Ayrton SENNA
 A.SENNA
Lotus Honda
Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Williams Honda
Michele ALBORETO
 M.ALBORETO
Ferrari

438e Grand Prix

VII Gran Premio di San Marino
Couvert
3 mai 1987 - Imola
59 tours x 5.040 km - 297.360 km
Course prévue pour 60 tours, réduite à 59 suite à l'annulation de la procédure de départ.
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
  • 32e victoire pour Williams
  • 107e et dernière pole position pour Lotus
Moteur
  • 17e victoire pour Honda
  • 10e pole position pour Honda

Retour de Ligier, arrivée de Larrousse

Le 27 mars 1987, Alfa Romeo annonçait à Ligier la rupture immédiate de leur collaboration, officiellement à cause des propos désobligeants de René Arnoux à l'égard du nouveau moteur italien. Un mois plus tard, à l'issue d'un véritable marathon, Guy Ligier arrache un contrat à Megatron et à Heini Mader pour l'obtention de quatre cylindres BMW désaffectés. Un pis-aller qui sauve l'écurie vichyssoise. Grâce à une avance de six millions de francs versée par la FFSA, et au travail acharné des mécaniciens, deux châssis JS29B sont présents à Imola. Michel Tétu a en hâte retouché le modèle original pour accueillir le moteur Megatron qui n'a pas les mêmes mensurations que le quatre cylindres Alfa. Le résultat n'est bien sûr par brillant, avec trente kilos en trop sur le train postérieur. A la fois nerveux et soulagé, Guy Ligier grille Gitane sur Gitane: « Je me fous du résultat que feront mes pilotes... Ce qui compte, c'est que nous soyons là, à rouler, avec des autos qui tiennent debout ! »

 

René Arnoux est toujours de la partie, avec à ses côtés le valeureux baroudeur Piercarlo Ghinzani, engagé à l'origine pour sa bonne connaissance de la mécanique Alfa Romeo. Jacques Laffite souffre toujours des jambes et doit renoncer la mort dans l'âme à sa carrière en Formule 1. A bientôt 44 ans, il est de toute façon trop vieux pour conduire à ce niveau mais peut s'enorgueillir d'un des plus beaux palmarès du sport automobile français.

 

Ce Grand Prix voit aussi les débuts de l'écurie Larousse & Calmels avec une Lola LC87 dessinée par Ralph Bellamy. Le moteur aspiré Ford-Cosworth est préparé par Mader. Cette voiture est en fait une Formule 3000 améliorée. A 47 ans, Gérard Larrousse a donc franchi le pas et possède désormais sa propre écurie. Pour cela, il a battu le rappel de ses anciens collaborateurs de Renault-Sport et de Ligier. Daniel Champion, l'ancien chef mécanicien de Renault-Elf, devient son bras-droit tandis que Philippe Alliot pilote l'unique monoplace engagée. Très confiant, le Vovéen arbore une étonnante combinaison bigarrée dessinée par Daniel Hechter. Larrousse et Alliot ne manquent pas d'ambitions et espèrent dominer la catégorie « atmos ». Toutefois la Lola, comme la Ligier, est beaucoup trop lourde et affiche 540 kilos sur la balance !

 

Nelson Piquet, miraculé et mécontent

Vendredi après-midi, Nelson Piquet vient de signer le meilleur chrono de la séance qualificative lorsqu'il aborde la courbe de Tamburello pied au plancher, à plus de 300 km/h. Soudain, la Williams n°6 dévie brutalement de sa ligne, part en travers et quitte la route. Elle frappe le béton avec une violence inouïe, virevolte, percute à nouveau le muret par son côté gauche, tournoie sur elle-même puis s'échoue dans l'herbe. Ce choc effroyable glace le sang des spectateurs. Les secours interviennent. Promptement sorti de son habitacle, Piquet est allongé au sol, sonné mais conscient. Le professeur Sid Watkins lui prodigue les premiers soins avant son transfert à l'hôpital Bellaria de Bologne. Là, il est examiné par le Pr. Giuseppe Pianan et son médecin personnel Grajalès Roblès. Les premières nouvelles sont rassurantes. Piquet souffre d'un traumatisme crânien, de quelques contusions thoraciques et d'une distension des ligaments du genou gauche. Un moindre mal, si l'on considère la violence de l'impact ! La coque en carbone de la Williams a remarquablement absorbé le choc. En outre, Piquet utilisait un nouveau casque ultraléger en fibres kevlar qui a bien protégé sa tête.

