Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Williams Judd
Ayrton SENNA
 A.SENNA
McLaren Honda
Alessandro NANNINI
 A.NANNINI
Benetton Ford Cosworth

460e Grand Prix

XLI British Grand Prix
Pluie
10 juillet 1988 - Silverstone
65 tours x 4.778 km - 310.570 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
  • 35e victoire pour Honda
  • 1er podium pour Judd
  • 75e podium pour Honda
  • 1er meilleur tour pour Judd
Deux Ferrari sur la première ligne, mais aucune dans les points à l'arrivée.

Avant ce Grand Prix de Grande-Bretagne Ferrari annonce l'engagement de Nigel Mansell pour la saison 1989. Le Britannique remplacera Michele Alboreto.

 

Mansell s'apprête à quitter une équipe Williams en plein marasme. Après sept courses l'écurie championne du monde en titre ne compte qu'un seul point au compteur. Les mauvaises performances de la FW12 sont surtout dues au système de suspension réactive qui rend la conduite très difficile. Au soir des premiers essais qualificatifs, alors que Patrese a signé un désastreux trentième temps, Patrick Head décide de démonter le système. Les Williams sont transformées en une seule nuit et deviennent subitement plus aisées à piloter.

 

Ce week-end McLaren-Honda introduit un nouveau type de carrosserie censé améliorer les performances de la voiture sur les circuits rapides. A vrai dire il va surtout créer des problèmes de tenue de route et par conséquent les MP4/4 vont se révéler moins performantes que d'accoutumée.

 

Du coup les Ferrari en profitent. A la surprise générale Berger signe la pole position avec deux dixièmes d'avance sur Alboreto. Son temps est de trois secondes plus lent que celui réalisé par le poleman de 1987 Nelson Piquet. Les McLaren sont reléguées en deuxième ligne: Senna est troisième à cinq dixièmes de Berger, Prost quatrième à six dixièmes. C'est donc la première fois de l'année que la pole échappe à McLaren. Chez Ferrari on espère la victoire, si toutefois le moteur turbo ne subit pas ses éternels soucis de consommation. En troisième ligne on retrouve à l'étonnement général les deux March-Judd, Gugelmin devant Capelli. Viennent ensuite Piquet, Nannini, Warwick et Nakajima. Mansell est onzième devant Boutsen. Patrese est parvenu à se qualifier en quinzième position.

 

Les deux Zakspeed sont non-qualifiées ainsi que la Coloni de Tarquini, l'Eurobrun de Larrauri et la Ligier de Johansson. Ce Grand Prix est crucial pour le fond de la grille car comme il marque la mi-saison, il définit quelles écuries seront soumises à la pré-qualification dans la deuxième partie de l'année.

 

 

La météo va venir tout perturber. Le dimanche de la course, une forte pluie s'abat sur Silverstone. Tout le monde sait que ces conditions sont favorables à Ayrton Senna. Très concentré, le Brésilien prépare sa course si soigneusement qu'après avoir observé la piste il décide de changer de trains de pneus quelques minutes seulement avant le départ.

 

Au moment du départ la piste est totalement détrempée et la visibilité est nulle. C'est la première course à se dérouler sous la pluie depuis le Grand Prix de Belgique 1985. Tous les pilotes s'élancent en pneus pluie.

 

Tour de formation: A l'issue de ce tour Palmer entre dans les stands. Il partira depuis son stand, avec quelque retard.

 

Départ: Alboreto prend le meilleur envol et menace Berger, mais l'Autrichien conserve la tête à Copse. Derrière on retrouve Senna, Gugelmin, Warwick et Capelli. Prost a pris un départ calamiteux et chute au huitième rang.

 

1er tour: Senna double Alboreto à Maggots. Puis Capelli passe Warwick à Becketts. Senna attaque Berger à Stowe mais l'Autrichien ferme la porte. Pérez-Sala a heurté un concurrent et finit sa course dans l'herbe.

Berger mène devant Senna, Alboreto, Gugelmin, Capelli, Nannini, Mansell, Warwick, Piquet et Nakajima. Prost est onzième. C'est la première fois de la saison qu'une McLaren n'est pas en tête de la course.

 

2e: Les conditions climatiques sont réellement catastrophiques. Berger et Senna passent Palmer qui s'est élancé avec un tour de retard. Les réglages de sa voiture étant mauvais, Prost est très lent et se fait passer par Cheever et Boutsen.

 

3e: Berger mène avec une seconde d'avance sur Senna. Alboreto est troisième à six secondes de son équipier, Gugelmin à neuf secondes. Nannini puis Mansell passent Capelli qui rencontre des problèmes électriques. Patrese passe Prost qui n'est plus que quatorzième.

 

4e: Senna met une forte pression sur les épaules de Berger. Alboreto est à douze secondes de Berger. Nannini est revenu derrière Gugelmin.

 

5e: La pluie est tellement dense que même à la télévision il est difficile de distinguer les monoplaces. Berger et Senna sont de loin les pilotes les plus rapides en piste.

