Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Nico ROSBERG
 N.ROSBERG
Mercedes
Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari

936e Grand Prix

LXXXI Australian Grand Prix
Ensoleillé
20 mars 2016 - Melbourne
57 tours x 5.303 km - 302.271 km
Course prévue pour 58 tours, interrompue au 19e tour, réduite à 57 suite à l'annulation de la procédure de départ.
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Fernando Alonso sort de sa McLaren après un effroyable accident.

Présentation de la saison

Qui pourra vaincre les Mercedes-AMG ? C'est la grande question de cette saison 2016. A priori, rien ne devrait empêcher les Flèches d'Argent de signer un troisième doublé pilotes – constructeurs consécutif. On attend surtout une possible confrontation entre leurs deux pilotes. En 2015, Lewis Hamilton a nettement dominé Nico Rosberg, sauf en fin de saison où l'Allemand a semble-t-il mieux exploité la dernière évolution de la F1W06. Qu'en sera-t-il cette année ? La nouvelle F1W07 paraît très similaire à sa devancière, mais on note toutefois l'apparition d'un « s-duct » sur les bas flancs du nez amovible, un système permettant de fluidifier la circulation de l'air du dessous du museau jusqu'au-dessus du châssis.

 

Seule Ferrari paraît capable de menacer Mercedes. Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen savent que les passionnés de Formule 1 ont les yeux fixés sur eux. Il s'agit d'éviter une énième saison ennuyeuse ! La nouvelle Ferrari SF16-H se singularise par un châssis étroit, notamment à l'arrière, et un nez court. Elle possède aussi une suspension à poussoirs traditionnels, et non plus à tirants comme naguère. Le directeur du département moteur Mattia Binotto a amélioré la combustion de l'essence afin de réduire le temps de détente du groupe propulseur. Le V6 Ferrari pourra-t-il concurrencer le Mercedes ? Lors des essais d'avant saison, Räikkönen a réalisé de très bons chronos... mais en utilisant des gommes plus tendres que les Mercedes.

 

Voici deux ans que Williams-Mercedes est la troisième force du plateau. Deux années sans victoire cependant. Valtteri Bottas et Felipe Massa conduiront la FW38. Cette évolution douce de la FW37 comporte notamment de grosses dérives à l'arrière de chaque ponton, comme sur les Mercedes. L'Écossais Paul di Resta a été nommé pilote de réserve. Frank Williams croit en la victoire pour 2016 tandis que le directeur technique Pat Symonds vise la seconde place au championnat du monde des constructeurs. Revenue au premier plan depuis 2014, Williams est contrainte de progresser au risque de perdre peu à peu l'avantage acquis grâce à l'unité de puissance Mercedes.

 

La querelle opposant Red Bull à Renault a beaucoup occupé les journalistes en 2015. Finalement, le motoriste français a accepté de poursuivre son partenariat avec l'écurie anglo-autrichienne mais a minima. Il n'y a plus aucun lien marketing entre les deux entités et les unités de puissance sont rebadgées au nom de TAG Heuer, un des nouveaux sponsors de Red Bull Racing, avec Puma et Aston Martin. Quant à la RB12, elle dérive largement de la RB11 qui était un bon châssis. Dans ce contexte quelque peu délétère, Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat ont des objectifs très limités pour cette saison. Décrocher quelques podiums serait une belle réussite.

 

Force India-Mercedes a un bon potentiel mais peu de moyens financiers pour l'exploiter. Et l'avenir est des plus incertains : non seulement l'alliance envisagée avec Aston Martin ne s'est pas concrétisée, mais en plus Vijay Mallya, poursuivi par dix-sept (!) banques indiennes, aurait fui à Londres. Sur le plan sportif, la nouvelle VJM09 conçue par Andrew Green a réalisé de bons chronos en essais libres aux mains de Sergio Pérez et Nico Hülkenberg. Mais l'équipe technique aura-t-elle les moyens de développer cette monoplace ? En outre, la rivalité pourrait être intense entre deux pilotes pas encore vieux – mais déjà plus très jeunes – et qui cherchent désespérément à rejoindre une équipe de pointe. Dominé par Pérez en 2015, Hülkenberg joue gros.

