Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull TAG Heuer
Daniel RICCIARDO
 D.RICCIARDO
Red Bull TAG Heuer
Nico ROSBERG
 N.ROSBERG
Mercedes

951e Grand Prix

XVIII Malaysia Grand Prix
Légérement nuageux
2 octobre 2016 - Kuala Lumpur
56 tours x 5.543 km - 310.408 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

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Constructeur
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Présentation de l'épreuve

Pour la première fois depuis quinze ans, le Grand Prix de Malaisie est repoussé en fin de saison. Depuis la dernière édition, le circuit de Sepang a été resurfacé. Le comportement des pneumatiques pourrait être perturbé par ce nouvel asphalte. Certains pilotes craignent qu'ils chauffent et se dégradent plus rapidement que les années précédentes. En outre, plusieurs virages ont été redessinés et possèdent désormais une inclinaison différente. Le dernier virage présente ainsi l'aspect d'un « banking inversé », à 61°, ce qui devrait réduire l'adhérence des bolides. Au contraire, le virage n°5 est maintenant incliné « positivement », c'est-à-dire vers l'extérieur. « La piste aura des exigences différentes sur les pneus » explique Jarno Zaffelli, le fondateur de Dromo, la société en charge de la rénovation. « Presque tous les virages seront plus exigeants sur les charges verticales alors que le dernier virage fera l'inverse, avec une courbure inversée et des vitesses faibles. L'adhérence viendra surtout des pneus. »

A Singapour, Nico Rosberg a remporté sa troisième victoire consécutive et s'est emparé de la première place du championnat aux dépens de Lewis Hamilton. Assistera-t-on en Malaisie à un énième retournement de situation ? On peut en effet découper cette saison 2016 en trois cycles successifs favorables à l'un ou l'autre des pilotes des Flèches d'Argent. Entre l'Australie et la Russie, l'avantage fut à Rosberg, avant que Hamilton ne domine jusqu'au GP d'Allemagne, fin juillet. Depuis Spa-Francorchamps et la « rentrée des classes », la roue tourne à nouveau en faveur de l'Allemand. Comme en 2014, la bataille pour le titre mondial pourrait ne se dénouer qu'au dernier Grand Prix, à Abou Dhabi. Pour l'heure, Mercedes-AMG peut rafler à Sepang une troisième couronne des constructeurs si elle ne concède pas plus de sept points à Red Bull-TAG Heuer.

 

Honda modifie encore son groupe propulseur, via l'utilisation de deux « jetons », un pour le moteur, l'autre pour l'échappement. Fernando Alonso se voit doté d'un nouveau bloc (son huitième en 2016 !) et écopera donc d'une pénalité de... quarante-cinq places. Il se déclare satisfait des améliorations apportées, mais comme un travail de mise au point est encore nécessaire, il abandonne ce moteur samedi pour reprendre l'ancienne version, avant de le retrouver, si tout va bien, lors du GP du Japon. Toujours chez McLaren, à noter enfin que Jenson Button dispute en Malaisie son 300ème Grand Prix.

 

Après avoir été annoncé chez Renault, Williams ou Haas, Sergio Pérez restera finalement une année supplémentaire chez Force India, après que ses sponsors mexicains se sont entendus avec les dirigeants de l'équipe indo-britannique. Son coéquipier devrait toujours être Nico Hülkenberg, confirmé il y a quelques semaines par Robert Fernley, bien que certaines rumeurs l'envoient chez Renault en 2017. Du côté de Toro Rosso, l'avenir de Daniil Kvyat paraît très incertain. Depuis son éviction de Red Bull, le jeune Russe paraît complétement démotivé et ses performances sont très inférieures à celles de Carlos Sainz Jr. Le jeune et fougueux Français Pierre Gasly, protégé par Red Bull et qui lutte actuellement pour le titre en GP2 contre son coéquipier Antonio Giovinazzi, serait bien placé pour le remplacer.

