Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Williams Honda
Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Williams Honda
Riccardo PATRESE
 R.PATRESE
Brabham BMW

450e Grand Prix

XI Gran Premio de Mexico
Ensoleillé
18 octobre 1987 - Mexico
63 tours x 4.421 km - 278.523 km
Course prévue pour 68 tours, interrompue au 30e tour suite à l'accident de Derek Warwick. Classement par addition des temps.
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Départ raté pour Nigel Mansell qui n'est donc que cinquième au premier virage.

Dernière ligne droite pour Piquet et Mansell

La victoire de Nigel Mansell à Jerez a quelque peu relancé la course au titre, mais sa marge de manœuvre est toujours aussi étroite. Pour devenir champion il doit en effet gagner les trois derniers Grands Prix. Le même objectif est assigné à Ayrton Senna mais celui-ci n'a aucune chance d'y parvenir vu la faiblesse de sa Lotus-Honda. Quant à Nelson Piquet, il se méfie de son trop grand nombre de places d'honneur car avec le système de classification ne comptant que les onze meilleurs résultats, tous les points intermédiaires désormais inscrits par le Brésilien pourraient ne rien valoir au final. Ainsi, pour être titré au Mexique, le Carioca doit inscrire cinq points de plus que Mansell ou Senna.

 

Des bosses et des controverses

Le tracé de Mexico se révèle plus bosselé et poussiéreux que l'année précédente, ce qui occasionne de très nombreuses sorties de route. Le rabotage du bitume promis par les organisateurs n'a pas été effectué. Les pilotes sont très mécontents, à l'instar de Gerhard Berger, pourtant vainqueur ici l'an dernier: « Ce circuit très dangereux. Je le déplore car c'est un tracé très intéressant pour les pilotes et sur lequel beaucoup d'argent a été dépensé. Mais le revêtement est trop bosselé, en particulier dans la courbe rapide qui précède les stands. C'est trop dangereux pour nous. » Traité comme un chef d'État par les organisateurs, Jean-Marie Balestre ne trouve en revanche rien à redire et tance même les pilotes pour leur mauvaise humeur ! La situation s'envenime lorsque les Mexicains publient un communiqué prêtant à Jonathan Palmer des propos élogieux sur le revêtement qu'il n'a jamais tenus. Furieux, le Britannique fait irruption dans la salle de presse et met la main sur le malheureux attaché pour lui administrer une correction...

 

Plus drôle encore, samedi après-midi, devant un parterre de journalistes, le président Balestre, énervé par les critiques des pilotes, annonce son intention d'interdire l'usage des suspensions actives ! Il n'a évidemment pas averti les constructeurs de cette mesure. Le paddock est consterné. Aussitôt prévenu, Gérard Ducarouge se met en quête du président de la FISA pour obtenir une explication. A son retour, il déclare que Balestre est finalement revenu sur ses propos... L'autoritarisme brouillon du chef de la fédération exaspère plus d'un journaliste.

 

Autre problème: l'autodrome des frères Rodríguez est perché à 2200 mètres d'altitude, ce qui altère grandement le fonctionnement des moteurs Ford-Cosworth atmosphériques. Selon Ken Tyrrell, ses voitures perdent ici entre 100 et 120 chevaux, ce qui engendre un fossé de 450 chevaux avec les moteurs suralimentés ! Les écuries de la « seconde division » craignent de ne pas couvrir suffisamment de tours pour être classés... et donc inscrire des points aux Trophées Clark et Chapman. « Cette épreuve est pour nous ridicule, nulle. » tempête Ian Phillips, le team manager de March. Enfin, pour échapper cette fois à la « tourista » qui l'a frappé l'an passé, Nigel Mansell débarque en Amérique avec ses propres bonbonnes d'eau minérale anglaise...

 

Présentation de l'épreuve

Mini-putsch chez Arrows: Jackie Oliver est parvenu à se défaire John Schmidt, l'encombrant directeur-général de Megatron qui empiétait sur ses prérogatives depuis le début de la saison. Du côté de March, Ian Philipps annonce l'engagement d'une seconde voiture pour 1988 qui sera confiée au Brésilien Maurício Gugelmin, un ami de Senna. Enfin, Gunther Schmidt confirme son retour en Formule 1 en 1988 sous le nom de sa nouvelle marque de jantes, Rial. Le châssis sera dessiné par Gustav Brunner. Si on ajoute la Coloni et la future monoplace de Walter Brun, le plateau pourrait excéder les trente entrants en 1988. La FISA prévoit ainsi le retour des pré-qualifications.

