Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Ferrari
Alain PROST
 A.PROST
McLaren Honda
Alessandro NANNINI
 A.NANNINI
Benetton Ford Cosworth

476e Grand Prix

XLII British Grand Prix
Légérement nuageux
16 juillet 1989 - Silverstone
64 tours x 4.780 km - 305.920 km
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F1
Coupe

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Gerhard Berger rejoint McLaren

A la mi-juillet, Gerhard Berger annonce à Cesare Fiorio qu'il dénonce son option avec Ferrari pour 1990, laquelle était de toute façon expirée depuis le 31 mai. L'Autrichien s'envole ensuite à Woking pour régler les derniers détails de son contrat avec Ron Dennis. Une vieille complicité lie les deux hommes. Dennis suit Berger depuis l'époque où celui-ci courait en Formule 3 sous l'égide d'Helmut Marko. En 1985 puis 1986, il l'a approché pour l'associer à Alain Prost. Cette fois il s'agit de remplacer le Français. Les pourparlers sont serrés. Les prétentions financières de Berger sont élevées, mais son interlocuteur ne peut guère marchander. Afin de garder l'exclusivité du V10 Honda, McLaren a besoin d'aligner deux pilotes de pointe. L'accord est finalisé avant le Grand Prix de Grande-Bretagne. «  Je laisse de bons amis et de bons souvenirs chez Ferrari », déclare Berger, « mais j'ai envie de me battre encore plus haut. »

 

Prost excepté, Berger était en effet le meilleur pilote à se trouver sur le marché. Mais est-il capable de rivaliser avec Ayrton Senna ? « Je note une contradiction dans la décision de Gerhard », relève ainsi Jackie Stewart. « Comment assumer une volonté d'épanouissement et le partenariat avec Senna ? » James Hunt partage cet avis: « L'arrivée de Senna chez McLaren a contraint Prost à réadapter tous ses paramètres de rendements. Je souhaite bien du plaisir à Berger... »

 

Négociations entre Prost et Ferrari

Pendant ce temps-là, toujours en quête d'un volant, Alain Prost explore la piste Williams-Renault. Mais ses entretiens avec Patrick Faure, Bernard Casin (Renault Sport), François Guiter et Dominique Savary (Elf) tournent court. Il veut prendre totalement en main l'entreprise, ce à quoi s'opposent la Régie et évidemment Frank Williams. Quelques jours avant l'épreuve de Silverstone, Prost rencontre Cesare Fiorio sur le yacht F-400 de Gianni Agnelli, au large de la Sardaigne. Cette entrevue se révèle fructueuses et ouvre la voie à des négociations avancées. Le double champion du monde en confie la direction à son avocat Me Jean-Charles Roguet, lequel entame des tractations avec Fiorio et Luca di Montezemolo, le bras droit de Gianni Agnelli.

 

Peu à peu, Prost se laisse séduire par la « magie Ferrari », mais demeure sur ses gardes. Il s'inquiète ainsi des rumeurs qui font état du possible départ de John Barnard. Celui-ci exige de Fiat et de Ferrari de nouvelles garanties, qui en gros se résument à lui donner les pleins pouvoirs sur le plan technique. Travaillés par le puissant « parti italien », Piero Fusaro et Cesare Fiorio ne sont pas disposés à capituler. Du coup, Barnard examine avec attention une offre émanant de Benetton-Ford. Prost sait tout cela et se méfie d'une énième révolution de palais à Maranello. Ce cartésien habitué à travailler avec des Britanniques minutieux exige de la rationalité et de la stabilité, deux qualités qui ne sont pas précisément propres à la Scuderia...

 

Si Prost repoussait l'offre de Ferrari, Fiorio possède plusieurs alternatives. Il pourrait ainsi faire appel à Riccardo Patrese, en fin de contrat chez Williams, qu'il connaît bien pour l'avoir souvent engagé avec Lancia en Sports Protos. Il pourrait aussi choisir un jeune Italien comme Nicola Larini. Enfin, d'aucuns envisagent le retour de Michele Alboreto, mais c'est la solution la moins probable.