 

Essais et qualifications

La journée du vendredi est très chaude: la température au sol dépasse les 60° C ! Les Mercedes sont aux avant-postes, mais les Ferrari paraissent en mesure de les menacer. Lors de la première séance d'essais libres, la Renault de Magnussen prend soudainement feu alors qu'elle était poussée vers son garage. Du carburant s'échappe depuis le capot-moteur. Le Danois bondit aussitôt hors de son bolide, mais il faut près de dix minutes à ses mécaniciens pour circonscrire l'incendie. La rupture d'une valve faisant partie d'un nouveau système de pression d'essence est à l'origine de cet incident, qui fort heureusement ne cause que des dégâts superficiels sur la Renault.

 

Hamilton réalise sa huitième pole position de la saison, quatre dixièmes de seconde devant Rosberg qui a commis des fautes au cours de ses deux derniers tours lancés en Q3. Les Red Bull (Verstappen 3ème, Ricciardo 4ème) précèdent des Ferrari (Vettel 5ème, Räikkönen 6ème) très décevantes. La quatrième ligne est composée des Force India-Mercedes de Pérez et de Hülkenberg. Button démontre les progrès de la McLaren-Honda sur les pistes rapides en la hissant au neuvième rang, bien loin devant Alonso (22ème) qui, du fait de ses pénalités, s'est laissé éliminer en Q1. Les Williams (Massa 10ème, Bottas 11ème) déçoivent encore et toujours, cette fois-ci à cause d'un sous-virage excessif. Elles précèdent les Haas-Ferrari de Grosjean (12ème) et de Gutiérrez (13ème).

Satisfaction chez Renault où Magnussen (14ème) atteint la Q2. En revanche Palmer (19ème) n'a encore une fois pas brillé. Les Toro Rosso-Ferrari (Kvyat 15ème, Sainz 16ème) font de la figuration à cause de leur vieux moteur Ferrari. Les Sauber (Ericsson 17ème, Nasr 18ème) progressent, mais trop peu pour rejoindre la Q2. Enfin, chez Manor, Ocon (20ème) se place pour la première fois devant Wehrlein (21ème).

 

Le Grand Prix

La chaleur est encore une fois au rendez-vous pour la course. La grande majorité des coureurs part en pneus tendres, exceptés Bottas et Nasr, chaussés de médiums, et Palmer qui a pris les gommes dures.

 

Tour de chauffe: Massa reste immobile sur la grille à cause d'un problème d'accélérateur. Il est poussé vers les stands et s'élancera depuis cette voie.

 

Départ: Hamilton conserve sans peine le commandement tandis que Rosberg dévie vers l'intérieur pour repousser un assaut de Verstappen, avant de s'engager à la corde. Mais à droite, Vettel tente de s'engouffrer entre Verstappen et la bordure de la piste et freine tard... trop tard, puisqu'il harponne Rosberg et l'envoie en tête-à-queue ! Verstappen part au large pour les éviter. Hamilton franchit ainsi le premier virage devant Ricciardo, Pérez, Button, Räikkönen et Verstappen. Plus loin, Kvyat percute l'arrière de la Renault de Magnussen. Rosberg parvient à repartir sans mal tandis que Vettel se gare avec une suspension avant-gauche tordue.

 

1er tour: Räikkönen et Verstappen se défont rapidement de Button. La procédure de voiture de sécurité virtuelle est enclenchée. Hamilton est premier devant Ricciardo, Pérez, Räikkönen, Verstappen, Button, Hülkenberg, Bottas, Grosjean... et Ocon, qui a pris un envol magnifique ! Rosberg est dix-septième.

 

2e: Sainz, Kvyat et Massa passent par les stands pour changer de pneus. Magnussen s'arrête chez Renault pour faire remplacer son museau tandis que Gutiérrez, victime d'une crevaison à l'arrière-droit, prend des roues neuves et perd beaucoup de temps. La course est relancée au terme de ce tour. Verstappen déborde immédiatement Räikkönen au bout de la longue pleine charge.

