Stefan JOHANSSON
 S.JOHANSSON
McLaren TAG Porsche
Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Williams Honda
Ayrton SENNA
 A.SENNA
Lotus Honda

444e Grand Prix

XLIX Grosser Preis von Deutschland
Légérement nuageux
26 juillet 1987 - Hockenheim
44 tours x 6.797 km - 299.068 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Malgré une crevaison dans le dernier tour, Stefan Johansson franchit la ligne d'arrivée en deuxième position.

McLaren avec Prost, Honda... et Senna ?

Le lundi 20 juillet, McLaren officialise la prolongation du contrat d'Alain Prost jusqu'à fin 1989. Cette annonce était attendue depuis que les contacts entre le champion français et Ferrari ont été rompus. Prost a entretemps obtenu des garanties quant à l'avenir de son équipe. A Hockenheim, sa décontraction étonne. « J'ai signé avec Ron Dennis parce que j'ai l'assurance d'un moteur de premier ordre » indique-t-il. Le perspicace journaliste français José Rosinski décrypte ces propos: « Alain est tellement souriant que ce moteur ne peut être qu'un Honda. »

 

L'alliance McLaren-Honda est en effet conclue au cœur de cet été 1987. Las de payer les factures de Porsche, Dennis a compris que son écurie ne pourra retrouver les sommets que munie du meilleur moteur du plateau. Son associé Mansour Ojjeh, le commanditaire du moteur TAG-Porsche, n'est pas un obstacle à sa démarche puisqu'il est aussi l'actionnaire principal de McLaren International Ltd. Honda de son côté se réjouit à l'idée de collaborer avec un pilote aussi chevronné qu'Alain Prost et un ingénieur de talent comme Gordon Murray. L'affaire est d'autant plus prometteuse que, grâce aux essais intensifs réalisés par Nelson Piquet, le moteur japonais bridé (gag) de 1988 est déjà au point, tandis que le TAG-Porsche ne l'est absolument pas.

 

Mais ce n'est pas tout: Honda et Dennis ont aussi résolu d'attirer Ayrton Senna chez McLaren. Depuis ses déconvenues du Castellet et de Silverstone, « Magic » a compris qu'il ne serait jamais champion du monde chez Lotus. L'équipe de Peter Warr n'a pas les moyens financiers d'un « top team » comme Williams, McLaren ou Ferrari, c'est-à-dire de faire évoluer régulièrement une monoplace tout au long de la saison, que ce soit sur les plans mécanique, aérodynamique ou électronique. En revanche, Senna porte aux nues le V6 Honda, et les motoristes nippons apprécient grandement sa collaboration. Dans le même temps, Ron Dennis caresse le désir quelque peu mégalomane de réunir au sein de la même écurie les deux plus grands pilotes du monde: Alain Prost et Ayrton Senna. Au cours de ce mois de juillet, il prend contact avec le Pauliste et lui propose un pont d'or en 1988.

 

Pendant ce temps-là, Nelson Piquet met la pression sur Frank Williams pour obtenir le statut de premier pilote en 1988 ainsi qu'une revalorisation salariale. Mais, tout au contraire, son patron lui propose de rester à condition de diviser ses prétentions financières par trois ! Inacceptable pour le Carioca, qui de plus a tout intérêt à fuir une écurie principalement dévouée à Nigel Mansell. Comme Piquet est très lié à Honda, il est donc tout à fait possible qu'il rejoigne Lotus ou McLaren la saison prochaine. Averti des pourparlers engagés par Senna avec McLaren, Peter Warr lui fait des avances. Mais Piquet est aussi en contact avec Ron Dennis qui aimerait le recruter au cas où les négociations avec Senna n'aboutiraient pas. Les deux as brésiliens sont donc au cœur du marché des transferts 87-88.

