Michele ALBORETO
 M.ALBORETO
Ferrari
Gerhard BERGER
 G.BERGER
Ferrari
Thierry BOUTSEN
 T.BOUTSEN
Benetton Ford Cosworth

452e Grand Prix

LII Australian Grand Prix
Ensoleillé
15 novembre 1987 - Adelaïde
82 tours x 3.779 km - 309.878 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Gerhard Berger en grande forme en fin de saison.

Présentation de l'épreuve et perspectives pour 1988

Cette ultime étape du championnat est presque dépourvue d'enjeux, Nelson Piquet et Williams-Honda étant assurés des titres mondiaux. Ayrton Senna (57 points) peut encore cependant chiper la seconde position du classement des pilotes à Nigel Mansell (61 pts) qui sera absent en Australie. Le Brésilien doit pour cela finir premier ou second. Lotus-Honda peut également prendre la place de vice-championne du monde des constructeurs à McLaren, mais doit pour cela envisager un fort improbable doublé Senna – Nakajima...

 

De retour en Grande-Bretagne après son accident de Suzuka, Nigel Mansell a passé un scanner qui a dévoilé un léger tassement des vertèbres. Les médecins lui proscrivent toute activité pendant deux mois. Du coup, il ne peut pas faire le déplacement en Australie. Frank Williams songe d'abord à le remplacer par son vieil ami Alan Jones qui serait heureux, à 41 ans, d'effectuer une dernière pige en F1. Toutefois, l'ex-champion du monde conduit des Toyota lors d'épreuves de voitures de tourisme, et Honda ne désire évidemment pas confier un de ses moteurs à l'employé d'une marque rivale. Jones se contentera d'une chaise de commentateur télé. Williams demande alors à Bernie Ecclestone de libérer Riccardo Patrese plus tôt que prévu pour lui permettre de disputer ce dernier Grand Prix au sein de sa future écurie, ce que le milliardaire accepte de bonne grâce.

 

Ecclestone remplace Patrese par un autre Italien, le germiniani Stefano Modena, récemment sacré champion d'Europe de Formule 3000. Âgé de 24 ans, ce jeune homme timide voire revêche (il refuse toute interview) impressionne tous les observateurs depuis ses débuts en karting. Son sérieux et son implication dans la mise au point de ses voitures le rapprochent d'un Ayrton Senna. Appuyé par Marlboro, il pourrait faire en 1988 ses grands débuts en F1 avec Mike Earle, le manager de son équipe de F3000, Onyx, qui souhaite lui aussi atteindre la marche supérieure.

 

Après Osella, Minardi, Coloni et Eurobrun, une cinquième « petite Scuderia » devrait voir le jour en 1988. Gian Paolo Dallara, le célèbre constructeur parmesan, a en effet trouvé un gros commanditaire pour financer un projet de F1. Il s'agit de Giuseppe « Beppe » Lucchini, fils d'un magnat de la sidérurgie féru du sport automobile. Il a déjà patronné l'organisation des Mille Miglia et engagé des Lancia, puis des Alfa Romeo semi-officielles dans le championnat du monde des voitures de tourisme. Le projet Lucchini – Dallara pourrait prendre le nom de Brixia Motor Sport, Brixia étant le nom latin de Brescia, la cité qui accueillera ses futurs ateliers.

 

Stefan Johansson est toujours sans volant pour la saison 1988, mais il pourrait être recruté par Tyrrell ou par Ligier, voire conservé par McLaren... au poste d'essayeur, chargé du développement du futur moteur atmosphérique Honda. Chez Benetton, Davide Paolini a choisi de recruter Alessandro Nannini comme second pilote, contre la volonté de Peter Collins qui penchait en faveur de Johnny Herbert. En outre, Benetton devrait abandonner le V6 turbo Ford la saison prochaine pour adopter le futur V8 Ford-Cosworth aspiré à culasses Yamaha, et ainsi préparer au mieux la « révolution » de 1989.

