Daniel RICCIARDO
 D.RICCIARDO
Red Bull TAG Heuer
Nico ROSBERG
 N.ROSBERG
Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes

948e Grand Prix

LXXII Grand Prix de Belgique
Légérement nuageux
28 août 2016 - Spa-Francorchamps
44 tours x 7.004 km - 308.052 km
(Offset: 124 m)
info
Course interrompue au 10e tour suite à l'accident de Kevin Magnussen.
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Violente sortie de piste au Raidillon pour Kevin Magnussen.

Ce Grand Prix de Belgique est un succès populaire grâce à l'afflux d'une cohorte de vingt mille Néerlandais venus encourager le jeune prodige Max Verstappen. Les tribunes se parent de la couleur orange du Royaume des Pays-Bas. En outre, Verstappen évolue doublement à domicile puisqu'il possède aussi la nationalité belge et est né en Flandre. Il est donc « la » grande vedette du week-end et nombreux sont ceux qui se prennent à rêver à sa victoire. Les organisateurs évoquent une affluence de 90 000 spectateurs, le meilleur chiffre depuis quinze ans.

 

Lewis Hamilton a remporté les quatre Grands Prix qui se sont tenus au mois de juillet, et c'est avec une avance de dix-neuf points sur son équipier Nico Rosberg qu'il aborde cette seconde partie de saison. Mais le triple champion du monde n'attend pas grand-chose de cette course puisqu'il doit changer plusieurs éléments sur son moteur et écope de... cinquante-cinq places de pénalité sur la grille ! Mercedes apporte en effet une évolution à son groupe propulseur, pour un coût de cinq « jetons ». Hamilton utilise ainsi son cinquième récupérateur d'énergie, son cinquième turbo, ainsi qu'un sixième élément du bloc non déterminé. Étant contraint de partir en fond de grille, il pourrait aussi changer d'autres pièces afin d'être sûr de pouvoir finir la saison sans entrave supplémentaire. Nico Rosberg lui ne touche pas à son moteur et attend de bénéficier d'éventuelles nouvelles améliorations auxquelles Hamilton n'aura pas droit, à moins d'encaisser d'autres sanctions. A noter que seule l'écurie officielle bénéficie de ce nouveau groupe propulseur Mercedes. Williams, Manor et Force India devront patienter encore quelques courses.

 

De son côté, Honda utilise sept « jetons » pour perfectionner son groupe propulseur. Les six éléments sont modifiés, notamment le turbo et le moteur thermique. Les Japonais concentrent principalement leur effort sur la combustion, leur cheval de bataille de cette saison 2016. Alonso et Button reçoivent leur cinquième groupe propulseur de la saison pour jouir de ces innovations, et atteignent donc leur quota maximum. L'Espagnol devra cependant très rapidement changer de moteur et sera sanctionné en conséquence.

 

Sauber poursuit le développement de sa C35 initié au mois de juillet, et apporte en Belgique un nouvel aileron arrière et un nouveau fond plat. Les premières retombées sont plutôt positives.

 

Faute de subsides, Rio Haryanto est rétrogradé au rang de pilote de réserve par Manor. Il est remplacé par le Français Esteban Ocon, parrainé par Mercedes... et prêté par Renault. A dix-neuf ans et onze mois, Ocon est le plus jeune pilote tricolore de l'histoire de la Formule 1. Né de parents andalous expatriés en Normandie, il fut fort précoce puisqu'il a touché pour la première fois un karting à l'âge de quatre ans et demi. Protégé d'Éric Boullier et de Gravity Sport Management, il a remporté en 2014 le championnat d'Europe de Formule 3 (face à un certain Verstappen...), puis en 2015 le championnat de GP3 pour le compte d'ART. Afin de se concentrer pleinement sur cette discipline, il abandonne la saison en DTM qu'il poursuivait jusqu'ici avec Mercedes, en parallèle de ses essais pour Renault.