 

La cause de l'accident semble être une crevaison à l'arrière, thèse étayée par le nombre inquiétant de pilotes stoppés lors des essais par des pneus éclatés. Goodyear a en effet apporté ici des nouvelles gommes, de construction plus fine. Alain Prost se plaint de ne pas parvenir à faire monter celles-ci en température et estime qu'elles s'usent trop rapidement. Selon lui, le pneu de Piquet s'est délaminé sans qu'il s'en aperçoive. Lee Gaug répond que le pneu en question est trop abîmé pour permettre la moindre analyse, mais dans la nuit de vendredi à samedi, mille nouvelles enveloppes débarquent d'Angleterre et sont réparties entre les différents teams.

 

Malgré son traumatisme, Piquet souhaite participer à la course, et quitte l'hôpital Bellaria samedi matin, moyennant une décharge de responsabilité. Quelques heures plus tard, sa silhouette réapparaît dans le paddock. Mais Sid Watkins s'oppose formellement à ce qu'il remonte dans sa voiture. En cas de nouveau choc, le Carioca risque des blessures beaucoup plus graves. Il se récrie, furieux: « On me prend pour une poule mouillée ! » En vain. La rage au cœur, il s'autorise tout de même après les essais un tour d'honneur au guidon d'une 750 Ducati. Puis, moyennant cinq millions de lires, il accepte de commenter le Grand Prix du lendemain pour le compte de la RAI...

 

Présentation de l'épreuve

Le 1er mai à Imola, l'association des pilotes récréée tient sa première réunion avant de rencontrer Jean-Marie Balestre. Ce dernier annonce une grande campagne de réaménagement des circuits européens afin de renforcer la sécurité. En outre, sur les grilles de départ, l'intervalle entre chaque rangée sera porté à huit mètres. Alain Prost demande à la FISA de revenir sur une décision très controversée, celle de porter à vingt-six le nombre de voitures acceptées au départ du GP de Monaco. Mais Balestre refuse toute concession, arguant que cette mesure figure dans le récent Accord Concorde. Quant au fameux écot que doivent verser les coureurs pour obtenir leur super-licence, il n'en est curieusement plus question...

 

Ferrari a expérimenté en essais cinq nouveaux moteurs destinés à améliorer la courbe de puissance... tous ont cassé ! La Scuderia aborde donc avec prudence cet important rendez-vous d'Imola, après des débuts plutôt encourageants à Rio. Du reste, la tension est palpable entre Michele Alboreto et son nouvel équipier Gerhard Berger. L'Italien se considère à juste titre menacé par l'arrivée du jeune Autrichien qui marche sur les traces de Niki Lauda. Ambitieux mais bon camarade, Berger ne cherche pas le conflit avec Alboreto. Mais on peut compter sur les journalistes italiens pour créer la polémique, d'autant plus que nombreux sont ceux qui ne digèrent pas l'arrivée d'un Britannique, en l'occurrence John Barnard, à la direction technique de « leur » Scuderia. Certains esprits malveillants susurrent ainsi à Alboreto que Berger reçoit de meilleurs moteurs que lui...

 

Pendant ce temps-là, Mauro Forghieri remet sa démission à Enzo Ferrari après près de trente années de bons et loyaux services. Depuis sa mise au placard en 1984, le célèbre ingénieur languissait à Maranello. Il rejoint le concurrent Lamborghini.

 

Honda apporte un nouveau collecteur d'admission destiné à améliorer la puissance et le couple. Après leur défaite brésilienne, les Japonais ne lésinent pas sur les moyens: vingt-cinq blocs turbo sont apportés en Émilie-Romagne pour quatre voitures !