 

Giancarlo Minardi prolonge de deux ans le contrat d'Adrián Campos, malgré ses performances très médiocres. Mais l'Espagnol est soutenu par le fabricant de jeans Lois... Par ailleurs, l'écurie italienne utilisera en 1988 des V8 Cosworth Mader révisés par Carlo Chiti. Enzo Osella engage quant à lui l'ancien ingénieur de Ferrari Antonio Tomaini afin de restructurer l'écurie de Volpiano.

 

Les qualifications

Berger a contracté un gros rhume lors d'un court séjour en Thaïlande, entre le Japon et l'Australie, et se plaint de migraines. Cela ne l'empêche pas de signer sa troisième pole position de la saison. Il est accompagné en première ligne par Prost, rapide mais victime de plusieurs têtes-à-queue à cause de disques de freins très fragiles. Johansson se classe huitième avec la seconde McLaren. Chez Williams, Piquet (3ème) alterne entre sa voiture à suspension active et celle à suspension conventionnelle, et choisit cette dernière qui lui offre plus d'adhérence. Patrese obtient pour sa part une septième place tout à fait honorable. Senna positionne sa Lotus sur le quatrième rang, dix places devant Nakajima. Les Benetton-Ford (Boutsen 5ème, Fabi 9ème) manquent globalement d'adhérence sur cette piste. Alboreto n'a pas bénéficié d'un seul tour clair et échoue au sixième rang. Cette contre-performance, mise en balance avec la pole de son équipier, fragilise un peu plus la situation de l'Italien au sein de la Scuderia.

 

Chez Brabham, de Cesaris obtient la dixième place malgré la spectaculaire explosion d'un moteur BMW samedi. Le débutant Modena est quinzième. Les Arrows (Cheever 11ème, Warwick 12ème) sont comme toujours prêtes à aller chercher quelques points. Nannini se qualifie au quatorzième rang, encore très loin devant Campos (26ème) qui démolit son châssis contre un muret de béton. Si Brundle (16ème) ne rencontre pas de problèmes avec sa Zakspeed, il n'en va de même pour Danner (24ème), affligé par toutes les pannes possibles et imaginables: accélérateur, freins, moteur, turbo, embrayage ! Alliot (17ème) réalise une nouvelle « pole » en seconde division devant les deux Tyrrell (Streiff 18ème, Palmer 19ème). Les Ligier sont terriblement instables. Arnoux (20ème) totalise samedi soir cinq tête-à-queue ! Ghinzani (22ème) est lui lâché par son moteur... Il côtoie en fond de peloton Dalmas (21ème), Capelli (23ème) et Moreno (25ème). Caffi ne parvient pas à qualifier son Osella après qu'une défaillance de turbo a provoqué un spectaculaire incendie dans la zone des stands.

 

Le Grand Prix

Berger réalise le meilleur temps de l'échauffement, mais décide d'utiliser son mulet pour la course car son moteur a des ratés. Benetton rencontre d'énormes difficultés à assurer le refroidissement de ses disques de freins. Par conséquent, Boutsen choisit de partir avec de bons vieux disques en fonte. Fabi reste fidèle au carbone.

 

Départ: Berger et Prost démarrent moyennement, au contraire de Piquet qui les déborde par la gauche. Les roues du Brésilien frottent celles de la Ferrari de Berger, mais il vire tête au premier freinage. Suivent Berger, Prost, Senna et Alboreto.

 

1er tour: Berger contre-attaque et dépasse Piquet au bout de Wakefield Road. Au même instant, Senna fait l'intérieur à Prost. En sortant de la première chicane, Warwick s'appuie sur la Minardi de Nannini qui est catapultée contre le muret de béton. Le jeune Italien quitte sans mal sa monoplace. Berger mène devant Piquet, Senna, Prost, Alboreto, Patrese, Boutsen, Johansson, de Cesaris et Cheever.

 

2e: Berger semble parti pour une nouvelle démonstration. Il possède déjà deux secondes d'avance sur Piquet. Prost déborde Senna dans Brabham Straight.

 

3e: Trois secondes et demie entre Berger et Piquet.