 

Halo III dans le viseur

Le « politiquement correct » ne capitule jamais. Bien que son introduction officielle soit reportée à 2018, l'horrible « halo » de protection refait son apparition à Spa-Francorchamps dans une troisième version testée par Nico Rosberg et Nico Hülkenberg. Si le premier est partisan de ce dispositif, le second en est un ardent détracteur. Ces essais ont pour but de déterminer la visibilité offerte par ces trépieds dans l'enchaînement de montées et de descentes du « toboggan des Ardennes ». Mais de nombreux tests doivent encore avoir lieu pour étudier les incidences sur le comportement aérodynamique des bolides et les systèmes de refroidissement.

 

Pour l'heure, le débat fait rage entre opposants et partisans du procédé. Ces derniers affirment qu'un tel système aurait pu sauver les vies d'Henry Surtees et de Justin Wilson, voire de Jules Bianchi. C'est l'avis de Rod Smedley qui était l'ingénieur de course de Felipe Massa lorsque celui-ci a reçu un débris sur son casque en Hongrie en 2009: « La sécurité du pilote est la chose la plus importante et tout le reste est superflu. L'exposition de sa tête à l'air libre peut encore le tuer. Dire que les cockpits ont toujours été ouverts, ou que les passionnés veulent voir les pilotes, ne sont pas des arguments assez forts. » Jacques Villeneuve se situe dans le camp adverse: « C'est le risque qui rend la Formule 1 spéciale. Cette discipline a bâti sa base de passionnés sur le spectacle de pilotes repoussant les limites et risquant leur vie. La sécurité est une belle chose, mais il y a une limite et le saute-vent va au-delà de celle-ci. Quand vous regardez un varappeur, s'il a un fil, ce n'est pas impressionnant. C'est la même chose en F1. Pourquoi payer des millions des pilotes qui ne prendraient pas de risques ? » se demande le Québécois.

 

Essais et qualifications

Les essais du vendredi matin sont très largement dominés par les Mercedes. Rosberg réalise le meilleur chrono avec le halo, preuve que ce système ne perturbe guère l'aérodynamisme des véhicules, du moins sur la Mercedes. Par ailleurs, l'Allemand affirme avoir bénéficié d'un bon champ de vision dans le difficile raidillon de l'Eau Rouge. L'après-midi, ce sont les Red Bull qui occupent le devant de la scène. Porté par une foule enthousiaste, Verstappen signe le meilleur temps. Afin que tout le monde soit satisfait, c'est Räikkönen sur Ferrari qui se montre le plus véloce samedi matin. Lors de cette séance, Gutiérrez se fait à nouveau remarquer en ralentissant Wehrlein au sommet de l'Eau Rouge. Qualifié de « sombre crétin » par le jeune Allemand, le Mexicain écope d'une pénalité de cinq places sur la grille. Hamilton remplace quant à lui sa boîte de vitesses et reculera virtuellement de cinq rangs supplémentaires...

 

Rosberg décroche sans forcer la vingt-huitième pole position de sa carrière. Il précède de 149 millièmes la Red Bull de Verstappen qui devient ainsi le plus jeune pilote de l'histoire de la F1 à se hisser en première ligne. Il bat un record vieux de 55 ans jusqu'ici détenu par Ricardo Rodríguez. Les Ferrari de Räikkönen et de Vettel se partagent la seconde ligne. Le Finlandais peut s'en vouloir: il a manqué la chicane de l'Arrêt de Bus dans son tour le plus rapide, sans quoi il aurait sans doute obtenu la pole. La cinquième place revient à Riccardo. Comme d'habitude, les Force India (Pérez 6ème, Hülkenberg 7ème) sont très performantes ici, et précèdent encore une fois les Williams (Bottas 8ème, Massa 10ème). Ces dernières manquaient toutefois de puissance suite à des problèmes électroniques. Les écarts sont serrés: les huit premiers se tiennent en seulement huit dixièmes de seconde.

