Alain PROST
 A.PROST
McLaren TAG Porsche
Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Williams Honda
Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Williams Honda

428e Grand Prix

LXXII Grand Prix de France
Couvert
6 juillet 1986 - Le Castellet
80 tours x 3.813 km - 305.040 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

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Moteur

Senna et Prost contre les Williams-Honda

Nous arrivons à la moitié de cette passionnante saison 1986. Si les Williams-Honda de Nigel Mansell et de Nelson Piquet sont incontestablement les voitures à battre, ce sont pourtant Ayrton Senna (Lotus-Renault) et Alain Prost (McLaren-TAG-Porsche) qui occupent les premières places du championnat du monde. Vainqueur à Détroit, « Magic Senna » ne cesse d'éblouir le monde du sport auto de sa classe. Outre son exceptionnel talent, il collabore en harmonie avec Gérard Ducarouge, lequel – faute de moteurs Honda... - s'engage à lui fournir le meilleur châssis possible. Et la 98T conçue en grande partie à la soufflerie de Saint-Cyr est effectivement une monoplace très performante.

 

Alain Prost réitère pour sa part sa stratégie « laudéenne » de 1985, à savoir engranger le maximum de places d'honneur possibles, faute de pouvoir viser la victoire à la régulière. Le champion du monde sait que McLaren est désormais dépassée par Williams, mais il compte sur la rivalité entre Piquet et Mansell pour s'imposer au final. En outre, il peut se reposer sur l'excellente fiabilité de sa MP42/C, puisqu'il reste sur une série de six entrées dans les points consécutives. L'étape du Castellet devrait être favorable aux Williams, mais Prost ne désespère pas d'un troisième succès lors de son Grand Prix national. Afin d'échapper à toute pression superflue avant cette épreuve, Alain s'installe à Bandol en compagnie de son épouse Anne-Marie.

 

L'embrouillamini de la réforme réglementaire

Fin juin, le Comité exécutif de la FISA dévoile un plan de réformes pour 1987 révolutionnant le déroulement des Grands Prix. Désormais, les qualifications se dérouleront le samedi après-midi sous forme d'une mini-course (20% de la distance du Grand Prix). Le départ en grille se formera selon les résultats de la précédente épreuve et le classement du championnat du monde. Le niveau de consommation sera identique à celui de la « grande » course. L'objectif est de bannir les moteurs et les pneus qualifications jugés trop dangereux et responsables d'une terrible inflation. Mais on parle déjà de moteurs spéciaux préparés pour vingt-cinq tours, de réservoirs destinés à contenir soixante litres d'essence etc. Surtout, les pilotes sont fermement opposés à l'idée de disputer deux courses par week-end. Ils jugent les départs suffisamment dangereux pour ne pas encore accroître les risques. Nelson Piquet, le chef de file du comité des pilotes, déclare que cette disposition est ridicule et réclame son abrogation immédiate.

 

D'autre part, la FISA entérine des changements d'envergure afin de réduire la puissance des F1 à 600 chevaux à l'horizon 1989. Deux pistes alternatives sont retenues: la diminution de la cylindrée des blocs suralimentés à 1200 cm3 ou l'utilisation obligatoire de moteurs atmosphériques d'une cylindrée maximale de 3500 cm3. Ces propositions sont loin de faire l'unanimité. Bernie Ecclestone soutenait la réforme du format de qualification mais rejetait toute limitation de puissance afin de complaire à son partenaire BMW. Or voilà que ce dernier vient d'annoncer son retrait de la Formule 1, laissant Brabham, Benetton et Arrows dans une situation très inconfortable ! McLaren, Williams et Honda sont aussi opposées à toute bride, au contraire de Renault qui défend l'idée d'une « pop-off valve ». Mais la marque au Losange a-t-elle encore un véritable poids politique ? Elle est en effet sur le point de perdre tous ses clients, Lotus y compris ! Peter Warr surprend en défendant un statu quo contraire aux intérêts de l'association Lotus-Renault. L'explication est simple: il a signé un contrat avec Honda pour 1987 afin de conserver son prodige Ayrton Senna, très tenté de rejoindre une équipe plus compétitive.