 

Après bien des tergiversations, Renault a finalement racheté l'officine d'Enstone criblée de dettes, et qui devient donc à nouveau son équipe d'usine. Le constructeur français va exploiter une monoplace conçue par une écurie à court d'argent, adaptée au dernier moment pour recevoir un mauvais moteur et confiée à deux pilotes inexpérimentés : Jolyon Palmer, 25 ans, champion de GP2 en 2014, et Kevin Magnussen, 23 ans, laissé libre par McLaren. Le jeune Danois a pris la place de Pastor Maldonado, abandonné par PDVSA. Renault Sport F1 Team est dirigée par un triumvirat composé de Frédéric Vasseur, le fondateur des prestigieuses équipes ASM et ART, de Jérôme Stoll et Cyril Abiteboul, respectivement président et directeur général de Renault Sport. Une bonne nouvelle est le retour de Bob Bell qui fut directeur technique lors des grandes heures de la décennie 2000. Quant à l'unité de puissance, qui rendrait près de quarante chevaux au V6 Mercedes, elle sera désormais développée en collaboration avec Ilmor.

 

Au contraire de RBR, Toro Rosso s'est séparée de Renault en douceur pour acheter des unités de puissance Ferrari... de 2015. Mais aux yeux de Carlos Sainz Jr. et de Max Verstappen, un vieux moteur Ferrari vaut mieux qu'un moteur Renault dernier cri... La « petite Scuderia » a de grandes ambitions pour cette saison et espère gagner une place parmi les cinq premiers teams. Attention toutefois à la rivalité entre les deux « fils à papa », talentueux mais menacés par Helmut Marko en cas de mauvais résultats...

 

Sauber a redressé la barre en 2015 après une saison 2014 catastrophique. Mais ses finances sont toujours dans un état critique. L'équipe suisse ne peut se passer de ses deux pilotes payants, le doué mais inconstant Felipe Nasr, et le faible Marcus Ericsson. Mise en piste au tout dernier moment, la C35 à moteur Ferrari a été grandement influencée par Mark Smith... qui a quitté Hinwil quelques jours avant le GP d'Australie ! Sera-t-elle en mesure de s'extraire du fond de la grille ? Pourra-t-elle être développée en cours de saison ? Rien n'est moins sûr...

 

La première saison de la seconde alliance McLaren-Honda fut catastrophique. Il est impossible qu'en un seul hiver Honda ait pu résorber les déficits de puissance et de fiabilité de son moteur. Malgré tout, Fernando Alonso et Jenson Button poursuivent l'aventure, alors que le premier aurait pu aller voir ailleurs et le second troquer son casque contre une canne à pêche. McLaren apparaît comme un « géant endormi », ce qui désespère Ron Dennis. Afin de redresser la barre, celui-ci a nommé directeur exécutif Jost Capito, le très compétent directeur de Volkswagen Motorsport. Celui-ci prendra ses fonctions en mai. La MP4/31 comporte d'importantes évolutions aérodynamiques et bénéficie désormais de l'expertise de Peter Prodromou, l'ancien bras droit d'Adrian Newey. Enfin, Yasuisha Arai a perdu la direction de Honda F1 au profit de Yusuke Hasegawa.

 

Manor Racing passe entièrement sous le contrôle de Stephen Fitzpatrick. La petite équipe britannique reçoit désormais des moteurs Mercedes et possède ainsi une chance unique de s'extraire du fond de grille. En outre, elle bénéficie d'un partenariat avec Williams pour la conception de la boîte de vitesses et des suspensions. Avec Dave Ryan (ex-McLaren) en directeur de la compétition, Nikolas Tombazis et Pat Fry (ex-Ferrari) au service technique, l'expérience ne manque pas. Côté pilotes, Manor a recruté le jeune espoir allemand Pascal Wehrlein, protégé par Mercedes et vainqueur du championnat DTM en 2015. Son équipier sera l'Indonésien Rio Haryanto qui amène avec lui une belle valise de dollars. Auteur de performances honorables en GP2, Haryanto s'est cependant fait remarquer lors des essais d'avant-saison par quelques sorties de route...