 

Button (9ème) hisse brillamment la McLaren-Honda jusqu'en Q3. Alonso n'a pas cette chance: déjà pénalisé de... 35 places pour avoir remplacé plusieurs éléments de son groupe propulseur, il casse son nouveau moteur dès le début de la Q1... Chez Haas, Grosjean (11ème) reprend l'avantage sur Gutiérrez (18ème avec une sanction), mais manque de vitesse de pointe. Les Renault (Magnussen 12ème, Palmer 13ème) obtiennent leurs meilleurs résultats de la saison dans cet exercice, après avoir pourtant eu bien du mal exploiter les pneus Pirelli. Les Toro Rosso sont handicapées par leur vieux moteur Ferrari. Sainz est seulement quatorzième tandis que Kvyat (19ème) est encore une fois éliminé avec la première fournée. Les Manor se mettent en évidence grâce à leur bloc Mercedes. Wehrlein (15ème) atteint la Q2 et Ocon (18ème) fait bonne impression pour ses débuts. Malgré leurs évolutions, les Sauber sont en revanche toujours aussi lentes. Nasr se classe seizième. Ericsson est pénalisé de dix places pour avoir changé de moteur, ce qui ne change rien à sa position puisqu'il avait déjà réalisé le 20ème chrono.

 

Hamilton n'a couvert qu'un tour rapide en Q1 et se contentera de s'élancer depuis le vingt-et-unième rang, devant Alonso, pénalisé de soixante places comme lui...

 

Le Grand Prix

Il se déroule sous une chaleur inhabituelle (37°C au sol) pour ce rendez-vous ardennais. Pirelli impose une pression très élevée aux gommes pour éviter leur éclatement prématuré... ce qui était arrivé à Vettel l'an dernier sur cette piste. Le problème est que dans ces circonstances, les monoplaces manquent cruellement d'adhérence. Certains pilotes déclarent conduire « sur du verglas » ! En outre, le pneu rouge « super-tendre » paraît particulièrement vulnérable. Sa durée de vie estimée n'est que de cinq ou six tours. Pourtant, Verstappen, Pérez, Hülkenberg, Bottas et Massa choisissent de l'utiliser au départ. Le reste du peloton est muni de pneus tendres, exceptés Hamilton et Alonso qui chaussent les médiums. Ericsson s'élance encore une fois depuis les stands.

 

Départ: Rosberg prend un envol sans histoire, au contraire de Verstappen qui fait patiner ses roues. Il est débordé par Räikkönen à droite, Vettel à gauche. En arrivant à la Source, le Hollandais plonge à l'intérieur, à la hauteur des Ferrari, elles-mêmes côte à côte. A l'autre extrémité de la piste, Vettel se rabat trop tôt. Räikkönen l'harponne avec sa roue avant-gauche et l'envoie en tête-à-queue, avant d'être percuté par Verstappen. Hülkenberg et Ricciardo les doublent en abordant la montée vers l'Eau Rouge.

 

1er tour: Verstappen et Räikkönen ralentissent avec des ailerons avant brisés. Vettel est reparti après avoir laissé filer le peloton. A la sortie des Combes, Wehrlein emboutit l'arrière de la McLaren de Button. Rosberg mène devant Hülkenberg, Ricciardo, Massa, Grosjean, Bottas, Sainz, Pérez, Palmer et Magnussen. Button, train arrière démoli, et Wehrlein, suspensions touchées, mettent pied à terre. Nasr passe chez Sauber suite à une crevaison à l'arrière-gauche.

 

2e: Bottas double Massa et Grosjean. Le pneu arrière-droit de Sainz explose dans Kemmel, sans doute après avoir roulé sur un débris. L'Espagnol louvoie pour maîtriser sa Toro Rosso mais finit par déraper aux Combes. Curieusement, il tente de repartir, mais son aileron arrière s'effondre, et il s'arrête dans une échappatoire. La direction de course enclenche la procédure de « voiture de sécurité virtuelle ». Verstappen, Vettel et Räikkönen regagnent les stands pour faire réparer leurs bolides. Les opérations s'éternisent pour le Finlandais car son fond plat ébréché frotte le bitume et s'enflamme !

