Gerhard BERGER
 G.BERGER
Ferrari
Alain PROST
 A.PROST
McLaren Honda
Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Lotus Honda

453e Grand Prix

XVII Grande Premio do Brasil
Ensoleillé
3 avril 1988 - Jacarepagua
60 tours x 5.031 km - 301.860 km
Course prévue pour 61 tours, réduite à 60 suite à deux tours de formation.
Affiche
F1
Coupe

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Pilote
Constructeur
Moteur
Suite au problème mécanique d'Ayrton Senna, Alain Prost prend la tête de la course et ne la quittera pas.

La saison 1988 de Formule 1 est la dernière de la première époque des moteurs turbo-compressés. Ceux-ci sont sévèrement bridés pour cette année: les « pop off valves » chargées de réduire la suralimentation sont limitées à 2,5 bars contre 4 bars en 1987. Les F1 disposant de moteurs turbo voient de plus la contenance de leurs réservoirs abaissée de 195 à 150 litres. Ainsi toutes ces contraintes limitent la puissance à environ 650 chevaux pour les moteurs les plus performants.

 

En prévision de l'interdiction des turbos en 1989, les deux tiers du plateau sont passés aux moteurs atmosphériques. Ford-Cosworth présente ainsi son nouveau modèle, le DFR, confié à Benetton. Le DFZ propulse quant à lui une foule de petites équipes. Une nouvelle marque fait son apparition: Judd. Celle-ci équipe les March et surtout les Williams, orphelines du moteur Honda. Chez les moteurs turbos, Honda motorise McLaren et Lotus, Ferrari et Zakspeed leurs propres équipes, Megatron l'équipe Arrows tandis que le vieux et lent Alfa Romeo se trouve encore dans l'Osella. Mais le V6 turbo Honda apparaît de loin comme le meilleur de tous, surtout grâce à sa dernière évolution, le RA 167E.

 

McLaren-Honda apparaît comme l'écurie favorite de cette saison. Tout d'abord parce que l'équipe de Ron Dennis dispose du meilleur moteur du peloton. Mais aussi parce qu'elle peut désormais compter sur un formidable duo de pilotes composé d'Alain Prost et du prodige brésilien Ayrton Senna. On attend aussi beaucoup des Ferrari, voitures les plus rapides de l'avant-saison. Beaucoup prédisent à Gerhard Berger un premier titre de champion du monde. Quant à Michele Alboreto, on espère qu'il retrouvera son niveau de 1984-85. Les Williams-Judd semblent être des outsiders crédibles, surtout grâce à Nigel Mansell, remis de son accident japonais d'octobre 87. L'expérimenté Riccardo Patrese sera son équipier. Enfin Lotus-Honda a aussi de grandes ambitions grâce au recrutement du champion en titre Nelson Piquet, Satoru Nakajima devant se contenter de bien figurer. Les Arrows espèrent continuer sur leur lancée de 1987 grâce aux deux vétérans Eddie Cheever et Derek Warwick. De même pour Benetton qui a recruté l'Italien Alessandro Nannini, associé à Thierry Boutsen. Tyrrell espère jouer les troubles fêtes avec ses deux Anglais Jonathan Palmer et Julian Bailey. March a de hautes ambitions et deux excellents pilotes, Ivan Capelli et Mauricio Gugelmin. Des progrès sont attendus aussi dans l'équipe de Gérard Larrousse, avec ses deux Français Philippe Alliot et Yannick Dalmas. Ligier, Minardi, Zakspeed et AGS espèrent ramener quelques points. Une nouvelle saison de galère attend sans nul doute les deux minuscules équipes italiennes Osella et Coloni. Elles sont rejointes par la Scuderia Italia, qui engage un châssis Dallara motorisé par Cosworth et confié à Alex Caffi. Autre nouvelle équipe italienne, Eurobrun engage deux voitures pour Stefano Modena et Oscar Larrauri. Enfin l'excentrique Gunter Schmidt, ex-patron d'ATS, est de retour avec l'écurie Rial. Son pilote n'est autre qu'Andrea de Cesaris.

 

 

Comme d'habitude, la saison s'ouvre par le Grand Prix du Brésil à Rio de Janeiro. Une polémique éclate lors de ce week-end à cause des déclarations peu amènes de Nelson Piquet à l'encontre de Senna et de Mansell. En effet dans une interview le triple champion du monde a fait des sous-entendus des plus graveleux au sujet de la virilité de Senna. Concernant Mansell, Piquet a déclaré qu'il n'était qu'un lourdaud imbécile, qui plus est marié à une femme hideuse. L'ambiance dans le paddock n'est donc pas au beau fixe. D'autant plus que l'animosité de Piquet envers Senna peut aisément passer pour de la jalousie car le public brésilien semble soutenir de plus en plus le Pauliste au détriment du Carioca.