 

On le voit, la situation tourne à l'anarchie. Jean-Marie Balestre ne peut pas négocier avec une FOCA dont chaque membre ne songe plus qu'à défendre son bout de gras. Trahi par BMW, Bernie Ecclestone veille pour l'heure à l'avenir de sa propre écurie et n'a pas l'énergie nécessaire pour remobiliser ses troupes.

 

BMW annonce son retrait

Gordon Murray et Paul Rosche sont surpris en train de prendre l'apéritif à l'Hôtel de l'Île Rousse de Bandol. Les deux hommes font grise mine. BMW vient en effet d'annoncer sa décision d'abandonner la Formule 1 à la fin de la saison 1986. Ce qui signifie la fin de la carrière de la BT56 de Murray qui utilisait une version « couchée » du quatre cylindres bavarois. La décision de Wolfgang Peter Flohr, qui quelques semaines auparavant parlait encore d'une future écurie BMW, a été mal accueillie par le conseil d'administration de la firme. Flohr explique que BMW Motorsport n'a pas l'intention de s'adapter aux prochains chambardements réglementaires.

 

L'association Brabham/BMW battait de l'aile depuis le début de la saison. En effet, les Allemands ne parviennent pas à améliorer leur moteur et les graves insuffisances du châssis Brabham masquent les progrès fournis. Selon Paul Rosche, la BT56 ne peut de toute façon pas fonctionner car son centre de gravité est trop abaissé et que les roues arrière ne peuvent pas fournir une bonne adhérence.

 

Présentation de l'épreuve

Suite à l'accident mortel d'Elio de Angelis, le tracé du Castellet est sensiblement modifié. L'Esse de la Verrerie est désormais contourné par une bretelle sinueuse qui débouche vers le milieu de la ligne droite du Mistral, diminuant du même coup la longueur excessive de celle-ci. Le circuit est ainsi raccourci de deux kilomètres. Toutefois les organisateurs ne sont pas fins prêts. Lors de sa tournée d'inspection, le président Balestre s'aperçoit qu'une grue est stationnée devant une glissière de sécurité et que les commentateurs de radio n'ont pas de cabine spéciale à leur disposition. Le président de la FFSA distribue des amendes à tout va. A signaler enfin que dans le but de rappeler la présence de la « Grande Bleue » à quelques kilomètres du circuit, Philippe Gurdjian a eu l'idée de peindre les bordures du tracé en azur, ce qui donne un effet visuel... particulier.

 

Patrick Tambay est de retour au volant de la Lola-Ford. S'il ne souffre plus de pieds, il ressent néanmoins encore de violentes douleurs intercostales. Le jeune ingénieur anglais Adrian Newey, qui travaillait aux États-Unis pour March, a été recruté par Teddy Mayer et est désormais affecté à la voiture de Tambay.

 

Le nouveau tracé du Castellet est inconnu des écuries qui arrivent munies de deux configurations aérodynamiques, l'une pour « pistes rapides », l'autre pour « pistes mixtes ». Un compromis est généralement trouvé en faveur des vitesses moyennes.

 

Renault présente une nouvelle version de son V6 baptisée EF15C. Elle se caractérise par de nouvelles culasses qui permettent d'améliorer la circulation interne tandis que des soupapes de décharge plus petites diminuent le temps de réponse à l'accélération. « Notre objectif est de fournir un moteur doté d'un meilleur rapport performances-consommation en course, explique Bernard Dudot. Nous espérons pouvoir utiliser plus de puissance sans risquer de nous trouver à court de carburant sur les pistes rapides où nous allons maintenant courir. » Ce moteur est réservé à l'usage exclusif d'Ayrton Senna qui l'essaie vendredi avant de revenir à l'ancienne version pour le reste du week-end.