La McLaren arbore de grandes cloisons marginales sur les supports de l'aileron avant et un décrochement aux supports de l'aile arrière. Du côté de Brabham, Patrese récupère l'injection mécanique afin de réduire sa consommation alors que de Cesaris conserve l'injection électronique. Que penser de la BT56 ? « Cela va mieux que sur la BT55. Mais il n'y avait rien de pire que la BT55... » ironise Patrese.

 

March présente sa nouvelle F1 baptisée 871 et arborant l'étonnante couleur turquoise de Leyton House. Œuvre de Gordon Coppuck, c'est une évolution de la F3000 aperçue à Rio qui se distingue par sa volumineuse prise d'air. Zakspeed lance pour sa part sa... 871, présente en un seul exemplaire pour Brundle. Elle possède une aérodynamique différente que la 861 de Danner, mais les suspensions sont identiques. La coque est de petite dimension mais son poids est encore trop élevé. Le second châssis arrivera à Spa.

 

Osella engage une seconde voiture confiée à Gabriele Tarquini, 25 ans, ancien champion d'Europe et du monde de Karting, et auteur jusqu'ici de résultats mitigés en F3000. Il apporte le soutien du groupe suisse Landis+Gyr. Caffi roule lui avec la nouvelle FAI/87... très similaire à sa devancière.

 

Les qualifications

Les disparités des performances entre les moteurs turbo et atmosphériques sont énormes sur le circuit Dino Ferrari. Les pilotes des monoplaces à V8 Ford-Cosworth, par ailleurs souvent néophytes, se montrent très prudents pour éviter des collisions dont les conséquences seraient catastrophiques. « J'ai dit à mes pilotes de rester sur leur trajectoire et de laisser les voitures plus rapides se débrouiller pour les passer, confie Ken Tyrrell. C'est en effet quand les voitures les plus lentes se déplacent que les difficultés arrivent. »

 

Lotus et Williams se livrent un duel psychologique important pour être la première écurie du « clan Honda ». Suite à une bataille homérique avec Mansell, Senna s'adjuge la seizième pole position de sa carrière, la première d'une voiture à suspension active. Impressionnante, la Lotus 99T « efface » les bosses. Mansell échoue à 120 millièmes. Piquet avait réalisé le troisième chrono avant son accident et est effacé de la grille. Chez McLaren, trois moteurs Porsche explosent vendredi suite à une mauvaise programmation de leur centrale de gestion. Le lendemain, Prost se place au troisième rang. Johansson est huitième. Malgré de nombreux pépins techniques, Fabi hisse sa Benetton-Ford à la quatrième place, loin devant Boutsen (11ème) qui rencontre des soucis de suralimentation. Satisfaction chez Ferrari: les F1.87 de Berger et d'Alboreto se partagent la troisième ligne.

Patrese place sa Brabham en septième position malgré le long temps de réponse du moteur BMW. De Cesaris est seulement quatorzième. Les nouvelles Arrows de Cheever et de Warwick sont en cinquième ligne. Nakajima se pose sur la sixième rangée derrière Boutsen. Les Ligier-Megatron (Arnoux 13ème, Ghinzani 19ème) manquent de stabilité. Ghinzani s'est fait une belle frayeur lorsqu'un de ses triangles de suspension s'est affaissé, occasionnant un « tout-droit » sans conséquence. La nouvelle Zakspeed donne satisfaction à Brundle (15ème) et Danner (18ème), même si elle nécessite encore bien des réglages. Les Minardi de Nannini et de Campos s'intercalent entre les deux bolides allemands. Caffi se classe vingtième avec la première Osella. Son nouvel équipier Tarquini (26ème) a peu tourné, faute de moteurs Alfa Romeo disponibles en nombre suffisant.

 

En « deuxième division », les Tyrrell (Streiff 21ème, Palmer 24ème) voisinent avec la Lola d'Alliot (22ème), la March de Capelli (23ème) et l'AGS de Fabre (25ème).