 

L'écurie Larrousse engage pour la première fois une seconde Lola-Ford donnée au jeune Français Yannick Dalmas. Âgé de 26 ans, ce natif du Var, protégé de Marlboro et d'Hugues de Chaunac, a connu une ascension brillante. Champion de France de Formule 3 en 1986, il a remporté deux victoires cette année en F3000 et apparaît comme l'espoir tricolore le plus prometteur de sa génération, au point que certains journalistes le surnomment le « nouveau Prost ». Son calme, son caractère réfléchi et sa régularité ne sont en effet pas sans rappeler le double champion du monde. Pour ses débuts en Grand Prix, Dalmas a pour objectif de ramener sa voiture à l'arrivée et de titiller le rapide mais inconstant Philippe Alliot.

 

Toutes les Williams sont ici équipées de suspensions conventionnelles afin d'alléger le transport de la logistique. Bosch revoit la centrale de gestion électronique de la McLaren et installe une antenne sur le tableau de bord pour la télémétrie. Pour ce GP du Mexique, Osella n'engage de nouveau qu'une seule voiture pour Alex Caffi. Franco Forini est mis sur la touche.

 

L'an dernier, les pneus Goodyear s'étaient détériorés trop rapidement en course, ce qui avait permis à Pirelli de triompher grâce à la Benetton-BMW de Gerhard Berger. A titre de précaution, la firme d'Akron a choisi d'accroître son allocation habituelle de pneus. Chaque écurie reçoit ainsi quinze trains au lieu de dix: cinq de gommes dures « B » et dix de gommes tendres « C ». Pour la première fois de l'année, le choix des enveloppes interviendra donc dans la stratégie de course.

 

Carnet rose et carnet noir pour les Italiens: samedi matin, Michele Alboreto apprend que son épouse Nadia a donné naissance à une petite Alicia. Hélas, cette nouvelle coïncide avec celle du décès du célèbre photographe italien Giancarlo Piccinini, terrassé par un infarctus sur le trottoir de l'hôtel Aristos de Mexico.

 

Les qualifications

Mansell tente un pari vendredi: franchir à fond la courbe relevé de Peraltada. Hélas, la Williams glisse en sortie de virage puis escalade la bordure et parcourt toute la longueur de la ligne droite des stands en travers... avant de s'écraser contre le mur à 200 km/h. Mansell en est quitte pour quelques contusions... Pas découragé, il reprend la piste le lendemain et arrache la douzième pole position de sa carrière. C'est la quinzième fois consécutive que le Britannique se place en première ligne, ce qui lui permet de battre un vieux record réalisé par Alboreto Ascari en 1952 et 1953. Son collègue Piquet, mécontent de l'absence de la suspension active, se contente de la troisième place.

 

Berger (deuxième) signe la pole provisoire du vendredi, preuve qu'il faut décidément compter avec les Ferrari en cette fin de saison. Alboreto (9ème) concède près d'une seconde et demie à son équipier. Hélas, le V6 Ferrari rend ici quelques chevaux de trop au moteur Honda. Les Benetton-Ford (Boutsen 4ème, Fabi 6ème) semblent être des concurrentes redoutables sur cette piste. Prost profite d'une bonne vitesse de pointe pour se classer cinquième. Son collègue Johansson n'est que quinzième après avoir encaissé deux pannes de moteur. Senna (7ème) déplore le manque d'adhérence de sa Lotus. Se démenant comme toujours pour arracher le meilleur chrono possible, il quitte la route samedi après-midi dans la courbe relevée et percute le muret de pneus avec violence. Le Pauliste, souffle coupé par le choc, reste ensuite un long moment dans son cockpit, avant de s'écrouler au sol. On le transporte au centre médical du circuit où heureusement ne lui est diagnostiqué qu'un torticolis. Son équipier Nakajima paraît très mal à l'aise et ne se classe que seizième.

