de Sainz qui n'a pas changé de gommes.

 

18e: Räikkönen subit son « stop-and-go » et redémarre en septième position. Passages aux stands pour Kvyat et Vandoorne.

 

19e: Räikkönen efface Ocon. Sainz s'arrête chez Toro Rosso pour prendre des pneus tendres. Pénalité de cinq secondes pour Pérez qui a emprunté les dégagements en dépassant Grosjean six boucles plus tôt.

 

20e: Hamilton domine devant Vettel (1.2s.), Bottas (7.1s.), Ricciardo (21.5s.), Hülkenberg (42.2s.), Räikkönen (46.8s.), Ocon (49.4s.), Pérez (50.4s.), Grosjean (57.2s.) et Magnussen (1m. 02s.).

 

22e: Hamilton ne parvient pas à se débarrasser de Vettel qui reste dans son sillage, à une seconde et sept dixièmes. Räikkönen pourchasse Hülkenberg.

 

24e: Hamilton précède Vettel (1.3s.), Bottas (6.7s.), Ricciardo (21.8s.), Hülkenberg (49.7s.), Räikkönen (50.4s.), Ocon (57.7s.), Pérez (59.2s.), Grosjean (1m. 07s.), Magnussen (1m. 13s.), Massa (1m. 15s.) et Alonso (1m. 24s.). Attaqué par Palmer dans la courbe de Rivage, Alonso pousse son assaillant vers l'extérieur. L'Anglais lève le pied et perd même une place au profit de Sainz. Second arrêt d'Ericsson.

 

25e: Räikkönen double Hülkenberg dans la ligne droite de Kemmel, grâce au DRS.

 

26e: Bloqué derrière Ocon, Pérez anticipe son second changement de pneus et reprend la piste à la onzième place. Alonso déplore une perte de puissance sur son groupe propulseur. Bien qu'Honda ne décèle aucune défaillance via la télémétrie, l'Asturien est rappelé aux stands pour abandonner. Certains se demandent si celui-ci n'a pas trouvé un prétexte pour jeter l'éponge...

 

27e: Vettel ne rend qu'une seconde et huit dixièmes à Hamilton. Bottas roule à sept secondes et demie de ce dernier.

 

28e: Ocon passe par le stand Force India pour changer ses pneus. Il retrouve le circuit juste derrière Pérez.

 

29e: Ocon est dans la boîte de Pérez. Il se décale à droite dans la déclivité qui suit La Source, mais Pérez lui coupe méchamment la trajectoire. Le Français perd sa moustache avant-droite contre le pneu arrière-gauche du Mexicain. Celui-ci ne tarde pas à subir une crevaison. Il déchape aux Combes après avoir semé des débris de gomme et de carbone. En outre l'aileron d'Ocon est tombé au beau milieu de la route. La voiture de sécurité entre en action. Räikkönen, Hülkenberg, Grosjean, Massa, Sainz, Ericsson et Stroll entrent aux stands et chaussent presque tous des Pirelli violets. Ocon et Pérez font réparer leurs bolides.

 

30e: Hamilton et Bottas se succèdent au stand Mercedes pour remettre des pneus tendres. Vettel et Ricciardo font halte également aux boxes, mais eux prennent les gommes violettes. Les positions ne bougent pas. Magnussen, Kvyat, Palmer et Vandoorne observent aussi des changements d'enveloppes.

 

32e: Les commissaires balaient le bitume à Kemmel et aux Combes. Charlie Whiting autorise les attardés à reprendre leur boucle de retard, ce qui fait perdre beaucoup de temps. Hamilton s'en plaint par radio.

 

33e: La Saftey Car s'apprête à s'effacer. Hamilton mène devant Vettel, Bottas, Ricciardo, Räikkönen, Hülkenberg, Grosjean, Massa, Magnussen, Ocon, Sainz, Stroll, Pérez, Kvyat, Palmer, Vandoorne et Ericsson. Grâce à sa monte agressive, Vettel se prépare à porter l'estocade contre Hamilton. Au re-start, Magnussen allume ses roues à l'Arrêt de Bus et détruit ainsi ses pneus avant. Il doit repasser par son garage pour en changer.

 

34e: Drapeau vert: Vettel se blottit dans les échappements de Hamilton. Il suit la Mercedes comme son ombre jusqu'au raidillon, puis se déporte à l'extérieur dans Kemmel. Mais il n'a pas l'usage du DRS et ne parvient pas à passer. Dans le même temps, Bottas manque d'adhérence à cause de son composé dur. Il est attaqué par Ricciardo à l'extérieur, par Räikkönen à l'intérieur, tous deux en pneus ultra-tendres. Le Finlandais manque son freinage aux Combes, tire tout droit et chute ainsi au cinquième rang.

 

35e: Hamilton devance Vettel (1.2s.), Ricciardo (3.1s.), Räikkönen (4.2s.), Bottas (5.1s.), Hülkenberg (7.4s.), Grosjean (8.5s.), Massa (9.7.), Ocon (10.6s.), Sainz (11.5s.), Stroll (14.2s.) et Pérez (15.3s.).

 

37e: Vettel concède un peu plus d'une seconde à Hamilton. Il ne peut donc pas actionner l'aileron arrière mobile. Ricciardo contient aisément Räikkönen.

 

38e: Une seconde pleine sépare Hamilton et Vettel qui tournent tels des métronomes.