 

Présentation de l'épreuve

Après ses succès en France et en Grande-Bretagne, Nigel Mansell est désormais le grand favori de la course au titre mondial. Afin de décompresser, il s'est offert dix jours de vacances en Espagne en compagnie de sa famille. Mais même en villégiature, il est rattrapé par la querelle médiatique qui l'oppose à son coéquipier... « Nelson ?... C'est un bon partenaire professionnel, rien d'autre, lâche-t-il à un reporter anglais. Il ne voit en chaque pilote qu'un adversaire à battre. C'est pourquoi rien n'est jamais simple avec lui. » Hélas, on pourrait en dire autant du brave Nigel qui a la fâcheuse tendance de ne faire confiance à personne...

 

Pour la première fois depuis des mois, John Barnard tient une conférence de presse, accompagné par Marco Piccinini. L'ingénieur anglais fait grise mine à ses interlocuteurs. La communication n'est pas son point fort. Ses relations avec le « parti italien » de la Scuderia se sont encore tendues après que dans un récent entretien Michele Alboreto l'a comparé « à un chirurgien pratiquant une opération par téléphone. » Barnard dément pourtant toute friction avec le Milanais, et réaffirme par ailleurs que ses propos au Sunday Times ont été déformés et qu'il n'a jamais traité les mécaniciens italiens de paresseux. En outre, il confirme travailler d'arrache-pied sur la monoplace de 1988, mais annonce des évolutions aérodynamiques d'envergure sur la F1.87. A Hockenheim, celle-ci reçoit des modifications sur les porte-moyeux arrière, les attaches des tirants, l'aileron arrière, les extracteurs et les entrées d'air. Elle utilise également de nouveaux amortisseurs Koni.

 

Dix jours avant le GP d'Allemagne, à l'occasion d'essais privés sur ce même tracé d'Hockenheim, Ayrton Senna subit un effrayant accident avant la première chicane, suite à l'éclatement d'un pneu. La Lotus s'écrase contre les rails à haute vitesse, et par miracle le Brésilien s'en tire sans bobo. Mais cet incident dégrade encore un peu plus ses relations avec son écurie, et en particulier avec Peter Warr. Senna reproche à ce dernier de ne pas investir assez d'argent dans le développement de la 99T. Les deux hommes ne se parlent plus et communiquent par l'intermédiaire de Gérard Ducarouge.

 

Bosch et Porsche ont beaucoup travaillé pour résoudre les dysfonctionnements qui frappaient le moteur TAG depuis quelques courses. Selon Alain Prost, les programmes électroniques ne correspondaient plus à la qualité du carburant, entraînant une hausse des températures et une baisse de pression de suralimentation. A Hockenheim, Porsche introduit des modifications visant à réduire la consommation, au prix d'une légère perte de puissance.

 

Les Williams-Honda adoptent cette fois pour la course le dispositif d'amortissement réglable apparu à Silverstone. Par ailleurs, Piquet et Mansell ont poursuivi les essais de la suspension active sur le circuit Paul-Ricard. La Brabham subit une révision aérodynamique et affiche de nouvelles prises d'air « schnorkel », un aileron arrière inédit et de grandes cloisons sur l'aile avant. La Tyrrell possède un soubassement et des extracteurs corrigés, ainsi que de nouveaux ailerons arrière.

 

La débâcle des Germains

Le team West-Zakspeed fait profil bas avant sa course à domicile. Deux ans après sa création, il n'a toujours pas réussi à percer en Formule 1, et cette saison 1987 est aussi mauvaise que les deux précédentes. La cinquième place obtenue par Martin Brundle à Imola n'a pas eu de suite. Le châssis allemand n'entraîne pas assez de déportance et son moteur turbo n'a pas la cavalerie nécessaire pour rivaliser avec les meilleurs. Résultat: les Zakspeed sont plus lentes que l'Osella et les Minardi, et se battent avec les voitures à moteur atmosphériques... Le rêve d'Erich Zakowski de replacer l'Allemagne au sommet de la Formule 1, trente ans après l'épopée des « Flèches d'Argent », n'est plus qu'un lointain souvenir. Quant aux pilotes, ils tentent de garder le sourire. A 28 ans, Martin Brundle ne voit toujours pas sa carrière décoller et lorgne désormais vers les Sports Protos. Quant à Christian Danner, constamment dominé par son équipier, il déçoit ceux qui voyaient en lui l'héritier de Stefan Bellof.