 

Les Brabham (Patrese 8ème, de Cesaris 10ème) profitent de la puissance de leur quatre cylindres BMW. Cette fois-ci, le brave « de Crasheris » réussit l'exploit de percuter Senna deux fois en deux jours... Cheever (11ème) et Warwick (12ème) ne ménagent pas leurs Arrows pour signer de bons chronos et se font quelques frayeurs à Peraltada... Les Zakspeed (Brundle 13ème, Danner 17ème) sont ici relativement rapides mais hélas trop instables. Les Minardi (Nannini 14ème, Campos 19ème) sont moins véloces mais plus stables. Les Ligier (Arnoux 18ème, Ghinzani 21ème) sont confrontées à la désagrégation de leurs carters de boîte sur les bosses. Les moteurs aspirés sont beaucoup moins distancés que prévu. Premier des « atmos », Capelli place sa March sur le vingtième rang et rend six secondes à Mansell. Palmer (22ème) met sa Tyrrell devant celle de Streiff (25ème). Surprise chez Larrousse: le néophyte Dalmas (23ème) précède Alliot (24ème). Caffi (26ème) obtient la dernière place aux dépens de Fabre et de son AGS.

 

Le Grand Prix

Première manche

Lee Gaug informe les pilotes qu'ils pourront disputer une course non-stop, à condition de ne pas faire patiner les roues, ce qui créerait des cloques. La tâche s'annonce délicate pour les coureurs qui s'élanceront du côté droit de la piste, portion affreusement sale et poussiéreuse. Tout le monde part avec des pneus « C » tendres, exceptés Piquet et Fabi qui prennent les « B » durs.

 

Départ: Placé sur le côté sale de la piste, Mansell prend un mauvais envol et se fait déborder par Berger. Boutsen, Piquet et Prost doublent également l'Anglais qui n'est donc que cinquième au premier virage.

 

1er tour: A l'entrée du Complexe des Esses, Prost est surpris par un gros freinage de Piquet qui manque d'adhérence. Il braque à droite dans la poussière. Ses freins se bloquent au moment où Piquet se rabat. La Williams et la McLaren entrent en contact. Piquet part en tête-à-queue et voit le peloton lui passer sous le nez. Berger et Boutsen profitent de l'incident pour s'envoler au commandement. Suivent Mansell, Alboreto, Fabi, Senna, Patrese, de Cesaris, Nannini et Cheever. Piquet redémarre avec l'aide des commissaires tandis que Prost renonce à cause d'une suspension pliée.

 

2e: Boutsen dépasse Berger et se retrouve pour la première fois en tête d'un Grand Prix. Senna double Fabi puis Alboreto. De Cesaris déborde Patrese. Plus loin dans le peloton, Nakajima double Danner sur la ligne de chronométrage mais scrute trop longtemps ses rétroviseurs. Il rate complétement son freinage et percute violemment l'arrière de l'Arrows de Warwick, arrachant sa roue avant-droite. Surpris par cet accrochage, Johansson part en tête-à-queue et se fait harponner par Danner. Nakajima, Johansson et Danner sont out, tandis que Warwick revient à son stand pour faire réparer le train arrière de son bolide.

 

3e: Boutsen est le nouveau leader avec une seconde d'avance sur Berger. Mansell est déjà relégué à huit secondes. Brundle regagne son garage avec un turbo cassé.

 

4e: De Cesaris prend la sixième place à Fabi. Warwick reprend la piste.

 

5e: Boutsen est en tête devant Berger (1s.), Mansell (11s.), Senna (17s.), Alboreto (19s.) et de Cesaris (20s.).

 

6e: De Cesaris s'empare de la cinquième place aux dépens d'Alboreto.

 

7e: Boutsen et Berger se livrent à une âpre bataille. Sept dixièmes de seconde les séparent.

 

9e: Boutsen n'a qu'une demi-seconde d'avance sur Berger. Mansell paraît désarmé face à ces deux furieux. De Cesaris profite de toute la cavalerie de son quatre cylindres pour menacer Senna. Piquet remonte et double les monoplaces aspirées.

 

10e: Boutsen est premier devant Berger (1.3s.), Mansell (15.3s.), Senna (23.3s.), de Cesaris (23.5s.), Alboreto (24.5s.), Fabi (27s.), Patrese (28s.), Nannini (35s.), Cheever (37s.), Arnoux (48s.), Ghinzani (52s.), Caffi (53s.) et Piquet (54s.). Campos s'arrête chez Minardi pour changer de bougies.

 

11e: Berger se rapproche de Boutsen dont le moteur bafouille suite à une défaillance électronique.

 

12e: Piquet est désormais treizième après avoir dépassé Caffi. Capelli exécute un tête-à-queue, puis s'arrête chez March pour réparer un support-moteur qui s'est ébréché.

 

13e: De Cesaris est dans les roues de Senna. Encore une course à oublier pour Alboreto dont le moteur tombe en panne. L'Italien stoppe dans l'herbe.