 

Présentation de l'épreuve

Comme chaque année avant le Grand Prix de Grande-Bretagne, la presse d'outre-Manche tresse des lauriers à Nigel Mansell dont la popularité est au zénith chez ses compatriotes. Curieux phénomène: les fans anglais se muent cette année en tifosi. Mansell pourrait en effet devenir le premier Britannique à remporter son Grand Prix national depuis Peter Collins en 1958. « Je suis chez Ferrari pour devenir champion du monde et, en confidence, je suis bien payé pour cela ! » déclare l'intéressé avec son sens de l'humour si particulier. Mais Mansell n'attire pas toutes les attentions du public. Derek Warwick jouit lui aussi d'une bonne cote. Des banderoles saluent son retour après son accident de karting. Quant aux troisièmes couteaux Martin Brundle et Jonathan Palmer, ils bénéficient de soutiens plus discrets mais tout aussi passionnés.

 

En 1988, Silverstone a quelque peu dépassé ses capacités d'accueil, ce qui a généré de nombreux embouteillages aux abords de l'ancien aérodrome, ainsi que quelques incidents impliquant des hooligans. Ceci a bien entendu irrité Bernie Ecclestone, toujours très sévère à l'égard de ce circuit qu'il déteste. Prenant modèle sur les clubs de football, le RAC a donc décidé d'augmenter volontairement le prix des billets afin de décourager les fans indésirables... mais aussi ceux issus des milieux défavorisés. La Formule 1 devient peu à peu un « show » réservé à une élite de privilégiés, ce qui attriste de nombreux puristes.

 

Après l'excellente performance de Jean Alesi au GP de France, Ken Tyrrell tient à s'assurer de la présence du jeune Avignonnais dans un futur proche. Par l'intermédiaire d'Eddie Jordan, il lui propose un contrat courant jusqu'à fin 1991. Alesi repousse cette offre, ne voulant pas se lier pour si longtemps avec une modeste écurie. Camel s'entremet entre les deux parties. Alesi retrouve finalement Tyrrell à Woking juste avant le Grand Prix et accepte de s'engager pour les saisons 1989 et 1990 seulement.

 

Le recrutement d'Alesi signifie que Tyrrell coupe définitivement les ponts avec Michele Alboreto. L'incompatibilité entre leurs sponsors respectifs Marlboro et Camel pouvait pourtant être résolue, la firme au cow-boy acceptant de céder la place à celle au dromadaire. Mais Alboreto ne veut plus rien savoir de son ancien patron et surtout a reçu une offre de Gérard Larrousse. Le Milanais devrait devenir le coéquipier Philippe Alliot à compter du GP d'Allemagne. En attendant, Éric Bernard poursuit son intérim avec l'aval de Jean-Paul Driot. Auteur d'une excellente prestation au Castellet, Bernard pourrait ensuite rester essayeur pour Larrousse, et pourquoi pas remplacer Alliot en 1990.

 

N'étant jamais parvenu à sortir des pré-qualifications, Joachim Winkelhock renonce à poursuivre l'aventure avec AGS. Le jeune Allemand doit se remettre d'une sévère sciatique, et du reste n'avait clairement pas le niveau pour conduire en Formule 1. Henri Cochin appelle Yannick Dalmas pour le remplacer. Trois semaines après son éviction par Larrousse, le jeune Varois reçoit donc une deuxième chance en Formule 1. Certes, il aura bien de la peine à briller au volant d'une seconde AGS mal réglée, mais au moins le paddock ne l'a pas oublié. « Je cours, c'est l'essentiel... » soupire-t-il.

 

L'affaire DeLorean qui menace Lotus depuis plus de six ans prend une nouvelle tournure avec l'inculpation de Fred Bushell, le président du Team Lotus, accusé de détournements de fonds. Hazel Chapman prépare en conséquence une réorganisation complète de l'organigramme. Peter Warr, lié à Bushell et jugé responsable des résultats calamiteux de l'écurie (trois points inscrits depuis le début de la saison), devrait être limogé au soir du GP de Grande-Bretagne.

 

Zakspeed et Yamaha paraissent au bord de la rupture. L'équipe allemande est très mécontente du V8 Yamaha qui n'offre que 500 chevaux en piste alors qu'il en développe 630 au banc d'essais ! John Judd affirme cependant que la faute pourrait en revenir au châssis conçu par Gustav Brunner. Yamaha cherche donc un autre partenaire pour 1990 afin d'en avoir le cœur net. De son côté, Erich Zakowski courtise Lamborghini qui espère aussi élargir sa clientèle.