 

Voici l'écurie de Gene Haas, la première « made in US » depuis celle de Carl... Haas. L'entreprise paraît solide : émanation d'une puissante équipe de NASCAR, Haas F1 Team a conclu une alliance avec la Scuderia Ferrari dont elle est de fait l'écurie B. A l'instar de Sauber, elle recevra le V6 italien version 2016. Le châssis VF-16 a été conçu par Dallara. Les pilotes sont le Français Romain Grosjean, qui espère relancer sa carrière, et le Mexicain Esteban Gutiérrez, poulain de Ferrari financièrement soutenu par Telmex. Le directeur sportif est Guenther Steiner qui travailla jadis pour Jaguar et Red Bull. L'objectif est d'inscrire quelques points pour cette première saison. Cependant la Haas-Ferrari s'est montrée très fragile lors des essais hivernaux, et finir la première épreuve serait déjà une belle performance.

 

Règlement technique et développement limité

Fin 2015, Jean Todt et Bernie Ecclestone ont reçu les pleins pouvoirs pour réformer la Formule 1. Mais force est de constater qu'ils n'en ont pas usé et continuent de s'en remettre au bon vouloir des quatre motoristes. En janvier, une réunion de la Commission F1 de la FIA et du Groupe Stratégique a ainsi décidé de maintenir les V6 turbos hybrides jusqu'en 2020, alors qu'Ecclestone prônait un retour aux V8. Le leitmotiv de la réduction des coûts est encore martelé: cette fois on parle de blocs à douze millions d'euros.

 

Toutefois, une bonne nouvelle est la fin progressive des entraves au développement des moteurs. Ainsi le controversé système des « jetons » devrait disparaître en 2017. Pour l'heure, le nombre de jetons alloués pour cette saison passe de 24 à 32 – le même que celui que les trois marques présentes en 2014 reçurent en 2015. Implicitement, Mercedes et Ferrari acceptent d'offrir une chance à Renault et à Honda de les rattraper. Des mesures de contrôle des coûts sont cependant prises en contrepartie, et certaines pièces ne pourront pas être changées. Mais le développement de l'efficacité énergétique restera libre, et c'est bien là l'essentiel. En effet, en deux ans les ingénieurs ont réalisé de remarquables avancées en matière d'efficacité thermique (c'est-à-dire la proportion d'énergie contenue dans l'essence et transformée en force appliquée au vilebrequin). Par exemple, selon Andy Cowell, l'efficacité thermique du groupe propulseur Mercedes dépasse les 50 % quand le système hybride est actif, contre 29 % pour le V8 2,4 litres de 2013. Renault et Honda auront donc la possibilité de progresser en ce domaine... Mais Ferrari et Mercedes aussi. Plutôt que de se réduire, l'écart pourrait au contraire se creuser.

 

La réglementation technique a peu évolué. Afin d'accroître le bruit des moteurs, les gaz évacués par les wastegates devront l'être par un ou deux échappements supplémentaires. Par ailleurs, les communications radios entre l'ingénieur de course et le pilote sont réduites et feront l'objet d'un sévère contrôle des commissaires. L'objectif est que le pilote soit moins « téléguidé » par son équipe, mais celle-ci pourra toujours essayer de faire passer des messages codés.

 

En ce qui concerne les pneumatiques, Pirelli introduit un nouveau type de gommes « ultra-tendres » pour piste sèche. En ce qui concerne le choix des enveloppes, un règlement très complexe est instauré. Pour chaque week-end, Pirelli proposera trois types de composés aux écuries qui en sélectionneront deux. Des options différentes pourront en outre être choisies par les deux pilotes du même team. Mais ces choix s'effectueront en amont, au minimum deux semaines avant la course... Ainsi, en débarquant en Australie, les équipes ont déjà choisi les gommes qu'elles utiliseront en Russie début mai ! En outre, si l'allocation de treize jeux par week-end est maintenue, désormais un lot du mélange le plus tendre doit être conservé pour être utilisé en Q3 exclusivement. Mais les pilotes ayant accédé à la Q3 commenceront la course avec le type de gommes choisi en... Q2. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

 