 

14e: Boutsen mène devant Berger (0.6s.), Mansell (15.3s.), Senna (25.2s.), de Cesaris (25.4s.) et Fabi (29.9s.). Piquet est désormais neuvième. Nannini abandonne suite à une énième défaillance de turbo.

 

15e: Dans la ligne droite principale, Berger attaque Boutsen, sans succès. Mais à la sortie des premiers Esses, il lui fait l'intérieur et passe cette fois sans problème. Le moteur du Belge est en fait en train d'agoniser. Fabi s'arrête chez Benetton pour chausser des pneus neufs et perd trois places.

 

16e: Berger mène dorénavant la course avec quinze secondes de marge sur Mansell. Boutsen regagne les stands clopin-clopant, moteur muet.

 

18e: Berger devance Mansell (15.8s.), Senna (28s.), de Cesaris (28.6s.), Patrese (42.), Cheever (53s.) et Piquet (55s.).

 

20e: L'intervalle est stable entre Berger et Mansell. De Cesaris menace toujours Senna sans trouver la faille.

 

21e: Un panache de fumée bleue s'échappe de la Ferrari de Berger. Ce dernier revient aux stands pour abandonner. Un piston cassé est à l'origine de cette panne. C'est une nouvelle désillusion pour Ferrari car Berger semblait absolument inattaquable. Mansell est maintenant premier.

 

22e: Mansell mène devant Senna (20.8s.), de Cesaris (21s.), Patrese (28s.), Cheever (40s.), Piquet (40.8s.), Fabi (57s.), Arnoux (1m. 32s.) et Ghinzani (1m. 34s.).

 

23e: Senna manque un changement de rapport dans les Esses. De Cesaris en profite pour s'infiltrer à l'intérieur mais le Pauliste remet brusquement les gaz. Le Romain oblique vers la poussière pour éviter la Lotus, part en toupie et s'immobilise dans l'herbe, moteur calé. Il quitte sa voiture très remonté contre Senna. C'est la troisième fois ce week-end qu'ils se touchent ! Piquet prend la quatrième place à Cheever.

 

24e: Piquet abaisse le record du tour à chaque passage et remonte sur Patrese et Senna. De son côté, Fabi rattrape Cheever.

 

26e: Mansell compte vingt-neuf secondes d'avance sur Senna. Patrese rattrape le Brésilien et paraît résolu à « venger » de Cesaris. Campos change de pneus. Dans les stands, on s'interroge: les gommes tendres choisis par presque tous les pilotes tiendront-ils la distance ?

 

28e: Mansell est leader devant Senna (31s.), Patrese (36.2s.), Piquet (46.2s.), Cheever (52.2s.) et Fabi (52.9s.).

 

29e: Mansell navigue dans le trafic mais son avance sur Senna ne cesse de s'accroître.

 

30e: Mansell est premier devant Senna (30.8s.), Patrese (36s.), Piquet (45s.), Cheever (52s.), Fabi (54s.), Ghinzani (-1t.) et Alliot (-1t.). Caffi regagne son garage avec un roulement de moyeu brisé.

 

31e: Un élément mécanique se brise sur l'Arrows de Warwick alors que celui-ci sort de la parabolique. L'Arrows escalade la bordure puis heurte à 200 km/h les barrières de protections. Le choc est extrêmement violent: les pneus usagés volent sur plusieurs mètres. Très sonné, Warwick sort malgré tout sans aide de sa voiture.

 

L'Arrows accidentée est rapidement dégagée mais la direction de course brandit le drapeau noir. L'épreuve est interrompue afin de dégager les débris et ramasser les vieilles gommes répandues sur le bitume à Peraltada.

 

Seconde manche

Le Grand Prix est amputé de cinq tours et divisé en deux manches. Le classement se fera par addition des temps. Une nouvelle grille de départ se met en place, avec seulement quatorze voitures, selon le classement du 31ème tour. Elle s'établit comme suit: Mansell, Senna, Patrese, Piquet, Cheever, Fabi, Ghinzani, Alliot (leader en catégorie 3,5l), Caffi (dont la suspension a été réparée), Palmer, Dalmas, Streiff, Capelli et Campos. Arnoux ne repartira pas car sa platine d'allumage est tombée en panne. Tout le monde change de pneus, ce qui ruine la tactique de Piquet qui consistait à attendre que ses adversaires passent par les stands. Le Brésilien est furieux. Il doit reprendre 45 secondes à Mansell en trente tours pour le devancer.