 

3e: Hamilton compte une seconde d'avance sur Ricciardo. Verstappen prend la troisième place à Pérez. Sainz et Alonso débordent Ocon.

 

4e: Räikkönen fait l'extérieur à Pérez dans l'entonnoir des premier et second virages et pointe ainsi au quatrième rang.

 

5e: Hamilton devance Ricciardo (0.8s.), Verstappen (2.6s.), Räikkönen (4.4s.), Pérez (6.4s.) et Button (7.5s.). Alonso tente de dépasser Grosjean aux virages n°4 et 5, sans résultat.

 

6e: Hamilton repousse Ricciardo à une seconde et demie. Alonso dépasse Grosjean au sommet du quatrième virage. Rosberg remonte: il a doublé Wehrlein, Palmer, Ericsson et Ocon.

 

7e: Hamilton est premier devant Ricciardo (2.1s.), Verstappen (3.2s.), Räikkönen (6.1s.), Pérez (9.8s.), Button (11.6s.), Hülkenberg (12s.), Bottas (14.3s.), Alonso (15s.), Grosjean (16s.), Sainz (17s.) et Rosberg (17.3s.). Massa est victime d'une crevaison. Il passe par son garage pour changer de roues et d'aileron avant.

 

8e: Privé de freins à l'ultime épingle, Grosjean sort de la route et atterrit en tête-à-queue dans les graviers. Une grue pénètre sur le circuit pour évacuer la Haas, et donc la « voiture de sécurité virtuelle » est derechef activée.

 

9e: De nombreux coureurs profitent de cette neutralisation pour changer leurs Pirelli. Verstappen met des pneus tendres, Rosberg, Alonso, Button et Wehrlein des durs. Pérez et Hülkenberg choisissent une gomme médium.

 

10e: Suite à ces arrêts, et tandis que les drapeaux jaunes sont agités, Hamilton devance Ricciardo, Räikkönen, Verstappen, Bottas, Sainz, Ocon, Ericsson, Pérez, Palmer, Nasr, Button, Hülkenberg, Rosberg, Alonso, Kvyat, Wehrlein, Gutiérrez, Magnussen et Massa.

 

11e: La course reprend. Ericsson se défait d'Ocon. Button dépasse Nasr. Rosberg double Hülkenberg sur la ligne de chronométrage, puis efface Button et Nasr. En fin de tour, Hamilton compte deux secondes et demie d'avance sur Ricciardo.

 

12e: Rosberg dépasse Palmer. Ocon change de gommes.

 

13e: Hamilton est leader devant Ricciardo (3.5s.), Räikkönen (8.5s.), Verstappen (17.1s.), Bottas (25.4s.), Sainz (26.2s.), Ericsson (30.2s.), Pérez (34s.), Rosberg (35.5s.), Palmer (38.5s.), Button (39.1s.), Hülkenberg (39.8s.) et Alonso (41s.).

 

15e: Quatre secondes séparent Hamilton et Ricciardo. Rosberg réalise un dépassement difficile sur Pérez dans le très lent virage n°9. Hülkenberg double Palmer.

 

16e: Ocon reçoit une pénalité de cinq secondes pour commis un excès de vitesse dans l'allée des stands.

 

18e: Rosberg dépasse Ericsson. Puis il fait l'intérieur à Sainz à la grande épingle. Magnussen s'aperçoit que les températures grimpent sur sa Renault depuis sa touchette du départ et préfère abandonner.

 

19e: Hamilton a six secondes de marge sur Ricciardo. Grâce à ses pneus neufs, Verstappen rattrape assez aisément Räikkönen.

 

20e: Verstappen est sur les talons de Räikkönen. Il se décale à l'intérieur au virage n°15... alors que le Finlandais rentre dans les stands. Il y chausse les pneus durs (2.3s.). Sainz observe son premier arrêt et prend des enveloppes dures.