 

Derek Warwick décrit ainsi la puissance des moteurs Honda: « Je suis arrivé derrière une Williams qui négociait le droit serré avant les tribunes. Je n'ai pas pu comprendre ce qui m'arrivait. En seconde vitesse, j'ai pu la suivre, mais en troisième puis en quatrième, elle s'est littéralement envolée. Je ne peux pas dire qu'elle a pris l'avantage: elle m'a déposé, comme si je roulais avec un moteur aspiré ! » Et on sait que le quatre cylindres BMW de l'Arrows de l'Anglais n'a rien de chétif...

 

Le Grand Prix

Mansell annonce la couleur en signant le meilleur chrono de l'échauffement du dimanche matin. Dans Tamburello, Arnoux est victime d'un bris du point d'attache d'un triangle de suspension. Par bonheur, il parvient à maîtriser sa Ligier, mais cette seconde alerte sur les suspensions en deux jours trahit l'urgence avec laquelle les mécaniciens français ont travaillé pour venir en Italie. Ils ne peuvent pas réparer la voiture d'Arnoux qui doit donc déclarer forfait. Quant à Ghinzani, il a pour consigne de renoncer à la moindre alerte.

 

La course se déroule sous un ciel lourd et menaçant. Le vent est important. Comme chaque année à Imola, la consommation d'essence sera la clef de la course. Et dans cet exercice si périlleux de rouler à l'économie avec une parfaite régularité, c'est bien sûr Alain Prost qui est le favori. Derrière Arnoux, forfait, tout le monde monte d'un cran sur la grille. Le départ est donné par Roland Bruynseraede, le nouveau starter officiel des Grands Prix, qui remplace Derek Ongaro parti à la retraite.

 

Tour de formation: Nakajima souffre d'une défaillance de batterie qui prive de courant l'ordinateur régulant sa suspension active. Le Japonais abandonne sa Lotus, mais heureusement pour lui le départ est retardé de cinq minutes car Brundle, Johansson, Boutsen et Cheever calent sur la grille. Le Japonais s'installe dans le mulet Lotus et partira depuis la voie des stands. Le Grand Prix est amputé d'un tour, ce qui est une aubaine pour les gros consommateurs d'essence.

 

Départ: Senna réussit son envol et reste devant Mansell tandis que Prost contient difficilement les Ferrari. Fabi part mal et endommage quelque peu son aileron avant contre l'Arrows de Cheever.

 

1er tour: Senna est en tête avec Mansell sur ses talons. Suivent Prost, Alboreto, Berger, Patrese, Johansson, Fabi, Warwick et Cheever.

 

2e: Mansell fait l'extérieur à Senna avant la courbe Villeneuve et prend le commandement au freinage de Tosa. Fabi double Johansson et Boutsen dépasse Cheever.

 

3e: Mansell distance facilement Senna, menacé par Prost.

 

4e: Tandis que Mansell s'échappe, Senna emmène un peloton comprenant Prost, Alboreto, Berger et Patrese.

 

5e: Prost dépasse Senna par l'intérieur au virage Villeneuve et s'empare de la seconde place. Le Français concède trois secondes à Mansell. Senna devient la cible des assauts d'Alboreto. Il n'est pas très rapide car sa suspension hydraulique fonctionne irrégulièrement.

 

6e: Mansell domine devant Prost (4.7s.), Senna (7.2s.), Alboreto (7.8s.), Berger (8.7s.) et Patrese (10.6s.).

 

8e: Senna résiste farouchement à Alboreto. La Ligier de Ghinzani a du mal à tenir la route. Craignant de subir une nouvelle rupture de suspension, l'Italien préfère sagement abandonner.

 

10e: Johansson repasse devant Fabi. Mansell précède Prost (3s.), Senna (13s.), Alboreto (13.5s.), Berger (14s.), Patrese (15s.), Johansson (20s.), Fabi (21s.), Warwick (24s.), Boutsen (25s.), Cheever (26s.), Brundle (39s.) et de Cesaris (40s.). Nakajima change ses pneus.