 

6e: Tout va mal pour Prost qui s'est fait dépasser par... l'Eurobrun de Modena !

 

7e: Senna continue de menacer Berger. Une seconde et demie les sépare. Alboreto est à vingt secondes. Quatre secondes derrière l'Italien, Gugelmin et Nannini se battent pour la cinquième place. Mansell est sixième, deux secondes derrière la Benetton.

 

9e: Senna se rapproche légèrement de Berger. Nannini attaque sans cesse Gugelmin qui ne bronche pas. Mansell se rapproche de ces deux pilotes. Piquet prend la huitième place à Warwick. A Copse, Streiff a heurté un concurrent et finit sa course en tête-à-queue dans les graviers.

 

10e: La pluie s'est arrêtée. Une seconde et demie d'écart entre Berger et Senna. Boutsen passe Warwick. De Cesaris entre dans les stands et abandonne suite à une panne d'embrayage.

 

12e: Gugelmin, Nannini et Mansell sont désormais roues dans roues et remontent sur Alboreto.

 

14e: Après Abbey, Berger et Senna reviennent sur un trio de retardataires composé de Caffi, Prost et Modena. Caffi s'écarte le premier. A l'abord de Luffield Senna se jette à l'intérieur et double Berger. Dans son élan il double aussi Prost dans le virage. Les deux coéquipiers se sont légèrement touchés dans la manœuvre. Peu après Caffi double à son tour le Français.

Pendant ce temps-là Nannini attaque Gugelmin à Becketts, mais le Brésilien ferme la porte. A Luffield c'est au tour de Mansell d'attaquer Nannini, sans succès.

 

15e: Senna compte une seconde d'avance sur Berger.

 

16e: Nannini trouve enfin l'ouverture sur Gugelmin. Il est bientôt imité par Mansell.

 

17e: Palmer revient à son stand au ralenti après une panne de transmission: c'est l'abandon.

 

19e: Senna compte 1.3s. d'avance sur Berger. Alboreto est à 42s. du leader.

 

20e: A l'abord de Club Nannini tente de passer Alboreto par l'intérieur. Mais il se fait lui-même déborder par Mansell qui plonge à l'intérieur dans le virage. L'Anglais passe la Benetton mais Alboreto lui résiste autoritairement. Surpris par Mansell, Nannini effectue un 360°. Il repart sixième derrière Gugelmin.

 

21e: Nannini repasse Gugelmin.

 

22e: Mansell est à la poursuite d'Alboreto. Il prend l'aspiration derrière la Ferrari après Stowe et la déborde avant Club. Voici Mansell troisième.

 

23e: Senna compte maintenant quatre secondes d'avance sur Berger. Cependant Senna doit se ménager car McLaren lui a signalé qu'il consomme trop d'essence. Toutefois ceci n'a pas grande importance car Berger rencontre le même problème.

 

24e: Senna mène devant Berger (4.6s.), Mansell (52.2s.), Alboreto (54.7s.), Nannini (55.3s.) et Gugelmin (1min.). Suivent Capelli, Piquet, Boutsen et Warwick.

 

25e: La trajectoire commence un peu à s'assécher. Nannini double Alboreto dans la ligne droite avant Stowe.

 

26e: Tandis qu'il était seizième, Prost entre dans les stands et sort aussitôt de sa machine. Le Français se plaint de la tenue de route de sa voiture, mais juge en fait les conditions trop dangereuses et n'avoir rien à gagner en continuant la course.

 

27e: Senna possède maintenant sept secondes de marge sur Berger. Nannini est revenu sur les talons de Mansell.

 

28e: Avant Luffield Nannini se montre dans les rétroviseurs de Mansell et se déporte vers l'extérieur. Mansell fait de même mais Nannini le surprend en plongeant soudainement à l'intérieur. Le jeune Italien est troisième. Plus loin, Piquet prend la septième place à Capelli.

 

29e: Boutsen passe Capelli.

 

30e: A Luffield Nannini commet une nouvelle erreur et part en tête-à-queue. Il atterrit dans les graviers mais heureusement ne cale pas et reprend la piste par un échappatoire passant derrière un muret de protection. Mansell a repris la troisième place.

 

31e: Nannini est reparti devant Alboreto, désormais menacé par Gugelmin.

 

32e: Douze secondes entre Senna et Berger.

 

33e: Alboreto commet une erreur au freinage de Luffield, ce qui permet à Gugelmin de le doubler.

 

34e: Capelli s'arrête aux stands pour changer de pneus.

 

35e: La trajectoire est désormais relativement sèche. Les pilotes empruntent les zones humides de la piste pour sauvegarder leurs pneus. Seuls les six premiers sont encore dans le même tour.

 

36e: Capelli revient à son stand pour abandonner à cause d'un souci d'alternateur.