 

21e: Hamilton s'arrête chez Mercedes et choisit les Pirelli orange, c'est-à-dire les plus durs (2.4s.). Il laisse ainsi les deux Red Bull au commandement. Rosberg se défait de Bottas, non sans avoir auparavant allumé ses roues au dernier virage.

 

22e: Changement de pneus de Ricciardo (2.2s.). L'Australien repart avec des enveloppes dures environ huit secondes derrière Hamilton. Verstappen est en tête. Ericsson remplace ses pneus.

 

24e: Verstappen mène devant Hamilton (7.6s.), Ricciardo (16.8s.), Räikkönen (24.9s.), Rosberg (26.5s.), Bottas (30.8s.), Pérez (37.4s.), Button (42s.), Hülkenberg (43.1s.) et Alonso (44.7s.).

 

26e: Hamilton revient peu à peu sur Verstappen qui juge que ses gommes perdent de l'adhérence.

 

28e: Verstappen rentre aux stands pour mettre des pneus durs, puis retrouve la piste devant Räikkönen. Hamilton récupère sans peine la direction de l'épreuve. Arrêt pneus également pour Alonso.

 

29e: Hamilton est premier devant Ricciardo (11.1s.), Verstappen (16.5s.), Räikkönen (20.6s.), Rosberg (23.4s.), Bottas (35.2s.), Pérez (40.1s.), Button (46.6s.), Palmer (1m.) et Sainz (1m. 03s.). Hülkenberg passe aux stands pour mettre des pneus durs, type de gomme choisi par tout le monde désormais. Arrêt également pour Kvyat.

 

30e: Bottas stoppe chez Williams pour observer son unique arrêt et chausser des pneus durs. Il repart en huitième position.

 

31e: Palmer retient derrière lui Sainz, Ericsson et Alonso. Il regagne les stands pour mettre son dernier jeu de pneus. Arrêt d'Ocon.

 

32e: Rosberg observe une halte chez Mercedes pour prendre des pneus orange (3.3s.). Il reste cinquième.

 

33e: Second changement de pneus pour Räikkönen (2.4s.) qui repart devant Rosberg. Alonso dépasse Sainz au quinzième virage tandis qu'Ericsson se défend contre Hülkenberg. Arrêt pour Nasr.

 

34e: Hamilton compte seize secondes d'avance sur Ricciardo, lequel ne devance plus Verstappen que de trois longueurs. Hülkenberg prend le meilleur sur Ericsson.

 

35e: Rosberg rattrape aisément Räikkönen et peut désormais utiliser le DRS contre lui. Après une rude bataille, Hülkenberg dépasse Sainz au premier freinage.

 

36e: Hamilton devance Ricciardo (18.6s.), Verstappen (20.2s.), Räikkönen (48.3s.), Rosberg (49.1s.), Button (1m. 07s.), Bottas (1m. 11s.), Pérez (1m. 13s.), Alonso (1m. 15s.), Hülkenberg (1m. 15s.), Sainz (1m. 21s.), Ericsson (1m. 23s.) et Palmer (1m. 25s.).

 

37e: Button change pour la dernière fois ses gommes et chute au dixième rang. Il est imité par Sainz et Ericsson. Ces deux derniers ressortent derrière Palmer. Ocon écope d'une seconde sanction de cinq secondes, toujours pour avoir dépassé la limite de vitesse dans les stands.

 

38e: Rosberg est blotti derrière Räikkönen. Il prend la trajectoire extérieure au virage n°1 pour se jeter à l'intérieur au goulot d'étranglement. Sa manœuvre est cependant un peu hardie, et il heurte le ponton de la Ferrari avec sa roue arrière-droite. Il passe néanmoins, arrachant un morceau d'aileron à son adversaire. La direction de course juge cette passe d'armes incorrecte...

 

39e: Verstappen est sur les talons de Ricciardo. Il lui fait l'extérieur avant le virage de Langkawi, puis tente de le « croiser », sans succès. Les deux équipiers franchissent les courbes suivantes roues contre roues, Riccardo à gauche, Verstappen à droite, jusqu'au septième virage, un droit serré où l'Australien se rabat fermement devant son jeune équipier.