 

Cependant le plus grand événement de cette course est d'ordre esthétique: Nigel Mansell a rasé sa moustache pendant l'hiver... Mais heureusement il ne tardera pas à la laisser repousser !

 

Les essais sont largement dominés par les McLaren-Honda, ce qui jette un froid glacial chez Ferrari, Williams et Lotus. Les nouvelles MP4/4 conçues par Gordon Murray semblent de loin supérieures à la concurrence. Senna obtient sans trop se forcer la pole position. Apparemment bien rétabli de son accident japonais, Mansell obtient une superbe deuxième place sur la grille, un vrai petit exploit tant la Williams-Judd semble rétive. Prost est troisième, à six dixièmes de son équipier, et devance Berger, Piquet et Alboreto. Boutsen est septième sur la Benetton, devant Patrese. La March semble bien née puisque Capelli obtient la neuvième place sur la grille, devant la deuxième Lotus de Nakajima.

 

 

Tour de formation: Au moment de s'élancer, le sélecteur de vitesses de Senna se brise. Le Brésilien agite les bras et la procédure de départ est annulée. Dans le même temps de la fumée s'échappe de la voiture de Capelli. Larrauri est quant à lui victime d'un souci électrique.

 

Senna se précipite vers son garage et prend place dans le mulet de McLaren. Il s'élancera depuis les stands. Mais ce changement de voiture est illégal car à ce moment-là la nouvelle procédure de départ a été enclenchée. Senna est donc sous le coup d'une disqualification. Capelli repart quant à lui dans les temps, tandis que le Grand Prix est déjà fini pour Larrauri.

Senna partant des stands, Mansell se retrouve donc de fait en pole position devant Prost.

 

La procédure de départ ayant été annulée, la course est réduite d'un tour.

 

Départ: Mansell prend un bon départ, mais Prost le déborde rapidement par l'extérieur. Au premier freinage Mansell est attaqué par Berger mais se rabat devant celui-ci.

 

1er tour: Berger double Mansell. Prost mène devant Berger, Mansell, Piquet, Alboreto, Boutsen, Nannini, Patrese, Warwick et Nakajima. Senna est vingt-et-unième. C'est déjà terminé pour Gugelmin qui tombe en panne de transmission.

 

2e: Prost commence à s'échapper devant Berger et Mansell. Boutsen attaque Alboreto pour la quatrième place. Senna est dix-huitième.

 

4e: Prost compte déjà trois secondes d'avance sur Berger. Senna est quinzième.

 

5e: Senna est treizième après avoir passé Alliot puis Arnoux.

 

6e: Campos casse un aileron et doit abandonner.

 

7e: Le moteur Judd de Patrese part en fumée et l'Italien s'arrête dans l'herbe. Après avoir passé de Cesaris, Senna est onzième. Capelli renonce également suite à une surchauffe.

 

8e: Boutsen passe Alboreto à Kartodromo. Nannini subit une surchauffe et abandonne, ce qui permet à Senna de gagner une nouvelle position.

 

9e: Senna est neuvième après avoir doublé Cheever.

 

10e: Prost compte d'ores et déjà près de dix secondes d'avance sur le duo Berger-Mansell. Quatrième, Piquet est isolé. Senna passe Nakajima et se retrouve huitième.

 

12e: Rien n'arrête Senna qui se débarrasse de Warwick et vient menacer Alboreto.

 

13e: Senna double Alboreto et se lance à la poursuite de Boutsen. En treize tours le Brésilien a gagné vingt places !

 

15e: Tandis que Prost poursuit sa démonstration, Mansell menace la deuxième place de Berger. Boutsen et Senna se battent pour la cinquième place.

 

16e: Senna « dépose » Boutsen dans Juncao et en profite même pour prendre un tour à la Coloni de Tarquini. Le public exulte. Alboreto s'arrête pour effectuer son premier changement de pneus et repart onzième.

 

17e: Senna est désormais sur les talons de son ennemi Piquet. A Juncao il dépasse la Lotus par l'intérieur. De Cesaris prend la huitième place à Nakajima.

 

19e: Mansell entre au stand Williams pour changer de pneus. Mais ceci fait la machine refuse de redémarrer. Comme celui de Patrese, le moteur Judd de Mansell est surchauffé et le Britannique doit renoncer. Cela laisse Senna au troisième rang.

 

20e: Berger change de pneus. Il repart troisième devant Boutsen. Piquet s'arrête également et repart huitième.