 

McLaren lance enfin sa fameuse boîte de vitesses transversale développée conjointement par David North et Weismann. Autour de cet accessoire est greffée une suspension arrière sensiblement modifiée. AGS amène encore une fois sa JH24, mais celle-ci est remisée samedi matin à cause de vibrations récurrentes.

 

Après Silverstone, le cap de la mi-saison sera franchi et la liste des voitures soumises à l' « enfer » des pré-qualifications sera modifiée. La lutte s'annonce rude car quatorze des vingt équipes engagées dans le championnat du monde ont déjà inscrit des points. Si Zakspeed, Osella, Coloni et Eurobrun n'ont aucune chance de sortir de l'ornière, les Brabham sont en revanche déjà sauvées grâce aux cinq points marqués à Monaco. Le couperet pourrait tomber sur Minardi ou sur Larrousse dont les compteurs sont toujours vierges.

 

Essais et qualifications

Les Onyx confirment leur compétitivité sur les pistes rapides. Gachot signe le meilleur temps de la séance de pré-qualification. Hélas, son compère Johansson casse un roulement de moyeu et passe à la trappe. Grâce à pneus très tendres fournis par Pirelli, Larini parvient à arracher son ticket, de même que Modena et Brundle. Dalmas, Raphanel, Ghinzani, Suzuki et Schneider sont éliminés, de même que Foitek qui à Copse démolit encore une fois l'Eurobrun. Weidler est disqualifié pour ne pas s'être plié au contrôle des pneumatiques.

 

Senna et Prost connaissent tous deux des problèmes avec leur nouvelle boîte transversale et s'en plaignent, mais séparément, auprès de Neil Oatley et Osamu Goto. Les deux McLaren vaporisent ainsi de l'huile vendredi matin et samedi après-midi. Senna glane tout de même la pole position (1'09''099''') devant son coéquipier (1'09''266). Les Ferrari (Mansell 3ème, Berger 4ème) sont à moins d'une seconde des McLaren. Encouragé par ses nombreux supporteurs, Mansell compte sur les problèmes de fiabilité des McLaren pour s'imposer. Les Williams-Renault (Patrese 5ème, Boutsen 7ème) sont rapides mais manquent de grip. Les March-Judd (Gugelmin 6ème, Capelli 8ème) confirment leur grand potentiel sur les circuits rapides, mais ont toutes deux cassé leurs moteurs samedi matin.

 

Nannini (9ème) tâtonne avant de dénicher les bons réglages pour sa Benetton B189. Pirro (26ème) est complétement perdu au volant de la B188 et se qualifie d'extrême justesse. Lotus teste à nouveau les culasses Tickford qui se montrent trop fragiles pour être utilisées en qualifications. Piquet est dixième, Nakajima seizième. Les Lola-Lamborghini (Alliot 12ème, Bernard 13ème) ont pour mission d'inscrire des points et éviter les pré-qualifications. Les Minardi de Martini (11ème) et de Pérez-Sala (15ème), bien servies par Pirelli, se révèlent particulièrement bien adaptées au circuit. Ce n'est pas le cas des Brabham (Modena 14ème, Brundle 20ème) qui préfèrent les tourniquets. Larini (17ème) signe un résultat encourageant pour Osella.

 

Très mauvais week-end pour Arrows. Mal remis de son accident, Warwick (19ème) se contente de limiter les dégâts. Aux prises avec un sous-virage incorrigible, Cheever n'est même pas qualifié ! Les Tyrrell (Palmer 18ème, Alesi 22ème) fonctionnent beaucoup moins bien qu'au Castellet et survirent excessivement. Gachot (21ème) défend seul les couleurs d'Onyx-Moneytron. Moreno (23ème) parvient à qualifier la nouvelle Coloni. Grouillard (24ème) évite de peu le couperet, contrairement à Arnoux (27ème). Les Dallara ne marchent pas du tout à Silverstone. De Cesaris (25ème) parvient à se qualifier, mais pas Caffi, victime samedi d'une rupture de pompe à essence. L'AGS de Tarquini et la Rial de Danner sont aussi refoulées.