 

40e: Hamilton a désormais vingt-trois secondes de marge sur les Red Bull. Ricciardo repousse une nouvelle charge de Verstappen au premier virage. Gutiérrez change ses enveloppes.

 

41e: Le moteur de Hamilton explose au passage de la ligne de chronométrage. « No ! No ! No ! » se lamente l'Anglais à la radio, avant de se garer dans le bac à graviers. La procédure de « voiture de sécurité virtuelle » est mise en action pour la troisième fois de l'après-midi. Ricciardo s'empare de la première place. Kvyat et Wehrlein changent de pneus.

 

42e: Ayant plus de trente secondes d'avance sur Rosberg, Ricciardo et Verstappen se succèdent aux stands pour prendre un dernier lot de gommes dures. Les opérations se déroulent sans anicroche. Rosberg, Räikkönen, Alonso et Hülkenberg changent aussi leurs pneus. Ces deux derniers encerclent désormais Button qui a déjà effectué son dernier arrêt, et fait donc une mauvaise affaire avec cette neutralisation. Gutiérrez perd sa roue avant-gauche, peut-être mal fixée, au niveau du neuvième virage. Le Mexicain s'immobilise sur le bas-côté.

 

43e: Les drapeaux verts sont agités en fin de tour. Ricciardo mène la course une seconde et demie devant Verstappen. Hülkenberg prend la huitième place à Button. A la grande surprise de tous les commentateurs, Rosberg écope de dix secondes de pénalité pour avoir commis un dépassement hasardeux sur Räikkönen !

 

44e: Rosberg réalise le meilleur tour de l'après-midi: 1'36''424'''. Il compte sept secondes d'avance sur Räikkönen et doit donc, du fait de sa « punition », lui en reprendre encore au moins trois pour ne pas perdre sa place sur le podium.

 

45e: Ricciardo est leader devant Verstappen (2.2s.), Rosberg (22.7s.), Räikkönen (29.8s.), Bottas (40.3s.), Pérez (43.4s.), Alonso (58.5s.), Hülkenberg (1m. 03s.), Button (1m. 05s.), Palmer (1m. 14s.), Sainz (1m. 18s.) et Ericsson (1m. 20s.).

 

47e: Verstappen revient à moins de deux secondes de Ricciardo. Rosberg a neuf secondes de marge sur Räikkönen. Nasr rentre à son garage car ses freins électriques sont hors d'usage. Il occupait la treizième place.

 

49e: L'intervalle entre les deux Red Bull se chiffre à une seconde et deux dixièmes.

 

50e: Ricciardo précède Verstappen (1.4s.), Rosberg (19.5s.), Räikkönen (29.2s.), Bottas (52.4s.), Pérez (55s.), Alonso (1m. 03s.), Hülkenberg (1m. 09s.), Button (1m. 16s.), Palmer (1m. 25s.) et Sainz (1m. 27s.).

 

51e: Rosberg repousse Räikkönen à plus de dix secondes.

 

53e: Verstappen concède désormais deux secondes à Ricciardo qu'il ne semble pas pouvoir rattraper. Anonyme quatorzième, Kvyat termine la course presque sans freins.

 

55e: Deux secondes et demie entre Ricciardo et Verstappen. Pérez et Alonso se rapprochent de Bottas dont les pneus sont assez usés.

 

56ème et dernier tour: Daniel Ricciardo remporte son quatrième Grand Prix devant son équipier Verstappen. C'est le premier doublé de Red Bull et de Renault depuis trois ans. Rosberg se classe troisième, treize secondes devant Räikkönen, et conserve par conséquent sa troisième place. Bottas finit cinquième juste devant Pérez. Alonso termine septième devant Hülkenberg et Button. Palmer finit dixième et arrache ainsi son premier point de la saison. Sainz, Ericsson, Massa, Kvyat, Wehrlein et Ocon coupent aussi la ligne d'arrivée.