 

Les Williams et les McLaren sont équipées de mini-jupes sur les plaques de garde des volets avant. Shell apporte à McLaren un stimulant de combustion qui permettrait d'abaisser le temps de réponse du V6 TAG. Ligier et Tyrrell utilisent une nouvelle cartographie électronique mais devront patienter pour recevoir les évolutions du V6 Renault. Ferrari arrive avec un nouveau V6 de qualification. L'empattement de la 186 d'Alboreto s'allonge de quatre centimètres grâce à une modification de la suspension avant. Le moteur Ford reçoit des turbos Garrett de plus gros volumes afin de réduire le temps de réponse. Minardi utilise désormais des étriers de freins Brembo. Les Arrows A9 ne sont toujours pas là... Alan Rees promet leur baptême du feu pour Brands-Hatch... Piercarlo Ghinzani étrenne enfin la pataude Osella FA1H propulsée par le V8 Alfa Romeo. Allen Berg se contente du modèle de 1985.

 

Frank Williams est sorti de l'hôpital et reprendra prochainement ses activités à la tête de son écurie. En outre il devrait être présent à Brands-Hatch pour le Grand Prix de Grande-Bretagne. Il est cependant condamné à passer le restant de ses jours dans une chaise roulante. Le monde du sport automobile s'inquiète cependant désormais pour Juan Manuel Fangio, âgé de 75 ans, qui est hospitalisé depuis une semaine en Argentine suite à un accident cardiaque.

 

Les qualifications

Duel Senna – Mansell, acte III. Sous une véritable fournaise, le Brésilien réalise dès vendredi la douzième pole position de sa jeune carrière. Le lendemain, la piste est effet maculée par l'huile répandue par les moteurs cassés de de Cesaris et de Boutsen, ce qui ne permet pas à Mansell de répliquer. L'Anglais échoue à deux dixièmes de son grand rival. Comme d'habitude, le trio de tête est complété par Piquet qui a reçu un nouveau châssis pour remplacer celui détruit en Amérique. Comme on l'a vu en 1985, la chaleur et le revêtement très abrasif du circuit Paul-Ricard conviennent bien aux Pirelli. Arnoux en profite pour hisser sa Ligier au quatrième rang, loin devant Laffite (11ème). Les McLaren (Prost cinquième, Rosberg septième) sont handicapées par leur manque de puissance en qualifications. Le champion du monde est impliqué samedi dans un stupide accrochage avec Alboreto au Beausset. En dépit de cet incident, Alboreto (sixième) s'intercale entre les McLaren. Son collègue Johansson est dixième. Les Benetton-BMW (Berger 8ème, Fabi 9ème) sont de retour aux avant-postes après une médiocre campagne nord-américaine. Dumfries (douzième) ne concède cette fois que deux secondes à Senna.

 

Mal remis de ses blessures, Tambay décroche tout de même une encourageante treizième place, loin devant Jones (20ème) qui se méfie d'une voiture louvoyante. Les Brabham-BMW (Warwick 14ème, Patrese 16ème) souffrent toujours des mêmes maux: sous-virage excessif, moteur dramatiquement lent à la reprise, faible vitesse de pointe. Elles voisinent avec les Tyrrell-Renault de Brundle (15ème) et de Streiff (17ème). Les vieilles Arrows (Danner 18ème, Boutsen 21ème) ne sont pas à la fête. Chez Minardi, Nannini (19ème) réalise une belle performance en collant près de deux secondes à son coéquipier de Cesaris (23ème). Les Zakspeed (Palmer 21ème, Rothengatter 24ème) et les Osella (Ghinzani 25ème, Berg 26ème) complètent le plateau.

 

Le Grand Prix

L'épreuve est de Formule 3 se conclut sur un doublé de l'écurie Oreca, Yannick Dalmas devançant Pierre-Henri Raphanel. La troisième place revient à Frédéric Delavallade.

 

Le ciel est gris en ce dimanche 6 juillet et Météo France annonce un risque d'orage. La chaleur s'est sensiblement atténuée (de 35 à 26°C), ce qui est une mauvaise nouvelle pour les participants chaussés par Pirelli, notamment les Ligier. Tout le monde choisit des gommes tendres, mais chez Williams Patrick Head tente un pari osé: faire changer deux fois de pneus à ses pilotes. Selon lui, leurs bolides sont si rapides qu'ils peuvent adopter cette stratégie. Sur la grille, les mécaniciens d'Arrows déploient une banderole de soutien à Marc Surer qui poursuit sa convalescence à Berne. A quelques centaines de mètres de là, à l'Esse de la Verrerie, un bouquet de fleurs anonyme a été déposé en hommage à Elio de Angelis.

