Ayrton SENNA
 A.SENNA
Lotus Renault
Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Williams Honda
Stefan JOHANSSON
 S.JOHANSSON
Ferrari

425e Grand Prix

XLIV Grand Prix de Belgique
Ensoleillé
25 mai 1986 - Spa-Francorchamps
43 tours x 6.940 km - 298.420 km
Affiche
F1

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Pilote
Constructeur
Moteur

Elio de Angelis se tue au Castellet

Le 14 mai 1986, les pilotes des écuries McLaren, Ferrari, Brabham, Ligier, Haas et Tyrrell se rendent au Castellet pour une séance d'essais privés. Parmi eux, Elio de Angelis, chargé de la difficile mise au point de la Brabham BT56. Le jeune Romain n'est pas à la fête depuis le début de l'année. Il reste sur trois abandons consécutifs et n'a inscrit aucun point. Il arrive soucieux dans le Var. A Monaco, sa voiture était rapide mais a été accablée de pannes diverses. « J'aurais pu être deuxième sur la grille... Tant pis, ce sera pour Spa » lâche-t-il dans un sourire.

 

Il est 11h30 sur le circuit Paul-Ricard lorsqu'une épaisse fumée noire jaillit de l'Esse de la Verrerie. De Angelis a perdu son aileron arrière à 270 km/h. La Brabham a effectué une effrayante série de tonneaux avant de retomber sur l'arceau par-delà les barrières de sécurité. Alain Prost, Jacques Laffite, Alan Jones et Nigel Mansell se précipitent sur les lieux. La Brabham n'est plus qu'une épave incandescente. Blessé à la colonne vertébrale, de Angelis est prisonnier de sa monoplace. Ses collègues ne parviennent pas à l'en extraire. Les secours tardent à intervenir. De longues minutes s'écoulent pendant lesquelles le pauvre pilote est asphyxié par les gaz d'échappement. Lorsqu'enfin les pompiers et les médecins arrivent sur place, de Angelis respire encore, mais faiblement. Le malheureux est héliporté vers l'hôpital de la Timone à Marseille dans un état très grave.

 

De Angelis tombe rapidement dans un profond coma. Il a inhalé une quantité effrayante de monoxyde de carbone et ses poumons sont touchés. Sa famille et ses amis, notamment Michele Alboreto, se rendent à son chevet. Tous repartent avec des larmes dans les yeux. Les médecins sont très pessimistes. L'espoir s'amenuise d'heure en heure. Finalement, le lendemain 15 mai à 17h15, le décès d'Elio de Angelis est officialisé. Il avait 28 ans. Cet authentique aristocrate élégant, raffiné, pianiste averti, sportif éclectique, semblait sorti d'une autre époque, des temps héroïques où la course automobile n'était qu'un passe-temps pour riches oisifs. Mais de Angelis était bien plus qu'un fils de bonne famille égaré, c'était un authentique champion, un pilote de grande classe, intelligent, sain, solide, fiable, qui sans doute aurait fini un jour ou l'autre par devenir champion du monde. Ayrton Senna rend hommage à celui qui fut un an plus tôt son équipier et son rival: « Elio était un pilote à part car il exerçait son métier par amour du sport, sans motivation mercantile. C'était un gentleman, une personne de grande qualité que je suis fier d'avoir connu. »

 

Sécurité: Balestre impose les restrictions

La mort de de Angelis survient au moment où le championnat du monde des rallyes est endeuillé par l'accident mortel de Henri Toivonen et de son copilote Sergio Cresto lors du Tour de Corse. Obnubilé par les questions sécuritaires, Jean-Marie Balestre a pris une décision radicale en prononçant la disparition des Groupes B et S de la prochaine saison des rallyes, provoquant un tollé parmi les pilotes ainsi que le retrait d'Audi. Dans la même logique, Balestre exploite cette autre tragédie comme prétexte pour une réforme technique d'envergure en Formule 1. Il est précédé dans sa démarche par les pilotes qui réunissent leur comité permanent dans un petit pavillon près de Francorchamps. Emmenés par Alain Prost et Nelson Piquet, ils demandent la réduction à 600 chevaux de la puissance des moteurs. « La F1 actuelle n'est plus possible, avoue Prost. 350 km/h en ligne droite, d'accord, ce n'est pas le plus dangereux. Mais 300 km/h après seulement quelques centaines de mètres, des puissances frisant les 1200 chevaux, c'est absolument ridicule. Il faut absolument faire machine arrière. »