 

Après la course

La victoire de Ricciardo fait plaisir à bon nombre de passionnés qui voient enfin un pilote tout sourire sur la plus haute marche du podium. Du reste, après ses échecs immérités à Barcelone et à Monaco, ce succès n'est que justice rendue au sympathique Australien, qui de plus a superbement résisté à la pression de Verstappen. « Nous avons eu une opportunité sur laquelle nous devions capitaliser, commente-t-il. J'étais déterminé à ne pas la laisser filer. Nous avons eu une bonne bagarre avec Max. Il aime se battre vraiment et nous avons ça en commun. » Christian Horner se félicite de ce résultat et met en avant le « fair-play » de son écurie qui a laissé ses pilotes en découdre... du moins jusqu'à l'abandon de Hamilton. Ricciardo dédie par ailleurs sa victoire à Jules Bianchi, deux ans après l'accident fatal survenu à ce dernier. A noter enfin que, par ce doublé, Red Bull retarde la consécration mondiale de Mercedes et s'assure probablement la seconde place du classement des constructeurs au détriment de Ferrari.

 

Lewis Hamilton abandonne sa Mercedes en feu absolument révolté et, comme c'est malheureusement trop souvent le cas, oublie ensuite de réfléchir avant de s'exprimer devant la presse. « Est-ce que quelqu'un souhaite que je ne gagne pas cette année ? » lâche-t-il au micro de la BBC. « Ma question s'adresse à Mercedes: nous fabriquons beaucoup de moteurs, mais seuls les miens ont des problèmes cette année... On doit me donner des réponses, car ce n'est pas acceptable ! » tonne-t-il. Dénoncerait-il un complot ? Inquiet, Toto Wolff annule le traditionnel « point presse » de son pilote et préfère s'entretenir directement avec lui. Quelques heures plus tard, Hamilton rétro-pédale et affirme que le « quelqu'un » qui lui voudrait du mal serait une « puissance supérieure ». Le doigt de Dieu, en quelque sorte...

 

Grâce à ce podium et à l'abandon de son rival, Nico Rosberg porte à vingt-trois points son avance au championnat du monde et peut donc s'estimer satisfait, d'autant plus que c'est miracle que sa voiture n'ait pas été endommagée dans l'accrochage avec Sebastian Vettel au premier virage. Le pilote Ferrari, bien maladroit ces derniers temps, reconnaît d'ailleurs sa faute et présente ses excuses à son compatriote. Néanmoins, la chance de Rosberg est toute relative, car sans cette collision, il aurait très certainement gagné le Grand Prix, et empoché dix points de plus qui lui auraient été fort utiles. Ce n'est que dans deux mois, à l'issue de cette saison, que l'on pourra dire si ce Grand Prix fut pour lui une bénédiction ou au contraire une occasion manquée.

 

La Formule 1, ce danger permanent

Enfin, on ne peut que déplorer les sanctions stupides qui ont été distribuées au cours de cette épreuve. Passe encore que Vettel écope de trois places de pénalité sur la grille de la prochaine course pour avoir percuté Rosberg. Mais la punition infligée à ce dernier pour une légère bousculade avec Räikkönen dépasse l'entendement. Surtout lorsque le président du collège des commissaires s'appelle Derek Warwick, un des pilotes les plus rugueux de son époque. Puisque doubler un concurrent est en soi une manœuvre dangereuse, susceptible de provoquer des incidents plus ou moins graves, au nom du sacro-saint principe de précaution, et dans le sain souci d'améliorer la sécurité des conducteurs, la fédération internationale devrait en toute logique interdire les dépassements en piste. Évidemment, certains esprits chagrins trouveraient cette mesure insuffisante: laisser des êtres humains rouler à 350km/h sur des circuits fermés n'est au fond guère raisonnable. Ils pourraient se faire mal. Et si l'on interdisait la Formule 1 ?

Tony