 

11e: L'écart diminue entre Mansell et Prost. Senna résiste à la pression des deux Ferrari, bruyamment encouragées par les tifosi. Nannini stoppe chez Minardi pour faire nettoyer une arrivée d'air obstruée.

 

12e: Prost est désormais le plus rapide en piste et revient à deux secondes et demie de Mansell. Senna, Alboreto, Berger et Patrese sont roues dans roues.

 

13e: Alboreto déborde Senna dans la montée qui suit Tosa. Berger se montre ensuite dans les rétroviseurs du Pauliste à la Variante Alta. Boutsen dépasse Warwick.

 

14e: Berger se glisse dans les échappements de Senna. De Cesaris exécute un tête-à-queue à Rivazza puis repart.

 

15e: Prost s'immobilise dans le gazon après Tamburello, victime d'une rupture de sa courroie d'alternateur. Mansell est ainsi débarrassé de son seul rival sérieux. Berger est en difficulté suite à une chute de sa pression de suralimentation. Patrese le déborde par l'intérieur à Rivazza, tout en rattrapant un début de survirage.

 

16e: Dix secondes séparent Mansell et Alboreto. Johansson dépasse Berger. Campos s'arrête aux stands pour faire remplacer son levier de vitesses.

 

17e: Alboreto a repris une seconde à Mansell. Fabi dépasse Berger. L'Autrichien rejoint ensuite son garage où son ingénieur Gordon Kimball ordonne le remplacement de la « pop-off valve ». Mais bientôt les mécaniciens s'aperçoivent qu'un senseur est brisé dans le système d'injection électronique, et Berger préfère abandonner.

 

18e: Fabi s'arrête chez Benetton pour prendre des pneus neufs et faire remplacer son museau, sa moustache droite étant cassée.

 

20e: Mansell devance Alboreto (7.9s.), Senna (12s.), Patrese (17.3s.), Johansson (19s.), Boutsen (25.2s.), Warwick (26s.), Cheever (30s.), de Cesaris (57s.) et Brundle (1m. 04s.). Capelli gare sa March dans l'herbe après une rupture de distributeur.

 

22e: Mansell s'inquiète d'une vibration à l'avant, due à la perte d'un plomb d'équilibrage. Il choisit d'anticiper son changement de pneus (8.6s.) et redémarre en cinquième position, laissant la première place à Alboreto. Warwick dépasse Boutsen.

 

24e: Alboreto n'a plus qu'une seconde de marge sur Senna. Changements de pneus pour Johansson et Cheever.

 

25e: Alboreto stoppe chez Ferrari pour mettre des Goodyear neufs (10.8s.). Il retrouve le circuit entre Warwick et Johansson. Senna se retrouve au commandement pendant que Mansell efface Patrese. Boutsen change de pneus et repart derrière Johansson. Second arrêt pour Nannini.

 

26e: Senna devance Mansell (4.7s.), Patrese (5.6s.), Alboreto (17.7s.) et Johansson (30.7s.). Warwick effectue une halte chez Arrows et retrouve la piste en sixième position devant Boutsen. De Cesaris prend la huitième place à Cheever.

 

27e: Senna entre chez Lotus pour son changement de gommes (7.5s.) puis se retrouve troisième, devant Alboreto. Fabi s'empare de la dixième position aux dépens de Brundle. Nannini renonce, moteur cassé.

 

28e: Mansell récupère sa première place, mais n'a que deux secondes d'avance sur Patrese qui n'a pas changé ses pneus.

 

30e: Mansell est premier devant Patrese (2.5s.), Senna (18.5s.), Alboreto (19.9s.), Johansson (28.4s.), Warwick (36.5s.) et Boutsen (38s.). Tarquini renonce suite à une panne de transmission.

 

31e: Alliot s'arrête aux stands pour changer ses pneus.

 

32e: Fabre dérape à Rivazza, et effectue un 360°, contraignant à Alliot à tirer tout droit dans la poussière. Le Lyonnais repart aussitôt tandis que le Vovéen enclenche la marche arrière pour retrouver le circuit. Puis, il repasse à son stand pour faire examiner sa Lola.