 

Des moteurs de 600 chevaux ? C'est justement ce que propose Jean-Marie Balestre aux constructeurs. La FOCA se réunit sous l'égide de Bernie Ecclestone et de Marco Piccinini. Tous ses membres acceptent la réforme, excepté Ron Dennis. Le patron de McLaren argue que l'accident de de Angelis n'est pas dû à la puissance excessive des moteurs mais à un bris d'aileron, et que bouleverser ainsi les normes sous le coup de l'émotion est déraisonnable. Mais fort de soutien des pilotes, de Ferrari et d'Ecclestone, Balestre passe outre et publie samedi un communiqué annonçant que la puissance des moteurs de F1, tant aux essais qu'en course, sera limitée à 600 chevaux dans les plus bref délais, au plus tard pour la saison 1987. Les modalités techniques de cette régulation ne sont toutefois pas précisées. Le Comité exécutif de la FISA étudiera dans les jours à venir les diverses propositions émanant des écuries: ajout d'une bride d'entrée d'air, soupape régulant la pression de suralimentation, réduction du diamètre du compresseur etc. Les avis divergent.

 

Le président Balestre annonce aussi des mesures plus concrètes. Ainsi le tracé du circuit Paul-Ricard sera modifié en vue du Grand Prix de France. Le grand S de la Verrerie où de Angelis a trouvé la mort sera court-circuité. Par ailleurs, aucune séance d'essais privés ne pourra dorénavant avoir lieu sans la présence d'un hélicoptère, d'une ambulance et d'un médecin de garde. Une prise de conscience salutaire car si les secours avaient été plus prompts au Castellet, de Angelis aurait probablement pu être sauvé.

 

Présentation de l'épreuve

Une seule Brabham est présente à Spa-Francorchamps. La mort d'Elio de Angelis a bouleversé toute l'écurie britannique. Gordon Murray n'a pas eu la force de faire le déplacement tandis que Riccardo Patrese a songé à se retirer. Bernie Ecclestone, qui a paru très affecté lors des obsèques de son pilote, lui a trouvé un remplaçant. Derek Warwick s'installera au volant de la seconde BT56 à partir du GP du Canada, tout en poursuivant sa saison d'Endurance avec Jaguar.

 

Selon Wolfgang Peter Flohr, le nouveau directeur de BMW Motorsport, le constructeur bavarois aurait l'intention prochaine de voler de ses propres ailes. Une écurie BMW de Formule 1 pourrait voir le jour d'ici 1988 en partenariat avec March. Certains journalistes allemands connaîtraient même déjà le nom du pilote choisi pour lancer l'aventure: Niki Lauda ! L'Autrichien a en effet été nommé conseiller de la firme en matière de compétition moyennant une juteuse rémunération.

 

Les moteurs Ferrari adoptent de nouveaux turbos Garrett, sauf sur les V6 de qualifications spécialement affûtés pour les KKK. En outre, les deux bolides rouges possèdent une suspension arrière inédite, avec points d'ancrage modifiés. Suite aux défaillances de roulements de roues survenues à Imola, Lotus revient au train arrière de la 97T. Le système de correction d'assiette ne peut donc plus être utilisé et l'ensemble s'en trouve déséquilibré. Par ailleurs, la boîte passe de six à cinq rapports. Les V6 Honda de Williams sont munis d'un système by-pass qui permet d'envoyer l'air directement vers le turbo afin d'améliorer la reprise à l'accélération.