 

Berger rencontre de sévères problèmes de moteur et choisit de se rabattre sur son mulet... avant de s'apercevoir que celui-ci est dépourvu de pression de suralimentation ! De guerre lasse, il parvient in extremis à remonter dans sa voiture de course.

 

Grille de départ: Au moment où s'allume le feu rouge, Alboreto agite les bras car il a calé ! Mais Derek Ongaro ne s'en aperçoit pas et enclenche le feu vert.

 

Départ: Alboreto et Danner calent mais heureusement tout le monde les évite. Mansell démarre comme un boulet de canon et prend la première place à Senna. Suivent Arnoux et Berger qui est superbement parti, au contraire de Piquet. Les pilotes freinent fortement à l'entame du goulot d'étranglement. Tambay emprunte la bordure extérieure tandis que Warwick heurte Fabi par l'arrière.

 

1er tour: Mansell mène devant Senna, Arnoux, Berger, Prost, Dumfries, Piquet, Rosberg, Laffite et Tambay. Alboreto et Danner ont pu démarrer. Warwick regagne son stand pour faire changer une de ses moustaches. Berg s'arrête chez Osella pour faire examiner ses turbos.

 

2e: Mansell a une seconde et demie d'avance sur Senna. Piquet double Dumfries. Fabi fait une halte à son stand pour remplacer un pneu arrière dégonflé, conséquence de sa touchette avec Warwick. Rothengatter stoppe aussi suite à une crevaison. Enfin Johansson s'arrête chez Ferrari car son moteur ne tourne pas rond.

 

3e: Mansell précède Senna de trois secondes. Rosberg double Dumfries au premier freinage. De Cesaris part en tête-à-queue suite à l'explosion d'un turbo dans le double-droit du Beausset. Il rejoint la piste pour rentrer aux stands, mais ce faisant macule l'asphalte de lubrifiant. Jones qui le suivait glisse sur une flaque et atterrit dans les décors. Il ne repartira pas.

 

4e: Tandis que de Cesaris abandonne, Mansell dérape sur l'huile répandue par la Minardi et maîtrise de justesse une embardée. Senna n'a pas cette chance: survenant trop rapidement au Beausset, le Brésilien quitte la piste comme une flèche et atterrit dans les barrières de protection. La course est terminée pour le Pauliste. Boutsen stoppe chez Arrows pour refixer son capot-moteur qui s'est détaché. Nannini harponne l'Osella de Ghinzani. Les deux Italiens sont éliminés.

 

5e: Mansell a quatre secondes de marge sur Arnoux. A sept secondes se trouve Berger qui retient Prost. Rosberg prend la cinquième place à Piquet qui se débat avec une Williams très survireuse.

 

6e: Arnoux revient à trois secondes de Mansell. Prost et Rosberg butent contre la Benetton de Berger.

 

8e: Mansell creuse à nouveau l'avance sur Arnoux, relégué à cinq secondes. Suivent Berger (10s.), Prost (10.5s.), Rosberg (11s.), Piquet (13s.) et Laffite (14s.). Berg exécute un tête-à-queue dans la nouvelle bretelle.

 

9e: Les leaders sont déjà pris dans le trafic. Prost déborde Berger à Signes. Johansson abandonne avec un papillon de gaz déconnecté. Fabi renonce aussi, allumage hors d'usage.

 

10e: Rosberg prend l'avantage sur Berger. En fin de boucle, Mansell devance Arnoux (3.8s.), Prost (8.5s.), Rosberg (10.1s.), Berger (11s.), Piquet (12.2s.), Laffite (13s.), Dumfries (20s.), Tambay (22s.), Patrese (23s.) et Brundle (37s.).

 

11e: Berger heurte l'arrière de Danner en voulant lui prendre un tour et endommage son museau. L'Autrichien rentre aux stands en fin de tour.