 

Du reste, les fans teutons ne sont pas au bout de leur peine: le désopilant Gunther Schmidt a l'intention de ressusciter son écurie ATS pour la saison 88...

 

Les qualifications

Tout se joue le vendredi après-midi car samedi le circuit est noyé sous d'incessantes averses. Mansell réalise sa sixième pole position de la saison, mais cette fois-ci ne devance la Lotus-Honda de Senna que de deux dixièmes. Piquet (4ème) rencontre un problème de moteur et roule la plupart du temps sur un mulet mal réglé. Les McLaren-TAG-Porsche sont en net regain de forme. Prost se classe troisième et affiche les plus grandes espérances pour la course. Johansson (8ème) rencontre toutefois de nouveaux problèmes de moteur... Du côté de Ferrari, Alboreto se place au cinquième rang, à seulement une seconde du chrono de Mansell, un résultat encourageant. Cependant, Berger (10ème) est victime d'un spectaculaire accident après l'effondrement de sa suspension avant-gauche. Un incident fâcheux. « La voiture s'est affaisser, commente l'Autrichien, Je n'ai pas eu de préavis, pas de vibrations, rien... » Selon certains journalistes italiens, une pièce fournie par un sous-traitant britannique serait en cause. De mauvais esprits pressent Berger d'accuser Barnard... Marco Piccinini et Harvey Postlethwaite étouffent l'affaire.

 

Grâce à de plus gros turbos de qualifications, les Benetton-Ford (Boutsen 6ème, Fabi 9ème) se rapprochent des meilleurs. Chez Brabham-BMW, de Cesaris décroche une brillante septième place, quatre positions devant Patrese. Arnoux obtient une belle douzième place avec la Ligier. Ghinzani (17ème) rend trois secondes à son équipier. A noter que les Bleus ont cassé quatre blocs Megatron en deux jours... « Ace rythme-là, nous ne pourrons pas finir la saison » soupire Jean-Pierre Paoli. Nakajima obtient une respectable quatorzième place au volant de la deuxième Lotus. Il est encerclé par les Arrows (Warwick 13ème, Cheever 15ème). Les Minardi-Motori Moderni (Nannini 16ème, Campos 18ème) sont plutôt rapides, mais finiront-elles enfin un Grand Prix ? Les Zakspeed (Brundle 19ème, Danner 20ème) sont ridicules à domicile, accablées par une cascade de pannes diverses. Elles devancent d'extrême justesse le groupe des « aspirés », emmené par Alliot. Streiff, Palmer, Capelli et Fabre viennent ensuite, tandis que la lanterne rouge revient à Caffi dont le nouveau (!) V8 Alfa Romeo s'est tu au bout de trois tours !

 

Le Grand Prix

Il fait très chaud à Hockenheim ce dimanche 26 juillet 1987 et les moteurs vont souffrir des fortes températures. Prost réalise le meilleur chrono du warm-up et affiche son optimisme pour la course. Le moteur de sa Lotus de course émettant quelques bafouillements inquiétants, Senna choisit de s'élancer sur son mulet. Capelli démarrera depuis les stands avec sa voiture de réserve après que sa March a subi une panne électrique.

 

Départ: Mansell prend un départ moyen. Ses roues arrière patinent. Senna s'empare du commandement devant Prost, Mansell et Piquet. Brundle cale, puis démarre, poussé les commissaires de piste.

 

1er tour: Mansell repasse devant Prost dans la première ligne droite. Senna mène ce premier tour devant Mansell, Prost, Piquet, Boutsen, Alboreto, Johansson, Berger, de Cesaris et Fabi.

 

2e: Mansell dépasse Senna dans la première ligne droite et prend le commandement. Peu après, Prost passe à son tour le Brésilien à l'Onkokurve. Alboreto double Boutsen.