 

4e: Berger mène devant Piquet (4.9s.), Prost (6.5s.), Senna (8s.), Alboreto (8.4s.) et Patrese (10s.).

 

5e: Berger perd un de ses bouchons auditifs et devra donc supporter tout l'après-midi le bruit tonitruant de son V6. Prost se rapproche de Piquet. Alboreto dépasse Senna à l'épingle.

 

7e: Berger a cinq secondes de marge sur le duo Piquet – Prost. Johansson prend la septième place à Boutsen. Streiff part en tête-à-queue et ne parvient pas à relancer son moteur. C'est terminé pour le Grenoblois.

 

8e: Palmer stoppe chez Tyrrell à cause d'un pneu crevé. L'Anglais reprend la piste en 23ème position, bien que ses mécaniciens aient décelé une petite fissure sur un bras de suspension, conséquence d'une touchette avec Warwick au départ.

 

10e: Berger devance Piquet (6s.), Prost (6.8s.), Alboreto (8.6s.), Senna (10.8s.), Patrese (12.5s.), Johansson (14s.) et Boutsen (15s.). Cheever double de Cesaris.

 

11e: Piquet épargne ses pneus et ses freins tout en résistant à Prost. Fabi s'empare de la dixième position aux dépens de de Cesaris.

 

12e: Berger précède Piquet de sept secondes.

 

14e: Alboreto est le plus rapide en piste et se rapproche de Prost. De Cesaris exécute un tête-à-queue, puis rejoint son stand pour prendre des Goodyear neufs.

 

15e: Fabi s'arrête chez Benetton pour changer ses pneus qui ont cloqué.

 

16e: Berger ne relâche pas son effort et abaisse le meilleur tour en course (1'22''578''').

 

17e: Berger est leader devant Piquet (7.2s.), Prost (8.5s.), Alboreto (9.5s.), Senna (13.4s.), Patrese (14.9s.), Johansson (16s.), Boutsen (18s.), Cheever (34s.) et Arnoux (48s.). Ghinzani s'immobilise aux stands pour faire réparer sa commande de boîte. Modena change ses pneus.

 

18e: Brundle ralentit à cause d'une boîte de vitesses bloquée. Un de ses turbos finit par exploser avant qu'il n'atteigne les stands.

 

20e: Berger précède Piquet (7s.), Prost (7.6s.), Alboreto (9.5s.), Senna (13.7s.), Patrese (15.8s.) et Johansson (17.3s.). Capelli (15ème) est premier en « seconde division ». Warwick jette l'éponge: son différentiel s'est grippé après une fuite d'un joint de transmission. Il occupait le onzième rang.

 

22e: Berger est empêtré dans le trafic. Prost reste dans le sillage de Piquet sans chercher à le doubler car ses freins faiblissent et créent de fortes vibrations.

 

23e: Piquet, Prost et Alboreto butent à leur tour sur les attardés. Nakajima rejoint son garage après avoir perdu tout le fluide de sa suspension.

 

25e: Berger se défait des retardataires. Patrese exécute un tête-à-queue et cède la sixième place à Johansson. Plus loin, pourtant relégué à un tour, Fabi bloque ostensiblement son équipier Boutsen.

 

26e: Berger est devant Piquet (8.5s.), Prost (9.3s.), Alboreto (10.6s.), Senna (13.1s.), Johansson (18.1s.), Patrese (19s.) et Boutsen (21s.). Fabi chausse un troisième train de pneus et dégringole au classement.

 

28e: Lancé aux trousses de Piquet, Prost tente de prendre un tour à Alliot avant la chicane mais, surpris par ses freins, il tire tout droit et escalade les trottoirs. Il revient en piste devant la Lola. Alboreto tente de le dépasser au virage suivant, en vain.

 

30e: Berger roule en 1'22'259'''. Il devance Piquet (14.6s.), Prost (16.9s.), Alboreto (17.5s.), Senna (19s.), Johansson (22.1s.), Patrese (25s.), Boutsen (29s.), Cheever (58s.) et Arnoux (1m. 12s.). De Cesaris prend la onzième place à Danner.