 

Annoncée à Imola puis à Spa, l'Arrows-BMW A9 n'est toujours pas présente. Jackie Oliver explique ce retard par un conflit social chez British Aerospace, son fournisseur de coques et de carrosseries. Les piquets de grève s'opposent à toute livraison, et Oliver doit passer commande auprès d'un autre sous-traitant. Il annonce que les A9 seront en piste à Montréal. Christian Danner pilote la nouvelle Osella FA1H lors des qualifications, mais ce châssis étant à court de mise au point, il préfère utiliser le vieux modèle en course. Enfin, la Tyrrell de Philippe Streiff est dotée d'une caméra embarquée Thomson.

 

Les qualifications

Le circuit rapide de Spa-Francorchamps est favorable aux Williams-Honda. Mais c'est le jeune Autrichien Berger qui réalise le meilleur chrono de la séance du vendredi au volant de sa Benetton-BMW. Et il faut attendre les dix dernières minutes de la session du samedi pour voir Piquet s'emparer de la pole position pour seulement un petit dixième. Berger partira tout de même en première ligne pour la première fois de sa carrière. La deuxième rangée est peuplée par Prost et Senna dont le châssis retouché est mal équilibré. Mansell se classe cinquième et se plaint d'avoir été gêné par Arnoux. La seconde Benetton de Fabi l'accompagne en troisième ligne. Rosberg (huitième) n'a pas bénéficié d'un tour clair. Arnoux est septième avec une Ligier toute neuve tandis que Laffite (17ème) est victime de pannes de boîte de vitesses et de moteur.

 

Les pilotes Ferrari (Alboreto neuvième, Johansson onzième) sont confrontés à un sévère manque de motricité et à du sous-virage. La santé du moteur italien (320 km/h pour Alboreto aux Combes) ne compense pas les insuffisances du châssis. Les Lola-Ford du Team Haas connaissent une situation exactement inverse: un bon châssis mais un moteur encore trop poussif. Comme d'habitude Tambay (11ème) précède nettement Jones (16ème). Dumfries (13ème) qualifie sans histoire l'autre Lotus-Renault. Brundle amène sa Tyrrell-Renault à une satisfaisante douzième place, loin devant Streiff (18ème), auteur de plusieurs excursions dans les graviers. Boutsen (14ème) ne ménage pas ses efforts pour briller à domicile. Son collègue Surer (21ème) n'a presque pas roulé après un bris de soupape. Patrese (15ème) se contente de qualifier l'unique Brabham après avoir commis un surrégime. On retrouve ensuite les Minardi (de Cesaris 19ème, Nannini 22ème), les Zakspeed munies pour la première fois de freins en carbone (Palmer 20ème, Rothengatter 23ème) et les Osella (Ghinzani 24ème, Danner 25ème).

 

Le Grand Prix

Ce Grand Prix de Belgique se déroule par un temps splendide. Un coup d'œil sur les pneus: les McLaren ont quatre Goodyear C tendres tandis que Johansson, Boutsen et les Lotus ont mis des C à l'avant et des C bis à l'arrière. Seuls Alboreto et Surer montent quatre B et n'envisagent pas d'arrêt. Chez Pirelli, tout le monde choisit des « 3 » tendres à l'avant et des « 5 » à l'arrière.

 

Tour de formation: Danner regagne les stands à cause d'un souci d'alimentation, de même que Patrese qui a crevé un pneu. Tous deux s'élanceront depuis l'allée des stands.

 

Départ: Piquet prend un excellent envol. Derrière lui, Prost, Berger et Senna arrivent côte à côte à l'épingle de La Source. Senna se rabat depuis l'extérieur et oblige Berger à faire de même. L'Autrichien heurte Prost dont les roues gauches percutent les roues droites de la Benetton. La McLaren décolle puis retombe lourdement. Les deux voitures sont bloquées en plein milieu de la piste. Fabi s'arrête pour les éviter. Tambay démolit sa suspension avant-gauche contre la Benetton de l'Italien. Rosberg et Arnoux empruntent l'échappatoire pour y faire demi-tour. Prost et Berger parviennent à redémarrer mais leurs museaux sont endommagés.