 

3e: Piquet double Senna avant la chicane n°1. Alboreto et Boutsen menacent désormais la Lotus-Honda. Arnoux s'arrête chez Ligier pour remplacer son boîtier électronique.

 

4e: Mansell n'a qu'une seconde d'avance sur Prost. Boutsen double Alboreto à la première chicane. Patrese stoppe à son garage pour faire examiner son moteur qui émet un son très désagréable.

 

5e: Mansell devance Prost (1.4s.), Piquet (2.7s.) et Senna (5s.). Alboreto reprend la cinquième place à Boutsen.

 

6e: Une seconde et demie sépare Mansell et Prost. Piquet n'attaque pas car son ordinateur de bord lui indique que sa consommation d'essence est excessive. Second arrêt pour Patrese.

 

7e: Prost essaie en vain de faire l'extérieur à Mansell à l'entrée du Stadium. Piquet et Senna sont dans son sillage.

 

8e: Prost déborde proprement Mansell dans la première ligne droite. Pour une fois cette année, la McLaren semble capable de vaincre les Williams-Honda.

 

9e: Mansell réduit sa pression de suralimentation pour économiser de l'essence. Capelli renonce à cause d'une rupture de son rotor d'allumage. Nakajima se plaint d'une mauvaise tenue de route et change ses gommes.

 

10e: Prost précède Mansell (1s.), Piquet (3s.), Senna (5s.), Boutsen (13s.), Johansson (17s.), de Cesaris (21s.), Berger (21.5s.), Fabi (23s.) et Warwick (30s.). Cheever s'immobilise dans l'herbe car sa commande d'accélérateur ne répond plus. Alboreto est au ralenti, privé de pression de suralimentation. Il quitte la course, à l'instar de Fabre qui a cassé une soupape.

 

11e: Arnoux rentre définitivement à son garage, moteur en panne. Après avoir parcouru un tour avec un moteur expirant, Patrese regagne pour de bon son garage. Nakajima jette aussi l'éponge. Sa Lotus est affectée d'un roulis diagonal à cause d'un capteur cassé sur la suspension active. Déjà sept pilotes ont abandonné.

 

12e: Prost et Mansell roulent de concert, six secondes devant Piquet et Senna qui ne suivent plus leur rythme. Le Pauliste rencontre notamment des soucis de régulation de turbo.

 

13e: De Cesaris s'immobilise dans la forêt avec un moteur BMW fumant. Warwick s'arrête chez Arrows pour chausser des pneus neufs. Brundle stoppe chez Zakspeed pour remplacer son boîtier électronique.

 

14e: Prost établit le record du tour provisoire: 1'48''080'''. Mansell roule en 1'48''300''' et ne se ménage pas. Il escalade volontiers les vibreurs lorsqu'il franchit les chicanes.

 

15e: Prost est premier devant Mansell (1.2s.), Piquet (10.7s.), Senna (19s.), Boutsen (27s.), Johansson (31s.), Berger (33s.) et Fabi (34s.). Seconde immobilisation de Brundle, cette fois pour changer sa platine d'allumage.

 

17e: Prost prend un tour aux Tyrrell. Palmer en profite pour doubler son collègue Streiff par surprise. Fabi dépasse Berger.

 

18e: Deux secondes entre Prost et Mansell. Johansson observe un changement de pneus en huit secondes. Fabi revient aux stands pour abandonner à cause d'une soupape tordue. Il est imité par Caffi, trahi par son moteur.

 

19e: Prost entre dans les stands et effectue son changement de gommes. L'arrêt est très rapide et dure moins de sept secondes. Toutefois, une canalisation de pneumatique s'enroule autour de la roue avant-droite de la McLaren au redémarrage. Prost perd un peu de temps dans cette mésaventure. Il repart troisième. Dans le peloton, l'hécatombe se poursuit: Berger s'arrête dans l'herbe avec un turbo gauche cassé.