Présentation de l'épreuve

L'ère des réseaux sociaux et du politiquement correct crée souvent des polémiques ridicules. La Formule 1 n'y échappe pas. Aussi, Lewis Hamilton est-il montré du doigt pour avoir publié sur Twitter une vidéo-autoportrait réalisée... à moto. Ce qui déplaît franchement à la FIA qui a fait de la lutte pour la sécurité routière sa grande priorité. « Je pense que Lewis doit s'excuser pour cette vidéo. Il doit montrer l'exemple. Une vie de champion du monde, c'est très exigeant mais ça s'appelle aussi avoir de la maturité » déclare ainsi Jackie Stewart. Mais Hamilton refuse de se laisser morigéner: « J'aime les réseaux sociaux, mes fans me suivent comme ça et je ne compte pas changer mon style. »

 

Plus sérieusement, Mercedes joue à faire monter la pression en amplifiant le danger représenté par Ferrari. Hamilton déclare être certain que la Scuderia sera « au contact » des Flèches d'Argent. Sebastian Vettel se montre plus prudent: « Je pense que Mercedes est favori, ils semblent avoir une grande fiabilité mais ils étaient aussi très rapides à Barcelone. Je pense que nous sommes plus proches que l'an dernier, surtout en course. »

 

La mascarade du samedi après-midi

Afin de revitaliser des qualifications qui paraissaient monotones, la FIA a concocté une réforme abracadabrante. Si la séance est toujours divisée en trois tronçons, désormais, au bout de quelques minutes, un pilote sera éliminé toutes les quatre-vingt-dix secondes. Ainsi, à la fin de la Q3, seuls deux participants seront encore en lice pour la pole position. Les autorités espèrent ainsi voir surgir des grilles plus ou moins fantaisistes et donc alimenter le spectacle. Vous avez dit « gadget » ?

 

Les essais du vendredi sont perturbés par des averses, mais chacune des séances est dominée par Hamilton. Celle du samedi matin permet aux pilotes d'évaluer les pneus tendres et super-tendres. A nouveau, Hamilton est le plus véloce de la meute.

 

Comme il était à craindre, les qualifications nouvelle manière tournent au ridicule. La Q3 se résume en effet à un duel entre les deux Mercedes: après les deux premières éliminations, les autres concurrents, y compris les pilotes Ferrari, préfèrent regagner leurs garages ! Hamilton réalise donc sans peine la cinquantième pole position de sa carrière, trois dixièmes devant Rosberg. Les Ferrari partiront en deuxième ligne, Vettel devant Räikkönen. Il est inquiétant de constater que Vettel rend huit dixièmes à Hamilton.

Les nouvelles Toro Rosso-Ferrari confirment leur excellent potentiel : Verstappen se classe cinquième, Sainz septième. Massa place la première Williams au sixième rang tandis que Bottas, victime d'un manque d'adhérence, a été éliminé en Q2. Il change par ailleurs sa boîte de vitesses et ne partira que depuis le seizième emplacement. Ricciardo (8ème) a la satisfaction de s'être hissé dans la dernière manche, au contraire de Kvyat (18ème), éliminé en Q1 à cause du trafic. Les Force India-Mercedes (Pérez 9ème, Hülkenberg 10ème) confirment leur statut d'outsiders. Les McLaren-Honda (Alonso 11ème, Button 12ème) grimpent dans la hiérarchie par rapport à 2015.

 

Les Renault atteignent la Q2, ce qui était inattendu. Autre surprise: Palmer (13ème) précède Magnussen (14ème). Les Sauber (Ericsson 15ème, Nasr 17ème) paraissent bien équilibrées mais manquent de puissance. Il n'y a pas eu de miracle pour les Haas de Grosjean et de Gutiérrez, reléguées en avant-dernière ligne. Par ailleurs, la déception est très vive chez Manor dont les monoplaces occupent la dernière rangée, à près de six secondes du chrono de Hamilton ! Comme quoi, avoir un moteur Mercedes ne fait pas tout. Haryanto a été plus rapide que Wehrlein, mais il partira dernier car il est pénalisé pour avoir percuté Grosjean... dans l'allée des stands !