 

1er tour: Piquet et Senna ont profité du chaos pour s'échapper. Ils précèdent Mansell, Johansson, Dumfries, Laffite, Jones, Boutsen, Alboreto et Brundle. Fabi occupe le seizième rang. Berger et Prost regagnent leurs stands Le Français reprend la piste au bout d'une minute après avoir changé de moustaches. Tambay abandonne. Ghinzani s'arrête chez Osella pour faire examiner son moteur.

 

2e: Mansell rattrape rapidement Senna. Berger est toujours à son stand où ses mécaniciens remplacent un triangle de suspension tordu. L'Autrichien pourra repartir.

 

3e: Mansell déborde Senna à La Source. Jones dépasse Laffite. Berger redémarre avec deux boucles de retard. Danner renonce suite à une panne de moteur.

 

4e: Piquet précède Mansell (4s.), Senna (6s.), Johansson (7s.), Dumfries (13s.), Jones (14s.) et Laffite (15s.). Alboreto prend la huitième place à Boutsen tandis que Rosberg a effacé Arnoux et Streiff. Ghinzani abandonne, moteur cassé comme son équipier.

 

5e: Mansell commet une erreur en arrivant trop vite à la chicane de l'Arrêt de Bus. Sa Williams part en tête-à-queue. Il réussit aussitôt à repartir mais a laissé passer Senna et Johansson. Alboreto prend la septième place à Laffite et Rosberg double Brundle. Palmer s'arrête à son stand pour faire remplacer son boîtier d'allumage.

 

6e: Piquet a dix secondes d'avance sur Senna. Alboreto déborde Jones et entre dans les points. Après avoir doublé Boutsen, Rosberg se place au neuvième rang.

 

7e: Rosberg tire tout droit aux Combes et abandonne, moteur cassé. Alboreto dépasse Dumfries. Déconcentré, le jeune Anglais sort de la route à Stavelot. Il regagne la piste puis rentre à son garage. Jones perd soudainement cinq places. Arnoux double Streiff. Palmer est de retour aux stands, cette fois pour changer de batterie.

 

8e: Fabi et de Cesaris dépassent Jones. Dumfries abandonne car il a percé un radiateur lors de son passage par les graviers. Boutsen s'arrête dans l'herbe suite à une panne électrique sur son Arrows.

 

9e: Arnoux prend la septième place à Brundle. Patrese est aux stands où il change ses pneus.

 

10e: Arnoux double son équipier Laffite. Jusqu'alors neuvième, Streiff sort de la piste à Stavelot. Il parvient à repartir avec l'aide des commissaires mais se retrouve dix-septième.

 

11e: Piquet précède Senna (9.6s.), Johansson (12.3s.), Mansell (14s.), Alboreto (27.8s.), Arnoux (34.6s.), Laffite (35.3s.), Brundle (36.5.), Fabi (49.2s.) et Jones (1m. 03s.). Streiff regagne les stands pour changer de pneus... mais il rate son stand et doit couvrir un tour de plus !

 

12e: Cette fois-ci, Streiff trouve son emplacement et peut chausser des Goodyear neufs.

 

13e: Piquet roule avec une pression poussée involontairement au maximum car le système de régulation s'est détraqué. Dans ces conditions, le Brésilien s'attend à abandonner d'un instant à l'autre. Mansell remonte sur Johansson.

 

15e: Piquet a huit secondes d'avance sur Senna. Mansell attaque et déborde Johansson aux Combes. Prost roule en seizième position.

 

17e: Piquet revient aux stands et sort aussitôt de sa Williams. Son moteur Honda perd de la puissance et il préfère éviter une explosion en coupant le contact. Senna est le nouveau leader. Prost dépasse Rothengatter et Surer.

