XXI Grand Prix of South Africa
45e victoire pour Alain PROST
62e victoire pour Williams en tant que constructeur / 42e victoire pour Renault en tant que motoriste

Le Grand Prix d'Afrique du Sud, disputé à Kyalami, marque le début de la saison 1993 de Formule 1. Alain Prost, qui fait son grand retour après une année sabbatique, débute le championnat en favori incontestable. Sa nouvelle écurie Williams-Renault a en effet écrasé la saison 1992 et, au vu des essais d'intersaison, on ne voit pas très bien qui pourrait concurrencer les hommes de Sir Franck et de Patrick Head. Le coéquipier de Prost, Damon Hill, le fils de Graham, paraît par contre un peu tendre avec ses deux grand prix au compteur sur la modeste Brabham.
Derrière Williams, les prétendant au titre de Dauphin ne manquent pas : Benetton, qui dispose du moteur V10 Ford officiel, semble être l'équipe la mieux placée, d'autant plus qu'elle compte dans ses rangs le jeune prodige allemand Michael Schumacher, ainsi que le vétéran Riccardo Patrese. L'écurie McLaren est elle en difficulté : avec le départ de Honda, l'équipe de Ron Dennis a du se contenter d'un faiblard moteur Ford client. Ayrton Senna, mécontent de cet état de fait, n'a d'ailleurs resigné que pour le premier Grand Prix de la saison. La véritable attraction chez McLaren cette saison-là est l'arrivée dans l'équipe de Michael Andretti, vainqueur de l'IndyCar en 1992.
La Scuderia Ferrari quant à elle espère retrouver le succès avec Alesi et le revenant Berger. A noter aussi l'arrivée de l'écurie Sauber, soutenu par Mercedes, le retour de Derek Warwick après deux ans d'absence chez Footwork et les débuts chez Jordan d'un jeune Brésilien prometteur, Rubens Barrichello.
Lors des essais, les Williams confirment sans problème leur domination hivernale. Prost décroche la pôle position, sa première depuis quatre ans, devant Senna et Schumacher. Le Brésilien n'est cependant qu'à un dixième de son éternel rival. Damon Hill est quatrième, à près de deux secondes de son coéquipier. A signaler la superbe performance des nouvelles Sauber : JJ Lehto est sixième sur la grille, Karl Wendlinger dixième.
C'est sous un ciel nuageux que démarre le premier Grand Prix de la saison, le dimanche 14 mars. Et arrive alors ce qui deviendra une constante cette saison-là : Prost, victime d'un problème d'embrayage, manque son départ et se fait dépasser par Senna et Schumacher. Hill fait encore pire et part en tête à queue dans le virage de Nashua, juste sous le nez de son équipier qui l'évite d'un rien. Reparti en fin de peloton, le Britannique s'accrochera plus tard avec la Lotus de Zanardi et abandonnera. L'autre débutant Michael Andretti cale au départ, puis percute Fittipaldi et rentre au garage après quatre tours. Autre incident de début de course : le gros accident d'Ivan Capelli dont la Jordan percute violemment les murs de pneus, sans dommage pour l'Italien.
Devant, un groupe Senna-Schumacher-Prost se forme très vite. Ayrton, qui d'abord s'est envolé, souffre maintenant d'un problème de suspension. Le Français, de loin le plus rapide en piste, « klaxonne » derrière ses deux adversaires. Au 13ème tour, il se débarrasse de la Benetton par un beau dépassement par l'extérieur dans le rapide « droite-gauche » qui suit la ligne de départ. Il va ensuite harceler Senna pendant plusieurs tours, donnant lieu à l'une des plus belles batailles qui ait eu lieu entre les deux hommes, d'autant plus que derrière Schumacher reste très menaçant. À chaque fois, Senna ferme la porte au nez du Français, qui devra attendre le 24ème tour pour passer autoritairement, toujours dans le premier droite-gauche. Schumacher en profite pour doubler lui aussi le Brésilien, mais ce dernier reprend aussitôt l'avantage dans les stands en changeant ses pneus plus rapidement que l'Allemand. Devant, Prost s'assure une solide avance qui lui permet de ravitailler tranquillement puis de sortir des stands en tête.
La victoire est alors jouée, mais la lutte pour la seconde place entre Senna et Schumacher se poursuit. Et finalement, au 40ème tour, l'Allemand tente de passer la McLaren par l'intérieur dans un virage serré, mais ne réussit qu'à partir en tête-à-queue et à caler. C'est fini pour lui.
Ensuite, la course tourne à l'hécatombe tandis que Prost et Senna mènent la danse : Patrese se plante dans les graviers alors qu'il était troisième, Alesi renonce sur une panne hydraulique, Barbazza et Suzuki s'accrochent, le reste des troisièmes couteaux est victime de problèmes techniques. Tout cela profite à la Ligier-Renault de Mark Blundell qui obtient la troisième place.
A sept tours de la fin, la pluie fait son apparition. Elle ne perturbera pas les leaders, très prudents, mais Derek Warwick sortira de la piste alors que Berger verra son moteur Ferrari rendre l'âme à trois tours du but. Au final, seulement cinq voitures franchissent la ligne dans cet ordre : Prost, Senna, Blundell, Fittipaldi et Lehto, Berger accrochant tout de même un point, ayant effectué plus de 75% des tours de la course.
Alain Prost décroche donc une victoire attendue quoique plus difficile que prévue à obtenir. Comme l'indiquait une banderole dans les tribunes : « The Prostfessor is back ». Mais le plus heureux cet après-midi là c'est bien Blundell, qui apporte à Ligier son premier podium depuis...1986 !
Tony