 

31e: Boutsen rencontre des problèmes avec ses freins en fonte. Il tente de déborder Fabi au bout de Brabham Straight, mais celui-ci lui coupe la route et l'expédie dans l'échappatoire ! N'en croyant pas ses yeux, Boutsen revient aussitôt sur la piste.

 

33e: Piquet rend quinze secondes à Berger et s'inquiète des vibrations de plus en plus vives qui proviennent de ses roues. Ghinzani se gare au bout de Brabham Straight, en panne d'allumage.

 

34e: Senna revient dans les échappements d'Alboreto, handicapé par des freins peu vaillants et une faible vitesse de pointe, faute d'ailerons bien calibrés.

 

35e: Alboreto réagit et tourne en 1'21''689'''. Piquet s'arrête chez Williams pour prendre des roues neuves et reprend la route entre Johansson et Patrese. Après avoir klaxonné très longtemps derrière Fabi, Boutsen parvient enfin à s'en défaire.

 

36e: Berger double avec peine la Ligier d'Arnoux. Prost remonte sur l'Autrichien et réduit l'écart à quatorze secondes. Souffrant d'une terrible crampe à la jambe droite, Modena choisit de renoncer.

 

37e: Prost améliore le record du tour: 1'21''411'''. Patrese change de pneus et redémarre en huitième position derrière Boutsen.

 

38e: Senna tente de faire l'intérieur à Alboreto à l'épingle, mais il trouve de Cesaris sur sa trajectoire et freine en catastrophe.

 

39e: Prost revient à douze secondes de Berger. Mais Alboreto et Senna restent sur ses talons. De Cesaris observe un second changement de pneus.

 

40e: Prost tombe à son tour sur Arnoux qui ne fait aucun effort pour lui céder le passage, bien au contraire. Alain perd ainsi trois secondes derrière son ancien coéquipier. Alboreto et Senna sont dans ses échappements.

 

41e: Au commencement de cette boucle, Prost est toujours gêné par Arnoux. Avant la chicane, Senna se jette à l'intérieur et retarde son freinage pour doubler d'un seul mouvement Prost et Alboreto. Au même instant, l'Italien se décale à l'extérieur et ses roues frôlent celles de Prost, contraint de décélérer pour éviter la collision. Résultat: Senna ressort de la chicane devant Alboreto et Prost ! Pendant que le Brésilien s'échappe, ses deux poursuivants sont bloqués par Arnoux. Dans Brabham Straight, Alboreto déborde la Ligier par la droite et repousse une contre-attaque de Prost.

 

42e: Après avoir effectué une belle remontée, mais aussi embêté tout le monde, Arnoux renonce, en panne de distribution.

 

43e: Berger est en tête devant Senna (18.1s.), Alboreto (22.8.), Prost (24.2s.), Johansson (30.3s.), Piquet (37.8s.), Boutsen (54s.), Patrese (59s.), Cheever (-1t.) et Danner (-2t.).

 

45e: Senna et Alboreto sont les plus véloces, mais ils ne reprennent que quelques dixièmes à Berger.

 

47e: Dix-huit secondes séparent Berger et Senna. Alliot abandonne suite à une défaillance de son boîtier électronique.

 

48e: Prost sent que ses freins surchauffent et ne tiendront probablement pas la distance. Son équipier Johansson n'est pas plus serein. Cheever crève un pneu en entamant ce tour et doit parcourir toute la distance au ralenti avant de regagner son stand.

 

49e: Dans la portion sinueuse du circuit, un disque de frein se désintègre sur la McLaren de Johansson qui part en toupie et atterrit par l'arrière dans une rangée de pneus. De Cesaris tente un dépassement très téméraire sur Moreno à l'épingle. Hélas, ses roues arrière se bloquent et il part en tête-à-queue. En redémarrant, il évite de justesse de harponner la March de Capelli...