 

Livide, mais indemne, Derek Warwick tente de comprendre ce qui lui est arrivé. « Quelque chose a lâché sur l'arrière, marmonne-t-il... Dans le dernier tiers du virage, la voiture est partie, partie... » Une pause. « Et ce s***** de Nakajima ! » explose soudain le brave Derek. « Me percuter à l'arrière comme il l'a fait ! C'est probablement lui qui a fait tout ça ! » Il est en effet plausible que cet accident soit la conséquence d'un bris de suspension provenant de l'accrochage du second tour.

 

Après vingt-cinq minutes d'interruption, un nouveau tour de formation est lancé. Cette deuxième manche reprend au 31ème tour et comportera trente-deux boucles.

 

Deuxième départ: De nouveau, Mansell patine sur la poussière mais laisse Senna et Patrese derrière lui. Piquet part le couteau entre les dents: il double Senna puis se place à l'extérieur. Les Williams abordent côte à côte le premier virage. Très décidé, Piquet plonge devant Mansell et s'empare ainsi du commandement. Fabi rate son envol et dégringole dans le classement.

 

31ème tour: Piquet mène sur la piste devant Mansell, Senna et Cheever. Mais en fait le classement est le même qu'avant l'interruption.

 

32e: Mansell pourrait se contenter de laisser filer Piquet, mais il n'en est rien. Au contraire, il reste sur ses talons.

 

33e: Mansell attaque Piquet par l'intérieur au premier virage. Il tente de plonger à la corde, mais le Carioca lui barre la route sans ménagement. Au classement officiel, celui-ci prend la troisième place à Patrese. Il joue le tout pour le tout car il sait qu'il peut terminer au moins deuxième, Mansell étant irrattrapable par addition des temps.

 

35e: Officiellement, Mansell mène devant Senna (36.7s.), Piquet (43.7s.), Patrese (45.5s.), Cheever (1m. 01s.), Fabi (1m. 16s.). Suivent Ghinzani, Caffi, Alliot et Palmer. Campos abandonne après avoir cassé un boulon de sa tringlerie de boîte.

 

36e: Fabi part en tête-à-queue dans le gazon. Il reprend la piste mais ses radiateurs sont obstrués par des mottes de terre.

 

37e: Fabi stoppe chez Benetton pour faire nettoyer ses pontons et reprendre des Goodyear frais. Ces mésaventures lui font perdre la sixième place au profit de Ghinzani.

 

38e: Piquet est désormais deuxième au classement général devant Senna, relégué à quinze secondes sur la piste.

 

39e: Piquet améliore le meilleur chrono du jour en tournant en 1'19''516'''.

 

40e: Piquet creuse l'écart sur la piste avec Mansell qui ménage sa monture, car malgré ses efforts Piquet ne pourra pas le rejoindre au classement général.

 

42e: Cinq secondes d'écart sur la piste entre Piquet et Mansell. En vérité, celui-ci devance Piquet (40.1s.), Senna (43.9s.), Patrese (57.7s.), Cheever (1m. 12s.), Ghinzani (-1t.), Fabi (-1t.), Caffi (-1t.) et Alliot (-1t.).

 

44e: Piquet caracole en tête sur la piste avec sept secondes de marge sur Mansell. Senna, Cheever et Patrese viennent ensuite, très distancés.

 

45e: Ghinzani regagne son stand avec un moteur surchauffé. Les mécaniciens de Ligier l'arrosent d'eau, ce qui est proscrit par le règlement. Fabi récupère la sixième place au classement général.

 

46e: Mansell est premier devant Piquet (37.2s.), Senna (46.1s.), Patrese (1m. 04s.), Cheever (1m. 18s.) et Fabi (-1t.). Ghinzani jette l'éponge, son moteur Megatron ayant définitivement rendu l'âme.

 

48e: Piquet hausse le rythme et bat le record du tour à chaque passage. Mais Mansell tient à peu de choses près le même rythme.

 

50e: Au classement officiel, Mansell devance Piquet (31s.), Senna (48s.), Patrese (1m. 12s.), Cheever (1m. 27s.), Fabi (-1t.), Caffi (-1t.), Alliot (-2t.), Palmer (-2t.), Dalmas (-2t.) et Streiff (-2t.).

 

51e: Nouveau meilleur tour de Piquet: 1'19''204'''. Mansell roule à treize secondes, Senna à trente-secondes. Plus loin, Patrese reste dans la roue de Cheever.

 

53e: Caffi quitte la course avec un moteur cassé.

 

54e: Trente secondes entre Mansell et Piquet. Streiff dépasse Dalmas qui a cassé un ressort de soupape. Le néophyte rejoint son stand pour changer sa centrale électronique. Capelli renonce, moteur cassé.