 

21e: Les deux McLaren sont désormais en tête, avec Prost comptant vingt-sept secondes d'avance sur Senna.

 

22e: Dernier sur l'Eurobrun, Modena abandonne à cause d'une panne de pompe à essence.

 

23e: Changement de gommes pour Nakajima qui repart douzième. De Cesaris apparaît en sixième position sur la Rial.

 

24e: Prost s'arrête pour changer de pneus. L'arrêt dure douze secondes et permet au Français de demeurer en tête.

 

25e: Arnoux abandonne suite à une panne d'embrayage.

 

26e: De Cesaris change de gommes, mais son arrêt dure très longtemps et il ne ressort que quinzième.

 

27e: Senna arrive aux stands McLaren pour chausser un nouveau train de pneus. Durant son arrêt le Brésilien discute avec Ron Dennis avant de se mettre à gesticuler: il demande à ses mécaniciens de nettoyer ses radiateurs qui sont obstrués. L'arrêt dure une trentaine de secondes et Senna ne reprend la piste qu'au sixième rang.

 

28e: Changements de pneus pour Boutsen et Warwick. Le Belge repart cinquième devant Senna, tandis que l'Anglais est désormais septième.

 

30e: Prost mène avec une quinzaine de secondes d'avance sur Berger. Piquet est relégué à quarante secondes du leader. Puis viennent Alboreto, Boutsen, Senna, Warwick, Nakajima, Cheever et Alliot.

 

31e: Un commissaire de course apparaît en bordure de piste. Il agite le drapeau noir tout en brandissant le n°12, celui de Senna. Le Brésilien est disqualifié pour changement illégal de voiture.

 

32e: Senna revient à son stand et sort de sa voiture.

 

33e: Boutsen passe Alboreto dans le virage Lagoa.

 

34e: Tandis qu'il occupait la dixième place, Dalmas abandonne suite à une panne de moteur.

 

37e: Alboreto effectue son deuxième changement de gommes et repart septième derrière Nakajima. Streiff effectue un tête-à-queue et ne pourra pas se relancer. Quant à Tarquini, c'est un souci de suspension qui le pousse à se retirer.

 

40e: Prost contrôle toujours la course avec une quinzaine de secondes de marge sur Berger. Piquet est troisième à cinquante secondes.

 

42e: Second changement de pneus pour Piquet (7.8s.). Le Brésilien repart cinquième, derrière Boutsen et Warwick. Alliot sort de la piste et finit par couper son moteur dans la pelouse.

 

44e: Berger change de pneus en 7.4s. Il repart toujours deuxième. Arrêt de Nakajima qui cède la sixième place à Alboreto.

 

45e: Grâce à ses pneus neufs, Berger réalise le meilleur tour en course: 1'32''943'''. Il est toutefois à près de trente secondes de Prost.

 

46e: Boutsen, Warwick et Piquet se tiennent en un mouchoir de poche. Dans Juncao Piquet déborde Warwick, puis passe un Boutsen bien lent. Warwick profite de l'aspiration de la Lotus pour doubler à son tour le pilote belge.

 

49e: Boutsen est en difficulté et se fait passer par Alboreto. Il n'est plus que sixième. Comme son équipier, Pérez-Sala quitte la course après avoir cassé un aileron.

 

50e: Prost compte dix-huit secondes d'avance sur Berger. Tous les autres pilotes sont à plus d'une minute du leader. Palmer lève le bras et abandonne, transmission cassée.

 

53e: L'écart se réduit entre Prost et Berger. Le Français ménage sa mécanique.

 

56e: Neuvième pour la première course de la Rial, de Cesaris tombe en panne de moteur.

 

58e: Il n'y a plus que dix secondes entre Prost et Berger. Nakajima prend la sixième place à Boutsen.

 

60ème et dernier tour: Alain Prost remporte pour la cinquième fois le Grand Prix du Brésil. Il s'arrête sitôt la ligne d'arrivée franchie. Seul pilote à pouvoir suivre (à peu près) le rythme des McLaren, Berger termine deuxième. Piquet est troisième devant son public. Warwick obtient une très belle quatrième place pour Arrows. Alboreto et Nakajima inscrivent les derniers points. Boutsen échoue au septième rang. Cheever et Johansson sont les deux seuls autres pilotes à rallier l'arrivée.

 

A l'issue de cette course, toutes les équipes sont inquiètes de l'écrasante domination dont ont fait preuve les McLaren-Honda. Si l'écart entre Prost et Berger est faible à la fin de la course, c'est uniquement parce que le prudent Français a comme d'habitude ménager sa monture. En tout cas, seule la Ferrari apparaît capable de résister aux terribles MP4/4.

Tony