 

33e: Patrese n'est qu'à deux secondes de Mansell. Alboreto se rapproche de Senna. Campos abandonne sur panne de boîte de vitesses. Fabre stoppe chez AGS pour un contrôle de moteur.

 

34e: Boutsen prend la sixième place à Warwick.

 

35e: Mansell a repris de l'avance sur Patrese, relégué à quatre secondes et demie. Suivent Senna (17s.), Alboreto (17.7s.), Johansson (29.7s.) et Boutsen (41.8s.). De Cesaris dépasse Warwick.

 

36e: Alboreto est blotti derrière la Lotus de Senna mais ne trouve aucune ouverture pour la doubler.

 

37e: Patrese s'arrête chez Brabham pour changer ses pneus et reprend la piste en quatrième position.

 

39e: Mansell a seize secondes d'avance Senna et Alboreto dont la bagarre captive les spectateurs. Mais Patrese revient à bride abattue sur ce duo. De Cesaris change de pneus et reprend la piste en huitième position.

 

40e: Mansell est leader devant Senna (18s.), Alboreto (18.8s.), Patrese (22s.), Johansson (23s.), Boutsen (42s.), Warwick (55s.), Fabi (1m. 05s.), de Cesaris (-1t.), Cheever (-1t.), Brundle (-1t.) et Caffi (-1t.). Surpris par ses pneus froids, de Cesaris part en tête-à-queue à Rivazza et doit mettre pied à terre.

 

41e: Senna et Alboreto sont aux prises avec un important trafic, ce qui facilite la remontée de Patrese qui a tourné sa molette de pression de turbo au maximum.

 

43e: Alboreto fait l'extérieur à Senna avant Acque Minerale. Fort heureusement, le Brésilien l'aperçoit à temps dans ses rétroviseurs et garde sa ligne pour éviter l'accrochage. Voici le Milanais second pour le plus grand plaisir des tifosi. Fabi dépasse Warwick. Johansson observe un second arrêt pour remplacer une plaque de garde qui s'est détachée de son aileron avant.

 

44e: A cause de problèmes de freins, Mansell effectue un « tout-droit » à la Variante Alta. Patrese déborde Senna en passant devant les stands. Puis, il dépasse Alboreto juste avant Tosa. Voici le Padouan de retour en seconde position, mais il paraît avoir oublié tout souci de consommation... En fait, Bernie Ecclestone a pour objectif d'attirer l'attention d'éventuels sponsors italiens...

 

45e: Mansell mène devant Patrese (21.3s.), Alboreto (22s.), Senna (23.6s.), Boutsen (44.3s.), Fabi (1m.), Warwick (1m. 05s.) et Johansson (1m. 17s.).

 

47e: Mansell commence à s'inquiéter de sa consommation de carburant: son ordinateur lui annonce qu'il aura tout juste assez d'essence pour finir l'épreuve. Senna demeure dans le sillage d'Alboreto.

 

48e: Dix-neuf secondes séparent Mansell et Patrese. Johansson prend la septième place à Warwick.

 

49e: Alboreto voit sa pression de suralimentation fluctuer anormalement. Senna en profite pour le déborder par la gauche à la sortie de Tamburello. L'Italien tente de le « serrer » puis s'incline pour éviter une collision à 300 km/h... Boutsen regagne le garage Benetton avec un moteur muet. Cheever renonce aussi, moteur cassé, après avoir rencontré des problèmes d'embrayage durant toute la course.

 

50e: Patrese ralentit: son moteur refuse de dépasser les 6000 tours/minute ! Senna tente de le déborder à la Variante Alta, mais le Padouan lui coupe dangereusement la trajectoire. Finalement, il doit laisser passer Senna et Alboreto après Piratella. Mansell est en tête devant Senna (23s.), Alboreto (24s.), Patrese (30s.), Fabi (50s.), Johansson (1m. 13s.), Warwick (1m. 30s.), Brundle (-2t.), Caffi (-2t.) et Nakajima (-2t.).