 

50e: Berger possède quatorze secondes de marge sur Senna. Alboreto a lâché prise mais garde Prost à distance. Fabi renonce à cause de ses disques surchauffés. Campos abandonne aussi, boîte de vitesses bloquée.

 

51e: Cheever parvient aux stands et change ses pneus en... quarante secondes. Il est désormais bon dernier à trois tours.

 

52e: Senna met toujours une certaine pression sur Berger et améliore le record du tour (1'20''627''').

 

53e: Berger est leader devant Senna (13.1s.), Alboreto (28s.), Prost (31s.), Piquet (41s.), Boutsen (1m. 09s.), Patrese (1m. 19s.), Danner (-2t.), Capelli (-2t.) et de Cesaris (-2t.).

 

54e: Sur Rundle Road, la roue avant-droite de Prost se bloque net. La McLaren pirouette et percute le mur de protection, heureusement à faible allure. C'est donc par des explosions de disques de frein que s'achève l'aventure McLaren-TAG-Porsche.

 

55e: Senna se rapproche toujours peu à peu de Berger. Capelli dépasse Danner, lui aussi en délicatesse avec ses freins.

 

56e: Berger prend (non sans mal) un tour à Patrese. De son côté, Piquet n'a presque plus de freins et roule près de trois secondes au tour moins vite que les leaders. De Cesaris a encore détruit ses gommes et s'arrête à nouveau pour en changer. L'opération dure trente secondes.

 

58e: Berger est premier devant Senna (9.1s.), Alboreto (19.8s.), Piquet (51s.), Boutsen (1m. 23s.), Patrese (-1t.) et Capelli (-2t.). Palmer déborde Danner. Cheever renonce car son moteur surchauffe.

 

59e: Piquet regagne les stands au ralenti car son levier de vitesses s'est détaché ! Pendant que ses mécaniciens tentent de refixer la pièce, l'un d'eux s'aperçoit que le disque de frein avant-gauche n'est plus qu'un souvenir. Piquet n'a plus qu'à retirer gants et casque.

 

60e: Capelli quitte la piste à Rundle Road et cale. Il abandonne et laisse le commandement en seconde division à Palmer.

 

62e: Berger devance Senna (8.9s.), Alboreto (30.1s.), Boutsen (-1t.), Patrese (-1t.), Palmer (-2t.), Danner (-2t.), Dalmas (-2t.), Moreno (-2t.), et de Cesaris (-2t.).

 

64e: Senna continue d'accélérer et ne rend plus que sept secondes à Berger.

 

66e: Berger riposte à Senna et abaisse le record du tour à chaque passage. Le Pauliste doit abandonner tout espoir de victoire. Dalmas prend la septième place à Danner.

 

67e: Berger signe un chrono d'1'20''424'''. Senna n'insiste plus. Alboreto concède deux secondes par tour aux deux leaders car il sauvegarde ses freins.

 

70e: Berger est premier devant Senna (12.6s.), Alboreto (46.5s.), Boutsen (-1t.), Patrese (-1t.) et Palmer (-2t.).

 

72e: Berger conclut le tour le plus rapide de l'épreuve: 1'20''416'''. De Cesaris a successivement doublé Moreno puis Danner.

 

73e: De Cesaris part encore une fois en tête-à-queue, cette fois à East Terrasse, et perd sa moustache gauche contre le muret. Il regagne les stands au ralenti pour changer de museau... et de pneus.

 

75e: Berger a seize secondes d'avance sur Senna.

 

77e: Senna laisse désormais filer Berger. L'intervalle est de vingt secondes.

 

78e: Suite à une fuite, les roues arrière de Patrese sont arrosées d'huile. La Williams part en vrille à la chicane et échoue dans l'échappatoire. C'est fini pour l'Italien. Moreno dépasse Danner.

 

79e: Berger mène devant Senna (27.8s.), Alboreto (1m. 08s.), Boutsen (-1t.), Palmer (-2t.), Dalmas (-3t.), Moreno (-3t.), Danner (-3t.) et de Cesaris (-4t.).