 

Haro sur les qualifications

Le nouveau format des qualifications suscite instantanément un tombereau de critiques méritées. Petit florilège: Toto Wolff: « Tout d'abord, nous devons nous excuser auprès des fans. Les intentions étaient bonnes mais tout s'est mal passé. Nous devons arranger ça immédiatement. Ce que nous nous avons vu est mauvais pour l'image de la Formule 1. Ce n'est pas possible de voir des pilotes rapides tels que Vettel et Räikkönen descendre de leur voiture alors qu'il reste encore cinq minutes. Le plus important maintenant est de procéder à un changement rapide. » Nico Rosberg: « C'est bien que la F1 ait essayé quelque chose, mais nous devrions revenir à l'ancien système... » Sebastian Vettel: « Pour moi, c'était de la m****. Il n'y a aucune raison d'être surpris, ça devait se passer ainsi. Nous ne pouvons pas jouer à ce jeu avec les personnes qui regardent la F1 depuis leur télé ou des tribunes [...] Il n'y avait personne qui roulait en fin de séance alors qu'au début, tout le monde était en piste. C'était un désordre sans nom, car tout le monde faisait en sorte de ne pas être éliminé en même temps. Heureusement que Melbourne est une piste assez longue, mais sur un tracé tel que Monaco, que pourrait-il se passer ? Il n'y aurait pas assez de place. »

 

Les autorités tentent de réagir avec célérité. Les onze directeurs d'équipes se réunissent dimanche matin et décident de revenir à l'ancien système de qualification dès le Grand Prix de Bahreïn. Un retour en arrière salutaire qui devra être validé par le Groupe Stratégique, la Commission F1 et le Conseil mondial de la FIA (ouf !) avant d'entrer en vigueur.

 

Le Grand Prix

Pirelli met à disposition des pilotes une palette comprenant les pneus médiums, tendres et super-tendres. La plupart choisissent ces derniers, tandis que Pérez, Hülkenberg, Button, Bottas, Kvyat, Grosjean et Gutiérrez optent pour les tendres.

 

Tour de formation : Au moment où les pilotes s'installent à leurs emplacements, Kvyat est victime d'une panne électrique. La procédure de départ est annulée et un second tour de formation est lancé. Le Grand Prix est amputé d'une boucle. La Red Bull de Kvyat est poussée vers les stands. Le jeune Russe ne prendra pas le départ.

 

Départ : Hamilton prend un très mauvais envol tandis que Vettel se faufile entre les Mercedes et s'impose au premier virage. Räikkönen déborde Rosberg dans la foulée. Gêné par son équipier, Hamilton cède deux places à Verstappen et à Massa.

 

1er tour: Magnussen est victime d'une crevaison pendant que Gutiérrez rencontre un problème passager de moteur. Vettel mène devant Räikkönen, Rosberg, Verstappen, Massa, Hamilton, Sainz, Hülkenberg, Ricciardo et Alonso.

 

2e: La course commence de manière idéale pour les Ferrari qui maintiennent Rosberg à distance. Magnussen s'arrête chez Renault pour changer de roues et repart avec un tour de retard.

 

3e: L'usage du DRS est autorisé.

 

4e: Hamilton double Massa dans l'enchaînement des virages n°3 et 4.

 

5e: Vettel mène devant Räikkönen (2s.), Rosberg (2.6s.), Verstappen (5.1s.), Hamilton (6.3s.), Massa (9.8s.) et Sainz (10.5s.). Riccardo prend la huitième place à Hülkenberg.

 

6e: Rosberg menace Räikkönen tandis que Hamilton est revenu derrière Verstappen.

 

8e: Vettel compte deux secondes et trois dixièmes d'avance sur son équipier. Sainz s'arrête à son stand pour mettre des pneus tendres.

 

10e: Ricciardo dépasse Massa au premier virage.

 

11e: Vettel précède Räikkönen (2.5s.), Rosberg (3.7s.), Verstappen (10.3s.), Hamilton (11.3s.) et Ricciardo (16.4s.). Massa et Nasr changent leurs pneus.

 

12e: Bottas dépasse Palmer et apparaît au dixième rang. Rosberg s'arrête aux stands en fin de tour et met les pneus tendres (3s.). Il retrouve la piste juste devant Hülkenberg. Ricciardo arrive ensuite aux stands et chausse lui aussi les Pirelli tendres. Changements d'enveloppes pour Alonso et Palmer.

 

13e: En fin de boucle, Vettel entre aux stands, suivi par Verstappen. Räikkönen s'empare du commandement provisoire.