 

12e: Prost rattrape Arnoux. Patrese prend la huitième place à Tambay. Berger fait réparer sa voiture et reprend la course en seizième position avec une boucle de retard.

 

14e: Prost est maintenant dans les roues d'Arnoux dont les pneus Pirelli se dégradent trop rapidement. Le Forézien tente en vain de faire l'intérieur au Grenoblois à Signes.

 

15e: Prost dépasse Arnoux dans la ligne droite du Mistral. Le pilote McLaren n'est tout de même pas satisfait car son ordinateur lui indique que sa consommation est excessive. Alboreto grimpe dans le classement. Il est onzième après avoir dépassé Streiff.

 

16e: Prost revient à sept secondes de Mansell. Arnoux est maintenant dans le collimateur de Rosberg. Second arrêt pour Boutsen. Ses mécaniciens posent sur son Arrows le capot-moteur de Danner avec de la toile adhésive.

 

18e: Rosberg déborde Arnoux dans la longue ligne droite. Alboreto efface Brundle.

 

19e: Arnoux stoppe chez Ligier pour mettre des pneus avant neufs. Il redémarre juste derrière Tambay... et tente de l'attaquer avec ses pneus froids dès le premier virage ! Un freinage en catastrophe ramène René à la raison...

 

20e Mansell est gêné par Palmer et perd trois grosses secondes dans cette mésaventure.

 

21e: Palmer s'écarte devant Mansell qui n'a plus que trois secondes de marge sur Prost. Mais ce dernier bute à son tour durant un kilomètre sur la Zakspeed. Arnoux double Tambay.

 

22e: Mansell est leader devant Prost (2.7s.), Rosberg (6.4s.), Piquet (13s.) et Laffite (20.6s.). Arnoux déborde coup sur coup Patrese puis Dumfries.

 

23e: Piquet observe un premier changement de gommes (8.5s.) et reprend la piste derrière Laffite mais devant Arnoux.

 

25e: Changement de pneus pour Patrese. En fin de parcours, Mansell s'engouffre dans l'allée des stands. Berger abandonne à cause d'un sélecteur de vitesses brisé.

 

26e: Mansell prend des Goodyear neufs en huit secondes et laisse le commandement aux deux McLaren, Prost devant Rosberg. Arrêt pneus pour Palmer.

 

27e: Prost devance Rosberg (3.6s.), Mansell (20s.), Laffite (23s.), Piquet (29s.) et Arnoux (37s.). Alboreto est chez Ferrari pour mettre d'autres gommes et chute en douzième position.

 

28e: Prost est gêné par les retardataires, notamment par Patrese et Brundle. Mansell revient rapidement sur les deux hommes de tête. Laffite prend de nouvelles enveloppes et reprend sa route derrière Dumfries et Tambay.

 

30e: Prost est premier devant Rosberg (5s.), Mansell (13s.), Piquet (24s.), Arnoux (35s.), Tambay (53s.), Laffite (54s.), Dumfries qui vient de stopper (1m. 08s.), Patrese (-1t.), Brundle (-1t.), Streiff (-1t.) et Alboreto (-1t.).

 

31e: Rosberg effectue son premier passage aux stands et redémarre en quatrième position derrière Piquet. Berg regagne son stand au petit trot, en panne d'embrayage.

 

32e: Laffite prend la sixième place à Tambay.

 

33e: Prost allume ses roues au premier freinage. Mansell n'est plus qu'à douze secondes du Français.

 

35e: Arrêts pour Tambay et Brundle. L'intervalle est stable entre Prost et Mansell. Rothengatter percute Dumfries à l'entrée de la nouvelle bretelle. Le Néerlandais plie sa suspension avant-gauche contre la Lotus et part en tête-à-queue. Il se gare dans les dégagements tandis que Dumfries s'arrête chez Lotus pour faire examiner sa 98T intacte puis repart.

 

37e: Prost s'arrête chez McLaren pour observer son unique changement de pneus. Après une immobilisation de dix secondes, il repart quelques encablures devant Piquet. Alboreto dépasse Patrese

 

38e: Patrese et Tambay repassent devant Alboreto. Arrêt pour Streiff.