 

55e: A l'Ese del Lago, Senna bloque ses freins et se retrouve en tête-à-queue. Il demande aux commissaires de le pousser. Ceux-ci acquiescent et se mettent en travail, mais sans empressement, si bien que la Lotus finit par caler. Hors de lui, Senna bondit de son cockpit et passe sa colère sur le commissaire le plus proche. Tous ses espoirs de titre s'envolent.

 

56e: Mansell devance Piquet (28s.), Patrese (1m. 18s.), Cheever (1m. 32s.), Fabi (-1t.), Alliot (-2t.), Palmer (-2t.) et Streiff (-3t.).

 

57e: Piquet réalise le meilleur tour en course (1'19''132'''), mais il rend encore vingt-sept secondes à Mansell

 

58e: Il n'y a plus de suspens pour cette fin de Grand Prix, bien que Patrese soit juste derrière Cheever sur la piste. Mais sur la feuille des temps, l'Italien est loin devant l'Américain et n'a donc aucune raison de prendre des risques.

 

59e: Fabi observe un troisième changement de pneus qui ne change rien à sa position.

 

60e: A trois tours du but, Mansell est premier au classement officiel devant Piquet (26.7s.), Patrese (1m. 24s.), Cheever (1m. 40s.), Fabi (-2t.) et Alliot (-3t.).

 

62e: Sur la piste, Piquet devance Mansell de près de dix-neuf secondes. Son effort n'aura donc pas été vain, mais reste insuffisant pour lui donner la victoire.

 

63ème et dernier tour: Nelson Piquet reçoit le premier le drapeau à damiers, mais c'est bien Nigel Mansell qui remporte le GP du Mexique, vingt-six secondes devant son équipier. Patrese termine troisième et grimpe ainsi sur son premier podium depuis trois ans. Cheever finit quatrième et égale ainsi son meilleur résultat de l'année. Fabi se classe cinquième. Alliot est sixième et remporte la course des moteurs atmosphériques. Seuls Palmer, Streiff et Dalmas rallient aussi l'arrivée.

 

Après la course

L'ambiance sur le podium est quelque peu compassée. Piquet et Mansell s'en tiennent aux civilités les plus élémentaires. Le moustachu de l'Île de Man n'a pas apprécié les manœuvres de son acolyte au début de la seconde manche et le fait savoir face aux caméras: « Je n'ai pas apprécié que Piquet, par deux fois, me claque la porte au nez. Ce n'est vraiment pas un pilote très professionnel. Il n'a pas le droit d'agir ainsi. » Des propos qui font exploser l'intéressé: « Ce sont des c*****ies ! Je suis un professionnel ! Et si je veux sortir quelqu'un, je sais comment m'y prendre, croyez le bien... Je n'ai cherché à sortir personne... » En tout cas, pour une fois les deux rivaux ont bénéficié du même degré de chance. Mansell a profité de l'accrochage Piquet – Prost et des éliminations de Boutsen et de Berger. Quant à son équipier, il n'a pu repartir après sa touchette que grâce aux commissaires, ce qui en théorie n'est pas toléré par le règlement...

 

Au championnat, à deux courses du but, Mansell revient à seulement douze longueurs de Piquet. Selon le barème en vigueur, celui-ci doit retrancher ses plus mauvais résultats, dont sa quatrième place en Espagne. Ce ne sont donc pas trois, mais six points qu'il rend à son adversaire au soir de ce GP du Mexique. Contrairement aux apparences, sa situation n'est donc pas très confortable.

 

Senna a pour sa part perdu ses derniers espoirs de titre. Pour ne rien arranger, une caméra de télévision l'a surpris en train d'empoigner un commissaire de piste après son abandon. La FISA lui inflige une amende de 1500 dollars. Enfin, au classement des constructeurs, Ferrari (26 pts) et Benetton-Ford (22 pts) sont en lutte pour la quatrième place.

 

 

Trophée Jim Clark Trophée Colin Chapman
1. J. Palmer 77 pts 1. Tyrrell-Ford-Cosworth 145 pts
2. P. Streiff 68 pts 2. Lola-Ford-Cosworth 46 pts
3. P. Alliot 43 pts 3. March-Ford-Cosworth 35 pts
4. I. Capelli 38 pts 4. AGS-Ford-Cosworth 34 pts
5. P. Fabre 35 pts
6. Y. Dalmas 3 pts
Tony