 

18e: Senna a deux secondes et demie d'avance sur Mansell. Prost prend la dixième place à de Cesaris.

 

19e: Mansell rattrape Senna. Arnoux perd le flap de son aileron arrière, touché lors du carambolage. Il regagne son garage pour effectuer la réparation nécessaire. Troisième arrêt de Streiff, cette fois-ci suite à une crevaison.

 

20e: Laffite stoppe aux stands pour changer ses pneus, puis repart sixième, juste devant Fabi. Senna devance Mansell (3.3s.), Johansson (5.7s.), Alboreto (21.1s.), Brundle (40.5s.), Laffite (56.6s.), Fabi (1m.), Jones (1m. 12s.), Prost (1m. 25s.) et de Cesaris (1m. 41s.).

 

21e: Mansell observe son changement de pneumatiques en huit secondes et ressort troisième. Brundle et Fabi chaussent aussi des gommes neuves. L'Italien repart avec difficulté et se retrouve dixième. Prost est désormais huitième. Arnoux reprend la piste avec la molette de suralimentation vissée à fond.

 

22e: Senna arrive chez Lotus pour mettre des Goodyear neufs. Ses mécaniciens cafouillent un peu et le Brésilien reprend la piste juste devant Mansell. Grâce à ses gommes montées à bonne température, le Britannique n'a aucun mal à le déborder dans la descente vers l'Eau Rouge. Mansell prend virtuellement la tête de l'épreuve, provisoirement occupée par Johansson. Prost change ses pneus et repart sans avoir perdu la huitième place.

 

23e: Johansson devance Mansell (7.2s.), Senna (11.2s.), Alboreto (13.5s.), Laffite (47.7s.), Brundle (52.9s.) et Jones (1m.). De Cesaris s'arrête chez Minardi pour changer d'enveloppes. Son collègue Nannini le rejoint et demande à ses mécanos de jeter un œil sur sa boîte.

 

24e: Johansson arrive chez Ferrari pour changer ses quatre roues. Il retrouve le circuit derrière Alboreto qui ne s'arrêtera pas. Palmer chausse aussi des gommes fraîches

 

25e: Senna ne s'avoue pas vaincu et revient à deux secondes et demie de Mansell.

 

26e: Senna est à moins d'une seconde de Mansell. Brundle arrive chez Tyrrell pour se plaindre de son sélecteur de vitesses puis redémarre. Rothengatter fait une halte au stand Zakspeed pour faire contrôler ses radiateurs.

 

27e: Mansell accroît sa pression de suralimentation pour distancer Senna. Brundle rentre à son garage avec une boîte bloquée. Nannini roule au pas et abandonne également, boîte de vitesses cassée.

 

28e: Prost remonte sur Jones – qui n'a pas stoppé - au rythme de trois secondes par tour. Le moteur Renault d'Arnoux n'a pas supporté une pression de turbo excessive et rend l'âme. Le Grenoblois met pied à terre.

 

29e: Mansell n'a qu'un peu plus d'une seconde d'avance sur Senna qui s'accroche dans son sillage.

 

30e: Mansell est premier devant Senna (2s.), Alboreto (14.4s.), Johansson (20.6s.), Laffite (51.3s.), Jones (1m. 23s.), Prost (1m. 30s.) et Fabi (1m. 46s.). Patrese change de pneus.

 

31e: Senna doit ménager sa consommation d'essence et se résout à abandonner la victoire à Mansell. En outre, sa Lotus sous-vire énormément. Prost signe le meilleur tour en course: 1'59''282'''. Rothengatter se retire à cause d'une fuite d'eau.

 

32e: Sixième, Jones entre aux stands pour changer de pneus et cède sa place dans les points à Prost.

 

33e: Palmer stoppe une nouvelle fois chez Zakspeed pour faire recharger sa batterie.