 

20e: Mansell précède Piquet (18s.), Prost (20s.), Senna (29s.), Boutsen (35s.), Johansson (1m. 09s.), Warwick (1m. 25s.), Nannini (1m. 30s.) et Ghinzani (1m. 34s.). Piquet regagne les stands en fin de tour. Danner rencontre des problèmes de moteur et s'arrête pour faire changer son boîtier Motronic.

 

21e: Mansell attaque fort pour repartir devant Prost après son passage aux stands. Piquet change ses roues en huit secondes et repart cinquième derrière Boutsen. Ghinzani chausse des gommes neuves.

 

22e: Dix-huit secondes séparent Mansell et Prost. Piquet reprend la quatrième place à Boutsen. Mansell regagne dans les stands en fin de tour.

 

23e: Mansell change ses pneus (9.1s.) et reprend la piste quatre secondes derrière Prost.

 

24e: Mansell signe le meilleur tour en course: 1'45''716'''. Senna observe son changement de gommes (8.2s.), non sans bousculer Danner dans l'allée des stands. Il retrouve le circuit juste derrière Boutsen Jusqu'alors septième, Warwick s'arrête dans une échappatoire avec un moteur en feu.

 

25e: Prost précède Mansell (3.4s.) et Piquet (29s.). Senna perd brutalement l'adhérence à l'avant de sa Lotus et s'aperçoit que sa commande de pression de turbo ne répond plus. Il revient à son stand pour vérifier si les tubes Pitot situés à l'avant n'ont pas été obstrués par un débris quelconque. Ses mécaniciens ne trouvant rien, il repart au bout de six secondes.

 

26e: Mansell aborde le Stadium en roue libre: son moteur s'est grippé ! Il stoppe la Williams dans le gazon. Palmer ralentit pour éviter une flaque d'huile, ce qui permet à Streiff de lui reprendre le commandement en catégorie 3,5l.

 

27e: Le moteur de Nannini explose avant l'Ostkurve. Le jeune Italien pouvait convoiter la cinquième place avant cet abandon. Senna s'arrête pour la troisième fois afin de remplacer son aileron avant, légèrement endommagé. Boutsen met pied à terre avec un moteur cassé.

 

28e: Il n'y a plus que dix voitures en course. Prost roule vers la victoire devant Piquet (37.7s.), Johansson (1m. 18s.), Senna (-1t.), Ghinzani (-1t.), Streiff (-1t.), Palmer (-1t.), Alliot (-2t.) et Campos (-2t.). Danner renonce après avoir cassé un demi-arbre de roue.

 

30e: Prost est leader devant Piquet (36s.), Johansson (1m. 19s.), Senna (-1t.), Ghinzani (-1t.) et Streiff (-1t.).

 

31e: Campos renonce à cause d'un moteur grippé.

 

33e: Prost lève le pied et ménage sa mécanique. Il compte trente-cinq secondes d'avance sur Piquet.

 

34e: Ghinzani est trahi par son moteur Megatron. C'est le sixième bloc cassé par Ligier en trois jours ! Surtout, l'Italien perd une occasion unique d'inscrire des points...

 

35e: Prost devance Piquet (34.9s.), Johansson (1m. 18s.), Senna (-1t.), Streiff (-1t.), Palmer (-1t.) et Alliot (-2t.). Brundle change de pneus.

 

37e: Piquet est rapide et revient à vingt-sept secondes de Prost. Senna a perdu le fluide hydraulique de sa suspension active, laquelle s'affaisse sur ses ressorts de secours. Il décide pourtant d'aller au bout dans cette situation inconfortable.

 

39e: Prost prend un second tour aux Tyrrell de Streiff et de Palmer. L'Anglais aimerait récupérer la cinquième place, mais Ken Tyrrell ordonne à ses pilotes de figer leurs positions.

 

40e: Prost ralentit subitement à l'Ostkurve et se range dans la pelouse. Sa courroie d'alternateur vient de lâcher, comme à Imola ! C'est une grosse déception pour le champion du monde qui avait dominé cette course. Piquet s'empare de la tête et se dirige vers sa première victoire de la saison.