 

3e: Massa stoppe chez Williams pour se débarrasser de ses pneus super-tendres. Alonso et Hamilton sont déjà remontés aux dixième et douzième rangs. Ocon s'intercale entre eux. Ericsson perd l'usage de son sixième rapport et regagne les stands pour renoncer. Räikkönen retrouve la piste avec une boucle de retard.

 

4e: La voiture de Sainz est évacuée. Les drapeaux verts sont agités. Rosberg conserve l'avantage devant Hülkenberg et Ricciardo. Pérez dépasse Grosjean. Hamilton efface Ocon.

 

5e: Rosberg précède Hülkenberg (2.8s.), Ricciardo (6.5s.), Bottas (10s.), Pérez (11s.), Grosjean (12.2s.), Palmer (13s.), Magnussen (14s.), Gutiérrez (14.7s.), Alonso (15.4s.) et Hamilton (17s.).

 

6e: Magnussen perd le contrôle de sa voiture à la sortie du Raidillon de l'Eau Rouge. La Renault glisse sur le trottoir, part en toupie, et s'écrase contre les protections avec une rare violence, par l'arrière puis surtout par le côté droit. Elle se soulève sous le choc et perd même sa protection de tête. La voiture de sécurité entre en piste.

 

7e: Les voitures se rangent derrière la Saftey Car. Magnussen sort seul de son habitacle mais boite du pied gauche. Il est évacué vers le centre médical du circuit, tandis que les commissaires s'affairent autour de la barrière de pneus qui est complétement éventrée. La Renault n'est plus qu'une épave privée d'une partie de sa coque. Pendant ce temps-là, Hülkenberg, Pérez, Grosjean, Palmer, Ocon et Räikkönen passent par les stands.

 

8e: Rosberg reste en piste. La seconde place est désormais détenue par Ricciardo. Bottas et Gutiérrez changent de pneus.

 

9e: Charlie Whiting décide de présenter le drapeau rouge afin de permettre aux commissaires de réparer les glissières de l'Eau Rouge en toute sûreté. Les pilotes regagnent les stands dans cet ordre: Rosberg devant Ricciardo, Hülkenberg, Alonso, Hamilton, Massa, Pérez, Palmer, Grosjean, Vettel, Bottas, Gutiérrez, Verstappen, Ocon, Nasr et Räikkönen qui a récupéré son tour de retard.

 

L'interruption dure vingt minutes. Elle permet à tous les coureurs de changer leurs gommes. Rosberg, Pérez, Verstappen et Ocon passent en pneus médiums. Tous les autres optent pour les tendres. Le redémarrage aura lieu depuis les stands derrière la voiture de sécurité. Max Verstappen s'entretient avec Christian Horner et Helmut Marko devant les caméras, et rejette la responsabilité du carambolage de La Source sur les deux pilotes Ferrari. Les deux Autrichiens ne le contredisent pas...

 

10e: Les pilotes quittent les stands aux ordres de Bernd Mayländer, le pilote de la Saftey Car. Celui-ci s'efface au bout d'un tour et le Grand Prix est relancé.

 

11e: Rosberg conserve la première place devant Riccardo. Alonso tente de dépasser Hülkenberg à La Source puis aux Combes, en vain. Hamilton se place dans le sillage de l'Asturien.

 

12e: Hamilton déborde Alonso dans Kemmel. Pérez prend la septième place à Kvyat tandis que Grosjean double Palmer. Räikkönen attaque Verstappen par l'extérieur aux Combes, mais celui-ci le pousse vers l'échappatoire. Le Finlandais tire tout droit et retrouve la piste devant son adversaire, mais doit bien sûr lui rendre sa place.

 

13e: Räikkönen prend l'aspiration derrière Verstappen dans la longue ligne droite de Kemmel. Il tente de faire l'intérieur, mais peu avant de freiner Verstappen lui coupe soudainement la trajectoire. Par bonheur, dans un réflexe inouï, Räikkönen donne un coup de frein et évite ainsi de justesse un choc à 330 km/h. Mais le comportement du Néerlandais soulève une certaine indignation. Vettel double Palmer.