 

Clash Arnoux - Boutsen

Samedi soir, Thierry Boutsen est mécontent de sa septième place car il estime avoir été gêné par René Arnoux, une semaine après avoir percuté celui-ci en essais au Castellet. « C'est un problème pour toute la F1 d'avoir un type comme lui sur la piste ! » lâche le Bruxellois. « Il ne devrait pas être là, c'est tout. » Arnoux rejette toute responsabilité et s'emporte contre son collègue: « Mais pour qui se prend-il ? Une victoire et déjà la grosse tête ? On ne peut tout de même pas être seul au monde tout le temps ! Moi aussi je suis parfois gêné, et je ferme ma gueule. Dès qu'un truc se produit sur la piste, c'est de ma faute. Bientôt, on me reprochera une averse ! Ce sont vraiment des c*** ! »

 

Du reste, mortifié par sa non-qualification, le petit René quitte l'Angleterre le soir même pour s'enfermer chez lui à Bologne. Il ne regardera même pas la course dimanche. Sa démotivation atteint un seuil critique.

 

Le Grand Prix

Dimanche, le ciel se couvre sur Silverstone et l'atmosphère est fraîche, ce qui est une mauvaise nouvelle pour Pirelli qui tablait sur la chaleur. McLaren affirme avoir résolu les problèmes récurrents qui affectaient sa boîte transversale: une canalisation du dégazeur mal soudée serait en cause. Mansell réalise le meilleur chrono du warm-up, un souffle devant les McLaren-Honda. Les Williams-Renault sont très nerveuses et difficiles à conduire. Gachot sort très fort et détruit son Onyx. Il devra partir avec le mulet réglé par Johansson. Piquet s'élance avec le mulet Lotus. Alliot choisit aussi sa monture de réserve qu'il estime mieux équilibrée.

 

Les pilotes partent munis de pneus tendres. Lorsque la March de Gugelmin arrive sur la grille, ses mécaniciens constatent une importante fuite d'eau. Le Brésilien rejoint les stands pour sauter dans son mulet, mais la voie des stands est déjà fermée et il devra donc s'élancer depuis celle-ci. Il sera rejoint à l'entrée de la piste par Larini qui a perdu son rétroviseur droit durant le tour de chauffe.

 

Départ: Prost est le plus prompt à réagir mais Senna revient rapidement à sa hauteur. Il se jette à l'intérieur à Copse, contraint son rival à élargir sa trajectoire et passe en tête. Suivent Mansell, Berger, Boutsen et Patrese.

 

1er tour: Senna devance Prost, Mansell, Berger, Boutsen, Patrese, Nannini, Martini, Piquet et Capelli.

 

2e: Une seconde sépare les McLaren des deux Ferrari.

 

3e: Senna ne parvient pas à semer Prost. Moreno s'arrête dans le gazon avec une boîte de vitesses hors d'usage.

 

4e: Prost met la pression sur Senna qui peine à enclencher son troisième rapport. Berger ne tire plus rien de son V12 et rejoint les stands pour faire remplacer sa centrale de gestion électronique. Piquet dépasse Martini à Club.

 

5e: Senna est premier devant Prost (0.6s.), Mansell (2.6s.), Boutsen (6.4s.), Patrese (7.3s.) et Nannini (8.4s.). Capelli déborde Martini. Le moteur du pilote Minardi chauffe excessivement. Celui-ci gagne son stand pour faire dégager ses entrées d'air et chute au vingt-troisième rang.

 

6e: Mansell roule en 1'13''804''' et paraît en mesure de menacer les McLaren. Berger retrouve la piste en dernière position.

 

8e: Mansell se rapproche franchement de Senna et de Prost. Alesi prend la onzième place à Bernard.

 

9e: Senna, Prost et Mansell sont roues dans roues. Les Williams perdent environ une seconde par tour sur ce trio.

 

10e: Senna devance Prost (0.9s.), Mansell (1.5s.), Boutsen (11.2s.), Patrese (12.2s.), Nannini (12.9s.), Piquet (14.5s.), Capelli (15.4s.), Alliot (28.1s.), Modena (29.3s.) et Alesi (29.7s.).

 

12e: Senna entame le virage de Becketts lorsque sa boîte transversale se met au point mort. La McLaren heurte le vibreur, part en tête-à-queue et termine sa course dans les graviers. C'est le quatrième abandon successif de Senna ! Prost prend la tête de l'épreuve.