 

40e: Mansell devance Prost (16s.), Piquet (17.5s.), Rosberg (19s.), Arnoux (27s.), Laffite (48s.), Patrese (-1t.), Tambay (-1t.), Alboreto (-1t.) et Brundle (-1t.).

 

41e: Alboreto déborde Tambay. Juste derrière ceux-ci, Prost, Piquet et Rosberg se tiennent dans un mouchoir.

 

42e: Palmer coupe la trajectoire à Piquet au premier virage. Le Brésilien déborde la Zakspeed par l'extérieur dans la ligne droite du Mistral, mais Rosberg le dépasse sur sa propre droite. Le finaud Finlandais s'impose à Signes.

 

43e: Rosberg tente de prendre un tour à Patrese en entamant la bretelle de raccordement, mais sa manœuvre est trop tardive car le Padouan a déjà amorcé son virage. Keke monte sur ses freins et évite de justesse l'harponnage de la Brabham.

 

44e: Mansell est premier devant Prost (19.8s.), Rosberg (20.8s.), Piquet (23.9s.), Arnoux (36.1s.) et Laffite (52.7s.).

 

45e: Streiff débouche au ralenti du virage du Pont en traînant derrière lui une gerbe de flammes. Une canalisation d'essence s'est détachée et asperge ses turbos. Le pilote français abandonne sa Tyrrell mais omet de couper les pompes électriques qui alimentent donc toujours l'incendie ! Les secours n'interviennent pas...

 

46e: Armés de deux malheureux extincteurs, les commissaires ne parviennent pas circonscrire l'incendie de la Tyrrell de Streiff. Une épaisse fumée envahit le secteur des stands.

 

47e: Un camion-citerne pénètre (à contre-sens) sur la piste et intervient auprès de la Tyrrell enflammée. Mais lorsque le brave pompier enclenche la pression de son tuyau, celui-ci se déconnecte et envoie des flots de mousse en arrière ! Fort heureusement, personne ne sortait de la voie des stands à cet instant...

 

48e: Prost a regagné deux secondes sur Mansell. Patrese change ses pneus. L'incendie est enfin maîtrisé. Les commissaires balaient la sortie des stands maculée de neige carbonique. Voilà un incident qui ne mettra pas en valeur l'organisation du Grand Prix...

 

49e: Rosberg freine fort à l'entrée de la bretelle et évite de peu l'embardée.

 

50e: Mansell précède Prost (15s.), Rosberg (20s.), Piquet (26s.), Arnoux (45s.), Laffite (58s.), Alboreto (-1t.), Tambay (-1t.), Brundle (-1t.) et Patrese (-1t.). Palmer s'arrête dans les échappements, en panne de moteur.

 

51e: Piquet s'arrête chez Williams pour chausser un troisième train de pneus. L'opération se déroule sans histoire. Arnoux change aussi ses gommes. Alboreto crève à 300 km/h dans la ligne droite du Mistral. Il conserve avec sang-froid la maîtrise de son bolide et parvient à regagner les stands.

 

52e: Prost continue de remonter sur Mansell. Piquet n'a pas perdu de rang mais n'a que dix secondes de marge sur Laffite, qui doit cependant stopper une deuxième fois. Alboreto retrouve le circuit après avoir changé ses roues.

 

53e: Laffite chausse des pneus Pirelli neufs et reprend la piste derrière Arnoux.

 

54e: Mansell s'arrête chez Williams pour effectuer son second changement de gommes (9.3s.). L'Anglais redémarre neuf secondes derrière Prost et juste devant Rosberg.

 

56e: Mansell bénéficie maintenant de pneus beaucoup plus fais que ceux de Prost et lui reprend deux secondes et demie par tour. Il prend par ailleurs un tour à Laffite.

 

57e: Mansell réalise le meilleur chrono de la journée: 1'09''993'''. Prost est gêné par des vibrations après qu'une pierre a endommagé son châssis.

 

58e: Mansell n'est plus qu'à une seconde et demie de Prost.