 

14e: Vettel met des pneus super-tendes (2.6s.) et retrouve la piste devant Rosberg. Celui-ci le menace par l'extérieur avant le troisième virage, sans résultat. Verstappen ressort des stands en pneus tendres. En compagnie de Sainz, il se défait rapidement de la Williams de Bottas. Ricciardo prend la septième place à Button.

 

15e: Räikkönen a douze secondes de marge sur Hamilton. Derrière Vettel et Rosberg se trouvent les Force India de Hülkenberg et de Pérez qui ne se sont pas arrêtées. Verstappen efface Button et Sainz double Alonso.

 

16e: Vettel est sur les talons de Hamilton. Grâce à ses pneus frais, il le déborde sans mal par l'extérieur du virage n°2. En fin de tour, c'est Rosberg qui se retrouve derrière son équipier. Sentant ses pneus s'effondrer, le champion du monde s'engouffre dans la voie des stands où l'a précédé Räikkönen.

 

17e: Räikkönen chausse des pneus super-tendres tandis que Hamilton tout au contraire choisit les Pirelli médiums. Hülkenberg et Pérez passent aussi par les stands. Au même instant, Alonso tente de faire l'extérieur à Gutiérrez avant le virage n°3 mais le Mexicain donne un très léger coup de volant vers la gauche au dernier moment. Surpris, Alonso ne peut l'éviter. La McLaren percute la Haas de plein fouet, se fracasse contre le muret, puis s'envole dans une effrayante série de tonneaux avant de s'immobiliser sur le toit tout au bout du bac à graviers, où le rejoint Gutiérrez parti en toupie. Miraculeusement, Alonso s'extrait tout seul de son épave, parfaitement indemne. La voiture de sécurité entre en piste.

 

18e: La course est neutralisée. La piste est jonchée de morceaux de carbone avant le troisième virage. Bottas change de pneus.

 

19e: La direction de course brandit le drapeau rouge. Tous les pilotes regagnent la voie des stands en attendant un deuxième départ.

 

L'interruption dure une vingtaine de minutes, le temps pour les commissaires de balayer les débris. Elle permet aux pilotes de modifier leurs stratégies. Ainsi, Vettel choisit une monte de Pirelli super-tendres rodés afin de s'échapper facilement lors de la reprise. A contrario, Rosberg, Räikkönen et Hamilton chaussent les gommes médiums afin de ne plus passer par les stands. Les deux pilotes Toro Rosso se munissent de pneus tendres. Grosjean touche le gros lot: neuvième au moment du drapeau rouge, il met des pneus médiums et n'aura ainsi pas à effectuer un seul arrêt de toute la course ! Dernier avec une boucle de retard, Magnussen est autorisé à se dédoubler.

 

Alonso rejoint l'infirmerie du circuit pour subir des examens. Son état n'inspire aucune inquiétude. Il ne souffre que d'une côte cassée et d'une égratignure à un genou. Haryanto ne prendra pas le second départ à cause d'une panne de transmission.

 

19ème tour (bis): Les pilotes quittent la voie des stands sous la direction de la voiture de sécurité. Vettel est premier devant Rosberg, Räikkönen, Ricciardo, Verstappen, Sainz, Hamilton, Massa, Grosjean, Hülkenberg, Bottas, Palmer, Pérez, Ericsson, Button, Nasr, Wehrlein et Magnussen.

 

20e: La course reprend. Vettel conserve la première position. Verstappen menace Ricciardo pendant que Hamilton se montre dans les rétroviseurs de Sainz.

 

21e: Vettel tente de s'enfuir en tête. Une seconde et demie le sépare de Rosberg. Räikkönen est à trois secondes de son équipier.

 

23e: Räikkönen regagne les stands avec un moteur en feu. L'incendie est immédiatement maîtrisé par les mécaniciens alors que le Finlandais quitte en hâte son habitacle.

 

24e: Vettel devance Rosberg (3.2s.), Ricciardo (8s.), Verstappen (9.5s.), Sainz (10.6s.), Hamilton (11.4s.), Massa (16.2s.), Grosjean (18.7s.), Hülkenberg (20.2s.), Bottas (21.1s.), Palmer (22.8s.), Pérez (23.6s.) et Ericsson (25.1s.).