 

13e: Boutsen et Patrese sont rattrapés par Nannini et Piquet. Brundle revient chez Brabham pour retoucher les réglages de son aileron avant. La Brabham est très instable et exploite mal ses Pirelli. Parti des stands, Gugelmin effectue un retour météorique et occupe la douzième position.

 

15e: Le public trépigne: Mansell n'est qu'à une seconde de Prost et abaisse encore le record du tour (1'13''464'''). De Cesaris abandonne, moteur fumant.

 

16e: Patrese prend l'avantage sur Boutsen. Alesi dépasse Modena. Capelli est une nouvelle fois coupé dans son élan par la mécanique, cette fois-ci par une rupture de différentiel. En revanche, son collègue Gugelmin vole sur la piste et prend la dixième place à Nakajima. Bernard et Larini observent des changements de pneus.

 

17e: Prost se détache peu à peu devant Mansell. Boutsen contient Nannini et Piquet. Le Belge souffre d'une mauvaise tenue de route.

 

19e: Prost précède Mansell (2.7s.), Patrese (28s.), Boutsen (31.4s.), Nannini (31.9s.), Piquet (32.3s.), Alliot (56.2s.), Alesi (56.9s.), Gugelmin (57.4s.), Modena (1m.) et Nakajima (1m. 02s.).

 

20e: Patrese part en toupie à l'abord du virage de Club, à près de 250 km/h. La Williams quitte la route et s'écrase très violemment contre les protections. Tout son flanc droit est détruit. Par bonheur, Patrese sort seul de son habitacle, sans la moindre égratignure.

 

21e: Prost et Mansell rencontrent du trafic. Patrese rejoint son stand sans avoir compris ce qui lui est arrivé... Second arrêt pneus pour Larini. Les Pirelli ont un excellent rendement sur les Minardi, mais pas sur les Brabham ni sur l'Osella....

 

22e: Nannini arrive chez Benetton pour prendre des gommes fraîches (10s.) et repart entre Alesi et Gugelmin.

 

23e: Prost précède Mansell (2.5s.), Boutsen (34.1s.), Piquet (34.6s.) et Alliot (59s.). Nannini et Gugelmin passent devant Alesi.

 

24e: Piquet prend la troisième place à Boutsen au virage de Luffield. Nannini et Gugelmin doublent Alliot.

 

25e: Alesi met la pression sur Alliot. Larini jette l'éponge, sa tenue de route étant trop mauvaise depuis le coup d'envoi.

 

26e: Libéré du trafic, Mansell signe un chrono d'1'12''985''' et tente de garder le contact avec Prost. Pirro change de pneus.

 

28e: Boutsen gagne son stand suite à une crevaison. Il chausse des pneus neufs mais son embrayage patine au redémarrage. Le Bruxellois met près d'une minute avant de pouvoir retrouver la piste en seizième position. Martini remonte dans le peloton grâce à des pneus très performants. Il efface Warwick puis Grouillard, et se retrouve onzième.

 

29e: Prost prend un tour à Alesi puis à Alliot. En sortant du virage de Club, Alesi mord sur la bordure et exécute un tête-à-queue. Il traverse la piste et atterrit sur la terre battue, moteur calé. La course s'arrête là pour le jeune Français. Berger est bon dernier mais a un bon rythme puisqu'il tourne en 1'13''477'''.

 

30e: Prost est devant Mansell (5.2s.), Piquet (44.7s.), Nannini (1m. 02s.), Gugelmin (1m. 03s.), Alliot (-1t.), Modena (-1t.), Nakajima (-1t.), Pérez-Sala (-1t.) et Martini (-1t.).

 

31e: Alliot zigzague devant Mansell et lui fait perdre ainsi de précieuses secondes. L'Anglais se défait péniblement du Vovéen, décidément coutumier du fait.

 

32e: Mansell se retrouve à près de sept secondes de Prost. Modena s'immobilise dans une échappatoire, moteur coupé.

 

33e: Bernard chausse un troisième train de pneumatiques.

 

34e: Palmer quitte la route à Club et percute les glissières de face. Le « Doc » abandonne sa Tyrrell qui laisse une roue en bordure de piste.