 

34e: Avant la Source Mansell est gêné par Jones qui zigzague dangereusement en tentant de prendre un tour à Berger. L'Australien finit par s'effacer dans la montée vers l'Eau Rouge.

 

36e: Johansson est dans les roues de son coéquipier Alboreto dont les pneus durs sont très usés. Craignant un accrochage entre ses pilotes, Marco Piccinini brandit un panneau sans équivoque « Michele/Stefan, Slow »...

 

37e: De Cesaris tombe en panne d'essence et stoppe dans le gazon. Johansson ignore les instructions de son écurie et continue de chasser Alboreto.

 

38e: Senna rend désormais cinq secondes à Mansell. Johansson dépasse Alboreto dans les Combes.

 

40e: Mansell est leader devant Senna (7.1s.), Johansson (26.3s.), Alboreto (30.5s.), Laffite (1m. 07s.), Prost (1m. 37s.), Jones (-1t.), Fabi (-1t.), Surer (-1t.), Palmer (-1t.) et Streiff (-2t.)

 

42e: Mansell relègue Senna à quatorze secondes. Mal renseigné par une jauge déréglée, Jones tombe en panne sèche à Kemmel.

 

43e: Surer revient aux stands privé de sa roue avant-droite qui s'est détachée. Les mécaniciens remontent une nouvelle roue, mais l'Arrows cale au redémarrage. Au même instant, Nigel Mansell franchit la ligne d'arrivée en vainqueur. Senna termine deuxième et Johansson complète le podium. Alboreto est quatrième et inscrit ses premiers points depuis le GP des Pays-Bas 1985. Laffite finit cinquième. Prost se classe sixième et arrache un point assez miraculeux après ses déboires du premier virage. Fabi est septième puis viennent Patrese, Surer qui est reparti pour quelques mètres, Berger et Streiff.

 

Palmer était toujours dans les stands lorsque le drapeau à damiers s'est abaissé. Les commissaires ont refusé de le laisser parcourir un tour supplémentaire et l'ont dirigé directement vers le parc fermé. Mais suite à une réclamation de l'équipe Zakspeed, l'Anglais sera intégré au résultat final comme « non classé » à six tours du vainqueur.

 

Après la course

Cette première victoire en 1986 redonne confiance à Nigel Mansell qui jusqu'ici était plutôt dominé par Nelson Piquet. « J'attendais ce succès avec patience » dit-il avec malice. Ayrton Senna s'est débattu avec une Lotus très difficile à maîtriser et consommant excessivement, faute de sixième rapport. Le Brésilien est très mécontent... et pourtant il est en tête du championnat du monde. «  Ce n'est pas mérité... » commente-t-il, les dents serrés. L'autre Brésilien, Nelson Piquet, n'est pas plus joyeux. Cette panne de moteur, la deuxième déjà en cinq courses, survient pour lui au plus mauvais moment: lorsque Mansell relève la tête. Quant au carambolage du départ, Senna rejette la faute sur Berger qui accuse Prost...

 

Chez Ferrari, ces sept points glanés font oublier la désobéissance de Stefan Johansson. Celui-ci était tenu de briller. Enzo Ferrari l'avait poliment mis en garde après son désastreux week-end monégasque...

 

Mansell, Senna et Johansson observent sur le podium une certaine retenue en hommage à Elio de Angelis. Mansell refuse ainsi de sabler le champagne et salue la mémoire de celui qui fut durant cinq ans son coéquipier chez Lotus. « Je n'ai rien d'autre à dédier à Elio que ma victoire, dit-il sobrement. C'est le bien le plus précieux pour un pilote. Je l'ai bien connu. Nous étions amis. Il m'a toujours aidé généreusement. Je le remercie publiquement. »

 

Senna s'empare de la tête du classement général avec 25 points. Il précède Prost (23 pts), Mansell (18 pts) et Piquet (15 pts). Au classement des constructeurs, McLaren-TAG-Porsche conserve l'avantage sur Williams-Honda pour un point.

Tony