 

25e: Hamilton klaxonne derrière Sainz. Grosjean, Hülkenberg et Bottas sont roues dans roues.

 

27e: Ericsson écope d'un « drive-through » car ses mécaniciens travaillaient encore sur sa Sauber quinze secondes avant le redémarrage de la course.

 

28e: Vettel ne creuse plus l'écart sur Rosberg. La Scuderia comprend son erreur: les pneus super-tendres ne sont pas assez performants et Vettel devra changer encore une fois de pneumatiques, au contraire des pilotes Mercedes... Ericsson observe sa pénalité.

 

30e: Vettel mène devant Rosberg (3s.), Riccardo (11.1s.), Verstappen (15.2s.), Sainz (17.2s.), Hamilton (18.1s.), Massa (25.5s.), Grosjean (32.8s.), Hülkenberg (33.8s.) et Bottas (35s.).

 

31e: Hamilton tente de faire l'extérieur à Sainz au virage n°13, sans succès. Le jeune Espagnol regagne ensuite les stands pour chausser les pneus médiums car les tendres fonctionnent mal. Il chute au douzième rang. Toro Rosso a commis la même faute stratégique que Ferrari.

 

32e: Rosberg est revenu à moins de deux secondes de Vettel.

 

33e: Verstappen stoppe à son tour chez Toro Rosso mais son changement de gommes dure longtemps car les mécaniciens n'étaient pas tout à fait prêts. Le jeune Hollandais ressort des stands derrière Sainz, qui vient de doubler Pérez.

 

34e: Vettel n'a plus qu'une seconde d'avance sur Rosberg et va devoir bientôt changer ses pneus. Verstappen efface Pérez.

 

35e: Les freins de Rosberg s'échauffent dangereusement à cause d'un débris qui s'est fiché sur un étrier. Heureusement la température se stabilise avant de descendre progressivement. Mais dans le stand Mercedes on a cru un instant à l'abandon imminent du pilote allemand...

 

36e: Vettel entre au stand Ferrari pour chausser des pneus tendres. Malheureusement, sa roue avant-gauche peine à être fixée, et il ne remet les gaz qu'au bout de cinq secondes et demie d'immobilisation. Il se retrouve ainsi derrière Hamilton.

 

37e: Rosberg est premier devant Riccardo (8.3s.), Hamilton (11.3s.), Vettel (21.7s.), Massa (26.2s.), Grosjean (37.4s.), Hülkenberg (38.3s), Bottas (38.9s.), Palmer (44.8s.), Sainz (45.2s.) et Verstappen (46s.).

 

38e: Verstappen est dans les échappements de son coéquipier et se plaint par radio du rythme de ce dernier qu'il juge trop lent. Mais Sainz n'a aucunement l'intention de lui ouvrir la porte.

 

39e: Hamilton n'est plus qu'à une seconde de Ricciardo qui a consommé ses pneus. Vettel est le coureur le plus rapide en piste.

 

40e: Rosberg précède Riccardo (9.2s.), Hamilton (10.2s.), Vettel (17.3s.) et Massa (27.7s.).

 

42e: Hamilton double Ricciardo au virage n°1. Les deux Mercedes sont en tête. Sainz puis Verstappen dépassent Palmer. Ericsson renonce car il ressent des vibrations au niveau de son pneu arrière-gauche.

 

43e: Ricciardo s'arrête chez Red Bull pour chausser des gommes super-tendres, puis reprend sa route derrière Massa.

 

44e: Grosjean est à nouveau sous la menace directe de Hülkenberg et de Bottas. Les Toro Rosso rattrapent ce trio.

 

46e: L'intervalle entre Rosberg et Hamilton s'élève à dix secondes. Vettel n'est qu'à cinq secondes du pilote anglais. Ricciardo double Massa devant les stands.

 

47e: Grosjean, Hülkenberg, Bottas, Sainz et Verstappen sont maintenant regroupés.

 

48e: Verstappen sort large au virage Hill et évite de justesse de se mettre à l'équerre. « Mad Max » en veut beaucoup à Sainz et compte bien le doubler avant le drapeau à damiers.

 

49e: Ricciardo réalise le meilleur tour de la course : 1'28''997'''.