 

14e: Rosberg est en tête devant Ricciardo (1.3s.), Hülkenberg (4.4s.), Hamilton (5.1s.), Alonso (7s.), Massa (8.2s.), Pérez (9.2s.), Kvyat (11.2s.), Grosjean (11.6s.) et Vettel (12.5s.).

 

15e: Riccardo revient à une seconde de Rosberg. Hamilton convoite maintenant une place sur le podium mais il est coincé derrière Hülkenberg. Kvyat contient un groupe comprenant Grosjean, Vettel, Bottas, Gutiérrez et Palmer.

 

16e: Vettel déborde Grosjean qui, comme la veille, manque de chevaux sur sa Haas-Ferrari. Son ERS fonctionne très mal.

 

17e: Vettel dépasse Kvyat. Bottas double Grosjean qui va dégringoler dans le classement. Verstappen fait une halte chez Red Bull pour prendre des pneus tendres. Il libère ainsi la voie à Räikkönen...

 

18e: Rosberg porte son avance sur Ricciardo à trois secondes. Hamilton déborde Hülkenberg à Kemmel. Le voici troisième. Gutiérrez dépasse son équipier Grosjean.

 

19e: Bottas double Kvyat. Räikkönen attaque Grosjean après l'Eau Rouge. Le Finlandais se porte à la hauteur du Franco-Suisse... qui lui claque la porte au nez aux Combes ! Décidément, « Iceman » doit avoir les nerfs solides cet après-midi !

 

20e: Rosberg devance Ricciardo (4.1s.), Hamilton (10.8s.), Hülkenberg (13.6s.), Alonso (16.4s.), Massa (18.7s.), Pérez (19.3s.), Vettel (22.3s.), Bottas (26.5s.), Kvyat (29s.) et Gutiérrez (30s.). Räikkönen double Grosjean, cette fois sans mal.

 

21e: Rosberg accroît encore son avance sur Ricciardo. Pérez se montre menaçant derrière Massa.

 

22e: Hamilton s'arrête chez Mercedes pour prendre des pneus tendres. L'opération est toutefois un peu longuette car l'Anglais réaccélère trop tôt, avant d'être descendu du cric ! Massa, Kvyat, Gutiérrez et Palmer changent aussi de pneus.

 

23e: Rosberg possède six secondes de marge sur Ricciardo, avec des pneus en bon état. Nasr reçoit une pénalité de cinq secondes pour avoir roulé hors des limites de la piste. Hülkenberg, Alonso, Bottas et Vettel s'arrêtent aux stands pour prendre des Pirelli médiums. Massa et Verstappen dépassent Grosjean.

 

24e: A la sortie des stands, McLaren libère Alonso au niveau de Hülkenberg. Les pilotes parcourent le reste de l'allée côte à côte, puis sitôt la ligne blanche franchie, Hülkenberg se rabat devant l'Espagnol, lui arrachant au passage un « flap » d'aileron avant. Arrêts pneus pour Nasr et Grosjean.

 

25e: Changements de pneus pour Pérez et Räikkönen qui prennent tous deux des pneus médiums. Peu après, Pérez attaque Verstappen pour le gain de la septième place. Le Mexicain tente de lui faire l'extérieur aux Combes... mais « Mad Max » braque le plus tard possible et envoie le Mexicain dans l'échappatoire... Pérez finira par forcer le passage un peu plus loin. Ocon chausse des pneus neufs.

 

26e: Ricciardo stoppe chez Red Bull pour monter des pneus médiums (2.4s.). Il retrouve la piste devant Hamilton. Vettel déborde Verstappen à La Source, mais celui-ci reprend sa position dans Kemmel grâce au DRS.

 

27e: Rosberg s'arrête tranquillement chez Mercedes pour mettre des pneus médiums et reprend sa route sans avoir perdu le commandement. Vettel sort du raidillon dans les échappements de Verstappen. Il prend l'extérieur, actionne son DRS, puis coupe la trajectoire à son adversaire avant les Combes ! Verstappen doit monter sur ses freins pour éviter la collision. Il fait ainsi un plat sur ses pneus. Après avoir cédé à Bottas à l'Arrêt de bus, il regagne les stands.