 

40e: Hamilton mène devant Vettel (1.3s.), Ricciardo (6.8s.), Räikkönen (8.3s.), Bottas (10s.), Hülkenberg (17.7s.), Grosjean (20.1s.), Massa (23.6s.), Ocon (24.8s.) et Sainz (25.7s.).

 

41e: Vettel s'offre le meilleur tour de la course (1'46''577''') mais reste à la porte de la zone de détection de l'aileron arrière mobile.

 

42e: Force India ordonne à Pérez de renoncer car sa machine est trop endommagée suite à la collision avec Ocon. « Checo » rejoint son garage.

 

43e: Vettel baisse les bras. Il concède maintenant près de deux secondes à Hamilton et lui abandonne la victoire. Riccardo sécurise sa troisième place en semant Räikkönen et Bottas.

 

44ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte sa cinquante-huitième victoire devant Vettel et Ricciardo. Räikkönen se classe quatrième, Bottas cinquième. Sixième, Hülkenberg ramène huit précieux points à Renault. Grosjean place sa Haas au septième rang. Massa termine huitième, ce qui est bon résultat pour Williams après un début de week-end difficile. Ocon sauve la neuvième place après ses déboires tandis que Sainz empoche le dernier point. Stroll, Kvyat, Palmer, Vandoorne, Magnussen et Ericsson rallient aussi l'arrivée.

 

Après la course: Hamilton et Vettel, rois de Spa

Lewis Hamilton et Sebastian Vettel ont offert un splendide combat des chefs durant quarante-quatre tours. L'Allemand n'a jamais relâché la pression sur le Britannique qui pour sa part n'a pas commis la plus petite faute. L'intervalle entre eux n'a presque jamais excédé deux secondes ! Hamilton est du reste absolument ravi de remporter son deux centième Grand Prix: « La Ferrari était très bonne aujourd'hui et c'était une bagarre fantastique. Vettel et moi avons attaqué à chaque tour et il n'y avait aucune marge d'erreur. Hélas, il y a eu la voiture de sécurité qui était tellement lente que c'était difficile de maintenir les pneus en température. Au redémarrage, Sebastian a profité d'une bonne aspiration et c'était très serré. Mais c'était fun, et c'est ça la course ! »

 

Sebastian Vettel est moins heureux car il estime qu'il avait la voiture pour l'emporter: « Si nous avions fini devant Hamilton en qualifications, nous aurions eu un bon rythme pour rester premiers aujourd'hui ! » estime l'Allemand. « J'ai été surpris de pouvoir rester aussi près de lui pendant toute la course. Donc je m'en veux un peu, parce que quand la voiture de sécurité s'est effacée, j'étais probablement trop proche de Lewis au premier virage et je me suis trouvé dans les turbulences. J'ai essayé de le laisser s'échapper dans l'Eau Rouge mais c'est dur de trouver le bon équilibre. On voit les voitures derrière soi et on ne veut pas être amené à se défendre, au lieu de se concentrer sur l'attaque. Et puis, je savais qu'en ligne droite nous n'étions pas aussi rapides que la Mercedes. Je ne suis pas totalement satisfait, mais après tout ce fut un excellent week-end pour l'équipe. »

 

Une rosse chez les Roses

Mais le principal événement de cette course, c'est bien entendu l'attitude scandaleuse de Sergio Pérez à l'égard de son équipier Esteban Ocon. Si leur friction au démarrage n'était pas de son fait, il n'a aucune excuse concernant son méchant coup de volant du vingt-neuvième tour. Pourtant, il dénie toute responsabilité dans cet incident: « Je présente mes excuses pour l'incident au départ, qui était totalement de ma faute. Mais pour le second contact, je pense qu'Ocon a été un peu optimiste parce qu'il n'y avait pas la place pour faire cette manœuvre. Je protégeais ma trajectoire et je m'attendais à ce qu'il attaque après l'Eau Rouge, il aurait alors eu toute la ligne droite pour me doubler. Je pense que nous avons tous les deux mal géré la situation et que nous avons ruiné la course pour l'équipe. » Évidemment, cette version diverge de celle d'Ocon qui s'en prend très violemment à son équipier: « Nous faisions une bonne course jusqu'à ce que Pérez essaie de me tuer deux fois ! » écrit-il sur son compte Twitter.

 

Ce second accrochage de l'année entre Pérez et Ocon contraint Force India à brandir la menace de sanctions. Le directeur des opérations Otmar Szafnauer annonce ainsi que les deux pilotes n'auront plus le droit de se battre en piste et qu'à la prochaine incartade, le responsable sera suspendu pour un Grand Prix. Mais cette passe d'armes virile entre les deux « panthères roses » laissera indubitablement des traces... Certes, le lendemain, lundi 28 août, Pérez présente ses excuses à Ocon qui les accepte. Réconciliation de façade sur ordre de leur employeur. Entre le Mexicain au sang chaud et le jeune Français ambitieux, la hache de guerre est déterrée.

 

Vettel (220 pts) et Hamilton (213 pts) poursuivent leur palpitant duel pour le titre mondial des conducteurs. Au classement des constructeurs, les positions des quatre premiers, Mercedes-AMG (392 pts), Ferrari (348 pts), Red Bull-TAG Heuer (199 pts) et Force India-Mercedes (103 pts) paraissent figées. En revanche la bagarre pour la cinquième place est féroce entre Williams-Mercedes (45 pts), Toro Rosso-Renault (40 pts), Haas-Ferrari (35 pts) et Renault (34 pts).

Tony