 

41e: Piquet est premier devant Johansson (1m. 10s.), Senna (-1t.), Streiff (-1t.), Palmer (-1t.), Alliot (-2t.) et Brundle (-10t.).

 

42e: Plus rien ne peut désormais menacer Piquet. Prost s'est mélancoliquement assis dans le gazon et regarde passer ses adversaires...

 

44e: Piquet conduit à sa main, avec parcimonie, car son ordinateur de bord fonctionne mal. Il ne sait pas exactement quelle quantité de carburant se trouve encore dans son réservoir.

 

45ème et dernier tour: Le pneu avant-droit de Johansson se dégonfle à la première chicane. Le Suédois garde la maîtrise de son bolide et décide de rallier l'arrivée coûte que coûte. La gomme se désintègre à l'entrée du Stadium mais cela n'arrête pas Johansson, résolu à cueillir la deuxième place.

 

Nelson Piquet remporte enfin sa première victoire de la saison 1987. Johansson coupe la ligne d'arrivée sur trois roues mais décroche la seconde position. Senna termine troisième au volant d'une Lotus privée de toute adhérence. Streiff finit quatrième et remporte la course des moteurs atmosphériques devant son équipier Palmer. Alliot se classe sixième et inscrit le premier point de l'écurie Larrousse & Calmels. Brundle n'est pas classé. Seuls sept bolides ont survécu à cette course !

 

Après la course

Durant son tour d'honneur, Nelson Piquet prend en stop son rival et néanmoins ami Alain Prost, fort dépité par cet échec. Le Brésilien est conscient d'avoir eu beaucoup de chance, mais il est le grand vainqueur du jour puisqu'il s'empare de la tête du championnat. « J'ai eu assez de malchance cette année, notamment au Ricard et à Silverstone, pour ne pas apprécier ce cadeau ! » s'exclame le Carioca.

 

Avec 39 points, Piquet est le nouveau leader du classement mondial. Il précède Senna (35 pts), Mansell (30 pts) et Prost (26 pts). Le championnat des constructeurs est toujours dominé par Williams-Honda (69 pts) devant McLaren-TAG (45 pts), Lotus-Honda (41 pts) et Ferrari (17 pts).

 

Larrousse dans la cour des grands

Gérard Larrousse, Didier Calmels, Daniel Champion et tous leurs compagnons d'aventure célèbrent le point inscrit par Philippe Alliot. Une performance essentielle puisqu'elle garantit à l'écurie française de bénéficier des facilités de transport de la FOCA. Alliot est vraiment un rescapé puisqu'il a couru tout l'après-midi avec un moteur bafouillant, ne dépassant pas les 9000 tours/minute.

 

Trois jours plus tard, il fête cet exploit au célèbre restaurant « Les Vapeurs » de Trouville en compagnie d'une bande joyeux lurons comprenant Jean Ragnotti, Patrick Tambay et Nelson Montfort. Tard dans la nuit, Tambay tente de le convaincre de participer au prochain Paris-Dakar, sa nouvelle marotte. Alliot préfère se concentrer sur la Formule 1: « Ce challenge des moteurs atmosphériques est plein de surprises. Personne ne nous attendait à ce rendez-vous d'Hockenheim ! Je sais ce qu'il me reste à faire: continuer. » Continuer afin de, pourquoi pas, coiffer au poteau les Tyrrell dans cette catégorie ?

 

 

Trophée Jim Clark Trophée Colin Chapman
1. J. Palmer 48 pts 1. Tyrrell-Ford-Cosworth 87 pts
2. P. Streiff 39 pts 2. AGS-Ford-Cosworth 32 pts
3. P. Fabre 32 pts 3. Lola-Ford-Cosworth 19 pts
4. P. Alliot 19 pts 4. March-Ford-Cosworth 6 pts
5. I. Capelli 6 pts
Tony