 

59e: Mansell déborde Prost devant les stands. Le voici de retour au commandement. Dumfries abandonne sur panne de moteur.

 

61e: Mansell a une seconde d'avance sur Prost, dix-sept secondes sur Rosberg. A trente-quatre secondes, Piquet remonte peu à peu sur le Finlandais qui, comme d'habitude, doit surveiller sa jauge d'essence.

 

63e: Prost décroche et rend désormais trois secondes à Mansell.

 

64e: Tambay tire tout droit au premier virage et renonce en panne de freins.

 

65e: Mansell devance Prost (2.2s.), Rosberg (21.2s.), Piquet (34.1s.), Arnoux (1m. 03s.), Laffite (-1t.), Brundle (-1t.), Patrese (-1t.) et Warwick (-2r.).

 

66e: Patrese s'empare de la septième place aux dépens de Brundle.

 

68e: Piquet est revenu à cinq secondes de Rosberg et paraît en mesure de lui ravir la troisième place.

 

70e: Mansell est en tête devant Prost (5s.), Rosberg (30s.), Piquet (33s.), Arnoux (1m. 08s.) et Laffite (-1t.).

 

72e: Piquet est désormais dans les roues de Rosberg.

 

73e: Piquet fait l'intérieur à Rosberg en passant devant les stands et s'empare de la troisième place. Brundle a perdu son quatrième rapport et laisse Warwick et Alboreto le dépasser.

 

74e: Alboreto passe devant Warwick.

 

75e: Arnoux concède une boucle à Mansell.

 

77e: Mansell devance Prost (11.3s.), Piquet (35s.), Rosberg (41s.), Arnoux (-1t.) et Laffite (-1t.).

 

78e: Prost lève le pied en cette fin de course car son ordinateur lui signale qu'il aura juste assez d'essence pour terminer.

 

80ème et dernier tour: Nigel Mansell remporte le GP de France devant Prost et Piquet. Rosberg a encore une fois mal géré sa consommation d'essence et se contente du quatrième rang. Les Ligier-Renault d'Arnoux et de Laffite inscrivent les derniers points. Patrese, Alboreto, Warwick, Brundle et Danner rallient aussi l'arrivée. Boutsen coupe la ligne avec treize boucles de retard et n'est pas classé.

 

Après la course

Nigel Mansell a dominé cette course avec une aisance remarquable. Il a mené sa course à sa main, selon la cadence que sa monture lui permettait de respecter... c'est-à-dire suffisamment élevée pour vaincre Prost sans peine. Par ailleurs, Williams a désormais un très net avantage en termes de consommation de carburant sur McLaren. Ni Mansell, ni Piquet n'ont dû ralentir en fin de parcours. « Mon seul problème fut un énergumène dont je tairais le nom... souffle le vainqueur. Un fou coupant la route avec 80 km/h de moins... » Tout le monde aura reconnu Jonathan Palmer...

 

Alain Prost reprend le commandement du championnat mais ne fait pas montre d'un optimisme débordant. La consommation fut son principal souci: « Dès le début de course, je me suis aperçu que les 80 tours seraient un cap difficile à franchir. J'ai donc diminué la pression et économisé mes pneus de façon à ne pas devoir stopper une seconde fois. Je comptais un peu sur ce stratagème pour m'imposer. Je n'ai pas pu le faire [...] A mon avis, Williams possède un sensible avantage que nous aurons peine à combler. »

Si Arnoux et Laffite ramènent trois points, cette course n'en est pas moins une immense déception Ligier-Gitanes. A cause du ciel chargé, les pneus Pirelli étaient inefficaces et la tenue de route des autos fort précaire. « Pour un podium, peut-être la victoire, il nous aurait fallu dix degrés de plus sur le bitume... » soupire Guy Ligier.

 

Prost (39 pts) retrouve la première place du championnat mais n'a qu'une longueur de marge sur Mansell (38 pts) qui paraît son principal rival. Au classement des constructeurs, Williams (61 pts) accroît son avance sur McLaren (56 pts). Suivent Lotus (36 pts), Ligier (22 pts) et Ferrari (13 pts).

Tony