 

51e: Fabi réalise le meilleur tour de la course (1'29''246''') et dépasse Patrese qui décide de finir l'épreuve à faible allure. Palmer renonce suite à une panne d'embrayage, et laisse ainsi la victoire au Trophée Jim Clark à son équipier Streiff.

 

52e: Fabi a probablement forcé sur la pression de suralimentation et abandonne avec un turbo cassé. Johansson dépasse Patrese, bientôt imité par Warwick.

 

53e: Mansell précède Senna (23.5s.), Alboreto (24.9s.), Johansson (1m. 11s.), Warwick (-1t.), Patrese (-1t.), Brundle (-2t.), Nakajima (-2t.), Caffi (-2t.) et Danner (-2t.).

 

55e: Mansell réduit son rythme pour économiser de l'essence, à l'instar de Senna et d'Alboreto. Brundle et Nakajima passent devant Patrese.

 

56e: Quelques gouttes de pluie tombe sur le circuit. Warwick arrête son Arrows, à court de carburant. Brundle récupère la cinquième place.

 

57e: L'intervalle est stable entre Mansell et Senna qui surveillent de près leurs ordinateurs. Comme cela était malheureusement prévisible vue la gloutonnerie du V8 Alfa, Caffi tombe en panne d'essence avant le drapeau à damiers. Danner dépasse Patrese.

 

59ème et dernier tour: Nigel Mansell remporte son huitième Grand Prix devant Senna et Alboreto. Johansson finit quatrième avec la McLaren survivante. Brundle termine cinquième et marque les premiers points de l'écurie Zakspeed, malgré une course difficile puisqu'il a roulé presque sans freins. Sixième, Nakajima devient le premier Japonais à inscrire son nom au palmarès du championnat du monde. Danner, Streiff, Patrese, Alliot et Fabre franchissent aussi la ligne d'arrivée.

 

Après la course

L'après-midi de Mansell ne fut tranquille qu'en apparence. L'Anglais a composé avec des freins arrière défectueux et une consommation excessive. Il termine avec seulement trois litres dans son réservoir ! « Les ingénieurs japonais m'ont donné l'autorisation d'augmenter la puissance à plusieurs reprises, explique-t-il. J'hésitais, connaissant mal la précision de l'ordinateur de bord [...] J'étais très juste. Je pense que nous devons encore travailler. » Nigel a cependant saisi une belle occasion de prendre neuf points aisément, débarrassé de ses deux plus fameux rivaux Piquet et Prost. « Panne ridicule mais conséquences graves... soupire le petit Français. Mais il y a finalement une justice: je ne marque aucun point le jour où Piquet ne court pas. Zéro à zéro. » On notera qu'il paraît tenir Mansell pour quantité négligeable...

 

Ayrton Senna a tiré tout le parti possible de sa Lotus-Honda, mais la meilleure aérodynamique de la Williams de Mansell, engendrant une consommation inférieure, ne lui a laissé aucune chance. Le Brésilien est d'ailleurs tombé en panne d'essence sitôt reçu le drapeau à damiers. Michele Alboreto est ravi d'offrir un podium aux tifosi venus en masse à Imola. La saison 1987 commence plutôt bien pour la Scuderia. Mais le Milanais aurait sans doute pu finir second sans une perte de pression de turbo due à une canalisation de wastegate débranchée. Enfin, Gérard Larrousse peut afficher sa satisfaction: Philippe Alliot ramène la Lola à l'arrivée de son premier Grand Prix, et de plus suivait facilement les Tyrrell avant sa sortie de route.

 

Mansell s'empare de la première place du championnat des conducteurs avec 10 points, devant Prost (9 pts), Johansson (7 pts), Senna et Piquet (6 pts chacun). Chez les constructeurs, Williams et McLaren sont ex æquo avec seize unités.

 

 

Trophée Jim Clark Trophée Colin Chapman
1. P. Streiff 15 pts 1. Tyrrell-Ford-Cosworth 24 pts
2. J. Palmer 9 pts 2. AGS-Ford-Cosworth 8 pts
3. P. Fabre 8 pts 3. Lola-Ford-Cosworth 6 pts
4. P. Alliot 6 pts
Tony