 

38e: Senna prend un tour à Boutsen puis à Piquet. Mansell est l'homme le plus rapide en piste et remonte sur Berger. L'Anglais prend bien soin de rouler sur les parties les plus humides de la piste afin de ménager ses pneus rainurés.

 

39e: Senna prend un tour à Alboreto, désormais menacé par Piquet.

 

40e: Piquet prend la sixième place à Alboreto. De la fumée s'échappe de la Benetton de Boutsen: le Belge s'arrête dans le gazon.

 

42e: Ferrari ordonne à Berger de lever le pied car sa voiture pourrait tomber en panne sèche. L'Autrichien compte 37 secondes d'avance sur Mansell... qui pour sa part n'a aucun problème de consommation.

 

44e: Senna n'est pas très rapide car il ménage son essence. Du coup, bien qu'étant à un tour, Piquet se fait assez menaçant derrière la McLaren. Senna compte 35 secondes d'avance sur Berger. Mansell est quant à lui à 32 secondes de l'Autrichien.

 

45e: La Scuderia présente à Berger un panneau sur lequel « SLOW » est écrit en gros. S'il ne ralentit pas l'Autrichien pourrait tomber en panne sèche dans les derniers kilomètres.

 

47e: Mansell n'est plus qu'à 19 secondes de Berger. L'Anglais roule cinq secondes au tour plus vite que l'Autrichien.

 

48e: Mansell signe le meilleur tour en course: 1'23''308'''. Berger roule en 1'30''... Alboreto entre aux stands et chausse des pneus slicks. Il repart onzième.

 

49e: Senna contient difficilement Piquet qui voudrait reprendre son tour de retard. Mansell est à quatre secondes de Berger.

 

50e: A l'abord de Club Mansell est revenu juste derrière Berger. Il part très loin en marge de la piste pour rouler sur la zone la plus humide, plonge ensuite à l'intérieur et passe la Ferrari.

 

51e: Senna compte une minute d'avance sur Mansell. La pluie refait modérément son apparition, pour le plus grand malheur d'Alboreto qui ne progresse pas.

 

52e: Nannini est à son tour sur les talons de Berger. Il le double sans difficulté.

 

53e: La pluie s'intensifie. Alboreto revient à son stand pour remettre des pneus rainurés. Le voici quatorzième.

 

54e: Gugelmin est revenu sur Berger. Il l'attaque et lui prend la quatrième place.

 

55e: Senna laisse enfin passer Piquet. Ce dernier se lance à la poursuite de Berger.

 

57e: Senna possède 53 secondes d'avance sur Mansell. Suivent Nannini, Gugelmin, Berger, Piquet, Warwick, Cheever, Patrese et Nakajima.

 

59e: Piquet prend la cinquième place à Berger.

 

61e: Senna prend un tour à Berger. Le Brésilien lève considérablement le pied, n'ayant plus rien à craindre de Mansell.

 

63e: Berger est maintenant sous la menace d'un trio composé de Warwick, Cheever et Patrese. Senna roule juste devant ce groupe.

 

64e: Alboreto tombe en panne d'essence et s'arrête dans l'herbe. Dix-septième de cette course, Larini subit lui aussi une panne sèche et doit stopper.

 

65ème et dernier tour: Berger n'a plus que quelques gouttes d'essence dans son réservoir. Il résiste du mieux qu'il peut à Warwick, Cheever et Patrese. Mais dans le tout dernier virage la panne sèche survient. Berger n'a plus qu'à se laisser glisser jusqu'à la ligne d'arrivée qu'il franchit en neuvième position.

 

Ayrton Senna remporte le dixième Grand Prix de sa carrière avec vingt-trois secondes d'avance sur Mansell. Le pilote anglais obtient ainsi de la plus brillante des manières ses premiers points de la saison. C'est aussi le premier podium pour l'association Williams-Judd. Nannini termine troisième malgré deux têtes-à-queue et monte ainsi sur son premier podium. Gugelmin a réalisé lui aussi un superbe week-end et marque ses trois premiers points en F1. Piquet est cinquième et Warwick obtient donc in extremis le dernier point. Cheever est septième devant Patrese, Berger, Nakajima, Caffi, Modena, Dalmas, Alliot, Martini, Bailey et Arnoux.

 

Ce Grand Prix est le tournant de la saison. En effet pour la première fois Prost n'a marqué aucun point. Au classement général le Français possède toujours 54 points contre 48 à Senna qui remonte dangereusement. Après son abandon volontaire Prost est sévèrement critiqué, notamment par la presse française. Certains journalistes n'hésitent pas à l'accuser de lâcheté, oubliant ainsi qu'il avait parfaitement raison de ne pas vouloir poursuivre une course dangereuse et de toutes façons sans intérêt pour lui du fait du mauvais réglage de sa voiture.

 

Au classement des constructeurs McLaren-Honda possède102 points contre 37 à la Scuderia Ferrari. Cette dernière a bien vite déchanté après ses superbes qualifications... Plus loin Benetton prend la troisième place à Lotus.

Tony