 

35e: Prost devance Mansell (9.2s.), Piquet (52.1s.), Nannini (1m. 05s.), Gugelmin (1m. 09s.), Alliot (-1t.), Nakajima (-1t.), Pérez-Sala (-1t.) et Martini (-1t.). Les commissaires ramassent les débris de la Tyrrell de Palmer.

 

37e: Mansell reprend quelques dixièmes à Prost. De la fumée s'échappe de la Lola d'Alliot. Nakajima résiste au retour des Minardi de Pérez-Sala et de Martini. Le Japonais est cependant prudent car son moteur surchauffe.

 

38e: Martini double successivement Pérez-Sala et Nakajima. L'Italien apparaît ainsi en septième position.

 

39e: Le moteur d'Alliot rend son dernier soupir. Pérez-Sala dépasse Nakajima qui se retrouve maintenant sous la pression de Grouillard.

 

40e: Prost est premier devant Mansell (7.8s.), Piquet (1m.), Nannini (1m. 09s.), Gugelmin (-1t.), Martini (-1t.), Pérez-Sala (-1t.), Nakajima (-1t.), Grouillard (-1t.) et Warwick (-1t.).

 

41e: Grouillard prend le meilleur sur Nakajima.

 

43e: Alerte chez Ferrari: Mansell regagne son stand sur trois roues. Son pneu avant-droit est déchiqueté suite à une crevaison. Ses mécaniciens lui mettent de nouvelles enveloppes en onze secondes. Nigel retrouve le circuit sans avoir perdu sa seconde place.

 

44e: Prost possède dorénavant près d'une minute de marge sur Mansell et pourra donc prendre de nouvelles gommes en toute sérénité. Changement de pneus pour Gachot.

 

46e: Prost est premier devant Mansell (53s.), Piquet (1m. 03s.), Nannini (1m. 12s.), Gugelmin (-1t.) et Martini (-1t.).

 

48e: Prost arrive chez McLaren pour bénéficier de gommes neuves. Ses mécaniciens peinent à fixer la roue arrière-droite. Le Français ne repart qu'après vingt-quatre secondes d'immobilisation, certes toujours premier, mais heureusement que Mansell a crevé un peu plus tôt !

 

49e: Bernard renonce, trahi comme son coéquipier par le décidément bien fragile V12 Lamborghini.

 

50e: Prost précède Mansell (13.6s.), Piquet (27.2s.), Nannini (32.7s.), Gugelmin (45.6s.), Martini (-1t.), Pérez-Sala (-1t.), Grouillard (-1t.), Nakajima (-1t.) et Warwick (-1t.).

 

51e: Prost et Mansell abaissent successivement le record du tour. Nannini se rapproche sensiblement de Piquet dont les pneus sont usés. Pérez-Sala et Grouillard se battent pour la septième place.

 

52e: La course est finie pour Brundle qui s'arrête dans la pelouse avec un moteur en feu.

 

53e: Nannini revient à trois secondes de Piquet. Berger renonce après avoir (le croiriez-vous ?) cassé sa boîte de vitesses... Cette fois, c'est un contacteur situé sur le volant qui a lâché.

 

55e: Quatorze secondes entre Prost et Mansell. Nannini est dans les échappements de Piquet. Gugelmin retourne aux stands pour abandonner, boîte de vitesses bloquée. Sa belle remontée aura été vaine.

 

56e: Nannini prend la troisième position à Piquet dans Hangar Straight.

 

57e: Mansell réalise le meilleur chrono de la course: 1'12''017'''. Grouillard menace toujours Pérez-Sala, mais désormais c'est un point qui est en jeu. Le Catalan ferme toutes les portes malgré un pneu avant-gauche presque élimé.

 

58e: Prost répond à Mansell en réalisant son tour le plus rapide du jour en 1'12''193'''.

 

60e: Prost devance Mansell (14.1s.), Nannini (41.6s.), Piquet (57s.), Martini (-1t.), Pérez-Sala (-1t.), Grouillard (-1t.), Nakajima (-1t.), Warwick (-1t.) et Boutsen (-2t.).

 

62e: Mansell lâche du lest pour assurer la deuxième place. Son retard sur Prost grimpe à dix-huit secondes.