 

28e: Rosberg précède Riccardo (10.4s.), Hamilton (11.7s.), Hülkenberg (25s.), Alonso (28.4s.), Massa (29.3s.), Pérez (29.6s.), Vettel (32.5s.), Bottas (35.9s.) et Räikkönen (38.3s.). Verstappen est reparti en quinzième position avec un ultime train de pneus tendres.

 

29e: Après une longue attente, Pérez prend l'avantage sur Massa aux Combes, « au forceps ». Les roues des deux voitures se sont frôlées.

 

30e: Hamilton grossit dans les rétroviseurs de Ricciardo. Celui-ci doit ménager ses pneus arrière qui surchauffent. Toutefois, le pilote anglais doit encore passer par les stands car il n'a utilisé que la gomme tendre jusqu'ici. Pérez prend la cinquième place à Alonso.

 

31e: Vettel menace Massa qui n'est pas parvenu à maintenir ses pneus en bon état.

 

32e: Rosberg est premier devant Riccardo (11.7s.), Hamilton (14s.), Hülkenberg (30.8s.), Pérez (34.8s.), Alonso (38.3s.), Massa (39.2s.), Vettel (39.5s.), Bottas (41.5s.) et Räikkönen (42.9s.).

 

33e: Hamilton observe son second changement de pneus (2.4s.). Il repart avec les enveloppes les plus dures entre les deux Force India. Vettel déborde Massa à Kemmel mais freine trop tard aux Combes, ce qui permet au Brésilien de conserver sa position.

 

34e: Hamilton dépasse Hülkenberg dans la longue ligne droite grâce au DRS. Au même endroit, Vettel double Massa, cette fois avec un franc succès.

 

35e: Rosberg est leader devant Ricciardo (12.1s.), Hamilton (30.8s.), Hülkenberg (32.9s.) et Pérez (35.3s.). Vettel prend facilement la sixième place à Alonso. Kvyat et Palmer passent par les stands pour finir la course en « gommes rouges ».

 

36e: Massa, Bottas et Räikkönen se retrouvent derrière la McLaren d'Alonso. Verstappen remonte vers les points et s'empare de la onzième place aux dépens de Gutiérrez.

 

38e: Treize secondes séparent Rosberg et Ricciardo. Hamilton rend encore dix-sept secondes à l'Australien et n'a aucune chance de le rattraper.

 

40e: Hamilton réalise le meilleur chrono de la course: 1'51''583'''. Räikkönen fond sur les deux Williams.

 

41e: Bottas déborde Massa dont les gommes sont à l'agonie.

 

42e: Rosberg devance Ricciardo (12s.), Hamilton (22s.), Hülkenberg (35.7s.), Pérez (39.4s.), Vettel (45.4s.), Alonso (56.5s.) et Bottas (57.9s.). Räikkönen prend la neuvième place à Massa.

 

44ème et dernier tour: Nico Rosberg remporte son vingtième Grand Prix devant Ricciardo et Hamilton. Les Force India de Hülkenberg et de Pérez, quatrième et cinquième, réalisent leur meilleur résultat de la saison. Vettel se contente du sixième rang après son tête-à-queue au départ. Alonso finit septième, un résultat exceptionnel puisqu'il partait dernier ! Il confirme aussi les progrès du V6 Honda. Bottas, Räikkönen et Massa prennent les derniers points. Verstappen termine onzième une course plus que mouvementée. Gutiérrez, Grosjean, Kvyat, Palmer, Ocon et Nasr sont aussi à l'arrivée.