 

50e: Rosberg est leader devant Hamilton (8.2s.), Vettel (11s.), Riccardo (26.3s.), Massa (43.6s.), Grosjean (1m. 02s.), Hülkenberg (1m. 03s.), Bottas (1m. 04s.), Sainz (1m. 05s.) et Verstappen (1m. 06s.).

 

51e: Vettel est désormais à moins d'une seconde de Hamilton.

 

53e: Vettel est sur les talons de Hamilton. A l'avant-dernier virage, Verstappen porte l'estocade contre Sainz... et s'y prend mal. Il percute la roue arrière-gauche de l'Espagnol et part en tête-à-queue. Il peut redémarrer sans mal mais a perdu tout espoir d'améliorer son classement.

 

54e: Rosberg a sept secondes de marge sur le duo Hamilton – Vettel. Ricciardo est toujours le plus véloce sur la piste.

 

55e: Vettel s'énerve derrière Hamilton. Il glisse dans l'avant dernier-virage, contre-braque pour éviter le tête-à-queue et laboure la pelouse, abandonnant au passage un morceau d'aileron avant. Hamilton sauve ainsi sa seconde place. Bien remonté dans le peloton, Magnussen s'empare de la douzième place aux dépens de Pérez.

 

56e: Verstappen est à nouveau aux trousses de Sainz mais est trop loin pour l'attaquer.

 

57ème et dernier tour: Nico Rosberg remporte son quinzième Grand Prix de Formule 1 devant Hamilton. Mercedes-AMG commence ainsi la saison par un nouveau doublé. Vettel termine troisième. Ricciardo obtient une belle quatrième place pour la première course de Red Bull-TAG-Heuer. Massa finit cinquième. Grosjean est sixième et offre ainsi huit points à l'écurie Haas dès sa première participation ! Hülkenberg, Bottas, Sainz et Verstappen inscrivent les derniers points. Suivent Palmer, Magnussen, Pérez, Button, Nasr et Wehrlein.

 

Après la course

Cette première course n'apporte finalement que peu d'enseignements. Ferrari et Sebastian Vettel semblaient en mesure de vaincre les Mercedes, mais leur erreur stratégique a ruiné leurs espoirs. Nico Rosberg a remporté les quatre derniers Grand Prix devant son équipier Lewis Hamilton. Il nourrit de beaux espoirs pour cette saison mais se méfie des Ferrari : « C'est génial. La stratégie était cruciale, donc je remercie vraiment l'équipe qui a fait un super boulot à ce niveau-là [...] Battre les Ferrari, c'est juste super. Mais nous devons garder un œil sur les gars en rouge. » Toutefois Hamilton fut impressionnant d'aisance en essais et en qualifications. Sa seule erreur fut d'avoir mal utilisé son embrayage au démarrage. Il y a donc fort à parier qu'il voudra prendre une revanche éclatante à Bahreïn.

 

La terrifiante collision survenue entre Fernando Alonso et Esteban Gutiérrez n'aura pas de suite, les commissaires concluant avec justesse à l'incident de course. Du reste l'Espagnol n'en veut pas au jeune Mexicain et se satisfait d'être sorti indemne d'une telle cabriole. « J'avais conscience de ce qu'il se passait, mais il n'y avait plus rien à faire, commente-t-il. Dans ces cas-là, il faut compter sur la chance, sur la voiture. [...] Honnêtement, je ne pense pas ce soit la faute de Gutiérrez. C'est difficile de juger. J'ai pris son aspiration pour le dépasser aussi vite que possible, j'étais caché derrière son aileron. C'est un concours de circonstances... »

 

Romain Grosjean compare sa superbe sixième place à une « victoire ». Il est vrai que Haas est la première écurie à inscrire des points dès son apparition depuis Toyota en 2002. Bien sûr, la voiture américaine n'a pas vraiment été dans le coup aux entraînements et ce résultat est le fruit d'une exceptionnelle, à savoir le drapeau rouge dispensant Grosjean d'effectuer le moindre passage aux stands. Il n'empêche que le Franco-Suisse a su maîtriser la meute qui se pressait derrière lui en utilisant parfaitement ses gommes. A 30 ans, il est devenu un pilote mature et expérimenté qui trouvera peut-être avec Haas les moyens d'exprimer pleinement son talent.

Tony