 

64ème et dernier tour: Alain Prost remporte sa troisième victoire de la saison. Mansell termine deuxième, Nannini troisième. Piquet a réalisé sa meilleure course depuis le début de l'année et finit quatrième. Martini et Pérez-Sala se classent respectivement cinquième et sixième et offrent à Minardi ses trois premiers points en 1989. Grouillard, Nakajima, Warwick, Boutsen, Pirro et Gachot achèvent aussi l'épreuve.

 

Après la course: la « French Farce » d'Alain Prost

Ce succès permet à Alain Prost d'effacer deux journées d'ennuis mécaniques dus à la nouvelle boîte de vitesses transversale. « On a hésité jusqu'au dernier moment entre les deux boîtes », admet-il. « Tout a été résolu à temps. J'ai néanmoins dû me cracher dans les mains car cette victoire fut beaucoup moins aisée à conquérir que celle de dimanche dernier. Ayrton m'a passé au premier virage en catastrophe. Nous avons bien failli rester tous les deux sur le carreau. Par la suite, je l'ai vu deux ou trois à la limite du tête-à-queue. » Après l'abandon de Senna, tout fut cependant plus clair pour Alain qui s'est payé le luxe d'un changement de pneus superflu. « Cet arrêt n'était pas du tout prévu, mais à partir du moment où Nigel venait de le faire, mon équipe a pris une bonne décision. C'était risqué, d'accord. J'ai d'ailleurs bien cru devoir en rester là. En fait, on change de moins en moins souvent les pneus, et les mécaniciens sont de moins en moins entraînés à cette manœuvre. »

 

Ayrton Senna n'affiche bien sûr pas le même contentement. Le Brésilien explique qu'il n'a pas pu enclencher son troisième rapport à Becketts, ce qui explique sa sortie de route. Certains pensent qu'il est trop dur avec la mécanique tandis que ses partisans dénoncent la malchance. Senna traverse en fait une bien mauvaise passe. Non seulement il est en train de perdre la couronne mondiale, mais il est aussi déboussolé par l'absence de son mentor Armando Botelho Teixeira qui ne quitte plus le Brésil à cause d'une mauvaise maladie.

 

Nigel Mansell a ravi ses supporteurs et, comme l'an passé, sa seconde place équivaut à une victoire. Le très bon rythme des Ferrari sur ce tracé rapide est de bon augure pour la suite du championnat. « Il faut surtout remarquer que nos voitures deviennent de plus en plus fiables et performantes » souligne le Britannique. « D'ailleurs, rajoute-t-il, si cette constatation séduit Alain, qu'il me rejoigne, je suis tout à fait d'accord. Mais je le préviens: il sera pilote n°2 ! » Prost se contente de sourire aux propos du moustachu qui visiblement sait ce qui se trame en coulisses. Gerhard Berger ne partage pas cette joie. A mi-saison, son score est toujours vierge ! C'est avec du vague à l'âme qu'il regagne le Tyrol où l'attendent trois anonymes invités auxquels il doit la vie: les trois sauveteurs qui l'ont tiré du brasier à Imola.

 

Enfin, la troisième place de la nouvelle Benetton-Ford est très encourageante pour l'écurie italo-britannique qui attendait un tel résultat depuis plus de trois mois. Cependant, Sandro Nannini admet que cette B189 est encore en cours de réglage et souffre d'un sous-virage beaucoup trop important pour prétendre à la victoire. A Rory Byrne de trouver une solution...

 

Les trois points apportés par Pierluigi Martini et Luis Pérez-Sala à Minardi sauve celle-ci de l'enfer des pré-qualifications dans lequel seront précipitées à compter du GP d'Allemagne AGS et Larrousse. Avec seulement deux points, Onyx y reste coincé. Les deux Brabham, la seconde Dallara et la seconde Rial n'auront en revanche plus à prendre la piste vendredi matin.

 

Prost (48 points) prend le large au classement mondial devant Senna (27 pts.). Viennent ensuite Patrese (22 pts), Mansell (21 pts), Boutsen (13 pts) et Nannini (12 pts). McLaren-Honda (74 pts) se dirige sereinement vers un titre mondial des constructeurs. Williams-Renault (35 pts), Ferrari (21 pts) et Benetton-Ford (17 pts) lutteront pour la médaille d'argent. Tyrrell-Ford (10 pts) occupe la cinquième place devant Arrows et Dallara (8 pts chacune).

Tony