 

81e: De Cesaris clôt son après-midi mouvementé par une panne d'essence.

 

82ème et dernier tour: Gerhard Berger remporte la troisième victoire de sa carrière devant Senna et Alboreto. Boutsen termine quatrième et précède Palmer, vainqueur de la course des moteurs atmosphériques. La sixième place revient à Dalmas. Seuls Moreno et Danner rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course: Senna disqualifié

Les commissaires sportifs prononcent la disqualification d'Ayrton Senna. Ses écopes de refroidissement de freins, agrandies pour cette course éprouvante, avaient en effet été rallongées et dépassaient de 2,5 cm la longueur maximale. Senna encaisse le coup et rejette la faute sur Peter Warr. Sa collaboration avec Lotus s'achève en eau de boudin. Warr affirme lui que les commissaires étaient parfaitement au courant de cet ajustement et ne lui avaient fait aucune remarque.

 

Quoiqu'il en soit, grâce au déclassement de Senna, Nigel Mansell conserve sa seconde place au championnat du monde. Michele Alboreto grimpe au troisième rang, ce qui donne un somptueux doublé à Ferrari. Thierry Boutsen obtient quant à lui son premier podium pour Benetton. Yannick Dalmas récupère la cinquième position, mais il n'inscrit aucun point car sa Lola n'avait pas été inscrite au championnat en début de saison. Enfin, Roberto Moreno se classe sixième et récolte donc le premier point de la minuscule mais courageuse écurie AGS.

 

Dégoulinant de sueur, les tympans douloureux, Gerhard Berger s'extrait avec peine de sa monoplace, avant d'être assiégé par les hommes de Marco Piccinini. Le grand Autrichien paraît très éprouvé par sa course. Est-il encore grippé ? « Je ne m'en souviens pas ! » répond-il en riant. Cette superbe fin de saison de Ferrari démontre que les efforts de John Barnard et de ses associés Harvey Postlethwaite et Jean-Claude Migeot ont porté leurs fruits. Du coup, la Scuderia apparaît comme la favorite de la saison 1988, même si Berger invite les observateurs à la prudence. « Nous ne pouvons encore rien dire, admet-il. Il s'agira d'un nouveau règlement technique, fondé non pas sur une certaine pression de suralimentation mais sur une consommation draconienne. Boutsen m'a confié avoir mené d'excellents essais avec son moteur calé à 2,5 bars. Fort bien, sauf que sa consommation globale fut de trente litres supérieure à ce qui sera fixé ! »

 

Teo Fabi ne quitte pas la Formule 1 sur une bonne note. Ses manœuvres d'obstruction contre son propre coéquipier soulèvent une certaine indignation. Lorsque Thierry Boutsen tente d'obtenir une explication, l'Italien lui réplique sèchement qu'il a agi ainsi pour se venger d'avoir été soi-disant bloqué par le Bruxellois à Estoril. « Et tu reviendras me trouver quand toi aussi tu auras trois pole positions à ton palmarès ! » conclut sèchement Fabi.

 

Le trophée 1987 des constructeurs donne donc la palme à Williams-Honda devant McLaren-TAG et Lotus-Honda. Ferrari finit quatrième grâce à sa fin de saison triomphale. Benetton-Ford est cinquième, tandis qu'Arrows-Megatron précède Brabham-BMW d'une unité. Le désastre de l'année est sans conteste celui de l'écurie Ligier qui n'a encaissé qu'un seul misérable point, soit autant qu'AGS et moins que Larrousse & Calmels...

 

 

Trophée Jim Clark Trophée Colin Chapman
1. J. Palmer 95 pts 1. Tyrrell-Ford-Cosworth 169 pts
2. P. Streiff 74 pts 2. Lola-Ford-Cosworth 50 pts
3. P. Alliot 43 pts 3. AGS-Ford-Cosworth 41 pts
4. I. Capelli 38 pts 4. March-Ford-Cosworth 38 pts
5. P. Fabre 35 pts
6. Y. Dalmas 7 pts
7. R. Moreno 4 pts
Tony