 

Après la course

Tout le monde est satisfait sur le podium, même si comme d'habitude les deux pilotes Mercedes s'évitent soigneusement. Un Ricciardo rigolard fait le lien entre eux... Rosberg a parfaitement rempli sa mission en transformant sa pole en victoire facile. Mais il ne reprend que dix points à Hamilton qui ne s'attendait pas à finir sur le podium en partant vingt-et-unième. « Si on m'avait offert la troisième place avant cette course avec toutes ces pénalités, j'aurais clairement accepté ! » déclare le triple champion du monde. « La voiture a vraiment bien marché en piste aujourd'hui. La partie la plus difficile de la course était de déterminer mon approche mentale, entre tout risquer au départ ou être sur la retenue et tenter de remonter prudemment. J'ai à peu près fait un choix entre les deux, mais après il y a tous ces événements qui sont intervenus et je suis content d'avoir pu en profiter. »

 

Ainsi, Hamilton (232 points) conserve neuf longueurs d'avance sur Rosberg (223 pts) à l'issue de cette course. Au classement des constructeurs, Red Bull (274 pts) creuse l'écart sur Ferrari (252 pts) tandis que Force India (103 pts) prend pour la première fois l'ascendant sur Williams (101 pts).

 

Quelques heures après la course, Frédéric Vasseur annonce que Kevin Magnussen ne souffre que d'une plaie à la cheville gauche et devrait être bon pour le service pour le Grand Prix d'Italie, huit jours plus tard.

 

Les aventures de « Mad Max »

La conduite de Max Verstappen soulève une fois encore la polémique, d'autant plus que les commissaires sportifs, d'ordinaire si prompts à distribuer des sanctions plus stupides les unes que les autres, n'ont pas réprimés pas ses manœuvres dangereuses. Auraient-ils eu peur de la réaction du public ? Si l'on peut considérer que l'accrochage avec les Ferrari à La Source relève des risques inhérents à ce virage difficile, en revanche son coup de volant pour barrer la route à Kimi Räikkönen au sommet des Combes est inexcusable et trahit une folle inconscience. Le Finlandais a évité in extremis une collision qui aurait sans doute eu des conséquences dramatiques. « Je suis favorable aux bagarres, mais j'ai été obligé de freiner dans la ligne droite suivant l'Eau Rouge pour éviter de heurter Max car il changeait sa trajectoire après avoir tenté une manœuvre, commente-t-il. Je pense que ce n'est pas correct. Il y aura malheureusement un gros accident à cause de ça. Je n'ai ce problème avec aucun autre pilote. » Pour sa part, Sebastian Vettel, qui est vice-président du GPDA, entend s'expliquer avec Verstappen « entre quatre yeux »: « Je ne suis pas en faveur des sanctions, ce n'est pas comme ça que j'ai été élevé, affirme le quadruple champion du monde. Mais je pense que certaines de ses manœuvres ne sont pas correctes, et je pense que de nombreux pilotes n'apprécient pas ce qu'il fait en piste. »

 

Mais Verstappen, sûr de son bon droit, loin de reconnaître ses erreurs, attaque les pilotes Ferrari avec une rare insolence: « Je pense qu'ils devraient avoir honte d'avoir causé un accident comme celui-ci compte tenu de leur expérience et d'oser ensuite se plaindre de moi. Ils n'ont pas besoin d'en faire toute une histoire. Il faut qu'ils comprennent que je ne suis pas heureux qu'ils aient ruiné toute ma course ! [...] Vettel peut venir me trouver, mais je pense qu'il doit en premier se rendre compte de ce qu'il a fait au premier virage. » Ces déclarations immatures indignent une bonne partie des passionnés. Certes, Verstappen n'a pas tort de souligner la responsabilité de Vettel dans l'enchevêtrement du premier virage. Mais cet incident ne justifie aucunement se défense litigieuse face à Räikkönen. Hélas, aucun membre de son entourage ne songe à lui remonter les bretelles, publiquement en tout cas. Christian Horner se contente de reconnaître que Verstappen « est allé à la limite », mais puisqu'il n'a pas été sanctionné, il juge inutile de le réprimander. A contrario, les contempteurs du Batave se déchaînent. Niki Lauda estime ainsi qu'il aurait besoin « d'aller consulter un psy » ! Au moins les frasques de ce jeune homme de 18 ans redonnent-elle un semblant d'intérêt à la Formule 1...

Tony